MALAISIE ET SINGAPOUR
POURQUOI la MALAISIE et SINGAPOUR ?
Que ce fut dur de se décider cette année! Je ne sais pas si mes nombreux voyages rapprochés ont baissé mon énergie pour cet été mais là j'ai longtemps hésité. Je trouve souvent que partir est vain mais c'est une drogue dure et je ne peux qu'y céder. L'amour, le partage...au plus haut niveau. On cherche un peu partout. Les deux derniers voyages avec Nina furent si riches en émotions .La barre est haute. J'ai passé des heures à étudier les destinations, hésitant sur mes envies. Irlande? Asie? États-Unis? Comme toujours j'essaye de prendre le chemin le plus dur , le moins confortable. Un jour je céderai vers la facilité . Je sens qu'il faut partir loin et dans ces conditions tant qu'on n' est pas trop vieux. Pourtant chaque été l'envie de se poser , de profiter de la France revient où est -ce en fait une sorte de flemme ? On en parle souvent avec Thierry. Mais à chaque retour on oublie ces questionnement, on sait déjà qu'on repartira...car comme toujours c'est terriblement exaltant d'explorer notre monde.
Je me suis décidé pour la Malaisie. Un mois. Je voulais l'Asie, les prix étaient les moins élevés du secteur, la saison bonne, le pays facile à visiter et il il y a aussi la mythique Bornéo , irrésistiblement attractive et Singapour , ville à voir. Et puis après quelques jours seuls à la maison cela m'a fait un peu peur. Peur d'une certaine solitude. J'ai enlevé une semaine. Et puis à la dernière minute j'apprends que Thierry et Luisa vont aussi aller en Malaisie . Ils avaient prévu l'Indonésie mais changent d'avis. C'est pour moi une énorme nouvelle qui me regonfle. Partager avec eux donne un autre sens à ce voyage. Le verre vide se remplit. Après coup le voyage ne paraît jamais trop long , mais au moment de se décider on doute toujours un peu.
L'EQUIPE:
J'ai commencé les deux premières semaines seuls avant de rejoindre Thierry et Luisa pour la partie Bornéo.
PLAN DU VOYAGE
ITINERAIRE ET ORGANISATION
J'ai commencé seul par la visite de Kuala Lumpur avant de remonter vers le nord faire une étape dans les Cameron Highlands avant de rejoindre l'île de Penang à Georgetown. De là j'ai pris un vol pour faire étape à Singapour ,puis un vol pour Kuching, sur l'île de Bornéo. J'y ai rencontré Thierry et Luisa . Quelques jours dans la ville et les environs (parc de Bako, de Gunung Gading, centre de Semenggoh) avant de prendre un vol pour Mulu et ses grottes. Vol et escale à Miri avant de reprendre un vol aller et retour pour Bario où nous séjournons un peu. Vol final pour Kuala Lumpur avant le départ.
PERIODE :
Je suis parti au mois de juillet 2010. C'est parait-il une bonne période pour le coin. De belles journées ensoleillées mais aussi quasiment un peu de pluie chaque jour. Prévoir un parapluie costaud car les averses sont parfois violentes. Température chaudes tout au long du séjour et humidité oppressante surtout les premiers jours.
Au niveau de la fréquentation des sites pas de problèmes majeurs sauf les WE dans certains endroits comme les Cameron Highlands. Par contre pour la partie Bornéo il est nécessaire de réserver ses vols bien à l'avance et de se renseigner auprès des parcs pour les hébergements sous peine de payer le prix fort ou au pire de manquer ce qu'il y a à voir!
Voici un extrait issu du site Quandpartir? : "Le climat est de type équatorial, légèrement tempéré par les entrées maritimes. La température est élevée à longueur d'année, et l'humidité quasi-permanente. L'eau est à plus de 25°C. La mousson d'hiver domine entre novembre et février avec de fortes pluies, particulièrement dans les régions de l'est. La mousson d'été est active à partir d'août et jusqu'en novembre, elle apporte les pluies à l'ouest et s'accompagne de vents très violents.
Tenez compte de ces différences, en évitant les séjours à l'est du pays entre octobre et février. Pour le reste du territoire, toute l'année peut être propice à votre voyage, si ce n'est le mois du Ramadan où tout fonctionne au ralenti. "
NIVEAU :
C'est vraiment un voyage tranquille dans un pays facile. L'ensemble des structures est bien organisée et on ne ressent pas de stress pour arranger ses déplacements ou son hébergement. Beaucoup de lignes intérieures sûres et pas cher. Des bus parfois très confortables. Des hôtels et une restauration de qualité et peu onéreux. Les villes aussi ne sont pas impressionnantes, les gens parlent anglais et tout est bien indiqué. Comparé à l'Inde c'est une Asie moins fatigante et plus abordable.
Voir les conseils aux voyageurs du ministère des affaires étrangères pour plus de renseignements.
HEBERGEMENT ET BUDGET (2010) : L'ensemble du voyage m'est revenu à environ 2000 euros ( en comptant 1300 euros pour les vols et 700 euros sur place, souvenirs compris) . Le budget vol est important mais au total j'ai pris...12 fois l'avion! On peut noter qu'en prenant s'y prenant plus tôt cette note pourrait être réduite d'au moins 300 bons euros. Je m'y suis pris vraiment au dernier moment . Sans l'aide de tous les gens qui m'ont hébergé ( 16 nuits au total) j'aurais augmenté fortement ce budget... en particulier à Singapour. Je mangeais très bien dans les stands de rue pour 2 euros environs. On peut se loger correctement pour environ 5 euros....bref un voyage économique. La partie Mulu nous a coûté cher car on a du séjourner dans un resort à 130 euros la nuit pendant 3 nuits! Je le répète en s'organisant mieux on peut vraiment s'éclater en Malaisie pour pas cher.
Voir le taux de change entre les euros et le ringgit. (environ 1 euro pour 4.2 ringgit en juillet 2010)
QUELQUES LIENS UTILES
Pour préparer ce voyage j'ai utilisé :
- le site du guide du Routard
- le site et le guide Lonely Planet . Toujours très bien fait. Une bible.
- le site officiel de l'office du tourisme de Malaisie.
- les site d'Air Asia et de Maswings utiles pour trouver les billets d'avion.
Je conseille aussi la lecture de quelques livres , très utiles pour s'imprégner , avant, pendant et après le voyage:
- "Au coeur de Bornéo" chez Payot par R.O'Hanlon . Le récit humouristique d'une exploration d'une partie du Sarawak ( Bornéo) au début des années 80 par deux anglais érudits. Très agréables , on retrouve beaucoup de ce que l'on voit.
- "Un rajah blanc à Bornéo: la vie de Sir James Brooke" par N. Barley. Un intéressant récit sur un personnage important du Bornéo du 19ème siècle. Plus sérieux que le précèdent mais jamais ennuyeux.
- "Malaisie" d' Henri Fauconnier, prix Goncourt 1930.
- "Un Etranger Dans La Forêt - Jusqu'au Bout Des Mystères De Bornéo " par E. Hansen.
KUALA LUMPUR
6 juillet: C'est une première cette année: départ de Bergerac pour Kuala Lumpur via Londres. C'est plutôt une bonne chose, non pas que l'aéroport de Toulouse soit particulièrement stressant, mais Bergerac l'est encore moins. Plus près, plus petit ce sera un plaisir de s'y rendre. J'ai un vol à 18h20 ce qui me laisse la journée pour peaufiner les bagages. J'ai beau être organisé et habitué , l'organisation prend toujours du temps y compris à la dernière minute. J'étais encore hier soir à acheter avec Thierry des billets pour Bornéo. Très belle journée en France, étape du tour dans les pavés du Nord. Comme toujours si je réfléchis un peu je me dis " pourquoi partir seul au bout du monde et ne pas rester tranquille dans son jardin? ". C'est vrai qu'il faut se faire un peu violence et ne pas trop y réfléchir. Penser à son dernier lit frais , au calme, à ses habitudes confortables...ne motive pas. Il faut passer par ce moment un peu froid pour atteindre le chaud. Le fait de rentrer fin juillet, de revoir le chien , d'être attendu par ma famille au retour peut paraître futile mais cela me donne du moral pour partir. Si on rajoute le fait que Thierry et Luisa, me rejoindront pour la fin de mon séjour, si on rajoute Marcus, de Couchsurfing, qui m'attend à Kuala Lumpur ...je ne pars plus trop seul. Allez on y croit. Je profite du beau trajet et de la climatisation de la Megane jusqu'à Bergerac et il faut dire au revoir. Ma mère comme toujours semble plus stressée que moi.
Le vol sera superbe. Quel plaisir de voir la gironde, Soulac, l'île de Ré vus d'avion! C'est un spectacle magnifique. Plongé dans mon guide le voyage sera très rapide. Je vais ensuite attendre pas mal de temps à Stansted mon vol Air Asia . Londres est à 40 minutes en train. Je m'imagine y vivant et arrivant à mon appartement. Cette ville m'attire c'est un fait. Et toujours ces mêmes remarques. Pourquoi ne suis-je pas en vacances à Cambridge ou dans les Cornouailles? Pourquoi aller si loin alors que j'ai envie d'aller plus près? Exigence forte ou sentiment d'urgence face à un monde qui change? On verra l'an prochain.
Je profite de mes 4 heures d'attente pour observer les gens. Un vieux couple anglais attendant leur fille. Voir les retrouvailles. Emotion. Cela doit être bien d'attendre ses enfants à l'aéroport. Je pense aussi à mon dernier accueil de Nina à Brème. Quel plaisir d'être attendu quelque part! Décidément on n'est pas fait pour vivre , pour être seuls. On le sait tous mais le voyage et l'éloignement progressif de notre univers familier nous le rappellent , le met en relief. A la télé les Pays-Bas battent l'Uruguay en demi-finale de la coupe du monde. Je me dirige lentement vers le guichet AirAsia qui comme bon nombre de longs courrier est annoncé par une queue dont on cherche l'origine. Les gens rigolent ou pas mais discutent un peu , leurs passeports en main. Je ne peux qu'écouter. Départ à l'heure 23H55. Que dire d'Air Asia? Bon d'abord pas de télé dans l'avion et sièges peut être moins confortables que chez les grandes compagnies. Heureusement j'ai pris par internet un repas...qu'ils servent vers 1 h du matin. Je n'ai toujours pas compris comment ils choisissent leurs horaires. Une petite barquette pas terrible et un peu d'eau. Je crains de mourir de soif pendant 13 heures et on ne peut payer qu'en monnaie malaise ou en livres. Ma voisine s'éclipsant vers une autre place je vais avoir la chance de profiter d'un espace supplémentaire pour mes jambes. Bouchons d'oreilles, loup et un demi stilnox plus tard je vais pas mal dormir même si je n'en ai pas l'impression. Je demande l'heure à mon voisin ..plus que 3 heures! Finalement un vol de nuit est une très bonne chose.
7 juillet:Un petit repas et puis c'est l'arrivée. On survole ce qu'on pourrait croire être de la jungle, c'est en fait d' immenses champs de palmiers à huile à perte de vue. L'aéroport lowcost LCCT est bien sûr un peu tristounet mais comme toujours on est bien guidés , on n'a qu'à suivre les files. Dans le bus pour KL central , à prendre en sortant de l'aéroport pour 9 Rm, je me retrouve à côte de la plus belle des hôtesses de l'air de l'avion. Bienvenue en Malaisie! Aucun stress. L'arrivée à Kuala Lumpur de nuit est spectaculaire avec la vision des Tours Petronas. Tout semble clean et moderne, la nuit brillant et effaçant les défauts. Des autoroutes et des routes se croisant de partout mais avec l'impression d'être bien maîtrisées , à la différence d'autres villes. C'est un peu un Bangkok soft et calme. Sur les conseils de Marcus, qui va m'héberger, je me rends en métro aérien (le LRT) à Pasar Seni , en face de Chinatown. Finalement en forme, je visite un peu avec tout mon barda, en particulier Jalan Petaling , très animée avec ses vendeurs et ses contrefaçons et ses touristes. Je galère un peu pour trouver le Reggae Bar où je dois retrouver Marcus. C'est le genre de bar que je n'aime pas. Prix touristes, des américains , des français, des cartes où les plats asiatiques ne sont pas disponibles ( " vous avez des pizzas sir.. ") , télé avec du foot....Je vais rester ici plus de trois heures pour l'attendre en profitant pour lire 70 pages de mon livre " Un étranger à Bornéo ". Musique assourdissante , je n'ai qu'une envie: me barrer. C'est en fait le genre d'endroit où j'avais rencontré Max en Thaïlande le premier soir sur Kao San Road. J'avais apprécié pour ma première soirée en Asie mais aujourd'hui je n'aime plus du tout. Pas envie de payer en euros et de mon confort d'européen. Vers 1 h du mat Marcus me rejoint, il boit une bière et on rentre en taxi. Marrant comme le chauffeur mélange anglais et langue malaise. C'est du à leur double éducation. Il habite à Pantai Hillpark , un ensemble d' appartements assez confortables dans de grandes tours. La vue de la salle à manger est impressionnante sur les buildings. J'adore. On va passer pas mal de temps à discuter, regardant la demi finale Espagne -Allemagne. Je n'ai pas trop sommeil et Marcus ne dort que 5 heures par nuit.
J'apprends qu'il vient du Sarawak à Bornéo. Sa famille possède une long house (maison longue traditionnelle) et sa mère est issue d'un clan de chasseurs de tête. Il me parle de son grand-père qui a bien connu cette époque, l'occupation japonaise etc...En deux générations tout cela disparaît pratiquement. La fin d'un monde.
Vers 4 heures du mat , au lit. Dans 2 heures le muezzin réveillera tout le monde.
Très bonne arrivée, sans stress. Ville qui semble facile à aborder.

8 juillet: Très bonne nuit malgré la chaleur, je crois me réveiller vers midi. A peine le temps de prendre une douche et je suis Marcus pour prendre un bus. Bon la journée c'est forcément plus animé et un peu moins étincelant mais quand même. Si la misère existe à KL, elle m'est cachée. Je descends devant le Central Market, parfait endroit pour me restaurer. Le genre d'endroit très bon aussi pour faire ses achats de souvenirs en fin de séjour. Je vais manger à la Malay Tea House . Vus les prix je prends ce que me conseille le restaurateur, un luxe dans ces pays. Je vais passer mon séjour à essayer de nouveaux plats. Très bon, et tant pis, je mange crudités et glaçons...je n'aurai pas de soucis au cours du voyage.
Je traverse ensuite une passerelle pour aller admirer le Kompleks Dayabumi, beau building sans plus. Je longe la rivière (en fait une sorte de gros égout) , déserte ( là est aussi une différence avec Bangkok) pour rejoindre Merdeka Square, terrain de criquet à l'époque coloniale. Grande surface libre entourée de beaux bâtiments et d'une fontaine rafraîchissante VIDEO. Le soleil cogne. Je vais ensuite pas mal de temps à " explorer " Little India et Chinatown. Little india ne m'impressionne pas trop. C'est de l'Inde en calme et en plus propre. Beaucoup plus tranquille qu'à Delhi. J'y vois quelques vestiges coloniaux ( la Loke Mansion, l'hôtel Coliseum) mais je n'arrive pas à me transporter dans le temps. Le quartier chinois est plus intéressant. J'aime beaucoup le petit temple Sze Ya . Atmosphère vraiment originale et dépaysante avec ses odeurs d'encens , ses prières à acheter et une position particulière au milieu des immeubles.
Je retiens aussi le Jalan Sang Guna, petit passage abritant le marché au produit frais de Chinatown. C'est un peu limite niveau hygiène, un rat me croise, et très dépaysant. La Chine d'avant apparaît avec des vieilles inscriptions ( nom de propriétaires ou de marchants) au niveau de certaines portes. C'est un monde vraiment éloigné du notre et de nos centres Leclerc. Je vais aussi dans ce quartier voir des boutiques d'un autre âge avec parfois un pépé qui vend on ne sait quoi. Le genre de boutique sans devantures . Les gens qui achètent savent, les autres....?
Je vais ensuite rejoindre avec difficultés , au milieu de cet enchevêtrement de routes, l'ancienne gare de KL ( juste l'intérêt de son architecture) pour rejoindre les Lake Gardens. Je passe sans m'arrêter devant la grande mosquée nationale ( après Istanbul , cela ne peut que me décevoir) et monte vers le parc. En fait j'y arrive quand tout ferme . Le Birdpark semble très intéressant et immense. Les autre petits jardins ferment devant moi. Je ne sais donc pas ce que ça vaut. Je commence à fatiguer et rentre à pied au central market ou je remange au même restaurant qu'à midi. Un bus local ( merci Marcus) assez long ( je crois me perdre) et me revoilà vers 21h à l'appart. Douche , texte , je crois que le réveil sera tôt demain alors...
Très bonne journée. Ville facile à vivre, pas toujours simple à parcourir (pas vraiment faite pour les piétons) . Le contraste est intéressant entre le modernisme de l'architecture et les anciennes boutiques mais on sent le pays bien plus avancé que l'Inde par exemple. Pas de monuments à couper le souffle mais juste le plaisir de faner tranquillement dans une grande capitale d 'Asie.
9 juillet: En me couchant je projette de me lever très tôt pour être dans les premiers à faire la queue au pied des tours Petronas. Seuls les premiers ont en effet droit au ticket (gratuit) permettant d'admirer la vue depuis la passerelle entre les deux tours. Minuit, 1 heure, 2 heures , 3 heures du mat..et le sommeil ne vient toujours pas. Je me dis qu'il n'est pas raisonnable de me lever à 7 h30 et de comater , pour sûr, une bonne partie de la journée. A l'heure du réveil j'annonce à Marcus, qui pensait m'accompagner, que je vais rester au lit. Je crois qu'il accepte volontiers cette option. Je vais en fait me lever vers 13h30! Douche et réveil rapide, je profite du départ d'un des colocataires de Marcus qui m'emmène en voiture à la gare du métro LRT. Premier arrêt: Kampung Baru. C'est le quartier malais de la ville avec quelques vieilles maisons , sur fond de ville ultra moderne. C'est agréable et simple;Je commence par déjeuner d'un fish and chips dans une cantine locale. D'autres me faisaient envie mais c'est pas simple de choisir: tu ne sais pas ce qui est dans ton assiette et là ..ils ne parlaient pas anglais!Je poursuis ma visite par le temple Sikh, proche. Visite intéressante, comme à Delhi, on se couvre la tête , se lave et les mains et un type nous fait visiter. Nous sommes 2...et là ...pas de tips comme en Inde! Immense salle de prière avec une seule personne et un religieux qui lit des prières. Drôle d'ambianceVIDEO .
Je veux ensuite rejoindre les tours Pétronas proches. A pied cela me semble impossible vue les échangeurs partout. Un coup de LRT et c'est bon. J'arrive en plein milieu du Suria KLCC , immense et ultramoderne centre commercial. Le contraste est saisissant avec le reste de ma visite. Stand Estee Lauder qui recherche des modèles, gens sapés partout, boutiques de luxe....L'architecture et les volumes me saisissent, je ne crois pas avoir vu plus grand shopping center. J'erre donc un peu avec mes Reef et mon bermuda dans ce temple capitaliste puis sort admirer les deux tours de 452 m.
Je ne suis pas en mode fashion victime. Entourées par un jardin agréable et une esplanade , leur vue est impressionnante VIDEO. Je poursuis ensuite , tant bien que mal, pour trouver la Menara KL , 421m, une des plus haute du monde. Pas simple dans ce dédale de routes et de gratte-ciel. New-York est bien plus simple! Arrivé au pied de la colline , un service de navette gratuite m'emmène en 5 minutes au pied de la tour. Pour mois de 10 euros on peut monter à l'observatoire ( 276 m) , profiter d'une petite animalerie et d'une simulation de Formule 1. La vue d'abord. Bien sûr agréable mais le temps couvert m'empêche de m'exalter. Pour l'instant rien ne vaut l'Empire State Building. La ville apparaît bien verte curieusement. Belles vues sur les Pétronas. L'animalerie ensuite vaut pour ses nombreux serpents et ses araignées. Intéressant de les voir d'aussi près. La simulation de Formule 1 n'est qu'un jeu vidéo. Un coup de navette et je quitte ce lieu très touristique pour trouver une petite cantine au milieu des buildings. Repas solitaire d'une bonne soupe de nouilles au poulet et au crevettes. Un coup de monorail panoramique ( belles vues sur KL by night) pour KL central d'où je prends mon bus pour rentrer.
Que penser de cette ville? Très moderne dans l'ensemble , agréable pour 2 jours, dépaysant parfois mais assez rarement. Je m'y adapte bien …pour dire si le choc n'est pas là. Une bonne approche de l'Asie pour un voyageur débutant . Transports en commun efficaces mais à pied c'est pas toujours simple.
CAMERON HIGHLANDS
10 juillet : Encore une fois impossible de m'endormir avant au moins 3 heures du mat. J'ai même pris un demi Stilnox , excédé d'ennui dans mon lit. J'ai même le temps de parler de ma journée avec Marcus qui vit la nuit, en fait il ne dort jamais!Je me force quand même à me réveiller à 9 h 30 pour enfin trouver un rythme correct et pour aussi avoir un bus pour les Cameron Highlands. Marcus m'annonce que la gare centrale des bus est en rénovation. Très aimablement il appelle je ne sais qui pour confirmer et me sort quelques horaires. Il décide même de m'accompagner. Bus puis train, on se rend à une gare des bus en dehors de la ville , toute proche d'un stade de football qui servit au jeux du Commonwealth. Marcus m'a évité ce matin une sacré perte de temps. Je lui offre le petit déj. Il me donne pleins de tuyaux pour ma visite de Penang , on cause encore de son grand -père Iban , des tatouages, des chasseurs de têtes. On regrette aussi les problèmes que causent les grandes entreprises qui détruisent la forêt , qui corrompent les Penan , bien naïfs et souvent impuissants face à ce qui les attend. On parle aussi beaucoup de son futur voyage: l'Europe en 3 semaine! Un projet irréel selon moi et très superficiel. C'est peut être un truc très asiatique: " faire des pays " en 2 jours et cocher des cases. Il y en a aussi parmi nous mais c'est à creuser. Il m'accompagnera et attendra , en plein cagnard. Vraiment un gars sympa. Trajet hyperconfortable. Bus VIP et quasiment personne: 4 touristes et 2 gars. La route en quittant KL est déplorable: des hectares de forêts coupés, des palmiers à perte de vue (la Malaisie étant le premier producteur mondial en 2010) . C'est Avatar en 4 D. Après le traditionnel arrêt repas sur le pouce on quitte l'autoroute pour monter dans les highlands. Et là cela devient superbe. Une cinquantaine de km de montée au milieu de très belles forêts, de l'eau partout, une belle cascade, pleins de gens vendant de légumes, quelques durians , abrités sous des toits de feuilles . Des maisons anciennes et en bois sur pilotis. Des nuages accrochés aux sommets. J'apprécie. L'arrivée à Ringlet change la donne. Ville moche . Puis on sent que la station approche, la route s'élargit et les panneaux de pub annoncent. On aperçoit déjà de belles plantation de thé, la spécialité ici et des touristes bien sûr.
L'arrivée à Tana Ratah est quelconque. Ce n'est pas Cauterêts, station d'altitude mais l'ambiance n'y est pas. Je file et vois me refuser 3 guest houses. Tout est plein ce samedi. De toute façon la vue de tous mes semblables , en plus jeunes, affalés dans la salle commune à écouter des clips , ne me fait pas du tout envie!Je vieillis et ne me retrouve plus dans ce type de voyage. Couchsurfing est aussi passé par là. Je veux du local please! Je trouve une guest house KRS Pines, familiale, et vais finalement trouver à partager une chambre avec une suisse, un peu déçue de mon arrivée, forcément. Mais pas trop, on va partir en ville, réserver un day trip pour demain et même manger ensemble. La vue de ces programmes identiques ne me plait pas du tout...mais je n'ai le choix pour voir ce qu'il y a à voir. On opte pour celui qui, honnête, nous dit que la Raflésie , plus grande fleur du monde, n'est pas visible tous les jours et qu'on ne peux assurer sa vision. On verra , j'espère que cela ne sera pas trop un cirque. Pour le repas c'est pareil. La plupart de me semblables se ruent aux mêmes adresses (il y a même un Starbucks!). Tourisme grégaire. On opte pour un snack pleins de locaux, sans cartes en anglais...C'est très bon et plus amusant non?Petite ballade en ville, pas grand chose à voir sinon des snacks , des bars et des boutiques parfois kitch. Je termine la journée , au frais, dans le petit jardin de la guest house écoutant les quelques animaux et discutant avec Alex, la suissesse. On est loin du livre de la jungle mais l'ambiance est agréable. Bonne journée de transition donc. Tranquille. Bon moral.
11 juillet: Ma première bonne nuit...trop courte, jusqu'au réveil de 8h.Un minibus vient nous chercher pour un daytrip dans la région. Au départ je ne suis jamais à l'aise dans ces ambiances mais finalement le groupe sera bon: 2 étudiantes hollandaises dont un sosie de Scarlett Johansson, un couple de parisiens sympathique avec qui je vais pas mal discuter. Cela doit venir de ma frustration de l'anglais, là quand je veux parler c'est tellement plus simple. On commence par s'élever vers les plantations de thé. C'est vraiment beau avec le soleil et la température est vraiment agréable ici. Je pense à des paysages de Chine ou de Darjelling. Ici le ramassage se fait à la machine portée sur ces pentes escarpées par deux hommes. Plus gros rendement mais moins bonne qualité. La route étroite devient bondée et c'est très difficile de se croiser. On est dimanche en plus. On poursuit vers une route étroite montant au sommet de Gunung Brinchang. Là-haut (2031 m) au pied d'antennes de télécommunication, on monte sur une structure en métal de quelques mètres pour profiter de la vue VIDEO. C'est très beau , vert, rien à redire. La visite continue par une petite ballade très intéressante dans une forêt de mousse comme ils disent VIDEO. Curieusement, juste en sortant de la route on rentre dans un autre monde. On se croirait vraiment dans la jungle la plus profonde avec ses lianes , ses coins impénétrables et tous ces arbres remplis de mousse. Je n'attendais pas grand chose de cette partie et j'ai adoré.
On se rend ensuite à la plus grande , du moins la plus célèbre plantation de thé formée en 1929: Boh. C'est bondé mais la visite de l'usine de fabrication du thé est très intéressante. Il y de belles vues sur les champs de thé VIDEO et un bar vraiment panoramique. On finira la matinée dans un jardin d'insectes, reptiles, plantes et papillons. A la différence d'autres endroits de ce genre on a droit à une visite guidée avec sortie de certaines espèces de leurs lieux de vie pour mieux les observer voire les toucher. Pas sûr que les bébêtes apprécient...mais bon ce ne sont que des caresses. Je retiendrai le scarabée rhinocéros énorme, des insectes feuilles, un gros gecko sur le bras , de nombreux impressionnants serpents mais le clou reste les scorpions. Ils en grouillent des dizaines, de gros noirs. Le guide en dépose un sur ma main, je ne suis pas rassuré , c'est contre nature en fait. Pourtant ce n'est pas un animal agressif , le guide doit par contre le retirer car la technique demande un peu d'exercice. Tout le monde semble impressionné. J'apprécierai aussi beaucoup la volière aux papillons. C'est bien en fait de voir la " vraie " jungle où l'on ne voit presque rien et d'ensuite voir ses habitants dans d'autres conditions. On rentre ensuite déposer à Tanah Rata ceux qui n'ont pris que la demi-journée, puis je déjeune avec les 3 filles restantes d'un bon combo indien, comme là-bas.
L'après-midi commence par un retour sur la route de Ringlet pour aller voir une communauté Orang Asli, nom sous lequel, en Malaisie, on désigne les populations aborigènes . Sentiments partagés. En bord de route dans de longues maisons en végétal , ils (les femmes restent plus loin dans un autre endroit) vendent quelques pousses de bambous, du gingembre et quelques breuvages bizarres. Celui qui nous reçoit ne porte qu'un pagne traditionnel , ces amis sont plus occidentaux. Le gars semble un peu éméché comme ses compères , assez miséreux on peut dire. Un singe accroché à un mètre de corde, un vieux chien, des déchets....Certains allongés dans leur hutte à boire et à grogner. Il nous emmène non loi de là voir un cascade pour faire quelques photos. Assez zoo humain, je ne sais pas. Ce chasseur adroit commence par perdre une de ses pointes en soufflant avec sa sarbacane. Puis montrant ses muscles sur un rocher il glisse piteusement sur les fesses. Éméché oui. Grand chasseur? On va ensuite rentrer dans une maison pour écouter quelques chants et voir quelques danses du même chasseur. C'est bon enfant mais pas d'un grand niveau. On s'essaye ensuite au tir à la sarbacane , en bord de route. Deux malais de la ville, aussi curieux que nous s'arrêtent même. Un des gars à l'hygiène dentaire déplorable commence à venir nous voir et à parler. Notre guide est vigilant et surveille le tout. Il faut dire que ces types ont une chose dans le regard , une machette à la ceinture et une culture qui te font dire que violents ils doivent faire vraiment mal. Je me sens moyennement rassuré , vraiment, et je comprends un peu ce que devait être ce que l'on appelle " un coupeur de tête ". On ressent tous la même chose . Ces gars semblent un peu perdus dans le monde d'aujourd'hui, c'est assez triste.
Sur la route du retour on s'arrêtera voir les fermes horticoles exportant en Malaisie et à Hong-Kong. Intéressant aussi. Vers 18h c'est la fin de cette belle journée. Très touristique certes mais nécessaire dans le cas de 95% des voyageurs.
On file avec Alex acheter notre billet de bus pour Penang et au café internet. Je dois savoir si je fais du couchsurfing ou pas les jours suivants. Cela semble bon pour Penang, très bien.
Je file ensuite flâner dans la ville rue qu'est Tanah. Sympathique repas sur le pouce de crevettes frites et d'une tourte nouilles poulet pris dans le marché. Le climat et l'atmosphère mélangée de touristes et de malais font de cette étape un agréable moment.
GEORGETOWN
12 juillet: Dur réveil en pleine nuit ( SMS de France m'annonçant la victoire de l'Espagne sur les Pays-Bas) puis vrai réveil pour attraper le bus de 8 heures pour Penang. Il a plu toute la nuit ce qui rend l'atmosphère encore plus fraîche et agréable. Je quitte la ville dans un bus assez rempli de touristes. Les premiers kilomètre, presque jusqu'à la ville d'Ipoh sont agréables dans ce décors de collines recouvertes de végétation. La fin du trajet au fur et à mesure qu'on monte vers le nord est sans intérêt. Pas grand chose à se mettre sous les yeux. Pas de vie en bord de route , pas trop de choses originales. Ce n'est pas le spectacle permanent que l'on peut avoir en Afrique ou même en Thaïlande ( quoiqu'en 7 ans il paraît que cela a beaucoup changé...).Court arrêt à Buterworth, ville industrielle où la plupart des gens descendent pour attraper un ferry pour Georgetown , passage d'un très long pont et je me retrouve sur l'île de Penang. L'ensemble à première vue est très moderne avec de hauts buildings et des entreprises high tech flambant neuves. Rick m'attend à la gare des bus. C'est un cadre de chez Intel qui veut se lancer dans le trading . Grand voyageur par le travail et vivant confortablement à Georgetown. Nous attendons un autre couchsurfeur, Mohamed, enseignant en Tunisie. Ensemble et dans une ambiance vraiment amicale nous commençons par un dîner indien en ville. La gastronomie de Penang, par sa mixité ,est mondialement reconnue. Chaleur étouffante mais ville assez clean et tranquille. De belles vieilles maisons , des shop house, agréable.
Arrêt à l'appartement TRES confortable de Rick. Tout y est , quel bonheur! Mohamed nous prépare , en habit traditionnel, un thé à la menthe accompagné de makroud sous fond de musique Tunisienne. Il vient ici un peu en ambassadeur de son pays et souhaite en faire la pub, je le sens bien. Rick nous emmène ensuite en voiture voir le temple bouddhiste Wat Chayamangkalaram Souvenirs de Thaïlande, énorme bouddha couché, le troisième plus grand ...(de quoi ?). Intéressant mais pour moi un peu toujours pareil. Juste en face un équivalent birman, plus original, le temple Dhammikarama. Tranquille forcément et reposant en cette fin d'après-midi.
Rick nous emmène ensuite sur la plage voir un village de pêcheurs au delà de Teluk Bahang, à quelques kms de la ville. On longe une côte bétonnée et remplie d'hôtel de luxe, Batu Ferringhi, pour arriver sur une plage vraiment isolée. Grand hôtel fermé, pas un touriste. Nous longeons sous un soleil assommant la côte, observant les habitants rentrer de la pêche ou creusant dans le sable à la recherche de coquillage. Belles lumières et atmosphère paisible dans le village . Assoiffés on décide de se rendre à Batu Ferringhi pour trouver une noix de coco pour Mohamed. Rick , tranquille, se gare dans le parking privé d'un grand hôtel de la côte. Sa belle voiture fait qu'on passe pour des clients. Avec assurance on rentre dans l'hôtel et nous nous dirigeons vers leur plage privée pour voir le coucher de soleil. Ambiance resort. Piscines superbes, transat, musique jazzy , gens affalés ….Pour moi c'est l'ennui total. Ok c'est confortable mais que vivent ces gens du pays? Sur la plage on veut bien sûr nous vendre du parachute ascensionnel , du tour en jetski etc....En plus le coucher de soleil ne promet rien, on repart....On se promène ensuite un peu, au milieu des magasins de contrefaçons et de mes concitoyens avec banane à la ceinture et lingettes en poche. Et puis , alors que tout le monde est content et que les projets affluent pour le reste du séjour Mohamed reçoit un coup de fil qui le met en pleurs. " My father is going to die! ". Alors là tout change. Dramatique annonce, il devait renter le 26 août et doit annuler tout ça. C'est urgent. On va ensuite passer la soirée à l'aider à partir , lui trouvant un bus pour KL et un vol pour rentrer à Tunis. Ambiance très triste forcément. Il prendra, seul, le bus de nuit . Terrible contraste entre son bonheur de début de journée et la tristesse intense de la soirée. En pareille conditions je crois que je rentrerais direct, peut importe le prix. Mais que le trajet retour doit être long.
13 juillet: Très bonne nuit dans cette superbe chambre climatisée et dans ce lit king size ( matelas garantie 15 ans et d'ailleurs des gens vont venir vérifier bientôt les ressorts!). Réveil vers 10h30 , bien reposé. Je passe quelques minutes à essayer de trouver une suite à mon programme avec l'aide de Rick puis nous partons vers le colonial district. C'est une très belle concentration d'édifices de l'époque anglaise répartis en bord de mer . En vrac la tour de l'horloge commémorant les 60 ans de règne de la reine victoria, l'hôtel de ville,la mairie, le parlement de l'état , la cour suprême et le fort Cornwalis protégeant le port franc ...L'atmosphère est tranquille et très agréable . Nous partons ensuite manger chinois . Je suis Rick qui m'emmène dans des endroits où je n'irais sûrement pas seuls, d'ailleurs comme à chaque fois il n'y a pas un touriste VIDEO! Je choisis une sorte de plat de nouilles avec crevettes en beignet...Un délice! C'est à chaque fois différent. Accompagné d'un jus frais pour même pas 2 euros! Le bonheur! On visite ensuite le musée de Penang. Très bien organisé il retrace le passé de cette île. Très intéressant . On voit et imagine l'époque des pousse-pousse et des colons. Encore une fois ce devait être quelque chose .Un temps où il n'y avait pas " les Chinois "mais diverses " ethnies ", des clans tous différents par leur nourriture, leurs habits, leurs règles. On regrette cette uniformité avec Rick qui aujourd'hui porte les mêmes Reef que moi!On poursuit par la visite de Chinatown. Assez clean dans l'ensemble, comme la ville , mais très original par le nombre de ses shophouses: on bosse au rez-de-chaussée et on vit au premier.
On déambule, on visite entre deux averses une boutique de médecine chinoise ( Rick m'explique tout, du nid d'hirondelle à l'aphrodisiaque malais),on nous offre le thé. Dans une rue peu éloignée on goutte au cendol ( sorte de bol de nouilles avec des haricots , de la glace...très bon et désaltérant), déguste un thé glacé chrysanthème miel ...Le tout à des prix dérisoires . Quelques temples, des guesthouse naissantes dans Love Lane, un marché de la viande chinois (forcément un peu glauque). Vraiment une bonne visite. Un peu clean pour se transporter dans le passé malgré ce qu'annonce mon Lonely. Retour à l'appartement pour recharger les batteries. On partira ensuite dîner sur Gurney Drive, dans un de ces nombreux food court de la ville. C'est une succession de hawkers (échoppes de rues) animés et très fréquentés. Un paradis pour les gourmets VIDEO, on essaiera le char kway teow ,puis un plat de riz servi dans un récipient chaud en bois, des pancakes à la bananes ...Tout est nouveau pour moi et délicieux. J'adore cette atmosphère, je me sens tellement en Asie. Rick est vraiment hospitalier. Quel guide merveilleux! Le long du front de mer ( plage immonde) les gens se relaxent. Bonne atmosphère, pas d'alcool dans les rues, une ambiance que l'on ne trouve plus trop dans les villes françaises.
Super journée...Nourriture terrible. Je suis si bien chez Rick, le reste du voyage ne sera pas aussi confortable.
14 juillet: Encore une très bonne nuit...si ce n'est le gars qui vient vérifier le matelas(!) vers 9h30.Ce matin Rick doit passer des tests dans la salle de fitness pour suivre un entraînement afin de perdre du poids. L'endroit est assez impressionnant en bord de mer , en haut d'un shopping center, profitant d'une superbe vue sur la côte. Je vais profiter de la séance de fitness: filles mignonnes et gars s'agitant aux ordres de leur prof énergique sur de la musique entraînante ( même du Rocky!).One, two, three...over! C'est très motivant , on me demande si je veux suivre le programme , j'accepterais bien. Nous partons ensuite manger un autre délicieux plat à base de lait de coco. Rick m'a prévenu, il faudrait des mois pour tout goûter à Penang VIDEO. Au programme de l'après-midi: Khoo Kongsi, une maison de clan chinoise très bien préservée. Je me crois vraiment en Chine jouant dans Tigre et Dragons. Rick m'explique ce que je ne vois pas et dieu sait si la culture chinoise est un monde à part et fascinant. Des petites boutiques avec leur bric à brac et leur vieux chinois qui ne quittent que très rarement leur aire de vie: boulot en bas, dodo en haut. Vraiment une ville particulière et très photogénique. Tous les sens en éveil. Puis Kuan Yin Teng, un temple très animé , j'ai même droit à un spectacle d'opéra chinois VIDEO. Encens, musique, croyants...forment une sacré atmosphère. Tua Pek Kong, dans Lebuh Armenian VIDEO, aussi intéressant. Et puis la Peranakan Mansion, demeure d'un riche commerçant du XIXème siècle , qui servit entre autre au tournage d' " Anna et le Roi " avec Jodie Foster. Grosse chaleur dans Little India , jus d'orange frais, encore des sortes de beignets et on décide de se reposer un peu à l'appartement. Tant mieux " Into the wild " passe à la télé! Happiness is only real when shared. Cette conclusion prend chaque jour plus de sens en moi. Je me retrouve dans ce film où les rencontres se succèdent. Depuis une semaine...Marcus,Rick...et demain?Nous projetons ce soir d'aller au cinéma, à environ 1,5 euros la séance il ne faut pas que je m'en prive! Le dîner sera ce soir dans un restaurant, un vrai, assez chic: " Mama's " pour goûter la cuisine baba-nyonya. Je vais tester le curry kapitan , les otak-otak ( sorte de pain de poisson servi dans une feuille de banane), des aubergines ...Encore une découverte culinaire , 10 euros pour l'ensemble, assez cher ici, mais pour nous...A notre retour j'assiste à la négociation de la vente de l'appartement de Rick, un étage au dessus du sien. Agent immobilier chic avec Tag Heuer, couple chinois avec chéquier. Marrant, la première chose que les acheteurs voient en entrant est une énorme blatte. Personne ne s'offusque! Imaginons la scène en France, peu rassurant. Je remarque aussi dans la pièce vide un seau d'eau relié à un générateur de bulle . La place est particulière, c'est du Feng Shui, tout simplement. Trop tard pour le film, pas de problème dans le confortable canapé et Sex and the City. Point de vue télé, je ne sais pas si c'est Rick mais c'est totalement américanisé. Je me crois vraiment at home. Pas une seule émission en malais chez lui.
15 juillet: Encore une super nuit , j'en profite c'est la dernière. Nous partons ce matin acheter mon billet chez Air Asia pour le soir même, Coco Si et sa famille ont confirmé pour m'héberger à Singapour. Nous enchaînons par un gros breakfast repas : char kway teoh , toujours très bon et des crispy noodles. Je suis flatté , la dame m'apportant des couverts , Rick les renvoie , assurant que je maniais très bien les baguettes. Quel plaisir de déguster tous ces plats avec les locaux dans des gargotes remplies de mémés chinoises tout sourire! Arrêt pour acheter des timbres puis nous partons en voiture pour le temple Kek Lok Si, immense temple bouddhiste , le plus grand de Malaisie. De loin c'est assez impressionnant , à flanc de colline, avec à son voisinage, une immense statue de bronze de près de 40 m, protégée par une structure richement décorée. L'endroit est très touristique, de nombreux magasins de souvenirs enlèvent à la sérénité du lieu. Peu de gens y prient comparé aux autres vus en ville. Des bouddhas , encore des bouddhas...Si ce n'est la taille des lieux je ne me passionne pas pour cet endroit. On suit un chemin et atteint une pagode dont la vue depuis le sommet porte jusqu'à la mer et Georgetown VIDEO. Encore plus haut on trouve la statue proche d'une esplanade avec une vue encore plus dégagée. Bien pour l'atmosphère mais il faut aimer l'art religieux et les marchands du temple. Nous passerons rapidement ensuite devant un temple indien , très kitsch pour rejoindre le jardin botanique. Pas envie de m'y arrêter: des singes agressifs et d'après Rick j'aurais mieux ailleurs. Arrêt pour acheter des gâteaux locaux pour amener à Singapour ( course dans le magasin car ils n'en servent qu'une certaine quantité par jour!) , des fruits frais (goyave , ananas...servis avec une petite poudre marron pour relever le goût) , une sorte de jus à base de miel et de graine...très rafraîchissant et de délicieux petits pancakes à la banane. Sans Rick il me serait si difficile de trouver tout cela , il fait parfois des kms juste pour trouver un marchand de rue. Ballade dans les rues de la ville, toujours autant de belles maisons coloniales et d'échoppes.
On va passer le reste de l'aprèm au frais , regardant des Friends et autres séries. J'ai vraiment vu tellement de belles choses , d'ambiances dans cette ville. Cela restera un très agréable souvenir. Je ne sais pas du tout comment aurait été ma visite seul, on a tellement de fois circulé en voiture et il a vraiment été un très bon guide. On prendra un dernier repas dans un food court où le plaisir d'être là prend encore une autre dimension. Mon dernier repas à Penang et il reste tant à découvrir. La gastronomie est vraiment un des points les plus marquants de cette étape. Puis on fonce à l'aéroport, longeant la silicon valley de l'île, avec de nombreuses multinationales prestigieuse. Floride? Californie? On pourrait le croire. Rick maîtrise , il me fait même passer mon gros sac (hors limite) comme bagage à main , me certifiant qu'en Malaisie ils ne sont pas très regardant. Au revoir et rendez-vous pris en France. J'ai fait la pub de ma région , il a l'air intéressé alors...Le vol sera très court et vraiment relax, j'arrive frais vers 22h à Singapour. Ville assez mythique, et l'arrivée de nuit est très agréable. Immense aéroport, passage de douane...j'arrive au hall des arrivées et pour la première fois de ma vie je suis accueilli par un panneau Vincent Souyri. J'adore! C'est en fait la soeur de Coco Si qui le tient. Il y a aussi son mari et son fils pour m'accueillir. D'entrée j'ai du mal à me faire à leur anglais, du à leur fort accent asiatique. Dans un voiture originale ( des leds, des perles, des voitures et des lunettes disposés sur le tableau de bord, des autocollants ….) on part pour un food court voisin de leur résidence, à Bedock North. C'est vraiment la famille asiatique cette fois alors que mes deux premiers logeurs étaient plus ...internationaux. J'ai beau dire avoir dîné, je vais devoir les accompagner pour une soupe de nouilles aux boulettes de porc. Très hospitaliers. Ils habitent avec leurs deux enfants dans un HLM . J'ai la chambre des enfants. J'offre mes cookies ce qui n'a pas l'effet escompté, Coco Si les pose sur la table sans un regard ni un commentaire. Cela me refroidit un peu . Y-a-t-il derrière tout cela des convenances culturelles opposées? Possible. Ils me fournissent les doubles des clés, une carte de bus à charger, et même de la monnaie pour le premier bus! Vraiment sympa. Je vais passer une très bonne nuit.
SINGAPOUR
16 juillet: Je quitte la maison silencieuse vers 1Oh30 sans avoir vu personne. D'abord le bus, forcément carré dans ce pays. On identifie la carte à l'entrée et en sortie , le prix sera en conséquence. Tout au long de la journée je vais remarquer la rigueur et les règles de ce pays. Tout est protégé , indiqué , guidé...Cela pèse parfois aux habitants (Alvin par exemple) mais cela doit avoir un côté rassurant. Interdiction par ici, attention par là ...c'est USA et Angleterre réunis en pire. Puis un transfert en MRT , métro aérien pour City Hall. Je suis les panneaux , très bien faits et me retrouve à la Cathédrale Saint Andrews, rien à dire, si ce n'est sa position au milieu des gratte-ciel. Sous la pluie battante je me réfugie dans le Raflles City Mall proche où je vais déjeuner dans un très bon food center , au milieu des businessmen classiques. J'en profite pour aller faire un tour dans le Raffles Hôtel, symbole de la ville et étape incontournable de la jet set d'avant guerre et d'après pour tout voyage dans l'empire britannique . C'est très grand, très colonial, rempli de bars , de magasins select. Je vais apprécier le petit musée à l'intérieur. J'adore l'époque des transatlantiques, des voyages en Asie en cargo depuis Liverpool avec bagages en soutes avec Singapour dessus....Et là je suis servi. Ce petit musée retrace ces années-là: affiches , guide de voyages (terribles!) des années 1930, photos d'illustres visiteurs. Encore une fois je reste nostalgique de cette époque où le monde s'ouvrait aux Européens autres qu'aventuriers ou commerçants. Je rejoins ensuite à pied une église arménienne , petite , dans un cadre agréable avec un près, des statues et quelques tombes. Pas indispensable. Je remonte ensuite dans le Fort Canning Park, proche. Jardin agréable et désert sur une colline . Des fouilles , beaucoup de panneaux d'explication, quelques vestiges de la seconde guerre mondiale et un musée très intéressant : le Battle Box Museum. C'est un bunker où le commandement de l'armée britannique capitula devant les japonais le 15 février 1942. Tout est reconstitué avec soin, personnages en cire ( animés parfois), scènes d'époques, musique. Avec un audioguide en plus, la visite me plait beaucoup et me transporte à cette époque. A faire!
Je rejoins ensuite les Clarke quay, proche. Succession de bars et de restaurants branchés en bord de canal. Rien de spécial. Passage ensuite obligé par Chinatown . Très touristique avec des panneaux et des parcours fléchés vers Smith Street ou Pagoda Street. Je vais visiter le grand temple de la relique de la dent du Bouddha. Impressionnante salle de prière où tout le monde lit à l'unisson des textes avec les moines VIDEO. Devant le complex de Chinatown quelques vieux faisant des parties suivies de dames chinoises. Bonne atmosphère. Je poursuis par le temple Thian Hock Keng, désert et classique à mon goût. Je vais remonter par le quartier des affaires (VIDEO)où je ne me sens pas trop à ma place . Golden boys Ralph Lauren et Porsche jaunes. Un petit Manhattan , à voir quand même. Les boat quays proches seront agréables , avec leur vieux pont anglais face à l'Hôtel Fullerton ( très beau) et le contraste entre le canal et les buildings. Arrêt très touristique au Merlion , le lion qui crache de l'eau ,statue symbolique de la Ville des Lions. Beaucoup de monde , la photo à prendre. Je file vers l'Esplanade , sorte de salle de concert moderne en forme de double pangolin . Très clean à l'intérieur, concerts de guitare et prochainement ( à des prix hallucinants) l'orchestre de Berlin. Belles vues depuis la terrasse VIDEO. C'est décidément une partie très photogénique de la ville. Puis je retourne sur mes pas pour visiter le musées des civilisations asiatiques. Très beau et très bien agencé. Un bon résumé de l' Asie en quelques salles . Vraiment très beau mais fatigué je n'imprime plus trop. Retour en métro, arrêt à Geylang, célèbre pour ses restaurants chinois et son atmosphère chaude le soir. Du monde ...mais ce n'est pas la Reeperbahn! Retour crevé après une grosse journée . J'apprécie cette ville ultramoderne et tranquille. On doit peut être s'y ennuyer mais c'est quand même à voir pour un touriste attiré par les paysages urbains .
17 juillet: Bonne nuit et réveil tardif vers 11h.Un petit déjeuner végétarien acheté en ville et enveloppé dans du papier, accompagné d'un verre de lait parfumé m'attendent. Quelle attention! Alors que je suis sous la douche, Alvin me parle mais je ne comprends pas trop . Sorti de l'enceinte humide je me retrouve seul avec le petit qui s'éclate à jouer, comme tout le temps, devant son ordi . Il ne fera pas autre chose durant mon séjour!Je vais attendre jusqu'à au moins 14h30 jusqu'à ce que j'appelle Alvin . Il m'explique que la soeur de Coco dort en fait dans la chambre à côté sans que je m'en aperçoive. Rassuré, je ne voulais pas laisser le petit tout seul, je pars enfin en ville , direction l'île de Sentosa. A l'arrêt de bus Coco et Alvin passent me prendre et m'amènent à la gare de MRT, sûrement gênés que j'ai pu perdre du temps. Un coup de métro où encore une fois je note comment les singapouriens sont fanas de leur téléphone et de Facebook. Ils ne peuvent passer un instant sans s'en servir. Je rejoins l'île de Sentosa par un bus pris au terminal Harbour Front, on peut aussi prendre un train depuis la station et un téléphérique reliant l'île au Mont Faber (en rénovation en 2010) . L' île , au sud de Singapour fut un endroit stratégique en de nombreuses circonstances, la dernière étant son rôle lors la prise de Singapour par les Japonais en 1942. C'est aujourd'hui une sorte d'immense parc d'attraction avec plages, restaurants et tout ce que le touriste demande. C'est donc dans une peau peu aventureuse que je me glisse aujourd'hui. Suivre les lignes, les bus jaunes et bleus, les files d'attentes pour le hot dog frites etc....Alors bien sûr c'est à première vue peu sauvage. Des routes partout , des chantiers ...mais je vais vite choisir un endroit plus discret car moins tapageur, le Fort Siloso , en pointe de l'île. Je vais y passer deux bonnes heures , me baladant avec grand plaisir dans les salles d'expositions , devant des scènes historiques reconstituées avec des mannequins de cire, dans les tunnels etc...C'est très bien fait et on s'imagine vraiment la vie en ces temps VIDEO. De plus l'endroit est assez sauvage avec de nombreux bruits rappelant la vraie jungle et de belles vues sur la mer et ses nombreux cargos. Vraiment un bon moment.
Il y aurait beaucoup encore à voir dans ces lieux mais il est un peu tard , je décide de partir voir le temple du commerce:Orchard Road. Pas mal d'embouteillage ce samedi et forcément beaucoup de monde . La rue est l'équivalent de nos champs Elysées. Je crois n'avoir jamais vu nos marques prestigieuses portées si haut: Chanel, Cartier ...dans d'immenses magasins. La mode est vraiment une passion chez les femmes asiatiques qui rivalisent toutes d'élégance et de beauté. Je vais pour ma part errer dans ces lieux, me faisant offrir pop corn, glace et coca par un grand magasin , ayant juste à dire " Happy Birthday Cathay! ". Je me lasse vite , retour assez tôt à l'appartement. Petite journée donc mais agréable. Je remarque en ville de nombreux drapeaux du pays ,et des invitations à célébrer la nation. Ajouté à des affiches, des films vus dans les musées...on sent une sorte de propagande pour protéger et célébrer Singapour. Ce sentiment patriotique nous échappe un peu en ce moment en France. Pour la soirée Coco Si, sa soeur, le petit et Alvin me proposent une virée nocturne pour voir Singapour by night. Cool! La grande roue, le Marina Sands , les immeubles , l'ensemble est très impressionnant la nuit. On fera une halte au sommet du mont Faber, très belle vue sur la ville malgré les arbres. Pour avoir mieux il faut accéder à un restaurant assez select. Alvin, fan, me montre aussi le tracé du grand prix de Formule 1 , on passe aussi sous le plus grand tunnel de ville d'Asie. Une journée assez tranquille donc, au rythme de ceux qui me logent. C'est aussi ce que je recherchais. Je me sens vraiment bien dans ce voyage et si loin de la France.
18 juillet: Réveil tardif . Je prends mon temps, Coco Si m'invite à déjeuner, ils m'emmèneront ensuite au Zoo, paraît-il un des plus beaux au monde alors....Elle me prépare un très bon repas : crevettes à l'ail , curry de poulet, soja et viande, jus de prune. Juste après ils m'emmènent au zoo. Je ne sais pas vraiment s'il n'y vont que pour moi où s'ils prévoient d'aller ailleurs après. En tout cas c'est vraiment très sympa ...je ne saurai comment les remercier car c'est quand même à 26 km de chez eux! Le zoo est situé au nord de l'île , dans un environnement très boisé et agréable. Je suis d'abord frappé par le monde. Des cars , un KFC , une immense boutique de souvenirs....et dans l'entrée cela grouille un peu de partout. Je m'inquiète alors un peu sur la tranquillité des lieux. En fait l'immense surface absorbe sans trop de problèmes cette foule . La première remarque sur ce zoo est qu'il est le plus beau jamais visité. Rien que se balader dans ses allées , au bord du plan d'eau, même sans même voir d'animaux serait un plaisir. Certaines photos pourraient très bien passer dans un livre sur la jungle! Il a deux avantages: Singapour est riche et leur climat fait tout pousser. Simple alors d'avoir un endroit vraiment fleuri et exotique. Il y a d'ailleurs une section jardin botanique .Que retenir? Les tigres blancs VIDEO et leur nourrissage , impressionnant. Je suis toujours aussi ému et révolté de voir ces bêtes disparaître. Elles symbolisent tant pour moi la jungle asiatique. Le dernier à Singapour fut tué en 1930. Les ours blancs aussi que j'aimerais tant voir dans leur milieu naturel. Les dragons de Komodo, les serpents dont un python réticulé particulièrement impressionnant, la colline aux babouins, l'outback australien, les orang-outang si proche de l'homme...Bref c'est un régal de chaque instant. Comme dans tout zoo il faut supporter les gros balourds, espèce en voie de non extinction, qui tapent sur les vitres, se moquent des animaux et flashent à tout va. Pitoyable. Ils ressortiront de là aussi bêtes qu'avant , n'ayant rien compris au message très écologique envoyé par ce zoo. Vraiment à voir donc.
A la fermeture je me dirige vers le Night safari proche. C'est un zoo aussi mais pour la nuit! Le décors y est encore plus classe. On se croit parfois dans un lodge au fond du Kenya , les toilettes sont dignes d'un 5 étoiles, il y a des lampions, des restaurants ( très cher mon burger...), des cases reconstituées...et aussi le cirque qui va avec. L'expression tourisme grégaire prend tout son sens ici. On suit des files , on suit des traces sur le sol, on écoute les gardes nous guidant. On peut même prendre des circuits de petit trains pour faire son " safari " sans marcher. Je vais pour ma part enchaîner les trois sentiers pédestres disponibles. L'intérêt est qu'un bon nombre d'espèces tropicales sortent et sont actives la nuit. Je retiendrai les chauves souris de grandes taille qui se posent juste devant nous , les petits rongeurs de la jungle, les bruits mais aussi le grand nombre de touristes qui enlèvent pas mal au charme de la balade. Assez crevé je n'assisterai pas au show sur les créatures de la nuit. J'ai pas mal de choses à préparer pour mon départ de demain et le chemin sera long pour rentrer. Je rejoins avec plaisir un bus local où enfin je me retrouve isolé, seul européen. La parenthèse est fermée. Je retourne sans problème sur Bedok où je mange chez un hawker un très bon Fried Kaew Teow et bois mon jus de papaye pour 4 fois moins cher qu'au zoo! A côté de moi, des Mr Lee et Chang, comme dans les films. Là est l'Asie que je recherche. La soirée sera chargée , je ne sais toujours pas où dormir demain (pas de stress néanmoins) et je vais passer pas mal de temps à m'organiser. J'ai passé un très bon séjour chez Coco Si et Alvin, des gens simples et très hospitaliers, dans un quartier loin du centre et agréable.
BORNEO: Kuching
19 juillet: Dans la maison silencieuse, Coco Si et ses enfants dorment, Alvin est au travail, je vérifie mes derniers emails , toujours rien. Je pars pour l'aéroport proche, d'un coup de métro. Le terminal 1 du Changi Airport est une merveille. Immense et ultra clean. J'arrive au comptoir d'Air Asia à la limite, on n'a qu'à se présenter au gars qui vérifie les files et sentant l'urgence il nous fait passer devant tout le monde. Pas le temps de changer mes dollars , ni de manger. Je quitte Singapour pour un autre monde, Bornéo et sa nature sauvage. Espérons. Après un vol tranquille et quelques belles vues en arrivant sur la forêt je me pose à Kuching, capitale de l'état du Sarawak. Entre temps je reçois un message d'Alvin qui a réussi à joindre Barry, le gars devant m'héberger , comprenant une adresse, point. L'aéroport de Kuching n'étant pas relié au réseau des bus c'est la bonne occasion pour prendre un taxi qui me déposera pour 30 RM quand même devant l'adresse, une sorte de guichet de banque . Je demande à la guichetière qui sort me montrer une porte dans une ruelle attenante. Le propriétaire n'est pas là et elle me conseille d'attendre dans un snack de cuisine chinoise. Je sens que je vais y passer la journée. Je n'ai pas de RDV avec Barry et je ne peux même pas le joindre!
J'en profite pour commander à manger. Ils ne parlent pas anglais et je dois montrer le riz, un assortiment de légumes et des bananes en beignet. Je suis le seul client,parfait. Au milieu du repas Barry arrive, nonchalant, sans émotion . Nous parlons de ci , de là mais il n'est pas très bavard. C'est un cuisinier de Kuching. Son appart ressemble à une guesthouse. Des cartes, des photocopies de Lonely Planet, un livre d'or avec la centaine de photos et les commentaires de ces précédents hôtes....Impressionnant. C'est l'ambassadeur de Kuching. J'ai une chambre et mes clés, comme dans une guesthouse. Je vais pour cet aprèm commencer ma visite de la ville. Mon quartier n'est pas top et je vais attendre un bon moment sous un porche à regarder la pluie . Quelques temples , pour moi maintenant tous les mêmes. De belles berges longeant la rivière Sarawak VIDEO, un petit quartier chinois....Tout cela est bien tranquille en fait. Des touristes alignés dans les mêmes endroits et un rue , main bazar remplie de magasins de souvenirs. Passage au centre des parcs nationaux, je crains que pour Mulu il n'y ait plus de places . Comment va-t-on dormir?Je vais ensuite attendre dans un café avec free wifi pour tenter de joindre Thierry et Luisa. Peu de temps après ils me rejoignent dans ce bar. On pourrait trouver plus exotique comme rendez-vous, nous sommes quand même à Bornéo, même si on ne ressent pas encore du tout la nature sauvage. Cela fait bizarre de les voir, ici au bout du monde, mais finalement le cadre pourrait être bordelais alors ce semble presque normal. Nous résumons nos voyages respectifs, les diverses expériences de couchsurfing puis nous passerons la fin de journée à nous promener sur le front de rivière pour finir par bien manger dans un stand de nouilles aux fruits de mer. Retour vers 22h à l'appart, pas trop rassuré dans ces rues désertes assez loin du centre. Journée de transition , tranquille.
Centre de Semengoh
20 juillet: Réveil matinal pour rejoindre Thierry et Luisa vers 8 heures en ville. C'est toujours bien de se donner la force de se lever tôt, je vois les habitants au petit déjeuner , l'air est plus frais et sachant que tout fermant assez tôt, le touriste doit être du matin. J'achète un régime de petite bananes pour 1 ringit ( 25 centimes d'euros ) et de quoi tenir la matinée et nous partons en taxi (40 RM) pour le centre de réhabilitation de Semengoh, à 24 km de Kuching. Abords de ville toujours quelconques et nous arrivons , pas seuls, pour le nourrissage du matin. L'entrée du parc est à environ 1 km300 du centre proprement dit. La balade est tranquille au milieu de ce qui ressemble à un jardin botanique parsemé de sentiers. Arrivée au centre, l'aire de nourrissage est très proche, une centaine de mètres, mais sans tarder nous voyons déjà notre premier singe. Ils évoluent en liberté dans cette réserve de plus de 600 ha et bien sûr profitent de l'aide alimentaire prodiguée. On passera avec quelques dizaines d'autres touristes pas mal de temps à les observer VIDEO. Le grand mâle tranquille, les jeunes fous acrobates...On les voit vraiment de très près dans cet endroit assez unique au monde , on doit compter les autres sur les doigts de la main. Nourris ils repartent tranquillement, passant de branches en branches . Ces animaux si humains vont disparaître , suite à la destruction de leur état naturel,ce qui me chagrine énormément. De retour on suivra quelques instants un guide qui nous montrera quelques plantes carnivores intéressantes. Il y a aussi 3 crocodiles dans des cages ( que font-ils là?) . Et puis on nous pousse vers la sortie ...pour laisser les singes tranquilles. Ce système est correct pour limiter l'impact de l'homme sur ces animaux. Tout se vide très vide et on attendra pas mal de temps à l'entrée jusqu'à ce que deux employés de la DDE locale nous prennent. " Que pensez-vous de nos routes ? " nous demandent-ils? Il nous laisseront dans le centre ville faisant même un détour pour nous. On poursuit par une visite à l'office du tourisme, inquiets de ne pas avoir de réservation pour Mulu. Ils nous conseillent d'appeler rapidement. Les places dans le parc sont bien sûr toutes occupées depuis des semaines, du moins accaparée par les agences qui les réservent en gros et les distillent par la suite. On optera pour une option chère, le Mulu Resort Lodge , mais je suis assez rassuré car je pensais bien devoir annuler mon passage dans cet endroit immanquable. Nous prendrons ensuite notre repas dans un snack de Chinatown. Arrêt internet à l'hôtel de Thierry , trop tard pour faire le musée du Sarawak, prévu. On va alors errer en ville , sous des trombes d'eau, marchant le long du touristique Main Bazar , rue de shopping de souvenirs pas tous très locaux. Arrêt peu convainquant dans une agence de voyage pour trouver un circuit pour les Kuching Wetlands National Park: 3 heures de croisière pour environ 40 euros...cela fait un peu trop vu le surcoût de l'hôtel de Mulu.
Nous passerons ensuite du temps à trouver un endroit abrité qui sert du café et non rempli de touristes. On y arrive et une fois la place trouvée on y restera un très long moment, écrivant des cartes, dessinant pour Luisa. Notre mouvement suivant sera de bouger pour trouver à manger. Passage infructueux à Top shop , un endroit sur les toits pour manger des produits de la mer. Les rabatteurs et les prix nous rebutent . On finira en bordure de rivière, très agréable, dans un snack sans prétention , essayant toujours d'éviter nos concitoyens. Le batelier fait ses allers et retours sur la rivière, les gens se promènent, l'atmosphère est presque celle d'une station balnéaire en fin de saison. Avant 22h on se sépare, je rentre toujours en accélérant le pas dans mon quartier. Toujours pas vu aujourd'hui le gars qui m'héberge. Nos rythme sont très différents.
Journée donc peu chargée. Ville sympathique mais par certains côtés aussi assez quelconque. Pas de feus d'artifices émotionnels , d'odeurs enivrantes , de scènes originales. Il y a bien quelques vieux chinois sortis de films, des étals d'épices mais aussi beaucoup de quartiers modernes que l'on ne s'attend pas à voir sur Bornéo. Ce n'est que le début mais je ne suis pas dans la Bornéo de mes rêves, sauvage et impénétrable. Normal c'est la plus grande ville. Je réfléchis beaucoup à ce que pourrait être une aventure ici, passer un mois et organiser une remontée de fleuve. Ne voir qu'une infime partie de l'île mais la ressentir vraiment. Le problème est que souvent , vu de France, la lecture du guide promet déjà sont lot d'aventure et de dépaysement. On s'imagine une ambiance différente de la réalité. L'aventure à portée de main. Ce n'est que rarement le cas. L'aventure se mérite. Une fois sur place on en veut plus mais c'est un peu trop tard. On parlera beaucoup de cette image déformée que nous avons du pays visité. Un mot revient ...une certaine nostalgie du temps des découvertes .Pas si lointain, 20 ans déjà , avant internet et les portables définitivement. Tout était si différent dans le monde. Aujourd'hui c'est Wifi et KFC...à Bornéo. C'est très bizarre pour moi. Espérons que le mythe ne tombe pas, il est en équilibre instable, vivement la forêt.
Parc national de Bako
21 juillet: Réveil matinal pour attraper le bus local pour Bako , porte d'entrée du parc national de Bako, un des plus célèbres de la région. Les locaux prennent leur petit déjeuner de ce qui semble être pour nous la même chose qu'un dîner. La ville est très animée le matin et morte dès 21 h, du moins dans mon quartier. Le bus local pour une fois n'a pas la clim et on le regrette . Vieux et déglingué, il emmènera touristes et locaux à Bako. Quoique proche, le parc ne sera atteint qu'après quelques détours . Rien d'extra, je m'imagine mal partir pour un coin pourtant très sauvage. Et puis arrivée au terminus de Bako tout change. Passé l'enregistrement et le paiement pour le parc (10 RM) on se retrouve sur un ponton dominant une rivière calme et longées par des maisons. Le cadre est très agréable . Je repense à la Thaïlande. On partagera un bateau avec un couple de français pour atteindre le parc proprement dit. J'adore les remontées de rivières ou d'estuaire et celle-ci est très belle. Montagnes au fond, forêt dense, mer plate , plages désertes...enfin on se sent à Bornéo. Après 15 minutes environ de trajet tranquille VIDEO on accoste en un lieu encore sauvage et préservé, non défiguré par le tourisme. Encore un enregistrement au poste des gardes proche, choix du sentier et on y va. D'entrée les premiers nasiques font leur apparition . Singe très particulier à Bornéo et caractérisés par le gros nez des mâles dominant. Intéressant malgré les photographes à gros téléobjectif qui appellent les singes ou sifflent pour avoir un beau portrait. Y-a-t-il de vrai photographes dans le lot ou simplement des frimeurs? On se dépêche donc de quitter l'entrée pour s'éloigner des groupes . Nous n'irons pas très loin aujourd'hui le bateau nous attend à 16H30 pour attraper le dernier bus. On commence par le sentier de Telok Puku . Court , 800m je crois mais très escarpé . Sentier sauvage aménagé par endroit avec des planches mais je m'attendais à plus bétonnée pour un des plus petits sentiers.
Pas mal de monde, peu d'animaux ( quelques singes, un beau serpent...) et une belle plage au bout. Assez fatiguant et tout les gens sont trempés de sueur. Pas le top de la jungle mais sympathique. Vue la difficulté de ce petit sentier on renonce à la boucle de Litang par crainte de manquer de temps et choisissons la plage de Telok Kecil à 2,6 km.Après la forêt, la végétation change lorsqu'on atteint une sorte de plateau. Je pense au bush australien. La végétation est plus petite, le sol rocheux , parfois ressemblant à des terres volcaniques. Beaucoup de plantes carnivores, des flaques d'eau rouge , de belles couleurs et des vues sur la mer...mais pas d'animaux. On arrive sans problème sur un promontoire rocheux dominant la plage. C'est magnifique même si l'eau n'est pas couleur lagon mais rougie par les rivières venant de l'île. On y prendra notre déjeuner puis je ne résiste pas ( en fait je suis en surchauffe!) à descendre le raide sentier pour rejoindre l'eau VIDEOoù un groupe et deux couples seulement sont là. Autant dire qu'on n'est pas gênés par la foule même si la même plage seul serait un must. Le bain ne sera pas rafraîchissant, l'eau est trop chaude mais quand même , le cadre est superbe et se rincer un peu la sueur et s'allonger dans l'eau fait du bien. Un singe vole un sac à un groupe, on était prévenu. Il manque les oiseaux survolant tout ça pour en faire un paradis. Le retour sera assez rapide mais quelle chaleur! Le soleil brûle vraiment. Près du ponton de départ, la mer s'est retirée laissant un beau paysage de mangroves et on dirait que tous les singes nasiques sont là. C'est bien la peine de se crever! Il y en a partout et les voir gambader sur la plage dans un tel cadre est très photogénique VIDEO. Passage de nouveau au poste pour signaler notre retour, pas mal de gens restent ici la nuit malgré la difficulté à trouver des places . La plupart font partie de groupes. .
Un porc barbu traîne dans les parages. La mer s'est vraiment retirée et nous devons marcher jusqu'au genou pour monter dans notre bateau, embarquement atypique et plaisant. Retour très agréable et arrivée juste avant un énorme orage. On ne pouvait pas mieux faire. Retour dans le vieux bus qui prend l'eau , écoutant 2 américains en marcel avec muscles , coup de soleil et une discrétion à réveiller un mort. Tout le monde retrouve ensuite son hôtel pour se laver et souffler un peu. Que dire de ce parc? Je le mettrai en dessous de ceux du Costa-Rica , bien plus riches en animaux. Je pense à Corcovado par exemple. Bien sûr celui-là est plus facile d'accès et plus petit. Les arbres sont moins gros mais la partie supérieure de l'île était un paysage de jungle que je ne connaissais pas. L'environnement est très photogénique .Par contre on ne sent pas dans le Wild, les bruits des bateaux et les gens en sandales nous rappellent sa facilité d'accès. Il faudrait aller voir au fond du parc pour vraiment le ressentir. On passera la soirée dans un restaurant arabe, observant la pluie qui comme tous les jours s'abat en masse sur la ville. Retour en taxi dans ma rue déserte. Toujours pas vu Barry, décidément nos chemins se seront évités tout ce séjour.
Parc national de Gunung Gading
22 juillet: Enfin un réveil plus tardif,on décide ce matin d'appeler le parc national de Gunung Gading pour savoir si la rafflésie, plus grande fleur du monde , est présente. On apprend qu'il y en a deux visibles dont une de 75 cm à son 3 ème jour, ce qui est optimal. On file donc sous le beau temps à la gare des bus, près de la rue indienne, pour prendre un bus nous amenant à la gare des bus express, hors de la ville. De là il faudra presque 1h et demi pour rejoindre Lundu, porte du parc. C'est le Bornéo plus rural sans pour autant être vraiment dépaysant. Une rivière boueuse , des berges moins construites, Lundu, la petite ville de province montre un peu le Bornéo moins développé. On y négocie , prix touriste , un taxi avec une américaine pour monte rua parc à 3 km de là. Cher (20 RM) pour la courte distance. De là encore 10 RM pour entrer et 20 pour la guide, indispensable pour trouver la fleur. Le cadre est tranquille, moins touristique que Bako même si des constructions en cours promettent au site un futur aménagement. Rapidement le sentier monte dans une forêt primaire différente de celles de Bako , avec plus d'ouvertures pour voir . Les fleurs sont proches . Je m'attendais à plus gros en fait mais c'est quand même tellement original de voir ça que j'apprécie quand même. Cette fleur pousse en parasite sur des sortes de lianes près de rochers VIDEO. Le guide nous expliquera ses caractéristiques et sa pollinisation. On finira ensuite sans lui la visite par un bon arrêt à la cascade n°3 , où l'on va se régaler dans l'eau froide. Nous ne sommes que 4 dans un écrin de jungle et le repas prendra ici une tout autre saveur. Frais et en forme on retourne pour 15H30 pour l'entrée du parc attraper notre taxi, le dernier bus étant tôt à 16H. Des policiers nous arrêtent pour un contrôle, pas de bol j'ai mon passeport dans la chambre! Pas grave, le gars s'en fiche un peu, d'ailleurs je ne suis pas le seul dans ce cas. Dans d'autres pays je n'aurais pas été si bien traité. Assez fatigués nous errons un peu dans Kuching pour finir à boire des jus de citron et par manger un Fried Kaew Teow délicieux dans un petit food court local, Corner Hill. Retour sous la pluie en poncho vers 21H. Bonne journée, pas un programme immense, pas mal de bus mais un des symboles du Sarawak vu , une visite rapide du parc et une très belle baignade revigorante. Demain le départ, le voyage passe très vite et je ne m'ennuie pas .En soirée je rencontre enfin Barry, bizarre car j'ai passé 4 nuits chez lui sans le croiser. Je ne le saisis pas trop , il est très discret et calme, pas très expansif mais en tout cas très hospitalier. A part organiser mon arrivée et mon départ...on n'aura pas partagé grand chose.
Parc national de Mulu
23 juillet: Je n'entends pas mon réveil ...mais je m'en tire pas trop mal . Je serai bien vers 9 heures , dans mon taxi , devant l'hôtel de Thierry et Luisa. Nous quittons Kuching, la capitale régionale pour Mulu, la capitale touristique de l'état. Le vol de Maswings, dans un avion à hélice sera assez tranquille au dessus de la forêt. Des coupes franches mais aussi de belles étendues de végétation dense. Se poser à Mulu est une expérience amusante:aéroport minuscule au milieu d'une campagne boisée entourée de montagnes. Des touristes bien sûr mais cela reste discret. Le Royal Mulu Resort qui nous héberge , avec ses 200 chambres au moins, affrète des petits véhicules pour chercher tout le monde. Un resort, original pour moi,mais on n'avait pas le choix. A l'arrivée , serviette rafraîchissante et pot de bienvenue, piscine et musique locale. Les clichés sont là même si cela reste d'un confort classique. Le cadre est très agréable, entre rivière et forêt, et la chambre spacieuse. On va être bien ici pour 3 nuits et je suis assez excité de ce qui nous attend. Déjà sur le ponton menant à notre chambre on s'émerveille devant un insecte en forme de feuille et un phasme bâton , vus au vivarium des Cameron Highlands, mais jamais en pleine nature. Comme tout bon resort ils nous proposent des excursions au double du prix normal.
On fera un peu " les pauvres " ici , et on se débrouillera demain par nous même. La clientèle type de ce genre d'établissement ne regarde en général pas trop à la dépense et prend ce qu'on lui donne. Nous allons passer la fin d'après-midi tout près du resort, sur une colline le surplombant. Encore pas mal d'insectes VIDEO , de belles araignées et ensuite une superbe vue sur les environs , collines , montagnes enlacées de nuages, l'aéroport au fond , le lodge le long de la rivière. On restera un bon moment à admirer ce paysage vraiment tranquille VIDEO. Enfin une vision de vraie campagne, avec chant du coq, chiens et gens en mobylette. Nous sommes au coeur du Sarawak. Le repas sera de type buffet, chouette je meurs de faim. On assiste en même temps à un spectacle de danse locale voire guerrière. Ok c'est folklorique mais bon, il est plaisant d'être parfois aussi bon enfant et on se prend au jeu. L'ambiance est bien loin de nos repas précédent , au milieu des locaux. Des volontaires de la salle s'essayent aux danses et au tir à la sarbacane. Les danseuses nous saluent et nous serrent la main à la fin, nous continuons nos agapes. Pendant que d'autres s'essayent au karaoké , Luisa et moi profitons de la grande piscine, pour nous tout seul, sous la lune. Plaisant de faire des brasses d'autant que ce luxe est tout nouveau pour moi. Bonne journée de transition donc et atmosphère encore une fois différente des précédentes, c'est la parenthèse "confort " du séjour, on verra ce que la nature nous proposera demain.
24 juillet: Très bonne première nuit dans mon confortable lit. Nous profiterons d'un copieux petit déjeuner ( pour tous les goûts) avant de se faire emmener ( juste payer 12 RM aller retour et ils vous transportent au parc ou à l'aéroport) à la porte du parc , à moins de 3 km du lodge. Un peu en retard nous souhaitons commander un repas à l'unique snack du lieu. Le patron, honnête, veut bien nous servir mais il nous conseille de foncer pour ne pas rater le tour. Le parc nécessite pour les grottes les plus intéressantes l'emploi d'un guide. 10 RM pour l'entrée, 10 pour les deux grottes et 30 pour le transfert en bateau à l'entrée de la première grotte. Un séjour à Mulu coute cher comparé au reste du pays mais on ne sera pas déçus! Le matin il faut visiter la Cave of the winds et Clearwater Cave, c'est une histoire d'éclairage je pense. Nous embarquons donc dans un long tail boat pour remonter la rivière quelques minutes avant un premier arrêt. C'est agréable même si on peut trouver quelques signes discrets de pollution soulignant la présence proche d'habitations ou de sites touristiques. Le bateau s'arrête d'abord dans un campement Penan. Le genre de visite qui nous met mal à l'aise. Un peu zoo humain. Ces gens voient débarquer depuis moins de 20 ans ( les caves de ce secteur sont ouvertes au public depuis cette époque récente) des hordes de touristes ridicules dans leur gilet de sauvetage orange . Nous passons sans trop oser regarder l'intimité de ces gens qui font leur artisanat sur le porche de leur maison, qui se lavent dans la rivière et qui vendent aussi leurs produits .Je ne sais quoi penser , ils sont mieux peut-être à nous vendre des babioles qu'à travailler dur ici ou en ville. Bref on décide de ne pas y rester .Le trajet en bateau continue et cela devient plus " sauvage ". Rien à voir avec le rio Tiguino en Amazonie , pas de tortue d'eau et de grands oiseaux planant au dessus de nous, mais c'est toujours agréable.
A peine le temps de mouiller son gilet que nous arrivons au terminus de ce bus fluvial, et autant le dire, nous ne sommes pas les seuls. La Cave of the Winds est à environ 100 mètres au dessus du débarcadère par un ponton en bois. Nous y attendrons le guide, observant quelques personnes partant pour faire de la spéléologie. Cette visite sera très intéressante. Long parcours dans une immense cave remplie de cavités, un grand trou vers l'extérieur laissant passer le jour, des concrétions calcaires. Je connais quelques grottes de ma région mais là c'est un niveau au dessus, le fait d'être à Bornéo rajoute au plaisir évidemment. Après une brève marche à flanc de rivière nous rejoignons la cave voisine, Clearwater Cave. Beaucoup de monde à l'heure du déjeuner , beaucoup de groupes. Des bateaux et leurs équipage patientent, les touristes mangent et se baignent dans une très belle piscine naturelle ( 100 m de fond par endroit! )Nous montons 200 marches pour rejoindre l'entrée de la grotte. Je me demande si les scénaristes d'avatar n'ont pas imaginé certains de leurs décors de Pandora ici. Ce serait la 9éme plus longue cave au monde ( environ 130 km) et peut-être la plus grand en volume. On en visite une infime partie mais quel spectacle. Je suis particulièrement impressionné par la rivière souterraine qui serpente dans les profondeurs de la terre. J'imagine l'excitation de ses explorateurs découvrant ce spectacle et décidant d'aller plus avant dans leur découverte.
A chaque voyage et à chaque merveille je me demande si je pourrais indéfiniment trouver toujours de l'émotion. Je coche des sites tellement merveilleux mais d'un autre côté le monde est tellement grand. Il y aura de quoi s 'émouvoir pour plusieurs vies.En fin de visite,nous décidons de ne pas nous baigner (trop peu intime comme ambiance) et rentrons en bateau pour l'entrée du parc où nous mangerons dans l'unique snack.Je pense pas mal à mon état de touriste. Je rêve de plus , comme si cela n'était qu'un apéritif. Les années passent, quand commencerai-je une véritable aventure? J'espère trop peut-être un projet commun avec d'autres amis et les années passent. Il va falloir se bouger . Pour l'après-midi nous décidons de rejoindre la Moonmilk cave par un sentier facile et bétonné au début mais finissant par une rude montée. Nous prenons notre temps et observons un grand nombre d'insectes, mille patte, scolopendre, araignées, fourmis énormes , sorte d'écureuil à queue courte, de nombreux papillons...C'est très agréable de faire de la chasse photographique en ces lieux. On crois quasiment personne ( les gens sont souvent l'après-midi dans un autre secteur du parc) et malgré les bruits de bateaux et de tronçonneuse ( village proche) on se sent vraiment dans une végétation différente de la notre. La cave sera moins impressionnante . Ils sont en train de la rénover et il n'est plus nécessaire d'avoir sa lampe frontale. On traverse en fait un pan de montagne par un chemin étroit au milieu des concrétions habituelles. Retour par le même chemin, il est 17 h, le parc ferme et se vide , on attend un peu et la navette du lodge ne tardera pas. Nous profiterons longuement ce soir de la piscine , des vols d'hirondelles au dessus de nous, des arbres immenses...on doit savourer la chance d'être ici. Le repas sera encore l'occasion d'assister au spectacle folklorique. Quasiment le même chaque soir ,seul le nom change. Il faut dire que la plupart des gens ne passent qu'une nuit ici. Très bonne journée pour tout le monde, en peu de temps tout le monde dort.
25 juillet: Ce matin nous partons vers 9h30 au parc. Le tour dans la canopée étant plein pour les prochaines séances y compris demain nous nous contenterons de la tour dans la forêt: Tree Top Tower, ouverte en 2009. C'est gratuit , proche (quelques minutes de marche sur un très bon ponton en bois) , il suffit de laisser une caution. A environ 30 mètres du sol on observera un long moment la cime des arbres...sans grand succès. Un lézard vert volant, des mille-pattes VIDEO...et pas grand chose d'autre. C'est agréable mais on regrette de ne pas avoir eu la chance de voir des oiseaux dont le fameux Hornbill. On continuera sur le même chemin en direction de la passerelle dans la canopée. Encore une fois la recherche d'insectes nous occupera un moment. Pas de mammifères mais un gros lézard à collerette.
Nous retournons manger au café Wild Mulu, près de l'entrée ( l'autre snack avant l'entrée étant fermé le dimanche) . Ici c'est plus cher...on trouve aussi de quoi se ravitailler pour les longs treks, des souvenirs, des livres et une salle d'exposition. Pas mal de monde mais bon repas. On rejoint ensuite le groupe de 14h pour visiter les grottes Langs et Deer Cave. Pas de bol on doit reprendre exactement le même chemin que la veille, avec un groupe en plus. Après environ 40 minutes de marche rapide on rejoint l'observatoire de chauves souris puis un proche l'entrée de la Langs Cave. Le cadre est très beau : forêt et parois verticales couvertes d'hirondelles. Cette première grotte découverte en 1977 sera remarquable par la beauté des concrétions calcaires. L'autre grotte, le joyau de Mulu, proche , est vraiment un must.
C'est la plus grande grotte du monde visitable .2 millions de chauves-souris y vivent la journée et en sorte le soir pour se nourrir. On pénètre assez profondément dans cette grotte VIDEO dont le sol est recouvert de guano et les parois recouvertes de chauves-souris dont le bruit est bien perceptible. Les dimensions sont impressionnantes et je suis ému par le spectacle (pour une idée voir le Ushuaïa Nature sur Bornéo). Des cascades tombent du plafond,l'entrée et la sortie de la grotte (que nous n'utiliserons pas) sont comme deux trous béants dans la parois. Vraiment gigantesque.
Je savoure la chance de voir un tel spectacle, si loin de chez moi. Nous finirons la soirée en attendant pendant plus d'une heure et demi la sortie des chauves -souris. Il y a deux grandes espèces dans la grotte et chacune sort par sa sortie. A la tombée de la nuit, sous les objectifs de la centaine de personne présente, les animaux vont sortir par grappe de quelques milliers. C'est vraiment un spectacle unique qui va durer de nombreuses minutes VIDEO. Les groupes se succèdent et ils partent tous en direction de la forêt manger leur 15 tonnes d'insectes par nuit! La nuit tombée nous rentrons les derniers par le même chemin qu'à l'aller. Beaucoup de bruits dans la jungle dont les bruyantes grenouilles, des lucioles, encore des insectes...L'atmosphère est très dépaysante. La navette ne tardera pas, on rentre crevés au lodge pour savourer notre dernière soirée tout confort.
Encore de très belles choses aujourd'hui , c'est vraiment unique d'assister à un tel spectacle. L'impression de vivre dans " voyage au centre de la Terre " ! Un must.
Miri
26 juillet : Derniers moments de confort dans ce beau resort en pleine nature avant de partir pour l'aéroport . Temps superbe, c'est un plaisir de voyager dans ces conditions. Le cadre de l'aéroport est aussi très original avec ses montagnes autour. Le vol sera court pour Miri et spectaculaire. Le pilote, à la demande d'un passager fera même un petit détour par les Pinnacles , formation rocheuses particulières , pour que nous puissions les voir. On reconnaît le site de la Deer et de la Lang cave , c'est vraiment magique ce matin. Puis on survole une forêt à perte de vue, sans trace de route . Spectacle magnifique . Puis se rapprochant de la cote on aperçoit des coupes, des routes puis des plantations de palmier à huile. Ces traînées marrons dans ce fond vert sont autant de cicatrices qui se développent chaque jour plus sur l' île. Danger immédiat! 3O minutes de vol et on se pose à Miri; grande ville prospère à cause de son pétrole. Ville sans grand intérêt touristique en fait. Aéroport clean, on y attend un bus local qui ne passe que très rarement . Une fois dans le centre et souhaitant éviter les guest houses les plus courues on va en essayer deux pour finir chez Dilenia, au nord de la ville.
Petite pension assez familiale et proprette. On va apprécier. Après le repas je laisse mes compagnons de route se reposer pour partir vers le musée du pétrole . Il est situé sur Canada Hill et la vue de la colline, quoique peu impressionnante, me refroidit sous ce cagnard.
Je traverse des voies rapides et monte en solitaire , le long d'une route tranquille et atteint , en nage , le musée. La fraîcheur salvatrice de l'air conditionné m'attend, je suis ravi. Malheureusement, et ce n'est pas mon habitude, j'ai mal lu le guide: le musée ferme le dimanche! Je vais donc juste profiter de la vue. D'un côté la mer , la ville , des bateaux et des plateformes pétrolières au large. De l'autre une grande plaine verte avec cultures et forêt. Des gens viennent ici pour boire des bières dans leur voitures, faire un peu de sport, profiter du coucher de soleil...mais c'est quand même très calme. Sur le chemin du retour, ayant besoin de fraîcheur , je me glisse dans le shopping center de Bintang , proche. Assez bas de gamme comparé à ceux habituels : télé montrant des sortes de film à la Bioman, magasins de bric et de broc chinois...et un Mac Do qui me fournira en glace. Je rejoins ensuite les autres , rattrape mon retard de mail puis nous filons explorer le reste de la ville. Rien de notable. Le soir, forcément, les quartiers des marchés sont assez vide. Il reste une grosse animation au temple près du marché VIDEO au poisson. Impressionnant de voir tous ces gens allumer de l'encens, tourner , planter les bâtonnets , brûler des papiers à prières dans un grand foyer. La fumée me pique les yeux. Là est vraiment le dépaysement de la ville. Le reste sera assez classique.
Journée de transition donc avec un superbe trajet en avion,une vision unique et rare de la forêt à basse altitude et une ville normale, étape incontournable des voyages dans le nord Sarawak.
Bario et les montagnes Kelabit
27 juillet : Après une très bonne nuit dans cette charmante pension nous sommes amenés par une amie de la propriétaire à l'aéroport pour 20 RM. Naturellement, ceci ne devant pas être très légal, elle nous demanda gentiment de la payer avant l'arrivée des taxis. Le vol pour Bario est assez spécial , pas plus de 10 kg par personne. L'appareil est un twin otter d'une vingtaine de places, en fait nous ne serons que 15! Au check-in nous devons peser nos bagages et nous même! Une dame envoyant un colis à son frère nous parle de sa guest house et nous apparaît sympa . Son frère nous attendra à l'aéroport. C'est personnellement la première fois que je prends un avion de ligne aussi petit. Le décollage , l'atterrissage, tout le vol en fait sera original. Le pilote est tout proche , la cabine n'est pas fermée, pas d'hôtesses ,des vieux sièges...un vol à l'ancienne mais très agréable. Nous allons survoler la forêt à une altitude assez basse , assez pour bien distinguer les routes , la cime des arbres .Je remarque qu'il n'est pratiquement pas possible de projeter son regard sans voir une trace faite par l'homme. Des étendues vierge certes mais aussi beaucoup de saignées , de routes forestières, et une déforestation clairement visible VIDEO et dramatique. Après le franchissement d'une dernière montagne l'avion plonge et une grande plaine remplies de rizières, encadrées de montagne apparaît. Bario , au centre ,petit village et minuscule aéroport.
On prend nos sacs directement dans l'avion et nous embarquons dans un 4x4 pour une première guest-house . La route est défoncée , le village est encore très isolé mais nous sentons que le développement fait son chemin . Pas mal de guest -houses mais toutes éloignées. On se sent vraiment seuls ici. Arrivés à Ngimat, chez Apoy, nous retrouvons un couple de français rencontrés à Bako. Les lieux nous plaisent , on visite quand même celle contenant une galerie d'art puis une autre attenante pour finalement retourner à notre point de départ. La vue est superbe, l'ambiance nous plait. Le repas nous est servi par une grand-mère , qui cuisine au feu de bois. Curry de citrouille, du chevreuil chassé, riz....un très bon repas que j'apprécie vraiment. C'est très sympa de se retrouver chez l'habitant, vraiment. Après un bon moment à partager quelques souvenirs de voyage avec les français nous décidons de les suivre . On traverse une école nickel , les enfants des divers villages sont ici en pension dans un environnement agréable et fleuri. Nous rejoignons ensuite la long house (maison longue) Bario Asal, l'une des plus anciennes de la région.
Un hornbill (calao) nous accueille à l'entrée. Environ 100 personnes habitent ici. Chaque famille a son foyer VIDEO. On note aussi une grande salle de réception tout le long de la maison avec les photos marquantes de chaque famille. On y voit des photos plus anciennes avec des femmes et hommes avec les oreilles déformées par de lourdes boucle d'oreilles. Dans la long house aussi un vieux monsieur porte encore cette marque du passé. Les jeunes eux désertent ces maisons longues et ces traditions se perdent. On en profite pour acheter des produits locaux: sel de Bario et une machette (Parang) local ( porté par les gens du village, vérifié) . On poursuit ensuite en partant au hasard dans les rizières observant avec plaisir les beaux paysages tranquilles. Des gens guident leurs buffles, d'autres ( des femmes) préparent durement la future récolte de riz. Nous rentrerons vers l'école où une sorte de compétition de cross se joue. Les filles courent pied nus et certaines finissent même dans la civière sous l'effort. Retour vers 18 h à la guest house où nous partageons quelques histoire de voyageurs , se protégeant des moustiques. Nuit noire, calme , seul le bruit des insectes et du générateur .Bario répond à mes attentes. Isolé , tranquille, un bout du monde très agréable. Très bon repas encore à côté de la cheminée à parler du village , du passé , du futur. Ils attendent la route avec impatience ( 14 h pour Miri pour l'instant ou l'avion) . L'homme gagne en confort , l'humanité perd en diversité , c'est inexorable . Bario sera bientôt quelconque mais ses habitants auront des vies moins rudes, seront-ils plus heureux est un autre débat.
Après le repas Apoy fait cuire un morceau de sanglier fraîchement chassé. Bizarrement on est bien devant la chaleur du feu, Bario est à environ 1500 m d'altitude et les soirées sont presque fraîches. On en dévorera une partie avant de se coucher.
28 juillet: Réveil vers 8 heures , je dis au revoir au couple de français et ai du mal à émerger comme nous tous je crois (literie moyenne) . Le petit déjeuner comporte une sorte de plat bizarre à base de fausse pomme de terre et une vraie bonne omelette à base de vraies . Grand soleil aujourd'hui , nous partons en direction de l'école et de la maison longue puis continuons tout droit vers un campement Penan à moins d'une heure de là. A l'origine, le campement était à 3 jours de marche d'ici, il s'est rapproché pour mieux envoyer les enfants à l'école. Le gouvernement leur donne les mêmes droits que tout malais . On traverse un petit village , qui comme beaucoup ici ressemblent à des villages de western spaghettis. Soleil brûlant. Des chiens et personne ou presque. Puis le sentier s'élève , rejoins un premier campement où une femme et des enfants apportent un peu de vie. Le second sera un peu plus haut et totalement désert. Les Penan vivent très simplement dans des huttes en bois sommaires VIDEO. L'ensemble est assez miséreux , vraiment pas un endroit où on aimerait vivre. Pas grand chose à voir ni à faire on rentre par le même chemin.
Près de l'école un petit parc facile d'accès en 5 minutes permet une vue plus dégagée sur la vallée. Un petit musée de la ville s'y tient aussi ( fermé lors de notre passage) . Petite ballade agréable pour cette matinée. Sieste , repas avec Apoy et sa nièce puis on négocie une voiture pour nous amener à un pont proche de 4 km de la Salt Spring. Le trajet est très chaotique, la route est totalement défoncée , toute en terre. De là on poursuit dans une forêt secondaire , sur un sentier forestier pas forcément très dépaysant mais très boueux pour mes reefs. Nous arrivons à une petite cabane . Il y a un puits , 2 travailleurs et leur buffle ( pas question de le laisser à la maison sans surveillance). C'est très intéressant de voir cette technique ancestrale: faire bouillir de l'eau riche en sel pendant des heures pour récolter le sel, précieux aussi loin de la mer. J'en profite pour faire avec Thierry un petit film pour mes élèves sur la vaporisation de l'eau VIDEO. Apoy qui vient de nous rejoindre a rencontré un black cobra sur le chemin. Même armé de son parang il s'est arrêté net. Le reste de la randonnée sera moins intéressant, on suit Apoy ( en fait il est en moto sur la route..et nous à pied) sur la route boueuse, pas très agréable, jusqu'à sa ferme où il vient régulièrement chercher des légumes et surveiller un troupeau d'une trentaine de moutons.
Puis c'est le retour en plus d'une heure pour le village, en pilotage automatique. Pas une voiture, seuls 2 motos et toujours ces gens qui nous saluent. Arrêt Coca ( pas très frais, pas beaucoup d'énergie électrique ici) dans la " rue des magasins " qui encore une fois fait vraiment western. On rencontre ensuite quelques petites épiceries , un gamin qui nous offre des fleurs et un baiser, un petit bar qui passe de la country américaine …C'est vraiment un bout du monde, à des années lumières de ce que j'ai pu voir dans le reste de mon voyage en Malaisie. Les gens sont vraiment polis, gentils. Puisse cela rester avec le développement probable du coin.
On arrive crevés pour le coucher du soleil . Grosse journée finalement, de la route pas très intéressante mais en étoile depuis Bario il est aujourd'hui difficile d'éviter ces tronçons . D'ailleurs de nombreux anciens treks ne sont plus valables aujourd'hui. Nous passerons la soirée à discuter avec Apoy, après un toujours très bon repas.
29 juillet: Le programme d'aujourd'hui n'est pas encore très net alors on se force à se lever tôt pour s'offrir la possibilité de partir avec Rénato, suisse qui partage notre guest house. Il a loué un 4x4 pour Pa Ukat et ensuite un bateau pour rejoindre les environs de Pa Lungan. On hésite beaucoup: aller la bas et revenir par le beau sentier de jungle jusqu'à Pa Ukat puis prendre un 4x4? Aller à Pa Lungan , y déjeuner et rentrer par bateau et 4 x4 ( budget élevé...) ...Luisa ne se sent pas marcher dans la boue des heures. Il a plu une bonne partie de la nuit et le temps est menaçant. La pluie forte qui arrive et va durer toute la journée nous oblige à rester. On retourne même au lit un moment. On va donc faire de cette journée l'équivalent des journées d'attentes dans le camp de base de l'Everest, bloqués. Finalement cela ne me déplaît pas. La vue du balcon est superbe sur les rizières et les montagnes, j'ai un livre, des photos à classer. C'est aussi un bon moyen de s'imprégner de cette atmosphère.
Après un nième repas bio, Apoy part pécher sous la pluie , on repart faire la sieste,on lit...comme ce matin. En fin d'après-midi, on décide quand même de se mettre en appétit en partant voir le " village ". La route principale est totalement boueuse VIDEOet nous avançons à pas mesurés parfois dépassés par un ou deux 4x4 ou motos, roulant à si vive allure qu'ils ont tous le temps de nous dire bonjour! Les gens rentrent de leur boulot dans les champs. Une poignée de bar-snack passe un karaoké, le dernier soap à la mode ou un peu de musique américaine. L'ensemble fait très far west. Le 4x4 remplace le cheval mais l'esprit y est. On termine notre progression humide dans l'unique rue bétonnée du village avec ses quelques boutiques fermées , le Bario Saloon et à peine de quoi se restaurer. Ici on ferme tôt, et on branche les générateurs. Le repas sera encore une fois ce soir délicieux. Apoy a reçu un appel d'un amis chasseur qui lui proposait un chevreuil. On l'aura ce soir dans l'assiette. Légumes verts inconnus chez nous, de la pâte de riz dans des feuilles d'une variété d'héliconia, une salade avec les restes du sanglier...Que du bio et l'ensemble est vraiment original. On n'en peux plus de se régaler. Nous discutons pas mal avec Apoy et sa mère. Je ne peux m'empêcher en voyant cette femme de 80 ans d'imaginer son passé, sa jeunesse à Bario. On en apprend beaucoup sur l'histoire du village, sur la maison longue familiale, sur le projet du gouvernement de rassembler les gens des villages alentours vers Bario pour centraliser et stabiliser les familles.
On parle des chasseurs qui connaissent chaque méandres de la rivière, chaque colline par un nom. On parle aussi de Tom Harrison, anglais qui débarqua en parachute non loin de la long house d'Apoy et qui développa pas mal la région en échange je crois d'un trafic d'antiquité pour le musée de Kuching. Un personnage arrogant mais respecté .Nous sommes si bien dans cette petite pension , seuls avec ces gens. D'ailleurs ils ne souhaitent pas développer plus l'affaire. Quelques touristes par ci par là leur va très bien. C'est vraiment un énorme plaisir de partager ainsi avec l'habitant. On en oublie qu'on est client et finalement on ne l'est pas vraiment tellement l'accueil est sincère. J'arrive à la fin de mon séjour et j'ai tellement appris de toutes ces rencontres. Je repense à ces resorts tout confort où l'on ne gagne que du confort et c'est tout. Ici c'est tout le reste, la nourriture est meilleure, on se sent comme chez soi,on partage autre chose qu'un code de carte bleue. C'est tellement plus enrichissant, tellement. Ce séjour à Bario répond exactement à mes attentes. Je voulais vivre chez l'habitant, je voulais vivre à leur rythme et voir leur vie , je voulais me sentir au bout du monde. Bario en est un. Tellement différent du reste de la Malaisie. J'adore. Qu'en sera-t-il dans quelques années , quand internet marchera dans toutes les maisons, quand le bitume recouvrera les routes, quand les " vieux " seront partis? Il y aura du confort en plus et beaucoup de choses en moins.
30 juillet : Dernière nuit à Bario, un peu de mal ce matin, la pluie et la légère fraîcheur de la veille me causent quelques douleurs intestinales bénignes . 6H45, la mère d'Apoy est déjà au travail dans sa cuisine. On émerge tous vers 8h . La douche ce matin est bien froide mais la chaleur reviendra en partageant notre soupe de nouilles et notre petit déjeuner en compagnie du maître de maison. Apoy qui a vécu à KL ou à Kuching nous dit vouloir profiter de ses parents, âgés. C'est une belle philosophie. Il semble heureux ici à s'occuper de ses chambres d'hôtes, à pêcher, à s'occuper de sa ferme. En tout cas, à l'heure du départ, nous avons tous l'impression de quitter la famille, notre grand -mère malaise tellement ces gens sont chaleureux. J'en rediscute avec Thierry, pensant vraiment que les gens qui suivent les circuits classique en resort ou club tout compris perdent beaucoup de choses. Celui qui aime les gens, qui veut voir d'autres cultures ne peut se satisfaire des halls d'hôtels et des buffets tièdes. Photos , embrassades et on repart en 4x4 se faire bouger 20 minutes pour rejoindre l'aéroport. Marrant à l'entrée de celui-ci, la citerne d'eau pour se nettoyer les chaussures, remplies de cette boue ocre et collante. Le vol aura presque une heure de retard. Pas grand chose à faire, les 15 passagers prévus regardent les vieilles photos de l'aérodrome (1996) où il n'y avait même pas de baraquement. Et puis le coucou arrive , débarque ses passagers et ses cargaisons de lait et de vivres. Le commandant s'arrête un tour au toilettes et on repart.
Le vol ne sera pas toujours très rassurant. Voir les pilotes stresse parfois. Ils tournent des boutons, tirent sur le manche... Pas de turbulences pourtant, juste la vue sur Mulu, la forêt, les rivières marrons. A l'arrivée on a l'impression qu'un des deux pilotes est l'élève de l'autre ( celui à la barbe plus fournie) . Notre coquille d'oeuf fragile arrive quand même à se poser sans fellure. Tout le monde souffle un peu. L'aéroport de Miri étant mal desservi par le bus local on va attendre quelques dizaines de minutes avant de plonger dans un bus climatisé pour rejoindre la guest house Dilénia, où Thierry et Luisa vont poursuivre leur séjour. J'ai quelques heures avant mon vol pour KL, je les suis, on prendra mon dernier (ou presque) " roasted chicken rice " avant de s'essayer aux souvenirs en ville. Je suis assez content de ne pas rester à Miri, ville pas terrible on peut le dire. Je n'aurais pas aimé non plus les laisser partir et rester seul pour les 2 dernières semaines. Mon planning, arriver et partir avant et bien meilleur pour le moral je trouve. Quelques achats , rien de terrible , un taxi et retour à l'aéroport. Je me retrouve à KL aux environs de 22h.Je me revois arriver ici il y a plus de 3 semaines. J'y refait le même parcours mais beaucoup plus à l'aise forcément. Bus Skybus , tenu par des indiens cabots, 1h15 plus tard me voilà à KL central. Au pied des hôtels Hilton et Meridien, et d'un autre chantier pas simple de se repérer et de trouver le bus local pour rejoindre Pantai Hillpark où Marcus m'hébergera .J'ai beaucoup de temps à attendre ce soir alors je flâne et mange dans un restaurant indien proche . Et puis j'attends mon bus 46D ...qui ne vient pas. Au bout d'une heure , il doit être presque minuit, je me jette dans le dernier bus dans la bonne direction et arrive tard chez Marcus. Attendant devant sa porte , la voisine m'interpelle , intriguée. Je la rassure vite , elle me prends pour un " copain " de Marcus...Dès son arrivée nous allons discuter une bonne partie de la nuit, parlant du Sarawak et de mes " aventures ". Tout le sommeil en retard sera rattrapé dans l'avion ( pensais-je à tord). Je retrouve le lit qui m'avait vu bouger et tourner mes premiers jours. Je m'effondre de sommeil.
31 juillet: Réveil matinal, Marcus qui doit retourner un samedi à son boulot me suit . Nous commençons par chercher et trouver un cyber café pour imprimer mon billet de Ryanair ( sinon gare à l'amende!) puis je prends mon dernier breakfast malais dans un snack local, observant le boucher trancher au soleil des morceaux de barbaque peu ragoûtants. Bus pour Central Market , au revoir à Marcus ( qui viendra peut être par chez moi lors de son voyage en France en septembre) , un gars très hospitalier et vraiment sympa. Je vais errer dans ce temple du souvenir une bonne heure jetant mon dévolu sur une petite boutique vendant thé, miel et produits bios originaires de Malaisie. Cela fait quelques temps que j'évite les souvenirs objets de pacotille. Difficiles à choisir pour les autres et parfois pas du tout adaptés à l'environnement de la personne. Je repars satisfait de mes petits achats. Dernier passage dans ce métro aérien, profitant de mes dernières vues de cette ville moderne . Je suis assez tranquille. Pas pressé de rentrer. Pas ce besoin que j'ai parfois de retrouver un certain confort. Ici ce fut relax et facile finalement. Vol interminable pour moi , quasiment sans dormir pour Londres avec comme souvent quelques grosses turbulences aux environ de l'Inde ( mousson). Je passe mon temps à faire de la géographie physique depuis mon hublot. J'embête tout le monde, je suis le seul qui laisse rentrer la lumière! Je reste impressionné par le survol de l'Afghanistan ,de l'Iran. C'est comme un désert marron, aucune trace de vert. Le manteau terrestre est ici plissé en continu. Parfois une ville , des traces de routes, vraiment un autre monde et je m'essaye de m'imaginer comment les gens vivent dans cet environnement. Je repense à ma tante qui a traversé ces pays en stop il y a quelques années. Je ne m'imagine pas ,mais alors pas du tout, en bas, à faire ça! Nuit à Stansted ( transformé en squat) : gens allongés partout, des duvets , des campements...Bizarre mais personne ne dit rien. Allongé sur le sol froid , je suis un peu vieux pour ça, je vais très peu dormir pourtant la fatigue est bien là. Vol pour Bergerac. Ma mère m'attends , c'est tranquille, comme descendre dans une gare de campagne. Heureux de revoir la France, et très bavard sur tout ce que j'ai à dire. Déjà fini. Ce fut si rapide.
CONLUSION
Plusieurs mots me viennent à l'esprit pour définir ce séjour. Tout d'abord les contrastes. Contrastes entre l'ultra moderne Singapour et , à l'opposé, le complet dénuement des campements Penan de Bornéo ou autres Orang Asli des Cameron Highlands. Je dirais aussi...un voyage tranquille. Je ne sais pas quelle est la part de mon expérience, grandissante à chaque fois, mais il n'y a pas eu de stress .La Malaisie se visite aisément. La partie sur Bornéo nécessite plus d'organisation mais on y trouve du tourisme clé en main. Chose que je n'aurai pas imaginé , étant comme toujours resté à l'époque du Rajah Brooke luttant contre les chasseurs de têtes! Cette facilité a un prix, le sentiment d'avoir vécu de très bons moments sans avoir vraiment participé à une aventure.
Je garderai aussi en mémoire la beauté des femmes , très fines et élégantes, la cuisine, encore plus divine qu'en Thaïlande et les rencontres , authentiques , chez Alvin et sa femme dans la banlieue de Singapour, chez Marcus à KL, chez Barry le cuisinier de Kuching, et enfin chez Apoy à Bario. Une approche de l'intérieur vraiment privilégiée.
Ce voyage fut aussi plusieurs voyages en un. D'abord la partie en solitaire , avec de belles rencontres en couchsurfing, puis la partie Bornéo en compagnie de Luisa et Thierry. Visites de grandes villes comme Kuala Lumpur ( agréable mais sans plus) , Singapour ( beaucoup apprécié son passé colonial et ses musées ), esprit " vieille asie " à Penang avec Rick, guide formidable , montagnes rafraîchissantes et plantation de thé dans les Cameron Highlands, et enfin le Sarawak sur Bornéo . J'en retiendrai les extraordinaires grottes de Mulu , les survol de la jungle dans des petits avions, la vues d'orang outang dans leur milieu naturel, la vue rare de la Rafflésie ( fleur la plus grosse du monde) et pour finir en apothéose, le séjour simple, du cœur à Bario. Ce petit coin perdu et la rencontre avec Apoy et sa mère m'ont comblé. Voir ces derniers habitants " d'avant " est un luxe que les plus jeunes n'auront plus. J'ai encore une fois beaucoup réfléchi à l'idée de Michel Serres soulignant que nous sommes les premières générations à naître et à mourir dans deux mondes différents.
Cette transition , ce basculement est clairement visible en Malaisie. J'ai bien peur que l'uniformisation en vue d'une recherche, légitime, de confort et de plaisirs rende notre planète bien tiède. Tout renforce mon sentiment d'urgence à voir ce qui va disparaître. Je reste aussi profondément ému par le mal que nous infligeons à notre planète. Voir ces singes et ces tigres chassés de leur milieu naturel m'attriste profondément. De quoi rêverons nos enfants dans cette future planète que nous " construisons "? Le compte à rebours s'accélère et la plupart des gens , par ignorance, s'en fichent. Triste.
Je repense aussi à Apoy dont la philosophie est de retourner sur les terres de jeunesse, quittant la ville et son travail, pour profiter de ses parents vieillissants et de son temps pour pêcher et garder ses moutons. Son affaire , il ne veut pas qu'elle grossisse, il est bien comme ça et n'en veut pas plus.
J'y oppose les traders de Singapour en Porsche jaune, les forestiers avides , puis tout le reste, je secoue à la façon d'un Singapour Sling servi au Raffles,et j'obtiens un mélange d'Asie très instructif , de belles choses teintées d'amertume...Un vrai beau voyage. Celui qui ne fait pas que plaisir mais qui change ou conforte les craintes que l'on a sur ce monde, définitivement en pleine métamorphose.
LE POUR : les rencontres, les sites naturels uniques, la biodiversité de Bornéo, la cuisine, le calme des villes,le passé colonial, les contrastes et l'invitation à la réflexion.
LE CONTRE: pas grand chose...peut -être le budget avion, la vision de la forêt grignotée, le manque d'exotisme de certaines villes, un certain tourisme de riche se développant dans le nord de Bornéo.