BERLIN

POURQUOI BERLIN
N'ayant plus mon agrégation à bosser cette année et n'ayant pas non plus de compagne avec qui passer mon temps libre, je me devais de trouver de quoi remplir mes vacances. J'ai cette année un emploi du temps light qui me laisse beaucoup de temps pour mes loisirs et pour profiter de la campagne. Mais rester 10 jours à la maison , pas possible. Je pense souvent au temps qui passe et vite. La seule manière que j'ai trouvée pour ralentir les journées et les vacances et de faire beaucoup de choses. Avec le recul mes 8 jours à Berlin dureront bien plus que mes 8 jours at home. Il faut dire aussi que le voyage de cet été , par sa durée et son dépaysement , ne m'a pas vacciné comme les précédents. En général le voyage estival se digère lentement et je n'ai pas envie de repartir de suite. Là si ..j'ai la bougeotte. Alors j'ai cherché et cherché sur le net. Moldavie, Grèce, Istanbul ..j'ai finalement profité d'un bon prix pour Berlin et je me suis décidé sur un coup de tête. Ce n'était pas forcément la ville qui me faisait rêver le plus. Par contre je ne m'étais pas rendu compte que nous allions célébrer les 20 ans de la chute du mur. On parle de Berlin partout à la télévision et dans les journaux. C'est le moment d'y aller. En plus l'histoire de la 2ème guerre mondiale ainsi que la guerre froide m'intéressent beaucoup. Je vais pouvoir marcher dans l'histoire et profiter du bouillonnement artistique de cette ville à la pointe de la branchitude.

L'EQUIPE: Tout seul ...mais je vais cette fois-ci d'éviter les longues journées solitaires. Je vais me faire héberger et guider par les locaux grâce au site de Couchsurfing. Une nouvelle manière de voyager pour moi, éprouvée et conseillée par Thierry depuis longtemps.

PLAN DU VOYAGE

ITINERAIRE ET ORGANISATION

Je n'ai en fait pas bougé de Berlin. La ville a assez à montrer pour ne pas avoir envie de partir dans les environs. J'ai essayé de visiter les plus importants quartiers. Mais en seulement 8 jours il reste encore beaucoup à découvrir.

PERIODE : Le séjour s'est déroulé entre le 26 octobre et le 3 novembre .Je ne crois que beaucoup de monde rêve d'aller visiter le nord de l'Allemagne en novembre! Des touristes certes ..dans les endroits touristiques.... mais rien de désagréable. D'accord j'ai eu assez froid , et la doudoune est indispensable, mais il y a de quoi se réchauffer , cela fait donc partie de l'ambiance. Le seul bémol vient de la nuit qui tombe tôt, vers 17 h. La ville n'étant pas un berceau de lumière, cela peut être un peu triste de tenir toute les soirées dehors.

Pour en savoir plus sur le climat , le site de Météo Consult.

NIVEAU : Aucune difficulté. Le système des transports est très performant et très clair. Les musées , la ville sont bien décrits par les plans du guide. Tout le monde ou presque parle anglais. On peut se nourrir facilement un peu partout et de manière plutôt saine.
Voir les conseils aux voyageurs du ministère des affaires étrangères.

HEBERGEMENT ET BUDGET (2009) : L'ensemble du voyage m'est revenu à environ 550 euros (dont 180 euros d'avions ) . En ne mangeant que dans des snacks et restaurants , en s'achetant des souvenirs et en sortant ( musées, cinéma..).Manger revient ici 2 fois moins cher qu'en France. Peu de voyages m'ont fait aussi plaisir au niveau de la nourriture. Les musées sont assez chers mais on peut prendre des cartes de réduction très pratiques ..de même pour les transports ( carte à 7 jour pour moins de 30 euros en 2009) Je dirai donc que le rapport qualité prix d'un tel séjour est excellent ( le budget hébergement nul compte aussi ..)

QUELQUES LIENS UTILES
Pour préparer ce voyage j'ai utilisé :

  • le site d'hébergement gratuit Couchsurfing qui m'a permis de vivre une expérience différente et enrichissante.


L'ARRIVEE CHEZ INES ET JOHANNES

JOUR 1: C'est une première pour moi :partir en octobre .Temps superbe sur le sud de la France, 20°C, presque envie de sortir la chaise longue et de rester à lire au soleil. J'enlève cette idée de ma tête , je vais vers le froid , dans les brumes du nord de l'Allemagne…C'est une très bonne chose (mais je ne le sais pas encore). Afin de bien tout préparer, je me lève assez tôt et c'est un peu la course jusqu'à ce que je m'installe dans le cockpit de ma Clio. J'ai de la marge, assez pour rouler tranquille , assez pour m'arrêter acheter quelques petits cadeaux pour les Berlinois qui me reçoivent chez eux ( du vin, des confitures locales…), assez pour rouler à 110 sur l'autoroute et pour arriver tout frais et zen au parking longue durée de l'aéroport de Blagnac. Comparé à Roissy en été, c'est vraiment un plaisir de démarrer de province, indiscutablement. Alors, tranquillement, j'attends mon vol avec mes éternels sandwiches roti -tomates séchées ( souvenir de cet odeur face au Pont Charles à Prague…) , en profite pour appeler un peu ceux qui restent et c'est parti pour Francfort…avec un peu de retard. Quel voyage magnifique ! Rarement je n'ai vu aussi bien les Pyrénées, le Viaduc de Millau, les Alpes et le majestueux Mont-Blanc…Je m'enthousiasme comme un débutant. Une lumière exceptionnelle …qui se ternit sous l'épaisse couche nuageuse allemande. A peine le temps de me rafraîchir que j'essaye de retirer de l'argent (pas de guichet CB dans le hall d'embarquement de Toulouse !) , sans succès .C'est donc avec 5 euros en poche que je pars pour Berlin …Pour l'instant aucun stress , vraiment, comme ci je dormais ce soir chez des amis. Le fait de savoir que je vais passer 8 nuits chez des Berlinois qui m'hébergent (via le site Couchsurfing) , une première pour moi, me ravit. Pas envie de dortoir ou de chambre silencieuse. Je suis vraiment apaisé et zen, ce qui n'est pas toujours le cas pour les vols longs courriers vers des destinations exotiques. Avion tout neuf, ordinateur portable avec lequel j'écris ce texte à 8000 m. Vraiment de très bonnes conditions. Francfort vu du ciel la nuit ,c'est un peu Manhattan en plus petit mais cela ne ressemble pas à nos villes françaises…c'est le Dallas allemand. A peine le temps d'y penser et je me pose à Berlin. Tout est très efficace, je me retrouve rapidement avec mes bagages, cherchant le bus TXL. Peu de temps après , et après un petit changement, je me retrouve dans la rue cherchée. Rarement cela a été aussi simple de rejoindre le centre ville. Je prends mon temps, trouve le nom Kamman, sonne et un " bonsoir " hésitant me guide . Je retrouve dans la cour de l'immeuble des odeurs de Paris et de Prague. Je suis excité d'arriver chez ces gens. L'accueil est vraiment chaleureux. Ines , petit bout de femme calme, et Johannes, grand blond très souriant, sont ingénieurs du son dans le classique. Des œuvres d'art au mur, des CD en nombre impressionnant, très bel appartement, un piano et bien sûr …pas de télé. Les volumes sont ici inversement proportionnels aux loyers. Une aubaine pour cette capitale.
L'ambiance… une amie qui tricote (mode berlinoise) , une coachsurfeuse de NewYork qui vient d'arriver dans le rockin' chair, une vidéo projetée au mur de " Fenêtre sur cour " d'Hitchcock. Le décor est planté, je vais me plaire ici. Vers 0h30 , on se couche, je prendrai le tapis du salon avec mon matelas de camping. Un bivouac berlinois comme j'aime. Le bilan de cette première journée est donc positif. Retrouver une virginité dans le voyage n'est pas courant, c'est ce qui m'arrive en dormant comme ça chez ces gens. Une vraie découverte, le sentiment de venir chez des amis et de ne pas être un anonyme de plus dans une auberge de jeunesse. Je parle d'hébergement mais je vais vite voir que l'intérêt de cette formule est bien plus profond que cela.

MITTE , CENTRE HISTORIQUE

JOUR 2: Malgré mon loup de compétition sur mes yeux, je me réveille trop tôt, vers 6h30. Le déficit de sommeil ne sera pas comblé aujourd'hui , je crains la muséïte cette après midi. La maladie classique des premiers jours, déjà connue au Caire… Je traîne dans mon grand lit de 40 cm de large puis l'appel de la ville devient trop fort .Vers 9 h je quitte l'appart qui sommeille. Je vais aujourd'hui me consacrer au centre historique et touristique de la ville : Mitte.
Je commence par le musée d'art contemporain de la ​ gare de Hambourg . Je suis parti optimiste, avec tee-shirt col ouvert et grosse veste, et vais me cailler toute la journée . Je prends mon pass pour 3 jours de musées à volonté et c'est parti pour quelques heures dans le moderne et dans le n'importe quoi parfois. Des Warhol mais pas de Liechtenstein, du Koons (2 ballons de basket qui flottent)une tête faite en merde, du Beuys (un fou un vrai) , un gars qui se filme en train de hurler ,des bocaux d'urine.... Bonne visite mais un ton en dessous des choses vues à New York je trouve. Puis je poursuis vers le tout proche Muséum d'histoire naturelle. La cafét, peu fournie, m'incitera à me rabattre dans un restaurant snack très sympathique .Une soupe au patate et des lasagnes, le tout très copieux .Je prends mon temps , profite et me repose. Le musée commence avec leur pièce maîtresse, le plus haut squelette reconstitué d'un dinosaure (ici un brachiosaure) d'environ 14 mètres de haut. Impressionnant. Je n'ai pour autant pas forcément cette fois envie d'apprendre .Je vais alors me promener plus pour l'ambiance . Je retiendrai une belle expo (mais tout en allemand) sur les créatures des abysses, et un bon résumé de l'évolution humaine des homo rudolfensis , erectus et autres à nous, les microsopes mis à notre disposition (fabuleux de voir les petites bêtes respirer), les techniques de taxidermie, la salle des ongulés…Aux étages supérieurs on voit les vieilles collections d'animaux dans le formol dans des salles interdites et peu éclairées. C'est là que mon esprit se plait et se perd. Se croire avant , avant les expos didactiques et bien huilées. Je m'imagine mieux ainsi l'époque des découvreurs , des anatomistes. C'est ça qui me fait rêver dans un muséum d'histoire naturelle..et qui va disparaître. Je repense au musée de Bordeaux en chantier. Fini l'atmosphère des temps anciens…Dommage. On apprendra plus c'est sûr mais on rêvera beaucoup moins. Je finis la visite un peu en zombie, crevé et fatigué. Je pense qu'il est tard , il n'est que 15H30.

Je pense alors aller vers la place Gendarmenmarkt. Je commence par la visite d'un temple du chocolat, Fassbender and Rausch avant de rejoindre l'église allemande. Gros édifice qui n'est plus un lieu de culte mais un lieu d'exposition sur l'histoire parlementaire allemande. Tout y est en langue locale. Sans intérêt pour moi. Un arrêt dans une marrante boutique à l'effigie d'Ampelmann, petit bonhomme vert des feux ..verts. La place est belle mais rien de poétique comparé aux belles places de Prague par exemple. Je m'engouffre alors dans le Friedrichestadtpassagen, zone commerciale de ce quartier très chic. Hormis les classiques magasins de luxe on remarquera l'architecture de ces lieux , originale, dont une verrière de Jean Nouvel, notre célèbre Fumélois. Je poursuis par un saut aux Galeries Lafayette, rien à dire de plus, puis par la Bebelplatz. Il fait déjà bien nuit malgré l'heure et je m'enrhume vraiment. Un coup d'œil rapide et sans passion aux Cathédrales Saint Edwige et églises Friedrichswerdersche pour rejoindre la grande avenue Unter den Linden, bordée de monuments impressionnants et de concessionnaires de voitures de luxe. Je la redescends jusqu'à la porte de Brandebourg sans grande émotion encore. Encore une fois parcourir ces villes, seul, n'est pas simple sur la durée. Voir ces gens, des couples te ramène à ta condition de voyageur solitaire. Il manque quand même la partage c'est évident. L'arrivée à la porte me surprend un peu. J'en avais une image du passé, un lieu plus ancien. Aujourd'hui c'est très classe avec grand hôtel et architecture recherchée et moderne .Il faut pourtant se rappeler l'ambiance qui régnait ici avant 1989. De retour en France , avec les nombreuses célébrations , je vais mieux comprendre l'importance de cet endroit. Une pensée pour le balcon de l'hôtel Adlon d'où Michael Jackson avait failli échapper son bébé. Je voulais terminer par la coupole du Reichstag mais la queue, prévue, me freine. J'ai faim et froid . Je prends le métro en face du Bundestag où siège le gouvernement pour la grande et très moderne gare Hauptbahnof où je mange avant de rentrer tranquille et crevé. Grosse journée, gros programme. Je ne suis pas enthousiasmé pour l'instant. Pas d'émotion particulière encore et je ne ressens pas le passé comme j'espérais. La ville dans ce quartier est clean , bien organisée mais je ne trouve pas de charme particulier. Les gens sont assez simples finalement, pas de look très étudiés je trouve... et pas mal de Goretex . Les visites sont intéressantes mais finalement classiques., un bis repetita des classiques des capitales mondiales. Je vais passer une bonne soirée à discuter à l'appart. C'est la bonne chose de la fin de journée. Je me couche, malade, vers 23 heures.

CHARLOTTENBURG ET NORD DE WILMERSDORF

JOUR 3 : Très mauvaise nuit avec ce nez qui n'en finit pas de couler,mes crises d'éternuements...et mon absence évidente de mouchoirs en quantité suffisante. Heureusement, je suis seul dans la pièce …Je prends mon temps ce matin et Ines me propose gentiment une tisane miel et citron. Je déjeune avec eux et réfléchis à mon programme. Bien couvert cette fois , et après quelques hésitations, ce sera pour commencer le Château de Charlottenburg , à l'ouest de la ville. Il pleut, mais entre les gouttes je vais y passer de bonnes heures intéressantes. Je prends un ticket combiné pour l'ancien château et la nouvelle aile. Deux visites différentes et complémentaires .Le plus tient comme souvent dans les audioguides , c'est vraiment à chaque fois très bien fait. Musique d'ambiance, histoires , anecdotes et commentaires en bonus pour les curieux .Je me laisse guider et apprends beaucoup, c'est une évidence. Je retiendrai l'immense salle de bal vraiment impressionnante, la salle des céramiques, les tableaux sur Humboldt (réminiscences d'Equateur et du Chimborazo), les pièces ovales, l'immense jardin….Vraiment une belle visite que même la pluie lors de ma longue promenade dans le parc ne viendra pas gâcher. Toujours très peu de photos prises, je me force à acheter quelques cartes postales pour ne pas tout oublier. Retour à pied sous la pluie et dans le froid vers la station de métro la plus proche. Je prends quand même le temps de profiter d'un latte machiatto et d'une grosse part de gâteau berlinois aux pommes pour recharger les batteries.
Je me rends ensuite dans le quartier du Zoo pour visiter la collection Helmut Newton et ses célébrités dénudées. Très belles photos bien évidemment, je craque pour une affiche. Ensuite , la nuit étant bien là, je vais errer sous la pluie vers l'église du souvenir. Eglise endommagée pendant la guerre et laissée telle quelle…. pour se souvenir. Entourée de deux bâtiments bizarres c'est assez original .Les environs sont décevants, galeries marchandes ultra classiques, quartier moderne et sans âme..je vais redescendre lentement la très chic Kurfurstendamm jusqu'à la place Adenauer où j'abandonne mon errance pour rejoindre le métro. J'attends quand même impatiemment de pouvoir trouver des affiches, des fringues, des boutiques et des objets originaux…Retour à Wedding ou je cherche un peu dans le quartier pour manger . Je choisis une petite pizzeria, sa délicieuse soupe au broccolis et sa pizza ..aux cornichons .En anglais j'aurais pris autre chose je crois …Retour vers 20h30 à l'appart où je suis le premier, tranquille .Le temps de fixer des rendez-vous avec les futurs logeurs.
Au final une très bonne journée. Pas vraiment de charme dans les rues encore mais de très belles choses . Je ne peux m'empêcher de comparer à Prague et c'est un ton en dessous pour l'instant. Et puis très peu de photos, le climat , la nuit et ce que je fais et vois ne m'inspirent pas vraiment .Toutes les visites se font en effet sans sac ni appareil …. Demain réveil matinal pour rejoindre Marlies..après je verrai .

ILE DES MUSEES, CHECKPOINT CHARLIE ET MUSEE JUIF

JOUR 4 : Ines et Johannes recevant leurs amis, j'essaye de participer aux débats mais ma crève mettant mon activité cérébrale au ralenti, j'abandonne vite et pars me coucher tout habillé dans leur bureau. Ils ont une vie saine, pas de TV, des sorties ,des amis ..Même leurs snacks sont sains (sculpture de fruit, vin rouge..). Une harmonie se dégage de ce couple. Vers 2 heures du mat je leurs dis " au revoir " et les remercie beaucoup pour cet accueil chaleureux. Demain je partirai la maison endormie. Je rejoins assez facilement Marlies chez elle à 8.30. C'est une autrichienne qui fait son PhD sur les techniques d'information. Le contact est bon même si je me retrouve souvent à ne pas pouvoir vraiment exprimer ce que je veux dans cette langue étrangère. Nous partons ensemble en tramway , elle pour son boulot, moi pour l'île des musées. Vue l'heure j'erre pas mal dans les environs. Un coup d'œil à l'immense cathédrale de Berlin ( que je ne visite pas) puis je me rends au musée de Pergame. L'alignement de ces grandes bâtisses est assez impressionnant au bord de l'eau. Beaucoup de monde un peu partout, des cars entiers de touristes se déversent ici chaque jour. Le musée , traitant de l'antiquité, sera vraiment intéressant . Muni d'un audioguide ( y goûter devient une drogue) je déambule au hasard dans les galeries, m'arrêtant longuement parfois pour en apprendre sur quelques empereurs , quelques fresques. Je retiendrai la majestueuse allée du temps de Nabuchodonosor, le temple de Pergame et ses fresques, les lions assyriens , les remparts de la forteresse de Mschatta, la culture islamique et ses niches à prière…Sans commentaires, ces chefs d'œuvres ne parlent pas. C'est passionnant d'écouter les historiens en déambulant. J'apprends beaucoup. Après 3 heures de visites je rejoins Checkpoint Charlie, passage des alliés entre l'est et l'ouest du temps du mur. L'endroit n'a qu'un intérêt historique car aujourd'hui il n'y a rien à voir et il faut s'imaginer le passé. Quelques expositions extérieures, des magasins pour touristes à base de vieux clichés de l'ère soviétique..je n'y passe pas trop de temps et rejoins Marlies au Musée Juif .Drôle de bâtiment très original en forme d'étoile de David brisée que nous allons visiter tranquillement deux bonnes heures. Je ne suis pas passionné par l'histoire juive mais l'ensemble est très bien fait . Du Moyen Age à aujourd'hui l'histoire de ce peuple longtemps persécuté nous est contée. Je retiendrai le mausolée sombre dans le jardin de l'exil , l'autre carrément lugubre au bout de l'allée de l'holocauste, les multiples bornes interactives pour apprendre sur leurs coutumes. Intéressant mais comme toujours j'atteins la muséïte. Nous sortons vers 18 heures et partons à pied vers les coins intéressants de Kreuzberg, le quartier branché et un peu underground. Nous y trouverons un restaurant vietnamien où je mangerai mon meilleur plat asiatique depuis la Thaïlande, pour une somme deux fois moindre qu'en France !Ce quartier , qui plairait à Stef par son côté alternatif, est à revoir. C'est ici que je vais peut être trouver mon bonheur pour ce qui est de l'art et des accessoires à ramener. Nous partons ensuite au cinéma pour une soirée spéciale Bon Jovi ! Marlies est une fan ultime et ce ce soir est présenté en avant première leur DVD . Une première partie avec les confessions du groupe sur leur vie, l'ambiance , leurs états d'âmes… Je suis marqué pas la jeunesse de Jon , 46 ans, qui en parait 30 !Moi qui n'aime pas voir les rock stars vieillir, je suis assez content de voir une icône de mes années lycée bien conservée. On garde un peu de notre jeunesse avec lui. Je réfléchis à cette vie, à toutes les émotions qu'ils ressentent ( l'entrée sur scène est particulièrement impressionnante) mais aussi à leur solitude (il en parle) entre hôtels et arrière de stade. Bref le gars a du charisme et je vais passer une bonne soirée. On allait partir et on apprend que la soirée continue avec le concert du Madison Square Garden. Alors un DVD au cinéma avec le son ..on s'y croirait vraiment. Certains applaudissent, chantent…bonne ambiance. Je me retrouve , à l'écoute de certaines chansons, en 1993 ..Séquence nostalgie. Nous rentrons un peu après minuit. Encore une très bonne journée et une nouvelle rencontre. Le canapé sera très confortable.

FRIEDRICHSHAIN

JOUR 5 : Marlies, qui a sûrement confiance en moi, me laissera dormir ce matin chez elle pendant qu'elle est à son Yoga ( de 8h à 9h30 !). Je prends mon temps, profitant du croissant offert .Je ne sais pas trop où aller. Elle me conseille d'aller observer le mur à l' east side gallery, une portion du mur de 1300 m conservée et décorée par des artistes . Le temps est enfin beau et cela change tout. C'est enfin un plaisir de flâner sous le soleil. Je commence par voir le Oberbaum Brucke, paraît-il le plus joli pont de Berlin. Sympa mais j'ai vu mieux. Par contre on jouit d'une belle vue sur la tour de la télévision et sur les berges de la Spree, rivière traversant Berlin. Je longe ensuite le mur .Pas mal de touristes dans le coin mais c'est quand même un endroit tranquille. Je note les portraits de Gorbatchev , quelques fresques colorées sur la liberté …même si certaines œuvres manquent , certains artistes ayant refusé de les rénover. Je me rends ensuite vers Strausberger Platz pour entamer à pied ( les chars russes étaient passés par là) la descente de la Karl-Marx-Allée .L'avenue des Champs Elysées de Berlin Est, au style très soviétique. Grands bâtiments bien lourds et avenues très larges. Rien de spécial à raconter. Je trouve ensuite pour me sustenter un super petit restaurant bulgare , Primaria, vers la Boxhagener Platz. Je me régale d'une soupe russe et d'une spécialité bulgare . Finalement c'est ici que j'ai presque le mieux mangé pour l'instant. De supers restaurants au prix d'un Mac Donald's. Très bonne ambiance, je me sens vraiment bien dans ce quartier, dans ce voyage.

Je poursuis ensuite vers le sud mon exploration urbaine en rejoignant Revaler Strasse . Le paradis des grapheurs ! Impressionnante collection de dessins sur les murs, hangars désaffectés transformés en bar branchés et underground. Je me retrouve un moment sur un terrain vague que je prends pour une décharge. Un gars sort d'une caravane et commence à m'interpeller. Au départ je me demande s'il ne va pas me piquer mon sac..En fait il me demande pourquoi je prends des photos sans demander etc…J'argumente en disant que je fais tout cela pour un site internet , ce qui n'est pas tout à fait faux !Incroyable de voir cette communauté vivre ici. Cette partie de la ville est vraiment originale. Tous les détails sont créatifs. Des entrées d'immeubles aux magasins tout y est destroy et underground. Squat avec têtes de mort Je fais quelques achats dans une boutique ostalgique (nostalgique de la RDA) qui sent bon le tabac à pipe, odeur disparues chez nous…Encore quelques achats dans une boutique nommée Berlinomat qui rassemble quelques créateurs de la ville. Bref un super quartier .
Un coup de métro et me voilà à Alexanderplatz , grande place centrale entourée de centres commerciaux .Pas de charme particulier, juste beaucoup de vie et d'animation. Je visite rapidement, parce qu'ils sont là, deux grands shopping centers( Kaufhof et Alexa) . Rien de spécial si ce n'est les charmantes mannequins en petites tenues devant la boutique de lingerie. Je fais ensuite un circuit dans les environs vers l'ambassade des Pays-Bas. Sympathique ballade sur quelques rues pavées, le long de la rivière. J'arrive au quartier pseudo ancien de Nikolaiviertel. Petit ensemble reconstruit en 1980 selon un tracé médiéval. C'est assez attrape touriste, un faux Prague avec ses boutiques de souvenirs. Il est temps de rentrer ; Marlies , son vin italien et son plat de pâtes "Jamie Oliver" m'attendent . Après le repas nous partons dans le quartier de Prenzlauer Berg rejoindre son amie Hana ( Hallo mein frolein Hana , ich bin herr professor Vincent) et son colocataire Moritz. Ils vivent en colloc dans un grand appartement (une constante ici). Bonne ambiance, on fera la tournée des bars .C'est pas cher et bien sympa. Je me crois vraiment dans une année erasmus. Tant de gens rencontrés en si peu de temps. Et passer ses soirées à parler anglais est vraiment dépaysant. Ce qui est fou est qu'ils peuvent (et ils le font) parler toute la soirée en anglais …Signe de respect impossible chez nous ! Ils me font remarquer la présence d'un célèbre acteur allemand dans notre bar ( Stipe Erceg) . On lui laissera notre place en partant. On finira au Klub der Republic. Lieu à l'esprit RDA, vintage et enfumé avec DJ electro. Un endroit où seul je ne serai pas allé. D'ailleurs ici les gens sortent en groupe et ne se mélangent pas trop .C'est comme ça. Les filles sont fatiguées, on rentrera en taxi vers 2h en faisant gaffe à ne pas perdre la boule sauteuse de Marlies. Vraiment une très bonne journée. Je me sens vraiment intégré , en si peu de temps. Il y aura vraiment un avant et un après Couchsurfing. Super journée donc , bien remplie.

SCHEUNENVIERTEL

JOUR 6 : Je quitte la sympathique Marlies pour un nouveau quartier, une nouvelle ambiance. Je rejoins Thiago, brésilien voyageur , infatigable bosseur et fêtard, dans un quartier plutôt turc de Wedding. Il vit en collocation dans un grand appartement et étudie l'histoire et la philosophie tout en travaillant dans des hôtels 5 étoiles. Très sympa , i l parle très bien français et nous passerons pas mal de temps à discuter dans sa cuisine. Berlin, les allemands, l'insécurité…Vers 13 heures je me décide quand même à bouger ….Je me décide pour le quartier de Scheunenviertel . Un très bon kébab avalé chez Schlemmerbuffet et je me rends au cimetière de Dorotheenstad . C'est un endroit paisible , peu fréquenté et arboré. J'y vois les tombes de Hegel, Brecht ou Schinkel, le célèbre architecte de Berlin. A la recherche d'art intéressant, je me rends à la galerie Tacheles non loin de là. Galerie est un grand mot . C'est en fait le pire des squats imaginable rempli de déchet , couvert de graffitis de bas en haut et à odeur d'urine persistante. Au milieu de ce cloaque quelques artistes travaillent et vendent leur produits. C'est assez hallucinant. Tu rentres dans l'échoppe , c'est un bordel pas possible , le gars travaille , un autre dort par terre et toi tu cherches. J'ai vu quelques bons trucs mais pas encore des posters et pas d'originaux ...Cela reste finalement assez touristique , il aurait fallu y être dans les années 90 , au sommet de la création. Les quelques produits sont bien trop dépressifs pour moi….comme finalement tout l'art du coin . Juste à côté de l'immeuble on trouve une cours avec sculpteur , peintres dans une ambiance post apocalyptique , musique indus en fond sonore. C'est un monde vraiment différent du mien mais je n'avais jamais vu un truc pareil. Les jours de ce lieu sont compté, la gentryfication du lieu est imminente. Bientôt un quartier chic? Sûrement....et l'âme du coin disparue.

Je flâne ensuite dans les Linienstrasse, Augustrasse. De belles galeries cette fois ci mais bien trop chics. Un petit détour par Heckmann Hofe , petite enclave calme et tranquille avec quelques boutiques et cafés. Un petit coup d'œil à la grande synagogue et je me retrouve à l' église baroque de Sainte Sophie. Ce n'est tant l'église qui me marquera mais l'immeuble voisin encore criblé de balles de la guerre . Je m'imagine un instant les mitrailleuses et les combats. Je poursuis ensuite par Hackesche Hofe , un ensemble de huit cours avec des boutiques assez chic et beaucoup de touristes. Quelques galeries, des marchands de chaussures et de sac (trop cher) mais je ne trouve rien et fuis vite ce flot humain. Encore quelques rues dans le quartier mais toujours rien niveau shopping .Je prends vers 17H30 un métro à l'Alexanderplatz pour me rendre à Potsdamer platz  .C'est un ensemble assez moderne de buildings bien éclairés. Le Sony Center par exemple est remarquable avec son immense toit en forme de voûte .Sur la place il y aussi une piste enneigée où les gens s'amusent à descendre sur des bouées, un petit village genre marché de Noël avec ses classiques bretzels , saucisses et artisans. Un bon repas asiatique dans le centre commercial géant du coin et je pars pour la Philarmonie assister au concert de musique classique. D'entrée je me paume dans la salle, je suis en retard et je dois presque courir pour arriver à l'heure. La salle est immense je trouve et très belle. Les gradins sont circulaires et tout le monde, je pense, a une bonne vue sur la scène. Le chef d'orchestre, Sir Simon Rattle , sûrement l'un des plus grands, va ainsi mener 3 parties dans la soirée dont une dernière de Brahms. C'est incroyable, pour un novice comme moi de voir la virtuosité de l'ensemble. Certaines parties , lentes, peu mélodiques , me font penser à autre chose mais quand ça accélère…..A la fin j'en sors ému et impressionné. En partie par l'engagement du chef, avec ses grimaces et son énergie ,mais aussi par les gestes et les mouvements de corps des musiciens…C'est aussi marrant comme tout le monde reste immobile et silencieux. A chaque pause tout le monde baille, se mouche , éternue en même temps puis le silence revient.
Avoir le hoquet ici serait terrible. Je regrette par contre le côté élitiste de ces concerts. Pourquoi le chef ne nous présente t-il pas en 3 mots ce qu'il va jouer, ce qu'il pense de ce morceau? Ok on a un programme, mais cela pourrait être plus pédagogique. Ensuite je me demande aussi si les gens apprécient vraiment ou si est-ce par snobisme ? Qui peut vraiment dans la salle dire que Sir Rattle est le meilleur et mérite tout ces applaudissements ?A la suite du concert je retourne à Potsdamer platz, observe la Leipzitger platz, cherche en vain l'un des rares miradors est allemand encore debout puis je me décide à monter à la ​tour de la Télévision , le temps étant beau. 368 m mais terrasse à 203 m la vue doit être superbe. Mais je vais être déçu ( la comparaison avec l'Empire State Building est là et bien là) : la terrasse au pied de la boule est bien sûr vitrée et les reflets intérieurs gênent l'observation .De plus , je l'avais remarqué d'en bas, Berlin n'est pas éclairée tant que ça : le spectacle n'est pas grandiose. Je traîne un peu dans le coin au milieu des clubbers et des prostituées puis rentre vers minuit. Encore une journée qui est vite passée. Je suis vraiment bien ici.

KULTURFORUM,MAUER PARK ET PRENZLAUER BERG

JOUR 7: Malgré le peu d'heures de sommeil (Thiago qui sert dans un restaurant de Potsdam rentre tard dans la nuit) je me réveille en forme. Un bon petit déjeuner anglais dans la petite cuisine et tandis que Thiago part en vélo (beaucoup ici …là ville est aussi bien aménagée pour eux alors) j'hésite et me rends sans grand enthousiasme au Kulturforum pour visiter le musée de la Pinacothèque, 1500 œuvres du XIIIème au XVIIème siècle, réunies dans 72 salles ! Je repasse de jour à la Potsdamer Platz , sous le Sony Center. L'ensemble est alors bien sûr moins impressionnant que de nuit. Tous ces immeubles bien modernes, le quartier n'a pas beaucoup de charme le jour et n'incite pas à flâner. Pour ce qui est du musée je le répète encore mais l' audioguide m'apparaît vraiment indispensable pour qui veut ne pas s'ennuyer. C'est incroyable comme une œuvre parle en précisant deux , trois détails. Je vais donc me promener, ne m'arrêtant quasiment que sur les œuvres me tapant dans l'œil et écoute le commentaire. Au final je vais y rester plus de 2 heures et je ne suis pas sûr d'avoir vu toutes les salles . Peu de tableau vraiment observés mais j'en ressors très heureux. Ce sont en plus des époques qui en général m'intéressent peu, en particulier tout ce qui est au sujet de l'art religieux , vierges à l'enfant etc….Les toiles qui me marquent sont celles qui décrivent la paysannerie ; les banquets, les beaux portraits (certains sont magnifiques) , les paysages buccoliques du temps d'avant. Finalement je recherche ici un certain réalisme qui me préoccupe peu pour des toiles d'autres époques. Je pourrais avec mon ticket voir d'autres musées du Kulturforum mais je crois que le cerveau humain n'est pas fait pour ça sauf dans le cas des voyages organisés Leclerc ! Je devais de plus retrouver Thiago pour faire les puces mais il n'a pas fini son déménagement. Je vais donc seul dans le quartier de Prenzlauer Berg voir si je peux trouver des chef d'œuvres. Priorité :remplir mon ventre de victuailles , ce que je fais avec plaisir dans un petit snack italien au bord de la place Zionskirch. Le quartier est calme est plutôt joli aux environs de l'arkonaplatz ou se situe mon premier marché aux puces du jour (le plus petit). Bon ce n'est pas du tout mon style : que des vieux trucs que je n'arrive pas à m'imaginer dans ma déco. Je poursuis vers le Mauer Park pour le suivant. Là c'est du lourd, vraiment plus gros et beaucoup plus de monde. Un esprit un peu Camden Town avec les même looks et les mêmes odeurs. On repère vite les français (les plus chics) même si les filles ont décrété obligatoire l'ensemble bonnet (en grosse laine) , gants , écharpe et veste vintage. Il y a de tout ici mais je recherche particulièrement des œuvres originales d'artistes. Quelques stands mais ce sont les mêmes photos de Berlin , le même " artisanat " qui n'en est pas. Je voudrais de l'art qui soit non que sur cette ville .Un truc de plus général. J'hésite quand même pour le magnet Louis de Funés… Alors qu'un froid sibérien tombe sur la ville, je me promène aux abords du petit pan de Mur où des artistes sont en train de faire des graphes. L'ambiance est ici si loin du grand pré de Central Park de NewYork. C'est même son opposé. Temps froid et gris, ambiance destroy. Mais la chaleur est ailleurs .Il y a par exemple une sorte d'amphithéâtre de plein air où se déroule un karaoké low-fi avec pc et enceinte. Entendre les Pixies dans cette ambiance, voir les gens applaudir, danser , s'amuser…me comble. Berlin respire plus que ce que j'ai vu auparavant. C'est un tableau unique que j'ai sous les yeux. Le mur de Berlin, des artistes, un père qui fait de la balançoire avec son fils dans le froid, un pré déglingué, la tour de la TV (navette spatiale identifiée au fond) , et le marché en contrebas. Vraiment je vais trouver nos villes (que dire de Bordeaux) très très fades. Ici il y un esprit différent , une liberté palpable vraiment partout. J'adore et pourtant je suis loin du monde underground, de ces clichés, de ces rites…

Un vin chaud plus tard (il fait vraiment froid!) , je me rends à la Kulturbrauerei ,ancienne brasserie convertie en centre culturel branché et animé. Des gens remballent du matériel de scène. Je poursuis pas le cimetière juif, malheureusement fermé vue l'heure. Juste à côté une très belle place, la Kollwitzplatz, assez bourgeoise avec son café de Paris . Des mamans, des enfants , comme partout un dimanche mais que les gens sont plus simples qu'à Bordeaux où tout le monde se dévisage et porte l'accessoire du moment. Ici les looks sont agréables mais je n'y vois pas de clonage comme chez nous. A vérifier. Je remonte ensuite tranquillement (j'ai pas grand-chose à faire ce soir) vers la Helmolttz Platz (où nous étions sortis l'autre soir).Un œil sur les sacs Tausche (je reviendrai demain) et je me rends à l'église de Gethsémani, malheureusement peu éclairée. Ce fut un lieu de rassemblement et de contestation avant la chute du mur. Je décide ensuite, vue la distance, de rentrer à pied, un peu au hasard. Je refuse un restaurant (trop lounge et chic pour moi tout seul) , traverse des rues où il n'y a rien à voir, traverse une grande passerelle sur des zones ferroviaires désaffectées, longe des boulevards et arrive enfin en vue de la Pankstrasse station. En plein quartier turc je tourne et marche encore aux alentours pour trouver autre chose que des kebabs..Rien ...malgré de longues distances parcourues. Que des bars de jeux, des casinos et des kebabs avec mecs bruns dedans. Pas un blond dans les parages. Je finis dans un snack turc du genre végétarien ou deux " trucs " assez étouffe-chrétien feront l'affaire mais sans le plaisir habituel. Je rentre vers 20h. Je pourrais aller rejoindre Thiago mais j'ai toutes les cartes à écrire….Ce sera une soirée correspondance au son de mes meilleurs chansons. Je commence à penser au départ et vraiment il ne me tarde pas de rentrer , de retrouver nos villes et nos vies rangées, la télévision...Au début neutre je trouve chaque jour plus de qualités à Berlin..hormis ce froid glacial et la nuit à 17 heure début novembre. Mais que faire d'exaltant dans une campagne du 47 ? J'essaye mais c'est bien moins évident que dans ces grandes villes . Thiago rentre , met son opéra et étudie son allemand. Il ne s'arrête jamais en fait. On parle un peu du programme de demain et encore une fois je me couche assez tard.

JOUR 8: Je me force à un réveil assez tôt (8h30) pour tenter d'aller enfin au sommet du Reichstag. Le temps est pourri et devant la queue d'au moins 30 minutes j'abandonne encore…ce bâtiment ne veut pas de moi. Je suis déjà trempé et sans parapluie….Je décide de filer en métro pour le Sony Center afin de profiter du WiFi gratuit. Arrivé là-bas , tout est très calme tôt le matin, je profite d'un latte machiatto mais le Wi Fi semble payant, tant pis. Je poursuis ensuite pour le quartier de Schoneberg, pas grand-chose à voir mais c'est tout proche alors…Un petit saut dans le Harrod's local Kadewe où rien ne vaut le déplacement. C'est chic , cher…je jette un œil aux décorations de Noël qui commencent à être installées et repars , sans plaisir, sous la pluie, remontant sans passion la Kleistrasse vers la Nollendorfplatz. Le quartier ne m'inspirant rien et la pluie étant vraiment forte je commence à désespérer de ma journée. Je change de quartier pour celui de Kreuzberg, entraperçu avec Marlies. Le quartier branché. Promenades humides près de la Chamissoplatz et de la Bergmannstrasse. Suis-je exigeant mais rien ne m'attire et ne me semble original. La faim au ventre, et même si ce n'est pas très optimal comme déplacement, j'ai une envie de burger et me rends essayer le Kreuzbergburger dans le quartier éponyme. Bon certes ...mais on a vu mieux sous d'autres contrées. Marrant quand même d'observer les looks alternatifs des habitants du quartier. Quelques boutiques (forcément une marque en feuille de cannabis, les clichés sont même chez ceux qui combattent l'uniformisation des genres, des choses). J'hésite longuement sur le programme à suivre. C'est un temps à musée mais ceux qui m'intéresseraient sont fermés et en plus je n'ai pas trop la tête à réfléchir. Je me rends donc au centre Béthanien qui mélange arts et culture. De nombreux artistes y créent leurs œuvres et parfois les exposent. On croise aussi les mamans amenant leurs enfants faire leur solfège,on y entend des gammes jouées au piano. Bref un lieu de vie bien animée. Mais pas encore ma trouvaille d'art. Je quitte le quartier pour celui de Prenzlauer Berg où je compte faire quelques boutiques repérées les jours précédents. J'erre donc un moment entre la Kulturbrauerei et la jolie et chic place Kollwitz. Rien de neuf, les mêmes œuvres que partout dans la ville. Je souhaiterais une petite œuvre, jolie, originale, et signée…Je trouve par contre mon bonheur chez Taushe, un fabricant de sacs originaux ( Mein Frolein Hana en avait un…). On choisit la base et les deux rabats. J'opte pour un design berlinois (vue d'une station de métro ) et londonien (on dirait du Paul Smith).Espérons que ce ne soit pas trop original pour Fumel! Il fait nuit, temps de faire une pause, je rentre à l'appart poser tout ça avant de repartir. Pour le dernier soir, pas question de ne rien faire. Je sors seul, à la recherche du frisson nocturne et finirai dans un club assez chaud du côté de Schoneberg. Bon souvenir. J'en partirai vers 2 heures du mat pour 1 heure de bus de nuit .Bizarrement la ville n'est pas endormie pour un lundi soir…Je termine donc ma dernière journée. Pas de sites majeurs, rien d'extraordinaire mais juste vivre à Berlin. Demain le départ, je me sens un peu mélancolique à l'idée de rentrer .Mercredi matin , cours à 8h. Il va falloir se motiver pour retrouver l'énergie de ces derniers jours.

Quelques clichés supplémentaires. Beaucoup de choses à voir à Berlin dans le genre "art urbain" .
Cliquer sur les photos pour les agrandir.

Plus de photos de Berlin

LA VIDEO DE BERLIN

Des vieilles vidéos de basse qualité ...Quelques lieux classiques de la ville en automne. Le mur, le Mauer Park, Potsdamer Platz , Château de Charlottenbourg ..

CONCLUSION

Je ne m'attendais pas à apprécier autant cette ville qui était loin d'être une priorité. Et pourtant... est-ce le fait de l'avoir découverte de l'intérieur grâce à des berlinois? J'ai passé ici un très enrichissant et agréable séjour. Il résonne encore , aidé par les médias qui parle du mur tous les jours en ce moment. Un super souvenir.
Cela peut paraître bizarre à certains pour qui la définition de l'agréable réside dans le nombre d'étoiles de l'hôtel et dans le lieu ou le resort se trouve . Ici, ceux qui veulent du beau , du bucolique seront peut être déçus. Je repense à ce qui pourrait faire l'âme d'une ville. Je repense à Bordeaux où tout est beau..en façade. Sur les murs et sur les gens. On regarde les beautés locales, on se regarde beaucoup mais cela suffit -il à éveiller nos sens. Je ne crois pas.
Nous avons peut être en France de belles villes mais le terme beauté intérieure prend ici vraiment son sens. Alors oui Berlin a 4,5 millions d'habitant et donc une proportion de gens originaux plus importante. Mais quand même, je risque de trouver ma région bien fade en rentrant. Une belle femme avec qui on s'ennuie un peu face à une autre moins sophistiquée mais avec qui on vit de nouvelles expériences, en harmonie..
Je retrouve ici une énergie vue à Londres, à New York mais avec des prix partout inférieurs. D'une ville de frustration (qui se nourrit tous les jours au restaurant à Londres ?) où l'on compte pour survivre a un endroit raisonnable où l'on peut se faire souvent plaisir. Un mix de tout cela serait un rêve .

J'ai aussi retrouvé dans ce voyage l'esprit Erasmus de ma jeunesse. Les grosses colocations , les soirées, ..c'est leur vie ici. Pas de voiture, ni de télé mais un vélo et des sorties continuelles. Je ne sais pas comment aurait été mon sentiment après 8 nuits d'auberges de jeunesse impersonnelle. En tout cas , comme Thierry, je crois que ce nouveau mode de voyage (plus qu'un mode d'hébergement) sera désormais le mien.

Je quitte la ville assez triste. Triste car je sais qu'il n'y a pas 36 autres villes comme Berlin et je n'aime pas l'idée de ne plus avoir ces chocs là dans le futur. Les destinations se cochent les unes après les autres. Et les premières fois se font rares.

LE POUR : l'originalité de certains quartiers, la force créatrice partout présente, l'absence de l'idée du paraître (si présente par exemple à Bordeaux), l'accueil formidable des Berlinois, la découverte d'un nouveau type de voyage, la nourriture peu chère et parfois savoureuse, les transports en commun très efficaces, la diversité des sites et des musées, le rapport qualité -prix de ce séjour, les lieux alternatifs originaux, la Philarmonie, l'histoire ..bref..la liste est longue

LE CONTRE : la nuit qui tombe à 17 h , le froid humide, l'absence de charme apparent de la ville..C'est bien peu en fait..