BULGARIE

Pourquoi la BULGARIE?

Malgré le plaisir que m'avaient procuré ces séjours, je n'allais pas encore revenir en Allemagne (comme en 2010 et 2009). Je me devais de changer d'horizons, toujours pour limiter la routine à son minimum. J'ai tout de suite eu en ligne de mire les pays d'Europe de l'est. L'Ukraine qui me tentait depuis quelques temps s'est dérobé sous mes vœux: vols chers et peu pratiques. Et puis le pays semblait bien trop grand pour juste une dizaine de jours. Alors j'ai prospecté quelques bonnes heures pour trouver des prix et des horaires agréables pour cette fin d'octobre. Pas grand choix ou plutôt des billets surpayés. J'hésite finalement à partir vers les pays Baltes pour terminer par...la Bulgarie. Se décider car sinon la recherche devient lourde et sans fin. Carte bleue et c'est réservé, presque un mois avant le départ. La Bulgarie n'est pas le pays de mes rêves mais il est là, ma mère et ma sœur le connaissent un peu, il est aisé d'y circuler et peu coûteux d'y voyager. Me voilà parti au pays du yaourt et des monastères orthodoxes.

PLAN DU VOYAGE

Je suis parti seul pour environ 10 jours , du 22 octobre au 1er novembre 2011. J'ai donné la priorité à la rencontre et non à la géographie. Seulement 4 sites visités. Tout d'abord Sofia pour 5 nuits. Beaucoup pour certains mais je voulais être tranquille et vivre la ville avec ses habitants. Y habiter 5 jours plutôt que de visiter 5 jours. De là une journée au monastère de Rila. Puis 2 nuits à Plovdiv et 2 nuits à Veliko-Tarnovo. Un petit aperçu mais un bon choix selon les locaux.

PERIODE :
Fin octobre-début novembre. Au niveau du climat c'est sûrement une bonne période. Je suis parti équipé comme en hiver en France. Le col roulé et la grosse veste se portaient bien presque tous les jours. Grand beau temps, pas une goutte de pluie mais des gelées parfois le matin. En tout cas un temps très agréable lorsqu'on est bien équipé.
Dans les montagnes j'ai été surpris de voir un peu de neige à basse altitude près de la route.Pour en savoir plus sur le climat et les bonnes périodes , le site de QUAND PARTIR.
Au niveau de la fréquentation touristique...parfait. Je ne pense pas que la Bulgarie soit le coin le plus surpeuplé au monde mais là je me suis vraiment senti seul. Très souvent les gardiens de musée comme à Plovdiv n'ouvraient les salles ou les bâtiments que pour moi. Un régal! Même à Rila j'ai pu apprécier la visite d'un monastère très célèbre dans une grande quiétude.
Je ne vois aucun désavantage à visiter le pays fin octobre. Et se sentir à contre-courant du flux touristique ne me gêne pas du tout bien au contraire.

NIVEAU :

Un séjour assez simple à organiser. Sur place il faut peut-être un peu d'expérience car beaucoup de choses ne sont pas écrites avec notre alphabet mais en cyrillique! De plus, hormis les jeunes, peu d'habitants parlent anglais et je n'ai fait que des grandes villes! Hormis la langue qui peut en gêner certain(e)s j'ai trouvé le pays assez moderne niveau organisation. Aéroport aéré, gare routières assez et parfois très claires, bon réseau de bus inter-villes. Les bus de ville ne sont pas très pratiques les premiers jours car on ne sait pas trop d'où ils viennent et où ils vont...mais la bonne carte de l'office du tourisme de Sofia aide grandement à se repérer dans les lignes et les arrêts. Les taxis sont en majorité honnêtes, très peu chers et facile à trouver. Attention forcément près des gares centrales ou de l'aéroport où ils peuvent truquer les prix!
Pas de problèmes pour bien manger, pour trouver les musées...même si c'est parfois moins guidé que dans des coins plus célèbres.
Niveau sécurité, je ne me suis pas senti dans un pays dangereux, même la nuit dans le centre de Sofia. Je n'ai vu qu'un saut d'humeur (assez justifié) de tout le séjour. Allons voir dans le métro parisien et comparons!


HEBERGEMENT ET BUDGET (2011) :

Le voyage m'est revenu à 570 euros pour 10 jours ( 205 euros d'avion+guide à 22euros+TGV pour Paris CDG à 154 euros+ le reste sur place). J'ai eu prix correct pour le vol avec Bulgaria Air mais on peut trouver moins cher.
C'est donc un budget très bas pour tout ce que j'ai fait. Je n'ai aucune nuit sur tout le séjour, toutes étant passées chez les gens qui m'hébergeaient.
Le budget bus est assez faible: 20 Lev soit environ 10 euros pour 4 h de bus entre Veliko Tarnovo et Sofia, mon plus long trajet. J'ai très souvent pris le taxi en ville avec des courses entres 2 et 9 Lev (1 et 4.5 euros). Autant dire très peu cher. Attention à Sofia où certains taxis sans compteurs me proposaient des prix jusqu'à 5 fois plus cher près de la gare centrale. Marcher 400 m et vous trouverez des taxis plus honnêtes. Un peu de stop parfois comme pour revenir d'Arbanasi ou de Boyana. Le budget transport peu être réduit énormément en utilisant les bus et les trams ( que j'ai empruntés aussi parfois).
Pour les musées les entrées sont autours de 5 ou 6 Lev. Pour Plovdiv prendre un pass combiné pour 20Lev valable pour 6 sites en 2011.
Je mangeais peu au petit-déjeuner, puis des sandwichs pour 1 ou 2 Lev! et de supers restaurants et cafets ( de 4 Lev à 30 Lev pour les plus chics) . Très peu chers, pour 20 Lev soit 10 euros on se fait vraiment plaisir et j'ai ai beaucoup profité.

Un site pour convertir le lev bulgare en euros. Pour info 1€=1.95 Lev octobre 2011.

Pour préparer ce voyage j'ai utilisé :

SITES GENERALISTES

TRANSPORTS
Mon guide Lonely Planet et l'office du tourisme de Sofia ont été largement suffisants pour organiser mes transports, assez basiques.



SOFIA

Samedi 22 octobre

Je suis bien loin des préparatifs ultra pointus du voyage en Écosse. Je me retrouve la veille, à faire mon sac, un peu en retard. Assez désinvolte et dangereux. A croire que je pars pour Bordeaux je vais un jour en oublier ma carte d'identité ou ma carte bleue. C'est donc assez concentré que j'essaye de passer en mode voyageur. Cette fois-ci j'espère passer mon sac en bagage à main. Tout est optimisé pour et ma dérive minimaliste me pousse encore à supprimer le superflu. Un jean , une paire de chaussures, une veste. Voilà la base, le reste...en petite quantité. Du confort à dose homéopathique. Tout sera bien pensé sauf les confitures que j'apporte à ceux qui m'hébergent: cela ne passe pas en cabine, je le saurai pour la prochaine fois. Le Lonely est bien étudié, les nuits chez les couchsurfeurs réservées, la chambre bien rangée. Je serai dans les temps ...copies corrigées à 0h30. Le réveil sera matinal pour un départ en train de la gare d'Agen à 9H. Monique et ma mère m'emmènent. Pas de crainte, pas de tristesse, juste une sorte d'indifférence. Je me force à ne pas réfléchir à ces jours de départ assez ennuyeux en général. C'est toujours un petit effort de bouger, de quitter ses habitudes, mais c'est un prix à payer nécessaire alors j'oublie. Arrivés à la gare d'Agen une bonne surprise m'attend: mon train est annoncé avec 30 minutes de retard. Assez pour rater mon TGV d'après l'accueil. Vraiment dégoûté. Ce n'est pas la première fois que la SNCF me met des bâtons dans les roues. Résultat: un petit détour par l'autoroute et direction Bordeaux St-Jean. Rater mon train pour Roissy m'aurait coûté tout mon voyage. Je me le redis encore, ne plus partir de Paris. La suite de transports pour y arriver en fait une issue trop aléatoire et je regrette déjà mes départs Lufthansa de Toulouse ! Bref, j'embarque dans mon TGV double étage direct pour CDG.

Un choix pratique, confortable, qui m'évite Paris et qui vaut bien vaut la différence de prix. Arrivé là-bas , commence l'ennui qui accompagne mes 3 heures d'attente. Les fantômes des potes du trio en Ecosse rôdent. Quel contraste entre l'euphorie de ce départ où nous avions mis le feu dans le hall d'embarquement et celui-là , dans le silence le plus complet! Vivement Pâques pour remettre ça!Attente alors devant une télé qui clignote. Khadafi est mort et ne sera pas autopsié. Demain, finale de la coupe du monde de rugby All Blacks- France. Le tour des contacts téléphoniques et puis l'attente. Ou alors devrais-je faire du shopping chez Vuiton ou Cartier?

Le vol sera à l'heure et sans aucun stress. Petit sandwich Air France, lecture de l'Equipe spécial finale , Libération... 2H20 plus tard j'arrive à Sofia. La première impression est bonne . Aéroport tout neuf, peu de monde, un peu comme une arrivée à Bordeaux. Passage de douane très rapide, livraisons des bagages immédiate. Je sors de l'aéroport, avec O euros et O Lev en poche! Une première. Liza m'attend déjà dans sa pas si vieille BMW et c'est avec plaisir que je dis aux chauffeurs de taxi " No thanks, a friend is waiting for me ". Le premier contact avec cette charmante russo-bulgare sera très bon. La ville me surprend. Je trouve tout assez moderne voire clinquant. Mais, cela m'est déjà arrivé, la nuit embellit souvent la réalité. Un peu comme avec une femme non? L'aéroport est très proche du centre et je me retrouve vite à monter les marches d'un immeuble assez typique des clichés Europe de l'est. Murs décatis, inscriptions incompréhensibles en cyrillique. J'adore, c'est assez dépaysant. L'appartement lui est très cosy avec toujours cette touche de décoration qui pourrait semblait kitsch chez nous. Le catalogue Ikea trône sur une table mais il reste encore ici une certaine différence. Liza travaille dans la vente de publicité à des sites internet. Elle est parfaitement trilingue et je sens que je vais encore passer mon séjour à complexer sur mon niveau d'anglais. Nous passerons la soirée avec deux de ses amis: vidéastes qui préparent pour demain, première journée de vote du futur président bulgare, un film pour juger du côté non corrompu de ces élections. Lui est ancien étudiant à Caltech, sosie de Travolta, ayant vécu à NYC et travaillant à Prague, Berlin...Il m'expliquera les rouages de la corruption bulgare, l'écologie , le sport bref un bon résumé de ce qui se passe ici. Encore une fois je me retrouve dans le bain , à peine arrivé. La France est déjà loin. Vers 1h du matin je trouve repos dans mon immense canapé.

Dimanche 23 octobre

Liza rejoindra ses amis à 6h du matin(!) pour partir suivre les élections à Kyoustendil, ville proche de la Macédoine et peut-être assez suspecte pour ses élections. Je n'ai moi qu'un impératif ce matin: voir la finale du rugby à 11h . On m'a conseillé hier soir un pub irlandais, le JJ Murphy's. Je pars donc en sa direction et découvre la ville un dimanche matin. Je suis d'abord surpris pas le calme ambiant. On ne se croit pas vraiment dans une capitale. Le pub surchauffé et plein me refroidira et de toute façon je reste persuadé que j'en trouverai facilement un autre ! Erreur, je vais marcher et marcher sans jamais trouver une télé qui retransmet ce match. Je vais même essayer à l' institut français où le gardien non francophone m'éconduira poliment. Assez énervé, je rentre alors à l'appartement et suis les 20 dernières minutes, toujours le ventre vide, sur le net. Pas mal de suspense et de frustration avec une défaite d'un petit point. Ma véritable journée de touriste va commencer: d'abord par le parc Balgaria, proche, entourant le palais national de la culture (NDK). Qu'y a t-il à voir: un reste du mur de Berlin, un souterrain centre commercial peu avenant , un mur gravé et une chapelle hommage aux victimes du régime communiste, des fontaines, et une grande esplanade parfaite pour les skateurs. Pas de cachet particulier mais je suis bien à flâner , un dimanche. Je remarque le nombre impressionnant de graphes sur les murs de la ville, sur les barrières , sur les cabines téléphoniques. Un côté que l'on retrouve beaucoup à Berlin même si je ne ressens pas ici la même fougue artistique. Au bout du parc : le monument des 1300 ans. En perdition, il laisse apparaître la structure et semble tomber en ruine. On y voit encore quelques statues très staliniennes dans le style. Je remonte ensuite le boulevard Vitosha, la rue piétonne et commerçante de la ville. Pas très beau et rien de vraiment remarquable, me dis-je avec une énorme part de pizza dans les mains (enfin) . Très peu cher, je vais bien me nourrir ici. J'arrive au bout de cette rue à la cathédrale Sveta-Nedelya. De style byzantin, je vais la trouver originale. Beaucoup moins de bancs que dans nos églises, un plan différent, une couleur à dominante or , des gens allumant des petits cierges jaune et se signant, des icônes vénérées. Bonne atmosphère. A côté de cet édifice, coincée entre l'hôtel grand luxe Sheraton avec boutique Dolce et Gabanna et la présidence et ses gardes, on trouve un lieu anachronique: la rotonde Sveti-Georgi avec ses ruines romaines. Je ne peux y entrer mais j'en apprécie les alentours. Passage ensuite près de l'immense bâtiment , ancien siège du parti communiste, découverte assez bizarre de l'église Sveta-Petka-Samardjiska, coincée dans un passage souterrain bétonné sans intérêt. Je rentre ensuite dans le Tsum Retail Center, sorte de mall en face du monument de la ville de Sofia, mais assez désert et un peu vieillot je trouve. Je poursuis jusqu'aux bains , belle architecture colorée et remarquables par tous ces gens qui remplissent des bombonnes d'eau minérale . M'asseyant et observant les gens je remarque quand même le côté un peu sombre de la ville. Beaucoup de vieux qui errent essayant de vendre le peu qu'ils ont. Récoltant des marrons , ramassant des fleurs dans les parcs pour les vendre. Des chiens errants, des handicapés qui font la manche. Loin du spectacle déroutant de l'Inde mais on voit que de nombreux gens galèrent.

Passage devant la mosquée Banya-Bashi et la synagogue que je visite pas. Je ne suis pas si fan de cette overdose de sites alors je me freine un peu . Je trouve dans cette ville un petit côté Prague avec ses tramways, en moins chic, un côté Berlin et aussi des odeurs d'Istanbul , proche. La Bulgarie est presque une transition . Si loin de l'Ecosse et si proche de l'orient. Ce sentiment sera renforcé par la visite du marché des femmes. Grand marché tout en longueur où là je rencontre une population vraiment différente de celle du boulevard Vitosha. Des mamies fourbues portant le fichu, des faciès fatigués , des boutiques assez brinquebalantes. C'est populaire et bien loin de nos marchés français. On y vend beaucoup de fruits et de légumes, des fruits sec, du miel, des poissons frits, des sortes de petits kébab, des vêtements...Un endroit assez fascinant , entouré de maisons en très mauvais état. C'est ça qui me marque aussi. Ce côté vieille Europe de l'est , avec les ladas, les venelles sombres, les squats ...Quel contraste avec le Mall of Sofia que je visite ensuite. Un autre monde vraiment, avec les poupées lookées et les stands de restauration. Je commence à connaître pas mal de capitales...et ces endroits fournissent vraiment la même chose aux mêmes prix. Aucun intérêt. Je repars ensuite continuer ma tournée des églises, m'arrêtant sous les belles halles du centre commercial Hali pour y acheter des raisins à un prix dérisoire. Beaucoup de choses appétissantes. Mon prochain arrêt sera l'église russe Sveti-Nikolaï dans laquelle je vais un peu assister à la messe. Un religieux, une bougie à la main lit un texte puis les dévots chantent puis il relit etc....Belle ambiance avec toutes ces bougies, ces murs peints en ocre et or et ces beaux chants. Je me sens transporté . Je remarque les deux dames qui nettoient en permanence avec leurs pinceaux les présentoirs à bougies, enlevant les débris de cire et faisant la place pour les suivants. Les gens défilent, mettent un cierge, se signent puis assistent un peu puis repartent. Seul une bonne dizaine reste pour la totale, mais l'église n'est pas très grande. Je rejoins ensuite l' église Sveta -Sofia, fermée. Gros édifice rouge brique, une flamme de soldat inconnu mais pas plus d'émotions que ça.

Dans les alentours les marchands aux puces commencent à remballer. Un peu d'ostalgie avec les masques à gaz et les insignes russes...sûrement du faux! En tout cas c'est assez dépaysant. J'arrive alors à l'immense cathédrale Alexandre-Nevski, trônant majestueusement au milieu d'une grande place de type Concorde. L'intérieur me donne une idée de déjà-vu mais l'intérieur est remarquable. C'est un bâtiment hommage pour les soldats morts dans le conflit russo -bulgare à la fin du XIXème siècle, de style néo-byzantin. L'intérieur me surprend par l'absence de siège, et par l'espace vide. Des sortes d'autels avec des icônes, d'immenses lustres, des présentoirs à bougies. Atmosphère sombre et vraiment mystique. Assez crevé, je rentre attendre Liza à son appartement avant de partir ensemble manger dans un super restaurant traditionnel Manastirska Magernitsa . Dans une maison, dont l'intérieur me rappelle un chalet de montagne, on se retrouve à passer près d'une grande cheminée-rôtissoire pour arriver dans une sorte de salle à manger maison avec décoration très chaleureuse. Vraiment un endroit comme je les aime. Un choix énorme de plats anciens , difficile de choisir. Service impeccable et plusieurs petites attentions remarquées. Un bon moment en très bonne compagnie.

Une très bonne première journée. Pas une ville au charme ostentatoire certes mais je suis quand même heureux d'être là, de me dépayser, d'observer ces gens qui n'ont pas vraiment la même culture. La ville n'écrase pas, c'est calme et tranquille. Et puis le dimanche est toujours un jour merveilleux pour voir les gens autrement que dans leur train-train :métro-boulot-dodo. Même si beaucoup travaillent ...enfin ouvrent leur magasins car j'ai vu l'ennui dans les yeux de pas mal de ces vendeurs, figurants des des boutiques particulièrement vide de chalands.

Lundi 24 octobre

La journée commence par un très bon petit déjeuner: banitsa, pains bulgares, yaourt, fruits. Impression de revivre les petits déjeuners succulents de Nina à Istanbul. La gastronomie locale a quelques ressemblances évidentes avec celle du grand voisin turc. Je commence ma journée par une visite au centre touristique pour organiser ma sortie à Rila ou à Vitosha. Très bien renseigné, je me rends alors pour l'ouverture au musée des arts étrangers, assez proche de la cathédrale Aleksander- Nevski. 3 étages de peintures et sculptures. Mes impressions: il ne laissera pas un souvenir impérissable. D'abord le côté un peu vieillot du musée avec ses climatisations bruyantes, ses murs parfois abîmés et ses prises d'un autre âge. Puis le manque évident de masterpieces. Peu de toiles m'ont transporté. D'abord l'art asiatique avec ses statues de Ganesha et Krishna...hors de contexte pour moi. De belles estampes japonaises avec Hokusai par exemple que j'apprécie beaucoup. De l'art tribal africain , pas mon truc. Des salles sur la peinture française du début du XXéme siècle. Le manque de richesse des oeuvres se fait ici sentir. Quelques paysages hollandais pour attirer l'œil , de rares beaux portraits. Enfin en haut, des salles de peintures espagnoles , que je n'aime pas et un peu d'art contemporain sans grande passion. J'y ai quand même passé 2 heures. Pas désagréable mais sans audioguide et en comparaison avec les grands musées de Berlin ou New York...je le trouve assez quelconque. Je me rends alors tranquillement, par le jardin des docteurs, au lointain Musée national d'histoire militaire. Quartiers tranquilles sans rien d'exceptionnel. Arrivé près du musée , reconnaissable par ses nombreux avions et tank rangés dans un parc, je ne trouve pas l'entrée avant de réaliser qu'il est en fait fermé le lundi! Erreur de ma part. Je rentre donc un peu désœuvré, me promenant aux alentours de l'université de Sofia, passant dans des souterrains avec Mac Do ou boutiques populaires,me promenant dans les parcs en chasseur d'images. Les environs du monument à l'armée rouge m'occuperont un moment. Des jeunes s'y retrouvent, l'escalade un peu, fument, flirtent et font du skate à ses pieds.

Un régal. Pas mal aussi de gens pauvres et j'ai déjà vu nombre d'entre eux visiter les poubelles. J'ai même été surpris de voir ce qui passerait pour nous comme autant anachronismes :une carriole tirée par un cheval et tractant des pierres, une dame tractant un chariot remplis de déchets métalliques. L'heure pour moi n'avance pas vite. Tout ce qui me resterait en musée est fermé le lundi. Je me pose un peu à l'appartement puis décide d'aller voir un film au shopping center City Center of Sofia proche . Pas de bol, le cinéma est en travaux. Il me reste à monter et à descendre les escalators. Un œil sur les montres de luxe et on repart! Destination le NDK, les fontaines, le monument des 1300 ans...bref du déjà-vu. J'arrête là et décide de rentrer. Un petit programme donc mais il reste la soirée! J'en suis à me reposer à la lumière ionisante rouge de la lampe à sel de Liza quand elle me sort de ma léthargie pour la rejoindre,elle et un ami , en bas de l'immeuble. C'est un bulgaro -libanais qui s'avérera être plus qu'un ami puisqu'il restera dormir ce soir. Nous partons en voiture, au son de Sylvie Vartan VIDEO pour un petit restaurant indien dans lequel on va se régaler . Pas très typique je l'admets mais bon...Encore une fois on aura les yeux plus gros que le ventre et le doggy-bag sera demandé. S'en suit ensuite une petite tournée des bars. Le premier sera bien trop fréquenté par une jeunesse qui n'est plus la mienne. A peine débarqué dans une foule d'étudiants dansant au milieu des décibels que je propose un endroit plus cosy. Et on en trouvera un . Lumières tamisées et cocktail. Un bel endroit où je vais profiter de la vie nocturne de Sofia, heureux d'être là entouré car quel touriste vient là seul!Nous parlerons beaucoup des sorties à l'époque soviétiques où très peu de bars (et encore ouverts aux proches du parti) permettaient de se dévergonder. Discussions aussi sur le travail et sur nos différentes conditions. Inutile de dire que j'apparais comme un privilégié. Puis en sortant nous rencontrons les deux cinéastes du premier soir. Toujours aussi volubiles quant à leur projet de film politique. Ils attrapent chacun un de nous et parlent, parlent sans reprendre leur souffle. Des gens passionnés, c'est une évidence. Conclusion: les élections ne sont pas si clean que ça! Un petit tour dans Sofia by night, beau et assez désert , au milieu des belles églises et nous rentrons. Très belle soirée.

Mardi 25 octobre

Cette fois je laisse Liza et son ami déjeuner et partir sans moi et profite d'une petite grasse matinée. Petit déjeuner très rapide puis j'essaye de prendre le minibus 21 pour Boyana, sur le boulevard Levski, comme indiqué sur le guide. Après un certain temps perdu à voir défiler les bus je me décide à prendre un taxi. 5 Lev pour la course, dérisoire et bien plus confortable. Je me dirige donc plein sud droit vers la montagne de Vitosha. Autrefois en pleine campagne Boyana n'est maintenant qu'une banlieue de la ville. Le taxi me dépose devant l'imposant musée national d'histoire. Un bloc soviétique qui hébergea les hauts dirigeants du parti, au pied de la montagne, dans un style original: très hauts plafonds, immenses baies vitrées, volumes énormes. Grandiloquent . Je vais passer deux bonnes heures dans ce musée, très peu fréquenté. Présentation soignée, bon éclairage mais quand même une muséographie assez ancienne. Disons que depuis le Canada et le merveilleux musée de Gatineau je deviens difficile. J'avais tellement rencontré ce que j'attendais d'un musée: une expérience spatio-temporelle qui me transporte ailleurs et avant . Maintenant j'observe ces objets, certes beaux..mais sans trop d'émotions. J'attends qu'on me raconte une histoire. Alors ici je vais me promener au milieu des icônes, des vestiges thraces, grecs, au milieu des témoignages des dernières guerres. J'aime assez ces périodes , ces affiches de propagande du début du XXéme siècle. Cela nous paraît si désuet et lointain. Je remarque une belle exposition temporaire sur les costumes des célèbres films bulgares. Des costumes de tsar , de rois, de reines...parfaits déguisement pour une soirée. A côté, une salle sur les costumes traditionnels des campagnes d'autrefois. Ce devait être si dépaysant en ces temps, chaque contrée ayant ses propres habits. Je m'imagine une belle bergère rentrant des champs et croisant le vigneron au détour d'un chemin. Une salle de classe un peu reconstituée, une chambres d'hôte traditionnelle avec ses tapis multicolores, des pièces de monnaies..Je remarque qu'il y a plus de gardiennes que de touristes et elles sont assez bruyantes parfois. Je quitte le musée dont les alentours sont sous haute sécurité, proche de la maison du président. Liza voulait qu'on déjeune ensemble, zut, trop tard. C'est ma part de pizza à la main que je rejoins l'église de Boyana à environ deux kilomètres, pas très sauvages, en bord de route. L'église est très bien située, dans un petit parc avec d'immenses cèdres VIDEO. Ambiance morte saison. Il y a bien un vendeur de toiles à l'entrée et un snack à moitié fermé mais nous ne serons que 5 touristes là en même temps. De toute façon l'église ne contient que 8 personnes à la fois et pour pas plus de 10 minutes en pleine saison. Là je vais avoir le temps d'apprécier. La bâtisse est ancienne et bien plus grande que la partie qui se visite, toute petite mais quelle richesse! Des fresques sur l'intégralité des murs et très bien restaurées. Le site est d'ailleurs classé à l'Unesco. C'est la plus belle chose du séjour pour l'instant et quel plaisir d'être ici au calme avec un guide passionné . Une fois imprégné de ce beau spectacle , je quitte cette assemblées de saints pour un petite visite du parc , en fait un jardin puis commence à rentrer.

Un couple bulgare vu dans l'église me propose de m'avancer un peu en voiture. Sympa. Je ne vais pas encore jouer au médium mais c'est comme ci je le savais. Lorsque la voiture me dépasse , je savais qu'ils allaient s'arrêter. Bizarre. Après quelques phrases échangées en français ils me laisseront assez loin du centre. Je vais alors marcher dans les cités puis finalement prendre un tram en direction du Mall of Sofia. Toujours motivé pour aller voir un film. Disons qu'il est tard pour les musées et je commence à bien connaître le centre. Une fois sur place je me rends compte que les horaires et les films en anglais ne me sont guère favorables. Un peu dégoûté je rentre en tram à l'appartement et m'y reposer en attendant Liza qui ne tardera pas. On partagera une prè-diner à base d'olives, de mozzarella, de yaourt, de pain français...VIDEOJe me retrouve encore une fois dans l'ambiance avec Nina à Istanbul. Musique de fond Benjamin Francis Leftswitch....discussions sur les émotions et le couple, sur la littérature...Très sympa. . Et puis je dois y aller, Nadya m'attends à quelques stations de métro de là. Sac à finir et vers 20h30 je quitte l'appartement, un peu triste.
Je retrouve ma nouvelle logeuse à la sortie du métro. Elle n'a pas eu confiance en mon sens de l'orientation ...pourtant cela semblait assez simple. Elle habite dans un immeuble peu luxueux et travaille en tant que secrétaire tout en donnant quelques cours et des traductions d'anglais. Elle parle aussi très bien le français et nous discuterons tranquillement chez elle toute la soirée.
Une petite journée mais c'était aussi prévu. En passant 5 jours à Sofia je savais que j'allais m'occuper mais aussi être amené à vivre la vie normale de ses habitants. Des actions simples, pas extraordinaires mais nécessaires pour ressentir vraiment l'atmosphère locale.

Plus de photos de . Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.

Plus de photos de Sofia

MONASTERE DE RILA

Mercredi 26 octobre

Réveil vers 8h30. Nadya est déjà au travail, à son ordinateur. Je vais ce matin prendre un taxi pour la gare des bus d'Otchva Kopel . Petite gare routière aérée et point de départ du bus pour le monastère de Rila. Un seul bus, à 10h20, pas le choix. J'y croise trois touristes espagnols ...les joies de la basse saison. Le trajet est assez joli avec de belles vues sur les montagnes , du brouillard parfois, des villes un peu délabrées aussi. J'y remarque d'anciennes usines immenses et désaffectées , des maisons sans crépis, une carriole de l'ancien temps, de vieilles voitures...Et puis ce qui me frappe c'est la proximité des usines et des habitations: certains ont la tour d'échappement des gaz devant leur fenêtre!Je vais enfin voir le vrai pays. Nous nous arrêtons un bon moment à la minuscule gare routière de Rila, assez typique je trouve. Le conducteur discute avec un religieux et une mamie sortis d'un album de Tintin. L'arrêt se prolonge sur un parking très peu animé puis nous prenons une route qui devient une route de pré-montagne pour nous rendre au monastère. Celui-ci est bien situé avec en toile de fond des cimes enneigées du massif du Rila. Pas trop de monde , je vais même pouvoir faire quelques photos sans touristes. Qu'il est bon, comme au Portugal cet hiver, de visiter ces sites religieux hors saison VIDEO. J'imagine l'été avec les shorts et les marcels au milieu des pèlerins! Je ne vais pas croiser beaucoup de religieux et on est bien loin du Nom de la Rose mais l'endroit vaut le voyage. Une très belle église au centre d'une cour bordée d'édifices à plusieurs étages et d'une tour. Deux ou trois magasins de souvenirs assez bien intégrés, des fontaines où l'on peut boire l'eau sacrée et une poste. L'église centrale est richement décoré bien évidemment et un lieu de culte pour les visiteurs. Beaucoup allument des cierges et j'ai même observé une dame déposer des paires de chaussettes neuves, et même un gâteau, sûrement pour les moines qui doivent vivre ici. Atmosphère intime et odeur d'encens. Pas aussi magique qu'un monastère ladakhi mais très agréable. Puis je me promène dans les alentours. L'accès aux étages est interdit, dommage la vue sur les montagnes doit y être superbe. Je sors alors par l'autre sortie du monastère, près de laquelle il y a 2 ou 3 restaurants...pas sûr qu'ils soient tous ouverts. Je vais marcher sur la route qui poursuit après le monastère, puis sur les sentiers proches du parking mais sans jamais pouvoir améliorer ma vue sur les montagnes où sur le monastère. Banane et chips au programme! Pas top! Il me faudrait plus de temps pour entreprendre une vraie balade et je n'ai que 2 heures sur place.

Temps magnifique sur les sommets qui ressemblent assez à ceux des Pyrénées , ce qui relance ma récurrente envie de nature et d'ascensions. Le retour sera bien calme dans un bus assez vide. Les 5 touristes que nous sommes somnolent . De retour à Sofia je me jette sur un kebabcheta à 1Lev, bon, puis prends un tram pour le Mall of Sofia. Cette fois -ci c'est sûr je vais aller voir un film. J'ai au moins 3 heures à occuper et ,en soirée , je ne vois pas quoi faire d'autre. Le film sera un vrai navet: The Thing, un sous alien en antarctique. Image superbe et salle très confortable pour 4 euros...je ne regrette rien quand même. Bon repas bulgare dans la galerie marchande : escalope de porc au fromage, brocolis en sauce puis je rejoins Nadya et sa troupe de Couchsurfeurs au bar l'Embara. Une ancienne étable je crois, transformée en lieu assez alternatif, au fond d'une ruelle. On doit frapper à la porte pour entrer.. Des bougies , des poutres basses, de rustiques tables en bois. Original. Je retrouve Nadya, sexy dans son tee-shirt Couchsurfing Sofia...C'est elle l'organisatrice . Très bonne ambiance. Rencontre avec une moldave étudiante à Sofia, un français qui a démissionné et qui parcourt l'Europe, deux informaticiennes bulgares, un ancien qui me parle de l'avant 1991...Bref de belles rencontres . Ces soirées permettent à n'importe quel voyageur ou nouvel habitant de se faire rapidement des amis en ville . Un très bon système. Nous rentrons vers 23H30 pour ne pas rater le dernier métro. Dommage, Liza n'aura pas pu venir. Sympathique soirée et encore une bonne rencontre de plus en couchsurfing. Il va falloir que je suive de près ces évènements, s'ils existent, dès mon retour dans mon coin de France.

Plus de photos de . Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.

Plus de photos de Rila

PLOVDIV

Jeudi 27 octobre

Je quitte Nadya après le petit déjeuner et prends un taxi pour la gare routière centrale. Très peu chers pour nous et tellement pratiques, je ne vais plus m'en priver. La gare routière est moderne et pratique. Je vais y attendre mon bus de 11h pour Plovdiv, deuxième ville du pays et deuxième étape de mon voyage. Après un trajet assez sauvage avec de grandes plaines, des forêts et toujours des montagnes au fond me voilà arrivé en début d'après-midi . Je retrouve assez facilement Srebrin qui habite en centre-ville. Très confiant, il sort de son boulot pour me montrer l'appartement et me donner les clés puis repart et me donne rendez-vous à 20 h ce soir! L'appartement n'est pas du tout vide et c'est un peu inconscient de tout laisser à un inconnu. Je dois avoir de très bonnes références, je ne sais pas. Une pause et je pars vite explorer la ville, sous un beau soleil. Le vieux Plovdiv a un certain charme: dédales de rues avec des pavés bien rustiques, de belles maisons un peu partout, peu de monde VIDEO. Premier arrêt: l'église Sveta-Nedelya, en rénovation. Dans un coin calme , entourée d'un petit jardin, peu de visiteurs y viennent vu le très petit nombre de cierges allumés. Il faut dire que l'intérieur est encombré d'échafaudages. Toujours une belle ambiance dans ces églises avec les icônes et les iconostases ( sorte de panneaux sculptés en bois vers lesquels on prie et qui traversent tels un mur l'édifice de droite à gauche....un équivalent d'autel de nos églises) . Non loin de là, quelques restes romains au milieu d'un carrefour. Je remonte ensuite vers la ville et atteins les fortifications, une porte et des maisons historiques faisant office de musée un peu partout . Toutes très belles , je les visiterai demain. Je poursuis ensuite vers le Nebet Tepe, colline sur lesquelles on voit les ruines d'Eumolpias VIDEO.

Le site est assez original. En arrivant et en voyant les autres collines de la ville on s'imagine à Rome à l'époque antique ou alors dans un quelconque tableau flamand où les ruines sont toujours exagérément belles et situées dans des endroits irréels. Je croise quelques jeunes qui se reposent en profitant de la vue, imaginant le nombre de générations d'adolescents qui ont du profiter de cet endroit pour se distraire ou flirter. En tout cas la vue sur la ville est superbe. On s'imagine mal la ville thrace d'y il y a 7000 ans mais on peut très bien par contre voir les immeubles et les usines ! Je redescends de là-haut , rencontre une petite place qui doit être bien pleine l'été car l'endroit regorge de vendeurs de souvenirs. Une deuxième église: Sveti-Konstantin-i-Elena. Mignonne mais vide. Un type lit pourtant la messe en tenue civile . Parfois un autre, habillé en religieux, lui répond de derrière l'iconostase VIDEO. En tout cas c'est bien différent de nos messes et cela me paraît bien ennuyeux: ton assez monocorde et pas de pause pour s'asseoir, chanter....Bizarre! L'heure est maintenant au déjeuner, il est 16H et j'ai le ventre vide. Depuis le départ, je mange assez bizarrement au niveau des horaires. Je trouve dans la rue piétonne une petite cafétéria qui sera à mon goût. Je repars ensuite voir le stade romain construit sous Philippe II de Macédoine ( entouré de barricades et en travaux, je ne vois presque rien), la mosquée ( un coup d'œil à l'intérieur, sympa) .Je remonte ensuite la rue Payko Daskalov jusqu'au fleuve. Au fur et à mesure que l'on s'éloigne cela devient de moins en moins chic. Le pont piéton pour traverser le fleuve est un Ponté Vecchio bulgarian style avec des boutiques de chaque côté masquant la vue. J'aperçois quand même un fleuve peu profond, avec des îles de verdures, un pêcheur..rien de bien joli en fait. Un petit tour à la mosquée Imaret puis je reviens vers le centre à la recherche de l'église Sveta -Bogoroditsa. Rien de bien spécial, boutiques quelconques et jolies filles. L'église est en train de fermer ( le soleil se couche) quand je rentre. Quoi dire? Comme les autres elle offre un décor agréable mais rien pour la différencier de celles déjà vues. Je vais ensuite rentrer dans l'académie de musique , de danse et de beaux-arts pour arriver en haut de l'amphithéâtre romain. Très protégé par quelques grilles , je profite quand même du spectacle . On pourrait se croire à Athènes avec les collines au fond. Bien préservé ou restauré, c'est un bel endroit pour un concert en été, définitivement. Je vais ensuite rentrer tranquillement à l'appartement par des ruelles pavées casse-chaussures, m'arrêtant acheter quelques fruits et rejoignant les places Stambolov puis Tsentralen VIDEO à la recherche de quelques ruines romaines. Il y en a mais rien d'impressionnant. Nous irons dîner avec Srebrin dans une pizzeria proche. Srebrin est un entrepreneur dans l'internet. Il a créé plusieurs site qui marchent bien comme une sorte de Meetic , un site d'achat groupé... On sent le patron quand il parle et je vais passer beaucoup de temps à l'écouter théoriser Facebook ou Google. De retour dans son appartement , dans un immeuble pas terrible mais rempli d'objets high tech : collection superbes de lampes, 2 écrans plats, livre électroniques, des télécommandes ultra modernes...Il télécharge en 5 minutes à peine ( une des meilleures connexions du monde en Bulgarie) un film " Collapse " que nous allons regarder tranquillement dans son confortable salon. Bon film sur la nécessité de stopper notre course à l'argent et à la croissance sous peine d'extinction massive de la race humaine. Instructif. Bonne journée dans cette belle ville . Beaucoup plus d'attraits que Sofia je trouve.

Vendredi 28 octobre

Enfin une vraie grasse matinée, je vais me lever à presque 11 heures! Et Srebrin le patron qui a bossé tard hier sera encore au lit quand je partirai. J'ai aujourd'hui hésité à bouger vers le monastère de Batchokovo puis j'ai eu la flemme et il y a encore pas mal de choses à voir en ville. Je veux d'abord aller au musée ethnologique mais la vieille ville reçoit un ou plusieurs groupes de gamins en sortie scolaire et je n'ai pas du tout envie de les suivre. Je me tourne alors vers la maison d'un riche marchand du XIXème siècle, Hindlian. Belle demeure bourgeoise avec son mobilier et ces peintures. . Sans totalement éviter les groupes je vais quand même apprécier . Photos interdites mais je vais voir les gamins courir partout , prendre des photos et hurler dans les pièces sous l'œil complice des accompagnateurs qui s'assoient même n'importe où. Pas très strict tout ça. Avec un ticket à 15Lv je vais avoir 6 sites du genre à visiter. Du fond de la cour on rejoint une autre maison historique, la maison Balabanov. On y retrouve un peu le même style ( même époque...) plus quelques expositions de photos contemporaines agréables sans plus. Je poursuis par la Dimitor Kirov's Gallery . Au début je l'imagine fermée mais en partant un vieux monsieur m'appelle, ouvre et allume tout . C'est pour dire l'activité du lieu. Toute une maison remplie d'œuvres du même peintre. Une figure de Plovdiv mort il y a peu. Je n'adore pas son style mais bon...tout est ouvert pour moi alors je vais quand même faire l'effort de tout voir . Pas de caméras, d'ailleurs je n'en ai vu aucune depuis ce matin. Je pourrais lacérer tranquillement toutes ces peintures sans problème. Bizarre. Je poursuis par la maison Nedkovitch VIDEO, que l'on va encore ouvrir pour moi. Agréable de se promener seul et et dans le calme au milieu de ces salles d'époque. Je termine par la maison Zlatyou Boyadjev, peintre de Plovdiv mort en 1976. Encore une fois seul avec la gardienne qui s'éclipse vite! Beaucoup de peintures de paysannerie en grand format . Je vais assez apprécier même si je préfère la précision du style hollandais. Il est temps de manger, je vais revenir à ma petite cafét sympa où je vais me régaler de soupe aux lentilles, poisson pané de qualité, poivrons farcis, œuf au lait...pour 4 euros! Je vais cette après-midi commencer par le musée ethnographique. Dans une belle maison forcément, un résumé de la vie des artisans et des paysans d'autrefois. Intéressante visite avec de nombreux objets et de bons commentaires.

Peu de monde, ambiance tranquille et en plus une très belle exposition temporaire sur la caricature. Je repasse à l'amphithéâtre romain ( compris dans mon ticket) un peu avant la fermeture. C'est agréable de s'y promener au coucher du soleil VIDEO. Chose amusante mais assez courante, je retrouve le groupe d'espagnols du Monastère de Rila. Les touristes se suivent et finissent souvent par se retrouver, c'est une constante dans mes voyages. Je termine ma journée par une montée à la tour de l'horloge . Proche de la rue piétonne les abords sont peu engageants avec de nombreuses façades délabrées ou taguées et quelques marginaux qui boivent...Un coin où je ne serais pas rassuré la nuit. D'ailleurs elle arrive alors je ne vais pas trop m'attarder. La vue de là-haut est assez jolie et quelques personnes en profitent. Vers 18h...plus rien à faire...je rentre tranquillement à l'appartement . Une journée très culture et vraiment agréable...dans le Paris des Balkans. Srebrin me propose ce soir d'aller écouter un concert rock dans un bar de la ville. Je suis assez crevé mais je me motive en me disant que j'aurai tout le temps de dormir à Dausse...en hibernation dans mon canapé. Je repars vite manger dans ma cafét puis nous partons avec Sreb et son ami Viktor Mazhlekov, un peintre local et de Maya (encore une charmante locale...) le long de la grande rue piétonne de Plovdiv. Toujours des gens qui fouillent des poubelles ...j'ai d'ailleurs donné un peu à une dame qui m'a interpellé dans une ruelle " help please I'm hungry ". Comment refuser avec mes poches pleines de sous! Dérangeant. La rue piétonne la nuit est assez jolie et calme , une petite rue Sainte-Catherine. On reparle du remarquable sous-sol de la ville si riche en vestiges. Le stadium pouvait accueillir 30 000 personnes ! Le concert de Gravity Co (10 Lev) aura lieu dans la partie discothèque du bar. Une gibson avec sa wah et son phaser, un clavier planant ou dance selon les moments , une batterie rock et un chanteur proche de son public. Un mix entre Daft Punk , Paradise Lost période électro ou encore un chant à la Placebo . En tout cas super énergique et vraiment prenant en live. De belles filles forcément...disons qu'à Plovdiv les mannequins en plastique des magasins se sentent un peu laides!
Très bonne soirée donc...je dis au revoir à Srebrin vers 1h du mat. La nuit sera courte...je prends demain le bus à 8h30.

Plus de photos de . Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.

Plus de photos de Plovdiv

VELIKO TARNOVO

Samedi 29 octobre

Réveil bien matinal . Sans bruit je quitte l'appartement , trouve un taxi pour la gare des bus nord de la ville ( environ 3,5 lev) et y attends un peu mon bus, un minibus en fait, qui sera bondé, pour 3h30 de trajet. Chose remarquable on va passer un col qui ne semble pas si haut que ça et pourtant. Il y aura de la neige sur les bas côté et en assez bonne quantité, signe d'un passage de chasse -neige ...au mois d'octobre! Bizarre d'autant que les sommets eux ne sont pas bien blancs. Arrivé à Veliko Tarnovo dans une gare routière excentrée (Zapad) je me rends en taxi au centre-ville (maaika bulgaria) . Pas super beau., j'y attends et mange dans une cafeteria populaire. Je rejoins ensuite Arnie qui rentre d'une formation pour son call-center. C'est un jeune belge qui ne trouvait pas trop de travail en Belgique et qui est tombé sur une annonce pour un job en Bulgarie. Il dit ne pas regretter son choix. Il habite au nord de la ville après une assez interminable succession d'escaliers. La ville est en fait bâtie entre vallée et collines et lui il est en haut. Montée assez champêtre sur la fin au bord d'un bois et bien sûr vue superbe depuis le balcon. Il est environ 3 heures, assez pour partir voir le principal attrait de la ville: la forteresse de Tsarevets. Un coup de taxi et me voilà au bout d'un rempart menant vers cette ancienne cité fortifiée. Attention, ne pas s'attendre à un Carcassonne bulgare. Les vues sur la ville seront superbes. On voit les méandres du fleuve, pas mal d'églises que je vais visiter ensuite, des collines assez abruptes et enfin la ville plus moderne . Joli spectacle. Je vais déambuler longuement dans les ruines VIDEO, monter à l'église (sans grand intérêt) , m'asseoir sur chaque pierre. Les ruines ne sont pas vraiment parlantes , le site est beau mais finalement pas mieux que Bonaguil. Sympa mais ne vaut pas le voyage. Je redescends ensuite vers le quartier d'Asenova, à l'heure où les églises ferment et où toutes les ruines s'illuminent en jaune. Le quartier est assez charmant avec ses mamies qui portent le bois, cette odeur de cheminée, ces chiens et chats un peu partout, ces vieilles maisons. Populaire et pas désagréable. Je vais passer en revue toutes les 4 églises du coin sans pouvoir y rentrer: soit elles sont fermées soit payantes...et j'ai vu assez d'églises depuis le début. Je rentre en taxi tranquillement là-haut sur la colline revoir Arnie. On attend ce soir quelques amis pour une soirée mi-solide mi -liquide. 1 couple et 2 étudiants ou jeunes actifs , de Macédoine et de Bulgarie vont se joindre à nous . Je savoure ces instants en imaginant où je me trouve. Loin , loin des hostels, un samedi soir à partager la vraie vie de ces habitants. J'adore. Du rakia (eau de vie locale), de la bière, de l'irish coffee ...ils consomment comme le font souvent les moins de 30 ans. Très sympathique ambiance nous parlerons beaucoup des problèmes de salaires en Bulgarie ( 300 euros pour le père chirurgien ) , de la ville de Veliko Tarnovo ( j'ai plusieurs guides pour moi tout seul), d'archéologie avec un des étudiants...Ils parlent tous bien anglais et sont tous fiers de leur pays. Ils me demandent, et ce ne sont pas les premiers, si je ne visite que la Bulgarie. En général les gens sont ici de passage entre deux pays prioritaires. Ils sont pourtant fier de leur pays. Même si c'est dur d'y vivre me disent-ils, ils comptent y rester. Assez crevé je ne suivrai pas Arnie en ville .

Dimanche 30 octobre

Un bonne grasse matinée...et un départ vers 11 heures en ville, laissant Arnie dormir tranquille. Je commence par une visite du parc Asenovski, dans une ville assez déserte. Le ventre vide, je sens que cela ne va pas être simple de trouver à manger dans le coin. L'accès au parc se fait par un pont jouxtant un assez horrible ancien hôtel luxueux. Bétons et style soviétique. Une statue monument (une de plus) et à côté un assez grand bâtiment que je crois fermé et qui est en fait le musée national des Beaux-arts. Franchement je n'ose même pas sonner tant il semble désert. Même ouvert je ne me vois pas errer seul là-dedans. Quel contraste avec les grands musées mondiaux qui se gèrent comme des fourmilières! Je reviens sur mes pas, remonte la rue principale(sans grand intérêt) en direction de la forteresse où je m'essaye un peu au stop. En fait l'idée de me retrouver dans une taverne d'Arbanasi, pour savourer un copieux repas, devient ma priorité et je ne vais pas tarder à prendre un taxi. Environ 3Lev (1,5 euros) ….pour les 3 km de montée . Le village d'Arbanasi surplombe la ville de VelikoTarnovo. Je me réfugie dans la Mehana Arbat, proche de la cheminée et me fait servir un gros bon repas: soupe de haricot, boeuf en sauce et frites. Très copieux et délicieux. Je savoure encore le bonheur de pouvoir me faire tant plaisir . A 2500 km de chez moi, seul dans mon restaurant, à me régaler en écoutant de la musique traditionnelle. L'argent ...En France je me sens parfois favorisé mais pas si souvent que ça. Ici oui! Et c'est vraiment savoureux .J'espère que ce n'est pas un orgueil caché. Après ce copieux repas, je vais passer une bonne partie de l'après-midi à me promener dans le village. Quelques remarques: celui-ci s'embourgeoise vraiment vues les voitures de grandes marques et la quantité de belles maisons et de chantiers. Cela est presque trop touristique à mon goût. Il y a un cap à ne pas passer. Quand on ne voit plus que les pancartes hostels, rooms, pizza...et plus de touristes que d'habitants on peut dire que l'on a cédé quelque chose de rare à l'industrie touristique: peut-être pas l'âme mais l'authenticité. Les points forts du village:les superbes vues sur Veliko Tarnovo ou le côté labyrinthique des ces rues. Il est d'ailleurs assez difficile de trouver toutes les églises, pas ou mal indiquées.


Je vais particulièrement aimer l'église Sveti-Atanassius et son petit cimetière. Je suis toujours impressionné par ces hommages aux morts , feuilles de papier accrochés partout et en particulier sur les portes des églises. On passe sa journée à déambuler au milieu de leurs visages et cela me fascine et m'émeut assez. Je vais d'ailleurs avoir beaucoup d'émotion à visiter le petit cimetière attenant à l'église. Comme hypnotisé par ses visages, ses sourires ...J'ai l'impression que tous ces gens me disent: on a vécu, nous ne sommes plus que des souvenirs, des images. Les plus vieilles photos, tombent s'effacent, les pierres s'écroulent...Je trouve la symbolique particulièrement puissante. On existe encore un peu dans les souvenirs des gens puis on finit par s'effacer lentement. Je reste longtemps à imaginer leurs vies et j'en suis assez bouleversé. Cette jeune femme souriante pour quelques années encore, morte à 28 ans...Je ressors de là avec encore une fois cette pensée obsédante que je refuse d'oublier. Je vais mourir. Je dois respecter ma vie et l'apprécier et encore l'apprécier, à sa juste valeur. Qui est immense. Ce cimetière est ma meilleure leçon de philosophie. Je vais ensuite voir un ou deux monastères Sveta-Bogoroditsa et Sveti-Nikolaï. Petits mais sympas. On voit l'endroit où vivent les sœurs et on en croise quelques unes. Toujours ces petites églises avec les cierges et les icônes etc... Les autres églises de la ville, payantes, 6 lev chacune ne m'attireront pas plus que ça. A chaque fois les gardiens sortent de nulle part avec un clé à la main...mais non ,je décline leur offre. Payer pour une église...pas envie aujourd'hui. D'un coup de stop (très facile...première voiture) je me retrouve près de la forteresse pour terminer ma visite de Veliko Tarnovo. D'abord un vieux quartier en face de la colline Trapezista (belles vues depuis l'église Sveta-Bogoroditsa) VIDEO. J'y aborde un curieux musée archéologique. Je me retrouve dans une entrée assez confidentielle , pensant vraiment que le musée est fermé . C'est pas possible. Pas une lumière, personne qui rentre ou sort, pas un bruit. Et puis une gardienne qui ouvre la porte, incroyable apparition. Je suis sûr qu'en le visitant aujourd'hui elle aurait commencé par m'allumer toutes les lumières. Voire même enlever les draps blancs qui protègent les œuvres! C'est assez rare dans les autres pays pour le remarquer.

Les musées en cette saison semblent en semi hivernation. Sentiment très bizarre. Je vais ensuite remonter une des,sinon la, plus vieille rue de la ville: général Gourko. Jolie avec ses vieilles maisons surplombant la rivière ou avec ses papis et mamies qui discutent. Un petit magasin de souvenir à la fin sera de trop! Vite , visitons avant l'invasion des pancartes et des toilettes !Je poursuis ensuite par le complexe Samovodska Tcharshiya, centre de l'artisanat . Rien ne m'attire trop sauf un petit café à l'ancienne dans lequel je m'avale un turkisher ( avec poudre au fond de la tasse) et quelques douceurs . Le quartier de Varosha est assez séduisant avec ses rues en pente et son cachet. Des rues qui montent vers les collines façon favelas, un petit côté Alfama de Lisbonne parfois, je vais aussi y apprécier les quelques églises ou monastères rencontrés. Se perdre aussi , rebrousser chemin pour arriver la nuit tombée à l'appartement. Finalement une bien belle journée. Pourtant ce matin ce n'était pas gagné et j'ai même pensé un moment partir plus tôt pour passer la nuit ailleurs. Je ne croyais pas au potentiel de la ville et ne voulais pas gâcher une journée sachant que demain, à Sofia, j'allais faire un peu de remplissage temporel. Finalement j'en ressors heureux . Mon choix de rester au moins deux nuits à chaque étape s'avère payant. On se sent moins touriste quand on a comme un chez soi, une adresse. On s'imprègne un peu plus et une fois la visite des sites effectuées on se paye un peu de ce qu'est la vie locale. Celle qu'on aurait si on habitait ici. Je trouve cela bien moins superficiel que l'accumulation à outrance des visites qui de toutes façons ne s'imprimeront guère dans notre mémoire. Ressentir une ville, dormir, s'y réveiller, s'y perdre me marque un peu plus. C'est l'esprit un peu de ce voyage. Prendre le temps de s'imprégner avec des choses simples. Arnie passe sa soirée à jouer aux jeux vidéos, j'écris et profite . Demain la capitale, le retour. Très bon moral, voyage instructif.

Plus de photos de . Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.

Plus de photos de Veliko-Tarnovo

Lundi 31 octobre

La journée commence par une erreur: durant la nuit on a changé d'heure et je me trompe en réveillant Arnie bien trop tôt, pensant que nous allions rater l'horaire. Une heure à attendre dans le silence de sa salle à manger. Superbe temps, quelques gelées dehors. D'un coup de taxi il me dépose en ville, m'aide à trouver un bus pour Sofia ( près de l'hôtel Etar) puis s'en va travailler. Le trajet pour Sofia sera encore une fois marqué par les très beaux panoramas rencontrés. Sur Terre ou depuis les airs la Bulgarie en dehors de ces villes reste très nature et photogénique. Deux films dont un " Midnight in Paris " de W.Allen et me voilà à la gare centrale. J'en avais oublié les taxis véreux. Le premier n'a pas son compteur et me demande 10 ou 15 Lev pour me rendre à l'université de Sofia! Déjà assis je ressors du taxi et en essaye un second. Même scénario....Excédé je quitte la gare, marche 400 mètres , réveille un chauffeur à l'allure sympathique et m'en tire pour 3,4 Lev! J'ai rendez-vous avec Liza devant l'université. Attendant au milieu d'un joli parc décoré de sculptures et écoutant un joueur de cornemuse locale. Beaucoup d'énergie dépensé pour un maigre gain je suppose. C'est avec plaisir que je la retrouve pour aller déjeuner dans un sympathique restaurant proche (encore un nouveau plat ( saucisses ….) et encore une note peu salée). Je me redis vraiment qu'en France on exagère sur les prix. Il est bon de réfléchir dans quel pays on a la meilleure qualité de vie. Ici avec un salaire français, on vit vraiment les attraits d'une capitale. Quelques achats de cartes postales , un passage à la poste et je laisse Liza rejoindre son travail. Elle me laisse son unique jeu de clé. J'apprécie sa confiance. Un peu de repos. En fait je n'ai pas grand chose à faire aujourd'hui sinon acheter quelques souvenirs. Je me décide alors à mon ultime balade dans la ville. Sentiment étrange d'être là depuis des semaines. Je réalise à peine que la finale de rugby était il y a 8 jours. La relativité du temps est ici évidente. Incroyable comme notre horloge biologique peut ralentir lorsqu'on est dans l'action. Je n'ai pas d'explication mais le temps biologique est bien plus qu'une mesure , c'est une sensation bien subjective dont les règles restent à découvrir. Je me promène alors remontant vers le marché des femmes, savourant vraiment mes dernières heures. J'adore ces dernières journées de voyages, marquées par la tristesse de quitter le pays et l'excitation d'un départ. C'est plus ça, une excitation d'un nouveau départ plus que la joie de retrouver mon pays. Le marché des femmes m'apportera tout ce que je recherche: du miel, des épices et des herbes pour tisanes. Toujours ma philosophie de ne plus rapporter d'objets inutiles. Je rentre ensuite tranquillement, profitant des monuments éclairés.
Nous passerons notre dernière soirée dans un sympathique restaurant turc, assez heureux de me faire guider . Longue discussions sur nos comportements amoureux, sur nos envies , nos couples. Dialogue à cœur ouvert comme je les aime. Dr Love contre Dr Love. Fille très intéressante et qui est pour beaucoup dans ma très bonne image de ce voyage. On hésite à se rendre à la soirée Halloween organisée par la communauté CS. Un bar enfumé et des jeunes qui dansent: cela ne m'attire pas forcément. Je rejoins mon canapé et les stores levés vers la ville éclairée je profite de ma dernière nuit au son de mes musiques préférées. Planant! Au réveil je prendrai un dernier petit déjeuner avec Liza . Elle m'appelle un taxi. Embrassade et remerciements sincères. Invitations futures. Au revoir Sofia.

CONCLUSION

Peut-être un cap à franchir dans la vie d'un voyageur. Celui d'où l'on arrive à apprécier tout ce qui se présente à nos yeux. Peu importe la destination, le seul fait de voyager devient l'acteur principal de ce petit film de vie que l'on s'offre. Le reste n'est qu'un décor. La Bulgarie, bien qu'observée de manière rapide ne m'a pas offert les plus beaux sites ou musées. Il n'y a pas eu de moments de grâce face à l'immensité de telle vue, ni face à la visite d'un site majestueux. Ni trop ce transport temporel que je recherche le plus souvent. Et pourtant j'ai énormément apprécié ce petit bout d'Europe de l'est. Il ne faut pas chercher trop loin l'explication: ce sont les gens et les rencontres qui en sont la cause. Le ressenti d'un voyage tient à peu de choses. Je m'imagine seul ici dans mon auberge, ne parlant que pour acheter, et l'ennui deviendrait la norme. Je me noierais dans mes pensées , réfléchissant le plus souvent à un meilleur futur, à ce que je ferais en rentrant, oubliant de savourer le présent. Je repense à mon séjour en Hongrie où j'avais souffert d'une certaine solitude ...mais les sites visités et les atmosphères étaient beaucoup plus marquants qu'ici ce qui avait rendu l'ensemble très agréable. Ici et c'était le but premier, j'ai pris le temps de vivre avec et comme les Sofiotes. Passer par exemple une journée sans visite ni musée . Rien que vivre et ressentir la ville. C'est assez nouveau pour moi. Je m'éloigne bien plus à chaque voyage de l'accumulation de lieux à cocher. 3 villes et un monastère pour 10 jours. Mais à chaque fois des rencontres enrichissantes avec les locaux. Connaître le pays passe par un mélange équilibré du patrimoine historique et de celui, humain, souvent délaissé par le touriste. Il reste beaucoup de plaisir, un confort moral et un sentiment de bien être .Finalement je conclus ici plus sur le plaisir du voyage que sur le pays en lui -même. Mais que vais-je donc répondre à la question toute faite que l'on posera sûrement dès mon retour : " Alors c'était beau? ". Ce n'est pas dans ce sens que j'aurais envie de parler de la Bulgarie.

LE POUR: le rapport qualité-prix, la facilité à voyager, la tranquillité de la hors saison, la gastronomie goûteuse et peu onéreuse, Liza et les autres logeurs, le rythme aéré choisi, le climat, la nature omniprésente, la proximité et les différences culturelles, le charme slave.

LE CONTRE: la difficulté de communication, les musées un ton en dessous, un charme moins évident que parfois en Europe.