BENIN

POURQUOI LE BENIN?:

Je m'étais promis ,depuis ma rencontre à Prague avec une Africaine dont le discours m'avait beaucoup ému ,de me rendre sur place, en Afrique, pour me faire une idée à opposer à celle véhiculée par les médias.
Je cherchais aussi depuis quelques temps à changer de concept de voyage en trouvant un sens humanitaire ou écovolontaire à celui -ci . J'ai lu, beaucoup, j'ai écrit, j'ai surfé sur le net, j'ai rencontré des gens…Je commençais à me décourager . Début juin je ne savais toujours pas où aller, rien ne me convenait. Les séjours proposés en Afrique demandaient soit trop de temps, soit trop d'argent, soit un âge de moins de 30 ans, des mois de préparations administrative etc…Je pensais à Madagascar, puis au grand nord puis à l'Irlande puis aux Féroé…Bref je m'égarais. Et puis je suis tombé sur le site de Double Sens , proposant au Bénin, le pays qui m'attirait le plus au fond de moi, un séjour de 3 semaines de mission dans un orphelinat , le tout accompagné d'une partie touristique d'environ 9 jours. Budget élevé, ce qui peut paraître surprenant lorsque l'on part en tant que bénévole, mais c'est peut être le prix à payer pour se lancer dans ce tourisme de volontariat, dans une structure compétente. Je me suis alors décidé en très peu de temps.
Le Bénin est aussi un pays qui rassure par sa stabilité , ce qui n'est pas négligeable quand on part seul .

L'EQUIPE:

Je suis donc parti seul mais sur place nous étions 2 autres français à poursuivre la même mission : Florence , directrice de Segpa à Cergy et Julie, organisatrice de raids sportifs à Paris.
Thierry s'est aussi décidé sur un coup de tête à nous rejoindre mais seulement pour les 15 derniers jours. Il en profitera aussi pour aller côtoyer un autre orphelinat près de Ouidah.

PLAN DU VOYAGE

ITINERAIRE ET ORGANISATION

Le séjour comporte 2 grands thèmes:
_ La mission d'environ 3 semaines à l'orphelinat "La providence" de Lokossa.
_ Les week ends et une semaine entière d'excursions dans le pays ( essentiellement sud et nord ouest).

AMBIANCE MUSICALE AVEC TIKEN JAH FAKOLY

Tiken Jah Fakoly - Délivrance

PERIODE :
Je suis parti du 6 juillet au 7 août 2007. Même si je ne pense pas que le Bénin puisse être gêné par une quelconque saison touristique surfréquentéé, je dirai que l'été est un bon compromis pour ce type de voyage. Les températures n'ont pas dépassé les 35 °C et franchement le climat n'est pas si éprouvant que cela ( en comparaison avec l'Inde en juillet par exemple).
Le problème est apparu avec les pluies dès la fin du mois de juillet, à Lokossa tout d'abord mais surtout dans le nord ouest. Les trombes d'eau rafraîchissent certes l'atmosphère mais ont beaucoup modifié nos excursions.
Pour en savoir plus sur le climat , le site de Météo Consult.

NIVEAU : Débutant je pense car le voyage est totalement (ou presque) encadré par une équipe compétente. Il y a des règles de sécurité , et des coutumes à respecter peut être plus que chez nous . Il ne faut pas faire n'importe quoi c'est une évidence. Voir les conseils aux voyageurs du ministère des affaires étrangères.
Etant seul ,je pense qu'il est assez aisé de s'organiser même si le tourisme et les infrastructures ne sont pas souvent bien développées. Néanmoins c'est quand même très différent de chez nous et une bonne dose de patience et d'esprit aventureux et quand même nécessaire dans ce cas.

HEBERGEMENT ET BUDGET :

Le problème de l'hébergement ne s'est pas posé pour moi. Essentiellement à Lokossa dans notre villa, mais aussi chez l'habitant ou dans quelques hôtels bon marchés. Le choix d'hôtels n'est pas pléthorique mais " le petit futé " est de bon conseil.
Le voyage m'est revenu à environ 2400 euros ( 1390 pour l'agence Double Sens, 760 pour le billet avec Royal Air Maroc et environ 250 euros pour l'argent de poche). Cher mais c'est le prix d'un voyage presque sur mesure et d'un rapport vraiment privilégié avec les gens du pays.

Le taux de change est basé sur l'ancien franc français: 1 euros = 655.957 Francs CFA ...en 2007.

QUELQUES LIENS UTILES
Pour préparer et compléter ce voyage j'ai utilisé :
_ le guide "Petit Futé" Bénin . Plus complet sur cette destination que les Routards et Lonely. Un bon guide.
_ Le Bénin de Philippe David chez Karthala. Un très bon livre guide sur l'histoire ; les moeurs, les lieux du pays. Attention ce n'est pas un livre pratique mais culturel.
_ Le vice roi de Ouidah de Bruce Chatwin. Un très beau petit roman traitant de la vie d'un des plus célèbres négriers de l'histoire.

Quelques sites utiles:

_ le site de l'office du tourisme du Bénin.
_ le site de Bernard Passot, écrivain , sur le Bénin.
_ bien sûr le site de Double Sens , l'organisme organisateur.
_le site du consulat du Bénin à Bordeaux pour obtenir le visa.
_ un site de voyage solidaire TDS dont j'ai entendu beaucoup de bien là-bas.
_ un autre site de tourisme responsable ECHOWAY.


L'arrivée

Jour 1:
Après une courte nuit chez Patricia , je me rends, accompagné de Sandra et sous un temps maussade, à l'aéroport de Bordeaux. Après le classique pot de départ où ceux qui restent regardent ceux qui partent, le tout avec une tristesse je pense partagé, je prends, avec 1 heure puis 2 heures de retard mon vol Royal Air Maroc pour Cotonou, via Casablanca. Le vol est assez désagréable : la compagnie semble dépassée par le débit de voyageurs, je me retrouve au fond, entre les toilettes et les fours, écrasé par mon voisin, devant même réclamer mon repas, le reste de l'avion étant servi ! Pour finir ils finiront, chose prévisible vue l'organisation par me renverser leur déchets dessus…J'arrive peu reposé à Casablanca où je dois attendre 7 heures ma correspondance. L'aéroport est glauque, du moins dans la partie embarquement : en sous sol, vieux et rien à voir ni à faire. Les douaniers me découragent de sortir de là (grosse erreur en fait…je m'en apercevrai au retour) et je finis par me poser dans une cafét' glauque en sirotant un Red Bull, sensé vivifier mon corps et mon esprit ! Le Maroc décidément ne m'attire pas. Ces transitions sont toujours, lorsqu'on est seul, un peu durs. Les SMS chaleureux de Patricia , mon lecteur Mp3 à coup d'Oasis et de Maiden , mes " Confessions" de Saint Augustin , mes délicieux et classiques sandwiches à l'omelette me permettent de m'échapper de cet endroit et de garder finalement le moral. Je quitte ce hall sordide , vole de nuit, passe par Accra au Ghana et arrive vers 7 heures du matin à Cotonou.

Lokossa

Jour 2 :
Presque pas dormi…mais est-ce anormal ? Après de belles vues sur la lagune de Cotonou, sur laquelle je naviguerai plus tard, je me retrouve posé sur le tarmac , dans une atmosphère assez chaude, humide ,mais très supportable. Cette arrivée est sans stress. Le fait d'être attendu par Antoine, patron de Double Sens, est nouveau pour moi et très confortable. L'aéroport est tranquille. Après avoir montré mon carnet de vaccination au douanier en blouse je me retrouve , assez rapidement finalement, avec mes bagages devant " le Français attendant le Français ". Il m'emmène , avec le 4x4 , dans un hôtel , rejoindre mon futur guide d'excursion, Sanny ainsi qu'une autre voyageuse, sur un autre pôle au Bénin. La traversée matinale de Cotonou est assez tranquille. Odeurs de Thaïlande, quartiers peu dégradés…comparativement au souvenir frais de l'Inde et ce malgré une infâme pollution causées par les innombrables motos ( ZEMS) roulant à l'essence frelatée importée illégalement du Nigeria proche. Ce qui fait bizarre ici c'est d'entendre parler français, de voir des panneaux français, les PTT etc…La langue sera un des conforts du voyage, définitivement. Après avoir changé mes 300 euros, somme qui se révélera suffisante pour tout le séjour, nous partons pour Lokossa, mon lieu de séjour principal. Ce trajet donne le La du voyage : chauffeur jovial, musique à fond ( Tiken Ja Fakoly, les hymnes du séjour) , belles femmes au bord des routes portant de lourdes charges sur leur tête, taxis brousses titubant sous la charge…Lokossa ressemble de prime abord à un gros village de pourtant 80 000 habitants ! Pas de centre ville, ni de rue piétonne…Peu de choses en fait. Comme dans toutes les villes du pays traversées plus tard. Je me demande bien comment je vais m'occuper ici tout le mois…Le genre de " village " où l'on passe sans s'arrêter : aucun site touristique, peu d'attraits culturels…La villa est assez sympa et bien au dessus des conditions de vies habituelles des locaux. J'ai une chambre correcte avec une salle de bains. Les rencontres commencent d'entrée : Sylvestre , notre coordinateur et guide pour le mois, Rolande ,la charmante cuisinière, Julie ,ma collègue de mission , Jacques, gardien musicien jovial, et Philippe, baroudeur, en fin de mission. Nous commençons d'entrée par de belles discussions sur l'histoire du pays. Le ton est donné : échange et communication. Ma première Béninoise (la bière locale) accompagnera mon premier très bon repas exotique. Une petite sieste et me voilà en partance pour l'orphelinat en début d'après midi. Je ne suis pas très en confiance : rien préparé et fatigué. En 15 minutes de vélo, par une piste rouge, au milieu des champs, après la place Stalingrad , souvenir du régime marxiste-béniniste et lieu de la fête de l'indépendance, nous y arrivons. C'est très agréable et dépaysant de faire du vélo , dans ces conditions, à l'étranger. Dès l'arrivée les enfants nous sautent dessus et rangent nos vélos. Déjà sur place il y a 3 étudiants en médecine qui viennent distraire les enfants . Nous reverrons certains d'entre eux tous les mardis et vendredi après midi .A peine introduits auprès des adultes, nous entamons une balle au prisonnier, un béret et pour finir par un football, indispensable .Je fais l'arbitre et le jeu bien sûr déchaîne les passions. Les petits , adorables, nous appellent Monsieur ou Tonton. D'entrée je vis ici une expérience unique. En fin d'après midi et comme à chaque fois, ils nous feront des beignets, après le rituel du lavement des mains. Vers 18h30 nous rentrons , tranquillement, par les ruelles où règne l'odeur du feu de bois, omniprésente durant tout le voyage. Arrêt au dancing Chez Vince pour boire une bière jusqu'à la nuit, vers 20 h ici. Bonne discussion avec Sylvestre sur la neige, le froid, notions inconnues ici. Au Bénin, à 20 °C, l'eau se fige !Physique des tropiques…
Bon repas omelette-bananes frites puis préparation du programme du lendemain. Beaucoup de boulot finalement pour trouver un sens et un projet commun à notre travail futur. Très bonne journée, gens intéressants, les auberges de jeunesse ne me manquent pas !Au lit vers 23H .

La mission à l'orphelinat I

Jour 3 :
Super nuit malgré 29°C dans la chambre, sous la moustiquaire . Crevé, je n'entends même pas le réveil, et c'est le jour qui me sort du lit à 9h .L'ordre du jour de l'orphelinat sera de partager les enfants en divers niveaux. Je prendrai les grands et Julie les petits . On s'arrange comme on peut pour disposer les enfants sur des bancs et je me mets au travail . Je me présente , ils font de même et écrivent leurs noms au tableau. Je les divise ensuite en 2 groupes d'âge et les fais travailler sur nos cahiers de devoirs de vacances : maths, histoire-géo. On réfléchit longuement sur l'hiver, la neige, notions inconnues pour eux. Les élèves sont très sages, les filles timides. Quel plaisir d'enseigner dans ces conditions ! Après la pause de midi et les traditionnelles réflexions sur le programme des activités de l'après-midi ,on reprends le travail à l'orphelinat vers 16h.Les étudiants en médecine sont déjà là. Nous sommes alors un peu trop nombreux pour poursuivre nos activités. On s'adapte à leur programme : relais , jeux. Florence, la deuxième travailleuse de Double Sens , arrive dans l'après midi. Louis en profite pour lui faire la visite de l'orphelinat : les chambres obscures et sommaires des garçons et des filles (où sont les lits ?) , le parc aux cochons, la maison de Marie-Claude ," maman " ,la patronne…
Depuis 1993 , d'abord avec un père, puis seule elle dirige dans sa maison ce petit orphelinat avec amour .Bravo à elle !
Les jeunes nous joueront un spectacle de leur création ( théâtre et chorégraphie) avec lequel ils avaient gagné un prix national .Le thème , difficile, est celui de l'avortement. Les jeunes , et ceci peut être assez gênant, parle durement d'un thème qui doit sûrement les dépasser. Discours assez religieux et propagandiste mais l'ensemble est de bonne qualité et m'émeut. Après le lavage des mains et les beignets, nous rentrons vers 18h30. Je rencontre un collègue de sciences physiques. Nous échangeons sur nos méthodes, je luis passe des livres. Leurs conditions de travail ( beaucoup d'élèves, pas d'aide, pas de livres…) rendent le métier difficile.
Le travail continue avec la réunion avec Michel et Louis , piliers de l'orphelinat , Antoine, le jeune patron sympathique de Double Sens, Julie et Florence sur le programme exact de notre mission. Nous ferons donc le matin environ 2 heures de soutien scolaire ,avec les grands pour moi. L'après midi sera consacrée aux chants , à la décoration et à la répétition du petit spectacle que nous pensons faire avec les enfants .Je trouve le projet ambitieux avec le peu de temps imparti. Des jeux et du sport seront aussi organisés.
Bon repas avec de bonnes discussions avec Antoine sur le Bénin,musique Tam Tam avec Jacques , essais des chorégraphies avec Rolande…la journée finit de manière très agréable. Tant de rencontres en 2 jours. Enorme, j'adore !!!

Jour 4 :
Très bonne nuit . Après un très revigorant jus d'ananas frais me voilà revenu vers 10 h au village des Schtroumpfs , toujours avec un super accueil. Au programme ce matin : conversion d'unités, anglais, la forêt, les hommes préhistoriques. 2 heures très agréables . Mes exercices sont peut être parfois trop simples pour les plus grands ( sauf en français où tout le monde a du mal) . Pas facile de se mettre dans la peau de l'instituteur de classe unique .Nous sommes invités à rester manger sur place et c'est avec un grand plaisir que nous partageons ces plats locaux (pâte et poisson) , mangeant avec les doigts . Je remarque avec joie tous ces enfants qui attendent calmement leur repas et ce malgré le manque évident de variété dans leur alimentation. Que dire de nos enfants gâtés qui râlent en permanence dans nos cantines françaises…Décevant. De retour pour une pause à la maison, j'en profite pour explorer les 53 kg d'affaires apportées par Florence. J'y trouve plein de choses intéressantes .Son matériel sera d'une utilité précieuse pour tous . Il était difficile de prévoir avant quoi amener . Sentiment bizarre. Nous sommes dans les premiers à venir travailler à l'orphelinat. Il n' y avait rien et en peu de temps ils vont crouler sous les affaires et les peluches made in China. Je ne sais pas si trop de dons serait une bonne chose. Débat classique sur le don en pays pauvre.
A peine le temps de souffler et on repart dans le cagnard , arrivant en sueur. Au programme : danses, chants, jeux (dames, 1000 bornes) , sports . Je fais le malin en acceptant de faire 2 parties de foot , à l'africaine, pieds nus , dans la cour de l'orphelinat . Non seulement je subis le jeu mais je récolte aussi une grosse ampoule au pied. Fier, je tiens jusqu'au bout et marque même un penalty . Beignets et canne à sucre me réconforteront avec un retour entre les gouttes. On s'arrête au bar " le Flamboyant " , juste à côté de la maison . 4 consos pour 1,5 euros , vraiment pas cher. Ce soir au repas , le classique omelette, igname frite avec sauce tomate oignons .Douche avec soin des pieds puis lessive (même si Rolande me rappelle qu'elle peut le faire… ) et préparation du programme du lendemain . La journée passe très vite. Elle finira par de bonnes discussions, où je suis souvent d'accord, avec Florence ,sur les voyages . Notre démarche est assez proche . Après la Thaïlande et l'Inde, ne plus faire que passer dans un pays mais y rester et y être utile .D'accord pour dire que ce que propose Double Sens est un super concept .

Jour 5 :
Bonne nuit. Matinée consacrée à l'étude de textes français . Je pensais le faire en 1 heure mais vu les difficultés de lecture et de compréhension 2 heures seront nécessaires . Comme ils disent ici : " c'est à cause du nouveau programme ! ". On remarque le travail carré et rigoureux des enseignants. Les enfants ont des cours complets et riches. Je me demande pourtant s'ils comprennent tout ce qu'ils écrivent. Travail toujours très agréable . A midi, je reçois un autre enseignant de physique qui va essayer de me faire visiter le lycée. L'après midi sera consacrée au chant, Mikado ( gros succès ), au "Mille Bornes", au Master Mind et au coloriage de labyrinthe. Leur aptitude et leur souplesse au foot m'impressionne. Encore une très bonne journée. On commence à prendre notre rythme de croisière. Bière chez Vince . Panne de courant généralisée le soir . On en profite pour écouter avec soin Sylvestre nous raconter ses histoires sur le vaudou , dont le Bénin et Ouidah en particulier , sont les pères .Il passe en revues les bouts de verres sortant du bras, l'impossibilité de mourir dans un accident, les questions posées au Fa…C'est troublant et intéressant . Ils y croient vraiment . Pour nous c'est moins évident…
La nuit sera désagréable avec les 32°C sans ventilation . Le WE approche, tout passe vite mais c'est vraiment génial.

Jour 6 :
Je prépare déjà mon sac pour l'excursion du week-end puis me rends à l'orphelinat . En route , encore pour illustrer le très bon esprit des locaux, les gens aideront rapidement Julie à réparer sa chaîne qui déraille sans cesse. Arrivés sur place on rencontre les enfants plus chics que d'habitude. Nous allons, avec Michel et Julie, nous rendre ensemble à l'école pour les inscriptions . Un enfant dans chaque main, la procession s'élance. En route nous croisons des militaires en pleine course. Les chefs vocifèrent et dégagent bruyamment la route à leur passage. Sous le soleil, ils finiront à bout
de force .
L'école est très étendue : un grand pré avec des bâtiments en dur autour. Un peu curieux et timide au début les enfants se lâchent vite et nous voilà submergés par une marée humaine . ils se battent tous pour nous accrocher et nous toucher . Certains me caressent le bras ( découvrent-ils les bras poilus ?) et ne veulent plus me lâcher. Ils nous font alors visiter leurs classes, sous l'œil tranquille des enseignants présents qui ne s'inquiètent nullement de ces étrangers visiteurs. Les enfants viennent ici pour la dernière fois avant le rentrée . Certains nettoient le pré avec des machettes. Une telle arme dans des bras d'enfants. Nous sommes loin de nos règles de sûreté…En rentrant , en chantant, beaucoup nous suivront jusqu'à l'orphelinat d'où ils se feront gentiment renvoyer " Retournez à la maison ! ".Un grand moment .On les quitte alors pour partir en WE. On commence par un arrêt àOuidah pour rencontrer les autres français. Pour certains la mission se passe mal. Problème de rapports avec les supérieurs, mise à l'écart, incompatibilité dans le travail…On remarque dans " l'humanitaire " certaines personnes , à l'instar de ceux qui ne vous saluent pas dans les treks lointains, qui snobent leurs égaux et veulent pour eux seuls leur part d'Afrique. Décevant. Nous ne devrions pas être là pour nous faire plaisir mais pour aider les autres . Et vouloir être seul à travailler est pur égoïsme. Pas vraiment des gens de cœur . La villa est belle mais je préfère la notre et vivre notre mission .On passe rapidement chez Delphin , coordinateur de Ouidah, et Sylvestre avant de poursuivre par la visite de la forêt sacré de Ouidah. Un site à la forte symbolique mais peu parlant pour nous . Des statues modernes vaudous, un arbre sacré dans un terrain en friche . Pas indispensable. En route pour Cotonou nous nous arrêtons un moment pour voir des objets en bois en bord de route. On note les prix pour un achat futur. Le long des routes nous observons et achetons de l'essence , à la bouteille . Dur métier pour la santé…Le taxi roule très vite . Traversée de Cotonou dans le bruit et une pollution infâme . La fenêtre ouverte c'est brushing graisseux assuré. Passant près de la belle lagune de Cotonou, nous laissons à droite aux plus aventuriers le soin de poursuivre vers le Nigeria, proche et si lointain .Arrêt en bord de route où les vendeuses de crevettes et de fruits se ruent sur nous . Le taxi calant ,c'est à nous de pousser …Drôle. Nous passerons la nuit au centre Songhaï de Porto Novo. On y mange un bar grillé délicieux (et ses crudités…)et profitons d'un des rares cybers du pays . Très lent bien sûr .A la télévision, sur l'unique chaîne nationale, le journaliste délivre un journal du soir lent et soporifique , à base de politique intérieure essentiellement. Ils reviennent aussi beaucoup sur l'arrêt d'un fournisseur d'accès au téléphone portable ( le mien, Areeba) pour cause de licence impayée. Panique pour retrouver une carte . Le classique soap opéra brésilien ponctuera notre aventure télévisuelle du soir. Nuit dans une chambre moyenne, avec un ventilateur extrêmement bruyant donc débranché, et quelques moustiques…Encore une grosse journée.

Porto Novo et Adjarra

Jour 7 :
On se lève tôt, bonne nuit légèrement pluvieuse. Après avoir dégusté la bonne confiture de mangue locale , nous partons à pied , le long de la route , vers le marché de Porto Novo. C'est un très beau marché plein de couleurs, de fruits, de légumes, de poissons frits, de pharmacies illégales approvisionnées au Nigeria. Pas un touriste, un de mes premiers marchés vraiment authentique, très loin de ceux vus dans d'autres pays. Très difficile d'oser prendre des photos ou de filmer. Une marchande demande " Serre moi la main, yovo (blanc) , je vais bien vendre ".On part ensuite en zem vers le quartier de l'assemblée nationale pour visiter le ​ jardin des plantes et de la nature . Nous y attendons le guide en observant des singes (cercopithèque) peu farouches et amusants dans la partie gratuite du site. Nous visiterons de l'autre côté de la rue , accompagnés de notre guide, pendant environ 1 h, cet intéressant endroit rempli de plantes et d'arbres sacrés : iroko, kolatier géant, cafetier, poivre, cacao, laurier géant. Plusieurs statues symbolique du Fa décorent cet ensemble sympa bien que pas tout à fait bien entretenu . Nous poursuivons en zem jusqu'à Adjarra , passant à travers des ruelles en terre de la ville. C'est parfois périlleux mais très drôle et dépaysant. Après quelques km de piste rouge nous arrivons au centre du village, sensé être un peu touristique mais désert pourtant, au milieu de vendeurs de tam tam. On rejoint notre guide local, Alphonse , qui nous conduit chez lui . A travers des endroits que nous aurions jamais osé traverser, au milieu de gens et d'enfants si hospitaliers , nous arrivons et laissons nos bagages dans sa modeste maison. Couverts de crème solaire (je suis le Yovo blanc !)nous partons en excursion en commençant par déguster dans un maquis local un porc grillé réputé. Très bon mais accompagnement trop épicé, le défaut d'un restaurant non destiné aux touristes. Nous embarquerons ensuite sur une barque sans moteur pour explorer , dans un joli paysage tropical et serein, la rivière noire. Nous atteignons un village puis visitons les alentours. Au milieu des champs d'arachide, de manioc et d'ananas nous rencontrons des dames faisant à moitié nues de la vannerie, d'autres fabriquant leur eau de vie locale, le sodabi, à partir d'huile de palme. Le principe universel de l'alambic se retrouve ici VIDEO DE LA DISTILLATION. Nous reviendrons de cette belle ballade par un autre chemin. Un peu une ambiance d'Amazonie, les bruits en moins . Après la douche à la calebasse , nous passons pas mal de temps à jouer avec les enfants, à les filmer . Nous finirons la journée par un pot dans la ville sombre, discutant sur le tourisme, le Bénin, la France, nos différences culturelles marquées sur les croyances, l'homosexualité…Le repas sera dans un cafét' locale pour un classique et très bon omelette spaghetti. Tous crevés nous retournons , dans le noir, nous coucher dans nos lits sommaires, profitant des toilettes 4 étoiles ,façon trou dans le jardin . La journée fut une réussite. J'ai rarement eu le sentiment d'être si peu " touriste ". Et tous ces enfants qui nous appellent …et jamais pour de l'argent.

Plus de photos de Porto Novo et d'Adjarra. Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.

PLUS DE PHOTOS D'ADJARRA

Lagunes et Ganvié

Jour 8 :
Beaucoup de bruit la nuit , réveil au coq chantant, douche au seau : T.I.A (this is Africa).On prend le petit déjeuner à la cafét' de hier, commençant à 4 et finissant à 7, drôle. On visite ensuite le petit marché local, toujours aussi coloré ,avec son artisanat , ses odeurs et ses marchandises originales (caméléons, escargots énormes…). De retour en zem à Porto Novo je regrette de ne pouvoir filmer le trajet au milieu de ces trous énormes, de ces monticules de terres que l'on gravit avec les motos. Nous arrivons à un embarcadère d'où nous embarquons , seuls, dans une pirogue .La ballade est très sympa avec des vues sur les cabanes de pêcheurs et les parcs à branchages ( mauvais pour la lagune) . La houle augmente, on s'arrose un peu avant d'arriver aux Aguégués, villages sur pilotis où l'on surprend les gens en train de se laver, de pêcher . Pas d'arrêt , on continue sur Ganvié où l'on accostera chez " M " avec sa boutique et nos premiers collègues touristes du mois. Cela reste néanmoins un tourisme très confidentiel. J'en profite pour acheter mes premières cartes postales , objet assez difficile à trouver ailleurs. Sous nos yeux, mangeant face aux pirogues, nous observons les villageois venir prendre de l'eau potable dans des bidons, d'autres se rendent endimanchés on ne sait où. Peut-être à l'église du christianisme céleste dont on entend l'évangéliste , parlant des heure durant à son micro ,aidé de son harmoniste au son Bontempi .
On retourne ensuite sur Cotonou, assez secoués et arrosés dans la pirogue. En arrivant dans la lagune , on longe de véritables bidonvilles construits sur des déchets. Assez sale malgré des panneaux " interdit de chier ici 25 FCFA " .On accoste dans un hôtel " classe " avec piscine, par les cales, bien moins classes. Notre taxi n'est pas là, vu notre retard, on doit se rendre en zem au marché Saint Michel pour mieux négocier un bon prix pour rentrer à Lokossa. On fera un petit arrêt à Ouidah pour acheter en gros et à de très bons prix (Merci Sylvestre !) quelques objets en bois. Les filles , et ce tout le long du voyage, achèteront sans répit. Je remarque en route un panneau " Attention sortie d'hippopotames " , assez original, non ? On retrouve avec plaisir en fin d' aprèm notre maison. Très bonne journée nautique. Toujours le sentiment d'être vraiment …dedans.

Plus de photos de Ganvié. Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.

Plus de photos de GANVIE

LA VIDEO DE PORTO-NOVO ET GANVIE


Quelques promenades autour de Cotonou. Porto Novo, sa forêt sacrée et son jardin d'acclimatation. Tourisme lacustre vers les villages de Ganvié et des Aguégué.

La mission à l'orphelinat II

Jour 9 : Après un gros petit déj' on retourne le matin, sous un ciel couvert, vers l'orphelinat, avec l'envie de retrouver les enfants . Toujours un peu de temps perdu pour trouver les stylos et les cahiers mais tout se met en place. Ils ont pourtant eu avant moi un cours sur a et à…Je leur parlerai d'un texte sur le hamster, les léopards et les hyènes + quelques opérations + un peu d'anglais+ la Terre et les volcans+ l'Afrique. Le niveau de culture générale est très faible .Leur apprentissage est rigoureux à l'écrit mais il semble y avoir peu de compréhension. Après le repas , toujours en ayant à peine le temps de souffler ,on repart sous un temps menaçant pour une bonne séance de chant, entamant Pirouette Cacahouète et Gugusse et son violon . Dur de chorégraphier ce paquet d'enfants mais on y arrive. Je finis la journée en jouant à un peu tout avec les enfants : tangram, master mind plus leur jeu de carte local . Je cours partout , fatigué mais enthousiasmé par le travail. De retour j'essaye sans succès le cyber café et me fait surprendre par un énorme orage. J'attends patiemment dans le hall et la ville éteinte. Sylvestre , inquiet, vient me chercher à la lampe. Nous rentrons ensemble dans la boue.
La journée fut encore très agréable. Tout passe très vite , nous n'avons le temps de ne rien faire le soir. Nous discutons pas mal sur le spectacle . Ils veulent y inviter le maire, le préfet… Cela nous stresse un peu . nous comprendrons vite ce que veut dire formalités et protocole en Afrique…

Jour 10 :
Bonne nuit, température plus fraîche grâce à la pluie. Je pars un peu plus tôt, passant par la poste pour envoyer les classiques cartes postales . Au programme ce matin : texte sur le macareux, de la conjugaison , des soustractions, étude des planètes, de l'univers et le chat…Toujours beaucoup de lacunes en lecture et en culture générale. Dur de leur faire parler de leurs connaissances où alors ne comprennent-ils pas les questions… ? Ils n'ont aucune connaissance sur la lune, les planètes…Le débat s'oriente ensuite vers nos habitudes culinaires. Pour eux : rats, crocodiles, hippopotames, chien (mélangé à de la vache en bord de route), python, chats , serpents, scorpions , chats…Peu ragoûtant. Dialogues assez drôle : " Vous ne mangez pas de rats ? C'est doux. Vous n'avez pas de crocodiles ? Ha ! Et de lion ? Ha ! "
Entre 12 h et 15 h, fatigués, nous réfléchissons pour les décors pendant que Julie répète la pièce et les chorégraphies.
L'après-midi ,on retrouve 7 étudiants comme tous les mardis et vendredis après midi qui préparent une carte au trésor. On sent bien que certains veulent qu'on leur laisse les enfants pour eux seuls. Drôle de discours. Est-ce de l'egosolidarité? Se faire plaisir , pour soi, sans penser à l'avantage que les enfants ont à côtoyer un maximum d'adultes. Je réfléchis souvent à ces jeunes rencontrés en Inde , en Thaïlande , certains arborant l'attirail complet de l' alter mondialiste…Certains s'estiment différents et pensent parfois que voir d'autres français faire pareil qu'eux dévalorise leur acte. Trop de " bonnes " volontés ? Est-ce le problème de l'humanitaire ? En tout cas , Michel et Louis semblent gênés par ce monde aujourd'hui. Certains peut être n'ont pas le sentiment d'être seuls en Afrique, en immersion totale. A comparer aux trekkeurs snobinards rencontrés sur les cimes…Je m'emporte car en fait ils étaient bien sympa( une pensée pour Delphine) . On arrive à travailler un peu de 15 h à 17 h en décorant la mer et ses poissons.
Quelques mails en soirée malgré les coupures de courant. Discussion avec Julie, pro sarko, sur les profs ,le métier, le stress et les élèves…au lit vers 22h .

Plus de photos des enfants au travail. Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.

L'ORPHELINAT AU TRAVAIL

Jour 11 :
Je m'endors tard malgré les nuits plus fraîches et agréables .On se rend un peu plus tôt à l'orphelinat pour rattraper le temps perdu hier. Toujours un peu fatigué. Au programme : étude de texte, le squelette humain, les conversions des masses et l'accord des adjectifs​ . On me présente un certain …Giresse, chorégraphe d'un ancien spectacle des enfants. Curieux prénom, non ?
La pause de midi sera encore plus brève, on sera là-bas vers 14h30 . Nous sommes à mi-mission, cela passe si vite. Nous commençons par les chants où ils se donnent à fond et avec joie. Je m'occupe ensuite des décors : gouttes, coloriages, scoubidous (dur de retrouver la technique). J'observe un match de foot endiablé avec Antoine et Michel. Nous prendrons un pot avec Antoine au Privilège, bar en plein air, musique à fond. Nous y ferons le point sur le séjour, les voyageurs, le problème de l'homosexualité, l'arrivée de mon ami Thierry, imminente (attention aucun lien!) .
Me rase , sur " ordre " de Rolande, dur à l'eau froide. Ce soir, ambiance Afrique avec le concert de tam tam de Jacques, Antoine et Sylvestre. J'apprends ma mutation au collège Anatole France de Villeneuve sur Lot . Pas terrible mais seulement 8 H, le reste au Lycée de Fumel.

Jour 12 :
Un peu patraque ce matin. Au programme : texte à trou pour compléter une histoire. Aucun arrive à faire une histoire sensée. Je poursuis par les maths et les multiplication par 10 , 100 …avec les décimaux ,ce qui leur pose pas mal de problèmes. Je finis par l'étude des problèmes d'environnement de notre planète. Très sympa mais un peu de fatigue. A 15 heure on y retourne, sans sieste et sans trop d'énergie. Toujours les chants et les travaux manuels ( étoiles, planètes, coloriages, scoubidous (gros succès) , Master Mind, Morpion, cartes. Assez fatiguant car je suis demandé de partout : " Tonton, Tonton "  .Les enfants inaugurent le "grand "terrain de football défriché dans le champ voisin. J'en profite pour donner pas mal de produits d'hygiène à Ismène, jeune femme travaillant à l'orphelinat. Après cette grosse journée je me rends encore au cyber où je croise 2 françaises qui n'entendent pas mon bonjour …la faute aux tresses sûrement…En attendant mon tour je rencontre Alphonse, jeune futur étudiant en médecine , que je vais revoir tout le long de mon séjour. Enfin, après la galère des connexions bas-débits je me retrouve vers 20 h à la maison où je lutte gentiment avec les fourmis et termites de ma chambre. Bon repas suivi d'une discussion sur l'Inde , comparant sa misère et la pauvreté du Bénin, si différente. Au lit vers 22H.

Jour 13 :
Fatigue ou climat qui change mais j'aurais maintenant presque froid le matin malgré les presque 30°C…De 10h à 12 h je travaille avec les enfants un texte sur le baron de Munchausen et un autre de Queneau sur la forêt. Toujours beaucoup de difficultés à déchiffrer le sens des mots. Les questions et la petite dictée ne seront pas réussies. Révision sur le COD. On débat ensuite , à partir du mot énergie solaire sur la température…en France…dans le monde. J'en viens à poser ma montre pour faire une mesure. Ils me demandent le prix …et hallucinent . Commence alors un débat avec plein de questions sur la France, sur le prix de la vie , nos habits, ce qu'on produit, les voitures et les accidents. Et là tout s'emballe . Ils m'apprennent qu'ici, après un accident , il faut fuir sinon il y a un risque réel de se faire couper en morceau par les villageois. Choqué ,j'en viens à parler de la violence . Ils me parlent alors , tranquillement, du chef des voleurs (et aussi d'un maire) immolés dans les années 2000, devant la maison du peuple, par un caïd local, le "Colonel Dévi" . Il aurait (et cela continue encore aujourd'hui dans les campagnes) brûlé une centaine de malfrats !Marie Claude me montre même les photos avant et après. Horrible. Ils me racontent les viols à Lokossa, la mort terrifiante de Samuel Doe, dictateur du Libéria, coupé petit à petit en 1990 et filmé dans son agonie. Ils me parlent aussi des vols d'enfants pour le Nigeria ( avec leurs têtes ,certains feraient de l'argent en prononçant des incantations). Il y aurait encore du cannibalisme au Ghana, des cadavres dans les rues au Nigeria…Louis me raconte les croyances sur le fait de boire dans les têtes de gens dont on veux prendre la force. Le fait aussi de se transformer en animal si on ramasse de l'argent par terre, les incantations avec les portables, le président qui se serait évadé transformé en lézard…De retour en France, je vérifierai toutes ses histoire qui se révéleront non seulement vraies mais même en dessous de l'horrible réalité. Hallucinant. Et cette violence est acceptée ici, le justicier local est un héros. Traumatisant. Quel contraste entre la tranquillité apparente et la violence de certains actes, une violence qui ne choque personne et fait même sourire ici.
Sur des sujets plus marrants ils me demandent aussi comment " on chie dans les rue " . J'apprends qu'ils enlèvent les thermostats de leur voiture européenne pour cause de surchauffe permanente. J'apprends que les fonctionnaires payent une taxe pour la radio et la télé , qu'ils regardent en travaillant !A ce propos , Florence me raconte qu'en demandant aux enfants qui a une belle maison dans la forêt , ils ont répondu : le fonctionnaire !
De retour, après un repas rapide, on repart vers 14h pour l'orphelinat. On commence à peine à travailler lorsque les étudiants arrivent, ce qui coupe tout. En plus certains partent bientôt . A ce propos beaucoup partiront à la rentrée avec ERASMUS. J'aurais aimé qu'ils partent tous tant l'expérience est enrichissante. On fera de nombreux jeux , des danses. On partira discrètement vers 16h lorsque viendront les adieux émouvants. Alphonse, rencontré hier au cyber, me rejoint à l'orphelinat pour un petit bonjour. Surprenante rencontre…et demain nous partirons ensemble faire du tourisme dans la région.
Je réfléchis au problème de tout ce monde à l'orphelinat. C'est un peu gênant. On dirait que chacun cherche un peu sa part du gâteau Afrique.
La 2ème semaine se termine, cela passe vraiment vite. On se ravitaille en Béninoise chez Vince et nous voilà de retour, avant la pluie , en fin d'après midi, à la maison.
On fera le soir une réunion pour le spectacle : planning minuté de la soirée, affiches, beignets, boissons…Encore une coupure de courant, due aux impayés des fournisseurs. On continuera avec un débat très instructif sur l'histoire du pays, les dictateurs du Togo, l'impact politique de la France, les valises d'argent de Pasqua et l'Angolagate, Bob Denard et les années 70. On n'en ressort pas grandis. Notre pays, par le jeu des alliances ,maintient certains pays en servitude et dans le chaos. On ne peux regarder l'Afrique de la même manière. Très enrichissante journée.

Plus de photos de l'ambiance dans la villa. Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.

L'AMBIANCE DANS LA VILLA

Environs de Lokossa et Togo

Jour 14 :
Vers 6h30 du matin , pas de zem devant la porte. On en avait , avec Alphonse, pourtant réservé un hier. Sylvestre part en chercher 3 qu'on négocie à 600FCFA AR pour aller rendre visite aux hippopotames au lac Doukon. Alphonse arrivera un peu plus tard avec son zem…trop tard on s'est engagé. Il nous suivra avec son scooter. Dans le matin calme et frais on voit la ville se réveiller et on profite des beaux paysages le long de la piste rouge qui nous même au village proche. On arrive dans ce charmant petit village où l'on trouve rapidement un guide . Il nous amène le long d'un sentier boueux à l' " embarcadère " de sa pirogue. Quelques femmes nettoient la pêche du matin .Les conducteurs de zem sont déçus de rester à terre et croyaient que la ballade était offerte. Le tour nous permet d'apercevoir 3 des 100 derniers hippopotames du Mono , arrivés ici en s'échappant du fleuve.. Ce n'est pas impressionnant car il est dangereux de s'approcher mais tel est la règle de l'observation animalière .Le plan d'eau est agréable, rempli de pêcheur au travail, dans un calme reposant. Le soleil et la chaleur arrivent vite. On rentre et paye (2000 chacun) le guide directement chez lui, entouré de sa famille , après l'éternel verre de sodabi . C'est un tourisme communautaire appréciable pour tous.
De retour à Lokossa on s'embrouillera un peu avec les conducteurs qui augmentent les prix. Sylvestre et Louis s'en chargent. Juste le temps d'une douche et d'un petit déj et à 11h on repart avec Alphonse et 2 zems pour Athiémé. Un arrêt au marché pour les provisions ( bananes, pain, vache qui rit) et la pluie nous arrête vite en sortie de ville. Après de longues minutes d'attente nous repartons, trempés. Les pistes sont assez dangereuses mouillées : un automobiliste peu prudent se retrouve dans le fossé. Athiémé est l'ancienne capitale de la région, déplacée à cause des crues. Il en reste une ville fantôme, coloniale, mi western, mi studio de cinéma, que l'on traverse en marchant , sous le regard curieux mais non agressif des habitants. On rends visite au douanier , jovial, dans une ambiance surannée genre , Tintin au Congo. Nous passons ensuite un long moment dans l'église coloniale désaffectée de plus d'un siècle. Le curé, de retour d'un long pèlerinage en France, à Notre-Dame-D'Orcival, nous fait tout visiter. Ambiance " mission de San Pedro au Mexique ".Il parle du regret qu'il a de voir la foi reculer en France. On mangera, se protégeant de la pluie, à l'abri près de la statue du Christ. Nous finirons le tour de la ville puis partirons pour Lokossavi, petit embarcadère de contrebande pour le Togo. On y passe de l'huile rouge dans des tonneaux jetés à l'eau et d'autres produits locaux ou étrangers. Nous décidons alors d'aller boire une bière en face . A bord de la pirogue , creusée dans un tronc, je prends quelques photos du débarcadère en entendant les cris et gestes venant d'en face. Pour une fois cela n'était pas amical…mais je ne le soupçonne pas. J'aurais peut -être du lire les recommandations du ministère des affaires étrangères. On se présentent , dès notre arrivée, aux douaniers : 6 gars, certains vêtus en treillis ou en tenue sportive signées FAT, Forces Armées Togolaises ,alignés face au fleuve. Ils (enfin surtout le gros petit chef véreux)grondent sur le fait qu'on les ait pris en photo et demandent l'appareil. Je les rassure mais ils continuent et demandent nos papiers. Nos photocopies ne valent rien et selon eux nous sommes clandestins et en pleine illégalité. "Là c'est le Bénin, ici c'est le Togo ! ". Ils parlent de Sarkozy qui ne veut pas de noirs en France et nous demandent alors pourquoi on serait bien reçu ici…Bref ils nous laissent quand même aller boire une bière, chose que nous n'avons plus du tout envie de faire. On s'enfonce néanmoins dans le village. Bizarre mais tout semble ici moins accueillant. Le côté sombre de l'Afrique, la corruption...me viennent à l'esprit. Cette première visite au Togo est mauvaise. Au bout du village on fait demi-tour, stressés. Par l'humour , le bla-bla et 1500 FCFA pour leurs bières on finira " bons amis " en se serrant la main. Ils nous demandent même quand reviendrons-nous au Togo…pas mal non ? On joue les hypocrites ne sachant pas trop comment les traiter. De retour sur la pirogue on renaît .Vive le Bénin !
De retour à Lokossa , on prendra un verre dans une boutique tenue par le père d'Alphonse .
Le soir à la maison Sylvestre et Jacques riront de nos aventures même s'ils trouvent cela peu sympa. C'est peut être ça l'Afrique , un mélange de cool et d'emmerde. On a le sentiment que tout peut vite basculer et alors tout devient très , très hostile. Leur sourire est peut être une façon d'accepter ce qu'ils endurent depuis tant d'années …
Ce soir , fête chez Vince. Rolande y va…on reste.

Plus de photos des environs de Lokossa. Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.

LAC DOUKON ET ATHIEME

VIDEO DES ENVIRONS DE LOKOSSA


Quelques visites dans les environs de Lokossa: Dantokpa et le lac Doukon pour observer les hippopotames, Athieme, l'ancienne ville coloniale  pour un petit passage (flippant)  au Togo.

Grand Popo

Jour15 :
Courte nuit, bruit des sonos de la ville et levé vers 7h30 pour attraper avec Sylvestre un taxi pour Comé puis Grand- Popo. Marrant ces taxis qui s'arrêtent en bord de route pour attendre d'hypothétiques nouveaux clients. Le notre attendra, en vain. La route vers le sud est belle, entourée de cocoteraies. On nous laisse à l'embranchement de la RN pour Lomé et Abidjan . Il faut alors prendre un zem pour atteindre l'auberge de Grand- Popo et ensuite l'embarcadère, près d'un village désaffecté, pour " la bouche du roy ". C'est l'estuaire du fleuve Mono , un endroit où les tortues pondent et donc un lieu connu pour les touristes .En attendant on se rend directement voir l'océan Atlantique, traversant les vergers et les maisons de pêcheurs, à même la plage. Celle-ci pourrait être française sans cette houle qui creuse verticalement la plage , sans ses barques et ces pêcheurs courageux affrontant les brisants. Ici aucun baigneur ni " bronzeur "…Un secret spot ?
La brume au loin et l'atmosphère apportent du cachet à l'ensemble. Ambiance Phuket, le matin…
On négociera avec d'autres français une pirogue à 7 pour 35000FCFA, Sylvestre s'engageant à revenir. On est tout près d'une grande tribune utilisée pour la grande fête annuelle du Vaudou.
On attendra longtemps, le ventre vide , l'arrivée de la pirogue. Coup de chance finalement nous permettant d'observer le passage de la barre par une embarcation, malheureusement vite noyée…
On va ensuite naviguer non plus 12 mais 17 km jusqu'à l'embouchure, prenant et déposant en passant le chef d'un village proche. Nous profitons de belles vues sur les mangroves ( malheureusement non traversées), les cocotiers et la bande de sable des berges formant parfois une banquise de sable. Original. A l'embouchure le piroguier en profitera pour pêcher à l'épervier , jetant son filet circulaire. On s'arrêtera au retour dans un village où le sel est extrait au moyen de boue( décantée puis chauffée) par vaporisation au dessus d'un feu ce qui pose problème pour la conservation du bois des mangroves. C'est typique, femmes seins nus et endroit assez glauque pour vivre.
Le guide fera remarquer aux enfants en partant de ne pas demander de cadeaux aux touristes…
Le ventre toujours vide…et le grand air ça creuse…nous arriverons vers 16h au restaurant " Les paillottes bleues ". On y attendra plus de 2 heures ( un cuisinier pour nous et l'autre groupe présent…). La patience est une qualité à posséder pour visiter le Bénin . Nous serons récompensés par l'attente. Le barracuda grillé et frais du matin est un régal !
De retour , à pied le long de la longue route du front de mer, nous retrouvons les touristes du jour essayant avec peine de trouver des taxis vides pour rentrer.
On s'éloigne et Sylvestre trouve vite une 504 break où l'on s'entassera à 10 puis à 4 jusqu'à Comé. Il y fera nuit. On traverse le village , éclairé d'une multitude de lampes à essences et très animée pour un dimanche soir. L'atmosphère est super. On rentrera de nuit pour Lokossa, pas très conseillé dans ce pays mais bon…Il est tard , on ne mange même pas .Au lit direct, heureux de cette belle journée. Demain commence une grosse semaine , le spectacle en ligne de mire.

Plus de photos de Grand Popo. Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.

PLUS DE PHOTOS DE GRAND-POPO

LA VIDEO DE GRAND-POPO


Une excursion vers les Bouches du Roy à Grand-Popo. Embouchure du fleuve Mono, pêcheurs passant la barre et  pêche à l'épervier.

La mission à l'orphelinat III

Jour 16 :
La matinée sera consacrée aux affiches : 10 petites et 4 grandes. Tout le monde s'y met. Je trace les lignes et y dessine le texte au crayon à papier :Jeudi 26 juillet, spectacle des enfants de l'orphelinat " La Providence " avec Spectacle musical folklorique de Tchinkoumin. Rendez-vous chez Vince à 18 H. Gratuit. Certains ensuite recopient et décorent avec les dessins réalisés avant. En 2 heures tout est presque plié et le résultat est très satisfaisant. On finira tout l'après midi . Il reste à faire un éclair jaune en carton, à décorer la nuit sur un carton noirci au charbon. Je trouve aussi un système pour faire tomber une fausse pierre sur la tête de la souris sortant de son trou.
Les enfants continuent de répéter et m'impressionnent par leur sens du rythme et leur souplesse.
Malgré tout nos efforts il faudra quand même retravailler le soir à la maison pour finir .
Je passe un peu de temps au cyber où je trouve les paroles et la chorégraphie de la danse des canards. Finalement , par manque de temps, on ne pourra pas la faire...Dommage .
Cette journée à bricoler fut très agréable . Les affiches seront ce soir en ville, le jour J approche.

Plus de photos de l'ambiance à l'orphelinat. Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.

AMBIANCE à l'ORPHELINAT

Jour 17 :
La matinée sera consacrée à la finalisation des décors : pose des armatures en essayant d'être ingénieux et imaginatif et essayages. Vers 12 h tout semble terminé. Le résultat est sympa mais très fragile. On restera manger à l'orphelinat, goûtant le bissap , sorte d'infusion sucrée et rouge, aromatisée à l'ananas , servie dans des poches en plastique. En fait c'est identique au Karkadé rapporté d'Egypte: des fleurs d'hibiscus séchées. Il y aura aussi une salade de papaye verte, du poulet à la pâte rouge, du poisson et du riz, de l'alcool fort…et Nana Mouskouri en musique de fond. On sort repus. Très bonne ambiance.
L'après midi sera consacrée à la répétition sur la scène de chez Vince, sous un soleil de plomb. Les enfants arrivent à plus de 15 ,entassés dans un taxi. On les habille et les répétitions commencent. Quelques personnes curieuse assistent au spectacle. C'est bien mais un peu trop scolaire à mon goût .Ils n'osent pas se lâcher vraiment. On verra bien…
Fin de journée classique avec bière et cyber (avec Alphonse).
Repas couscous , coupure de courant puis glande à la maison. Bonne journée, pas de stress.

Jour 18 :
Après une très bonne lecture de Chatwin et de Saint Augustin, je m'endors comme toujours assez tard dans un lit qui commence à se creuser. On partira tous au travail un peu mous, la file de vélo s'allonge. Je reprends ce matin le soutien scolaire, cela me manquait de ne plus travailler avec mon groupe. Un texte sur les Inuits avec plein de choses inconnues pour eux. J'insiste pour leur parler du monde. On révise la conjugaison puis je leur apprends quelques phrases en anglais. Ils s'amusent à prononcer cette langue. L'ambiance est très bonne. Je prends et beaucoup prennent plaisir à travailler. J'envoie certains au tableau en les menaçant : " Si tu écris mal le verbe tu manges du piment au lézard ! ". On finit par l'étude des forêts et de la pollution des mers. A la question : " Qu'est ce qu'une marée noire ? " J'ai droit à la réponse : " c'est du caca, c'est déféquer ! ".
Après le repas ,l'orage prolongera la sieste…mais on doit répéter pour demain. Antoine arrive en 4x4. On en profite pour discuter de la suite du projet en particulier du transport délicat des enfants. Vers 16 h on part tous à l'orphelinat, on se serre sous les tôles puis il chantent , dansent . Grand moment, sourires, émotions. Je vois tous ces enfants heureux alors que les nôtres se vautreraient devant la télé en râlant. Une leçon de vie !.
Profitant d'une éclaircie on répétera dehors, sans accessoires, en insistant sur la mise en scène. On veut qu'ils se lâchent plus. Les représentants du ministère de la famille et de l'enfance nous rendent visite, accueillis par des chants polis . On le rencontrera ensuite en privé et ils souligneront le peu de moyens mais la chaleur humaine présente dans ces lieux. Ils nous remercieront et cela me touchera.
Les enfants continuent pendant ce temps à jouer dans le sable,on les rejoint, y mange les beignets puis nous partons. On prendra un pot devant le cyber, plein . Nous discuterons avec Antoine des futurs projets ( le Gabon ?) qui me motivent déjà. Il justifie le côté privilégié du voyage, justifiant un prix qui serait différent si nous étions 10. On parle aussi beaucoup de Thierry dont on n'a toujours pas de nouvelles. Je le décris comme le routard ultime . Antoine nous confirme aussi le danger de certaines situations dans le pays . Il vaut mieux le savoir et faire attention. Quant aux voleurs…

Le grand jour du spectacle...

Jour 19 :
27°C au réveil, pas de ventilateur, presque froid…bizarre. Pas de pression, pourtant c'est le grand jour du spectacle. On sera soulagés quand tout se sera bien passé. Vers 9h30, sous un temps menaçant et inquiétant, on se rend à l'orphelinat pour réviser en temps réel les chants et le reste. Les enfants semblent un peu endormis et tristes . Maman et Louis les secouent un peu. Ce n'est pas encore au point et la pluie nous contraint pourtant à arrêter. On attends, fatigués, observant ces vers de sables qui chercheraient à transpercer notre voûte plantaire. Les enfants jouent.
A midi, toujours sans nouvelles de Thierry, je prépare mon sac pour la semaine d'excursion car ensuite tout va s'accélérer.
La pluie est là, on stresse un peu. Jacques, à coup d'anecdotes vaudou ( " celui qui dit pouvoir arrêter la pluie risque d'être foudroyé… ") , nous assure que la pluie s'arrêtera vers 16H30.Je me rends rapidement au cyber …toujours pas de messages de Thierry, inquiétant.
On se rend chez Vince. Je peaufine les décors, les étoiles, les nuages , la pluie. Puis c'est l'attente . Julie fume mais là c'est normal. L'animateur fait ses gammes au micro, remercie Jésus , Marie et Joseph.
Le groupe démarre comme prévu vers 18H avec ses danses traditionnelles. Les chaises devant sont occupés mais beaucoup de personnes, timides, restent derrière les barrières.
C'est avec beaucoup de plaisir que je vois les 6 enfants danseurs rentrer sur scène pour leur chants de bienvenue ainsi que Pirouette Cacahouète .
L'animateur poursuit par un long discours, appelant sur scène l'adjoint au maire puis le représentant social . Ils n'ont pas grand chose à dire mais ils le font, avec lenteur , remerciant tout le monde. Nous avons droit à : " Ces européens qui ont bravé les obstacles pour venir ici. Ce n'est pas rien de venir aider… ". Je le craignais mais on ne pouvait pas y échapper, ils nous ont appelé sur le podium. Trop gênés, Julie et moi bredouillons trois mots au micro.
Le groupe revient alors, puis les discours puis de nouveau les enfants pour la pièce.
Et là, la nuit tombée, ils m'impressionnent d'entrée. Fort, clair, cela m'émeut beaucoup et je suis très fier d'eux . Ils poursuivent avec plaisir et style leurs chants et leurs danses : alouette, le pouce en avant, Macumba, Gugusse… Dans la foule , quelques " bandits ", comme dit Alphonse ,mettent un peu le bordel. Le groupe ne continuera pas, la foule veut voir les enfants. Cette foule est calme et peu expansive, il suffit de voir les " huiles " au premier rang. C'est culturel ici.
Vers 21 h ,on arrête, on retrouvera les enfants dans la loge pour manger les beignets et boire des jus de fruit. Julie parlera même à Radio Lokossa. Tout cela n'a pas de prix. Malgré le son crachotant, les micros à se passer ( ce qui était imprévu !) ils ont tout donné. Certains ne connaissaient même pas l'orphelinat ( comme le journaliste) ,ni Double Sens .Une graine est plantée. Le patron des établissements Vince offre même 50000FCFA à l'orphelinat. C'est une très grande soirée.
Les enfants rentrent , nous aussi. On mangera vers 22H30 ( Rolande , avec toute son énergie, étant venu encourager les enfants avec nous).
Ce soir Julie essaiera de boire la tisane anti clope concoctée par un guérisseur…on rigole bien à la vue de cette infusion de mégot. Le traitement tournera court, elle continuera à fumer.
La mission se termine bien , objectif réussi et en peu de temps.

Peu de photos mais une idée du spectacle. Des danses, des chants,une pièce tirée d'un petit livre français accompagnés d'un spectacle folklorique. Environ 3 heures de spectacles..discours compris! Cliquer sur les photos pour agrandir.

Plus de photos du spectacle

LA VIDEO DU SPECTACLE DES ENFANTS

Au terme de  notre séjour de tourisme solidaire, le spectacle que nous avons monté à Lokossa. Danses, chant et pièce de théâtre. Très émouvant pour nous tous.

SEMAINE D'EXCURSION

Jour 20 :
Très bonne nuit, apaisé si bien que je n'entends pas mon réveil . Le petit déjeuner sera agrémenté des cris des poulets égorgés dans la cour…On part à l'orphelinat féliciter tout le monde et voir les commentaires à froid. Tout le monde se congratule. Louis : " tout ce travail n'a pas été inutile… ". Les responsables iront aussi remercier le maire etc…
Nous nous occupons avec Florence à ranger et à classer l'ensemble des fournitures et des livres amenés dans des cartons pour les suivants. Les enfants continuent s'occupent en jouant . Je montre ensuite , à partir de la petite télévision de Marie Claude, le film de la soirée. Rires, applaudissements, tout le monde est joyeux.
On fait alors nos petits adieux (on revient dans une semaine) avec tristesse en imaginant que les vrais seront difficiles. Certains me tiennent par la main, me caressent le bras, d'autres demandent s'il y aura un autre spectacle ce soir. On leur promet de bonnes choses du nord (igname, fromage).
Je repasse encore une fois au cyber, toujours rien. Comment faire ? Antoine arrive avec des voyageurs qui passeront le WE ici. On joue avec eux le rôle des ancien …sans trop en dire. Nous quittons la maison et l'équipe sans joie. Bientôt il faudra partir pour de vrai. Destination Abomey, sous la pluie battante , en 4X4.En route ,nous passons sans encombres 2 barrages de police ( sourire, réseau d'influence, cela passe) et recevons un appel de Thierry .Il nous rejoindra ce soir en taxi. Sacré Thierry, toujours là au dernier moment mais toujours là.
L'arrivée à la belle villa cossue sera délicate dans le champ de boue environnant . On passera quelques temps à attendre sous la pluie pour finir par aller prendre un pot à la gare routière, où Thierry arrivera un peu plus tard . On restera pour se sustenter d'un copieux spaghetti -omelettes avec Sanny.
On finira la soirée dans la grande salle à manger un peu glauque de la villa, jouant aux cartes (kilo de merde) en surveillant les colonies d'insectes infestant le sol.
Avec Thierry, la transition est nette avec le début du séjour.
On se couchera ( je dois partager mon lit…) en rigolant un long moment à cause des craquements incessants de lattes de notre lit.

Dassa Zoumé

Jour 21 :
Après une bonne nuit nous partons directement prendre un copieux petit déjeuner au même endroit qu'hier : omelette, pain , beurre .
Nous aurons quelques difficultés pour quitter Abomey en raison des préparatifs du défilé du 1er août . On aperçoit tous les corps d'armée, un peu débraillés je trouve. Cela nous oblige à passer pas des pistes secondaires où les villageois imposent 2 ou 3 barrages clandestins pour nous soutirer quelques sous . Sanny refuse mais cela pourrait impressionner.
La route vers le nord pour Dassa Zoumé est assez sauvage et susceptible d'être l'objet de coupeurs de route , la nuit venue.
Musique à fond , nous arrivons à l' auberge de Dassa , au pied des célèbres collines locales . Auberge assez classe , entourée d'autruches .
On part escalader la colline principale , au sommet de laquelle , les membres royaux décédés sont interrogés après leur mort justement pour parler des conditions de cette mort. Beaucoup de rites vaudous nous sont ainsi expliqués. Certains semblent un peu invraisemblables : roi mort à 155 ans et transformé en serpent, chemin interdit qui tue celui qui l'emprunte .Intéressante visite sur un monde très particulier . Belles vues sur la ville et ses 41 collines .
Se rendant pique niquer sur un rocher nous apercevons une foule haranguant un représentant des impôts. La foule africaine (plus qu'ailleurs ?) est tendue et imprévisible.
On se reposera ensuite 2 heures dans notre hôtel rempli de touristes en marcel. Tout ce que je n'aime plus dans le voyage est concentré ici. Où alors est-ce le séjour à l'orphelinat qui rend toutes ces retrouvailles avec mes congénères fades ?
On écrit et s'endort presque devant l'avant dernière étape du Tour de France . Bizarre de revoir son pays.
On partira ensuite à pied vers une grotte où Marie serait apparue( gros pèlerinage le 15 août). Rien de sensationnel dans ce Lourdes en miniature : une grosse église, une chemin de croix, des croyants…
On rentrera par le marché local . Un stand m'interpelle, celui du vendeur vaudou : peux de bêtes, oiseaux décapités, hérissons écrasés…Très bizarre. Marché comme toujours très souriant. On y achète des ignames frits (goût de pomme de terre), des beignets de haricot que nous mangerons autour d'une bière, avec un Sanny et un Thierry déchaînés . Nous rentrons à pied à l'auberge, s'arrêtant souvent vu que notre exubérant guide salue tout le monde. Paysages originaux avec ses collines et ces roches ressemblant énormément à ceux de Thaïlande.
On se régalera le soir avec une poêlée aux écrevisses, un bar à la provençale accompagné d'un vin d'Afrique du sud. Le genre de soirée inconnue pour moi en vacances.

Plus de photos de Dassa Zoumé. Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.

Plus de photos de Dassa

Natitingou

Jour 22 :
On se lève tôt pour prendre un gros petit déjeuner avec de filer pour Natitingou . En route nous nous arrêtons au fétiche vaudou de Dankoli. Pour nous une simple souche d'arbre dans laquelle on plante des pieux. Quelques enfants réclamant de menus objets.
La traversée du pays sera longue. On longe parfois de belles forêts que j'aimerais pénétrer un peu plus. Les singes et les serpents traversant la route rompent la monotonie du trajet.
Nous arrivons enfin à Natitingou où nous pique-niquons près de la brèche de Nati avec une belle vue sur les collines…euh les montagnes.
On doit ensuite attendre pas mal de temps à l'hôtel. Ennuyeux. Dur de trouver un rythme adapté à tous les voyageurs. Il faut certes un peu de repos mais quand il y en a trop …on s'ennuie.
Nous aimerions être plus actifs. On pense déjà au programme de notre dernier WE, mauvais signe.
En milieu d'après midi nous visiterons le petit musée de la ville, établi dans une ancienne villa administrative coloniale. C'est une bonne introduction aux cultures du coin ( pays Somba) et à l'esclavagisme.
On poursuit par du tourisme alcoolisé en dégustant dans un petit cabaret (en fait une pièce où l'on boit et danse) la bière de mil locale : le Tchouk ( équivalent du tchang du Ladakh).
On essaye aussi les Curly locaux : baguettes d'arachides, riz soufflé…Bof et il faut des dents d'acier !
Sanny demandera à la maman locale une boisson à base de sodabi infusé d'herbes, pour soigner un mal de ventre.
On passera ma soirée sur le toit d'une Tata Somba pour déguster une pierrade et une salade peul. Très copieux , sympa et original sous les étoiles.
Journée peu riche mais finalement sympa. Au lit vers 22H, une grosse journée nous attend demain.

Chutes de Kota

Jour 23 :
Dur réveil à 6 heures , sous la pluie. A 7 heures , Fatao, l'assistant de Sanny, passe nous dire qu'il repassera à 11h pour voir si le temps change. Il faut dire que l'on devait partir en randonnée. On va alors attendre toute la matinée sans rien faire sinon une brève sortie dans la ville , sans grand intérêt. On s'ennuie ferme et on aurait souhaité une solution de rechange au planning. Personne n'aime cet immobilisme.
Vers 11h30 on se rend vers les chutes de Kota, objet de notre ballade, mais en voiture. L'arrivée à une sorte de maison du parc désaffectée, en " pleine montagne " n'est pas spectaculaire. On ne s'imagine pas en montagne du tout.
Un barbecue étant prévu, Sanny s'acharne à faire prendre, sous le porche, le bois acheté au bord de la route 50 FCFA à l'aide de sacs plastique. On s'enfume mais on réussit à faire griller les saucisses en écoutant certains discours hallucinant de Sanny sur le pouvoir de son talisman, arrêtant les balles. On reste incrédules sur tous ces pouvoirs magiques. " L'important c'est d'y croire " nous disent-ils. Il souligne aussi notre foi , qui nous a fait venir ici , en payant , pour aider son peuple.
A 10 minutes de là, par un sentier dans une sorte de jungle, nous arrivons aux cascades. Et là on se croit vraiment dans Tarzan, j'adore ! Nous hésitons un moment avant de se baigner dans cette eau trouble , au fond empli de végétaux. L'appel de cette baignade originale est trop fort et on passera un long moment à nager et à passer derrière les chutes  .
Nous rentrerons par le haut des chutes d'où nous jouirons de superbes vues. Je ressens ici la force de l'Afrique. Je ne sais pas pourquoi.
Nous marcherons ensuite 3 ou 4 km pour rejoindre, par les crêtes et par une piste rouge, la voiture. On s'imagine un peu dans l'Africa Trek des époux Poussin . On s'attendrait presque à voir surgir des lions !
La fin de journée se passera dans les boutiques pour acheter quelques souvenirs avant la grosse pluie.
Nous passerons la soirée , dégustant un couscous, dans un petit maquis , improvisant un karaoké au son des chansons d'amour françaises passant au poste. La prestation de Thierry sur Mike Brant réjouira la patronne.
De retour à l'hôtel, gros problème. J'ai interverti ma clé avec celle de Flo qui elle n'a plus de clé…J'essaye plus de 30 minutes leurs doubles mais rien n'y fait. Je passerai la nuit avec Thierry dans la chambre voisine.

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Le pays Somba

Jour 24 :
Vers 7 heures du matin , l'hôtel envoie un gamin avec un pied de biche pour ouvrir ma porte. " On ne fait pas d'omelettes sans casser des oeufs " m'annonce le patron. Proverbe béninois ?
Me voilà sauvé . Dans la matinée nous essayons des mobylettes à vitesse pour l'excursion en pays Somba . Le maniement n'est pas évident , surtout sur une chaussée de type Africain. Nous attendons ensuite Sanny. Ces retards sont assez énervants car permanents. Il arrive en plus avec ma clé de chambre !
Nous partons tous en zem pour le marché pour faire les achats. Ambiance bizarre avec le billot ensanglanté, les vautours sur les arbres et les chiens mangeant les os encore chauds. C'est un peu lent, je m'ennuie un peu et attends mon retour ,du moins le WE prochain.
Nous partirons ensuite , dans une longue file indienne, sur une piste pour rejoindre le pays somba. Assez dangereux sans casque sur ces pistes humides. Les paysages sont très beaux mais je n'en profite pas vraiment vu l'effort que me demande la conduite. Couleurs vertes fluos, femmes nues dans les champs, baobab et ces ​ tata somba , fermes maison forteresse si caractéristique de la région. Je regrette vraiment de ne pas pouvoir musarder un peu plus dans cette superbe région.
Nous prendrons notre repas au Togo, sans vraiment s'en rendre compte. Sanny frappera les chiens en rigolant. C'est bien le seul à rire, le reste du groupe ne s'éclate pas dans ce faux rythme. Au lieu de manger dans les buvettes nous préférerions, je pense, manger dans les champs au milieu des gens. J'ai l'impression de voir cette région de manière si superficielle.
On achète quelques souvenirs, et repartons juste avant l'énorme pluie . On se réfugiera dans un bar en ville où l'on attendra …encore .Mais on ne peux en vouloir au temps.
Thierry ,toujours zen, en profite pour danser au son des tubes du moment. Une heure plus tard, sous la pluie fine, on repart se promener dans la région en moto. Les paysages sont si beaux alors pourquoi aller si vite ?
De retour à la Tata , on essaie de négocier avec Sanny la matinée de demain. Il propose la fête de l'indépendance à Natitingou, on préférerait marcher dans cette belle région vallonnée. On ne sait pas s'il est vexé ou pas, en tout cas il nous envoie marcher directement dans les environs avec Fatao. C'est très beau et redonne envie d'y revenir en trek. On rentre par le village de Koussou en s'arrêtant au belvédère chez Momo, gardien attachant des lieux. Nous rencontrerons aussi en chemin le propriétaire de la tata, rentrant des champs. Ils nous avoue sa fatigue et l'extrême rudesse de cette saison pour lui.
Nous prendrons un verre de sodabi dans un coin sombre du village en compagnie du chef de village, dont la fonction nous sera longuement expliquée.
Le repas, sous la lumière blafarde de nos lampes à pétrole, couscous préparé par Sanny, sera très bon et très copieux. Il me gaverait presque. Une soirée vraiment authentique. On dit qu'au Kenya , des Massaï , par contrat se déshabillent quand les touristes arrivent. La patronne était ici , dans l'après midi , surprise à son travail, seins nus…et s'est habillé plus tard et ce je pense sans contrat !
La nuit ne sera pas des plus confortables mais sera authentiquement béninoise. Nous dormirons au premier étage de la Tata, sur des nattes. Nous passerons pour cela un rez de chaussée enfumé où dort la grand mère avec son chien. Irrespirable. Sans trop se poser la question sur toutes les bêtes environnantes, sans observer les crânes accrochés dans l'entrée , en oubliant les bosses , la dureté du sol et mes voisins (Thierry et Fatao) encombrants…j'arriverai à dormir.
Bilan de la journée : de la pluie, beaucoup d'ennui, de l'attente et une approche trop rapide de cette belle région.

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Fête de l'indépendance à Natitingou

Jour 25 :
La nuit fut dure…Nous visiterons la Tata avec le propriétaire ainsi que son grenier compartimenté . Ce genre d'habitations n'est plus aujourd'hui construite par les jeunes générations à cause du chantier et de l'entretien .
On aurait bien aimé marcher ce matin mais à cause de la rosée ( quelle excuse…), de la ville bloquée pour cause de défilé on devra partir. En fait Sanny fait ce qui l'arrange. On verra ainsi de belles tatas …sans les voir .Les paysages du retour en zem sont particulièrement beaux . Quel dommage de ne pas avoir fait une marche voire un petit trek ici! J'essaye de ne pas aller trop vite . Je ne suis pas pressé de rentrer dans notre hôtel en ville.
Après la douche et le petit déj , on repartira , comme toujours en retard, tellement que l'on manquera le défilé ! Fatao qui doit nous occuper je le sens bien nous amène alors voir la place de l'indépendance, sans intérêt. Puis on se rend par la grande rue au poste émetteur de la radio locale . Peu d'intérêt aussi. On décide alors de marcher vers le calvaire surplombant la ville en passant par un chemin plus sauvage. Hors sentier, en claquette, dans le cagnard et sans eau ce n'est pas du goût de tout le monde. On aurait pu marcher dans de supers endroits mais on finit dans les hautes herbes en bordure de ville. C'est sympa mais pas grandiose non plus. On rejoint Sanny pour un repas pâte noire -fromage frit en ville.
Nous irons ensuite en ville , au stade, pour la finale de la coupe de l'indépendance. A notre arrivée il y a quelques altercations menaçantes entre la foule et les autorités à propos de l'organisation des matchs . On hésite à partir puis tout se calme et on nous place dans les tribunes officielles juste derrière le maire avec les VIP : vieux sages en boubou, militaires genre Bob Denard, chef de gendarmerie à allure de dictateur… Sentiment bizarre de ne pas être à ma place, les gens se faisant disperser tout autour de nous.
A la mi-temps, peu fans de foot, nous quittons la place. A la vue de jeunes femmes , nous discutons mariage avec Fatao. Ici une femme de 30 ans qui a eu plusieurs hommes est déconsidérée et aura du mal a trouver un mari.
Scène hallucinante , nous observons un cortège portant un cadavre dans un linceul, le bras gauche pendant pour indiquer son sexe. Le cadavre est sensé guider le cortège vers les personnes qu'il veut aller visiter…
On se rend ensuite à Djougou où l'on mangera au Quasar, restaurant d'allure classe mais sans carte…On prendra un verre puis vers minuit nous irons assister à un spectacle dans la salle de cinéma de la ville. La sono pour faire patienter est à un niveau insupportable . Je ne peux enlever mes doigts de mes oreilles .
Il y a d'abord les éternels et longs remerciement pour le maire absent. Tout le monde y passe, même nous !La soirée est assez animée . Nous voyons se succéder devant nous de nombreux artistes assez connus ici. Le ballet local de la ville sonne comme la pièce apprise par les enfants de l'orphelinat sur l'avortement : discours assez propagandiste sur le travail aux relents marxiste -béniniste. Traditionnels ou modernes , en play-back ou non, avec ou sans chorégraphie, les artistes défilent annoncés par le pétillant animateur local. Superbes danseuses sur scènes !
Crevés, mais ravis de cette expérience nous rentrerons vers 2h30 dans la ville endormie, remplie de chiens errants et désertée.

Villages de Taneka

Jour 26 :
Super nuit. Thierry me réveille en tapant à la port vers 10h. Le temps est maussade, la norme maintenant. Ce matin Sanny attendra un peu avant que l'on parte vers les villages de Taneka, accrochés aux collines. Nous faisons la visite de l'un deux . Visite dans la case circulaire où l'on enterre les féticheurs et où se font les cérémonies tous les 5 ou 20 ans. Nous rendons visite au forgeron qui demande de l'argent pour une photo . Je refuse de payer pour une photo de même que donner aux enfants. Payer un droit d'entrée pour la communauté serait compréhensible mais ce système actuel pourrit les échanges et ne peut que les desservir. Nous rendons visite au féticheur, homme nu avec un cache sexe en peau de singe et fumant sa pipe . Il doit rester nu tout le temps. Il maintient et transmet son savoir à son fils etc…On le prend en photo ce qui est un peu gênant .Disneyland ou pas ?En tout cas, cet homme est leur atout touristique.
On poursuit par le jardin botanique de Papatia. Bonne surprise que ce jardin comprenant une zone protégée où sont conservées des plantes médicinales. La ballade est longue (2H) , belle et instructive. On trouve des remèdes contre tout : mille-pattes pour les mycoses du pied, écorces pour les règles douloureuses…On retrouvera dans la petite pharmacie quelques échantillons.
Nous goûterons ensuite un igname pillé à Djougou, dans un petit maquis en bord de route. Bon et bourratif. Un aligot sans fromage. On visite un forgeron , un bijoutier, un tanneur et un tisserand. Sympa mais je n'achète rien ce qui est toujours un peu gênant.
Retour à l'hôtel en fin d'après midi pour attendre …
Malgré cela la journée fut bonne alors que je la craignais un peu.

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LA VIDEO DE L'EXCURSION DANS LE NORD DU PAYS


1 semaine d'excursion dans le nord du pays.Visite de Natitingou, de Taneka, des cascades de Kota..du pays Somba avec une nuit dans les Tata...

Retour à Lokossa

Jour 27 :
Nous rentrons à Lokossa. Petit arrêt à Dassa où nous achetons quelques souvenirs. Nous remplirons le coffre d'igname et de fromage pour l'orphelinat. Marrant ces énormes tas de gari ( sorte de farine) en bord de route .
Arrêt et repas à Abomey avant d'arriver avec plaisir " à la maison ". Nous sommes tous contents de revoir Jacques , Sylvestre et Rolande. Sanny nous quitte rapidement, sans émotion de part et d'autre, pour repartir vers d'autres excursions. La notre est vite balayée de nos têtes, je retrouve ma chambre avec plaisir , la mission semble continuer.
Après les retrouvailles, le cyber pour les news en retard ( en particulier les formalités pour l'achat de ma voiture) nous retrouvons aussi Alphonse, Michel et Louis qui nous apportent des nouvelles des enfants et encore de bons échos de notre mission, ce qui fait plaisir.
Nous mangeons tard sous le rythme endiablé des tam tam de Thierry et Jacques ​ en réfléchissant sur le planning de la fin du voyage. Je veux finir en beauté.

VIDEO DE L'AMBIANCE DANS LA MAISON DE LOKOSSA

Un petit groupe de touristes en séjour solidaire  avec "double sens" dans une maison de Lokossa. 

Jour 28 :
Bonne nuit…avec Thierry…mon squatteur de chambre. La pêche ce matin, nous partons avec Rolande au marché, assez clairsemé, de Lokossa faire les courses pour midi pour le couscous.
J'achète du bissap et un peu d'artisanat .Toujours ces regards, ces bonjours
Thierry s'embarque pour Ouidah.
Nous mangerons tous à midi avec l'équipe de l'orphelinat
On se rend dans l'après -midi retrouver les enfants . C'est la fête lors de nos retrouvailles : avalanche de photos, de sourires . Beaucoup plus d'émotions en 15 minutes qu'en 1 semaine d'excursion. Je parle longuement des problèmes de l'orphelinat avec les filles qui y travaillent. Elles souhaiteraient trouver des partenaires pour les aider. Je veux les aider mais je ne sais pas comment.
On mangera ce soir un copieux igname pillé au maquis " Les collines", devant les employés regardant avec soin le soap opéra brésilien à la télé.
On se rend vers 23 h au Kass Night Club par les ruelles sombres. La boite est vide et il y a une coupure EDF dès que l'on rentre. C'est assez flippant comme ambiance…en cas de problème. Tout le monde s'assoupit sur les siège, en silence , en attendant le retour du courant . Surréaliste. La musique arrive, genre 90's, et le peu de gens présent se met à danser . On s'amusera bien jusqu'à 4H avec une Rolande déchaînée. La danse est ici très bon esprit.

Jour 29 :
On accueille dès le matin les nouveaux voyageurs puis on part tous ensemble manger à l'orphelinat. Nous entamerons une grosse série de jeux en tout genre ( danses, farandoles…) dans un très bonne ambiance .
Le repas d'adieu sera sans tristesse. On parlera beaucoup avec Michel du projet de site qui me tient à cœur pour faire connaître l'orphelinat.
Florence et Julie quittent avec tristesse l'orphelinat puis la maison en milieu d'après midi. Thierry malade et moi fatigué, nous ferons la sieste quelques heures. Est-ce la pression qui se relâche et qui affaiblit nos corps ?
Nous discutons pas mal avec les nouveaux pour les préparer à leur séjour. Une voyageuse demande à Thierry : " C'est toi le mec qui boit l'eau du robinet ? ". Sa réputation traverse les frontières .Tout est passé si vite, c'est au suivant de poursuivre maintenant. On passera la soirée au Privilège, un dimanche soir, dans une ambiance bizarre dans ces rues non éclairées .

L'AMBIANCE A L'ORPHELINAT"LA PROVIDENCE"

Ambiance sérieuse et joyeuse avec ses enfants d'Afrique merveilleux.  Du soutien scolaire, de sjeux, des danses et des chants. Un souvenir unique.

Jour 30 :
Dernier jour . Pas la super forme mais cela va. On part avec Sylvestre dans un magasin acheter , à prix très négociés, nos derniers souvenirs .
Nous mangeons avec l'équipe au complet , faisons les dernières photos avec tout le monde et c'est l'heure de quitter la maison. Sentiment bizarre de quitter ce lieu où j'ai vécu tant de belles choses.
Comme promis, nous partons avec le taxi, dire au revoir aux enfants. Après quelques danses  et les embrassades nous laisserons derrière nous tout le monde . Emouvante image que tout ces enfants entassés sur le seuil de l'orphelinat nous disant au revoir. Ils restent au port, on s'en va. Voudraient-ils quitter ces lieux pour d'autres horizons ? Je ne sais pas. Il est sûr que dans leur condition ils sont bien là où ils sont. Cet orphelinat respire l'amour. " Vous ne nous oublierez pas en France " entends-je. Sûr que non.
Le retour en taxi ( 290 000 km au compteur bloqué depuis longtemps) sera assez drôle. Perte et changement des écrous des pneus (1 sur 4 pour tenir la roue), revissage de la porte qui menace de tomber…C'est çà l'Afrique !
On arrive à Cotonou chez Antoine , dans une villa sympa d'un quartier sécurisé. Nous partons directement en zem pour le quartier des artisans pour négocier nos derniers souvenirs. Le transport dans la cohue de la ville se révèle une sacré expérience. Il est parfois dur de trouver de l'oxygène , derrière un camion, au feu rouge. Je ramènerai une chaise en bois pour Patricia. Et un tam tam de plus pour Thierry, l'Africain blanc !
Chez Antoine, dans une ambiance assez Auberge Espagnole, nous prendrons l'apéro avec sa colocataire avant de se rendre en Coccinelle dans un restaurant " expat " dans le quartier des ambassades près de l'aéroport. On discute encore longuement sur l'Afrique .Une remarque importante, ici, malgré sa pauvreté, " on est quelqu'un ". Pas assez de recul pour affirmer cela…
On finira la soirée dans un bar en plein air ; la voiture gardée par quelques gamins des rues.
0h30 à l'aéroport, pas de queue finalement dans ce petit aéroport tranquille.
On essaiera de dormir par terre avant de se faire gentiment , sans ironie, sortir par les agents d'entretien .
Nous sommes contents de rentrer car la mission est achevée mais que ce pays aura été souriant, accueillant et plein de bonne humeur.

Plus de photos de l'équipe. Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.

L'EQUIPE DU SEJOUR

Dernier jour

Jour 31 :
Le vol sera bon malgré le manque de sommeil et nos ventres limites( cela continuera en France pour moi, Thierry et Florence... avec hôpital pour ces derniers).A l'arrivée à Casablanca nous trouvons rapidement le service des hébergements pour prendre gratuitement une navette vers un super hôtel proche de là. Classe, piscine, repas offert, super chambre avec super douche. Je n'ai jamais eu un hôtel aussi beau. On se relaxe ​​​​ VIDEO de Thierry appelant le commandant de bordpendant plusieurs heures, faisant la sieste devant " Magnum ". Tant pis pour la visite de Casablanca, je suis trop bien ici. Après 10 heures d'escales on repartira , frais et reposés, pour notre dernier vol. Retard, fouilles…du classique . Le voyage s'achève à Bordeaux, lorsque j'aperçois Patricia .

CONCLUSION

Un voyage du coeur vraiment marquant. Des rencontres tellement authentiques, un accueil si respectueux, des sourires partout...on ne peut que tomber amoureux du Bénin.
C'est une culture très différente. Il y a des points comme la violence quasi tribale qui sommeille , le manque d'ouverture sur les religions , l'homosexualité qui nous choquent un peu. Par contre d'autres valeurs comme le courage , la fraternité , le sens de l'hospitalité, la volonté des enfants me font retourner en France avec une certaine déception quant à la qualité de certains de mes concitoyens. Il y a des choses que l'on n' a plus que l'on trouve au Bénin. Tellement instructif donc . On aurait tous à apprendre d'un tel échange.
L'Afrique doit se vivre autrement que par ce que l'on entend ou voit dans nos médias. Au moins une fois...pour comprendre un peu.

LE POUR: l'authenticité du voyage, la mission très enrichissante dans l'orphelinat, le sentiment d'avoir vécu un mois au Bénin, les rencontres avec les Béninois, les sourires des enfants et des gens, l'originalité du pays Somba, le rythme du voyage, l'organisation du séjour.

LE CONTRE: l'attente dans l'excursion du nord, le contraste entre la mission et le tourisme de l'excursion qui aurait pu être plus original (mais je suis trop exigeant...) , quitter les enfants à la fin de la mission, le budget élevé ne rendant pas ce voyage accessible à tout le monde.