CALIFORNIE

INTRODUCTION

Pourquoi la  CALIFORNIE ?

La Californie ! C'est A)une chanson  d'un chanteur au  ton chevrotant B) un état prospère en équilibre sur une faille géologique, écologique et inégalitaire C) un rêve pour des générations d'immigrants et d'acteurs. Pour moi ce fut d'abord une circonstance favorable, une surprise , une occasion,, en un mot un bon plan. J'étais en train d'affoler les moteurs de recherche, en ce mois de juillet 2016, cherchant désespérément une destination pour mon été quand une apparition divine ( si l'argent est un Dieu, ici il l'est !) me redonna espoir et foi : j'allais avoir un projet au milieu de mes doutes. Elle apparut: sous la forme d'une alerte prix pour un aller-retour Toulouse-Los Angeles, pour les vacances de février , dans des horaires parfaits pour 345 euros. Un prix qui a ce moment  me permettait d'aller aux alentours de la Grèce, pas beaucoup plus loin. Un coup de fil à la famille « Vous faites quoi en février ? »et moins de 3 heures après nous achetions 6 billets. Ce voyage n'était donc ni prévu, ni programmé , ni attendu. Il était avant tout opportuniste.Bien sûr je m'étais toujours dit que  je visiterais cet état mais cela restait coincé avec les priorités de 3ème rang. Le mythe était maintenant à portée de main et c'est avec une certaine excitation que nous réalisions que nous aussi nous aurons notre part du Golden State, du rêve américain. Le vol réservé, il ne me restait que 7 mois pour tout organiser, un record pour moi je pense. Fidèle à mes habitudes  de Slow Traveller , je ne souhaitais pas « faire » la Californie en 2 semaines, ni sortir de l'état vers le Grand Canyon, Las Vegas...Il y avait assez de clichés à disposition sans passer son séjour en voiture .Tout le monde a son idée sur ce qu'il faut voir depuis Los Angeles et un tas de  blogs et de voyageurs pressés  conseillent de ne rester que  très peu de temps en ville.Nous déciderons le contraire. En évitant Mickey et les parcs d'attraction, nous prévoyons  6 jours en ville, un peu surpris par les commentaires de ceux qui disent qu'il n'y a rien à voir. Nous verrons . Ce n'est pas hypothétique  , c'est une certitude tant sur le papier la ville semble offrir de loisirs  loin des superficialités annoncées. Je me méfie de ces analyses. Il y a aura ensuite des parcs  et de la nature bien sûr, 3, la Vallée de la Mort, le Désert Mojave et le Parc de Joshua Tree. Et le Pacifique enfin avec peut-être une rencontre avec Mitch Bucchannon ou peut-être quelques  baleines grises en migration. Voilà le plan et l'organiser pour 6 demandera quelques heures de recherches en amont et un gros dossier de réservations, de plans imprimés dans le sac et d'emails échangés.

Je ne dirais pas que j'étais très excité  à l'idée de partir. J'avais l'habitude de passer mes vacances d'hiver dans les pays du nord, dans le silence et le froid , à la découverte de coins vraiment déserts hors saison. Cette fois le voyage ressemble avant de partir à un circuit touristique, de qualité et sur -mesure, mais évidemment sans la petite part d'aventure et de poésie, qu'apportent les voyages hivernaux du nord de l'Europe. Je vais aimer , c'est une affirmation fort probable, mais je me sens peut-être plus touriste que d'habitude. Il n'y aura pas de canapés  à surfer ni de  découvertes avec les locaux, et je vais parler ma langue 90% du temps .  C'est une façon différente de voyager.

Le départ arrive donc sans stress, avec pour seule réflexion, la constante et alarmante fuite du temps par laquelle 7 mois se sont écoulés depuis un achat qui semble si proche.

Alors un soir il faut fermer la porte, couper l'eau et le gaz, et foncer vers un de ces hôtels pour voyageurs aux abords de l'aéroport de Toulouse, toujours plus grand et neuf, mais très calme en soirée.

 Il faut trouver difficilement le sommeil avant un vol très matinal puis, à  7H30, après quelques erreurs de timing et un gros stress devant les portes d'embarquement en train de fermer nous réussissons à embarquer pour Londres. Moi qui supporte souvent si difficilement les départs, je trouve celui-là particulièrement relaxant. Le vol British Airways est un plaisir comparé aux Low cost qui sévissent un peu partout, le Terminal 5 de Heathrow est un modèle d'organisation , de calme et de propreté.  De derrière les vitres j'aperçois un Airbus A380, qui n'était pas prévu au départ.  Autant dire que c'est une première pour nous et nous serons impressionnés par son confort, depuis le calme de l'étage supérieur. Le repas est de qualité, on nous nourrit régulièrement de snacks et tout est si calme. Je suis très surpris tant j'ai connu de vols longs-courrier où le stress était palpable . Ici je me crois en première classe. Profitant des vues magnifiques sur la pointe sud du Groenland, nous passons le cap du Labrador, survolons la baie d'Hudson .  Je passe mon vol à suivre la trace de l'avion sur l'écran.  Nous survolons Abakan ? Qui ira là-bas un jour ?Autour de moi les gens préfèrent les DVD, tous les hublots sont fermés et nous dérangeons tout le monde en préférant observer la banquise vue du ciel. Mais il n'est pourtant pas l'heure de dormir ! Peut-être que les gens tolèrent encore mais dans quelques temps je crois bien que les remarques et les insultes fleuriront. Celui qui voudra voir ira se faire voir ailleurs, nous nous avons une tablette et des films gratuits et nous comptons bien en profiter. Fermer les rideaux Monsieur et regardez votre écran, comme tout le monde! C'est ça le voyage non?

PLAN DU VOYAGE

Voyage en famille , avec Caroline, Thierry, Anne-Marie, Cléa et Alice,  du 19 février au 5 mars 2017.

La ville d'entrée et de sortie sera  Los Angeles.  Après une visite de cette ville pendant 6 nuits  (Santa Monica, Venice, Hollywood, Downtown ...)  avec quelques musées et les sites incontournables, nous ferons un  circuit  nature vers les parcs nationaux du sud de l'état: Vallée de la Mort, Mojave et Joshua Tree ( 3nuits).  Nous passerons 2 nuits à Palm Springs entre canyons désertiques et montagnes enneigées pour rentrer par la côte vers L.A. En chemin, nous en profiterons pour aller voir les baleines . 

PERIODE :
Au niveau du climat  nous avons été assez chanceux. La veille du départ de grosses inondations bloquaient la ville , noyant au moins une personne, alors qu'un barrage menaçait de se briser un peu plus au nord. Nous avons eu un premier jour sous la grisaille et les Gore-Tex étaient bien utiles.  Nous avons eu parfois froid comme le soir au sommet de l'observatoire Griffith ou dans le Désert Mojave mais dans l'ensemble ce fut grand soleil et chemise pour tout le monde. J'avais hésité à prendre une veste fourrée, elle ne m'aurait pratiquement jamais servi. Par contre on manquait de chapeaux, crème solaire et lunette de soleil et avons du acheter sur place.  Même dans la montagne à 2600 mètres et dans la neige l'atmosphère était printanière .


Pour en savoir plus sur le climat et les bonnes périodes , voir sur le site de quand partir sur la Californie. 

Au niveau fréquentation on est en basse saison  pour la ville et en haute saison pour les parcs désertiques.
Franchement on n'a pas été gênés par les touristes.  Un peu de monde le soir à l'observatoire, ou devant le Dolby Theater mais la plupart du temps nous n'étions entourés principalement d'américains. Dans certains musées comme au musée de l'ouest, nous avons, une fois les scolaires partis, eu le musée pour nous  tout seul.  Dans les parcs, il y a certes d'autres visiteurs mais vu la taille des lieux ce n'est pas si gênant.  Et puis si l'on veut être seuls il n'y a qu'à  marcher un peu plus et là tout devient tranquille.



NIVEAU :

Facile mais...

Pour peu que vous parliez un peu anglais il est aisé de se débrouiller   dans ce pays pourtant je ne dirai pas que c'est un voyage très facile.
D'abord il y a le problème des transports. Vous devez avoir une voiture à Los Angeles et pour visiter les parcs. Et franchement sans Thierry cela aurait difficile pour moi, conducteur de village. Se repérer tout seul dans cet entrelas de routes et d'autoroutes, se garer etc...me semble assez pénible. Il faut bien mâitriser la conduite sur des 2x8 voies par exemple. 
Il faut ensuite un gros travail de préparation car on ne visite pas Los Angeles comme Prague, en arrivant dans le centre et en suivant la carte offerte par l'office du tourisme. Vous devez anticiper et réfléchir à tous vos déplacements pour éviter de passer son temps en voiture. Il faut aussi bien observer la carte pour trouver les endroits les plus judicieux pour dormir. Il faut ensuite réserver à l'avance les hébergements sous peine de ne rien trouver dans le désert ou de payer le double en ville.  

Niveau physique...rien à dire.   On passe beaucoup de temps en voiture et même dans les parcs on peut voir beaucoup sans trop se fatiguer. Ensuite il est moins facile de se faire des pauses n'importe où comme dans d'autres pays. Dans certains quartiers il faut marcher et marcher pour trouver  un café  et ne rêvons pas, nous n'avons vu aucune boulangerie ni aucun salon de thé pour se faire plaisir au coin de la rue.

Niveau hygiène, pas une seule alerte de santé.  C'est  sain même si on nous a parfois déconseillé l'eau du robinet.  Attention peut-être aux piqures d'animaux ou de plantes dans les déserts.  

Aucun  sentiment d'insécurité sauf le soir sur la promenade de Venice  ou dans Downtown .   Il y a pas mal de sans-abris qui , si ils ne semblent pas inquiétants , sont parfois agressifs, du moins entre eux. Le soir, dans ces coins là, on ne traînait pas. Des policiers sont quand même là un peu partout à patrouiller. 


HEBERGEMENT ET BUDGET (2017) :

Le voyage m'est revenu à  1200   euros pour 14 jours ( 340   euros d'avion ,10 euros pour le guide , 850 euros de transports,parking, hébergement et nourriture sur place ) ce qui  est  très peu cher  je trouve, à peine le prix du billet au mois de juillet. 

Pour trouver un hébergement c'est assez simple aujourd'hui avec AirBnb ou Booking mais cela prend pas mal de temps en amont. Pour une fois, vu la configuration familiale du voyage, je n'ai pas cherché de canapé.  Pas de Couchsurfing cette fois, ce qui augmente forcement énormément le budget. 

 La moyenne des chambres  utilisées  était  entre  130 et 180 euros  par nuit , pour 6,   avec le petit déjeuner parfois .  A ce prix,  on a eu du très bon et du moyennement confortable.  De toute façon on est là dans la frouchette basse des prix observés sur place.  L'hébergement coûte cher en Californie et sera la part la plus importante de votre budget. 
Sur les entrées de musées, j'ai privilégié ceux qui étaient gratuits et qui nous  intéressaient. En jonglant aussi sur les horaires on peut voir beaucoup sans payer (Getty Center et Villa, The Broad, El Pueblo de Los Angeles ) .  J'ai aussi eu des bons prix sur le site de Groupon américain  comme pour le musée de l'ouest américain ou la sortie baleine. 
Sur les transports,  on a loué une super voiture très confortable pour 550 euros pour 2 semaines ce qui est très peu cher. L'essence est aussi bien moins chère qu'en France. Au premier arrêt on n'a mis que 40 dollars. Les parkings peuvent être chers (10 dollars pour 2 heures) mais partagé en 4 , cela reste raisonnable. 

Pour nous nourrir,  nous avons parfois du mal à trouver  de bons produits. Nous faisions les courses dans les supermarchés comme Ralph's , parfois dans des épicerie bio ( hors de prix) . On ne s'est pas franchement régalés.  Beaucoup de sandwiches  à la dinde et de guacamole le midi. 
En général, les petits déjeuners  offerts par les hôtels nous  tenaient jusqu'en milieu de la journée. 
Pour les restaurants, on a essayé quelques burgers plutôt bons et des BBQ , pas hors de prix mais on s'en lasse vite si on n'est pas un viandard passionné. 
A la différence d'autres voyages, je ne mangeais pas sans réfléchir et sans me priver, tout étant très cher dans les endroits un peu chics ou branchés. Finalement on a plus souvent observé que consommé. Au final, un voyage peu plaisant  au niveau de la cuisine.

 Nous n'avons rencontré aucun marché de poissons ou de fruits. Le rapport à la nourriture me semble bien éloigné du nôtre , avec nos marchés dans chaque village.  

Pour préparer ce voyage j'ai utilisé :

SITES GENERALISTES

  • le site du Routard . Toujours une bonne base pour choisir sa destination et j'ai bien aimé leurs remarques.
  • le site officiel de l'office du tourisme de  Californie . Très bien fait. Une mine d'informations. Utile pour trouver un itinéraire.
  • le site du Lonely Planet.  
  • le site du Petit Futé
  • le site du Guide Vert . Assez clair pour trouver les sites remarquables. 
  • un site très bien fait pour trouver les parkings .  ​
  • Je conseille enfin quelques  lectures comme "Souvenirs d'enfance et de jeunesse " de John Muir, le père des Parcs Nationaux américains ou encore "Demande à la poussière " de John Fante, sur le côté bas-fonds de la ville en galère. 

 ​LOS ANGELES 

Vue depuis ma chambre à Zadar
Quelques magnifiques vues sur les montagnes enneigées entourant la ville de Los Angeles, un passage impressionnant au dessus du désert Mojave , les gros bateaux au loin sur le Pacifique,  puis j'aperçois au loin le panneau Hollywood accroché à la colline. Nous y sommes, la ville surprend d'abord par son horizontalité. Très peu de buildings hormis ceux, au loin , dans Downtown. C'est large , plat , immense et finalement peu dense.  L'aéroport LAX est confortable, aéré et bien sûr efficacement dirigé. De gros drapeaux américains fleurissent un peu partout, mais ici pas question de se moquer, surtout pas avant d'avoir franchi l'étape de la douane. Empreintes oculaires et digitales, questions orales...nous passons le test. Nous voici admis en Amérique.


Nous louerons bientôt notre Dodge caravan un peu à l 'écart de l'aéroport. C'est rapide, efficace, autant que pour louer un vélo chez nous. Le trafic est fluide, le revêtement de plaques de bétons mal jointes un peu destroy et c'est très facile de circuler une fois le GPS bien réglé. Dans une ville en mouvement rouler est finalement plus simple que se garer. Nous chercherons un bon moment, demandant par-ci par là des prix nous semblant un peu trop élevés, essayant de trouver un bout de trottoir libre ...Mais entre les horaires pour le nettoyage, les temps limités , les couleurs au sol et le côté un peu malfamé de certains endroits avec de nombreux campements de SDF nous prendrons l'option sécuritaire sur la parking gardé du front de mer. Notre hôtel est très agréable, donnant directement sur la promenade de Venice Beach, sur la plage, ses palmiers et sur l'océan.

Nous ne résisterons pas au plaisir de toucher enfin cet océan mythique mais nous résisterons à la fatigue pour une courte visite de la promenade avant de tomber de fatigue avant 20h.

Venice Beach, la marginale

Cathédrale St Venceslas


Un endroit vraiment particulier, pas du tout glamour,  et réputé pour ses marginaux et son ambiance révoltée. Des tatouages, des muscles, des sans abris, bienvenu à Venice.
Au petit matin, de nombreux sportifs courent ou font du vélo le long de la promenade ou sur la large piste cyclable qui longe la plage. C'est encore assez calme mais rapidement les naufragés de la nuit se réveillent.


Des bandes se forment, ils s'invectivent entre eux, ils rassemblent leurs maigres affaires et tentent de survivre une journée de plus. Alors s'installent des petits stands de tatouages au henné, d'artistes, de musiciens, qui vont animer la rue jusqu'à la nuit tombée.

Sur la plage les postes de maîtres nageurs ouvrent, les gros 4X4 rouges se garent, et les sauveteurs s'échauffent les pectoraux, près à partir pour un sauvetage. La mer est souvent bien formée et quelques surfeurs profitent des lieux sans qu'il n'y ait foule. Pas un bodyboard en vue.

D'autres boutiques plus officielles ouvrent leurs portes. Un tas de tee-shirt avec des imprimés allant du vulgaire au classique aigle indien attendent les touristes. Des fast-foods peu attirants, des Docteurs Green, boutiques remplies de feuilles de cannabis, on ne sait pas pourquoi, un freak-show...rien de bien intéressant pour moi.




Et puis il y a Muscle Beach, le temple du bodybuilding et du fitness, depuis 1934, et encore plus depuis que Arnold s'y entraîna régulièrement à sa grande époque. C'est une sorte d'enclos en plein air où un tas d'appareils un peu (beaucoup) rouillés attendent les gros bras pour les faire bouger. Pour 10 dollars par jour, n'importe qui peut y avoir accès. Autour, des gradins permettent aux badauds d'observer les Apollon de la fonte. Des plaques scellées dans le béton célèbrent les illustres anciens : Lou Ferrigno, un autre « le premier aux biceps de 21 pouces !». En face un magasin de protéines et un musée du Muscle mais pas de sportifs à cause de la pluie.







Dans les environs, des agrès de gymnastique (barres fixes, barres parallèles, anneaux) , permettent aux quidams de s’entraîner et aux touristes moins agiles de s'essayer .


Un peu plus loin, le skate park est aussi un mieux mythique mais, avec la pluie, il est désert.

En suivant la promenade le style change un peu. Les maisons deviennent très chics. Celle de Gehry, célèbre architecte local, en forme de cube sur un pylône, est remarquable.





Sur le pier, grande jetée sur pilotis, les promeneurs observent les surfeurs avec un point de vue imprenable. S'avançant loin vers l'océan, elle permet aux novices de suivre les évolutions des sportifs, spectacle impossible du bord.





L'endroit est aussi prisé le week-end des pêcheurs, même si de nombreux panneaux déconseillent de manger certains poissons carnassiers, peut-être trop riche en polluants.


Nous quittons la plage pour le quartier des canaux, car ne l'oublions pas Venice, à l'origine, c'était un petit Venise avant que les automobiles n'obligent les autorités à combler certaines voies d'eau. Un quadrillage de canaux, des petits ponts en bois, et autour, des maisons toutes originales, créatives, repère de gens relativement fortunés. Ils ont leurs pédalos, leurs canoës devant leurs portes, des cuisines d'étés, des barbecues, des jardins fleuris et de belles voitures dans leurs garages. Un endroit très beau, très plaisant, calme et odorant à deux pas de l'océan. D'ailleurs, on y croise un surfeur, sortant de chez lui la planche sous le bras. La belle vie.


Enfin sur Abbot Kinney, des magasins branchés attendent les hipsters, la jeunesse mange des brunchs bio. Nous nous cherchons, en vain un supermarché, une boulangerie, une épicerie... L'échelle est différente de la nôtre, pas question de descendre de chez soi pour trouver un artisan charcutier. Et ce que nous trouvons n'est pas de qualité, et hors de prix.

Santa Monica, la  bourgeoise 

Plus au nord, la transition est assez rapide et brutale. Finies les boutiques destroy, place aux beaux hôtels coloniaux, aux belles résidences face à la mer et à une bourgeoisie bien loin des préoccupations de leurs pauvres voisins. Les immenses parkings, quasiment vides, nous donnent une idée de ce que doit être l'endroit en été. Des tas de filet de beach  volley attendent la saison, mais le sport ne s'arrête pas. Certains marchent sur des fils, d'autres se balancent d'anneaux en anneaux ou font des pompes. Les Californiens aiment le sport, c'est une évidence.
De Santa Monica, nous retiendrons le shopping sur 3rd street ou Santa Monica Boulevard. Mais, bon, cela manque d'âme et rien n'est intéressant pour nous avec le dollar haut et leurs taxes multiples. En fait nous sommes ici un peu spectateurs et non acteurs. Normal au pays du cinéma. Les gens consomment et nous, on les observe consommer. On peut le dire, c'est quand même drôlement cher tout ça et je sais dès lors que ce ne sera pas un voyage plaisir comme mon dernier séjour en Pologne par exemple. Je me demande comment survivent ces sans-le-sou au milieu de toutes ces tentations et ce rapport décomplexé à l'argent.
 L'attraction principale est quand même le Pier, célèbre pour avoir été foulé par Forest Gump lors de son périple et pour d'autres raisons moins commerciales peut être. Cherchons bien...c'est ici que le dessinateur E.C.Segar s'inspira d'un marin local pour créer son personnage de Popeye dans les années 30. Encore trop commercial ? C'est ici que derrière deux petites portes un peu fatiguées se situent les capteurs qui évaluent la hauteur des marées et qui pourraient savoir avant tout le monde l'arrivée d'un tsunami. Des panneaux sur la plage indiquent d'ailleurs le chemin à suivre en cas d'alerte. Disons que le Big One, le séisme dévastateur est attendu pour les années à venir.  C'est aussi la fin de la Route 66, ce n'est pas rien quand même.


Cathédrale St Venceslas
Sinon l'endroit est célèbre pour ses attractions : grande roue colorée, grand huit et autres machines à frisson, sa vue sur la mer, forcément, ses glaces, sûrement.  C'est une fête foraine sur pilotis, rien de plus. Bon enfant et agréable, surtout en soirée avec les illuminations.


Après nos deux premières nuits, nous quittons la côte, trouvons enfin de quoi relativement bien manger chez Ralph's , grosse chaîne de supermarché et filons vers notre nouvelle étape, à Hollywood.



Quelques    ​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​PHOTOS  en plus de  Venice et Santa Monica.

​Westwood: culture et repos eternel

Cathédrale St Venceslas
-UCLA (Université de Californie à Los Angeles):  Immense ville dans la ville, 42 OOO étudiants s'y serrent la ceinture pour payer les droits d'entrées et s'y serrent tout simplement pour étudier entre les très nombreux buildings des différentes facultés. Les abords sont déjà chics, avec le quartier de Bel Air, les voitures souvent luxueuses, les profs roulent parfois en Porsche flambant neuve, et ils en imposent avec leurs costards  et leurs barbes blanches.

 On va s'y  promener  du Nord au Sud en slalomant au milieu des buildings.





Cathédrale St Venceslas

Ce qui me frappe :

• tous ces jeunes le smartphone en main, les écouteurs aux oreilles en mode zombie, si loin de mes années à Birmingham ou à Bordeaux. Certains heureusement lisent encore par-ci par-là, assis sur les nombreux bancs confortables, ou dans les niches en pierre de certains bâtiments anciens. Attention ! Rien à voir avec le lustre et la patine des universités anglaises. Ici le vieux est neuf, début XXème. Ce qui enlève bien sûr beaucoup au charme de l'endroit. Entre deux cours, à l'heure de pointe, les allées ressemblent à une véritable fourmilière. Je me dis que là est censée se trouver la future élite, je n'y vois que des moutons clonés, le cerveau déjà à moitié dans leur main, dans un rectangle en métal. Les filles portent le collant noir très serré, le sac à dos, les garçons le même sac à dos ...mais sans collant.

• le jardin botanique : très agréable, avec son petit bassin au milieu, ses écureuils chapardeurs, ses tortues, ses plantes tropicales ou désertiques. Il semble que tout pousse bien en Californie, tant les quartiers de la ville nous impressionnent pas la luxuriance de la végétation, quand le béton lui laisse un peu de place pour s'épanouir.

• Quelques beaux bâtiments comme les Royce et Haines, photogéniques et imposants depuis la Bibliothèque Powell, hispanisante, juste en face, dans laquelle nous jetons un œil à la salle de lecture, bondée et agréablement décorée. Des étudiants avachis dans des larges fauteuils nous regardent passer avant de s'endormir sur leurs cours.




-Tombe de Marilyn Monroe : Petite escale dans le petit cimetière  de Westwood Village Memorial Park, calmement étendu au milieu des immeubles dans le quartier de Westwood.  Une plaque sur un mur, quelques baisers au rouge à lèvre, des petites pièces déposées, des fleurs et même un gerbe en l'honneur de l'actrice pour la St Valentin. Je reste là devant une plaque, devant la star planétaire qui n'est plus. C'est étrange ce vertige face à la présence -absence pour s'exprimer dans le style de Jankélévitch. Elle est là mais pas là. La séparation de l'âme et du corps n'est pas pour moi un problème si clair. Qu'en penserait Descartes ?
Endroit agréable, on cherche les tombes de gens célèbres. Je tombe par hasard sur Bob Crane de Papa Schultz, Jack Lemmon, Peter Falk, Karl Malden...mais on ne le trouvera pas tous. Ces acteurs prennent racine, dans le sol comme dans ma mémoire. Ils ne sont plus simplement des noms, voir leur tombe me  les rend réels.


Beverly hills , repère de milliardaires

Quartier assez hallucinant avec une concentration unique de maisons toutes plus grandes et pompeuses les unes que les autres. Ici  les voitures de luxe défilent sans que personne, sauf nous bien sûr ou alors les autres touristes entassés dans les  minibus des tours pour suivre les stars, ne les remarque. Un portail s'ouvre et un employé de maison rapporte un paquet. Un peu plus loin une dame promène les chiens  d'autres dames qui n'ont pas la  tête à cela. Les haies, les portails, les portes d'entrées, le calme des allées, le style des jardins...tout est assez différent de chez nous. C'est un luxe plus ostentatoire, plus grandiloquent souvent mais parfois aussi de très bon goût. En levant les yeux vers le haut des collines on aperçoit d'autres villas encore plus incroyables.  Dans Rodeo Drive, célèbre artère de shopping, celle de Pretty Woman, on ne fait que passer en voiture, inutile de s’arrêter. Richard  Gere ne nous a pas laissé sa carte de crédit. Bref, un endroit pour halluciner, près des étoiles, avant de retomber sur Terre.

Hollywood et tous ses clichés

-Cimetière Holywood Forever :
Le long de Santa Monica boulevard, un  autre lieu de repos  où reposent quelques célébrités comme Joe Dassin ou Rudolf Valentino. Sans carte on se promène en voiture  dans les allées sans savoir où, autant dire que la recherche sera vaine vue l'étendue de l'endroit.
 
-Hollywood Boulevard :
Grande avenue sans grand charme, parfois même un peu  banale, marquée par  quelques clichés cinématographiques, pas toujours du meilleur goût.




Les trottoirs sont marqués d'étoiles, le célèbre Walk of Fame. Sans intérêt, on prend une photo sans trop savoir pourquoi, parce que l'image est connue est que l'on a fait 8000 km pour être là. La rue en face du Dolby Theater où se dérouleront la cérémonie des oscars dans moins d'une semaine, est complètement bloquée pour préparer la cérémonie. Nous réussissons à nous garer dans le coin (pas simple) pour visiter l'endroit. Les employés commencent à étaler le tapis rouge dans l'entrée, c'est assez amusant de remonter les escaliers, au milieu des fantômes de Georges ou Brad.

Juste à côté, une fois passé le Hard Rock Café (du Maiden dans la sono, super!), nous nous retrouvons devant le TCL Grauman's chinese Theater, célèbre cinéma des avants premières d'Hollywood.

Sur son parterre de béton, des empreintes de pieds et de main. On s'amuse à chercher qui a fait quoi, on met ses mains dans celles des autres, alors que d'autres posent devant des sosies de Wolverine, Chewbacca et autres. Je pense aux archéologues du futurs qui découvriront ces traces...que penseront-ils de notre civilisation à la vue de ces empreintes ? Comprendront-ils que ce sont les Idoles elles-mêmes qui se baissent pour marquer le ciment frais ? Disons que l'Idole ne se baisse qu'une fois et que le Peuple répètera ce geste encore et encore. Curieuse mythologie que la nôtre.

Voilà pour nous, c'est fait, pas vraiment jubilatoire, assez vulgaire même dans ce petit Picadilly Circus, mais avec le recul, c'était finalement assez sympa et marrant. Du moins, on a évité le pire je pense avec les musées de cire, de la mort etc...qui fleurissent dans le coin.



Quelques    ​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​PHOTOS  en plus de Hollywood et Westwood.

Getty center, superbe musée d'art

Un peu de 2 X 7 voies, impressionnant, et nous voilà au pied du Getty Center, immense centre culturel au sommet d'une colline. Tout est très bien organisé, du parking jusqu'au tramway qui emmène gratuitement les visiteurs au sommet sur un parcours du genre « Puy de Dôme » en modèle réduit. L’accueil, la vue, tout ici est très agréable, nous allons adorer l'endroit sous le soleil.  Une fois là-haut, on en prend plein les yeux, au milieu de bâtiments harmonieusement reliés par des ponts, des esplanades, des cours intérieures  avec fontaines et statues, des jardins. C'est incroyable car de toute part la vue sur Los Angeles est incroyable : de Downtown avec ses hauts buildings à Santa Monica, Venice, les montagnes au fond, les belles villas de Bel Air en face.

​Et puis quelles œuvres ! Munis d'un audioguide, gratuit comme tout ici, nous commençons par les étages des pavillons nord, est, sud, ouest, où sont présentées les peintures. J'apprécie beaucoup les paysages flamands d'une grande précision, les portraits, quelques natures mortes, les Iris de Van Gogh bien sûr qui avaient battu un record dans les années 90. . Il n'y a pas trop de monde, pas mal de scolaires, des petits, et nous profitons vraiment de chaque œuvre.


Le rez-de-chaussée est consacrée aux arts décoratifs, aux sculptures, aux tapisseries...C'est très bien fait, reconstituant des intérieurs à diverses époques avec lits à baldaquins, meubles marquetés, horloges...On y apprend sur la vie de ce Getty , grand homme par la richesse, la plus importante au monde dans les années 50, et par son héritage. Comme on le verra cette après midi dans son autre don aux arts, la Getty Villa, enfin de l'argent qui sert au peuple. Son travail pour l'art est immense et on l'en remercie tant cela est visible aujourd'hui.






​Dehors un très beau jardin, très original, avec ses chemins en spirales qui se croisent, ses plantes odorifères, ses tulipes rouges ... Rien à voir avec les jardins royaux tout en perspectives et en longueurs .Celui est rond et en tout point agréable avec en plus toujours ces vues incroyables sur la ville.


Un musée rare, par la clarté des salles, l'originalité des points de vue et l'architecture moderne des lieux.

​Getty villa sur les traces antiques


De là, avec un reçu, nous pouvons dans la foulée visiter l'autre lieu d'art offert par Getty, situé à une quinzaine de kilomètres de là.  Dans un vallon étroit avec vue sur l'océan, il choisit de construire une réplique de la Villa dei Papiri, une maison de campagne romaine proche d'Herculanum, ensevelie après l'éruption du Vésuve en 79 ap J-C. Getty était en fait tombé amoureux de  l'Italie et de ses vestiges et il décida de construire une reproduction d’une villa romaine. Cet aujourd'hui  un endroit unique pour se plonger dans l'ambiance, pour vivre un peu de ce que vivait un romain dans la même situation. La route pour y arriver longe les plages un peu avant Malibu.


L'océan Pacifique n'y est pas si différent de la côte de Charente Maritime si ce n'est les postes de lifegards régulièrement disposés. Pas de bikinis rouges en vues.Une fois sur place nous allons vraiment apprécier cet endroit assez magique. On se promène dans l'atrium, espace à ciel ouvert, laissant passer l'air, la lumière, et endroit stratégique des maisons romaines. Le péristyle extérieur, lieu de conversation et de contemplation, avec son grand bassin, ses statues en bronze est aussi très agréable d'autant que le musée est très peu peuplé aujourd'hui, un vrai plaisir. Les collections sont ensuite très riches sans nous étouffer par la quantité.









​Je retiens les belles statues blanches d'Hercule et de Zeus, les coupes et vases noir et or de style grecs, la momie d'Hérakleidès, le buste de Sénèque, les salles de mosaïques, les objets décoratifs en verre … Encore merci à ce monsieur Getty pour les cadeaux qu'il a offert aux amateurs d'art. Nous repartons ce soir impressionnés par la qualité, l'organisation, la présentation, la gentillesse des employés de ces deux grands lieux , qui plus est gratuits, ce qui est suffisamment rare pour être cité ici.

Porte Michel

​Nous rentrons ce soir par la célèbre route sinueuse dans les collines où Pamela Anderson, Madona et autres auraient leurs maisons: Mulholand Drive. Nous goûtons d'abord aux bouchons monstres sur la highway avant de tester la conduite rallye des locaux sur cette route étroite et spectaculaire. A nos pieds la ville s'éclaire et offre à nos regards son immensité. De nombreux belvédères offrent des points de vue mais il est difficile de s'arrêter, dans notre sens, et périlleux de traverser à cette heure de sortie de bureau. Au final, une belle promenade panoramique qu'il serait dommage de manquer  si vous avez une voiture.

Le Musée Autry de l'Histoire de L' ouest Américain

Porte Michel
Aux abords du Griffith Park, immense îlot de verdure au milieu de la ville, et en face du ZOO, se trouve le musée de l'histoire de l'ouest américain. Il a pour but d'explorer et de partager les histoires des divers peuples qui ont écrit son histoire. Fondé en 1988 par entre autres, Gene Autry, star de la musique western, le seul homme à avoir  5 étoiles sur le Walk of Fame dans 5 catégories différentes. L'endroit va s'avérer très intéressant. Malgré quelques groupes de jeunes scolaires, la visite sera quasiment privée pour nous ce qui est très agréable. Dans le hall central nous commençons par les expositions de peintures. C'est assez particulier mais très évocateur du lien qu'on les américains avec leur nature sauvage et leur récent passé. 

Des loups hurlant, des pumas, des familles de fermiers dans les plaines, des paysages de montagnes, de canyons...bref tout l'univers classique des westerns. Le meilleur reste à suivre avec l'histoire des westerns à travers leurs personnages les plus célèbres. De Tom Mix à Clint Eastwood, véritable légende vivante, bien vivant au milieu de tous ces acteurs morts. On observe les tenues de John Wayne et les guitares folks des premiers acteurs. Les filles quant à elles s'amusent à chevaucher un cheval et à apparaître en surimpression dans un film lors d'une scène de charge héroïque. Le meilleur est au sous -sol. D'abord une très belle exposition sur la vie et l’œuvre de Mabel Mc Kay, une native célèbre pour ses paniers tressés de grande qualité.






Le travail nous impressionne par sa minutie, surtout sur les pièces les plus petites, véritables prouesses. Et puis on se promène dans des salles expliquant l'histoire des armes, de Samuel Colt en 1836 au 44 Magnum de l'inspecteur Harry. On y voit le fusil de Pat Garret qui élimina Billy the Kid, l'histoire de Buffalo Bill, la main de l'homme mort de Wild Bill ( 2 8 noirs et 3 as noir) . On se promène devant une diligence restaurée ou devant la selle d'un courtier du Poney Express. Un petit verre au saloon avec ses tables de jeu et on continue avec la vie des immigrants chinois ...Une carriole nous montre l'attirail des cow-boys, les fayots dans la poêle, on se croit dans un film de Bud Spencer. Une fresque en sous sol, remarquable, présentent tous les personnages de l'ouest, des premiers indiens à ...Clint Eastwood, encore lui. Bref tout ce que vous savez des westerns est ici représenté dans une des sections du musée. Un petit jardin au dehors, un beau parc à l'extérieur où nous pique niquons au soleil.... A 16 heures le musée ferme, on n'aura même pas le temps de finir, et nous sommes arrivés à 10H30. Cela ne semble pas immense de l'extérieur mais si l'on veut s’imprégner et lire, si l'on s’intéresse à ce milieu, l'endroit est passionnant. Un ton en dessous quand même de l'émotion ressentie en Colombie Britannique, dans les ranchs et relais de diligences d'époque, mais pour tous un très bon moment.

Griffith Park: panorama sur la ville et les étoiles


Don d'un immigrant gallois qui fit fortune et qui souhaita offrir un lieu de loisir à tous, le Parc Griffith est une grande zone verte de la banlieue de Los Angeles, célèbre pour abriter le Mont Hollywood, un Zoo et un observatoire historique. Décidément, le don est ici une religion ...à moins que le nombre de riches ne fassent qu'augmenter la proportion de riches généreux. La route monte comme pour un petit col et on verra quelques sportifs à vélo ou en course à  pied attaquer la montée.  Le sommet est, à cette heure proche du coucher de soleil, encombré de véhicules.


Le parking est saturée et on doit se garer un peu plus loin , les voitures s'alignant le long de la route comme pour une étape du Tour de France. Je m'attendais à un endroit confidentiel, pour quelques férus de science, je me suis bien trompé. Des cars entiers de touristes viennent ici pour le coucher de soleil, pour la vue sur la ville, pour le planétarium et toutes les attractions scientifiques de qualité. Tout commence avec la vue sur le panneau Hollywood, plus mythique que belle finalement, mais pourtant on ne peut s'empêcher de tomber dans le panneau. L'observatoire est remarquable d'abord pour sa terrasse offrant un spectacle incroyable sur la ville. Elles entourent les coupoles et sont comme quasiment tout le reste, d'accès gratuit, ce qui est encore une fois à souligner. On saisit ici toute l'immensité de cette ville. De Long Beach aux montagnes enneigées au loin, de Venice à Hollywood, on embrasse un superbe panorama, vraiment impressionnant. Devant nous, la luminosité baissant, les tours de Downtown s’illuminent, apportant beauté au spectacle.



L'observatoire est aussi remarquable pour ses expositions, une grande partie étant dans des salles souterraines, dont la construction entre les années 2002 et 2004, est relatée dans un film intéressant présenté par Leonard Nimoy, qui joua Spok dans Star Trek. Nous apprenons sur les météorites, sur l'optique et les télescopes, observons une camera obscura, une bobine de Tesla en marche émettant des arcs électriques intenses, un pendule de Foucault...Une photo remarquable est exposée .Imaginez un doigt devant votre œil, et prenez la surface de ce doigt. Il dessine un rectangle. Cette surface est reproduite sur un mur de plusieurs mètres de large et de haut. 

On y remarque un tas d’étoiles, de galaxies, d'amas...fascinant. Je découvre aussi deux chambres à particules, à bulle et à flash, et mes premières observations de muons. Enfin nous bravons le froid et le vent glacial pour observer M42, nébuleuse d'Orion, dans le télescope sur une des terrasses. Près d'une heure de queue, avec une superbe vue certes, mais vraiment tout le monde a eu froid. Je retrouve avec émotion la nébuleuse que j'observais dans ma petite lunette quand j'avais 12 ans. C'est plus lumineux ici, surtout quand l'image est magnifiée par une camera CCD (image verte par contre) mais pas si différent de celle de l'observatoire de Montayral non plus. Mais bon, je pourrais me dire que j'ai pointé le ciel depuis la coupole de l'observatoire Griffith à L.A.

​                                                                 En bref, un endroit vraiment formidable qui mérite qu'on lui consacre quelques heures de son séjour.



Quelques    ​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​PHOTOS  en plus de l'observatoire Griffith.

El Pueblo de Los angeles: centre historique de la ville

C'est ici en 1781 que ce village de type espagnol posa les premières briques de ce qui allait devenir Los Angeles. Il en reste un tout petit centre historique, coincé entre Chinatown et les grattes ciels de Downtown, très touristique mais finalement assez charmant. L'ensemble est très simple : une rue, une place et une autre rue. La place ; circulaire avec son kiosque à musique et son musicien de flûte de pan qui reprend Titanic etc...pendant que les sans -abris, légion, armée devrais-je dire, se reposent sur les bancs et un peu partout d'ailleurs dans le quartier.  La musique, assez folklorique, est d'ailleurs très présente dans le quartier, mais pour moi, elle n'est pas agressive et plutôt dépaysante.e en plus de 2 siècles.

La rue principale, qui ne doit pas faire 100 mètres est encombrée de vendeurs de souvenirs mexicains (masque de catch, ceintures, …) en son milieu et de restaurants ...mexicains sur les côtés. En cela c'est intéressant car dans notre groupe, je suis le seul à avoir mis un pied en Amérique du Sud. C'est donc l'occasion pour les autres de s’y croire un peu. Et cela marche car les gens parlent tous espagnol, ils mangent mexicain...on ne se croit pas à L.A c'est sûr. Nous visitons 2 maisons historiques dans cette rue : la maison de Sepulvéda





Pas grand chose à voir : une cuisine et une chambre victorienne reconstituées. Plus intéressante sera la visite de l' Avila Adobe, plus vieille maison de Los Angeles, construite en 1818 .Bien rénovée depuis, certes, mais quand même, on parcoure avec plaisir la petite cour intérieure avec sa carriole et ses cactus, la salle à manger, la cuisine, la chambre à coucher. C'est ce qui se rapproche le plus de la vie de Zorro, et nous sommes là pour le montrer aux enfants. Sur les cartes anciennes au mur figure bien en gros, comme dans la série, le nom « El pueblo de Los Angeles ».



Au-delà de la place, nous visitons la petite station des pompiers, la première de la ville, datant de 1884. On y voit les alarmes, la rampe de descente du premier étage, la photo du dernier cheval qui servit ici avant la 2ème guerre mondiale. Quelques autres bâtiments, une vieille église, et d'autres petits musées (que nous ne visiterons pas) et la visite sera complète. Finalement,de quoi passer quelques heures sans problème et de se dépayser facilement en s'extasiant sur le contraste et l'évolution de la vill

Downtown: musées et tours

De là nous partons à pied attirés par les hautes tours.  Même si l'endroit n'est plus aussi malfamé qu'il y a quelques années on remarque au pied des buildings un tas de sans- abri, parfois organisés en campements. Certains sont paisibles, d'autres s'invectivent violemment, même seuls parfois.  Quel enfer doit être cette vie en ras du sol, avec aucune perspective pour s'élever ! Tout ici est tellement cher, je me demande comment ils survivent.
Nous commençons par monter à la plateforme panoramique de l'hôtel de ville. Superbe bâtiment, dans lequel nous passons la fouille et les formalités pour prendre les 2 ascenseurs, un autocollant visiteur collé à nos tee-shirts.  La vue d'en haut est superbe : Chinatown, Little Tokyo, Long Beach au loin, les gratte-ciels des banques au premier plan, le Walt Disney Concert Hall, le musée The Broad... C'est bien sûr très intéressant. Par rapport à New York par exemple la densité est bien moindre, ici même d'en bas on voit le ciel. C'est moins oppressant, très dégagé et vraiment propre dans cet hyper centre.





​Nous traversons un joli parc, avec terrasses, fontaines, gazons, désert, un peu comme tout le quartier finalement avant d'arriver au musée d'art contemporainThe Broad. Ouvert il y a peu, il est en passe de devenir une référence mondiale dans le domaine. L'architecture est forcément originale avec une structure alvéolée, toute blanche et des volumes intérieurs incroyables. 



Surface d'exposition : 11 000 mètres carrés, une œuvre achetée chaque semaine, 3 étages. Après une demi -heure de queue (nous n'avons pas réservé) des employés tous lookés de noir vêtus) nous font entrer en nous demandant bien de ne pas toucher les œuvres. Le 3ème étage est remarquable. Nous admirons les Tulipes et le chien en ballon de Koons, un des 5 crées .Valeur, autour de 58 millions de dollars ! D'aspect métallique, tout bleu, c'est remarquable. Les Tulipes, le Lapin, plus loin une Vénus...Toujours le même aspect, à la fois léger, fragile, gonflé et brillant. Nous apprécions les œuvres colorés de Warhol (un Elvis, une Marylin double), de Lichtenstein (Oh I'mSorry, dit la jeune femme blonde) pour les plus connues. Basquiat nous semble un peu barré, d'autres moins célèbres nous interpellent comme cette table et ces chaises géantes, d'autres nous semblent vulgaires et incompréhensibles. Dans tous les cas cela ne laisse pas indifférent ce qui est peut être déjà suffisant. Au deuxième étage, pas grand chose à voir, sauf, en prenant l'escalier une vue sur les collections, bien arrangées, suspendues, alignées verticalement. Très bel endroit, très agréable à parcourir, et dont la qualité des œuvres est remarquable.


Nous continuons ensuite en descendant vers les plus hauts buildings de la ville, passant devant le Biltmore Hotel, autrefois lieu de la cérémonie des oscars, pour finir dans la bibliothèque centrale. Nous y visitons la Rotonde au deuxième étage, très belle et rescapée d'un grand incendie. L'endroit est aéré et très agréable. Autour de nous les banquiers sortent des bureaux et partent pour leur after -work. Je me dis que vivre ici n'a rien de bien humain, au milieu de ces tours et de ce béton. C'est net d'accord mais trop artificiel pour moi. 



​A moins d'aller manger au Café Pinot, si on en a les moyens et de rentrer dans les quelques rares résidences de luxe dans le coin et à condition d'avoir assez de vacances et de temps libre pour s'échapper un peu. Nous continuons vers l'hôtel Bonaventure. Très beau hall, et surtout des ascenseurs très rapides pour le 35 éme étage. Pas n'importe quel ascenseur, une plaque nous rappelle les scènes tournées ici : de True Lies, mais aussi Rain Man et Dans la Ligne de Mire, scène entre Eastwood et Malkovitch. C'est très beau, rapide et extérieur donc impressionnant. Une fois là-haut, on joue les pauvres touristes, se promenant dans le bar panoramique tournant à 360°, observant les consommateurs consommer et se relaxer dans de confortables sièges. La vue est forcément superbe.


Un peu plus loin une immense salle de concert nous impressionne par son côté massif mais raffiné. Il est en haut du parc déjà visité qui illuminé sera encore plus beau. Une jeune fille pose devant un photographe, ce n'est pas la première fois que l'on voit ça. Beaucoup doivent rêver d'être actrices par ici, non?

Surprenant mais j'ai bien apprécié cette journée complète dans Downtown, ce qui il y a quelques années aurait peut être surpris pas mal de touristes. Dépaysement exotique, grande qualité dans un très beau musée, immeubles impressionnants et panorama urbains très intéressants.

Dans la soirée nous profitons de la maison vraiment originale de Mark, un réalisateur qui a décoré sa maison de bric et de broc laissant sur les murs les affiches de ses films, dont un avec Robert Trejo, l'acteur à mine patibulaire du film Machete. Peut-être que tout cela est très tendance chez les créatifs ?

 
​ALLER  A LOS ANGELES   POUR:

 -les superbes musées ( Getty Center et Villa, The Broad, Musée du Far West)

-l'ambiance contrastée entreVenice la marginale et Santa Monica, populaire et clean.

-les clichés d'Hollywood ( voir préparer le tapis rouge des Oscars, les cimetierres des stars, le walk of fame)

-l'observatoire Griffith pour la vue, pour apprendre et observer le ciel.

-monter en haut des immeubles ou des hôtels dans Downtown

-visiter le cœur historique de Los Angeles dans  El Pueblo


EN ROUTE VERS LES PARCS: villages fantômes...ou presque

​Quitter Los Angeles c'est partir du cœur  par les artères vers les veines et les capillaires. Une highway bien large qui n'en finit pas de traverser des zones indéterminées, avec magasin Ikea, habitations, usines...même si rien n'attire spécialement l’œil.  Puis la route graduellement perd une voie après l'autre au fur et à mesure que la végétation disparaît pour laisser place à une ambiance plus désertique. Plein d'essence (pas cher!) à Mojave, où la route est bordée d'une succession de stations-service, les dernières avant longtemps.  La journée démarre vraiment ici pour nous. Les paysages  changent d'échelle, c'est plat, à perte de vue, avec des montagnes au loin, enneigées parfois.  Un aéroport est là au milieu de nulle part. Sûrement militaire, il n'y a rien de plus que des pistes et un tas d'avions rangés là en vrac.

Il n'a pas de service passager mais sert pour stocker les avions commerciaux ou pour tester des engins, parfois spatiaux ! On observe des rangées de maisons, des résidences de mobile homes, et même quelques sans -abri au bord de rivières à sec dans un environnement vraiment hostile, tellement aride. On se dit tous que vivre ici ne doit pas être simple, éloigné de tout et de toute ombre salvatrice. Sur les collines arides des chemins de motos, de quad et de 4x4 courent un peu partout. C'est ici un loisir commun.

En ce samedi on en verra un grand nombre, accrochés derrière les pick-up , sur les pistes ou dans les villages. Mais où sont-ils ? Il n’y a rien. Dans les dépressions, le sel se dépose donnant parfois l'impression de paysages boliviens. La ligne de chemin de fer qui serpente chargée d'un grand train de marchandise apporte beaucoup de cachet à l'ensemble. Ainsi nous sommes constamment à nous extasier devant ces scènes qui nous évoquent tant le grand ouest américain, et nous n'arrêterons qu'à la nuit tombée. 

Grâce à mes recherches sur les villes fantômes j'avais repéré un endroit nommé Randsburg, un peu haut dans les collines. C'est une ancienne ville minière avec tous les clichés de l'ouest sur 200 m de long. D'abord la vieille mine avec ses ferrailles oxydées, visible depuis la rue principale, que nous n'essayerons pas de visiter. Puis de la rouille et de la tôle encore, sur et autour des maisons, dont on se demande lesquelles sont vraiment habitées tant le village semble décati. Quelques magasins de brocante offrent de tour : du moule à gaufre en fonte d'époque aux lampes de mineur, des chiens en faïence et des certificats anciens de concession minière. 

Le genre de document que l'on voit dans les films. Et puis le General Store, ici depuis 1904, avec tous ces bikers et ces conducteurs de quad devant la porte. On s'y risque. Sur les murs des photos de Clint Eastwood, de stars de la country venues dire un mot au patron. Derrière le comptoir, des sièges confortables où des jeunes filles commandent des milk shakes. Des gars fort baraqués affluent, habillés de bas en haut comme des robocop, protections dorsales, grosses chaussures etc...Comme nous ils mangeront un bon burger. Sur les étagères, le minimum pour survivre en ces lieux, le tout disposé à l'ancienne.


En face un autre bar genre saloon, et encore un autre, et puis un petit magasin pour motards...rien de plus. On a adoré ce lieu tout droit sorti d'une autre époque, tout en restant authentique et visité par les locaux.

La route descend et arrive bientôt dans la région de Searles. Les montagnes de la chaîne de Panamint s'élèvent devant nous et à ses pieds une grande surface salée est exploitée vers la ville de Trona. Une ville atypique, le genre d'endroit où personne n'a envie de vivre. Isolée de tout, au pied de ses usines, avec aucune distraction, aucune verdure à des kilomètres à la ronde. Par contre on compte 9 églises d’obédience diverses. Personnellement je retrouve là ce qui j'imagine être l'ambiance d'un village de Sibérie ou du Groenland, où tout le monde survit grâce à l'usine.



Aride et hostile, le climat ne permet pas à l'herbe de pousser sur le petit stade de football américain, le seul non stabilisé des USA paraît-il ! .


La vallée s'élargit encore et nous bifurquons vers le « village » de Ballarat, au bout de quelques kilomètres de pistes. Un seul habitant aujourd'hui qui tient un petit magasin-musée mais presque 500 au début du XXème siècle quand la ville comptait 7 saloon et servait au repos des mineurs, depuis la création de la ville en 1897. Au milieu d'un rien tout plat, au pied de montagnes on y trouve aujourd'hui les ruines de la poste qui ferma en 1917, une prison-morgue de la place pour les camping-cars . Devant la maison, le camion de Charles Manson qui vécut dans le coin avec sa famille. Ambiance de bout du monde, forcément, avec ces carcasses métalliques, ces vieux bidons et ce silence.




​Nous arrivons bientôt à Panamint Springs, petite halte avec son motel historique, son petit magasin peu achalandé (repas Pringles ?) et son camping. Isolé de tout, on y passera une soirée confortable, sortant dans le froid et dans le silence pour observer un ciel étoilé comme rarement vu par le passé. La zone de la Vallée de la Mort est d'ailleurs labellisée Ciel sombre de grande qualité. La Voie Lactée est intense et une simple paire de jumelle nous permet de voir quelques nébuleuses et amas sans trop de problèmes.



« Highway to the desert » pourrait chanter ACDC. C'est un peu le thème de la journée, de la ville active et intense le matin au calme absolu le soir. Une transition avec déjà un aperçu du festival d'émotions que sera la prochaine journée dans la Vallée de la Mort.

LE PARC NATIONAL DE LA VALLEE DE LA MORT

​Depuis Panamint Springs, la route s'élève rapidement vers le Towne Pass à 1511 m. On se surprend à voir quelques coureurs à pied ou des cyclistes dans les environs. Certains sont là avec leur club (nous sommes dimanche) , d'autres font pénitence  peut -être en s'entraînant pour les terribles courses d'endurance que l'on rencontre dans le coin. Les vues sont magnifiques, ce sera le cas toute la journée, je pourrais la répéter à chaque phrase. Les échelles sont tellement surdimensionnées par rapport à ce que l'on trouve en Europe. A Stovepipe Wells Village, nous prenons un petit déjeuner dans ce qui n'a de village que le nom. Le village du désert est bien différent de celui que l'on connaît en France.

Il n'y a rien et puis d'un coup quelques baraquement avec un General Store, un petit motel resort (ici avec piscine) et souvent un emplacement pour les campeurs quand le lieu est touristique. Nous imaginons le cagnard en été, ce matin d’hiver, il est très agréable de manger au soleil. Nous nous acquittons des 25 dollars d'entrée au parc de la Vallée de la Mort ​auprès des rangers toujours souriants et très bien organisés. Le premier arrêt sera à quelques minutes de là, aux Mesquite Flat Sand Dunes, un petit bout de Sahara facilement accessible depuis un parking, avec pas mal de monde ce dimanche.






​En peu de temps pourtant on se retrouve sur des crêtes immaculées, à observer les lézards dans les buissons d'épineux et à se prendre pour Laurence d'Arabie. Une superbe expérience et une première pour moi. 

Nous nous arrêtons ensuite sur le site d'une ancienne mine de borax, Harmony Borax Works, où un petit circuit très court, nous montre quelques ruines du site. La cheminée et les pièces métalliques sont encore en bon état et on imagine bien les ouvriers chinois recrutés à San Francisco travailler ici dans des conditions d'isolement bien rudes. Il n’y a rien, des montagnes bariolées de couleurs, et un sol désertique sans eau ni ombre. Des convois de 20 mules partaient d'ici pour rejoindre la voie ferrée à plus de 200 km de là ! Quelle vie!

A Furnace Creek la vie est plus développée. Un golf, le plus bas du monde, absorbe le peu d'eau des environs tandis que quelques campings et resorts hébergent les visiteurs. A la maison du parc, des instructions rappellent partout la nécessité de bien boire. Une affiche montre même en fonction de la couleur des urines l'état de notre déshydratation !On est là à  l'endroit le plus chaud au monde, 56,7°C le 10 juillet 1913.

Nous prenons la route du point de vue Dante's View, passons à côté du Zabriskie Point (petit sentier pour se promener sur des collines blanches toutes pelées), évitons le Twenty Mule Tea m Canyon (fermé, comme beaucoup de routes finalement) et arrivons à 1669 m d'altitude, ce qui n'est pas rien en partant quasiment du niveau de la mer. Au sommet, la vue est époustouflante. En contrebas s'étend la Vallée de la Mort, toute blanche, avec des couleurs qui me font croire voir Mars vue du ciel. On observe aux jumelles les gens marcher à Badwater sur l'étendue salée. En face la Panamint Range avec le sommet du Telescope Peak à 3368 m, enneigé. Au-delà, la Sierra Nevada. De l'autre côté, la vue s'étend vers l'est et le Nevada. Une immense plaine me fait penser à des paysages d'Ethiopie, d'Amérique du Sud, ou même du Ladakh. On y voit aussi quelques montagnes enneigées mais pas de vue sur Las Vegas. En fait ce parc résume un tas des paysages les plus incroyables de la planète, c'est un condensé de merveilles dont la visite sera sûrement longtemps dans nos mémoires.





Nous retournons sur nos pas sur 39 km et nous arrêtons au Golden Canyon Trail. Un canyon aux couleurs dorées, serpente dans une ambiance biblique vers une paroi de montagnes rouges que l'on n'atteindra pas. On escalade les flancs sur des roches friables et instables, on observe un tas de pierre vertes, rouges dans un paradis de géologues avant de poursuivre vers Badwater, 86 mètres en dessous du niveau de la mer (indiqué par un panneau sur la falaise).


Sur le lac salé, nous marchons vers son centre, ne nous arrêtant que lorsque le sol devient trop humide. On croirait marcher sur une piste de ski de neige fondue, lissée par la pas des nombreux touristes alors que sur les côtés la croûte est bien plus grise et bien plus accidentée. Le spectacle est original mais , à la nuit tombée, les couleurs sont malheureusement un peu fades. Il nous reste à rejoindre notre logement à plus de 100 kilomètres de là. La nuit tombe là, il est à peine 18h et nous ne croiserons que 2 voitures jusqu'à notre arrivée à Tecopa. Le sentiment de solitude et d'isolement est fort avec aucune vie ni lumière à des kilomètres à la ronde.


Nous dormons chez Cynthia's, une férue de géologie et de désert, très sympathique, qui nous attend alors que nous cherchons un peu dans ce no man's land. Elle nous conseille un restaurant, le BBQ, qui repoussera sa fermeture en nous fournissant de très bons sandwichs au bœuf cuisiné, savourés devant la cérémonie des oscars, une première en direct pour nous et un moment forcément spécial après notre passage au Dolby Theater l'autre jour. Elle nous conseille aussi d'aller tester les sources d'eau chaude. On se gare en bord de route, on marche 2 minutes au son intense des grenouilles pour atteindre, à la lampe de poche, des petites mares creusées dans un champ, bordées de roseaux. Devant l'hésitation générale, je tombe tous les vêtements et me lance pour motiver les troupes. Cela va être un régal ! Thierry, Cléa et Caroline me rejoignent en tenue d'Adam. Eau super chaude, ciel étoilé, bruit des grenouilles et lueurs de Las Vegas au loin : un vrai luxe pour terminer cette journée mémorable.



Quelques    ​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​PHOTOS  du parc de la Vallée de la Mort.

LE DESERT MOJAVE

​Au réveil nous découvrons les environs de notre bungalow : du désert, des baraquements  souvent en préfabriqués  par-ci par-là avec un tas de gravats et de ferrailles dans le jardin. C'est en fait souvent le cas  dans le coin. Les  gens remplacent le gazon par  un tas de trucs  plus ou moins utiles que j'expliquerais par : la distance de la première  déchetterie, l'intérêt d'avoir tout sous la main pour bricoler, la manque de revenu sûrement. Nous filons plein sud vers Baker avalant les kilomètres et les grands espaces, croisant parfois ces énormes voitures tractant d'énormes caravanes. Nous réfléchissons sur ce rapport qu'on les américains avec l'espace. Il est là et fait partie de l'identité américaine.  Nous ne sommes que de passage mais il m'est évident que telles immensités forgent un caractère. Je commence  à comprendre le terme de wilderness, qui  n' a pas de sens chez nous, étriqués dans notre géographie.


Baker est la ville pour routier par excellence : très laide, sale, avec ses motels crasseux ou fermés, ces stations essences alignées et pas grand-chose d'autre. On s'arrête, on prend de l'essence en écoutant la musique country, un café et on repart. Certains vivent là, je ne les envie pas. Le route file ensuite vers Las Vegas, on voit déjà des immenses panneaux publicitaires vantant les clubs de strip -tease , les hôtels et les casinos du Nevada, tout proches.

Nous laissons cela pour la réserve nationale du Mojave que nous atteignons par la route de Cima, par le nord. L'excursion prévue est l'ascension d'un petit sommet : le Teutonia Peak, à environ 1754 mètres d'altitude par une balade facile de 6, 5 km. 

Le lieu est magnifique et nous impressionne tous. A perte de vue des arbres de Josué (l'endroit serait l'un de ceux où leur densité est la plus forte) sorte de yucca géants, partagent le sol avec des cactus de toutes sortes, des plantes aromatiques et des blocs rocheux. Le sentier commence à plat sur un sol sableux. On observe des pics cherchant leur nourriture sur les arbres, des rapaces, des rongeurs et des lapins. De nombreuses traces et déjections de coyote se rencontrent ici et là. Le sentier s'élève ensuite d'environ 200 mètres pour atteindre le sommet, rocheux, en fait juste en dessous car nous n'arriverons pas à trouver une voie dans nos cordes. Le paysage de là-haut est superbe sur l'immensité désertique, sur le Cima Dome, dome granitique à la symétrie quasi parfaite et sur d'autres montagnes au loin. Il fait très froid, moins de 4°C , et nous pique-niquerons dans une grotte abritée du vent. Le silence, l'originalité des lieux me frappent. Marcher au milieu des cactus est une première pour moi. 


En descendant nous passons par une ancienne mine d'argent qui n'arriva jamais vraiment à décoller ( 1896-1906). Il reste quelques ruines effondrées d'une maison en bois, deux trous dans le sol et un tas de boites de conserves et de bouts de verre qui aux USA sont des trésors historiques qu'il ne faut pas déplacer. Les crues et les rivières éphémères seules semblent autorisées à l'éparpillement. Une boite en main, à moitié ouverte, je me demande à quoi devait penser et à quoi devait ressembler le gars qui l'avait ouverte avant il y a plus d'un siècle, date de la fermeture du site. Une randonnée vraiment passionnante que je recommande à tous.


Nous suivons ensuite la voie ferrée vers l'ancienne gare de Kelso, utile autrefois pour fournir quelques wagons de locomotives aux trains de marchandises pour gravir les pentes environnantes. L'endroit un peu avant 17 h est quasiment désert. La gare a été restaurée dans un style un peu colonial qui aujourd'hui sert de petit musée sur la nature et de petit snack. Devant le bâtiment a été disposée l'ancienne prison utilisées surtout pour confiner les gars un peu saouls du coin : deux cages de ferrailles (le toit n'est plus là) sorties droit d'un western. Elles marchèrent jusqu'en 1985 ! Un ancien magasin subsiste encore, il ferma dans les années 40. Dans le musée, qu’on visitera avant la fermeture au pas de course, une très belle exposition sur la nature nous explique les dunes chantantes rencontrées dans le coin, le marquage brutal des veaux au fer rouge ou les animaux du désert. On y voit le bureau du vendeur de billet-telégraphiste et même la salle d'attente des passagers. Un bel endroit. La nuit arrive bientôt, on peut quand même profiter du spectacle des dunes de Kelso, hautes parfois de 200 mètres et vraiment spectaculaires dans un tel décor, posées sur une immense plaine entre les montagnes. Un peu plus loin des montagnes de granit imposantes seront les dernières choses visibles avant de sortir du parc et de retrouver la civilisation aux environ de Joshua Tree, ville à côté du parc éponyme où nous passerons la nuit dans une immense caravane dans un jardin particulier, affrontant le vent du désert de manière bien plus confortable que dans notre coquille de noix soulacaise. Très belle journée encore, malgré un temps assez nuageux et froid, dans ce désert qui nous énormément plu pour sa solitude, sa flore très exotique et pour son isolement et son calme.

LE PARC NATIONAL JOSHUA TREE






​​Quelques kilomètres au sud de la ville, quelconque, de Joshua Tree , nous nous acquittons des 25 dollars de droit d'entrée , toujours surpris par l'accueil des rangers, nous questionnant sur notre provenance avec le sourire. C'est souvent le cas ici, les gens nous saluent, nous demandent si l'on souhaite de l'aide (dans les supermarchés comme en bord de route) , c'est vraiment très confortable , et qu'on ne nous parle pas d'hypocrisie. Elle est la même chez nous, le sourire et le sens de l'accueil en moins. Ce parc sera de loin le plus ludique des trois visités. Les paysages sont peut-être moins grandioses que dans la Vallée de la Mort, le sentiment de solitude est moindre que dans la réserve Mojave (plus de 2 millions de visiteurs par an ici et un peu de monde il est vrai ...sans que cela nous dérange) mais les sentiers, nombreux, variés et pédagogiques, nous combleront. Si je devais résumer l'endroit en quelques mots, je dirais : rochers, escalade, cactus


Nous le traverserons de l'entrée ouest à la sortie sud. Premier arrêt : la Hidden Valley était un endroit, bien plus vert que maintenant, les pluies moyennes passant de 10 pouces à 2 ou 5 en un siècle, caché entre les rochers où des voleurs de bétails cachaient leurs bêtes. On ne retrouve rien de ce passé pastoral mais il reste un petit sentier d'une heure environ, facile et très agréable serpentant entre les rochers. Des grimpeurs au look de grimpeur redescendent d'une voie. Il y un truc chez eux, je en sais si ce n'est dans la façon de bouger, dans la morphologie mais à chaque fois que j'en croise, ils ont un truc indéfinissable en commun. 







​Deuxième arrêt:le Barker Dam
, un barrage construit par les rancheros pour recueillir l'eau de pluie nécessaire à leur bétail. Ce petit lac en plein désert est vraiment charmant malgré la couleur relativement sombre de l'eau. L'endroit est connu pour attirer les animaux voulant s'abreuver. Nous ne verrons que quelques oiseaux originaux et le ballet des corbeaux se nourrissant de parties d'arbres de Josué tombées au sol. Encore une fois cet endroit est très évocateur et nous fait voyager. On pourrait s'imaginer en Afrique, à Madagascar mais pas si près de Los Angeles.  , propre et confortable.


Troisième arrêt
: Keys View, un point de vue à plus de 1500 m d'altitude sur la vallée de Palm Springs, la Salton Sea, grand lac salé, mer d'Aral locale, en perdition , les montagnes enneigées en face où nous serons après demain et au loin sur le point culminant de la Californie du sud, dôme blanc au dessus des nuages. La faille de San Andreas court à nos pieds mais il nous est impossible de la repérer, en fait plus qu'une faille c'est un ensemble de micro failles parfois convergentes mais aussi souvent diffuses. La vue est très belle, du type de celle de Dante's View en moins impressionnant.



Quatrième arrêt : pique-nique au pied du Cap Rock, formation rocheuse originale avec à ses pieds, comme ils savent si bien le faire ici, un endroit aménagé pour les touristes, avec tables, toilettes sèches... Tout ici est très propre, très pédagogique avec des panneaux un peu partout, des sentiers balisés et bien marqués, c'est très facile de s'y retrouver et très appréciable. De 4 à 95 ans je pense que tout le monde peut trouver son bonheur ici, il y en a pour tous les physiques et chacun selon son appétence au wild. Un petit sentier, très court, fait le tour de l'endroit. On ne testera pas.

Cinquième arrêt : Skull Rock. Du rocher, bien arrondi, de couleur jaune, un paradis pour le grimpeur même au niveau O. L'un ressemble à un éléphant, l'autre à un crâne, le suivant à un monsieur...


​​C'est un peu le Sidobre ou quelques endroits de Bretagne mais dans un désert et toujours avec cette végétation si originale et évocatrice : cactus, buissons d'épineux, yucca...On s'amuse à se faire peur sur des passages à notre niveau, atteignant nos limites en nous éclatant vraiment dans un paradis du trail ou du VTT (même s'il est interdit). Je me crois dans une pub pour Salomon et les miennes me démangent tellement le sentier est ludique et varié, montant, tournant, descendant, dans un décor si magique. Tout le monde adore et s'amuse. Et de chaque point un peu élevé, gravi en bravant le danger, la récompense est là avec de superbes panoramas.







​Sixième arrêt
: Arch Rock. Au départ d'un camping où on croise un immense bus destroy avec ses quelques marginaux faisant la route, jouant du frisbee et bien sûr, adeptes de jongleries. D’autres plantent leur tente dans un décor assez magique au pied des rochers. Il est un peu plus de 17h et certains mangent déjà derrière leur pick-up aménagé en caravane pliante. Nous allons nous régaler encore à sauter de rochers en rochers vers une arche, peu imposante mais dans un site remarquable par les possibilités de jeu qu'il offre. Les filles s'en donnent à cœur joie et crapahutent un peu partout. La route descend ensuite, on change de type de désert, passant du type Mojave au type Colorado, même si l'état du même nom semble bien loin. 

On va s'arrêter dans un champ de cactus nommé Cholla Cactus Garden, rassemblement remarquable de ce type de cactus, qui bien que ne ressemblant en rien au cactus mexicain des dessins animés, est suffisamment exotique pour nous enthousiasmer. On s'imagine ici, le soir, sans lampe, perdu, avançant à tâtons dans le noir. Aïe! Le paysage s'obscurcit, on ne distingue bientôt plus que des montagnes toutes effritées, comme faite de grosses pièces de Lego. Enfin les lumières de la vallée de Palm Springs, où l'on cherche en vain la faille de San Andreas avant d'arriver à Palm Desert dans notre très belle maison façon Wysteria Lane, décorée avec goût et dans le style de la ville, net,propre et confortable. 



Quelques    ​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​PHOTOS  du parc de Joshua Tree.

PALM SPRINGS: architecture et canyons 

​Tôt ce matin, 23°C dehors et un ciel bleu uniforme, des employés tondent notre pelouse alors que nous prenons notre petit déjeuner. On se demande si ici les gens ne payent pas dans leurs impôts ce genre de service tant les  villes de Palm Desert, et celle voisine de Palm Springs sont nickel et immaculées. Je me crois dans un série TV avec ma porte d'entrée avec grille, avec mes voisins souriants, et le voisin d'en face lavant sa voiture ou jouant au basket avec son fils...sauf que ce matin je ne vois que cet homme tondre ma pelouse et cela suffit pour planter le décor. Nous partons pour Palm Springs, ville de retraités, refuge de la communauté gay, capitale des golfs dans le désert et joyau de l'architecture desert modernism des années 50. 

​Le long de la route joignant les deux villes, se succèdent les shopping center très calmes, les immenses concessions automobiles, les résidences privées avec portails d'entrée privés donnant parfois l'impression d'être dans The Truman Show, du moins dans une ville ghettoïsée pour les riches en manque de soleil. 





Nous trouverons le notre dans un lieu nommé l'Indian Canyons. Après avoir acquitté les droits d'entrées (9, 7 et 5 dollars selon l'âge) nous nous avançons en montant doucement au pied de montagnes, dont les sommets restent enneigés. Nous nous garons au parking du Palm Canyon, le point le plus haut de la route. Pas mal de voitures, une petite maison du « parc » et rien d'autre. La vue est déjà très belle sur ce canyon rempli de palmiers immenses au milieu desquels coule un torrent assez impétueux. C'est une première pour moi : ma première traversée d'oasis. Les arbres sont impressionnants, avec une base recouverte d'une grosse touffe de feuilles séchées leur donnant un aspect « Cousin machin » assez amusant. 

Le sentier suit gentiment le ruisseau, s'élève un peu puis le traverse par un gué qui pour nous sera une petite aventure en soi. Il faut porter les enfants, et aider la mère et la grand-mère devant parfois quelques locaux qui eux rebrousserons chemin. Dans l'eau froide c'était amusant et j'avais encore un peu de marge je pense. Après ce passage on ne croisera plus grand-monde alors que le sentier s’élève. Le bout du canyon étant bien trop loin pour nous, nous rebrousserons chemin, non sans avoir gravi, en partie en courant, un petit pic du coin. Thierry et moi, et Caroline, un peu plus bas, le team Salomon au complet.

C'est avec un grand plaisir que nous slalomons entre les cactus et les rochers, pensant quand même à ne pas déranger un serpent endormi sous les pierres parfois croulantes. La vue du sommet est superbe. On se sent tout seul, avec au loin les éoliennes de Palm Springs, dans ce coin bien moins impressionnant que ceux des derniers jours, mais quand même très exotique. A noter : le parc a été fermé un jour fin février à cause d'un puma ! Sauvage quand même donc. A la descente je décroche une pierre qui me heurte le talon d’Achille, mon point faible, et me fait boitiller le reste de la journée.



Après ce bel endroit nous ferons la petite boucle d'1,6 km de l'Andreas Canyon, bien plus bas. La première moitié du parcours est un peu similaire à celle de l'autre avec des rochers abrupts en plus d'un côté, là où l'autre canyon était plus doux. Le plus intéressant reste la partie « gauche » du sentier, à la descente. Le contraste entre les palmiers et le fond rocheux est de toute beauté. Je m'imagine dans Tarzan, dans un décor de BD , ou de manière plus réaliste à Oman ou en Jordanie...mais pas si près de LA, aux Etats-Unis.






Quelques    ​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​PHOTOS  des Indians Canyons.

La fin de la journée sera passée en ville, à déambuler sans trop nous arrêter à la recherche de l'architecture et du passé glorieux de Palm Springs. Ces maisons sorties des années 40, 50, 60 me plaisent. Basses, adaptées au désert, ou avec des formes aux allures de Cadillac, elles sont originales et sucrées. Belles maisons d'Elvis, de Sinatra, Banque of America, KFC(?), Chase Bank ...et tant d'autres forment une harmonie douce aux regards même si nous abordons la ville de manière assez superficielle avant de retourner dans notre confortable maison pour enfin manger à une heure raisonnable et avoir une soirée tranquille.

Palm Springs m'a plu, malgré ses excès, son côté artificiel et assez choquant d'un point de vue environnemental (une ville verte dans un désert!). J'y aime bien le côté vintage, années 50 et puis le site est superbe, autant que le ciel.

L'Aerial tramway: du desert à la haute montagne

Maison des 3 frères
​Le rêve américain c'est aussi construire un téléphérique qui part d'un désert pour arriver 5 zones d'écosystème plus haut. C'est le thème du film de 18 minutes, avec musique digne de la cérémonie des oscars  et discours un peu pompeux (8ème merveille du monde) que nous verrons une fois au sommet.  Repartons du bas. Une route quitte Palm Springs et file vers la montagne, cela grimpe un peu jusqu'aux parkings, nombreux, mais la plupart fermés, ce qui laisse imaginer l'affluence à son maximum. Les gens partent parfois en  short, en tout cas bien moins vêtus que nous. On verra que la plupart resteront sagement sur les terrasses ou attablés dans une des salles de restaurant.  Nous sommes plus prévoyants,  la température au sommet est de 3,9°C , et nous comptons bien marcher. Un petit bus nous attend pour nous amener au téléphérique. La conductrice nous ramènera vers 17h, notre voiture sera la seule « It means you had more fun » nous dit-elle.  On passe devant les anciennes cabines du téléphérique (du genre de celles de St Lary dans les années 90) L'endroit est évidemment très bien organisé, avec salle d'embarquement et boarding comme pour un aéroport. Il fait 3,9 °C au sommet. En 10 minutes, le téléphérique nous transporte à travers 5 étages  de végétation : du désert de Sonora  à la zone arctique/alpine. La cabine rotative (3 dans le monde) permet à tous de profiter du relief alpin très accidenté et de la vue sur le désert, à chaque minute plus vaste. C'est amusant, rapide, mais pas aussi impressionnant qu'attendu. 
Maison des 3 frères



A l’arrivée, sur 3 étages on est plus dans un immeuble que dans une arrivée de téléphérique : souvenirs divers, salles de restauration, salles de cinéma (une sur la flore et la faune du parc, un sur la construction du téléphérique), terrasses d’observation. Celle côté désert offre de belles vues sur Palm Springs, sur ces champs immenses d'éoliennes, sur la faille de San Andreas (si vous savez le distinguer), sur les montagnes près de Joshua Tree et même bien plus loin au nord (sommets enneigés). Côté forêt, la vue est moins dégagée, les pics se détachent faiblement de la forêt au premier plan. 

Nous choisissons d'éviter les deux sentiers « pour débutants » en nous rendant par un chemin bétonné à la maison des rangers à quelques minutes de là. Elle est à l'image de ce que j'imaginais. Type super accueillant, très souriant, avec plein de bons conseils, qui demande aux enfants s'ils veulent des renseignements sur les animaux (quelques fourrures pendent au mur) et qui semble simplement heureux de faire son travail. De son balcon, au pied du drapeau américain, il surveillera son domaine, pantalon et chemise beige, chapeau de ranger et regard au loin vers la cime des arbres. Il nous déconseille d'aller trop loin hors sentier tant la progression nous sera mal aisée en raison de la neige, épaisse il est vrai.

Nous partons donc dans la zone « wilderness », une fois les formalités du permis remplies (nombre de personnes, voiture, parcours choisi) sur le sentier « Round Valley ». En fait il n'est pas très bien balisé, hormis quelques panneaux (attention aux pumas, parfois agressifs) et on finira par ne plus trop savoir où l'on est et nous rentrerons alors sagement. J'adore ce lieu, le calme, les arbres tous très beaux, les couleurs. Je pense à Thoreau, à Muir (venu ici pour ses recherches sur les parcs de Californie) avec l'envie de relire du nature writing à mon retour. C'est un plaisir aussi de s'enfoncer dans la poudreuse et de faire sa trace au milieu de ses pics à plus de 3000 mètres. 

On rentrera quand l'ombre commencera à recouvrir le désert. La descente est presque plus intéressante que la montée tant on mesure la dénivellation (environ 2000 mètres). Les oreilles se bouchent et, de la neige, on termine dans le désert. Nous quittons la vallée pour rentrer vers Los Angeles. Notre destination: San Clemente station balnéaire, toute près de Dana Point et de ses baleines, but de notre étape. La route n'en finit pas de longer des centres commerciaux sans âmes pour finir par s'élargir et s'élargir encore pour ne plus qu'être une autoroute encombrée. En soirée, restaurant à la décoration axée sur le cinéma dans le Old City Plaza de San Clemente pour des burgers peu savoureux malgré l'accueil sympathique et le charme du lieu au centre de toutes ces photographies et des ces écrans montrant Grease ou des films de Shirley Temple. Près de l'autoroute, l 'Holiday Inn sera confortable.



Quelques    ​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​PHOTOS  du parc de San Jacinto et du téléphérique.

DANA POINT: otaries et baleines grises

​ Après un copieux petit déjeuner nous partons à Dana Point à 15 minutes de là. Capitale de la baleine (un festival lui est consacré en mars) la marina offre un visage propret et très nature, très cool. Les mamies promènent leurs chiens, d'autres font leur sport avec des tenues assorties et les bars et restaurants font le plein avant 12 h. Notre bateau, de taille relativement modeste, embarque les touristes pour une sortie en mer d'environ 1h45. Dans le port, des gens font du kayak à pédales, d'autres du paddle au milieu des pélicans, des otaries et des cormorans en grand nombre dans le coin. Si on enlève les autoroutes et le monde permanent dans le coin, la qualité de vie semble ici  vraiment appréciable, en tee-shirt au soleil du mois de mars. 

La promenade ne nous amène pas très loin de la côte, les baleines grises la longeant durant leur migration en cette saison. Nous observerons vite, mais de loin des dauphins, puis une baleine, puis deux autres. La technique consiste à repérer les souffles et les dos des baleines quand elles remontent pour 2 ou 3 respirations avant de replonger pour 5, 6 minutes. Nous voyons surtout les dos, parfois les queues hors de l'eau, mais aux jumelles le spectacle est très agréable. Pas aussi impressionnant qu'à Boston où les baleines à bosses se nourrissaient devant nous, fanons hors de l'eau, mais tout le monde passe un bon moment. On observera même au retour les otaries en train de dormir entassées sur une bouée. Petit passage au magasin d'usine de Rainbow, une marque locale de sandales et tongs pour surfeur ( pas le coup de foudre) et nous voilà embarqués dans les gros bouchons pour rejoindre notre hôtel du soir vers Seal Beach. L'hôtel Ayres, en bordure d'autoroute comme hier soir, mais ici se la jouant grand luxe alors que tout est « fake ». L'entrée, avec porte bagages et zone de décharges des voitures imitent celles des palaces. Les ascenseurs passent de la musique classique. La moquette est partout, sur les murs des copies de tableaux, et puis tiens du faux marbre ...On dirait un manoir écossais en carton pâte. Cela reste néanmoins confortable, mais bon, je m'attendais à mieux. Les gérants ont eu le génie de mettre en photo sur leur site les parties anciennes et boisées sans préciser plus, bonne idée non ? On passera la soirée à Long Beach, près du Shoreline Village, une sorte de ponton avec restaurants voulant recréer l'ambiance d'un village de pêcheurs, artificiel, agréable sans plus. Nous finirons dans un restaurant BBQ autour d'un énorme plat à partager pour 6 : maïs, bœuf émincé, ribs, beans, frites en spirale, coleslaw … « Is it enough ? » Yeah, trust me » répond la serveuse. On se régale, devant un match en direct des Lakers, entourés de locaux parfois de forte corpulence, dans une ambiance plus familiale que dans le village. 

On va adorer cet endroit qui nous semble authentique. Sinon de Long Beach, nous ne verrons que le Queen Mary illuminé, un shopping center outlet(tout proche mais pas vraiment intéressant) , quelques belles maisons et le port au loin. Dernière soirée aux USA. Le lendemain, ce sera lavage de voiture au Car Wash , remise des clés ( nous étions un peu inquiets mais ils ne sont vraiment pas tatillons sur l'état des lieux) , transfert à LAX où tout est assez lent , le check-in automatisé qui ne marche pas, l'avion qui décolle avec 1h30 de retard, et le shopping bien tristounet. Le Boeing 777-200 ne sera pas du tout aussi confortable que notre Airbus A380 de l'aller, bien plus bruyant, moins stable, et nous y serons plus à l'étroit. Patience, plus que 9h de vol pour Londres. Quelques magnifiques aurores boréales, toutes dansantes, d'un vert intense, observées au-dessus de la baie d'Hudson, feront le spectacle. Nous raterons notre correspondance à Londres, et profiterons du terminal 5 pendant 7 heures de plus, 10 livres en poche offert par la compagnie en compensation (très bon plat de nouilles japonaises). En plus nous perdons ma mère de longues minutes avant la douane! Encore du retard et enfin le décollage. Alice s’endort, tout le monde la suit. Après les longues formalités douanières à Toulouse nous retrouvons la voiture pour finir à 2 h du mat ce long, très long retour.


VISITER LE SUD DE LA CALIFORNIE POUR :

-dormir dans un lodge de la Vallée de la Mort et sortir observer le ciel nocturne

-voir la Vallée de la Mort depuis le Dante's View

-visiter le village de Randsburg avec ces bikers et son ambiance western

-profiter des bains chauds la nuit, au son des grenouilles, dans les champs autour de Tecopa

-gravir un petit sommet dans le désert Mojave au milieu des arbres de Josué

-visiter le parc de Joshua Tree pour s'amuser au milieu des rochers et des cactus

-passer du désert à la neige au téléphérique de Palm Springs

-se promener dan les canyons et les oasis des Indian Canyons

-observer les baleines et les otaries à Dana Point



Quelques    ​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​PHOTOS  de San Clemente à Long Beach.

La   vidéo du séjour en Californie


Un petit aperçu en 9 minutes  et en musique des différentes ambiances du séjour, de la ville au désert,  de la montagne à l'océan.


CONCLUSION

Découvrir la Californie, c’est un peu ouvrir les yeux sur quelque chose de connu, déballer un cadeau à Noël pour un jouet attendu, un jouet dont on connait déjà la moindre des faces et les moindres détails vus sur catalogue. La découverte est ici  une confirmation. Je n’ai pas appris grand-chose cette fois  car le format de ce voyage était peu propice à la profondeur, passant 99% de mon temps avec mes proches sans véritables  discussions avec les locaux. C’était un voyage pour les yeux, plus que pour le cœur, un circuit derrière l’écran au milieu d’images si familières mais dont les dimensions nous échappaient parfois. C’est bien cette troisième dimension de l’espace qui fut marquante, cette échelle démesurée que l’on perçoit depuis l’avion ou sur les routes panoramiques. Los Angeles impressionne par exemple par son gigantisme diluée, bien loin des centres denses des villes de la côte est, ses routes extra larges, ses maisons incroyables et par ses contrastes criants. Rarement une ville ne m’a semblé si inhumaine. Les pauvres ici vivent au pied des riches, littéralement,  ils survivent sur du béton, au pied des cafés branchés et leur condition m’a semblé pire que celle de ceux de Manille ou de Delhi. Ces villes me semblent aussi impitoyables mais j’ose croire que la débrouille y serait plus simple et les tentations moins grandes qu’à Los Angeles. La ville m’a sinon surpris par la qualité de ses musées, par ses ambiances contrastées et elle a bien plus à offrir que ce que pourraient témoigner d’autres voyageurs conseillant de ne lui consacrer qu’un temps minimum. Quant à la campagne Californienne.... ? Mais d’ailleurs pourquoi ce terme, il n’est pas du tout adapté à cette géographie. La ville pousse sur un désert et il est là dès que l’on roule un peu. Alors on entre dans un autre monde, sec, poussiéreux, déglingué, hostile et aride.  Les endroits sont si reculés  que l’on peine à s’imaginer y vivre comme dans ces villes de Randsburg ou de Trona, uniques dans leur atmosphère pour un européen. Le sens du mot wild, les termes de pionniers, de conquête d’un territoire prennent alors tout leur sens. J’ai saisi une chose qui ne m’était pas évidente vue depuis la côte est : le peuple américain a du conquérir un espace et braver une géographie hostile, ce qui n’est pas dans mes gènes de Français, qui plus est Aquitain, au milieu des fruits, des champs et au bord des ruisseaux  tièdes.  Il y a un combat, une puissance qui sourde dans la moindre parcelle de terrain, et devant chaque témoignage de leur histoire. Cela ne passe pas à l’écran.
L’Amérique, terre de liberté, le rêve américain ...Difficile de trancher, entre fascination et rejet, le pays est attirant et horripilant à la fois, très complexe en tout cas.  Pour bien vivre, on dit souvent qu’il faut apprendre à  connaître ses voisins, et voilà un pays voisin de tous, présent partout. C’est le voisin qui a la plus grosse voiture et le plus gros compte à banque du quartier monde. Il est parfois belliqueux et revanchard, paranoïaque et  un peu trop religieux pour la moyenne. Il impose souvent ses choix.  Mais il vous invite, pour l’instant, à venir le visiter.  Mon conseil : ne pas s’en priver, y aller pour tenter de le comprendre, sa maison est si grande. Il y a une salle de jeux, une salle de sport, une salle des coffres, un home-cinéma, une bibliothèque bien fournie....bref une pièce pour chacun d’entre nous...si vous avez quelques dollars en poche, bien évidemment.  


LE POUR : la quantité de clichés culturels, les espaces immenses des parcs, le contact avec les américains, la variété des expériences, la qualité des musées (souvent gratuits)

LE CONTRE : la nécessité d’avoir une voiture, le coût de la bonne nourriture, les contrastes choquants entre riches et pauvres, les distances