COLOMBIE BRITANNIQUE

Pourquoi la COLOMBIE BRITANNIQUE?

Comme à l'accoutumée le choix fut difficile voire éprouvant. Comment oser dire ça? Souffrir de choisir sa destination de vacances. J'assume et m'excuse du peu de problèmes de ma vie actuelle. Ce qui m'occupe l'esprit en cette fin d'année scolaire est bien de trouver où aller et peut-être avec qui. Envie d'Asie et de Cambodge, d'Amérique du sud et de Paraguay, d'Ukraine, d'Afrique. Les prix proposés me freinent pas mal. J'ai un peu de mal à accepter payer le prix maximum de juillet-août et pense de plus en plus à profiter des courtes vacances pour avoir des billets parfois 3 fois moins chers. Alors les jours passent et j'accumule les heures sur les sites de voyages, devenant une vraie agence de voyages. Saturation évidente. Je vais partir cette fois accompagné par ma collègue qui est aussi motivée que moi par les destinations lointaines. Après quelques recherches et à deux doigts de partir au Cambodge un miracle se produit: un billet AR pour Vancouver apparaît à 700 euros depuis Paris en vol direct. Soit environ 400 euros de moins que le prix normal. Partir en Colombie Britannique est depuis quelques années un projet récurent et latent. Un pays de mousse, de nature de wild, de gigantisme, de chercheurs d'or, de folk music. Moi qui affirme souvent me transformer en cèdre...je doit pouvoir trouver un terrain fertile là-bas. On saute vite sur l'occasion. La destination est de plus confortable pour pour partir avec une fille...Gros point positif, elle est volontaire pour se charger de la conduite de la voiture de location. Chose futile pour certains mais qui me bloque personnellement . Je ne m'imagine pas louer une voiture et me balader seul dans un pays étranger. Hors pour les parcs nord américains c'est indispensable. On ne réfléchit pas longtemps et saute sur l'occasion. Pas l'habitude de visiter deux fois le même pays lointain à un an d'intervalle. Après le Québec l'an dernier je me vois cette fois plein ouest mais toujours au Canada. Le même pays certes mais deux atmosphères et deux histoires qui se révéleront vraiment différentes. Pas de redite, je dirai même un peu de cohérence. Comprendre le Canada de manière un peu moins superficielle en suivant l'histoire et la géographie de deux de ces états les plus marquants. D'un bout de la Transcanadienne à l'autre. Du départ du Canadian Pacific Rail à son terminus. Je vais compléter mes connaissances, construisant peu à peu un canevas d'informations utile pour mieux comprendre ce pays mosaïque . On change de langue, on switch du français à l'anglais, on garde le même sac, on rajoute quelques heures de vol...L'année dernière, Ariane Moffatt m'invitait à Montréal. Cette fois, route vers l'ouest pour découvrir la beauté de Vancouver et du mythique état de Colombie Britannique.

PLAN DU VOYAGE

Voyage à deux cette fois avec une amie, du 13 juillet au 8 août 2012. 4 grands thèmes pour ce voyage.
Les belles villes de l'état, Vancouver et Victoria.
La nature côté océan avec les îles de Vancouver, Quadra et Prince Rupert.
Les montagnes et les cascades dans les parcs de Wells Gray, Revelstoke et Glacier.
Le pays des chercheurs d'or dans le Cariboo Chilcotin.

Le tout en utilisant le bus, le train, le ferry, le stop et notre voiture de location.

PERIODE :
Mi-juillet-début août. Au niveau du climat on a vraiment été gâtés. 2h de pluie de tout le séjour alors qu'on s'attendait à un temps vraiment humide. Températures très agréables voire caniculaires du côté de l'Okanagan et du Cariboo ( 38°C) . Là on cherchait vraiment l'ombre! En montagne, je n'ai jamais mis ma polaire . Le plus froid était finalement sur le ferry, le soir en arrivant à prince Rupert.
Au niveau fréquentation on a été agréablement surpris. Du monde à l'aquarium de Vancouver et ensuite...le grand calme. Dans le ferry, le train, énormément de places vides . Surprenant pour un plein été. Dans les bus, les musées, vraiment peu de touristes. Et finalement plus de locaux que d'Européens.
On enlève les prix élevés de cette saison et je n'y vois que des bons côtés. L'état des routes secondaires ne doit pas pouvoir permettre un même trajet en hiver. A vous de voir.

Pour en savoir plus sur le climat et les bonnes périodes , voir sur le site de quand partir sur Vancouver.

NIVEAU :

Très facile forcément. Tout est bien organisé et pour peu que l'on parle un peu l'anglais, ça roule. Bus, trains, ferry et même la conduite sont aisés. Les employés très courtois aident même souvent les gens perdus, un confort. Peu de densité de population donc ils ont de l'espace et moins de stress. A noter les offices de tourismes très performants qui fournissent des cartes précises et toutes les informations nécessaires.
Pour dormir ou manger, aucun problème aussi.
Niveau physique...même les parcs sont faciles ...du moins pour une première découverte. Il y en a pour tous les niveaux mais on peut facilement s'émerveiller presque depuis sa voiture.
Un voyage vraiment confort pour celui qui en a les moyens et en tout cas très relaxant niveau moral. Aucun sentiment d'insécurité sauf au niveau des ours . Quartiers de Vancouver comme dans l'Eastside où on n'a pas sa place par contre.


HEBERGEMENT ET BUDGET (2012) :

Le voyage m'est revenu à 2355 euros pour 27 jours ( 700 euros d'avion+135 euros de train pour CDG+1520 euros sur place) . Ce qui n'est pas si bon marché que ça mais on peut difficilement faire moins cher pour une telle qualité. Jetez un oeil sur les agences de voyages...
Nous n'avons jamais lésiné sur les entrées de musées par exemple. Les ferrys, le train, les transports en car et surtout la voiture ( environ 550 euros pour 11 jours hors essence) forment un budget conséquent. Le prix de l'avion est imbattable et 400 euros en dessous du prix du marché en cette saison.
Pour se nourrir, ce n'est pas plus cher qu'en France mais pas question de se lâcher comme en Asie. Des pubs, des restaurants de burgers, des sandwiches et aussi notre propre cuisine dès que possible. On mangeait bien pour moins de 30 dollars à deux.
Niveau dodo on a payé 7 nuits sur 25, le reste étant en Couchsurfing. Inutile de dire que sans ça on dépassait les 3000 euros. On payait de 40 à 90 dollars la nuit pour 2 dans des motels ou de petites guesthouses.

Pour préparer ce voyage j'ai utilisé :

SITES GENERALISTES

  • le site du Routard . Il ne traite pas tout dans l'état mais j'apprécie son style.
  • le site officiel de l'office du tourisme de Colombie Britannique. Très bien fait. Une mine d'informations. Utile pour trouver un itinéraire.
  • le site du Lonely Planet. Nous n'avons pas pris le guide car traitant de tout le Canada de l'ouest.
  • le site du Petit Futé. Pas mal d'erreurs dans le guide, beaucoup d'imprécisions et de l'approximation. Mais il traite aussi d'endroits non cités dans le routard. Niveau transport et itinéraire, nul. Un mix avec le routard semble nécessaire.

TRANSPORTS

  • le site des transports de Vancouver. Très bien fait et simple pour trouver les horaires pour vous diriger dans la ville.
  • le site des trains. Très bien fait et utile pour par exemple prendre le Skeena Train entre Prince Rupert et Prince George.
  • le site des transports de Colombie Britannique. Un site plus généraliste mais qui vous donnera pour chaque ville les bus disponibles. Très utile.
  • un site pour calculer les distances entre les villes. Très utile.
  • le site des ferry. Très bien fait et utile pour par exemple prendre le superbe ferry remontant l'Inside Passage entre Port Hardy et Prince Rupert
  • le site des bus Greyhound. Très bien fait et utile. Des prix si vous réservez en avance. Par contre, confort très moyen (en 2012).
  • un site de location de voiture National. La seule agence pour nous à Williams Lake. RAS. Pas forcément les meilleurs prix.

RANDONNEE

  • le site des parcs du Canada. Une source d'inspiration. Indispensable et très précis.



DEPART POUR LA COLOMBIE BRITANNIQUE

13 juillet: Encore une fois, un réveil bien matinal ( 5H10). Toujours un peu difficile de m'extirper de mon lit même si j'ai un peu honte d'avoir ce sentiment alors que c'est pour partir en voyage au bout du monde. Caroline et Thierry sont rentrés hier soir de leur périple québécois (ils ont adorés) et me passent le relais direction la côte ouest. La veille j'ai une fois de plus subit la nostalgie pré-départ qui me suit tous les étés avant le grand voyage. Passer un peu de temps dans la piscine, jouer avec le chien, partir en vélo pour savourer une dernière fois le col de St Léger ou le Noisetier. Certains partent pour fuir et avec plaisir. Je n'aime pas quitter mon terroir auquel je suis de plus en plus attaché et chaque année je me dis que mes paradis sont autant en Aquitaine que dans des lointaines destinations. Et pourtant une fois lancé et ailleurs je ressens aussi une grande exaltation. Mon bonheur est double: dans mon pays et dans ma peau de voyageur. Seules les transitions me pèsent un peu. Avec encore plus de poids au départ qu'au retour. Serais-je en train de devenir sage et de trouver tout le bonheur du monde dans mon jardin? Chouette. En tout cas, et on en parle souvent avec Thierry, chaque départ lointain est lourd à gérer et on parle souvent tous les deux de la fin d'un cycle...qui n'arrive jamais. Le poids vient aussi du gros travail que demande le type de voyage Couchsurfing . Savoir en peu de temps où aller , chez qui, choisir, écrire, réserver, vérifier. Des heures de travail qui sont payés une fois sur place mais qui coûtent en énergie avant le départ. Je pense parfois à mes anciens voyages, plus libres, avec moins d'organisation mais aussi moins de rencontres et d'authenticité. Je voudrais tout: la liberté, le rare, le dur, le simple. Paradoxal. Quoi qu'il en soit, je me retrouve à 6h45 à Agen dans mon train endormi direction Bordeaux, merci Annie pour le transport matinal.

VANCOUVER

Transfert dans un TGV première classe et voilà quelques heures plus tard Roissy CDG, aéroport toujours aussi peu plaisant. Le terminal 3, qui sent le low -cost sera l'endroit où je rejoins Carla, avec qui je vais passer le séjour. Nous sommes dans les derniers à passer à l'embarquement. Content et assez excité de partir à deux, ce qui est très rare depuis quelques années , surtout en été. Après mon stupide jeu consistant à essayer d'être les derniers à rentrer dans l'avion, nonobstant les appels par rangées...nous voilà loin des hublots (zut) pour 10 h de vol. Parfois long malgré deux films d'aventure corrects ( l'île mystérieuse 2 et John Carter). Un peu frustrés de ne pas profiter des vues sur le Groenland et sur le grand nord, d'autant plus que la plupart des gens proches des hublots s'en moquent éperdument. Vol tranquille et confortable. Arrivée dans l'aéroport de Vancouver, nous subissons un coup de fatigue généralisé. Je vais même voir un peu trouble au niveau de l'accueil des bagages. Et dire qu'il est à peine 15H30! Premiers sentiments: quel cadre! Sous le soleil la ville de Vancouver apparaît à taille humaine, bordée de hautes montagnes enneigées, d'océan, d'îles. L'aéroport est très clean, relaxant et décoré d'art amérindien. Vraiment une bonne image de la région. Nous trouvons facilement, dans le calme et la sérénité , notre Sky Train tout aussi tranquille. Belles vues sur les montagnes, sur les faubourgs bien calmes. Un transfert en bus dans un quartier où déjà le nombre de chinois nous impressionne et nous voilà dans le south west Vancouver , dans des beaux quartiers résidentiels, à chercher la maison de Claudine qui nous héberge. Elle nous accueille dans sa grande maison très boisée et décorée d'art autochtone. Verre de jus d'orange depuis sa belle terrasse donnant sur un vert jardin . La taille des arbres et l'espace nous impressionnent un peu. Elle nous l'avoue, ici en Colombie Britannique tout est bigger! Elle organise ce soir une soirée mais vu la fatigue nous ne pouvons que décliner l'offre. Un tour de cadran c'est déjà beaucoup. 19H, on est au lit. Nous avons une grande chambre en sous-sol, décorée un peu à l'ancienne. Ravis d'être là, chez des locaux, dans un endroit confortable et si loin du circuit touristique. L'endormissement , comme on dirait au Québec avec l'accent, sera rapide.

14 juillet: Nous pensions nous réveiller en pleine nuit. C' est avec surprise et plaisir que nous voyons le jour poindre aux environs de 6 heures du matin. Assez excités par cette belle première journée qui s'annonce, réalisant finalement que nous nous réveillons à Vancouver, à 8000 km de chez nous, au bord du Pacifique. Nous nous préparons et ne pouvons qu'attendre le réveil des propriétaires. Au programme aujourd'hui. D'abord prendre un gros petit déjeuner puis partir vers le jardin botanique Bloedel et le musée de Vancouver. Un programme light que nous épaissirons facilement si la force est avec nous. Entendant la maison se réveiller nous pouvons enfin aller rencontrer les propriétaires. Claudine nous remet la clé et après quelques conseils sur la ville nous quittons la maison. Première étape: trouver de quoi manger et des pass de bus. À un bloc de notre maison un grand centre commercial plutôt chic nous permet de faire le plein de bonne nourriture. Les étals et les produits forment un ensemble qui met en appétit, bien plus que chez nous je trouve. Nous prenons un bus puis le Sky train pour rejoindre le Queen Elisabeth Park. Nous sommes surpris par l'amabilité des chauffeurs de bus qui seront toujours disposés à nous aider. Leurs conditions de vie et l'ambiance de la ville les rendent -ils plus épanouis dans leur travail? On est loin des incivilités récurrentes qui minent la vie de nos chauffeurs français cachés derrière leurs vitres semi-blindées. Arrivés dans la parc, nous sommes surpris de rencontrer des tas de " convois " de mariés avec la belle en blanc , le beau en costard , la photographe qui flashe, la belle famille qui suit. Il faut dire que le coin si prête : des jardins, des petits ponts de pierre , des vues sur la ville VIDEO. On s'amusera à observer ces familles, la plupart chinoises ou indiennes, parader dans les jardins. Nous arrivons rapidement au but de notre étape: le Bloedel Conservatory. Dôme de verre renfermant plantes et animaux exotiques.

Depuis l'entrée une esplanade offre de superbes vues sur le centre ville (downtown). Avec ce beau soleil on apprécie le site merveilleux dont jouit Vancouver: l'océan, les montagnes toutes proches ( on voit les pistes de ski), les rivières...C'est vraiment une grosse ville posée dans un cadre de nature. Unique, je ne trouve pas d'autres exemples. Après une pause pour manger ( à l'ombre!) nous commençons la visite de la " serre ". Pas vraiment tropicale, il y fait juste un peu plus chaud qu'à l'extérieur. A la différence de plus grandes serres (Kew Gardens, Jardin Botanique de Montréal) il n'y a qu'un seul écosystème artificiel pour toutes les plantes, du cactus au bananier. Donc une atmosphère moins extrême, moins humide qu'attendue. Et c'est une bonne chose. L'endroit n'est pas immense mais nous allons vraiment prendre notre temps et apprécier chaque détail. Le jeu ici consiste à repérer les nombreux oiseaux du lieu. La meilleure manière est de s'asseoir sur un banc et d'attendre. Nous passerons ainsi de longues minutes devant un couple de perroquets joueurs (dont un voulait absolument nous mordre les pieds) . Très agréable visite. Nous passons beaucoup de temps à nous questionner et à rechercher des informations sur les plantes que nous observons. Sans trop de monde, c'est vraiment ce que nous attendions pour un premier jour. Nous continuons en poursuivant la visite du parc, observant les asiatiques se prendre en photos un peu partout , passant au pied d'un beau restaurant panoramique et finissant par nous asseoir de longues minutes sous un arbre pour réviser et apprendre de nouveaux mots d'anglais, tout en mangeant. Le temps passe, il sera trop tard pour aller voir le musée. De plus on s'attend à avoir un coup de fatigue et un musée nécessite beaucoup d' attention pour être apprécié. Nous décidons ensuite de partir vers Downtown en Skytrain en s'arrêtant d'abord à Granville Island.




​Située sous un pont cette presqu'île rassemble des marchés, des magasins d'art, des marinas, des marchands de souvenirs...en fait beaucoup de choses pour consommer. Et un samedi après-midi, c'est particulièrement plein. Assez artificiel mais proposant des produits de qualités. Le marché, par exemple propose un bel agencement de tout ce qui peut pour vous mettre l'eau à la bouche. La vue sur Downtown est aussi très belle. Ce qui est surprenant est la quantité d'immeubles d'habitation qui longent la rive opposée à l' " île ". D'habitude les grattes ciels des villes sont composées de bureaux ici tout semble être habités. De très beaux appartements qui font rêver. Au pied, des gens qui font du paddle board, du canoë, des croisières en bateau. Le tout dans une ambiance très saine. La vie semble belle pour les happy fews du quartier. Prochaine étape pour nous: Dowtown, terminus Waterfront de la ligne de Sky train. Surprenant le peu de monde dans le métro. " La cause au festival folk " d'après Claudine. C'est si calme, de l'espace..et on est samedi après-midi! Au milieu de grands immeubles loin d'être aussi imposants qu'à New-York, nous déambulons dans le quartier de Gastown, passant au pied de la tour panoramique Harbour Center . Nous hésitons, préférons y monter au coucher du soleil ( erreur...on sera alors trop crevés et branchés sur un mode " retour at home ". Passage devant la gare du Canadian Pacific. Je voyais l'an denier son départ, je suis maintenant au bout de la ligne. Arrêt touristique obligatoire devant l'horloge à vapeur. Petite mais amusante attraction. Une horloge à vapeur ...pas si courant.

Et si en plus elle joue quelques notes tous les ¼ d'heure, cela devient un must to see, non? Nous arrivons à Maple Tree, petit périmètre pavé avec statue d'un illustre personnage du passé . Il y avait avant un arbre, des bars pour ouvriers, puis un feu est arrivé, la pierre remplaça le bois...Des textes, des photos Net B, un peu d'imagination et la ville des pionniers apparaît sans peine. J'aime bien. On y croit...et ça marche! Nous bifurquons direction Chinatown. 1/3 de chinois dans la ville, Chinatown a-t-il besoin d'être délimité sur un plan? La transition entre Gastown et le-dit quartier est assez surprenante. En quelques mètres les bars branchés cèdent la place à des devantures fermées. Les bancs sont occupés par des sans abris. Nous rentrons sans le savoir dans un des pires ghettos d'Amérique du Nord. Le plus fort taux de sida de tous les pays " avancés ", le plus fort taux d'Amérique du Nord de mort par héroïne ..et d'autres tristes statistiques. C'est vrai que le malaise saute aux yeux. Les rues entre les immeubles avec poubelles et escaliers de secours, que j'aimais à photographier à Montréal ou New York semblent ici très hostiles. On y distingue des silhouettes perdues , des fantômes errants, se droguant en plein jour, des prostituées ...Tout semble fermé, c'est un Skid Row, un quartier de quelques blocks laissés aux pauvres. Une jungle. Quelques mètres plus loin le paysage change, on rentre dans Chinatown. Enfin dans sa périphérie. Calme. Une grande porte, classique. Un immeuble " le plus étroit du monde ", 1m80! Marrant, la boutique du RDC, un assureur est tout en longueur. Nous remontons par le Saturday Night Market, touristique et sans intérêt, passons par Main Street pour rejoindre Little India. Trop loin, on verra un autre jour...ou pas. Dans le Andy livingstone park des jeunes jouent ou foot , certains font de l'athlétisme. C'est aéré et tranquille. Un inconnu nous voyant sortir une carte veut nous aider. Cela arrivera souvent , compassion remarquable du local envers le touriste perdu. Peuple sympathique, c'est écrit partout. Affirmatif. Passage près de la Rogers Arena, près du stade olympique par une route (expo Blv) pas faite pour les piétons. Beau stade forcément. Retour vers la tour que nous pensons " gravir " ce soir, Slash en concert dans une salle locale ( rockeurs dans les rues). La fatigue nous freine, on n'imprime plus. Rien ne sert de continuer, retour à la maison. Skytrain toujours aussi peu rempli, arrêt au supermarché pour le ravitaillement et nous voilà revenus dans notre beau quartier. Pas besoin de déranger Claudine, nous rentrons par le sous-sol et dînons tranquillement. Très belle première journée. Temps magnifique. Programme peu ambitieux, pas de visites mondialement incontournables mais une bonne première approche de l'atmosphère de cette ville.

15 juillet: Très bonne nuit. Toujours un réveil matinal mais finalement, en prenant le temps, on finit par n'être prêts que bien tard. Il faut dire que Claudine et son mari ne se lèvent pas trop tôt. Ma première incursion au premier étage sera un échec. Et comme il ne nous semble pas poli de partir sans dire bonjour...on traîne . Quelques réponses sur le net pour du Couchsurfing, que du positif. Un peu de pluie, de l'orage. Nous partons après quelques discussions avec Claudine pour le Roede Museum. Le bus 22 nous amène Downtown, dans le West End par des quartiers pavillonnaires puis longeant un bras de mer vers Kitsilano. C'est toujours très tranquille, un peu balnéaire parfois. Nous descendons à Robson square, au milieu des buildings et des magasins. L'agitation cesse vite dès que l'on s'éloigne des artères principales. Le musée est une petite maison victorienne construite en 1883 par un émigré allemand qui a fait sa fortune dans l'imprimerie. Malheureusement fermé le matin nous avons une heure à occuper dans les parages. Passage devant l'hôtel Vancouver Fairmont, moins beau que celui de Québec mais imposant quand même et de même style au niveau de ses toits cuivrés. Robson square et ses banques. Le musée d'art. Rien de spécial à ajouter. Beau pendule dans le hall d'une banque HSBC en face. Petit balade agréable mais le meilleur nous attends. Je me faisais grand espoir de ce petit musée secondaire et mon flair ne s'est pas trompé. Tous les ingrédients sont là pour une réussite totale: une guide distinguée, de la musique des années 20, des pièces restaurées et une multitude d'objets de l'époque victorienne VIDEO. Nous sommes 3 puis 6 vers la fin à écouter avec joie les commentaires très intéressants de notre guide. Cette maison est une relique de l'ancien Vancouver. Des photos d'époque nous montrent l'incroyable métamorphose de la ville. D'une ville plate de 20 OOO habitants fin XIXème à ce qu'elle est devenue aujourd'hui, on imagine le choc de l'ancien propriétaire des lieux revenant dans le quartier. Et nous ressentons un plaisir inverse, celui de replonger dans un passé aussi surprenant que son futur. C'est très souvent ce que je recherche: voyager dans le temps et là c'est très réussi. Cerise sur le gâteau : le dimanche le thé et les cookies sont servis dans la petite cuisine à l'ancienne. Vraiment un bon moment, à l'écart des grandes attractions .

Prochaine étape de la journée: le Stanley Park et son aquarium. La fierté de la ville, une zone vraiment boisée et tellement près du centre-ville. Rare. Nous naviguons un peu à vue, prenant les bus semblant aller dans la bonne direction. Erreur! Nous traversons bien le parc mais l'arrêt suivant est bien au-delà de la zone, sur la partie nord de la ville: Park Royal. Un grand centre commercial je crois. Le seul intérêt de cette balade réside dans les vues sur la ville sous un nouvel angle et sur quelques repérages de notre marche imminente. Retour donc à la case départ et c'est reparti, sans se tromper cette fois, vers un arrêt proche de l'aquarium. L'entrée dans le parc donne le ton: c'est clean, bien organisé, à l'anglaise. Suivant les panneaux et le bruit on se retrouve bien vite aux abords de l'aquarium. On y commence la queue mais rapidement l'envie diminue...Un aquarium aussi célèbre un dimanche nous donne l'assurance d'un moment d'intimité avec des nuées de bambins mal élevés, au milieu des marcels, des poussettes et de leur parents énervés. On quitte alors la queue pour se promener dans le parc . Choix qui se révélera très judicieux. Une fois hors des immenses parkings bondés nous voilà au milieu des arbres. De suite le plaisir est là. Nous rejoignons un stade de plein air très vieille Angleterre puis le sentier du front de mer. Partagé en plusieurs voies, pour les cyclistes, les marcheurs...et les pingouins! Les vues sur la ville sont très belles, quel cadre! ​VIDEO


Nous marcherons 2 ou 3 km, observant les gros navires de croisières quittant la ville, les tankers arrivant au port, l'immense tas jaune de soufre amassé sur North Vancouver. Les locaux courent, se promènent. C'est tranquille et reposant. Jeu du jour: trouver tous le noms de fruits de mer en anglais. Nous bifurquons ensuite vers l'ouest pour rejoindre le Beaver Lake. La forêt devient alors plus épaisse. On pourrait se croire dans un parc national ...Couleurs acajou, odeurs de champignons, baies sauvages, incroyable comme le changement est brusque. On passe dans cette ville de l'océan, à la montagne , à la forêt en un clin d'œil. Le lac est couvert de sortes de nénuphars. Un sentier en fait le tour avec quelques points d'observation pour les amateurs d'ornithologie. Les abords nous régalent: cette forêt de mousse nous plonge dans le monde de Tolkien ​VIDEO. Nous poursuivons par quelques km de marche au milieu des grands arbres. Très peu de monde. Nous arrivons sur la côte ouest de l'île à second beach. Piscines superbe face à la mer, plage avec maîtres nageurs, petites boutiques de nourritures. Bel endroit pour profiter encore une fois du superbe cadre. Le sentier du retour nous ramène vers English Beach, dans le west end. De beaux immeubles,et toujours de beaux endroits pour se baigner. A davie street on rentre dans le Village Gay. Arrêts de bus roses et drapeaux gay un peu partout. Des bars pour hommes et des couples à foison. Journée terminée pour nous, nous rentrons en bus dans notre " lointaine " banlieue chic. Arrêt dans notre beau supermarché local et fin de soirée dans le petit confort de notre sous-sol. Belle journée. Très bon moral. Un rythme tranquille, adapté à la ville.

16 juillet: Réveil assez tôt pour nous rendre à l'aquarium avant la cohue. Je suis un peu sceptique. Va-t-on vraiment apprécier? C'est le genre d'endroit où tout touriste se sent attiré. Il est mondialement connu et on se doit d'y aller sous peine de rester dans le doute. Cette fois-ci, pas de problèmes , nous ne nous perdons pas et arrivons au calme en fin de matinée. Rien à voir avec le monde du dimanche. Du moins à l'extérieur. L'ensemble nous a un peu déçu. Certes c'est toujours un plaisir de voir ces animaux marins mais il demeure quelques points négatifs. D'abord : le monde. Des grappes de gens, d'enfants, de personnes à qui je ne veux pas inconsciemment me mêler. Les crânes chauves rouges vif au soleil, les papas poussettes 4x4 qui ne regardent pas les animaux mais qui poussent et poussent, les consommateurs à outrance avalant hot dog et glaces. On se croit par endroit plus dans un snack que dans un parc marin. Ensuite un côté déjà-vu . Les explications sont souvent un peu trop sommaires et je n'apprends pas grand chose. Après en avoir visité un paquet les informations proposées semblent redondantes. Un peu blasé donc. Nous n'irons pas voir le spectacle d'otaries ou de dauphins par exemple. Toujours les mêmes jeunes filles ultra motivées qui expliquent un peu les mêmes choses, avec pourtant beaucoup d'énergie et d'aisance. On erre parfois se sentant un peu asphyxiés. Au niveau de la qualité des lieux, j'ai vu plus impressionnant comme à Stralsund par exemple. Les points positifs:le film en 4D, amusant et qui nous amène un peu plus vers le chemin du respect de notre planète. Film qui motive aussi à profiter un maximum des richesses naturelles de notre Terre. Le bassin des bélugas, original. La partie tropicale , très bien faîte comme dans cette simulation d'orage avec les crocodiles impassibles sous la pluie. Une belle collection de grenouilles aussi, on passera du temps à les chercher. Tout ça me renvoie en Malaisie, en Equateur ou au Costa-Rica. Et l'envie d'y retourner est grande. Bref, au bout d'un moment l'envie de calme prend le dessus. Nous quittons l'endroit pour le centre-ville et sur les conseils du mari de Claudine nous partons sur North Vancouver pour découvrir le Lynn Canyon. Le trajet en bus est assez long. Nous traversons Downtown Eastside , traversons la rivière puis attendons sur une plateforme de bus un dernier bus. L'endroit est parfait pour vivre. De belles maisons au milieu des arbres. Le cliché attendu est bien réel . Maisons en bois avec de grandes baies vitrées, beaux jardins, air frais et soleil. Un petit paradis Pacific West. Le bus nous dépose très près de l'entrée du parc. Un parking, un bureau d'accueil-snack ….tout est forcément bien organisé. Un peu de monde, beaucoup d'asiatiques...qui ne sont pas des touristes mais bien des locaux. Tout proche nous nous dirigeons vers un pont suspendu. Encore de très belles maisons ...on s'y verrait bien, c'est une évidence. Très beau, une petite passerelle étroite au dessus d'une gorge avec une rivière vrombissante. On se sent vraiment dans l'ouest du continent américain.

La couleur de l'eau, la végétation , on imagine les pionniers avec leurs canoës et c'est assez exaltant. Nous continuons vers les cascades Twin Lake par un beau sentier bien aménagé . Toujours aussi intéressant. Et dire que le parc abrite ours et pumas...un petit parfum de wild à 20 min du parking. Nous n'avons pas le temps de marcher plus car nous habitons à l'autre bout de la ville mais ce bol d'air nous a fait grand bien après le bain de foule de l'aquarium. Nous avons pour projet maintenant de trouver notre ticket de bus pour le lendemain, ayant un peu peur de l'affluence pour notre destination (Victoria) et nous n'avons pas envie de trainer longtemps à une heure matinale pour trouver les guichets etc... Nous avons d'abord un peu de mal à trouver la gare. Nous remarquons l'intérêt porté au civisme par notre chauffeur de bus. Face à un jeune homme arrogant mais d'allure vraiment normale, le chauffeur descend et lui dit qu'il en le veut pas dans son bus. Il aurait fait une remarque lorsque le chauffeur a demandé qu'on laisse passer d'abord une personne à mobilité réduite. Ne rien céder . C'est un dur combat mais ils sont courageux de le mener. On est loin de l'enfer de nos chauffeurs parisiens. Préférant partir à la boussole que demander aux chauffeurs, nous nous perdons un peu..finissons par demander et arrivons au pied de la gare sans trop la voir. L'endroit est assez surprenant. On a plutôt l'habitude de voir des bus partir et arriver à un rythme effréné .Ici rien de tout ça. Rien ne sort ou ne rentre ou presque. Les alentours sont parsemées de paumés, normal on est non loin du Downtown Eastside, mais le hall est désert et les guichets fermés Cela ressemble à une gare de ville moyenne de province. Pas de problèmes donc pour demain, pas de stress à avoir pour y arriver. Nous quittons alors les lieux pour rentrer. Encore une belle journée et on ressent le besoin d'être un peu tranquille dans notre chambre. Il y a pourtant la lessive à faire, préparer les sacs, gérer les mails...Un peu avant le repas on va pourtant discuter un bon moment avec Claudine et son mari. Au programme: commentaires sur notre programme, ce qu'il faut voir, ne pas voir, discussions sur Vancouver. Très sympathique. Un steak au poivre et enfin le repos...vers minuit.

Quelques photos supplémentaires de Vancouver. Cliquer sur les images pour agrandir et quelques légendes.

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VICTORIA

17 juillet: Nous disons au revoir à ce joli coin paisible où nous avons passé un très bon début de séjour. Direction la gare routière en bus puis skytrain. Toujours aussi peu de monde, le contraste entre la taille de la ville et l'activité de sa gare me surprend beaucoup. Le bus quitte lentement la ville , dont on mesure ici la grande taille, passe par des campagnes plates puis arrive au terminal des ferrys de Tsawwassen. Beaucoup de monde et une petite croisière d'une heure trente au milieu d'un superbe paysage marin. La mer est calme et d'une couleur bleu verte associée pour moi à ces eau froides de la côte ouest . Soleil éclatant. Rapidement le ferry atteint un petit passage entre deux îles où nous sommes frappés par la beauté des lieux ​VIDEO. Des maisons placées dans des sites merveilleux, accrochées à la colline et entourées de forêts. On se dit vraiment que ce doit être un paradis de vivre ici. Une phoque chasse tranquillement, quelques plaisanciers font avancer doucement leur voilier. On a forcément envie d'y rester. Happy few. Petit repas à l'intérieur à côté d'un couple de retraités jouant aux cartes puis c'est l'arrivée à Swartz Bay. Un petit tout de bus et nous voilà en début d'après-midi ( un peu moins de 4 h de transport) arrivés à la toute petite gare de Victoria, capitale de la région de Colombie Britannique. Décidément le bus est un moyen de transport secondaire au Canada. Dans le bus (merci le Wifi) j'ai pu apprendre que Joan et son mari Rick venaient nous chercher en voiture . Délicate attention. Joan et Rick sont deux jeunes retraités actifs et en pleine forme. Cliché très américain pour nous: elle, belle femme souriante, lui sportif et distingué, lisant Steve Jobs et suivant des cours de fitness avec son personnal trainer. Emploi du temps chargé, voyages au Costa-Rica, à Palm Springs, organisation de mariage...Je me crois dans un film. Très sympathiques , ils nous emmènent tout d'abord dans le Beacon Hill Park. En quelques mètres on quitte l'agitation (vraiment toute relative) du centre-ville pour se retrouver dans le vert. Le donateur du parc instaura comme clause l'interdiction de toute activité commerciale . La nature n'y est que plus préservée. Et puis c'est le choc. Nous arrivons sur un bord de mer avec une vue sur les Monts Olympic, en face, dans l'état de Washington. C'est pour moi un mythe que de voir ces montagnes, cet état, sentir Seattle si proche. Des gens se promènent sur les galets.

Un héron est là, impassible. J'ai du mal à croire qu'on est dans la capitale. La qualité de vie est vraiment ici exceptionnelle. Encore plus sûrement qu'à Vancouver. Ils nous expliqueront longuement les différences entre ces deux villes. Vancouver qui croit à une vitesse folle depuis les JO, avec ses loyers exorbitants (" 1 million dollar for a house ") , ses vols aussi. Victoria, 1/3 moins cher et plus sécurisant. Nous sommes sous le charme et ce n'est que le début. Nous arrivons vite chez eux, en face du Parlement, sur Esquimalt. Ils habitent un condo au 4 ème étage avec une vue superbe sur le port, les montagnes et la ville ​VIDEO. On hallucine. Le parking de la résidence est rempli de voiture de collections et de belles berlines. L'appartement est très classe, tout en blanc avec des œuvres d'art éclairés et des baies vitrées partout. On hallucine une deuxième fois. Dans le port les zodiacs de Whale Watching, les ferrys pour les USA ou les hydravions passent tour à tour.

Un petit café et nous partons à pied pour le Craigdarroch Castle, demeure du plus riche homme d'affaire, Dunsmuir, de l'ère victorienne. Promenade de moins de 30 minutes pour y arriver le long de longues avenues assez désertes et toujours ...tranquilles. La demeure, imposante, dominait à l'époque toute la ville. Il y a vraiment beaucoup à voir , sur plusieurs étages . La maison a servi un temps de collège, de maisons pour retraités de guerre, d'école de musique. Nous allons passer beaucoup de temps à apprendre sur la vie de cet homme puissant, profitant des très belles pièces de ce musée. On se prend en particulier à se retrouver au temps du Cercle des Poètes disparus, imaginant tous ces étudiants travaillant et s'amusant au milieu des belles boiseries. C'est bien sûr beaucoup plus classe que la maison visitée à Vancouver mais je préférerai vivre dans l'autre. Du sommet de la tour, belle vue sur la ville. Belle salle de billard aussi ​VIDEO. Une belle visite. Nous redescendons ensuite vers le centre-ville visitant quelques magasins: une belle librairie Murros dans laquelle nous restons un long moment (pas trouvé Thoreau???) , des magasins de sport remarquables par leur rayon " canoë " , si rare en France. Nous allons ensuite échouer devant une institution locale: un vendeur de fish n' chips où les gens font la queue régulièrement depuis des années. Ici tout ferme tôt...et 19h est trop tard. Nous allons nous rabattre, après quelques essayages de tee-shirt originaux (pas ma taille) dans le quartier du Bastion ( restaurants et bars) , et sans envie dans le Burger King local. Pas très bon ni très clean. A oublier. Nous rentrons ensuite tout heureux dans notre bel appartement. La promenade le soir est vraiment très agréable. Un côté station à la Royan ou Biarritz, mais hors saison et encore plus beau. Nous ne revenons pas de notre beau condo et de sa vue. Nous rentrons et restons assez discrets pour ne pas déranger nos hôtes. Le silence et l'ordre régnants dans la maison ne nous poussent pas à l'exubérance même si nous nous sentons très confortablement reçus. Pas mal de temps à trouver de nouveaux hôtes et un nouvel itinéraire suite à une défection de dernière minute . Je ne suis pas trop inquiet. Très bonne journée encore et une bonne nuit dans le calme de notre chambre.

18 juillet: Très bonne nuit. Nous prenons un café panoramique avec Joan, discutant des prix assez hors d'atteinte pour nous des appartements des environs ( 1 million au sommet...quand même), de la condition difficile des enseignants qui perdent du pouvoir d'achat (comme chez nous). Nous avons un gros programme aujourd'hui et l'heure avance. Arrêt au supermarché pour faire le plein et nous voilà devant le Royal BC Museum. J'attendais avec impatience ce musée, quasiment persuadé qu'il serait vraiment génial. J'avais été impressionné l'an dernier par le musée des civilisations de Gatineau. Ses dioramas et ses quartiers ou scènes de vies reconstituées m'avaient transporté dans le temps au point d'en faire un de mes plus grands souvenirs muséographique. Ici, dans le même pays, avec des guides qui annoncent une présentation similaire, je m'attends donc à adorer. Et c'est ce qui va se passer. Le musée est très accessible, entre l'hôtel Empress et le Parlement. Pas vraiment une architecture imposante comme dans nos vieux musées européens ou au MET de New-York mais tout se passe à l'intérieur. Nous commençons la visite par une exposition sur les dinosaures. Intéressant mais ce n'est pas ce que je préfère. Et j'ai l'impression d'avoir déjà vu ça de nombreuses fois. Je préfère la partie sur les sciences naturelles avec de superbes dioramas dont un mammouth impressionnant, des forêts magnifiques avec leurs faune et leur faune clairement expliqués. A l'étage au dessus une belle exposition de photos sur la reine Elisabeth montrant l'intimité de la famille, intimité bien sûr savamment orchestrée. Nous passons ensuite à l'art des premières nations. De grands et beaux totems, des objets montrant l'ingéniosité des ces temps anciens, les chefs en tenue, les masques. C'est très bien fait c'est sûr mais je ne me passionne pas pour cette culture. Nous sortons du musée pour manger et visiter la Helmcken House, plus vieille maison de Colombie Britannique sur sa place réelle. Elle appartenait à un chirurgien de l'époque victorienne. Intéressant mais beaucoup moins que la Roedde House de Vancouver. Les rénovations sont moins réussies et l'atmosphère n'y est pas vraiment. Juste en face l'école St Anne. Une dame assise à la place de l'institutrice nous y explique quelques anecdotes sur le temps où le lieu servait à enseigner. C'est bien fait avec ces pupitres d'écoliers et ces panneaux explicatifs précis. Retour au musée, il ne nous reste qu'une heure 30 et le meilleur pour la fin: la history gallery. Le Century Hall rassemble les grands évènements du siècle dernier avec aussi de nombreux objets caractéristiques de ces époques. Du Piccachu des années 90 jusqu'aux dépliants touristiques des années 20 pour vanter les mérites d'un séjour sur l'île de Vancouver.

Très intéressant. Ensuite le clou du spectacle: the Old Town. Plus qu'un musée, c'est ici un studio de cinéma, une machine à remonter le temps qui vous transporte vraiment il y a plus d'un siècle . Un cinéma qui projette du Chaplin, un vieil hôtel où on imagine Clint Eastwood, un marchand de chapeau, un Chinatown VIDEO...C'est vraiment fabuleux, on ressort de là émus. C'est extrêmement rare de vivre les choses et non de seulement les voir. Ici on se croit vraiment dans une réalité et non dans un musée ​VIDEO. Un peu plus loin une conserverie est reconstituée, puis une mine avec de vraies galeries et une machine hydraulique de forage qui marche. Un bateau, celui de George Vancouver, dans lequel on se croit vraiment dans un film de pirate, traversant l'Atlantique dans la peau du capitaine. Le musée ferme et on a du mal à quitter les lieux. C'est une expérience à ne pas manquer pour celui qui est nostalgique d'un temps révolu. On a alors 2heures à attendre jusqu'à la projection de notre film dans la salle IMAX. Très belle boutique du musée, comme toujours dans les pays anglo-saxons, flânerie dans government street ( magasins pour touristes...) dans laquelle on trouve un bon salon de thé pour patienter. Le cinéma IMAX est assez impressionnant de par sa taille. On y regarde un film d'une quarantaine de minutes sur le Rocky Moutain Train. L'histoire du chantier du train de la Pacific Canadian Railway à la fin du XIX ème siècle. Époque passionnante dans une région passionnante. Inutile de dire que tout est là pour me faire rêver: l'exploration, les photos d'époque, les montagnes, la nature à dompter. La Colombie Britannique rassemble tous les ingrédients qui me fascinent depuis mes premiers livres ou films ou dessins animés traitent du far west. Cette époque est fascinante. C'est un film de pionniers qui non seulement est beau mais qui nous prépare en plus à la suite de notre voyage dans la partie est de la région. Un très bon moment.

Nous partons ensuite marcher le long du port vers le Fisherman Wharf. Une ensemble charmant de petites maisons flottantes à côté des bateaux de pêches. Très beau avec le coucher de soleil et une vue imprenable sur notre appartement, juste en face du bras de mer...mais à une bonne demi-heure de marche je pense. On y mange un très bon fish n'chips chez Barb's au son d'un joueur de guitare folk dans un calme apaisant. Peu de monde, de toute façon, ici, après 20 h, tout ferme. Retour très agréable par le sentier du front de mer. Passage devant le Parlement, illuminé par plus de 3000 ampoules. Un piano est laissé au bon usage des passants musiciens, qui ne s'en privent pas. Quelle atmosphère! Victoria nous comble vraiment et ce fut une très bonne idée d'avoir prolonger notre séjour ici d'un jour par rapport à ce qui était prévu au départ. Il va de soi que la qualité de notre couch y est aussi pour beaucoup. En soirée, toujours des mails à répondre, des bus à réserver....je n'ai pas beaucoup de temps libre et n'ai même pas encore pu commencer mon livre (je ne le sais pas encore mais il en sera de même tout le long du séjour). Pourtant notre rythme est vraiment cool et notre programme peu ambitieux pour certains. Disons qu'en couchsurfing on est tenu de ne pas trop s'isoler et on ne souffle pas vraiment. Il y aura d'autres moments pour ça.

19 juillet: Très bonne nuit encore. Pas plus de 5 minutes pour s'endormir. Le touriste actif qui prend l'air et qui ne stresse pas dort bien. Très beau temps. Nous prenons le café avec Rick (Joan est au squash) toujours émerveillés par la vue qui nous est offerte. Nous parlons de voyages bien sûr, de l'Europe et d'informatique ( Rick bossait pour microsoft). Toujours bien de prendre le temps le matin, de ne pas être tenu à suivre un trop chronophage programme. Aujourd'hui nous pensons visiter le parlement ce matin puis se promener dans un parc l'après-midi. Dès la sortie de l'appartement sous un superbe soleil nous sommes encore enchantés par la vue et le côté maritime des lieux. La balade jusqu'au Parlement est un plaisir. Bel édifice achevé à la fin du XIXème siècle il est planté devant le port, devant un grand pré et une statue de la reine Victoria. Il fait vraiment penser à celui d'Ottawa. L'entrée est étonnamment peu sécurisée pour un lieu aussi stratégique. Pas de foule et de queue comme au Reichstag de Berlin non plus. La visite guidée nous explique l'architecture, les nombreux symboles sur les blasons, les drapeaux, le rôle de la royauté, le fonctionnement du système politique. C'est vivant et très intéressant. Le petit plus vient lorsque un acteur habillé façon XIXème vient interrompre la visite pour nous faire un numéro brillant sur l'histoire d'un des parlementaires de l 'époque. C'est une remarque qui me vient souvent lors des visites en pays étrangers. Ils se prennent souvent moins au sérieux, usent d'artifices comme le déguisement ou l'humour et au final le message passe encore mieux.

Nous laissons les dorures et les vitraux d'hommage aux jubilés des illustres reines britanniques pour nous rendre au Thétis Lake. Nous avons bien hésité entre ce parc et celui de Goldstream. L'un (le lac) est plus plat et plus facile d'accès, l'autre est plus montagneux et un peu plus loin. Vu le grand soleil l'idée de forcer dans la chaleur avec de grosses chaussures de montagne n'était pas la plus agréable. On ira on lac. Le bus donne déjà la couleur des lieux: des jeunes et des jeunes qui vont là-bas pour se baigner. Il nous dépose à 15 minutes de marche environ du lac. C'est en bordure de la grande route, pas vraiment le coin sauvage rêvé. Nous suivons la file d'ados, passons par une piste cyclable en sous-bois pour arriver à un premier puis un deuxième parking. Enfin le bord du lac. Petite plage bondée, un snack mobile et un baraquement . Tout ce que je n'aime pas. Sans s'arrêter nous prenons directement le chemin qui contourne le lac. Pas de carte en vue ( il y en a une près de l'entrée mais nous l'avons manquée), on s'attend à être guidés un peu plus loin. En fait il y a un peu de monde partout. Chaque point stratégique de baignade est occupé par des bandes de jeunes ou des familles. Beaucoup amènent leurs bateaux gonflables , certains nagent jusqu'au milieu du lac, d'autres sautent des rochers. Le sentier est très facile mais moins impressionnant au niveau des arbres que celui du Stanley Parc par exemple. Alors on va marcher et faire le tour du lac. Croisant des gens faisant leur footing avec leur chien. Comme dit une passante " difficile de trouver un endroit tranquille ici ". On va quand même se poser sur un rocher, manger et profiter du coin.

C'est un bel endroit pour se baigner mais nous n'étions pas dans cette optique là. Les seuls touristes venus pour marcher, avec pantalon et chapeau...nous! Retourner par le même chemin, traverser la bruyante highway( on l'entend bien du lac) et reprendre un bus pour le centre-ville. Un peu déçus...on aurait du essayer l'autre parc. Pour étancher notre soif de nature on décide alors de redescendre government street depuis le parlement jusqu'à la mer, plein sud. Très anciennes maisons dont celle d'Emily Carr, la plus célèbre artiste peintre de l'état. C'est calme à quelques mètres de l' " agitation ". Arrivés au bord de l'océan, le choc. Les montagnes de l'état de Washington se détachent parfaitement au large. Le spectacle est magique et on n'arrêtera pas jusqu'à la nuit de tarir d'éloges sur cette ville ​VIDEO. C'est très rare d'avoir un bord de mer avec de si belles montagnes en toile de fond. La mer est calme, transparente et très froide ( genre lac de montagne) . Petite plage de galets gris avec beaucoup de bois flotté. Des algues dérivantes. On reste assis un bon moment observant les ferrys au large, les tankers, les kayaks , les mirages, les zodiacs. C'est si apaisant . On adore. Le front de mer continue vers l'ouest jusqu'au terminal des gros navires de croisières. C'est une très belle promenade. Victoria c'est Royan puissance 10. Aussi calme et encore plus beau . Et dire que c'est un capitale d'état! On s'imagine vivre ici en front de mer avec une telle vue. Le pied. Sur la plage un homme joue de sa folk Martin sur un promontoire face à l'océan. Un autre est assis sur un énorme tronc surplombant les flots et lit. Je comprends l'inspiration de ces musiciens de la côte ouest américaine. Face à une telle nature comment ne pas être habité. Près du terminal nous marchons sur une jetée étroite menant à un phare. Superbe ambiance avec le soleil déclinant. Eaux transparentes , étoile de mer géante, vues, calme, on adore. Pendant ce temps les calèches transportent les croisiéristes avec plaids pour un tour de ville .




​Nous filons au Fisherman Wharf VIDEO, proche, pour nous reprendre de ce ce très bon fish n' chips. Toujours ce bon chanteur folk jouant du Pink Floyd, du Bob Marley . Les petits taxis bien marrants débarquent leur poignée d'occupants. Vraiment un bel endroit pour dîner en soirée. Le retour à l'appartement, le dernier, a des saveurs de fin de séjour. Quand on veut profiter jusqu'au bout d'un endroit. Nous prenons notre temps, observant un phoque et surtout un héron se nourrissant dans le port, nous arrêtant devant le beau parlement illuminé, longeant les quais joyeusement animés. Un vrai côté station balnéaire très agréable. Et une remarque, la tranquillité. Je repense à tous ces endroits en France où on se fait embêter par des bandes , où les gens regardent leur pieds pour ne pas éveiller l'attention. Ici on se croit au pays des Bisounours. Je ne passe pas une fois à Paris sans voir des incivilités, ici tout semble facile. Passage dans le petit mais assez sympathique Chinatown. Petite rue, la plus étroite du Canada, où le soir, seul on apprécie l'ambiance. On arrive assez tard à l'appartement, notre première vraie sortie by night. Rick et Joan sont tranquillement dans leur canapé regardant un film. Un petit résumé de la journée et nous tombons de sommeil, relaxés et vraiment heureux pour notre dernière soirée dans cette belle ville. Victoria mérite vraiment les 3 jours que nous lui avons accordé. Atmosphère britannique comme à Ottawa mais un site bien plus magique que sa jumelle de l'ouest canadien. On y rajoute un couchsurfing de grande qualité et un très beau temps. Une très belle étape. Depuis le début nous enchaînons les plaisirs, espérant que la suite du voyage soit au même niveau.

Quelques photos supplémentaires de Victoria. Cliquer sur les images pour agrandir et quelques légendes.

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ILE DE VANCOUVER , COMOX

20 juillet: Très bonne nuit et un réveil vers 10 H. Nous quittons Rick et Joan, nos distingués hôtes, pour rejoindre notre moins distingué car Greyhound pour Courtenay. Nous sommes sans nouvelles de Yvette qui doit nous loger ce soir. On verra bien sur place. Une journée de transfert dont on n'attend rien. Beaucoup de car et une arrivée dans une ville qui n'est sur aucun guide. En bord de mer, avec des soldats...C'est tout. On joue tout sur l'ambiance du couchsurfing pour passer une bonne étape. Temps gris .Tempête sur Vancouver paraît-il. Le bus passe par de belles routes surplombant l'océan. Un petit passage faisant aussi montagne, sous le brouillard et me rappelant les rainforest du Costa-Rica. Passage ému à Ladysmith, ville natale de Paméla Anderson puis nous arrivons à Nanaïmo. Ce qui impressionne d'abord : les publicités sur le bord de la route tous les 10 m. Une vraie pollution visuelle et un impact subliminal évident sur notre cerveau. A éradiquer! La ville semble n'être vue du bus qu'un centre commercial géant. Ce sera commun pour tout le reste du séjour. A donner la nausée. Le bus nous dépose dans une gare routière minuscule et assez glauque. Le bureau a une atmosphère assez particulière:mélange de tout, paquet postaux, informations, relais pour les chauffeurs. En tout cas rien de convivial. Le devant n'est pas mieux. Sorte de grand parking, banc miteux, aucune vue. Un panneau invite les voyageurs à venir profiter de boissons et nourriture gratuite dans l'église jouxtant la gare. On s'y risque et on ne sera pas déçus. Une vraie expérience . Des tableaux religieux modernes aux murs, un cœur orchestre , une fille faisant tournoyer au dessus de sa tête des drapeaux en priant. Une dame vient vite nous voir et nous embarque évidemment sur la voie du seigneur. Un vrai cliché. Le mot Lord ou God à chaque phrase.

Elle repart chercher une mini-bible, une feuille de prières et commence ses litanies pour nous convertir. Nous écoutons poliment en acceptant sa carte " Jesus loves you ". Puis elle repart agiter ses drapeaux . God bless her. Nous quittons avec joie cette gare peu accueillante. Direction Comox, une ville un peu plus au nord. Nous n'en savons pas grand-chose. Yvette est censée nous héberger ce soir mais nous n'avons pas son numéro. On espère juste qu'elle sera là pour nous accueillir . La gare de Courtenay, ville touchant Comox, n'est pas plus avenante que la précédente. Un coin perdu dans la zone industrielle avec....rien. Heureusement elle arrive vite car nous étions sur le point de partir chercher un cyber café un accès Wifi...ce qui n'aurait pas été gagné du tout et sûrement peu agréable. Yvette est une dentiste travaillant pour la base militaire de la royal air force canadienne. Elle nous amène dans sa belle maison dans un ensemble de pavillons résidentiels très wysteria lane. Superbe maison avec spa et ultra clean. On hallucine un peu, encore une étape surprise très agréable. Comox est une ville très calme, avec beaucoup de gens âgés. Nous partons nous promener vers la côte dans une ville assez déserte. Ce qui surprend ici c'est la quantité de biches en liberté dans les rues . Dans les jardins, devant les maisons, des biches partout. Hallucinant. Et elles ne semblent pas apeurées par notre présence ​VIDEO. Nous passons un peu de temps dans le Filberg Park. Petit parc charmant en bord de mer. Belles vues sur le Comox Glacier en face, malheureusement en grande partie couvert par les nuages. Nous sommes seuls et vraiment tranquilles ici. Nous poursuivons par le petit parc voisin. Pas spectaculaire mais la tranquillité, le ruisseau, la végétation passent très bien en cette soirée. De retour dans la maison vide, nous profitons des légumes du jardin qu'Yvette nous a préparés. Royal. Un petit coup de guitare Art et Luthérie, quelques recherches internet et au lit dans une super chambre. Nous sommes chez Bree Van de Khamp. Très bonne étape.

ILE DE VANCOUVER, QUADRA ISLAND

21 juillet:

Réveil un peu plus matinal que d'habitude pour partager le petit déjeuner avec Yvette. Un minimum, sinon où est le partage? Elle nous gâte décidément: frigo plein de bonnes choses et l'envie de faire plaisir. Pour moi omelette et toast, pour Carla céréales et myrtilles. Elle s'en va travailler , nous resterons un peu, fermerons la maison puis irons prendre le bus dans ces rues endormies. Un golf, des anciens qui promènent leur chien et pas un brin d'herbe qui dépasse. Le bus nous amène jusqu'à Courtenay. C'est le jour de l'année ici, avec le market day qui remplit la rue principale de la ville. Tous les vendeurs du coin et des environs étalent leurs marchandises: nourriture, art,vêtements... C'est sympathique pour nous. Un autre bus nous emmène hors de la ville pour prendre une connexion vers Campbel River. C'est peu cher ( bien moins et plus pratique que ce que le Greyhound nous proposait) et en plus on baigne avec les locaux. Ils se parlent tous et semblent se connaître. Il règne ici une ambiance sereine et familiale qu'on a du mal à retrouver en France. Trop de monde, pas assez d'espace. L'arrivée à Campbell River nous semble plus agréable. Est-ce le fait d'aller vers le Nord ? De la ville au bord de l'eau on ne verra pas grand-chose: le départ du ferry et un contact avec l'autochtone à l'accent bien trempé. Petit ferry très agréable et très rapide (10 minutes) pour aller sur Quadra Island, en face. Nous arrivons sur un petit ponton, peu de piétons, quelques cyclistes . Atmosphère agréable, on se sent déjà sur une île assez confidentielle. Nous remontons vers le centre du village pour rejoindre Audrey qui vend des pâtisseries maison sur le marché hebdomadaire. Dans un pré on y trouve des vendeurs de livres ésotériques, des masseuses, de la nourriture " organique ", de l'artisanat. C'est petit et assez charmant. Audrey est entouré de ses enfants dont Ash et Hazel qui de suite nous font la conversation. Ils ne nous lâcherons pas du séjour. Audrey nous apparaît comme une femme un peu en marge, très bio, un peu bab sûrement. Tous dans le van nous remontons l'île vers le nord pour arriver à Heriot Bay. Beaucoup de forêts, des collines, la mer, l'île est très belle et nous sommes très excités d'être là. Une fois dans la maison, c'est le choc.

Immense bric à brac, brinquebalant et par endroit vraiment pas très clean. Après les Whiters et Yvette on est à l'opposé. Douche noire, toilettes usées, lit sale. Un lézard dans un vivarium dans le salon. Du bordel partout. On rigole un peu puis on déchante vite. Les gamins vivent là, ne vont pas à l'école, il y a des chats, des poulets et des centaines d'objet un peu partout. Une maison qui respire la vie, qui ne laisse pas indifférent. On part passer l'après-midi dans les environs , sur Rebecca Spit. Une pointe de terre entourée par l'océan. Un petit camping, des parkings mais pas grand-chose d'autre. C'est très sympa, facile d'accès et beau. Dans une forêt clairsemée puis sur un front de mer avec plages de gros galets gris nous profitons du beau temps et de la vue sur les îles alentours et sur la chaîne côtière au loin. Un mariage à lieu dans une grande étendue herbeuse face à la mer. Avec la classique arche sous lesquels les mariés veulent croire à une union à vie. On s'arrête longuement sur un tronc d'arbre à observer les quelques bateaux de plaisanciers voire le ferry pour Cortes Island. En face de nous, Heriot Bay , très proche à vol d'oiseau mais nous allons marcher un moment pour y arriver.

Devant le camping une remarque: nos caravanes s'appellent Adria, Caravelair, Burstner... Ici c'est Wilderness, Kodiak, Cougar etc...Marrant cette différence . Le nord américain part en exploration au camping. On part en vacances. Après 2 ou 3 km de routes agréables en bord de mer ​VIDEOet au trafic très limité, nous arrivons à Heriot Bay. Centre commercial , pub et restaurant , le centre de la vie névralgique. On s'installe au pub et y mangeons de très bons hamburgers en face du petit port. Bonne ambiance, un concert se prépare mais nous préférons rentrer . Toujours un peu de travail pour gérer les mails, trouver les nuits à Revelstoke, rencontrer les gens qui nous hébergent. Audrey dort mais les enfant nous occupent avec leurs animations incessantes et leur énergie débordante. Ils se déguisent, grimpent aux murs, sautent partout, font tomber une étagère. Ils semblent livrés à eux-mêmes parfois et le gèrent bien. Tout le monde fait un peu sa petite vie dans cette maison. On se couche dans nos duvets, ne laissant rien dépasser et sans trop regarder autour.

22 juillet

Très bonne nuit finalement. Un peu de crainte et un courage nécessaire pour quitter les duvets et partir sous la douche. Ne pas réfléchir et foncer. Sur quelques jours on s'en accommode mais j'en connais certain(e)s qui auraient fui en courant. Un petit bonjour à la famille qui déjeune puis on part en tenue de randonneur bien décidés à partir marcher dans les Chinese Mountains. Ciel un peu menaçant bien qu'une prévision (du net) annonce un temps parfait pour marcher. Nous partons avec un parapluie pour 2, une petite chemise...bref peu équipés pour affronter la pluie. Nous n'irons pas bien loin. 500 m après le supermarché la pluie nous surprend, d'abord fine plus vraiment forte. On s'abrite comme on peu sous un porche...sous lequel on va passer environ 2 heurs à s'ennuyer, regardant les gros nuages gris qui stagnent sur le coin. Sentiment de devoir gâcher une journée. Notre objectif semble impossible à atteindre d'autant que nos quelques tentatives de stop sur le maigre trafic n'ont pas été concluantes. Profitant d'une éclaircie nous rejoignons le supermarché pour se réchauffer et manger dans le hall. Gens sympas qui nous parlent, ce sera une constante ici. Les gens disent bonjours, demandent comment on va. Pas si courant en France. Et puis le soleil semble revenir. On se remotive et nous voilà repartis pour le Hope Spring Tail, accessible à pied depuis Heriot Bay. D'abord une route tranquille, quelques belles maisons puis le sentier s'enfonce dans une belle forêt de mousse.

Très beau, odeur de champignons, végétation suintante après la pluie. Pas un bruit ce qui nous surprend. Nous allons faire le grand tour , passant de petites passerelles, observant quelques arbres géants, des marécages, des champs de fougères ​VIDEO. Un petit côté Monde Perdu , les animaux en moins. Seul un écureuil apeuré pour nous divertir. Sur la fin nous montons le Heriot Ridge, petit aplomb rocheux avec une vue sur l'île de Vancouver, la chaîne côtière. Un peu bouché au loin mais l'ensemble reste quand même très beau VIDEO. Encore un exemple de petite randonnée totalement éloignée des must de tout voyage touristique mais qui avec le silence et le sentiment de solitude en fait un très bon moment. Sur le chemin du retour achat d'un très beau steak (peu cher) qui s'avérera délicieux. Pas le même goût, ni la même couleur que chez nous. Une bonne surprise. La maison est vide à notre arrivée. Une partie de la famille arrivera après le repas. Chacun vit ici sa vie. Il y a quelques interactions aléatoires mais pas d'efforts particuliers pour socialiser. C'est sûrement plus sincère. Pas vraiment le grand partage mais on se sent quand même bien.

ILE DE VANCOUVER, CAMPBELL RIVER

23 juillet_

Bonne nuit finalement. On oublie l'appréhension de la première rencontre avec ce milieu peu aseptisé. Gros petit déjeuner. Nous disons au revoir à Audrey et Hazel ( qui ne cache pas sa tristesse). Maison très vivante où après une petit moment d'adaptation on s'est sentis assez bien. Une façon différente de vivre mais enrichissante et originale. On doit maintenant rejoindre en stop le ferry à une bonne dizaine de kilomètres de là. Ce sera très rapide. Une dame avec Rosie la chienne puis une famille en van familial. Rarement vu un si bon timing et si peu d'attente. Nous voilà directement dans le bateau pour rentrer à Campbell River. Contents de notre séjour sur l'île mais aussi excités de bouger et de découvrir une autre atmosphère. Un petit saut de puce en ferry, un passage instructif au centre d'information et nous voilà avec nos sacs à rejoindre notre hôtel de banlieue. Assez longue marche au milieu de centres commerciaux, le long de 4 voies pour arriver au Quinsam Hôtel. Le genre d'hôtel des films US. En face de la station service, avec restaurant servant les gros burgers à des locaux assis sur des banquettes en faux cuir et son bar de cow-boy avec musique rock ou country, billards, fléchettes, et télé montrant de la boxe. Une expérience que je voulais vivre. Vraiment loin des circuits traditionnels, le choix de l'authentique. Alors bien sûr pour 35 dollars ne pas s'attendre au luxe. Bruit des camions, bruit du bar en dessous, pas de douche mais une baignoire. On est aussi assez contents d'avoir une soirée privée sans parler anglais , simplement tranquilles. Au programme, le parc de Elk River semble intéressant malgré le ciel menaçant mais la course en taxi est assez chère et on n'a pas aussi forcément l'envie aujourd'hui de trop se fatiguer à marcher. Un petit tour au Wallmart proche ( immense) dans lequel on erre un peu observant les yeux écarquillés la taille des paquets, des congélateurs et le choix de produits. On y achète des sushis, paraît-il bons dans la région, même si ceux-là seront des faux! Le sentier indiqué sur la carte de l'office du tourisme étant impossible à trouver nous nous dirigeons vers une pointe qui sert d'aéroport pour les hydravions. Un temps le plus gros trafic mondial de ce genre de machines. Quelques minutes dans des zones commerciales puis nous atteignons la pointe. Un cimetière, des totems, des bancs face à l'océan, un camping avec des camping cars géants et des caravanes king size . On est vraiment un peuple réduit: leurs GPS ont la taille de nos moniteurs d'ordinateurs, leur beurre se vend par kg...

Que doivent-ils penser de nos portions dans les hôtels? Des échantillons c'est certain. On reste un moment sur la pointe observant les oiseaux, le décollage d'un hydravion, le passage du ferry pour Quadra...Dans le discovery passage, entre l'île de Vancouver et l'île de Quadra, beaucoup de passage de baleines en saison. Il est vrai que le passage est étroit et c'est sûrement un bel endroit pour les voir (voir demain). Nous ne verrons qu'un phoque assez bien, en train de chasser, des aigles aussi. L'endroit est connu pour ses saumons géants de plusieurs dizaines de kilogrammes. BC is bigger. On rentre par un front de mer devant la marina. Rien de bien luxueux et c'est tant mieux. Des bateaux de pêche plus que de plaisance. Cela change de nos port français trop souvent atteint de gentryfication. Pas de marchands de glace, peu de monde en fait. Tranquille et toujours ces bancs très agréables pour se reposer. Retour dans les rues un peu désertes en ce début de soirée. Les magasins manquent de charme ici. Comparés à la France ou encore mieux à l'Angleterre ils ne sont pas gâtés. Ils ont les malls, on a les boutiques. Longue marche pour regagner notre bord de route. Pas trop faim, on patient en chambre, mauvaise idée, ici les restaurants ferment à 19h30. Nous qui nous faisions une joie de déguster la nourriture grasse d'un snack local. La patronne nous conseille un chinois correct à quelques blocks. C'est parti pour une marche panoramique le long de la route. Quelques motels, des magasins de pneus...très romantique. Nous serons les seuls dans le Ginger Beef Restaurant. Grande salle avec vraiment beaucoup de couverts et....nous. Drôle d'ambiance. La serveuse très sympathique discutera longuement avec nous. Né en Chine, élevée à Vancouver, elle ne connaît pas du tout son île, sa région, son état. Nous lui en apprenons un peu. J'aime ces atmosphères, Seuls dans un grand restaurant chinois de bord de route avec un représentant de la communauté chinoise, si importante à Vancouver. C'est aussi ça le Canada d'aujourd'hui. D'ailleurs on se demande si vraiment on se croit au Canada. Ce sont presque plus des clichés américains qu'on est aujourd'hui en train de vivre. De retour dans notre chambre, le bruit du bar de plus en plus fort faisant trembler les murs. Heureusement de la très bonne musique rock. De Three Doors Down à Staind...gros son US. Pas assez de monde pour y passer la soirée mais on aura le temps d'en refaire d'autre chez les cow-boys du Cariboo.

24 juillet: Bonne nuit au Quinsam Motel. Nous quittons les papis au bar buvant leur bière, aussi enchantés par le bref passage dans le bar qu'un touriste américain venant voir les papis de Dordogne siroter leur canon de rouge dans un petit bar de campagne du sud -ouest. Achat de nourriture au Wallmart et dégustation d'affreux donuts devant le terrain de base-ball. Nous avons du temps à patienter en ville avant le bus du début d'après-midi. Entre une gare Greyhound et le front de mer, plus loin, le choix est vite fait, malgré le poids des sacs. C'est donc assis dans l'herbe dans le parc, non loin du départ du ferry que nous allons en silence observer le bras d'océan entre Campbell et Quadra Island, nommé le Discovery Passage. La récompense ne tarde pas. Nous seulement l'endroit est agréable mais la nature va nous gâter. Tout d'abord un banc de marsouins VIDEO passe devant nous. Cela saute de partout et avance très vite. Peut-être chassés par un prédateur...tel que l'orqueVIDEO....qui les suit. Un choc, première fois que j'en vois en liberté. Émotion garantie. On distingue bien leur tête et la blancheur de leur flanc. A la différence des baleines ils restent assez en surface et ne replongent pas plusieurs minutes. Un vrai régal à 100 m du bord et de la route! Retour ensuite à la gare des bus. Le Victoria-Port-Hardy fait sa halte d'une demi-heure, servant au passage de transporteur de colis. Peu de monde aujourd'hui. Une française puis des locaux dont quelques natifs. Une fois dans le bus le plaisir de nous faire guider nous prend. Même si le voyage est tranquille et sans stress on est quand même constamment concentrés pour ne rien oublier, pour penser à l'organisation. Les bus, les trains, les longs ferrys sont toujours pour moi des instants de décompression où l'on n'a qu'à regarder le film par les fenêtres. Et ici il sera de qualité. Dès la sortie de Campbell River le paysage change. De nombreux lacs très beaux, de belles vues sur les montagnes . Enneigées, rocheuses ou couvertes de forêt, acérées ou débonnaires. Beaucoup de saignées dans le couvert végétal dues à l'exploitation mais cela reste malgré tout très très vert et dense. Arrêt dans une station service, pour nous photogénique par son lointain côté route 66. Pas grand chose d'autre, c'est beaucoup plus sauvage que dans la partie sud de l'île. De longues portions sans rien d'autre que de la forêt.

ILE DE VANCOUVER, PORT-HARDY

Un géographe qui part étudier les baleines m'interroge sur mon tee shirt Sea Sheperd, me demandant si je les étudie aussi. Ce tee-shirt m'attire souvent des commentaires curieux, tant mieux. Arrêt à Port Mc Neil puis arrivée au bout de 3h30 environ à Port Hardy. Nous y serons les premiers couchsurfeurs de Greg. Un jeune contrôleur aérien de 27 ans muté ici pour son premier poste. Après avoir réservé notre place dans la navette du lendemain matin ( 5.10 AM!) il nous montre un tour rapide de la ville . Ville semblant parfois en semi-déclin. Des immeubles désaffectés, du tourisme certes mais il n'y a pas foule dans les rues, une conserverie de poisson...Rue centrale de 20 m de large mais pas franchement de circulation. Surprenant. Beaucoup de natifs aussi à cause de 2 réserves. Greg nous expliquera que des VIP viennent souvent ici pour pêcher des prises énormes. Ils arrivent en jet, se rendent en hélicoptère dans un lodge de pêche, passent quelques jours puis repartent...sans mettre un pied en ville. Oprah Winfrey, Michelle Pfeiffer, les derniers présidents américains entre autres. Nous posons les affaires et filons vite en " ville " pour observer l'océan. Les villes comme souvent hormis à Victoria ne sont constituées que de malls ou de boutiques assez laides en préfabriqué amélioré. Vraiment laid pour un français habitué aux vielles pierres. Ici on fait ses courses au supermarché central mais question shopping...c'est la déprime.

On remarquera aussi depuis le début le peu de marchands spécialisés. Boulangeries, poissonneries, artisans...Pays de poissons et on n'arrive pas à trouver depuis une semaine un seul filet de maquereau fumé. Très différent de l'atmosphère de la côte de la Baltique en Allemagne par exemple où le poisson est roi et se trouve partout. Notre visite sera courte. Juste un passage sur un ponton destiné à la pêche souvent miraculeuse ici. On verra d'ailleurs un monsieur tout fier de ramener une belle prise. Tout le monde pêche, le papi, le jeune de 10 ans et mêmes deux jeunes femmes d'une vingtaine d'année. Assez surprenant . En quelques minutes, sur ce ponton branlant, j'en attrape presque le mal de mer. Il commence à faire bien frais et un grain s'annonce. L'atmosphère est quelque peu ….nordique avec ces nuages bas et ce brouillard au loin VIDEO. Nous allons ensuite honteusement nous perdre dans le quartier résidentiel où réside Greg. Il nous prépare un très bon repas: gros steak délicieux, asperges à la vapeur et mélange de légumes. Nous discutons longuement. Les ours, qui passent devant sa maison et qu'il a vu des centaines de fois. La randonnée qu'il pratique beaucoup dans les environs. Garçon très sympathique et étape confortable et agréable. Nous ne l'accompagnerons pas en soirée voir ses amis. On doit se lever à 4h30 et sortir boire des bières sur la plage ne nous attirent pas. A 23 h, les sacs faits et près de la porte on s'endort pour quelques heures, excités par le départ pour notre croisière tant attendue.

Quelques photos supplémentaires de l'Île de Vancouver entre Victoria et Port Hardy. Cliquer sur les images pour agrandir et quelques légendes.

PLUS DE PHOTOS DE L'ILE DE VANCOUVER

FERRY DANS L'INSIDE PASSAGE

25 juillet: Dur réveil mais l'épreuve n'est pas si pénible. S'habiller, plier son duvet, descendre dans la rue et attendre le bus. Fraîcheur océanique revigorante. Un bus genre scolaire nous prend vers 5h10 et nous amène au terminal des ferrys à quelques kilomètres. Peu de monde, essentiellement les mêmes personnes que celles rencontrées dans le bus de hier. Arrivés sur place, nous acquittant des 7,50 dollars, nous voilà laissant nos bagages en soute comme pour un vol aérien. Retrait des tickets et attente jusqu'à environ 6h du matin en compagnie d'une trentaine de personne dans un hall. Rien de bien imposant, ce n'est pas un véritable port mais une base assez discrète . L'entrée dans le bateau est assez excitante. Le cadre est déjà sauvage et au petit matin l'embarquement a un parfum d'aventure. Après quelques hésitations nous nous dépêchons de trouver une des meilleures places, face à de grandes baies vitrées , au pont 5. En fait pas besoin de se presser. Le bateau sera presque vide. Des lounges entiers seront vides La cafétéria quasiment déserte. Nous sommes en pleine saison et le bateau tourne à 10 % je suis sûr. Bizarre. L'effet de la crise? En tout cas on est ravis. Tous les avantages d'une croisière sans le bruit et les paquets de personnes aux mêmes endroits. On se régale d'avance des 13 prochaines heures de traversée. Le bateau commence à bouger environ vers 7h20. Le temps est assez gris, le ciel très bas. Atmosphère brumeuse du grand nord. Rapidement on voit une belle baleine, assez grosse, un coup de chance. Ce sera la seule de la journée, mais quel spectacle. Le programme est ensuite simple. Se reposer et voir défiler en Imax les magnifiques paysages, monter sur le pont pour prendre l'air , manger, faire un tour. En tout cas rien d'ennuyeux tellement le spectacle est splendide ​VIDEO. Pas question de regarder les deux films disponibles dans une des lounges du bateau.

Le ciel devient vite bleu et nous profitons alors d'une luminosité exceptionnelle . Des kilomètres et des kilomètres de côte totalement vierges qui semblent impénétrables, des pics enneigés magnifiques, que peu de monde doivent gravir, une eau limpide, l'air frais, les oiseaux...Un moment mémorable et quelle chance d'avoir un temps pareil ​VIDEO. Cela me donne des envies de croisières plein nord...même si je n'en aurais pas les moyens. Passage près d'une ancienne conserverie...puis plus rien pendant plusieurs heures. Vraiment exceptionnel. Nous mesurons notre chance d'être là, avec un temps pareil. 15 heures de traversée de l' Inside Passage et pourtant nous ne nous en lassons pas. Nous sommes même un peu tristes de quitter le bateau, se demandant comment la suite pourrait être aussi exaltante. Le soleil déclinant la température baisse vite et la veste ou le bonnet ne sont pas superflus. On comprend comment la neige tient ici aussi bas. L'écart de température avec Victoria, bien au sud d'ici déjà est palpable. De Prince Rupert les bateaux atteignent Juneau en 26 heures je crois. Nous sommes aux portes de l'Alaska et l'envie de monter plein nord est grande. Et y aller en bateau est sûrement la meilleure option. S'approchant de Prince Rupert, vers 22h30, nous apercevons de nombreux bateaux de pêche rentrant au port. Avec le coucher de soleil, le spectacle est magique. Un côté Asie avec toutes ces petites îles au loin , comme vers Krabi en Thaïlande. Débarqués à 2 km de la ville dans un finalement assez petit terminal, nous appelons et attendons en compagnie d'une dizaine d'autres voyageurs, un taxi. Un peu surpris qu'il n'y en ait pas pour attendre les passagers du ferry. Assez crevés par la longue journée nous nous retrouvons tout content à l'Ocean view hotel de Prince Rupert vers 23h. Bonne surprise que cet endroit avec de belles vues sur l'océan et un lourd sommeil qui ne tarde pas à arriver.

PRINCE RUPERT

26 juillet

Réveil vers 10h par la femme de ménage qui demande si l'on veut que la chambre soit faite. Pas un gros programme aujourd'hui. Nous n'attendons rien de bien extra de cette ville mais nous sommes ravis d'y musarder une journée. Le genre de journée de transition qui parfois manque de richesse mais qui a son charme par sa nonchalance, par l'observation de la vie des locaux, tout simplement. En fait encore une fois on sera surpris par les belles choses que nous allons voir. Les premiers pas dans la ville en fin de matinée ne laisseront pas de souvenirs impérissables: hôtels assez laids en béton, architecture se limitant à du préfabriqué solidifié sans caractère, larges rues vides. Comme souvent l'unique solution pour manger ( hormis les restaurants un peu trop chers pour nous) sera de trouver un de ces beaux supermarchés pleins de bonnes choses. Le notre sera situé juste en face du beau musée en bois de la ville (Museum of Northern British Columbia) dans lequel se trouve aussi le syndicat d'initiative de la ville. Nous y prendrons de nombreux renseignements pour la partie finale de notre voyage dans le sud de l'état. Nous décidons ensuite de partir marcher vers les rapides de Butze, à environ 6 km au sud de la ville. Le chauffeur de bus oublie de nous y laisser et nous allons devoir aller au terminus et revenir. Bon cela passe car le paysage est intéressant. Le bus, rempli de natifs, on se croirait au Groenland, nous amène jusqu'à Port Edward, ville de pêcheurs qui ressemble à une réserve . Vivre ici ne nous emballerait pas. Une usine, et pas grand -chose d'autre. En sortie de ville à encore quelques kilomètres au sud le bus poursuit jusqu'à une ancienne conserverie qui est aujourd'hui transformée en musée. Peu d'activité, l'ensemble rassemble quelques baraques reliées par des pontons, de la tôle et du bois, des hangars. La visite pourrait être intéressante...mais on choisit la marche aujourd'hui. De retour vers Prince-Rupert on s'arrête enfin au bon endroit. Quelques voitures, un gars de l'entretien qui nous souhaite une bonne randonnée. Incroyable comme les gens nous parlent partout où nous allons. Ils ont la pêche, le sourire et semblent heureux dans leur travail. Ils doivent nous trouver bien grincheux en France, c'est certain. Quels chauffeur de bus, caissières, employés nous demandent si nous allons bien en nous souhaitant une bonne journée? Le sentier commence par des avertissements: loups et ours dans le coin! Attention! Quelques joggeurs et familles (peu) nous rassurent sur l'endroit. Le sentier, toujours très bon et simple, commence par traverser une forêt de mousse tapissée de plantes grasses. Toujours dépaysant pour nous. On arrive dans une zone ouverte avec de nombreux petits arbres, original, avec de superbes vues sur les montagnes au loin. Le point de vue sur les rapides se fit d'un ponton. Il faut y être aux bonnes heures des marées. L'endroit est beau, on y voit une accélération du débit à la jonction entre la rivière et l'océan. Le sentier longe et plonge ensuite vers l'océan, à moins que ce soit la rivière. Beaux points de vue, vraiment ​VIDEO.

Dommage qu'on n'ait pas trop le temps d'y rester. Le bus ne nous laisse que 2 heures pour faire les un peu moins de 6 km du circuit. Plages de galets, algues, couleurs vertes et brunes, eau claire et fond de montagne. Ajouter la tranquillité et voilà de quoi passer un moment agréable. Un chauffeur à énorme moustaches nous ramène en ville devant le musée. On se décide à partir vers l'est de la ville, vers Cow Boy Road, où il semblent y avoir de l'animation et d'anciennes maisons. On ne sera pas déçus! Un petit parc en l'honneur des marins disparus, un côté un peu scandinave aussi. Et puis à peine arrivés devant l'ancienne bourse au flétan dont Prince Rupert était la capitale que nous apercevons un phoque chasser dans le port. Depuis le ponton on observe deux bateaux de pêcheurs rentrant d'un Halibut Trip. De petits bateaux très bien équipés avec moulinet automatisés et au moins 7 cannes visibles sont menés par un capitaine-poissonnier avec ici 2 clients dans chacun d'eux. Nous ne voyons d'abord aucun poisson et imaginons une sortie quelconque. Et puis ils sortent de la soute une dizaine de gros poissons dont un énorme flétan et un énorme saumon. 52 livres pour le saumon et encore plus pour le flétan. Impressionnant. Les deux capitaines prennent alors les classiques photos, puis demandent aux clients comment ils veulent leurs prises. Commencent ensuite la découpe des bêtes sur des étals en plein air, sur le ponton, sous l'œil de quelques badauds ​VIDEO. La dextérité et la technique de découpe nous ravissent.


Original de voir comment le flétan que je mange tous les étés est découpé. Savoureux de voir ces beaux filets de saumons sauvage bien roses. On aimerait bien les cuisiner mais encore une fois à ,part dans les restaurants on ne trouve pas d'endroit où acheter ce poisson frais. Et le prix des menus n'incite pas à la dépense. Surprenant que ce poisson local soit si cher. 25 dollars pour les joues de flétan, partie noble que l'on a bien vue extraite lors de la découpe. Sur ce ponton brassé par l'air frais océanique, face aux montagnes enneigées, aux portes de l'Alaska, devant une scène si typique, on passe vraiment un bon moment. Un peu plus loin, de beaux restaurant -pubs assez charmants accueillent les convives face au petit port. C'est un joli coin, ressemblant un peu au Fisherman Wharf de Victoria. Rien à voir avec le reste, comme dans l'avenue de l'hôtel de ville qui nous ramène à notre hôtel. Boutiques vides ou somnolentes. Personne à 20h. Restaurants, la plupart asiatiques, qui ne donnent pas envie. Bref, pas de caractère et ce ne sont pas les quelques totems qui égayent la rue. Le brouillard tombe sur la ville , la visibilité se réduit à une centaine de mètres. Nous arrivons à l'hôtel, tout heureux de notre journée et de notre petite chambre avec vue sur l'océan. Quelques bateaux illuminent sa surface, nous passons la soirée à gérer nos futures étapes, devant un mauvais film américain. Très bonne étape à Prince Rupert. Ville porte du wilderness comme annonce l'office du tourisme. C'est vrai qu'une atmosphère d'évasion et de grand large s'en dégagent facilement. Il est probable que ce potentiel sera vite exploité durant les années à venir.

SKEENA TRAIN

27 juillet:

Réveil matinal vers 6H20. On attend notre taxi dans la ville silencieuse, prenant l'air frais, avant d'arriver les premiers à la gare. En fait juste un guichet au même endroit que celui des ferrys. On nous annonçait du monde, nous recommandant d'arriver tôt. On se retrouve à 7h10 avec notre billet, les sacs embarqués par un employé, pour un train à 8h. Le hall se remplit alors rapidement mais la foule est toute relative. Le train sera au ¾ vide, nous permettant de nous asseoir ou l'on veut et de naviguer comme bon nous semble. On occupera à deux 6 places pour être toujours bien placés, à droite ou à gauche. Train très confortable avec beaucoup de place pour les jambes, certains dorment. Et il n'y aura quasiment pas de mouvements au cours de la journée. Contrôleurs guilleret, animateur, serviable et visiblement ravi d'être là pour nous guider durant les 710 km qui nous séparent de Prince George. Il va nous montrer ce qu'il y a à voir...même si souvent nous ne le voyons pas. Avez-vous vu le truc …? Non. Il nous distribuera même un plan de la ville de Prince George en temps voulu. Un petit dépliant nous permet de suivre les étapes importantes du voyage. Le trajet commence par une descente au ralenti vers Prince Edward et la conserverie. Rien de nouveau puisque nous y étions hier. La voie longe ensuite la Skeena river, bordée de nombreux pics bien enneigés. Sauvage, des cascades, des aigles pêcheurs malgré les sommets un peu bouchés. Un peu de vie arrivant à Terrace, l'une des 3 villes du trajet où l'arrêt ne ramène pas beaucoup de monde dans le wagon. Le ciel se dégage. Forêts, montagnes se succèdent alors. Nous suivons la Skeena River, passons par des " villages " , ou plutôt campement isolés. Très beau passage devant un massif montagneux nommé " Sevens Sisters Peak " au caractère très alpins. Pour les photos, il y a bien les portes semis-ouvertes entre les wagons mais j'ai repéré un ou deux obsédés du cliché qui s'y collent toujours avant moi. Ne pas lutter et se contenter des vitres. Un pont assez impressionnant ​VIDEO, un très beau glacier bien visible depuis Hudson Bay Moutain et nous voilà pour un petit arrêt à Smithers . Bourgade banale fondée en 1913. De quoi se dégourdir les jambes, observant les pics enneigés. Rien de plus. Le paysage change lentement d'aspect. Finies les hautes montagnes, place aux lacs et aux collines boisées qui se succèdent sur des dizaines de kilomètres.

Moins impressionnant mais beau quand même. Rose Lake, Burns Lake...On passe aussi par des paysages plus champêtres avec champs et bottes de foin. Ville de Vanderhoof, son KFC, son subway. Aucune envie d'y rester. Le train s'arrête assez souvent , laissant passer des convois de marchandises. Le rythme est très lent, le paysage défile et c'est un peu le plaisir de ce type de voyage. On en profite pour lire, se reposer et cela reste très agréable. L'émotion n'est pas la même que sur le bateau. Les paysages sont moins beaux, nous avons vu peu d'animaux ( phoques de rivières, aigles, rapaces) mais une journée en train permet de s'imprégner de l'échelle gigantesque de ce pays. Seulement 710 km sur environ 5000 km de rail pour relier les deux côtes. Le confort , le calme(hormis un beauf écoutant régulièrement sa musique sans casque) , le peu de monde et l'accueil du chef de wagon apporte un plus à la simple vue des paysages. Le même trajet avec un train bondé et bruyant...pourrait être décevant et fatiguant. Nous sommes attendus ce soir vers 20h30 pour notre arrivée à Prince George par Val et Alan qui nous hébergent pour la soirée. Un peu avant le terminus nous restons bloqués un long moment sur la voie: au choix, attendre une heure et demi ou bien être déposés un mile avant la gare, à l'endroit des dépôt des trains. Patrick Boulanger, notre chef de wagon, gère bien la situation, avec calme et humour. Il nous prête même son téléphone pour essayer de joindre Val qui doit nous attendre. Répondeur. Nous sommes certains d'un gros retard, déposés on ne sait où et attendus par des gens dont on ne sait pas où ils habitent. Le plan pourrait être un peu glauque ce soir. Prince George n'étant pas la ville la plus agréable du pays et même la plus dangereuse selon une étude. Heureusement Val sera là, prévenue à la gare et garée au milieu des taxis prévenus à la hâte. Elle nous conduit chez elle à quelques kilomètre de la ville. Maison un peu décatie de l'extérieur mais confortable de l'intérieur. Val est une dame de Nouvelle-Zélande vivant depuis quelques années ici avec son mari Allan, qui travaille dans une grande usine de pâte à papier. Ils accueillent régulièrement des couchsurfeurs de tous les pays et tiennent même un livre d'or! Nous passons la fin de soirée dans leur salon à discuter devant d'énormes verre à cognac remplis de jus de pomme. Et des sushis en plus! On s'étonne toujours d'entendre ces histoires d'ours dans le jardin, de neige en hiver. Dépaysant. Couple très sympathique avec qui on se sent tout de suite à l'aise . Brève étape mais chaleureuse.

Quelques photos supplémentaires du ferry dans l'Inside Passage, de Prince Rupert et du Skeena Train pour Prince George. Cliquer sur les images pour agrandir et quelques légendes.

PLUS DE PHOTOS DU FERRY, DE PRINCE RUPERT ET DU TRAIN

WILLIAMS LAKE

28 juillet:

Dur réveil ce matin encore. On n'arrive pas à aligner assez d'heures de sommeil depuis quelques jours et je commence à le sentir. Val nous amène en ville pour attraper notre car Greyhound à 9h15. La partie de la ville traversée ne nous donne pas trop envie d'y rester. Aucun beau bâtiment à déclarer. En y réfléchissant, difficile de trouver depuis quelques jours de beaux bâtiments. Les villes normales traversée ne sont pas belles. Les cadres, la nature oui mais pour ce qui est de l'architecture, on reste peu émus. La gare des bus est assez pleine en ce samedi matin et la queue rencontrée, le manque d'information nous fait un peu douter un moment sur notre capacité à trouver une place dans le bus. Fausse alerte, nous serons encore à notre aise pour les 3h30 de trajet jusqu'à Williams Lake. Toujours fatigués et le ventre vide nous avons un peu le coup de barre ce matin. Les paysages défilent mais ne nous émeuvent pas trop. Nous sommes censés rentrer dans le pays des cow-boys: le Cariboo Chilcotin . Des lacs, de la forêt, des chevaux, du bétail mais pas vraiment de ranch comme on les imagine visibles depuis la route . On remarque surtout le nombre de maisons assez horribles: mélange de préfabriqués, de bois, de mobile home et de cabane de camping. Cela ne donne pas une image de solidité ni de confort. Avec tous ces beaux bois aux alentours!

Le paysage change parfois et devient plus original le long de la rivière Fraser. Un lointain goût de canyon avec une végétation plus basse et des arbres plus fins. Une couleur un peu plus ocre aussi par endroit. Nous arrivons à Williams Lake vers 12h30. Enfin à la gare des bus...donc un peu au milieu de nulle part. Arrêt repas au Boston Pizza , un bar sport dans lequel on mange un copieux et bon hamburger aux champignons et au fromage suisse regardant la gymnastique des JO de Londres qui viennent de commencer. Et puis nous tâtonnons un peu pour trouver notre maison d'accueil de ce soir, marchant sous un beau soleil presque brûlant. Burcks et Shannon vivent dans un confortable pavillon surplombant la rivière et la ville basse à environ 20 minute de marche de la gare des bus.

Belle maison . Accueil très sympathique. Deux jeunes enfants Asher et Wilson d'environ 7 ans ferons l'animation. Nous passons l'après-midi à discuter dans le salon . De toute façon nous somme crevés et peu motivés pour aller explorer les environs. Quasiment rien ou rien sur nos guides à propos de cette ville donc...Et en plus l'envie de ne rien faire et de se reposer est bien grande aujourd'hui. On parle beaucoup de cuisine, de marche , de chasse, de pêche, de Barquerville ou nous devrions aller mais ou nous n'irons pas...GRR...Encore une fois et ce tout au long de la soirée nous allons beaucoup apprendre de la manière de vivre de ces locaux. A force de vivre chez des personnes différentes régulièrement nous commençons à dessiner quelque peu le portrait de l'habitant de Colombie Britannique, de sa vie, de ses loisirs etc. C'est forcément très intéressant . Nous pensons ainsi repartir avec de très belles images du pays et aussi avec une masse d' information sur la vie de ces habitants. Ils nous amènent ce soir faire un pique nique bio sur les bords du lac de la ville sur une plage proche d'une réserve parcourue par des sentiers balisés. Très bon repas à base de poulet, courgettes farcie à la quinoa, salade...Cela fait vraiment du bien de manger un repas sain et en plus dans un cadre aussi agréable. Quelque personnes se baignent, 2 ou 3 familles mangent comme nous. Nous poursuivrons par un peu de marche sur les sentiers, observant le signal point où les natifs surveillaient la vallée, cueillant des Saskatoon berries . Les enfants nous montrent leurs plages privées, par ici un arbre abattu par des castors, puis 3 daims qui nagent devant nous pour rejoindre une île proche , des pélicans. C'est très simple et très sympa d'être là ce samedi soir. Authentique aussi. Les gens d'ici peuvent se nourrir dans la nature et une subsistance locale semble possible. D'ailleurs Shannon insiste bien sur la provenance de tout ce qu'elle mange et insiste sur la provenance locale, une attitude qui semble se répandre ici ( cf Routard) . En face du lac, quelques usines, une voie ferrée. Nous ne verrons pas plus de la ville. Aujourd'hui la priorité était donnée à ces habitants.

29 juillet

Très bonne nuit, moi dans mon canapé, Carla dans un petit lit une place. Enfin une bonne récupération qui nous permettra de partir en forme . Nous sommes dans la salle de jeu-télé-classe. Shannon comme beaucoup de parents de Colombie britannique fait la classe à ses enfants jusqu'à la fin de terminale, faisant parfois venir des professeurs là où elle n'est pas assez compétente. La table de la cuisine est très élégamment décorée et Shannon nous a préparé un succulent petit déjeuner, digne de 4 étoiles, vraiment. Jus de pomme-myrtille maison, céréales au nom inconnu avec yaourt et cerise sur le fromage blanc, omelette soufflée à deux étages avec plein d'épices, thé forcément original...Sa mère tentait un BnB et on sent l'expérience familiale. Shannon nous parle, nous parle . Le débit est difficile à suivre et je me concentre autant que possible. Je dis " yes ", " guitar " et Carla fait les phrases. Famille très croyante, au carrefour du judaïsme et du christianisme. D'ailleurs tout le reste de la famille est à l'église. Elle nous amène ensuite dans notre petit bureau de location de voiture. 4 voitures ...dont la nôtre. Nous saluons Shannon avec qui on a vraiment passé une très bonne étape. L'avantage de ces villes où il n'y a rien d'immanquable. On reste plus avec les gens et cette famille adorable nous a vraiment gâté. Carla s'exerce, avec mon aide, dans les ruelles alentour pour maîtriser la conduite d'une automatique . Finalement assez simple mais je préfère ma place de copilote. La voiture n'a jamais été mon fort , je l'avoue sans honte. Nous partons sur la highway , assez excités par cette nouvelle liberté. Direction 100 mile house. A peine hors de la ville nous plongeons sur les conseils de Shannon sur une route de campagne où elle compte acheter un domaine. Le pays traversé, le Cariboo, est une terre de cow-boy et on le ressent vraiment maintenant, bien plus que la veille. Végétation plus éparse, couleurs plus ocres. On se régale de voir ces entrées de ranch monumentales avec parfois les cornes (si si) , ces granges si typiques.

On se croit parfois dans la petite maison dans la prairie, sur quelques bâtiments typiques. On roule tranquille sur une route à moitié goudronnée, temps magnifique, moral au plus haut. On rejoint vite la highway au trafic fluide et courtois. Les gens respectent les distances de sécurité et on ne ressent aucun stress au volant. On arrive vite au lac de la Hache où l'on s'arrête sur une petite aire de repos avec ses tables face au lac et même sa petite plage. Une famille en profite, pas plus. C'est très agréable, comme si le pays avait un lac par habitant. On se régale de baies de saskatoon, en abondance sur les arbres. Arrêt à 100 mile house, la dernière ( la seule ) ville de la journée un peu importante, pour se ravitailler pour les deux prochains jours. L'endroit où nous allons étant réputé pour la cherté et la rareté des ravitaillements. Ville très tranquille, aérée, on s'imagine en y arrivant les postes de diligences etc..Un peu après la ville nous quittons la highway pour aller vers un premier lac où nous souhaiterions manger. Pas de bol nous ne trouvons que des accès privés et pas mal de resorts nous empêchant tout accès. Les gens vivent ici de manière confortable, face au plan d'eau paisible. Un peu plus loin, vers Bridge Lake, même constat. On s'arrêtera sur un bord de route avec vue sur le lac, observant les gens tranquilles dans leurs canoë, ou bronzant sur leurs pontons. Les campings reçoivent des immenses caravanes ou mobil home qui ne peuvent être de simples étapes tant ils semblent aménagés comme de vraies maisons: pontons, voire jardins...

Superbe vue sur le lac des roches, le plus photographié de BC. On se rend compte que nous sommes en altitude depuis le début, parfois vers 1000m. L'hiver les lacs gèlent, on remarque des panneaux passage de moto-neige ( et aussi d'orignal...). Passage au col de mac Donald vers 1311m puis une longue et assez pentue descente vers Little Fork. Les vues sur les montagnes un peu enneigées nous ravissent. Un peu comme les Pyrénées, pas plus haut mais tout semble plus vaste ici; plus large. En tout cas très différentes des montagnes de la chaîne côtière, vues du bateau. Sentiment de grands espace. Nous remontons ensuite sur la highway 5 vers Clearwater, porte du Wells Gray Provincial Park**, but de notre visite. La route, belle,avec peu de monde, longe une grosse rivière que nous trouvons très belle. Un peu de mal pour trouver Clearwater et l'entrée de la route du parc, bizarrement mal indiquée où sommes-nous un peu nigauds?

CLEARWATER ET LE WELLS GRAY PARK

Quelques baraques; un supermarché , une station essence, un centre d'information...Cela ressemble plus à un carrefour de la consommation qu'à un village de Provence. Le centre d'information nous aidera beaucoup à trouver des idées pour demain. Un jeune sorti tout droit d'une série US, avec sourire malicieux et appareil dentaire, nous aide gaiement à trouver des idées. Une statue de Moose en bois, des rondins...on est déjà dans l'ambiance. Un passage bref dans l'épicerie. J'y entends un " Jean-pierre, tu prends des chips! ", bien français. Il y en a...peu..ils vont se dissoudre dans le parc. Les prix, le choix nous inciteront à puiser dans nos réserves . Il est 18H, un peu tôt pour manger dans le coin. Au bout de 10 km de très bonne route nous arrivons à 400 m de la route principale aux premières chutes Spahat. Parking désert, une voiture! Après 5 minutes à peine de marche on arrive en haut d'une sorte de canyon rouge et ocre . Une brèche le parcourt par laquelle une rivière s'écoule et tombe sous forme d'une impressionnante cascade. Spectacle superbe ​VIDEO. L'eau forme ensuite un torrent qui se jette un peu plus bas dans la Clearwater river. On se croit aux USA, en plein western, dans un décors de cinéma. On enlève les barrières de sécurité et les pontons et on s'imagine prospectant le coin lors du gold rush. On n'est pas forcément rassurés, attaqués par des moustiques mais surtout à cause des ours très nombreux dans le coin. Que faire si on en voit un en face de nous? Je ne me vois pas dormir ici sous la tente. Un peu plus loin la route de gravier atteint un point de vue " the shannen ", très beau sur la Clearwater river. Seuls, le soleil déclinant, un chouette spectacle. Retour sur la route principale et quelques kilomètres plus loin nous voilà au Trophy Mountain Buffalo Ranch où l'on passera nos 2 prochaines nuits. Cadre très sympa, montagnes douces et boisées en face...des bisons dans le champ devant les bâtiments. Avec l'impossibilité de manger chaud on s'était dit avant qu'on irait goûter à ce bison. Mais à voir les bêtes paisibles on a un peu mauvaise conscience de manger leur viande. On se contentera de nos conserves. Petite structure: quelques tentes, deux cabanes, quelques chambres plus confortables...Office qui sent bon le temps des cow-boys. On dormira dans une cabane sans courant ni rien. Juste des lits superposés et des matelas. Chouette ambiance , dans la forêt, malgré les moustiques et un groupe de jeunes un peu bruyant (pas longtemps quand même). Ambiance camping ce soir, adaptée au parc et peu cher ( 78dollars les deux nuits). Nous mangeons avant la nuit nos harengs à la tomate, notre muffin et notre yaourt. Bonne ambiance et nous somme déjà excités par ce qui nous attend demain.

30 juillet

Assez bonne nuit dans ce refuge rustique où bon nombre de personnes n'aimeraient pas s'allonger. Pour éviter la cohabitation avec les jeunes d'en-face nous quittons la cabane dès le réveil pour aller déjeuner dans un endroit plus sauvage. Temps superbe. Nous remontons plein nord la route du parc, d'assez bonne qualité au début puis un peu plus graveleuse ensuite. De nombreux lodges se succèdent, des ranchs, un golf même. Nous ne somme pas encore officiellement dans le parc. C'est un peu hypocrite, la rivière Clearwater y est mais la route qui la borde non. Les commerces peuvent donc s'installer sans craintes. Pour autant cela reste très calme et nous serons surpris du peu de monde rencontré aujourd'hui. Les parkings sont au pire remplis avec 5 voitures et souvent vides. Les aires de pique nique; idem. Les sentiers...déserts dès que l'on pousse au-delà d'une demi-heure de marche. Des gros camping-cars, des caravanes tractés par de gros pick-up sillonnent le parc mais on ne sait pas trop où ils vont. Sûrement au bout de la route, au bord du lac de Clearwater. Un sentiment de solitude vraiment très courant pour notre journée. L'impression d'avoir ces merveilles ...pour nous. Premier arrêt au bord de la Murtle River, sur le sentier menant à la ferme de Majerus. Nous sommes déjà impressionnées par la taille et la puissance de ces eaux. Et ce n'est qu'un début, qu'une vue depuis un parking. Beaucoup d'endroits sont ainsi aménagés pour se garer. A chaque fois, deux ou trois tables, un WC sec, des poubelles anti-ours ( très costaud) et une carte explicative. On hésite à se lancer vers la ferme mais le sentier à l'ombre et la fraîcheur du matin nous freinent un peu. Tout près de là les Dawson Falls. Peu de marche et un spectacle magnifique. Des chutes assez larges, pas forcément très hautes mais le débit est violent et la masse liquide en mouvement impressionne VIDEO. On peut remonter un peu la rivière avant la chute, sans trop se frotter au bord. Une chute et c'est la mort, broyé, assurée ​VIDEO.

Encore très proche le parking pour la randonnée de la pyramide Mountain 1094 m. On n'en sait pas beaucoup de chose, on ne la voit pas d'en bas et on sait juste que la balade fait 10 km . On s'y lance. Seuls deux allemands nous devancent. Les 3 premiers kilomètres se déroulent en sous-bois. Dès l'entrée les moustiques nous assaillent. Moi, en short et sans répulsif. On va se battre avec nos chapeaux en avançant rapidement, sans s'arrêter. On voit plus tard les allemands renoncer, trop énervés par ces insectes. On hésite mais on poursuit un peu. Le sentier s'élève alors, sort de la basse forêt et cela ce calme un peu, puis totalement. Nous étions près à renoncer. Seuls dans ces bois sombres, infectés de moustiques, avec en plus la peur des ours, on essaye de faire beaucoup de bruit et on se demande comment on réagira si on en voit un. Shannon nous parla d'un gars scalpé par le plantigrade….pas rassurant. Beaucoup de piqûres à décompter, mais le reste va valoir le coup. Au milieu des framboisiers (on va se gaver) , le très bon sentier serpente lentement pour atteindre le plateau sommital.

Pas vraiment un sommet défini. Il y a beaucoup d'arbres et 3 ou 4 percées pour voir le panorama VIDEO. On apprécie beaucoup de voir l'immense forêt et une petite partie de ce parc assez immense. Partout ou l'œil se répand, on reste dans ses limites. Quelques pics enneigés, une rivière tumultueuse, c'est très beau et dépaysant. On mesure un peu l'échelle si différente de ce que l'on a en France. Le soleil cogne, on rentre d'une traite au parking, accélérant tant qu'on peut dans la partie infestée du parcours, croisant 3 personnes qui comme nous n'ont pas renoncé. Pas possible de manger sur le parking, trop chaud et trop infesté aussi. On s'en va. Passage au-dessus d'un petit pont assez typique en bois et fer surplombant le rapide du Mushbowl. Très agréable. On se rend alors à Redspring, une aire de pique nique surplombant la rivière Clearwater. Seul, on s'extasie devant cette rivière sortie d'Into the Wild. Je tente même une immersion mais le courant à 2 mètres du bord me fait rester prudent malgré le cagnard. On se rend alors à la Ray Farm. Une boucle d'un peu moins de 4 km mais qui semblera en faire bien plus. Encore un endroit très différent des autres. On se retrouve plongés dans la petite maison dans la prairie. Un couple et ses 3 enfants vivaient ici jusqu'à 1946, au milieu de nulle part, la route n'étant pas là bien sûr. Il reste une clairière dans la forêt et les bâtiments qui commencent à tomber en ruine VIDEO. Volontairement laissés à l'abandon, dans un soucis de retour à la nature. C'est très émouvant d'autant que la tombe du gars et de sa femme est visible non loin de là. Recouverte de mousse, entretenue sinon avalée par la forêt, j'imagine la scène finale d'un film de Spielberg ou de Redford. Il y a tout ici pour faire rêver. Autour de la maison des résurgences d'eau bouillonnantes, apportant une couleur rouge autour des sources. Un côté Islande ou Yellowstone. D'ailleurs le sentier se poursuit jusqu'à une curiosité: la mineral spring. Une source d'eau créant un cône d'un mètre de haut. Un mini Kamtchatka avec de très belles couleurs ​VIDEO. Le retour se fera le long de l'Alice Lake, paisible et désert. On avance vite car il fait vraiment très chaud...et les moustiques sont là. Je me fais même un col en fougères pour me protéger des deux ennemis du jour. On a une idée en tête, se reposer au frais de la rivière. Le Horseshoe est un méandre de celle-ci dont le sentier démarre de notre parking. On s'y essaye mais renonçons vite car nous l'imaginions très proche ...

En fait nous n'avions pas envie de repartir à l'aveuglette pour un tour. On se rend alors à la Bailey's chute, très proches ​VIDEO. Accès facile et rapide ( 5 min) . Ente une cascade et un rapide. La grosse rivière Clearwater se jette dans une pente avec force. Beaucoup de bruit et une très beau spectacle. On y ressent la puissance énorme de cet élément liquide. En début d'automne, les saumons essayent en vain de remonter cette passe. Ce doit être impressionnant. Nous terminons enfin par le meilleur, les Helmcken Falls. Parking quasi vide, il est 18h et le temps change vite. Quelques gouttes et un coup de tonnerre. En 2 minutes on arrive face à un canyon du genre de celui des Spahat Falls mais une taille au-dessus. Spectacle saisissant. La rivière tombe d'une brèche en haut de la falaise d'environ 145 m . L'eau a creusé une sorte de bol géant à son pied, semi-caverneux d'un volume énorme VIDEO.

Quelle puissance et quelle impression vu d'en haut. J'aurais aimé être encore plus près, je crois qu'il y a un sentier pour ça mais je n'en suis pas sûr. On termine la journée fatigués mais ravis. Quel enchantement que ce parc qui a dépassé toutes nos attentes. Peu connus il recèle de trésors pour nous autres européens. Ce qui est remarquable: le peu de monde et la facilité d'accès des sites . En une journée on s'est fait un pic, on a vu deux rapides, 2 cascades énormes, des points de vue sur la rivières, un lac, des forêts et même des phénomènes géologiques. Tout ça dans un mouchoir de poche . Et dire que ce n'est qu'un confetti du wilderness nord-américain. J'imagine la quantité de choses encore plus extraordinaires qui doivent exister dans le Yukon ou en Alaska. On rentre assez crevés dans notre cabane. Les lieux semblent assez vides ce soir. La douche sera un régal, le maquereau tomate passera aussi très bien. Une journée merveilleuse. Qu'en sera-t-il du côté de Revelstoke? On ne peut espérer mieux.

31 juillet

Dernière nuit agréable dans notre petite cabane rustique. Le sommeil vient vite après une telle journée. La porte sans verrou nous a bien protégés des ours et des pumas. Nous partons en voiture pour les Trophy Mountain. De la route principale du parc un peu avant les Spahat Falls ,en venant du parc on s'engage sur une route de gravier de 15 km avec une élévation de 1OOOm. C'est limite, avec de gros cailloux et quelques trous mais j'ai vu pire dans les Pyrénées avec ma Clio...alors avec une voiture de location. Au retour , on découragera quand même un van qui voulait s'aventurer au sommet. Quelques gouttes de pluie mais rien de méchant. La route monte au milieu de coupe forestières et arrive sur un petit parking où 2 voitures sont déjà là. Un couple qui s'annonce à partir nous avertit pour les moustiques. Malgré le cagnard je vais donc marcher en pantalon et avec ma veste Gore tex, sans rien dessous. Horrible à supporter mais c'est la meilleur protection possible. Le sentier monte gentiment dans une forêt différente de celles rencontrées précédemment. Plus éclairée, moins dense et surtout plus riante avec des fleurs colorées et quelques petits ruisseaux. Un peu de neige, de la grêle des orages récents sûrement. Nous quittons ensuite la forêt pour arriver dans le domaine de la prairie. Celle-là est unique pour sa quantité de fleurs, disposées à perte de vue et formant un tapis bleu, rouge et jaune. Un spectacle admirable. Des petits rochers par-ci par-là sur lesquels guettent des chiens de prairie. On se régale malgré la chaleur.

Arrivée sur une petite cabane qui servit d'abri pour un trappeur jusque dans les années 60. Un foyer, une casserole...de quoi s'arrêter un peu pour le randonneur au long cours mais pas de quoi passer une nuit en sécurité:toit à moitié détruit. Pas un refuge...D'ailleurs à la différence de nos montagnes européennes pas d'abris ou de refuges ici. Le sentier s'élève ensuite toujours gentiment, quitte la prairie et atteint un milieu plus classique de montagnes . Névés, cailloux et lacs. Un paysage assez pyrénéen. Très beau, et nous sommes seuls...avec les moustiques.

Ils vont nous gâcher le déjeuner. Au bord du lac, impossible de s'arrêter sans se faire dévorer. La conserve de poisson sera avalée un peu trop vite. Le sommet d'environ 2500 m des Trophy mountain paraît assez proche mais les nuages et l'heure un peu tardive nous incitent à ne pas tenter l'ascension. Nous monterons juste sur des crêtes proches pour avoir un beau panorama VIDEO sur les environs: montagnes enneigées " classiques " d'un côté et de l'autre la vue sur le nord du Wells Gray Park où nous étions hier et là l'échelle est ...nord-américaine, définitivement. Nous dérangeons une marmotte, qui nous observe à l'abri dans des rochers. Au-dessus, comme souvent quelques sculptures en pierre de type autochtone. On en voir souvent dès qu'il se trouve quelques cailloux. Quant à la signification....On redescend ensuite tranquillement, profitant vraiment de cette prairie si originale et si dépaysante. Les moustiques, la chaleur étouffante sous ma veste me rendent un peu faible et je vais marcher jusqu'au parking sur le pilote automatique. Tout repos sur place étant aussi impossible nous chassons les insectes de l'habitacle et décampons, vitres ouvertes. Longue descente à 20km/h puis c'est parti pour la grande route direction Clearwater. Arrêt au centre d'information, au milieu d'un car de japonais qui dévalise le petit rayon glace et envahit les toilettes. 10 h de car par jour....ça use. Heureusement ils pourront acheter toutes les photos de montagnes qu'ils n'auront vues que de derrière la vitre. Cagnard. On file plein sud direction Salmon Arm où l'on doit dormir ce soir. Highway où les camions nous poussent un peu, faisant des appels de phares et collant le derrière pour qu'on accélère: les rois de la route ce sont eux. Difficile de trouver l'embranchement menant à l'Adams Lake, notre carte un peu pourrie et le peu d'indications n'aident pas. On se retrouve quand même sur une route secondaire très sympathique au milieu de fermes et de champs. Fourrage à vendre. La route devient ensuite graveleuse. Un biker en cuir moustache faisant la route nous dit de le suivre. Nous essaierons mais ils nous sèmera vite, pas nécessaire de se foutre en l'air aujourd'hui.

Quelques photos supplémentaires de Williams Lake et du parc de Wells Gray. Cliquer sur les images pour agrandir et pour quelques légendes.

PLUS DE PHOTOS DE WILLIAMS LAKE AU WELLS GRAY PARK

REVELSTOKE ET SES PARCS NATIONAUX

10 km panoramiques et isolés au dessus de l'immense Adams Lake...mais un réservoir à la limite du vide et ici ...il n'y a rien. On commence un peu à stresser. Passage près d'une immense usine forestière. Tronc d'arbres flottants un peu partout autour. Enfin une station, un plein à 35 euros ( payer avant-bloquer la pompe-prendre la monnaie) . Un souci en moins, reste à savoir ou dormir. Le long du lac....jusqu'à Salmon Arm tout semble assez chic et basé sur les sports nautiques. Salmon Arm...où est le centre-ville? Terme qui n' a pas trop de sens ici. Pas de message sur le tel qui capte enfin, on essaye le WIFI et les burgers du Mc Do, pour une fois appréciés après quelques repas froids. Téléphonant à celle qui devait nous héberger elle ne semble pas très motivée, ayant des amis ce soir. On se retrouve en rade à 21h . Les hôtels du coin sont chers, on appelle Chad à Revelstoke qui nous attend demain pour arriver chez lui un jour plus tôt. Je ne m'inquiète pas ...sinon c'est le motel. Carla appelle, je regarde nos français briller au JO de Londres en natation. C'est parti pour une bonne heure de route sur la highway direction Revelstoke. Une déconvenue Couchsurfing et un sauvetage Couchsurfing qui compense. Nous arrivons vers 22h 30 dans la ville tranquille puis dans l'antre de Chad. Le roi du couch en Colombie Britannique avec plus de 160 références positives. Un grand gaillard de 37 ans, tendance fêtard c'est une évidence. Appartement fait pour la fête: rideaux et lumières rouges, billards, bar, des snowboards partout et un mur de dédicaces à la gloire du Chad. Les soirs d'hivers cela doit sentir la biture dans le coin. Couch au sous-sol dans l'antre, au son de la machine à laver. Tout finit bien ce soir.

1er août Pas très bonne nuit. Trop fatigués pour bien dormir? Quelques courses en ville, un saut au centre d'information...un peu léger question randonnées ou météo pour une ville de montagne puis nous partons voir le grand barrage de Revelstoke, l'un des plus puissants du Canada. Court trajet de 5 km pour arriver à un barrage avant le barrage. Prise de nom, règles de sécurité. Site sensible: pas de sacs, d'appareils photos, d'objets électroniques. Impressionnant édifice pour lequel il a fallu 8 ans de travail. Pas encore mangé...une table en plein soleil, en plein cagnard. Pas le choix. Pas vraiment un plaisir. La visite commence par quelques panneaux expliquant en quoi BC Hydra est une entreprise soucieuse du bien être des populations et de l'environnement. Aussi crédible que dans Menace Toxique pour les connaisseurs. Film expliquant les 10 000 km du trajet entre Sao Paulo et le barrage pour une turbine. Ecolo ça? Passage dans les entrailles du monstre ( glacial dans ces couloirs en bétons) puis ascenseur pour le sommet où une plateforme panoramique permet de contempler le site. Intéressant. Retour pour une vision superficielle de la salle des turbines. En fait on ne voit pas grand chose et l'ensemble reste assez superficiel. Les explications scientifique sont un peu brèves . Seule la pile à hydrogène, ou l'échelle de Jacob créatrice d'arc électrique m'intrigueront. Une petite salle pour les natifs. On se demande ce que cela fait là. Une bonne conscience pour avoir détruit tout l'écosystème originel. J'aime bien aussi les conseils pour économiser l'énergie: pas plus d'un frigo dans la maison, ne pas utiliser de sèche linge...Les nord- américains sont tellement gourmands de tout et consomment tellement...on semble vraiment des moineaux face à ces ogres énergivores.




​Et dans la rue les énormes pickups tractant des caravanes et d'énormes quads circulent. Gros coup de barre. On n'a aucune énergie...le barrage a tout pompé. Est-ce la chaleur? On va se faire une journée quasi off d'autant que demain et après demain des grosses marches nous attendent. Une bière, un pub sympa et nous allons passer 2 bonnes heures à nous reposer dans de confortables fauteuils profitant des JO. Surprenant de voir en pleine après-midi des gens s'avaler d'énormes quantités de nourriture. Est-ce le dîner? Le déjeuner? Nous finirons la journée tranquillement, marchant sur les bords de la rivière traversant la ville, observant les nombreuses parties de base-ball se jouant devant nous. Belles vues sur les montagnes, forcément. Tranquillité évidente. Les corneilles se reposent sur les nombreux troncs d'arbres coupés. De retour chez Chad, il est en train de boire des bières avec ses potes. Ce soir il va nous convier à une sortie...Pas raisonnable, on n' a pas sa santé c'est une évidence. Le Chad est un serial fêtard difficile à suivre. Comme dans Serial Noceur. Livres de cul dans les tiroirs, 2 godes dans le salon, des photos de biture partout. Énorme! Une vie si originale à notre âge... Nous finissons notre organisation de couch pour les jours suivants puis nous sombrons dans nos duvets.

2 août

Le temps prévu ne semble pas vraiment fantastique, nous planifions une sortie montagne un peu plus modérée que prévue. La maison reste silencieuse à l'heure où nous partons pour le parc du Mt Revelstoke, qui jouxte la ville. 25 km de montée pour atteindre quasiment le Mont Revelstoke à 1950 m. S'acquittant de la taxe et recueillant les informations au petit péage du parc nous avalons facilement la belle route goudronnée jusqu'au sommet, s'arrêtant pour un beau panorama. Au parking terminal, un peu avant le sommet, les voitures doivent s'arrêter désormais. Quelques années auparavant le sommet réel était accessible mais les dégâts occasionnés sur le milieu naturel ont nécessité un arrêt un peu plus bas et un système de navette gratuite. D'entrée les moustiques sont là...mais ce ne sera pas la pire attaque du séjour. Le site est morcelé de 2 petits lacs, immédiatement accessibles depuis le parking. D'ailleurs tout le mont Revelstoke lui-même est un ensemble de sentiers, très, très faciles. 30 minutes par-ci, par-là qui ne sont en fait que de très courtes balades accessibles à tous. Un promontoire pour avoir une belle vue sur les montagnes de Selkirk ou Monashee VIDEO 1VIDEO 2 , un sentier plus long vers les lacs Eva, Miller....mais que nous ne prendrons pas. Le temps peut être menaçant et nous n'avons pas trop envie d'aller trop loin pour voir un lac. La forêt de moustique visible au loin nous inquiète aussi il faut dire. Une station d'observation des feux de forêts, plus en activité. Un sentier "les prés du ciel " qui mènent à une icebox, partie entre deux rochers qui abritent des neiges quasi éternelles. Des points de vue sympas mais on est un peu trop près des parkings. La grande montagne sera pour demain, si on en a la force. Retour à pied vers le parking. Repas et prolongation par le petit sentier de l'aigle pour un autre promontoire sympa. Retour en début d'après-midi en ville. Parc agréable mais nous n'en avons goûté qu'un petit aperçu. De belles vues sur les montagnes mais pas aussi impressionnant que ce nous avons vu dans le Wells Gray . La journée se poursuit par la visite du musée du chemin de fer de Revelstoke. Belle bâtisse le long de la voie ferrée encombrée régulièrement par d'immenses convois de trains de marchandises.

Chad nous dit de rester le matin tôt le long des voies, le grain tombé serait un mets apprécié par les ours, régulièrement entrevus. Mais ne faites pas comme les Japonais ...sinon sushi!Ce musée est très complémentaire après l'IMAX de Victoria sur la construction du train vers le Rogers Pass. Nous y sommes en plein. Nous allons adorer. Comme au BC muséum la muséographie fait entrer le passant dans les scènes que d'autres ne font que montrer. Nous allons particulièrement aimer le wagon de première classe de la CPR, qui fonctionna jusqu'en 1992 avec ses menus, la cuisine, les chambres ​VIDEO. La locomotive de tête avec un vieux monsieur dedans qui explique son fonctionnement. Les nombreuses informations intéressantes sur le gigantesque et un peu fou projet de construction d'un train dans ces montagnes. Les nombreuses photos anciennes montrant les villes à la fin du XIX ème siècle. La rue centrale vide et en terre, son hôtel...on se croit en plein film de Terence Hill. Les nombreuses publicités pour attirer les riches vers les hôtels de l'ouest comme à Banff, la propagande pour attirer les colons vers les champs de l'ouest, le sort des ouvriers chinois lors de la construction. Les trains dans le parcs (le cadre s'y prête face aux montagnes). On y restera plus de 3 heures. Quelques courses , puis, de retour à la maison de Chad, un couple dans la salle à manger s'excuse de s'être permis de rentrer. Ils sont français, débutant en couchsurfing et ils nous ont pris pour le Chad. On les rassure et on leur montre ce que l'on suppose être leur futur matelas, dans le sous-sol, à nos côtés. Chad rentre avec son ami Peter d'une journée de randonnée, deux jeunes filles arrivent ensuite manger avec eux. Elles les connaissent depuis hier. Rapide le Chad. Ils sont encore une fois déçus de ne pas pouvoir partager de bières avec nous et semblent encore prêt à bringuer, musique forte et alcool en avant. Nous ne sommes décidément pas dans le même trip et on ne sait pas trop quoi échanger, même si tout le monde est très sympa ici. On va se lever demain matin à 6h30 pour partir marcher. Les soirées sont pour nous des moments de repos. Une journée donc assez tranquille, gardant des forces pour demain, la grosse journée hiking du séjour, qu'on attend depuis longtemps. 23H, earplugs et loup, nous sombrons.

3 août

Discrètement, à 6h30, nous laissons dormir nos collègues français du sous-sol, prenons un petit déjeuner dans la maison silencieuse et quittons la maison pour le parc Glacier, à 1 heure environ d'ici en direction du Rogers Pass, sur la highway. Assez frais le matin ici mais le temps magnifique promet beaucoup pour la journée. On a la forme et le moral même si le sommeil manque un peu. On sera récompensés de nos efforts. La route est bordée de nombreux arrêts: pour observer des arbres géants, pour observer des marécages...Aucun village " next station 140 km " , juste des pics de plus en plus enneigés qui s'annoncent. Les glaciers pointent leur nez en nombre...on est là pour ça. Arrêt au rogers pass à environ 1350 m d'altitude. Lieu mythique de la route transcanadienne et du train aussi. Belles vues forcément sur les pics acérés . Notre parking sera à côté de la route, un peu en contrebas du col, au départ de très nombreux sentiers. Les campeurs se réveillent, d'autres sont déjà en route. Vers 8 h on commence la marche:pantalon léger, tee-shirt et chemise chaude pour moi. On hésite entre deux sentiers: la Asulkan Cabin ou le Glacier Crest. Niveau assez similaire. On demande à des locaux très sympathiques qui nous aiguillent plus vers la Cabane, même si pour eux tout est très beau ici. Le sentier commence par arriver sur les ruines de la Glacier House, qui de 1886 jusqu'en 1925 était un lieu incontournable du coin. Grimpeurs du monde entiers, gens aisés du CPR y passer de belles journées . Le train s'arrêtait devant. Il ne reste que l'emplacement du chemin de fer, quelques ruines,de la ferraille (baignoires). C'est émouvant de s'imaginer tous ces gens se relaxant ici dans la soie, tous ces grimpeurs de l'extrême. Les lieux sont hantés par leurs fantômes. J'entends avec beaucoup d'imagination leurs rires et les vois descendre du wagon de 1ère. Émouvant passage donc. On se lance dans les 6,5 km nous menant jusqu'à la cabane. Le terrain est d'abord assez plat, au milieu de la forêt, et à l'ombre, ce qui nous ravit. Personne...on se doit donc de faire attention et on s'oblige à taper dans les mains, à parler fort, à dire " olé ", règles de prudence conseillées pour ne pas surprendre les ours. J'avoue être sur mes gardes.

Les alentours du sentier sont très raides, avec de nombreux couloirs d'avalanches. Ce parc est d'ailleurs à la pointe pour ce qui est de l'étude et la protection contre ces phénomènes très courants en hiver. Avec plus de 20 m de neige par hiver, on imagine les dégâts. Deux avalanches coupent le sentier. Neige ultra dure qui persistera sans peine tout l'été, débris d'arbres partout. Très humide au sol, végétation gorgée de rosée et brouillard aux endroits illuminés. On se trempe les pieds et les pantalons. A la descente, tout sera sec. Passage en position été: short, crème solaire. Je m'arme d'un bâton de marche anti-ours façon gourdin qui me servira surtout de canne et c'est parti pour une remontée le long du ruisseau. Au fond de la vallée on voit déjà poindre les glaciers attendus. Quelques lacets dans la forêt puis le sentier attaque la partie sérieuse: une succession de pentes raides, par un bon sentier . On rejoins la moraine du glacier. Impressionnant bowl semi-cylindrique creusé par les glaces. Le glacier est remonté mais les pierres qu'il a amassées demeurent. On mesure ici vraiment le recul des glaces. Rien à voir avec les cartes postales du début du XXème siècle. Le sentier est donc sur la crête de cette moraine. Très pentu, sans moment de répit. On avance en plein soleil motivés par les vues de plus en plus belles qui se dégagent à chaque pas un peu plus. On arrive déjà à la cabane, un peu surpris. Fermée, moderne, on y voir quelques duvets de randonneurs ( que l'on croisera plus tard). Remarquable, l'entrée hivernale à 3 mètres du sol ...d'ailleurs ici tout est en hauteur...à cause des énormes chutes de neige. Nous sommes quasiment à la limite des névés, profitant d'une très belle vue sur la vallée et sur le glacier de l'AsulkanVIDEO. Au-delà du refuge commence vraiment l'ambiance haute montagne.

Un petit écureuil peu farouche viendra nous manger dans la main, ce qui nous amusera un bon moment lors du repas VIDEO. Nous décidons ensuite de poursuivre un peu plus haut, hors sentier car le grand blanc m'attire et je me sens bien en forme. Nous progressons sur des névés peu pentus, sur des rochers polis par l'avancée des glaces . Un peu avant le col Asulkan, entièrement blanc, nous croisons les 3 occupants de la cabane. Une sorte de perdrix des neiges, au plumage parfaitement assorti à l'environnement ne semble pas surpris par ma présence et reste là à 1 mètre de moi VIDEO. Le guide nous conseille d'aller voir sur les rochers en face vers un petit pic secondaire qu'on aperçoit depuis la cabane. Progressions en dévers sur les névés demandant parfois un peu d'attention mais cela reste un endroit sécurisant. On se promène, seuls dans la montagne, dans ce paysage vraiment magnifique VIDEO. Un grand moment d'exaltation. On atteint alors la base d'un névé où se forme un petit lac turquoise au milieu de roches rouges. Devant nous, un autre glacier. Je m'attaque au petit pic, par une escalade facile mais sur un terrain croulant, pour profiter encore plus du panorama VIDEO. Génial. Descente un peu abrupte vers la cabane VIDEO. Le retour est bien raide, on s'impressionne de la pente le long de la moraine du glacier ​VIDEO et les cuisses et les genoux vont souffrir un peu. Descente rapide jusqu'à Glacier house. Nous restons un moment à nous imaginer l'hôtel de luxe du temps lisant avec soin les panneaux d'explication.


Excellente randonnée. Le parc a tenu ses promesses. Sur le chemin du retour nous nous arrêtons le long de la highway 1 dans un parc de cèdres géants. Encore une nouvelle forêt et encore une nouvelle atmosphère. C'est une forêt humide, rare aussi loin de la côte dans laquelle on marche, depuis une passerelle entre troncs couverts de mousse et cèdres majestueux. Très belle surprise. De retour à Revelstoke, après un arrêt douche rapide chez Chad nous partons mériter un bon burger au pub, devant le football américain et les JO. En ville sur la place du Grizzly, un petit concert de country typique. Visite nocturne de la ville avec ses quelques bâtiment d'époque, son vieux cinéma...bel endroit finalement. Une autre fête se prépare pour Chad et ses amis incroyables, encore une fois on décline les bières que tout le monde boit ici à longueur de journée. Les muscles se reposeront assez tôt ce soir.

Quelques photos supplémentaires de Revelstoke et des parcs du Mt Revelstoke et Glacier. Cliquer sur les images pour agrandir et voir les légendes.

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VENON ET L'OKANAGAN

4 août

A l'heure où Chad et ses amis rentrent à peine de soirée et comatent devant Very bad thing, nous disons au revoir à cette équipe si originale. Revelstoke restera un très bon souvenir. La ville est agréable, le site assez extraordinaire, et les alentours regorgent de richesses naturelles et parfois culturelle. Nous quittons la montagne vers Vernon pour rentrer dans le dernier thème du séjour: les cow-boys et les ranchs. Un peu de nostalgie quand même à se rapprocher de la fin de notre voyage, se remémorant la quantité de choses extraordinaires que nous avons pu voir. Le nombre de rencontres aussi nous permettant de vraiment appréhender la Colombie Britannique de l'intérieur. Le paysage change vite et dès Sicamous on bascule en mode nautique. On loge le beau lac Mara avec de nombreuses petites bases nautiques et un cadre royal pour ses activités aquatiques. Le programme du jour consiste à passer l'après-midi dans le ranch historique O'Keefe où se déroule aujourd'hui un festival de cow-boy. A quelques kilomètres de Vernon, au milieu des champs et des vergers plusieurs bâtiments ( parfois déplacés) d'époque sont disposés . Un bond dans le passé façon " petite maison dans la prairie ". On joue à se déguiser en cow-boy, à rentrer dans les écoles, dans la boutique de madame Olson. L'école nous plaira avec son agencement, son tableau rempli de devoirs et ces règles de vie pour les instituteurs.

Le fonctionnaire d'état devait être irréprochable dans son comportement. Le magasin regorge de trouvailles et d'objets d'époque. Je m'attends à entendre Terence Hill rentrer en demandant une boite de haricot ou une bonne selle pour son cheval. La vendeuse en tenue d'époque vend des poches de bonbons traditionnels. C'est très bien agencé, calme et on se plait à errer lentement dans tous ces édifices. La forge, les granges, une maison d'époque...36 degrés à l'ombre mais ambiance relaxante. Des gens en tenue d'époque égayent l'ensemble, on s'essaie au lancer du lasso, on fait un tour en tracteur, sympathique et il n'y a pas trop de monde. On regrette juste le bruit de la route proche et d'avoir manqué par mégarde le spectacle de rodéo. Atelier de poterie, fabrique de selle puis spectacle de danse façon french cancan. Une dame, la cinquantaine, habillée vraiment à la mode country annonce les danses par un petit discours nous mettant dans l'ambiance. Genre...le cow-boy fatigué, après une dure journée sur son cheval, rentre au soleil couchant, fier de son métier et de son beau pays etc... Les 7 danseuses dont certaines ne sont plus toutes jeunes, vont s'acharner pendant leur set à maintenir un sourire alors que tout est très physique et qu'il fait une sacré chaleur . Les faces rougeoient, les dessous se montrent devant un parterre de cow-boys très cliché: bottes avec éperons, chapeau alors que nous sommes à l'ombre, étui de couteau en cuir et même de nombreux crachats au sol!

Typique et sympa. On poursuit par la visite du petit musée qui explique bien l'histoire remarquable de la famille O'Keefe, pionnier des pionnier. Toujours ce petit encart obligatoire pour les natifs mais ici ce sont les cow-boys qui gagnent la partie. A côté, petite salle avec des trains miniatures. Sans intérêt pour moi dans ce cadre. Pas de visite possible de la mansion, belle demeure où habitaient les O'Keefe. En ce jour de festival il n'y a peut-être pas assez de personnel ou alors la maison sert -elle de base pour les quelques figurants? 18H, un dernier coup d'œil sur la diligence qui apportait les quelques passagers à la halte du ranch qui servait de relais. On s'amuse à lire les règles de bienséance d'un voyage en diligence. Ne pas boire ou alors si vous buvez, offrez-en à tout le monde. Ne pas parler d'attaque d'indiens ou de voleurs de grand chemin. On imagine la promiscuité de ces voyages d'un autre temps. Visite très intéressante donc. Le festival en lui même n'apporte pas grand chose de plus mais le site, l'histoire des lieux remplissent bien leur rôle. Nous rentrons en pays cow-boy de la meilleure manière possible. La voiture bouillante nous attend.

Climatisation manuelle à fond...mais cela ne suffit pas. Nous arrivons à Vernon, tout proche, sans trop savoir quoi faire. Nous avions prévenu nos hôtes Keith et Josy d'une arrivée après manger. Mais que faire? Se rafraîchir dans un supermarché? Nous allons donc traverser la ville qui de prime abord n'a rien de plus ni de moins que toutes ces villes moyennes à base de centres commerciaux rencontrées. Quartier résidentiel, les chiens aboient et Josy nous accueille les bras ouverts, toute contente de recevoir ses premiers surfeurs. Tout de suite le courant passe bien et ce sera une des meilleures rencontres du séjour. Josy et Keith sont un couple pas trop loin de la retraite, lui électricien, elle, vendeuse dans un magasin d'article de cuisine. Maison super clean et confortable. Ils nous proposent vite de partir faire un tour dans les parages, offre que nous acceptons avec joie. Pas encore mangé mais la chaleur nous coupe un peu l'appétit. Dans la petite voiture de Josy, un 4x4...mais bien moins gros que l'énorme pick-up trônant devant la maison, nous partons voir les lacs proches. Kalamalka, célèbre pour ses couleurs changeantes et Okanagan.




​Beaux points de vue sur ces très grandes étendues d'eau. Temps magnifique et terrain qui ressemble de plus en plus à un milieu aride, genre sud de l'Espagne. De belles maisons avec vues imprenables, bateaux de plaisance, vue sur les montagnes au fond:un bien bel endroit. Ils nous emmènent voir un très bel hôtel de luxe au sommet d'une colline (Sparkling Hill) ,célèbre pour ses cristaux . On rentre dans un autre monde. Maserati devant l'entrée, mariage classe à l'intérieur mais on les suit et on rentre. Superbe vues panoramiques sur les environs. Un golf avec ses résidences protégées autour, des collines à pertes de vues. Un endroit réputé pour ses parcours de golf très VIP. Amusant panneau " attention traversée de grenouilles " un peu plus loin. Sur le chemin du retour nous arrivons à l'une des plages de la ville de Vernon, sympathique au coucher de soleil . Un côté Phuket sur quelques mètres. Pas le temps de voir plus ce soir, vers 21h nous rentrons . Soirée à discuter et à grignoter dans le jardin. Beaucoup d'échanges et de curiosité réciproque. Avec l'aide de leur tablette, instrument assez génial pour échanger, nous parlons de France, de Chine, d'Angleterre, leur donnant quelques tuyaux pour leur futur voyage en septembre vers Paris et Londres. Les chiens s'endorment, nous aussi, ravis d'une telle journée et d'un tel accueil.

5 août

Nous prendrons le petit déjeuner avec Josy et Keith avant qu'ils nous amènent pour la tournée des cadeaux souvenirs. Josy nous ouvre même son magasin, un dimanche, pour un private shopping. Elle est ravie de nous montrer son domaine et nous le sommes de lui acheter, sur ses conseils, des produits 100% Okanagan. Ils nous emmènent ensuite dans un magasin spécialisé dans le miel, que l'on trouve très bon. Puis chez Davisson's, un verger et des boutiques un peu Disneyland, où Josy travailla naguère. On y trouve d'autres bons produits, goûtant un peu toutes les sauces, confitures, fruits en dégustation. Touristique mais on apprécie, d'autant que tout le monde ici connait Josy et l'ambiance s'en ressent. Les sacs pleins nous rentrons et quittons ce couple bien chaleureux. Une étape dont on n'attendait rien et qui s'est vraiment révélée très agréable tant ces gens nous ont bien accueillis. Quittant Vernon nous sommes au milieu des vergers de l'état. Très agréable de voir ces champs, ces ventes de fruits qui tranchent avec l'ambiance si sauvage de certaines parties de l'état.



​Nous nous arrêtons sous le cagnard (38°!) aux environs de Kamloops, sur une aire de repos jouissant d'une superbe vue sur le lac et sur les collines arides. On ne s'étonne alors pas de voir un panneau demandant de faire attention aux serpents à sonnettes. Couleurs ocres, sable et arbres nains. Sur le lac toujours ces bateaux, ces gens bronzant sur le pont, ou faisant du ski nautique. Nous ratons le rocher branlant de Savona mais pas le parc de Juniper. Nous sommes dans le Gold Country, terre des chercheurs d'or . Au milieu de ce paysage sec coule une belle rivière et une petit camping et une plage nous y donnent un accès aisées depuis la highway. Quel plaisir de se plonger dans l'eau froide et de quitter la voiture surchauffée! On se retrouve avec les locaux, dans un coin perdu, certains pêchant, d'autres se relaxant sur la petite plage. Au-dessus de nous le passage d'un canadian pacific apporte cachet à l'ensemble ​VIDEO. Nous suivons les quelques indications de notre brochure pour identifier les sites historiques du coin. Pas grand-chose à voir mais des histoires à imaginer. Ici à Walhachin un ancien projet ambitieux de vergers au début du 20ème siècle, là-bas des dunes de sables, plus loin un canyon. Pas simple de s'aventurer dans ces lieux sans guide. Nous arrivons en fin d'après-midi à Cache Creek. On nous a déconseillé d'y dormir, pourtant nous allons apprécier. Certes ce n'est pas du tout glamour. Quelques motels assez miteux, de la junk food et des stations services. Pas une ville mais un carrefour aménagé, sans charme.

CACHE CREEK

Notre motel, avec piscine, est sûrement l'un des plus confortables. Le plaisir d'une chambre fraîche, d'un grand lit et de pouvoir suivre un peu les JO. On passe un peu de temps à préparer les sacs pour demain (retour de voiture oblige), flânons un bon moment dans la piscine observant les collines jaunes et désertiques du coin , partageant le petit pré avec des familles. On se sent ici immergés dans le quotidien du canadien lambda en vacances. Très agréable. En soirée on se décide à partir en ville, Murray engage son 3ème set contre Féderer, mal embarqué. Bolt écrase le 100m. Petite supérette tenue par une chinoise et repas ...au restaurant chinois, le seul de la ville, un autre semblant définitivement fermé. Ambiance de parking, camions dehors, nappes usées et fin de service à 21h tapantes. Finalement on va bien manger. Encore une ambiance que j'apprécie. Rien d'exceptionnel mais juste du dépaysement, chose que l'endroit trop touristique efface un peu parfois. Le beau va souvent avec le lisse, vers une uniformisation du service proposé. Ici c'est juste simple. Toujours ce less is more. En soirée, à l'étage de mon motel, observant la route silencieuse, je suis en plein film américain. Planant.

Très bonne nuit. Pas pressés car sans véritable plan pour aujourd'hui nous prendrons seuls le petit déjeuner au bord de la piscine poussant le vice à rendre les clés à 11 heures, le motel étant déjà vidé et les femmes de ménages à l'ouvrage. L'office du tourisme tenus par un grand-père nous déconseille de rejoindre Williams Lake par le Bear Lake ou une des routes des environs avec notre voiture petit format. Long, et un peu périlleux sans 4x4. Nous allons rentrer par la highway, ne sachant pas trop quoi faire de notre temps. A 13 km de Cache Creek on tombe sur un site historique, le Hat Creek Ranch. Parfaitement dans le thème far west que nous avions choisi pour finir le voyage. C'était une ancienne auberge qui accueillait la diligence ainsi qu'un ranch. On va beaucoup apprécier de se retrouver encore une fois au temps de la petite maisons dans la prairie VIDEO. Point fort: la balade en diligence avec cocher costumé. On y remarque l'inconfort de ces voyages qui continuèrent ici jusqu'en 1919. Et comment ne pas penser à tous nos westerns fétiches? Le cadre prête vraiment à l'imagination. Les granges, les chevaux, la rue centrale où l'on imagine très bien un duel, l'abreuvoir, les crânes de bétails morts un peu partout VIDEO. Autre point fort: l'auberge. A l'étage on retrouve les chambres, le papier peint d'époque, du mobilier, les chambres. On se croit vraiment en 1900 arrivant ici et montant se coucher ​VIDEO. Génial. En bas le saloon très réussi, le magasin général ( moins fourni qu'au O'Keffe ) , les cuisines...





​Vraiment un décor de cinéma tellement unique pour nous européen. Il reste encore quelques baraques d'époques, moins expressives, et aussi un petit coin réservé aux indiens...toujours pour la bonne conscience. Belle maison semi enterrée. Moins intéressant et riche que le site Huron Wendake de Québec. Repas d'une barre tant la chaleur écrase puis nous repartons . Les roadhouses transformées ou non en motel ou en ville se succèdent le long de la route. Dite qu'il fallait 2h30 pour relier Cache Creek à Hat Creek et nous avalons ces kilomètres en quelques instants. Le contraste nous saute aux yeux. Clinton, 100 Mile house... pas la force de s'arrêter pour voir quelque parc ou point de vue, le cagnard n'invite pas à la flânerie en plein désert. Nous nous arrêtons au lac de la Hache pour une baignade rafraîchissante au milieu des locaux. Petite plage, ambiance très familiale. De quoi maintenir le thermostat jusqu'à Williams House. Nous y arrivons en fin d'après-midi, faisons le plein et rendons la voiture à la National. De retour au Boston pizza, on y patiente autour d'un gros burger. Le bus Greyhound, proche, nous ramène cette nuit à Vancouver. Un peu dommage de devoir refaire en sens inverse une bonne partie de la route de ce matin mais il était bien trop cher de laisser la voiture ailleurs qu'à Williams Lake. Quelque arrêts dont 45 minutes à Kamloops où les transferts se font pour Calgary et Edmonton.

Quelques photos supplémentaires de VERNON , de l'OKANAGAN et du GOLD COUNTRY. Cliquer sur les images pour agrandir et voir les légendes.

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RETOUR SUR VANCOUVER

7 aôut

La mamie devant nous, petite sèche et acariâtre trouve " unacceptable " qu'il n'y ait pas de soupe. On se contente de jus de fruits dans une ambiance pas très trendy de cafét de gare la nuit. Et puis malgré l'inconfort, le sommeil viendra et nous émergerons peu avant la gare de Vancouver. Finalement un voyage qui passera bien. Dans la ville qui s'éveille nous attendons le premier Skytrain qui nous amène en plein Downtown . 6H et quelques du matin, un banquier entre déjà dans sa tour pour une longue journée de profit. Un bus et nous revoilà chez Claudine qui nous hébergea au début de notre séjour. Dans la maison endormie; après les timides grognements de Yuna, nous nous reposerons 3 bonnes heures. Une bonne douche, une rencontre furtive avec la couchsurfeuse qui partage la maison avec nous et nous quittons ce bel endroit sans avoir pu dire au revoir à la propriétaire. C'est ça aussi le couchsurfing, aller passer quelques heures chez des gens sans même les voir! En tout cas on repart bien frais. Direction Metropolis, un grand centre commercial de plus de 400 magasins. Bien sûr classique mais vraiment immense. Toujours autant de bon prix sur certaines fringues, un peu comme à NYC. Pas trop dans l'ambiance acheteuse mais je craque quand même pour une chemise qui épuisera exactement mes derniers dollars. Repas dans le food court thaïlandais. Bon mais trop occidentalisé comme goût. Le voyage s'achève. Retrouver les sacs laissés à la consigne de la gare routière ce matin, prendre aisément le skytrain pour l'aéroport. Vraiment aucun stress. On s'amuse à regarder les lieux visités en début de séjour. 25 jours et tellement de souvenirs en ce court laps de temps. Superbe aéroport, vraiment. Un aquarium montrant quelques trésors de BC aussi bien que le vrai. Un ruisseau artificiel en plein hall apportant un côté nature apaisant. Vraiment une réussite. Pas de hublots pour nous, dommage mais un airbus A330 sorti de l'emballage et sentant le neuf. Agréable. Dernier regard furtif sur les glaciers et c'est parti pour 9h30 de vol.

CONCLUSION

Un bien beau voyage, cohérent avec ma visite québécoise de l'an dernier. Bien sûr on ne retrouve pas la crainte mêlée d'excitation des voyages exotiques dans des pays de cultures très éloignées de la nôtre mais il y a quand même de nombreuse expériences que l'on ne peut vivre chez nous et qui se vivent là-bas.

Beaucoup de belles rencontres en Couchsurfing encore avec des locaux de tous milieux nous apportant un beau panel de ce que vivent les gens de Colombie Britannique. Entre la dentiste très Wysteria Lane et la famille assez bab , entre les golden retraités et la famille ouvrière nous avons beaucoup aimé ces soirées et ces moments passés avec ces gens si hospitaliers. On ressent ici un peu partout ( hormis dans les skidrow de Vancouver...) une certaine joie de vivre. Les chauffeurs de bus, les caissières sont courtois et souriants. Un signe du bon état d'une population se voit dans la façon dont vivent ceux qui ont les métiers les plus exposés à la mauvaise humeur contagieuse de ses membres. Pas un paradis pour tous c'est vrai mais la plupart de ceux que nous avons raconté sont d'accord pour dire qu'ils ont tout ici. Une nature merveilleuse et si proche, de grandes et belles villes et surtout beaucoup d'espace. Ce qui nous manque peut-être en France. Où alors d'où vient notre mal être et notre mal de vivre bien évident pour tout touriste arrivant sur le sol français? En tout cas évident pour tout français qui revient chez lui .

Niveau nature, ce pour quoi la plupart des gens viennent ici, on a été gâtés. Une côte merveilleuse, des forêts de mousse, des montagnes, des glaciers, des rivières puissantes, des animaux sauvages et la présence de grands prédateurs comme l'ours qui changent totalement la façon dont nous percevons le wild. L'homme est dans de nombreux coins ici invité et vulnérable. Sentiment que l'on ne ressent pas en France. L'échelle est ici autre, tout est plus grand et rien ne résume mieux que la phrase de Claudine " here everything is bigger". Avec aussi des côtés négatifs: la surconsommation évidente et visible partout. Des entrées de villes sans charmes envahies de publicités et des grandes surfaces épatantes de richesses. Le canadien de l'ouest consomme énormément. Encore une fois , question d'échelle.

La Colombie Britannique c'est aussi un voyage dans le temps. Pour qui aime l'époque du far west il y a de quoi se régaler. Entre les fermes isolées et les ranchs, les villes fantômes et les relais de diligence on peut se croire rapidement en 1870 partant chercher son or dans les ruisseaux de l'état. Combien de fois nous nous sommes exaltés de ces voyages dans le temps offerts dans les musées ou les sites historiques? Parfois seul le paysage suffit . Et il reste tant à faire...l'appel du nord est bien là. Notre ferry continuait vers l'Alaska. La Colombie Britannique est une destination en elle-même mais aussi une porte vers les richesses voisines offertes par tous ces états si riches: Alberta, Yukon, Washington... On m'y reverra c'est certain.

LE POUR: la variété des paysages et des atmosphères, les deux villes de Victoria et Vancouver vraiment agréables et originales, la facilité de l'organisation, le manque de stress, la gentillesses des locaux et des employés rencontrés, le gigantisme de la nature ( cascades, animaux, montagnes), la beauté des paysages marins ou de montagne, l'ambiance western vraiment exaltante par endroit, un musée exceptionnel à Victoria, le couchsurfing varié et très agréable.

LE CONTRE: le prix des transports, le budget voiture, le budget global tout court, le manque de choc culturel enrichissant, les pubs le long des routes et la consommation outrancière.