CROATIE

Pourquoi la CROATIE ?

Je m'étais bien promis après un été 2015 marqué par l'hésitation et l'inaction de ne pas manquer les vacances de Toussaint . Il fallait pour cela éviter de faire trainer l'achat du billet et le choix de la destination. Je me refusais de céder à la facilité en repartant pour Loudenvielle , au bord de mon lac d'ermite. Je voulais voir du monde, socialiser.  Après de nombreuses recherches début septembre je laissais tomber mes envies de Corée du Sud ou de Japon pour un séjour plus réaliste et moins fatiguant en Europe. De nouveaux sites permettant de proposer les correspondances des compagnies Low Cost j'ai découvert qu'un continent s'ouvrait au départ de Bergerac. Et de manière toute surprenante je me retrouvais avec un vol aux bons horaires , pour une durée de 17 jours,  et à un bon prix pour la Croatie, direction Zadar. Le pays semblait regorger de beautés naturelles et de sites historiques, je ne connaissais pas cette partie européenne de l'Europe  et puis j'avais aussi envie de prolonger un peu l'été en partant au soleil.  Je me suis décidé. Comme souvent , j'ai une base d'envie puis je m'adapte à ce que propose le marché des vols. C'est toujours une loterie, je peux me voir  un jour en Pologne et acheter le lendemain pour la Finlande...C'est imprévisible et en cela assez excitant. Le monde m'est ouvert, je tire mes destinations souvent de manière assez aléatoires, c'est le jeu . Et la partie est sans fin.  


PLAN DU VOYAGE

Voyage seul, du 17 octobre au 2 novembre    2015.

Ma ville d'entrée et de sortie sera Zadar. Pratique  car assez centrale et parfaite pour découvrir quelques uns des endroits les plus réputés du pays. Je vais y rester 3 nuits avant de partir  passer  1 nuit sur l'île de Dugi Otok, à Sali, pour visiter le parc national des Kornati vers Telascica Bay.  Puis je me rends à Starigrad Paklenica pour passer 2 nuits et visiter le parc national. Je rejoins ensuite le parc national des lac de Plitvice pour 2 nuits. Ensuite ce sera Split pour 5 nuits avec visite de la ville , des alentours ( Salona et Kliss)  et de Trogir.  Enfin  2 nuits à Sibenik pour visiter la ville et les alentrous, le parc national de Krka  avant de retourner à Zadar pour passer une dernière nuit à Zadar  avant de reprendre mon vol. 

PERIODE :
Au niveau du climat je trouve que la saison est idéale pour celui qui ne cherche pas qu'un bronzage affirmé. J'avais hésité en partant à prendre une veste fourrée mais des essais sous 20°C m'ont convaincu de la laisser , ce qui était très  sage. Je passais les journées en tee-shirt, parfois torse nu , et remettais  une petite veste le soir ou pour les matinées.  La lumière est très belle pour un automne , attention à ne pas oublier les lunettes de soleil, le slip de bain et la serviette.Je me suis baigné deux fois et l'eau était encore bien chaude dans le sud à la fin du séjour.Prendre un parapluie car les 2 journées pluvieuses l'ont été avec assez d'intensité.
Pour en savoir plus sur le climat et les bonnes périodes , voir sur le site de quand partir sur laCroatie.

Au niveau fréquentation on est en moyenne-basse saison. On peut dire que je n'ai souffert du monde qu'un jour, au parc de Plitvice...mais c'était un samedi avec des prix spéciaux pour les familles. Le matin était tranquille mais ce fut horrible l'après midi sur les tronçons les plus fréquentés. Sinon  j'ai été tout seul , vraiment, dans la baie de Telascica, à l'opposé. Non vraiment, ce fut tranquille et j'ai pourtant une limite assez basse au delà d elaquelle de laquelle je me sens oppressé par mes collègues touristes. A Split on croise souvent des groupes mais ils passent vite comme les nuages et il suffit d'attendre un peu pour avoir l'impression d'être seul avec les monuments.
Les sites sont ouverts et souvent avec des prix moins chers qu'en haute saison.
C'est aussi beaucoup plus simple de trouver des places sur certaines lignes de bus ou pour réserver une chambre chez l'habitant. 
Bref...l'automne est une saison merveilleuse pour visiter l'Europe, je m'en rends compte à chaque séjour.  

NIVEAU :

Très  facile.

Pour peu que vous parliez un peu anglais il est aisé de voyager  dans ce pays. Le paiement est en KUNAS , le système de transport est très bien fait et ponctuel, les gares modernes, les horaires affichés un peu partout, les cartes bancaires sont acceptés un peu partout. Bref, pas plus compliqué que la Belgique ou que l'Allemagne. Le pays est bien habitué au tourisme et  vous n'y serez pas observé comme un être rare. Souvent les gens parlent anglais. 
Pour trouver un hébergement c'est assez simple hors saison. J'ai galéré avec le Couchsurfing mais dès que l'on paye, les gens deviennent très accueillants. Se servir des sites en ligne de reservation  (comme air bnb) et tout devient  très simple.  On peut aussi observer les gens avec les petites pancartes "appartement" dans les gares routières. Là encore étant en fin de  saison j'étais souvent l'unique ou l'un des rares clients. 

Niveau physique...rien à dire.   Bien équipé et je le répète avec de bonnes chaussures de marche costauds  on peut marcher de longues heures dans les villes, les sites et les montagnes.  Les sites sont bien balisés , c'est un voyage tranquille . Je déconseille des chaussures trop fragiles. Les rues des vieilles ville sont en pavés et les sentiers sont faits de pierres vraiment très coupantes. Prendre donc de vraies chaussures de marche, de trail dans mon cas. 


Niveau hygiène, pas une seule alerte de santé et j'ai mangé partout, de tout. C'est l'Europe moderne, rien à ajouter.  

Aucun  sentiment d'insécurité . Certains sites peuvent être inquiétants par leur isolement ( gorges du parc Paklenica, sous-sol de la forteresse St Nicolas...)  mais je me suis vraiment senti en sécurité .Je n'ai  vu aucune bande de gars inquiétante, ni bagarres, ni scènes violentes. J'ai trouvé l'ambiance très relax.

Un voyage  confortable ,relaxant niveau moral  et je rentre apaisé et en forme. 


HEBERGEMENT ET BUDGET (2015) :

Le voyage m'est revenu à    929    euros pour 17  jours ( 196  euros d'avion   et 733  euros sur place)  . Ce qui n'est pas si  bon marché en comparaison avec mes autres voyages en Europe. Le problème cette fois a été le manque d'hospitalité des Croates. Je n'ai eu que 4 nuits en Couchsurfing ..chez une allemande.  Et j'ai laissé 382 euros dans du Airbnb... Les nuits me revenaient entre 25 et 40 euros. On pouvait toruver moins cher ou même des lits en dortoir mais je voulais un peu d'intimité. 
Je n'ai jamais lésiné sur les entrées de musées, sur les transports...un peu plus sur les  restaurants.  
Les transports ne sont pas trop  chers  : environ 1.4 euros le ticket de bus quand même mais moins de 20 euros pour les longs trajets .

J'ai payé 12.6  euros pour mon long trajet  ( 11 km) de taxi entre la gare des bus de Zadar  et l'aéroport. A prévoir car il n'y avait pas de bus entre 8.30 et 14 heures! 

Pour me nourrir, je mangeais le matin pour environ 3 euros un petit déjeuner  à base de croissans et de yaourts. 
 A Zadar , dans la vieille ville ou à Split, il n'est pas facile de  trouver un restaurant pas cher... Il n'y a souvent que la carte mais à midi j'ai pu profiter de menus à moins de 10 euros , boissons comprises, parfois moyens mais une fois succulent. 
Je me nourrissais  souvent dans les nombreuses boulangeries, faisant mes courses dans les supermarchés. Pas de la grande cuisine , ce n'était pas un voyage gastronomique pour moi, loin de là.
J'ai adoré les marchés; clémentines à 0.8 euros le kilo, pommes idem. Les poissons aussi n'étaient pas chers mais il fallait de quoi les cuisiner.
J'ai aussi manqué de l'aide des locaux pour pouvoir trouver les bons plans. 

Pour préparer ce voyage j'ai utilisé :

SITES GENERALISTES

  • le site du Routard . Toujours une bonne base pour choisir sa destination.
  • le site officiel de l'office du tourisme de Croatie . Très bien fait. Une mine d'informations. Utile pour trouver un itinéraire.
  • le site du Lonely Planet
  • le site du Petit Futé. Je ne me suis servi que de leur site internet pour trouver des idées d'itinéraires.
  • un site très bien fait pour les transports en bus . Un autre
  • un site des transports en ferry. 



La vidéo du séjour

Tout en 4 minutes et en musique . Pour plus de détails, il y a autres vidéos, en son direct à la suite des paragraphes.

ZADAR

Vue depuis ma chambre à Zadar

Jours 1:

Dire que le jour du départ, je n'étais pas vraiment enthousiaste est un euphémisme. J'étais crevé, à peine sorti de mes cours de la veille et sans avoir le temps de respirer je me retrouvais un sac sur le dos, amené par ma tante et ma mère en coup de vent à l'aéroport de Bergerac. J'étais aussi heureux que celui qui part au boulot, au moment de partager son espace vital dans les transports en commun. Ce fut une journée de mouton, suivant les lignes et les passages de douanes, sans réfléchir, emporté par la masse mouvante. Le voyage ne fut pas très long, sur le papier, mais assez éprouvant : c'est le  prix d'un voyage low-cost, seul, avec Ryan Air. Arrivé à Londres, il faut marcher et encore marcher, attendre à la fouille (où je me fais recaler pour une compote!), les deux heures d'escale vont y passer. Devant moi, un couple rate de 2 minutes son vol pour les Açores. Pleurs et colère. Dur moment à passer.  En l'air je suis entouré de  gens à Smartphones, qui consomment et lisent les magazines de pub offerts. Déprimant. Cela me choque de voir tout ce peuple incapable de rester tranquille avec lui-même; comme ça, en restant calme avec ses pensées. Une fois arrivé à Zadar, à 22h, je trouve vite le bus pour la ville, simple pour un petit aéroport comme celui-là, plus grand que celui de Bergerac quand même.  Il y a dans le bus une sorte de musique langoureuse à saveur d'Italie, qui me met tout de suite dans l'ambiance. Elle ne va pas me quitter du séjour .Cela fait plaisir devoir ces gens écouter des chansons dans leur langue, mes oreilles en seront flattées. A la gare routière bien tranquille et assez propre, les gars en bande boivent et chante devant des karaokés en croate, je patiente devant un centre commercial tout neuf. Là nuit, les néons embellissent le commun  mais tout semble bien tranquille et moderne ici.

Il fait bon et au milieu du béton poussent des palmiers et des oliviers. Le bus me laisse dans le quartier de Diklo, chic me semble-t-il, au bord de la mer et avec assez de hauteur parfois pour avoir de superbes vues sur l'océan. Je sonne vers 23H30 chez Brigitte, dans un superbe condominium   que cette expatriée allemande a acheté depuis peu  pour retrouver Marjam, une jeune écrivaine allemande qui surfe comme moi et garde la maison.

Cathédrale St Venceslas

Jour 2:

Sans réveil hormis  à cause des  attaques du  chat ( je dors dans une mezzanine qui lui sert de logis) , je me lève vers 10 h, profitant de la superbe vue sur la mer et l'île de Ugljan. Au programme: la ville de Zadar. Je vais beaucoup aimer cette journée: le climat, la tranquillité des lieux, les bâtiments...Visiter un centre-ville un dimanche est toujours un spectacle autre : les gens s'attablent, se promènent en famille, dégustent des glaces (beaucoup!) , profite des derniers feux avant le véritable automne? En prenant mon temps, vraiment, je vais découvrir tous les principaux sites de la vieille ville en une grosse après -midi. Le bus me fait d'abord passer par Puntamika, où s'accumule les marinas et les bateaux de luxe. Ce pays n'inspire pas vraiment la pauvreté, voilà mon premier sentiment. 

Je ne vais pas voir un mendiant du séjour. La misère doit se cacher.  Je descends près du pont piéton qui mène à la vieille ville. Je suis d'abord frappé par l'intensité du soleil, moi qui ai failli prendre une veste fourrée ! La lumière est superbe, l'eau cristalline et rien n'est surpeuplé en ville. Certes je vais croiser des cars de chinois et quelques routards sac à dos mais vraiment c'est supportable. Encore une fois je crois que ce genre de pays est à éviter en été pour le non clubber. Octobre est vraiment la saison bénie du tourisme en Europe, selon moi. Je commence par la visite des murs de fortification au nord de la ville, d'époque romaine ou médiévale. Les bastions sont devenus des petits endroits de verdure et la vue et superbe avec les montagnes à l'est. Je déambule tranquillement, achetant des pommes à un pépé, dans un marché qui sent bon l’authentique (à prononcer comme dans Pagnol).  Devant l'orgue marin, je ne peux que m'arrêter et écouter. A chaque passage de houle il se met à jouer une musique hypnotique et étrange, l'eau remplissant des tuyaux avec plus ou moins de force.  Les gens s'y reposent et méditent. C'est un bel endroit vraiment original. Devant lui des panneaux solaires au sol se chargent la journée pour jouer avec l'orgue la nuit une mélodie lumineuse. Marrant, un peu dans l'esprit « Rencontre du 3ème type ». Les gens y poseront ce soir dans toutes les positions possibles.

Cathédrale St Venceslas

Un peu avant, des pêcheurs impassibles font face à leurs proies que l'on discerne facilement dans l'eau transparente. C'est très beau et tranquille. Une curiosité est à noté : le barkarioli. Un homme fait la traversée de 80 mètre entre les deux rives avec sa barque, pour un prix modique. Et cela marche, je vois des locaux qui le prennent. C'est une vieille tradition  ici et c'est agréable de voir qu'elle perdure. Le monastère et l'église de Saint Francis seront mon prochain arrêt : bel ensemble de l'extérieur avec un musée payant, mais fermé à l'heure de mon passage.  L'un des plus bel endroit de la ville n'est pas très loin: autour d'une grande place remplie de ruines romaines (le Forum) , se dresse l'église de St-Donat  , la cathédrale de St-Anastasia  et le monastère  des Bénédictines ou siège le musée d'art sacré

Attenant, le musée d'archéologie est lui dans un bâtiment plus moderne. L'ensemble est très photogénique; les gens s'y promènent, prennent des verres en terrasse, les enfants jouent entre et sur les pierres, les mamies se mettent à l'ombre. Je vais visiter l'église de St -Donat et rester beaucoup de temps dans les environs. L'église mérite une visite pour sa structure très originale, en cercle, comme dans une tour. On peut voir sous le plancher enlevé les dalles du forum  romain. On peut  aussi monter dans les galeries pour admirer la vue sur le Forum et l'île d'Ugljan . A part ça, il n'y pas grand chose à voir dedans. Je vais ensuite bien aimer la partie sud de la vieille ville, remplie de verdure méditerranéenne au delà de Trg Pet Bunara, le square au 5 puits, bien visibles et sur les fortifications. Dans les jardins autour de la citerne alimentant les puits on trouve les canapés et sièges lounge que l'on trouve partout ailleurs. Les tables de mixages et les pubs Red bull s'amassent dans un endroit électro pour l'été mais qui manque de caractère. Cela sent le déjà -vu, mais la jeunesse branchée doit adorer. Le parc est très agréable, propre, comme la ville (nettoyée en permanence par des brigades de bonhommes en tenues oranges). Je longe le front de mer vers l’Université, face à la mer, dans un cadre exceptionnel. 

La promenade est  vraiment agréable et de bon goût. Des bans, une statue  mais pas de vendeurs de pacotille, ils sont regroupés vers le forum. Un endroit que j’apprécie, à voir un dimanche avec les familles. Quoi noter encore... ? Narodni Trg, place avec son café tradition, sa tour de l'horloge  et sa galerie musée. J'y vois une intéressante exposition de photos de la guerre en 1991. On a du mal à croire que ces rues si paisibles étaient atteintes par des missiles ! Mon repas sera copieux et relativement bon pour moins de 8 euros dans un restaurant des environs. Les gens sortent et consomment, c'est visible, mais je regrette la prédominance d'endroits pour jeunes. Où sont les bars, les troquets pour les anciens, ceux que l'on voit à Istanbul ou au Caire ?  Au niveau des magasins, on est loin des pacotilles de Prague, il y en a certes, mais je trouve la proportion de magasins de qualité assez importante. Par contre, dans la vieille ville, cela reste très moderne et je ne trouve pas vraiment de boutiques...à l'ancienne. Je pense à ces mamies le long de la cathédrale St Anastasia, qui étalent leurs châles, leurs tricots, leurs chaussettes...Un car de chinois en Ray Ban et Sony regarde ça d'un œil distant. Ils n'achèteront rien. Je crois que cette bataille est perdue face aux marques. Les gens veulent du Mango, qui va mettre ce que ces mamies tricotent ? Après elle, qui reprendra ce commerce désuet ? On ne peut se réjouir de ce savoir qui va disparaître dans l'uniformisation des modes. Car les femmes croates sont loin de s'habiller en tricot, elles  sont apprêtées de haut en bas, et, parfois accompagnés de gars balourds en pantalon de jogging et sweat ! Quel contraste! Le soir le long de la partie nord de la ville, des apéros ont lieu sur des bateaux à quais, l'ambiance  est bonne et musicale.
Je me gave de friands dans une belle boulangerie et je rentre, crevé, à Diklo, où Brigitte est revenue.  Cette première journée me donne une très bonne impression générale. C'est propre, tranquille, apaisant, relaxant et vraiment avec la bonne dose de services pour les touristes. Zadar mérite un arrêt, pour sûr.  A noter, comme dans toutes ces villes historiques...une odeur qui semble la même à Tallin ou à Riga ...celle des effluves mélangées sortant des cuisines. Le mélange semble fait des mêmes proportions. J'ai pris mon temps aujourd'hui et tout s'est passé sans stress, vraiment dans le plaisir. C'est bon signe pour la suite.



Le lien vers les ​​​​​​​​​​​​PHOTOS  de l'île de Zadar.​

ÎLE DE PAG

Jour 3:

Encore une très longue nuit de bon sommeil, je devais en manquer car j'émerge à 10 h20 sans forcer    la position allongée. Le temps est bien gris et les grosses gouttes d'eau tombent sur la terrasse avec vue imprenable sur la mer. Brigitte me conseille quand même d'essayer d'aller visiter l'île de Pag: «You're not in sugar!». Certes mais je pars en jean Boss, chaussures Clark's  et pull « Made in Italy », de quoi affronter la rue Ste-Catherine de Bordeaux mais pas les sentiers boueux ! Il n'y a pas beaucoup de bus de Diklo vers le centre. J'hésite à foncer directement à la gare routière mais y attendre 1h30  ne m'enchante guère. Je choisis l'option « petit tour de vieille ville».  

Porte Michel
En fait je refais quelques rues visitées hier, mais sous la pluie et un lundi. L'atmosphère en est bien différente, les magasins sont ouverts, les gens plus actifs, le forum et les abords de la cathédrale désertés de leurs vendeurs en extérieur. Après conseil à l'office du tourisme, je me rends compte que tout est fermé entre midi et deux ...pas de mall en vue (et oui Zadar, c'est petit!) alors je vais rejoindre en mode zone la gare routière par des rues sans grand intérêt, ni même petit. Je pourrais causer des immeubles un peu plus décrépis que dans le centre, du centre hospitalier...tant de choses à oublier. Bref, la journée ne démarre pas franchement dans la plénitude des sens. Il me reste ma part de pizza et ma patience, observant le défilé des jeunes dans la gare routière. Brigitte m'expliquera qu'ils ont deux cycles selon les périodes, les matinées ou les après-midi, là finissait le cycle du matin. Je me retrouve d'ailleurs dans un bus pour Pag Town rempli de jeunes, pas vraiment l'ambiance locale que l'on recherche en voyage. 

Je suis entouré de smartphones et d'écouteurs, cela ne m'empêche pas de regarder le paysage qui devient franchement beau vers l'île de Pag. Il y a la mer et cette île lunaire, mélange de Mont Ventoux et de Larzac dans l'aspect, puis au fond les montagnes du Parc Paklenica que je visiterai après demain. Le pont pour atteindre l'île, souvent fermé pour cause de vent violent, est assez impressionnant, au dessus de falaises jaunes, proche d’une ruine d'un  ancien château me semble-t-il. 

Un peu plus loin je vois une usine de fabrication de sel, jouxtant un grand nombre de marais salants. C'est une spécialité de la ville, pour laquelle elle fut crée d'ailleurs au XIVème siècle.  Le bus me dépose dans la petite ville de Pag Town, endormie, peut-être somnolente les mois d'été. Pas grand bruit à l'arrêt de bus: quelques pêcheurs sur les rochers, et les jeunes qui disparaissent en un clin d’œil. Je longe la berge ou l'on voit un tas de restaurant d'aspect assez populaires, dont on ne sait pas trop s'ils fonctionnent ou sont à l'hivernage. Il y a des cafés en ville certes, mais aussi beaucoup d'endroits fermés.  J'arrive au petit port charmant, avec ses bancs, ses pépés qui arrivent en mobylette ou à pied pour discuter, et le petit chat qui mange un poisson frais dans un coin. Tout est très méridional. La pluie m'empêche  ensuite un peu d’apprécier la vieille ville: très belle, toute de pierre parfois bien propre, avec des tas de ruelles parallèles descendant vers la mer et de nombreuses églises, toutes fermées. Sauf une, celle du monastère des Bénédictines, mais je ne vais pas oser déranger les 3 sœurs dans leur prière, je ne suis même pas sûr que cela soit ouvert au public. Alors je me promène un peu gêné par la pluie qui redouble d'intensité sans trouver aucun abri valable! Même l'office du tourisme est fermé! Un parapluie, offert par la providence  (trouvé dans une poubelle) me sauvera  de la saucée. J'en suis tout fier et je compte bien le garder tout le séjour mais il n'est pas pliable, du moins je le casse encore plus en essayant de le faire. Il retournera à sa place , après un dernier tour de ville. Paix à son âme. Bref...joli centre-ville, plein de charme, calme avec parfois des petits napperons en crochet à vendre de derrière les fenêtres...c'est une autre tradition de la ville. Un musée est même consacré à cet art. Un petit pont, moderne au look ancien, mène aux entrepôts de sel de la ville où tout est fermé. J'en fais le tour en profitant des cygnes voguant sur l'eau cristalline face aux collines: le temps est de nouveau au soleil, et ici, il brille ! sied à mon envie du moment.




Il me reste 2 bonnes heures que je vais utiliser pour aller voir au bout de la route, à la pointe  nord de la ville. Je commence par suivre la route littorale qui passe à côté de minuscules plages, pontons, petit port de pêche même (le pêcheur y prépare ses filets), et devant un tas de maisons secondaires semblant bien vides. C'est tranquille, les gens âgés s'y promènent, je verrai même des mamies de cartes postales, genre Mère Denis, avec gros derrière et visages bouffis, physionomie inconnu dans le vieux Zadar, temple de la jeunesse. La route s'élève un peu pour arriver à une barrière que j'enjambe avant de monter une petite colline au-dessus qui sera le but de mon excursion. La pierre est un cauchemar pour les pieds, tranchants et durs, j'y abîme pas mal mes chaussures même en y faisant gaffe. J'ai rarement vu des cailloux comme ça. De là-haut la vue est superbe: le milieu est très minéral et pourtant quelques moutons y vivent. Ils donneront l'autre spécialité de la ville, le fromage de Pag, que je n'ai pas trouvé en ville. Tout est ici comme dans un désert ...au bord de la mer. Je ne connaissais pas ce type de paysage qui pourrait faire penser aux images des Canaries ou de Grèce vues sur les magazines. Je me repose un peu en profitant de l'éclaircie puis rentre tranquillement attendre mon bus. 3 h30 sur Pag, pas plus mais cela valait le déplacement. Ville historique charmante et randonnée facile et très originale. Je serai quasiment seul dans le bus du retour, filant à vive allure dans le paysage éclairé par la lune. J’apprécie et manque de m'endormir. Je prendrai un repas copieux dans un fast food au pied du pont piéton menant à la vielle ville avant de rentrer chez Brigitte vers 20H30. Finalement j'ai bien comblé cette journée pluvieuse. Pas la grande extase mais de beaux paysages et un rythme très tranquille qui 



Le lien vers les ​​​​​​​​​​​​PHOTOS  de l'île de Pag dpuis Pag Town .​

DUGI OTOK: SALI ET TELASCICA BAY

Jour 4:

Je quitte ma petite mezzanine discrètement pour ne pas réveiller Mirjam, une jeune allemande qui termine son projet «un roman en 180 jours»  et qui doit bien reposer son cerveau après ces heures de travail acharné. Elle reste ici une dizaine de jour pour trouver l'inspiration...j'aurais peut-être croisé la route de la nouvelle JK Rowling.  Ce matin, je quitte Zadar pour l'île de Dugi Otok à une bonne heure de ferry. Je retrouve avec plaisir le centre historique de Zadar, mon bateau est à quai juste devant le barkarioli, qui n'arrête pas de travailler, tant mieux. Grand beau temps, tout est vraiment très beau et je me régale des vues du bateau vers la promenade de la vieille ville, le Forum romain, l’université. Vite les montagnes au fond se détachent, cette barrière apporte vraiment un cachet très original à cette côte. Le bateau file entre les îles et me dépose dans le joli petit port de Sali. Un coup de cœur! Ici l'arrivée du ferry est animée et attendue, pas de pontons anonyme mais beaucoup de vie et pour moi un berlingot Citroën. Ema qui me reçoit en Airbnb n'étant pas là, elle m'envoie son père, qui ne parle pas un mot d'anglais... 

C'est parti pour un rodéo dans les ruelles de la ville et me voilà dans ma superbe chambre avec vue sur mer. Aussitôt le colis livré le père repart réparer ses filets de pêche. Car ici respire encore l'âme méditerranéenne que je ne connaissais pas vraiment. Le port, les petites ruelles, les oliviers partout, l'eau transparente ...Ah cette eau! A chaque fois elle me fait penser à la scène du Grand Bleu où Jacques plonge chercher une pièce visible depuis la berge. Je me récite...« Roberto, mio palmo »...on n'en est pas loin non plus. Il doit être un peu moins de midi, je fonce au minuscule office du tourisme étonnement ouvert (4 ou 5 visiteurs sur le bateau, pas plus). 1H30 à 3 heures de marche pour atteindre Telascica Bay...ok...avec tout le gras accumulé dans mes repas depuis le début, une grosse journée de marche ne me fera pas de mal. D'abord remonter les rues en pente du village, croiser deux belles églises, rejoindre la route goudronnée (peu de trafic!)  et allonger le pas. Le début n'est pas extraordinaire mais l'environnement est tellement beau avec ses champs d'oliviers partout, ces collines et ce soleil que tout passe avec plaisir. Je tombe vite le bas du pantalon et le tee-shirt. 

Maison des 3 frères

Le soleil cogne, peur des coups de soleil. Sur un chemin de terre je remarque 2 ou 3 voitures le coffre ouvert , ils commencent la récolte des olives. Je me prends pour Ugolin et croque une noire et une verte pour goûter le terroir. J'apprends par l'expérience que l'olive crue est infecte issue de l'arbre, cela me laisse un goût acre que j'aurais du mal à faire passer. J'arrive alors à Magrovica, petite baie au fin fond de  l'immense baie de Telascica, longue de plusieurs kilomètres. Une maison, 2 voitures, des pontons et des bateaux. Sauvage, joli, je continue par la route vraiment déserte et agréable le long de la mer.  C'est si  beau et tellement silencieux, je me régale d'avance de cette journée. La route remonte puis c'est tout droit jusqu'à un parking désert. Au bout de la route, j'arrive à une sorte de minuscule marina sans ponton mais où les bateaux désireux de visiter le lac de Mir  se posent. Il y a un voilier dans le coin, pas plus. Je me crois dans le St-Tropez des années 50 quand les gens avaient leur bout de mer pour eux tous seuls. Le restaurant, les marchands de glace....tout est fermé. Seuls quelques agents du parc sont là, cela sent la morte saison. Je revis pour compenser.  Je vais ensuite ne plus voir personne au delà de ce point. Un sentier route atteint rapidement le lac salé de Mir, tout proche. Beau spectacle, pas un bruit hormis les corbeaux. Je le longe par la droite, atteint un champ de pierre où les gens ont érigé des statures avec celles-ci. Surprenant et beau avec la vue sur les falaises et l'océan en contrebas (Skraca Bay).Je poursuis sur un sentier longeant le littoral, sentier désert, je me prends un tas de toiles d'araignées dans la figure, je dérange même un gros serpent noir assez impressionnant. Brigitte me dira qu'ils sont connus pour être venimeux en Croatie... La progression n'est pas si simple et je commence à chauffer des jambes (déjà 11 km je pense). Je m'arrête au bout du sentier à la plage Lojisce. Depuis Sali cela fait une trotte et je savoure ce moment de solitude dans la nature. C'est très beau, calme et je ne résiste pas à de l'eau à 20 °C. Un tarte à la viande et une sublime tarte aux pommes feront mon repas. Slip de bain et soleil qui chauffe un 20 octobre: plaisir rare. Vraiment une saison merveilleuse pour ces pays du sud. J'y penserai à l'avenir.

Au retour je passe par l'autre rive du lac, puis atteints   une des deux collines qui surplombent le lac. Je voulais faire la plus haute mais impossible de trouver le départ du sentier. La mienne ne sera pas une partie de plaisir, je déloge un nouveau serpent mais la peine vient  surtout ces pierres, comme sur Pag, qui sont de vrais rasoirs .Et comme elles sont remplies de trou c'est un vrai casse-pattes. La vue d'en haut mérite l'effort. Je voulais avoir une vue d'ensemble de la baie et de la  partie sauvage des îles Kornati, de là j'ai un peu tout. Ces collines me rappellent les collines chocolat de Bohol aux Philippines, mais avec les pieds dans l'eau. C'est magnifique  et à part un bateau parfois il n'y a personne. Je n'ai croisé aucun touriste depuis Sali! 

Par contre un bouquetin m'observe de près puis s'en va. La descente est périlleuse puis le plus dur est fait. Toujours aucun bruit autour du lac. Une fois la route rejointe et malgré tout ce qui me reste à faire pour rentrer je monte voir les falaises à 150m de là, c'est magnifique et cela vaut la petite montée. Depuis un belvédère on observe l'immensité de l'océan et des falaises éclairées par le soleil de 17h, c'est magique et cela donne envie de plonger la dedans, il y a des caves un peu partout dans le coin. Un dernier bonsoir aux ânes qui ont là un petit sanctuaire depuis qu'ils ne sont plus utilisés pour le portage.  Un chat perdu ( je pense ) va me suivre longuement en miaulant. Le soir arrive, il n'y a personne et que fait ce chat ici aussi loin de la ville. Il se frotte à moi dès que je m'arrête, d'ailleurs je n'ose aller trop vite de peur de le semer. Je le prends en pitié. Et puis d'un coup il s’arrête, se fige puis plonge ses crocs dans un gros rongeur (rat) qui se tortille les pieds ne touchant plus le sol. Le chat l'emporte dans les fourrés. Cruelle scène, l'être innocent que je sentais mal en point donne la mort à une autre bête devant moi. Et je plains le rat qui a cessé de vivre. Étrange.  Il commence à faire un peu froid alors je commence à courir dans les descentes. 

Sensation grisante de faire son footing dans un tel cadre. Je me retrouve ensuite rentrant un peu avant la nuit sur les chemins pierrés au milieu des oliviers. Pendant un moment je me retrouve dans l'ancien temps, j'imagine croiser la Bersagliera des films de Comencini, rien n'est moderne sous mes yeux, sauf la vue de mes pieds. Et puis je croise vite un panneau, un bidon ...le moment hors du temps fut bref mais appréciable par sa rareté. De retour sur la route je vais courir, faisant la course avec un pépé pilotant un chariot tracté par un moteur assez artisanal. Nous arrivons ensemble en ville. Les pépés (les autres) discutent une dernière fois dans le haut village. Sur le port une régate doit faire étape ici, au moins une vingtaine de bateau est à quais. Le vent se lève, cela bouge et se forme alors ce bruit si caractéristique que celui des ports sous le vent. Cela craque, cela frotte, cela grince. Je ne me décide pas à manger dans un des quelques restaurants encore ouverts, ce sera course au petit Tommy Market et repas au chaud devant TV 5 monde sur la création de l'état du Congo par Léopold 2! Local non ? Superbe journée, physique, sensuelle, exaltante, rien à jeter. Je vais bien dormir , c'est sûr.



Le lien vers les ​​​​​​​​​PHOTOS  de l'île de Dugi Otok ( Sali et Telascica Bay) .​

La 1ère vidéo: Zadar,îles de Pag et de Dugi Otok

STARIGRAD ET LE PARC DE PAKLENICA

Jour 5:

21 octobre 2015 ! Marty Mc Fly et le Doc arrivent dans le futur! Pas de De Lorean pour moi aujourd'hui mais du transfert en bus, en car. Un petit bond dans l'espace et dans le temps...pas plus. Je quitte mon bel appartement de Sali en fin de matinée, achète mes viennoiseries dans la petite boulangerie locale qui a le cachet de ces petits magasins des coins isolés où l'on apporte le nécessaire et où les locaux défilent en tutoyant la patronne. Tous les bateaux de la régate sont partis, mais le port n'est pas pour autant désert. Certains préparent leurs filets, certains  mêmes  s'étendent et sèchent sur le quai, quai  qui reçoit la visite de la petite camionnette  du vendeur d'habits et de couettes. C'est drôle et enjoué de voir les papis et les mamies venir toucher les pantalons et les pulls...ils doivent acheter j'espère. Après une petite visite à la chapelle faisant  amer au bout du port, blanche et pour moi ...bien grecque dans l'idée, je rejoins le ferry, toujours aussi animé lors du débarquement. Les paquets et les vivres se déchargent et les passagers se chargent. Une petite escale à Zaglav à quelques minutes de là puis retour sur Zadar. J’apprécie toujours autant ces moments de détente à observer les bulles de l'océan. Buller derrière la vitre... Le poisson est-il dedans ou dehors? Vue magnifique sur la chaîne de montagne côtière. Une fois en ville je me relaxe encore à l'orgue marin, bien moins fréquenté que le dimanche, repasse au Forum romain sous le soleil et prends un repas dans un bon restaurant. Très bon risotto à l’encre, poisson blanc et bacon, haricot du pays, gâteau...je me régale. Je m'habitue bien à cette ville maintenant, j'y ai mes repères. Elle est toujours aussi agréable. A la gare routière je me retrouve encore dans le reflux de lycéens, de retour chez eux en ce début d'après-midi. La gare s'anime alors pour l'équilibre des flux...je me repose. Je vais descendre à Seline, bien trop tôt en fait . C'est un très long village et je vais le remonter à pied quasiment 25 minutes pour atteindre ma maison au bord de la mer. J'ai tout un appartement pour moi et l'accueil des locaux est très sympathique. Je fonce alors me promener le long de la mer, enfile un maillot et me baigne (eau bien plus froide que hier près de Telascica)  près d'une ruine de tour construite par les Vénitiens. Il n'y a personne hormis une famille qui prend le soleil dans des sièges bien orientés. Je me repose et apprécie ce calme. Quelques bateaux passent mais tout est si calme. Le froid tombe vite, peut-être l'air des montagnes qui descend. Un petit tour à Starigrad (centre), près de l'hôtel Allan pour faire les provisions et ce sera une soirée tranquille bien au chaud  avant une grosse journée demain. Journée de transfert, de transition. Moral au top, tout est tranquille, facile et confortable, relaxant.

Jour 6:
En avant pour le parc de Paklenica! Pour l'atteindre je dois d'abord parcourir presque 2 km pour arriver au bureau du parc. Sans grand intérêt, doublé par quelques voitures mais je note quand même le petit hameau de Marasovici avec ses vieilles maisons en pierre et un minuscule stand  sans vendeur où l'on trouve des produits locaux (huile d'olive, tricot...qui sentent bon le fait-maison). Le gardien du parc me déconseille les sommets aujourd'hui, il faut dire que le vent est vraiment très fort, il ne cessera pas de la journée. Je longe alors le canyon Velika Paklenica; d'abord sur une route asphaltée puis sur un sentier. Sur le dernier parking on trouve quelques grimpeurs avec leur look si  caractéristique (bonnet, petit duvet, lunette de soleil...)  devant leur van rempli de matériel et jaugeant les passants avec le regard suffisant de «ceux qui peuvent faire». L'endroit est un paradis pour l’escalade, et il y a une multitude de voie dont certaines sont même indiquées par des panneaux avec leur difficulté (7B+ par exemple). C'est ici la Mecque de l'alpinisme croate. Le sentier remonte lentement jusqu'au refuge de montagne à près de 400 mètres d'altitude. Il est joli, très alpin et permet de rayonner dans les environs en particulier vers les plus hauts sommets du massif à plus de 1700 mètres d'altitude. Le chemin est sinon sans grand intérêt car les vues sont très peu dégagées et l'endroit pas très sauvage. C'est après que ma journée va vraiment commencer. Je prends le sentier Mala Mocila qui monte à flanc dans la forêt et offre de superbes vues sur la mer et sur les montagnes du massif. Le vent est parfois si effrayant par son bruit dans les arbres qu'il m'arrive de m'agenouiller ou de me protéger derrière des rochers  de peur de me prendre une branche dans la figure ou par simple réflexe. Le sentier est bien tracé, je rejoins une petite maison à Jurline dans une prairie tranquille où l'on se croit au milieu de nulle part. Je décide alors de rentrer par le canyon de Mala Paklenica, paraît-il très sauvage. Il fait beau et malgré le vent je me sens en confiance pour le tenter. Après tout je suis à peine à 600 mètres d'altitude. Et bien cela va être une petite aventure! Après un bon passage tranquille dans la  prairie démarre le canyon, étroit et sombre, d'autant qu'il tombe parfois quelques gouttes. C'est assez impressionnant et excitant. 

D'entrée je dois enlever les chaussures et marcher dans l'eau heureusement pas encore glacée, aidé par un câble tendu , pour traverser une cuvette d'eau. Je n'ai pas trop compris  son usage. Cela ressemblait plus à un pont en fait avec deux câbles reliés par d'autres câbles. Bref...cela commençait bien. Le sentier est en fait quasiment au milieu du lit de la rivière heureusement en basses eaux en ce moment. Je vais alors faire du gymkhana entre les blocs pendant plus de 2 heures! C'est long et ce pourrait être interminable en cas de fatigue ou de mauvais temps. On se sent vraiment isolé et je me vois dans le film de Danny Boyle où le gars se coince puis se coupe le bras dans un canyon américain. 





Si je me bloque la jambe ici...je suis bon pour de longues heures d'attente. Je ne vais croiser personne de la descente. Quelques passages sont câblés mais tout passe car le rocher est sec. J'arrive dans une grosse grotte assez impressionnante puis le sentier continue dans le défilé. Je me prends pour un centurion spartiate au Thermopyles! Le sentier passe ensuite à flanc mais reste toujours très raide et vraiment usant pour les chaussures tant le rocher est coupant. J'arrive finalement à la maison du parc où plusieurs indications indiquent bien que le sentier est très difficile et réservé aux montagnards expérimentés. Vu d'en bas, pas sûr que je l'aurais tenté. C'est la meilleure partie de la journée, avec ses vues sur les falaises, son côté ludique et le plaisir de marcher dans le fond d'un canyon très sauvage. Il y a pas mal de faune dans le coin (ours, lynx, loups...rapaces) mais je ne verrai rien de la journée, trop occupé à observer mes pieds dans les rochers. Je rentre quasiment en footing à Seline par un sentier transversal qui évite la grande route. Environ 7 heures pour la boucle sans vraiment beaucoup s'arrêter, physique donc, mais je suis en pleine forme. Repos et confort bien mérité en soirée devant TV5 monde. Très bonne journée.



Le lien vers les ​​​​​​​​PHOTOS  du parc national de Paklenica.​

La 2nde vidéo: randonnée dans le parc de Paklenica

Un fort vent pour le circuit des deux gorges. Sauvage et exaltant!

PARC NATIONAL DES LACS DE PLITVICE

Jour 7:
Une journée de transfert. Je commence à bien connaître la gare routière de Zadar, le HUB local. En fait, il est peut-être possible de trouver de meilleures connexions en attendant les bus au bord de la route mais selon les horaires c'est un peu la cohue pour certains bus alors je préfère poireauter en ville en étant sûr d'avoir ma place. J'ai passé la matinée à Starigrad, visitant la petite boulangerie peu achalandée ce matin,  passant dans la petite galerie commerciale devant l'hôtel Alan à la recherche d'un office de tourisme que je trouverai fermé et finissant à faire les course au Konzum du coin. A part ça, il n'y a  rien à faire dans le coin. Même en été il y a moins de foule ici qu'ailleurs. C'est Antoine, un croate parlant français, qui est propriétaire dans le coin et que je croise à l'arrêt de bus qui me l'annonce. C'est un coin caché pour montagnards et en été...le touriste moyen préfère la plage, c'est un fait. Peut-être que les nuits à la discothèque l'Escape valent celles du Traouc (version 1995)  de Seignosse  mais là tout est très calme...si calme. Le bus sera encore rempli de jeunes, comme souvent depuis le début de mon séjour. C'est assez original de voir tous ces jeunes dans des bus publics qui font office de bus scolaire. Je vais attendre à la gare de Zadar sous un olivier  encore garni (il en reste mais plus pour longtemps...la cueillette est lancée) mon bus pour les lacs de Plitvice. La route est agréable, elle alterne les grandes et belles autoroutes et d'autres sections censées tester les amortisseurs du bus pourtant moderne et confortable. Nous montons un col pour franchir la longue chaîne qui borde la côte puis c'est un autre visage du pays que j'entrevois ici. Quelques villages aux immeubles décrépis, des mamies en pull de laine et fichus le long de la route, des grandes plaines cernées de montagnes  aux couleurs automnales et pas une seule vraie ville sur le parcours. Sur certains plans je vois une carte postale d'Ecosse, avec le rouge des arbres je me crois au Canada ou en Nouvelle Angleterre. En approchant du parc national, l'ambiance devient montagnarde avec le brouillard, la bruine et le froid vif à la sortie du bus à Mukinje, l'arrêt avant Plitvike Jezera.  Le contraste est saisissant entre la côte et ce coin. Je crains même d'avoir un peu froid, je n'avais pas prévu que c'était une station de ski ! Il y a un téléski dans un champ non loin, des tas d'appartements à louer comme partout dans ce que j'ai vu du pays d'ailleurs et quelques touristes du monde entier qui comme moi cherchent leur chambre. La mienne sera dans un appartement partagé avec un couple de brésiliens avec qui je vais causer un moment de surf, de bodyboard, de football et de tourisme bien sûr. Ici c'est du Airbnb à la chaîne, en fait ce site est devenu une agence de location ...loin du principe «  je vous loge chez moi, dans une pièce ». La patronne me sert son discours calibré et repart chez elle, l'étage en dessous. Il va falloir s'occuper pour la soirée car ici, à Mukinje, il n’y a rien hormis  des logements, un supermarché et un restaurant. Ce ne sera pas un grand cru pour ce qui est du partage avec les locaux...c'est comme ça...malgré tous mes efforts les Croates ne veulent vraiment pas de moi ! Me voilà condamné à errer dans les appartements avec moi-même.


Jour 8:

Il est conseillé de se lever assez tôt pour éviter les « hordes de touristes » (dixit le Lonely Planet)  visitant le parc. J'y serai vers 9h, après un petit parcours agréable en forêt, passant devant des hôtels et un restaurant qui semblent vraiment désaffectés. A l'accueil, il n'y a quasiment personne  et je me retrouve vite dans le bus quasi vide qui m'emmènera au bord du plus haut des lacs, de là où tous les autres se remplissent en fait. Il y ce week-end une promotion pour les familles : 25 kunas par personne et des menus à prix réduits dans les restaurants. Au départ la dame du guichet me demande 110 kunas, le prix normal puis elle se ravise, sentant bien que je me faisais un peu arnaqué dans ma situation de célibataire. Je ressors satisfait .


On me conseille le tour H, j'ai beau demandé le plus long (le K) je crois que le discours est quasi unique. Pour une journée, faites comme tout le monde, le H, avec de la randonnée, un transfert en bateau et du bus. Je verrai sur place. Le petit bus remonte une jolie route de laquelle on découvre déjà les premiers paysages sur les lacs. J'atteins en quelques minutes le terminus. On est à un peu plus de 600 mètres d'altitude. De là démarrent des sentiers, souvent des pontons en bois à la limite (parfois sous) l'eau qui est l'élément omniprésent dans le parc. Le contraste est parfait entre cet endroit et le parc de Paklenica , beaucoup plus aride. Le problème est qu'étant débarqué dans de petits groupes , on est quasi obligés de se suivre, de se doubler, car  les rythmes sont à peu près les mêmes. C'est très agréable, le sentier offre de belles vues sur la montagne rougeoyante, sur des cascades un peu partout, dessus, à côté, dessous. Puis les groupes d'asiatiques commencent à arriver. Equipés à la pointe de la technologie, les filles avancent à petit pas et prennent autant de paysages que de selfies. Cela commence à me gêner mais je ne sais pas encore ce qui m'attend. Sur la gauche part un parcours dans la forêt de près de 20 km, pour un second jour je suis sûr que ce doit être parfait et désert. Plus le temps passe et plus le monde arrive, j'ai beau essayé de pousser sur les pontons qui semblent peu fréquentés, je me retrouve vite avec quelqu'un devant moi. Pas mal de gens aussi posent leur matériel sur trépied pour faire de la haute photographie (franchement  je me demande si certains ne sont pas pipeau tant la lumière semblent mauvaise). Pas sûr que le bon photographe se retrouve au milieu des foules à se battre pour maintenir son boitier stable.  Les paysages avec toutes ces cascades tombant dans les lacs est vraiment très beau. J'arrive enfin à l'embarcadère du bateau où les gens commencent à faire la queue. Je vais choisir la version dure, en longeant le lac par un sentier de près de 5 km. Pas toujours simple, boueux, inondé, il est par contre très calme et panoramique sur le lac où circulent les bateaux dont j'entends les bruits de la berge : cris d'enfants, brouhaha...alors que j'ai les oiseaux pour moi. Je mesure alors ma chance, les observant allongé dans la mousse, le ventre nu au soleil. Je ne vais pas croiser ici  plus  de 10 personnes. La forêt traversée est très agréable. 



Un peu avant le terminus des bateaux, on doit escalader un petit monticule pour éviter le sentier inondé. De l'autre côté je vois des familles peu équipées qui se lancent sur le chemin, j'essaye d'en dissuader un gars qui porte son enfant sur son porte -bébé...Il n'en a que faire. Arrivé au terminus, c'est le choc. On dirait le coin repas du Hellfest à 13h : des tables remplies de touristes, des queues partout en particulier pour les bateaux , celle-ci faisant bien plus de 100 mètres , tassée et remontant jusqu'au sentier. J'en rigole et veux fuir cet endroit au plus vite. Malheureusement le chemin pour atteindre les lacs inférieurs, et la grande cascade, est une suite ininterrompue de touristes. On y voit de tout, tous les gabarits, tous les âges, tous les styles. Je prends sur moi pour continuer car le paysage est vraiment superbe, les pontons circulant au fil de l’eau, au milieu des roseaux, dans des sentiers sous la roche. L'eau est très claire, verte et on voit un tas de poissons bien tranquilles. On peut remonter dans une grotte, une doline pour atteindre un sentier en hauteur qui surplombe le site et en donne une vision aussi intéressante. 

Je commence à voir la grande cascade, impressionnante, que je vais rejoindre ensuite. Difficile de ne pas voir tous les gens qui posent en permanence devant le site au lieu de le regarder, comme si le touriste de base voulait se voir, encore en encore, tournant le dos à tout ce qu'il est important de voir. Instructif. D'abord je trouve ça ridicule...puis je me corrige. Je me souviens de Platon dans « La République » suggérant que ceux qui trouvent ridicules ce qui n'est pas foncièrement mauvais sont des êtres superficiels. Est-ce bon ou mauvais, un selfie continu ? Un peu tôt pour le dire. Je pense qu'on y perdra plus au change. De là part un escalier raide d'où débute un sentier panoramique qui amène au terminus des bateaux. Il n'y a quasiment personne et c'est un plaisir. Des tas de promontoires permettent de superbes vues sur le site. Je m'amuse à voir les gens tassés en bas alors que je suis quasiment seul là haut. C'est un peu pareil en tout, dès qu'on s’élève, il n'y a plus grand monde. La masse s'écoule dans les creux. Alors que le sentier n'est pas dur, c'est juste que tout le monde suit le même parcours conseillé par les vendeurs de ticket. Je vais finir par longer l'autre rive du grand lac où circulent les bateaux par un sentier bien plus court et simple que celui de l'autre rive pour arriver à l'entrée 2 du site vers 15 h30 soit 6h30 de balade dans le parc. 




​Il y ici un café, des bancs, des canards tranquilles mais rien pour rester .Je vais rentrer en remontant avec les familles vers les parkings et le restaurant vide ce matin maintenant complètement plein. De retour à Mukinje, je me promène un peu et vais voir l'unique téléski de la station. C'est vrai qu'ici il y a une agréable atmosphère de station de montagne même s'il n'y a rien à voir. Au final la journée est mitigée...Paysages superbes certes, avec de magnifiques couleurs (me rappelant celles du Lake District en automne), un circuit ludique...mais vraiment trop de monde et un vrai cirque touristique. C'est un peu de ma faute : on est samedi et c'est un week-end spécial famille. Lundi aurait été mieux pour sûr.
Je passe la soirée à regarder la demi-finale Nouvelle Zélande- Afrique du Sud et m'occuper de la suite du séjour....Comment faisait-on avant sans Wifi ? Car là, tout seul dès 16h, j'admets que le temps pourrait paraître bien long. C'est déjà un des premiers reproches du séjour : je suis bien loin des ambiances de partage de mes habituels voyages. Ici je suis seul et en mode touriste, je ne partage rien avec les locaux et c'est bien dommage. J’ai l'impression de parcourir le pays , ces sites sans comprendre le pays de l'intérieur. Cela reste superficiel et décevant. D'autant que je ne ressens pas ici de poésie et de magie dans l'atmosphère, ce n'est pas vraiment inspirant pour l'esprit. Confortable et agréable , joli mais peu créatif au niveau des impressions.



Le lien vers les ​​​​​​​​PHOTOS  du parc de Plitvice.​

La 3ème vidéo: le parc de Plitvice

Promenade entre les cascades, parfois seul, parfois entouré de hordes de touristes.

SPLIT

Jour 9:

Avec le passage à l'heure d'hiver je me retrouve frais à l'ouverture du supermarché à 8h où c'est le rush, toutes les familles et les touristes conscients du monde qui va arriver se dépêchent de faire les courses pour visiter le parc. Sinon le reste du village est très calme et l'air frais rappelle que nous sommes bien en « montagne ».  A l'arrêt de bus, je rejoins 5 chinoises avec leurs énormes valises. Un taxi qui passe essaye au bluff de leur faire croire qu'il n'y a pas de bus ...classique...il attend, essaye ensuite avec moi, mais à l'heure des smartphones , l'arnaque est plus difficile. Quelques minutes après un bus à moitié vide et confortable nous prendra pour Zadar et Split. Je ne suis pas forcément content de repasser par Zadar, cela rallonge mais je n'ai pas le choix, le bus passant au centre du pays est un peu trop tard.  Il me reste 6h 20 de bus pour une journée sans intérêt. 





​Le bus s'arrête à Korenica pour 25 minutes...J'hésite à descendre mais j'ai aperçu en venant un petit enclos avec des chèvres. En fait derrière un restaurant routier il y a un petit zoo gratuit avec deux beaux ours, des cervidés, des poneys et des sangliers. Pas vraiment un endroit de rêve pour ces animaux: pas d'ombre, et sûrement beaucoup d'irrégularité dans la gestion. C'est bien triste.  Le patron du restaurant doit s'en servir pour attirer les bus et les clients.  Il me reste ensuite ma lecture de Somerset Maugham, quelque part à Hong Kong, les beaux paysages de la route de montagne qui monte puis descend vers Zadar et enfin le plaisir ( ironique) de découvrir par la route côtière tous les sites qui combleront ma deuxième semaine (Sibenik, Beograd, Vodice, Primosten , Trogir).J'essaye de ne pas trop regarder pour garder le plaisir de la découverte. J'arrive à Split en fin d'après-midi et me repère très facilement dans la vieille ville près de la gare des bus. De gros bateaux sont à quais, j'aperçois le front de mer luxueux (la Riva) et le Palais du Dioclétien. Je vais passer ici 3 jours, la première impression est bonne. Mon appartement rue Radunica est charmant au bout d'une petite ruelle du vieux Split. L'accueil de Pera la patronne est très chaleureux. Les enfants jouent dehors, il y du bruit et de la vie dans les rues et je laisse les fenêtres ouvertes pour en profiter. Demi -finale Australie -Argentine de la coupe du monde du rugby avant de partir faire un tour en ville.


L'ambiance de mon quartier est vraiment agréable, je me crois facilement dans l'Alfama à Lisbonne avec les fils à linge tendus entre les maisons et la température, si douce pour une fin octobre.
Je redescends la rue Radunica, déserte et calme pour atteindre par la Porte d'Argent le Palais de Dioclétien, vestiges romain de renom , véritable cœur de la ville. Et là c'est le choc. Je n'ai pas vécu cela depuis Istanbul. D'entrée je suis happé par ces pierres éclairées, par cette enceinte au milieu de laquelle un tas de ruelles permettent au passant de se perdre. Il y a aussi ici un côté souk . C'est si calme un dimanche soir, un vendeur vends encore quelques oranges sur la place du marché, étals vide. L'odeur est agréable, elle est due aux nombreux stands de vendeurs de lavande. Tout ici est très net et propre. Je vais errer sans carte, d'un pas léger, dans ce dédale à la superficie réduite mais quel endroit ! Je ferai une visite plus culturelle demain, ce soir, place à l'atmosphère. Non loin la rue commerçante est un petit cours de l'intendance bordelais, propre, nickel avec de beaux magasins. Enfin la promenade, la Riva, s'offre à moi. Ce pourrait juste être un front de mer chic comme il y en a tant en méditerranée mais si l'on observe au dessus des bars et des restaurants , on peut voir de la pierre, des sculptures , des balcons qui apportent un cachet historique certain. Je vais aimer Split, je l'aime déjà. Une agréable surprise.

Jour 10:
Quelle journée ! L'une de celle pour lesquelles toutes les heures moyennes s'effacent  devant le temps de la jubilation et du bonheur. Tout commença dès le réveil lorsque Pera la propriétaire m'attrape vers 8h 30 alors que je partais faire les course pour mon petit déjeuner. Elle insista pour m'offrir un café (turkisher) chez elle. Elle ira aussi en ville me chercher ma Split Card , offrant des réductions sur les musées...après m'avoir passé sa fille au téléphone pour les explications en anglais... « Allez acheter vos croissants et montez donc! »Voilà le message , même si son anglais est plus qu'approximatif. Bizarrement j'ai plus partagé avec cette dame sans l'usage d'une langue commune qu'avec tous les anglophones depuis le début.  Elle me donne ma carte...et une orange. C'est d'abord un plaisir de redescendre la rue Radunica pour atteindre de très bonnes boulangeries et surtout le marché aux fruits et légumes juste à côté. Le spectacle est réjouissant avec tous ces étals remplis de victuailles, de champignons, de figues séchées, de mandarines...J'ai envie de tout goûter. Pour un petit déjeuner les mandarines à 5 kunas (0,7 euros)  seront un vrai bon choix à un prix que l'on ne connait pas en France.



 A moi la vitamine C pour une cure de quelques jours. Je me retrouve dans la pièce au dessus de mon appartement, toutes fenêtres ouvertes tant le temps est au beau et chaud, à tremper mes petits beurres dans ce café très typé et corsé. Le mari, peu causant lit le journal devant la télévision. Quand il parlera je ne saurai jamais s'il est content ou en colère. C'est un peu souvent mon indécision d'ailleurs quand j'entends les croates parler dans la rue. Au mur quelques papyrus égyptiens. « Vous y êtes allée ? » Non mais mon fils qui a votre âge ….Elle me propose ensuite de me déposer à Salona, près de Solin, à quelques kilomètres de la ville car elle se rend avec son mari à Kastela, une succession de villages un peu plus loin sur la route de Trogir. C'est une bonne chose car je souhaitais m'y rendre...J'accepte forcément. Sortir la voiture sera déjà une aventure. Dans ces ruelles du vieux Split les carrosseries s'alignent  et bouchent les sorties. Alors il faut attendre, klaxonner, faire ronfler le moteur, sonner au porte, appeler les voisines....jusqu'à ce que la fautive descende reculer sa vieille caisse un peu plus loin. 


Tout ça est déjà bien pittoresque pour moi. Kastela étant un lieu de visite possible pour moi, j'hésite et leur demande de m'y laisser, je me débrouillerai ensuite pour rejoindre Salona. Mais comme on se comprend très mal, ils me laisseront à l'entrée du site archéologique de Salona alors que je leur demandais seulement ….pour un futur proche. On ne s'est pas compris mais le gars étant peu commode, je n'ai pas voulu lui demander de repartir avec moi. Tant pis pour Kastela.  La visite de l'ancienne capitale de la province romaine de Dalmatie est un must. Il ne faut pas se fier aux voies rapides qui bordent le site ni aux usines un peu plus loin, une fois dedans on est vraiment transportés à l'époque romaine. C'est d'ailleurs le plus grand site archéologique du pays en taille (un rectangle d'environ 1km sur 500m) et par sa préservation. Entré par la voie rapide je baisse un peu les yeux pour arriver à l'entrée principale où un petit musée est installé. 

Pas forcément un bon choix car là on voit des panneaux demandant 30 kunas pour le site et le musée archéologique de Split. Mais personne ne va rien me demander. Je commence par la visite de Manastirine, un cimetière pour les premiers chrétiens persécutés. Le nom est assez évocateur...ne serait-ce pas Minas Tirith chez Tolkien. J'ai lu que cette cité serait selon l'auteur à la même latitude que Florence, la Terre du Milieu étant un « passé imaginaire » de la Terre ...mais Split est aussi sur cette latitude ! Et puis il y a au pied de la belle bâtisse du musée une allée bordée de colonnes avec au fond une table en pierre et ses tabouret autour qui semble tout droit sortir du film de Peter Jackson ! Epatant ! Je vais chercher plus loin dans la ville moderne les gradins, que je vais trouver mais qui seront fermés aux visiteurs. Retour sur le site par le site du Forum, aujourd'hui rempli de champs d'oliviers. J'y croise les locaux à la cueillette ...Une ambiance champêtre à deux pas de la voie rapide. De retour sur le site je vais visiter les ruines des thermes

Grace aux panneaux, aux plans et aux reconstitutions on imagine vraiment bien la structure originelle : l'entrée, les salles pour se changer et la piscine semi-circulaire (frigidarium). Un peu au sud se dressent (au ras du sol, n'exagérons rien) les ruines d'anciennes bâtisses, des locaux des artisans, un petit aqueduc et surtout la porte de César, particulièrement émouvante avec les travées bien visibles entres les pierres où les roues passaient, et l'entrée des piétons juste à côté. Et puis il y a le théâtre juste au bord de la voie rapide qui pouvait recevoir 3500 personnes et enfin l'amphithéâtre de 17000 places. Bien sûr on est loin des structures initiales mais il y a assez de pierres empilées pour s'imaginer l'ensemble. C'est la première fois que je rentre dans une arène, en prenant l'entrée des gladiateurs qui se battirent ici avec les bêtes sauvage jusqu'au 5 ou 6ème siècle. Je me promène là où la terreur, la cruauté était présente il y a 1500 ans ! Emouvante visite. Aujourd'hui certaines maisons ont leurs balcons donnant sur l'arène. Comment les romains auraient imaginé le site en 2015 ? Quel choc auraient-ils, transférés face aux buildings au loin de la ville de Split ? Pendant mes réflexions un vieux monsieur garde des chèvres à 10 mètres de là et un jeune du coin fait un tour de l'amphithéâtre avec son petit chien, le dressant à franchir les obstacles. Le petit chien arrive à grimper à plus de 2 mètres, après plusieurs essais, en faisant quasiment des sauts périlleux arrière quand il rate ….incroyable ! Les jeux du Cirque ? Au loin se dessine la silhouette du château de Klis, que j'aimerais bien rejoindre mais je crains ne pas trouver de bus, il faudra se renseigner à l'office du tourisme. Je me fais déposer en ville par le bus local. Le luxe est de pouvoir rentrer tranquillement dans son appartement pour déjeuner. Au marché je pense acheter des tomates...je crois que ce sont en fait des kakis. Qu'importe elles iront dans le sandwich !


Le lien vers les ​​​​​​PHOTOS  de Salona.








Après une longue pause je repars vers 16H explorer la ville et le palais de Dioclétien. Profitant de ma carte et de ses musées gratuits je commence par le musée d'histoire naturelle, tout près de mon appartement.J'en ai vu un paquet...et bien je crois que celui-là est le pire. Le bâtiment, d'abord, n'a rien de bien glamour, l'entrée ressemble plus à celle d'un bar à hôtesse d'ailleurs. Dedans une pauvre dame doit s'ennuyer à mourir vu le passage. Je suis tout seul...peut -être de la journée. Il faut dire que tout le monde n'est pas intéressé par la collection de coléoptères d'un illustre savant de Split (1ère exhibition). En sous-sol j'observe les insectes épinglés et admire les décors (papier kraft plié et chauves -souris en carton). Incroyable la patience de ces savants car franchement il y a des centaines d'insectes faisant parfois 1 ou 2 mm de long , qu'il faut nommer et classer. Un travail de dingue. L'autre exposition traite de la migration lessespsienne...vous savez...les espèces de la mer Rouge qui ont fait leur valises pour les côtes de la Méditerranée. Assez intéressant, à base de panneaux. Un seul animal dans la pièce un peu vieillotte : un fugu....enfin c'est le nom commun de ce poisson secrétant la tétrodotoxine...mortelle. Enfin à l'étage des vitrines poussiéreuses, un néon qui clignote et fait du bruit et les classiques coquillages, moules géantes, nautiles...mais cela sent le mort tout ça. Pas très gai, à rendre morose un jeune écolier aimant la nature. Bref...un musée du dernier rang.






Enfin la fin de journée....un second MUST avec une partie de la visite du Palais de Dioclétien. C'est je me répète un régal d'errer dans et autour de cet endroit. D'après le Lonely Planet, Split est une des cités les plus délicieuses d'Europe, je confirme ! Chaque pas est une découverte, j’avance, je recule, je me retourne, je repasse parfois plusieurs fois au même endroit devant les locaux qui doivent être blasés de ces touristes qui passent et repassent. Tout me plait. Avec les lumières l'ensemble est vraiment féérique. Je ne peux tout dire...Commençons par la partie sud avec tous les marchés de souvenirs un peu cheap, et aussi le côté authentique avec toutes ces mamies et ces papis qui ferment ou tiennent leurs étals alors que la nuit tombe. Au nord du site : la statue imposant e de Nin, dont le gros orteil est frotté par les passants....et pas que les touristes, étonnant. Celui qui le frotte reviendra à Split dit la légende. 



Il faudra que je m'y colle ...même si j'ai souvent horreur de ces manies. Et non je n'ai pas touché les parties masculines du taureau de Wall Street. La place juste à côté m'occupera beaucoup à jouer avec mon appareil en mode nuit : joli fontaines, jeunes faisant du skate, jeunes filles posant devant la fontaine ou est-ce devant les jeunes ? J'aime aussi les boutiques du palais. Autant souvent je trouve tout de mauvais goût autant là c'est l'inverse : boutiques de créateurs, petits disquaires, artisanat, galerie d'art, vendeurs de tissus, petits coiffeurs pour hommes essuyant les quelques restes capillaires des pépés venus pour discuter et se rafraichir les idées autant que la coupe. J'aime les bars et les restaurants. Tout cela me rappelle tant Istanbul. C'est vibrant, enfumés mais les odeurs de lavande en font un mélange finalement agréable, et enthousiasmant. Ici on ne reste pas chez soi le soir, quand on a ça sous la main...on sort ! Je regrette vraiment d'être seul et ne pas être introduit par un ou une locale. Il y a des places secrètes un peu partout, des palais, des églises, des terminus et tant de vie. Un marché aux poissons aussi et des rues toujours si nettes. A l'alliance française, c'est soir de réunion. Je visite une petite annexe du musée de la ville où une exposition sur la 2nde guerre mondiale est présentée. La « gardienne » est charmante en tenu d'infirmière de la croix rouge. Il y a une ambiance chic, loin de l'underground berlinois, il y l'histoire sans le cirque autour ...ce que Prague n'a pas su maintenir. Split suivra peut-être le même sort...mais pour l’instant, je mets 5/5 et je suis difficile. Au bout d'un moment, je commence à fatiguer et décide de rentrer. De toute façon je vais rester un jour de plus ici. La rallonge est nécessaire. J'ai encore tant à faire. Et dire que l'enceinte du Palais fait à peine 200 mètres de côté! GRANDE JOURNEE.

Jour 11:
Le même genre de journée que hier, un petit ton en dessous. Ce  matin, après avoir glissé un petit mot pour Péra afin de lui signaler que je souhaitais rester une nuit de plus dans son chaleureux appartement, je me retrouve à attendre et attendre encore le bus 22 pour Klis. C'est la forteresse aperçue depuis Salona que je voulais absolument voir. Je vais être un peu déçu. D'abord je vais perdre toute la matinée dans les transports pour aller et venir dans ce petit village à 10 km de la ville. Marrant comme le premier bus est rempli de mamies et de papis et comme celui du retour le sera  de scolaires. Chacun son rythme. Ensuite, il faut dire que le lieu n'est pas plus spectaculaire que le donjon de Gavaudun, Beynac, ou Bonaguil, bref, j'ai mieux à la maison. Le site est célèbre ici pour avoir servi de lieu de tournage pour la série Games of Thrones, ce qui n'est rien pour moi. Il y a bien une petite exposition où sur quelques photos on voit le tournage mais bon, c'est bien léger. Je m'attendais aussi à un site plus isolé. 

Certes la vue est très belle sur Split et les collines, sur les îles au large de Split mais la forteresse est vraiment proche du village et de là-haut la vue plonge aussi sur le parking du bus et sur le terrain de foot. Moyen. Et puis je suis gêné par les travaux de rénovation : il y a des sacs de ciment partout, des ouvriers peu discrets, des passerelles à brouettes, des tas de pierre...Cela fait un peu sale. Une petite exposition montre quelques armes et tenues anciennes et explique comment la forteresse, mentionnée pour la première fois dès le Xème siècle a affronté la barbarie des mongols, des ottomans et des vénitiens. Dur à imaginer en regardant l'autoroute non loin, mais c'était bien un lieu de souffrances, un de plus. De la dernière tour arborant le drapeau croate je vois le bus arriver ce qui me pousse à une retraite hâtive car je ne me vois pas attendre sereinement 1h30 le prochain dans ce village.  Bref...juste sympa mais cela ne valait pas les efforts. 

Je profite encore de ma situation centrale pour manger à l’appartement, me reposer un peu avant de repartir. Je monte voir Péra pour lui régler ma nuit. Son mari dort sur le canapé, il doit être 16h. Elle cuisine et me propose de goûter, des tripes qu'elle vient de faire mijoter. Je refuse poliment car ce n'est pas l'heure...mais je n'échapperai pas au verre de vin. On parle et parle mais je suis sûr qu'elle ne comprend presque rien en anglais. Je vais passer un peu de temps à la plage de Bacvice, non loin de là, pour observer une belle tranche de vie locale. C'est assez remarquable de partir du centre-ville et de se retrouver sur le sable en si peu de temps. La plage forme une anse et est bordée de restaurants et d'un petit front de mer. C'est familial et peu clinquant, du moins en cette saison car je remarque quelques bars branchés dans le coin. Les gens se baignent, un 27 octobre, dans une eau limpide (pavillon bleu), d'autres jouent au picigin, ce jeu de tennis à la main façon Dalmatie. 

C'est très sympa, cela me rappelle un peu les plages de Royan, du moins les plus petites. Les enfants s'amusent sur des trampolines, les dames discutent ensemble et un peu plus loin les hommes jouent aux échecs et forment un groupe dense sur quelques mètres carrés. Je me souviens d'un reportage sur Trieste, plus au nord, où il y a une séparation entre la plage des hommes et celle des femmes. Je retrouve ici cet esprit, peut-être propre à l'Adriatique. D'autres font du footing, d'autres pêchent, d'autres font de la musculation sur des ateliers en plein air. Les gens ont l'air heureux. Je remonte ensuite vers le port pour arriver dans un petit parc, dérangeant deux jeunes filles en train de grapher un promontoire. La vue est superbe sur les îles et les montagnes au loin. Je repars ensuite pour la vieille ville pour encore découvrir de nouvelles ruelles dans ce labyrinthe incroyable. Je visite le mausolée du Dioclétien ...devenu la cathédrale St Domnius. Petit mais richement décoré et très agréable. 


Je vais passer un moment dans le quartier de Veli Varos , à l'ouest de la place de la république, petite place du Capitole ouverte sur un côté, vide au milieu et avec quelques restaurants autour. Le quartier est pittoresque avec ces rues en pente et ses maisons en pierre. Cela semble plus local et moins touristique que mon quartier qui regroupe un tas d'appartements à louer. Et toujours en ville ces boutiques si charmantes qu'on les prendrait presque en photo : le coiffeur étale la mousse sur la barbe d'un client, le serrurier est affairé, les marrons cuisent au coin de la rue, mais les glaces ont encore du succès malgré la nuit tombée. Je découvre des cafés vraiment perdus dans des ruelles sombres où il doit être flippant d'habiter quand il s'agit de rentrer la nuit car certaines sont des culs de sacs, d'autres font un mètre de large, sans exagérer. Je me perds et tombe là sur le temple de Jupiter, là sur une tour et une horloge, là sur une statue, là sur une cour... C'est tellement riche en coin et recoins qu'on peut y marcher jusqu'à épuisement. D'ailleurs je fatigue, la journée n'était pas forcément très physique mais je suis aussi en vacances...et de toute façon, la nuit, tout seul, marcher devient vite de l'errance quand tout le monde est à table et partage. Les prix ne sont pas donnés je trouve et je n'ai pas vu de menus comme chez nous. Une dernière exposition sur un ermitage de l'île de Brac, dans une galerie donnant sur le Péristyle (la cour d'entrée du palais impérial) et puis je rentre. Tant pis pour le musée de la ville qui ouvre en nocturne. Il faut de l'énergie pour les musées et je n'en ai plus. Je retrouve le confort de mon chez-moi avec plaisir...Il est temps de cuisiner la pasta ! Soirée cinéma (merci le wifi).. « Les profs 2 »...très, très léger.

Jour 12:

Encore une bien belle journée à Split. Mon premier souhait est de visiter le marché aux poissons, à l'heure de pointe. C'est un bien bel endroit, le long de la rue piétonne Marmontova, avec sa halle et ses étals dehors sous un toit. L'ensemble est original car la présence de sources thermales sulfurisées empêche la prolifération de mouches dans le coin. L'ambiance est celle que l'on imagine pour un marché méditerranéen. Cela parle fort et l'aspect des poissons est un peu différent de ceux des marchés d'Aquitaine auxquels je suis habitué. Beaucoup de  sardines, de moules, de seiches, de poulpes, mais aussi un tas de poissons de roches aux noms inconnus. Un vrai spectacle pour les yeux .Dommage que je n'aie de quoi cuisiner car les prix sont vraiment peu élevés. Je rejoins ensuite le musée ethnographique, au cœur du palace, sans en attendre grand-chose. Ce sera une très bonne surprise. Le bâtiment d'abord est à lui seul intéressant, situé à l'endroit des habitations de l'empereur Dioclétien. Tout est beau et bien agencé, il y a un tas de recoins, de passages, une terrasse offrant une belle vue sur la façade sud du palais, et même dans la cour un accès au vestibule, sorte de tour ouverte à son sommet d'où l'on profite d'une vue imprenable sur le péristyle,  la cathédrale, les bases du palais (que l'on visite) et les environs de la ville. Les collections aussi sont intéressantes ; beaucoup d'habits traditionnels qui me rappellent qu'à ces époques les gens avaient le temps de faire de belles choses sans forcément avoir beaucoup d'argent. Aujourd'hui tout cela me semble de la haute couture. Il y aussi des reconstitutions de chambres, de bureaux,  une salle sur la dentelle, une autre sur les bijoux...J'y passe un agréable moment d'autant que par les fenêtres j'entends les chanteurs de rues entonnant des chants dalmatiens traditionnels, ce qui apporte beaucoup à l'ambiance sonore du lieu.

Je passe ensuite l'après-midi sur la colline de Marjan, qui surplombe la ville. On la rejoint facilement en suivant le front de mer puis en empruntant un escalier très agréable, au calme, au milieu de belles maisons avec vues. En quelques minutes on échappe de la  toute relative cohue de la ville. Le premier point de vue  vaut déjà la petite balade, puis on passe devant l'église de St Nicolas. De nombreuses églises et ermitages, maisons troglodytes se sont installées dans ces endroits au fil des siècles. La vue est propre à la méditation c'est certain. Un peu plus loin j'arrive au Zoo. Je pense qu'il est désaffecté, je savais qu'il avait très mauvaise réputation (l'un des pires du monde!)  et qu'ils avaient du le fermer. J'observe les bâtiments décrépi de l'ancien musée des sciences...tout semble à l'abandon et il n'y a aucun bruit. Puis en observant à travers les grilles j'aperçois des canards...je me dis qu'ils n'ont pas encore relogé tous les animaux...puis je me rends compte qu'il y a un guichet et une entrée ! Les animaux au dehors font plus de bruit que ceux à l'intérieur qui doivent mourir d'ennui. Déprimant et aucun visiteurs en vue. Bien triste histoire, choquante.
J'arrive ensuite au sommet de la colline de Marjan où une grande plateforme permet d'avoir une vue à 360° vraiment magnifique. Je poursuis par des sentiers totalement déserts, au milieu des bolets jusqu'à atteindre une autre église (Lady of Bethlehem) et le troisième point de vue du haut de la falaise. Sur celle-ci je visite un bien bel endroit avec l'église de St Jérôme et deux ermitages accrochés à la falaise dans le coin. Vraiment un bel endroit, au milieu des herbes odorantes, des figuiers de barbarie et avec une vue imprenable. Encore une fois, je ne sais pourquoi, je retrouve des ambiances du film « le Seigneur des anneaux », dans la cité des elfes. Je continu au milieu de rares joggeurs et cyclistes, vers la pointe de la presqu'île pour rejoindre un institut océanographique posé au bord de la mer. Bel endroit pour étudier.  Je longe ensuite la partie sud vers la baie Kasjuni, bordée de belles maisons et où quelques locaux se baignent. Je rentre enfin longeant le Musée du sculpteur Mestrovic, le musée d'archéologie que je ne décide pas de visiter.  Au plus près de la marine je visite le parc Sustipan, bel endroit, promontoire agréable, où les mariés se font prendre en photo, où d'autres s'entrainent à marcher sur des rubans tendus entre les arbres. Il y a aussi des ruines d'une ancienne basilique bénédictine et une petite église en pierre charmante.



Un peu plus loin en ville, devant la place de la République je découvre un petit cloître charmant dans l'église Sv.Frane où quelques croyants prient dans un silence total.
Il me reste assez de temps et d'énergie pour un dernier musée : celui de la ville de Split, dans l'enceinte du palace. Situé dans une très belle demeure il sera aussi très agréable. On y apprend beaucoup sur l'empereur Dioclétien, sur le rôle de la musique dans la culture de Split. Je remarque ces vieilles gravures du 18ème siècle où l'on voit le Péristyle avec ses habitants de l'époque, au milieu des colonnes et des arches. Souvent dans les musées je me mets à rêver de ces endroits qui me paraissent magique et imaginaires. Pourtant ici le site existe toujours, ces sites antiques, ces ruines si souvent représentées ont parfois un support réel. Cela changera ma perception future dans les musées, c'est certain. Je remarque aussi un très beau plafond, des armes, des maquettes ...Le musée est calme, il y a de la musique et c'est un plaisir d'y déambuler. Ma journée est terminée, je vais passer du temps ce soir à réfléchir sur la suite de mon programme. Nuit à Trogir ou pas. Je suis trop bien ici, la patronne Péra m'a offert du thé, des anchois, des raisons ce soir...je vais rester. Trogir n'est qu'à 30 minutes....cela fera une petite escapade pour demain. Soirée cinéma « La famille Bélier »... Très émouvant dans la solitude de ma chambre.

Le lien vers les ​​​​​​​​PHOTOS  de Split.






La 4ème vidéo: Salona et Split

TROGIR

Jour 13:
 
Aujourd'hui je sors le parapluie...mais comme je n'en ai pas...c'est Pera la patronne qui me le propose gentiment avant que je parte en fin de matinée pour Trogir, à une petite demi-heure de Split. Ce ne sera pas une grande journée. Trogir est une petite cité sur une petite île, classée par l'Unesco depuis 1997 et un immanquable dans le coin. C'est tout petit mais riche en monuments, en ruelles et en passages étroits. Mais sous la pluie, sous l’orage, ce n'est pas un régal. Comme dans le vieux Split, je trouve que ces lieux sont plus photogéniques la nuit avec l'éclairage. Mais on me dira «  la nuit tout est fermé ». Je répondrai... « Le jour aussi... » ? Sûrement une histoire de saison mais à part la cathédrale, ouverte pour 25 kunas, je vais pousser sur des portes closes. Les petites églises ici et là, la forteresse, la tour St Marc, le couvent Dominicain...etc...


Tout est bien beau mais vu de l'extérieur sous un parapluie on ne voit que ses pieds....Je trouve bien un abri au bord de la promenade, face aux bateaux mais il se remplit vite de petits chinois avec imperméables. Quelques groupes visitent la ville, peu d'indépendants par contre. Les restaurateurs essayent de remplir leurs salles vides...je choisis une pizzeria au hasard et attend que cela passe. La ville est certes jolie mais on dirait que tout est à louer ou à vendre ici. Il manque cette magie que l'on retrouve à Split. Les rues ne sont pas finalement plus belles que celles du Vieux Périgueux. Et puis trop de boutiques qui me semblent moins attirantes qu'à Split, des marchands de glace, des panneaux « appartement » tous les 2 mètres. On imagine le monde en pleine saison. Un petit tour sur l'île au sud de la ville (marinas et belle vue sur la vieille ville), un autre pour voir 5 jeunes braver la pluie pour s'entraîner sur le terrain de football bizarrement implanté au bout de la cité classée, au pied de la forteresse, puis je décide de rentrer. Pas vraiment une étape marquante pour moi, et dire que j'ai failli y dormir. En 3 heures, c'était suffisant. Mais bon, l'impression dépend fortement du climat et ce jour il fut catastrophique. Je rentre me mettre au chaud en profitant au passage de mon dernier passage sur la Riva ou devant le Péristyle. Ce soir, il y aura de lapin au programme, celui que m' a posé Radmila, une dame de couchsurfing, pour laquelle je n'avais jamais vraiment eu confiance qui me laisse tomber la veille de mon séjour. J'apprécie ! Je vais passer une bonne partie de la soirée à essayer de trouver un endroit, essuyant les refus. Perte de temps, perte d'argent (80 euros), je vais quand même trouver un appartement le lendemain au réveil. Pour faire passer la pilule... « Retour vers le futur 3 »...j'avais besoin d'une valeur sûre ce soir.

Le lien vers les ​​​​​​PHOTOS  de Trogir.






SIBENIK

Jour 14:

Quel plaisir que ce séjour chez Pera ! Elle me dit au revoir ce matin en m'offrant même une bouteille de liqueur de cerise que je peste de ne pouvoir emmener dans l'avion. Cela sera ma seule rencontre véritable avec les locaux  du séjour. Un bien maigre constat si l'on compare avec mes voyages habituels...les Croates n'ont pas voulu de moi ! De mon bus confortable je dis au revoir à cette belle cité de Split, observant les vendeuses de fleur, les dernières vues sur le palais jusqu'au dernier regard. Split fait partie des villes où je pars en me retournant. Arrivé à Šibenik, je retrouve Brigita qui détient la sandwicherie de la plateforme 5, pratique pour accueillir les touristes. L'appartement est tout près, à côté d'un marché aux fruits et aux légumes. L’accueil est chaleureux, il fait beau...je vais me plaire ici.







La visite de la vieille ville de Šibenik sera très intéressante. En comparaison avec Trogir je trouve qu’ici, avec l'espace disponible, on ressent moins la concentration de commerces, de marchands de glace. De plus la vue est bien plus belle depuis les hauteurs, nombreuses, vers les îles au loin. C'est un peu du même type quand même avec de la pierre et encore de la pierre, mais alors que Trogir est tout plat, ici, cela monte, cela descend, on se perd plus facilement et c'est donc plus ludique, plus varié aussi. En une bonne grosse après-midi je vais pouvoir visiter (au moins voir) tous les sites de la vieille-ville sans m'ennuyer un instant. Au programme : 16 églises, 1 cathédrale, 4 palais, 1 monastère...Certes la plupart sont fermés mais quand même...un régal pour les yeux. Niveau entrées payantes je vais visiter la forteresse St Michel, rénovée en salle de spectacle en plein air. La vue est certes très belle mais payer 3 parts de pizzas et demi pour aller voir des gradins, marcher sur la promenade et visiter des sous-sols bien trop modernes me semble un peu cher. A côté de ce site je passe pas mal de temps dans le cimetière Ste Anne où les religieuses prient et où, toussaint oblige, les tombes se fleurissent. Et toujours ces photos en noir et blanc qui nous font prendre conscience de la finitude de la vie. Cela ne peut nous laisser indifférent, ces visages qui ne sont plus. L'entrée de la Cathédrale St Jacques  sera payante, 1part et demi de pizza. C'est LE monument classé à l'Unesco. Mais bon, je ne vais pas y trouver grande émotion. C'est austère, froid, et pas si grand que ça. Il reste une technique de construction unique (pierres  sans briques et support de bois, la plus grande du monde dans ce cas)  mais bon... Je vais monter  à la forteresse St Jean, qui surplombe celle de St Michel. 

On y monte par quelques escaliers et rues pentues en quelques minutes. Là haut c'est déjà la nature, les gens promènent leurs chiens et les grands-mères se promènent elles-mêmes. C'est dans son jus, non sécurisé et l'on visite à ses risques et péril (panneau!). Il faut éviter de tomber dans la citerne, de glisser du mur mais sinon ce n'est pas de l'aventure.

C'est un coin parfois sale, intéressant pour la vue uniquement. Je retiendrai ensuite le quartier de Dolac, lieu de vie des pêcheurs (il y en a encore) avec ses ruelles entrelacées, la promenade du front de mer, agréable (quel beau cadre sous un tel soleil) . Le petit jardin médiéval, médicinal et odorant, au dessus de l'église St Laurence est un régal, où je me repose dans le calme. La nuit tombe, et cela devient, comme prévu, encore plus beau et intéressant. Les chats s'agitent, les vieux sortent pour les messes. Les églises fermées s'entrouvrent, et je jette un regard et mes oreilles sur ces mamies qui récitent leurs litanies, toutes courbées. Rites d'un autre âge vue la moyenne d'âge. La place de la République est superbe avec ses arcades, les enfants y jouent au football et qu'importe si le ballon rebondit sur les murs de la cathédrale. Elle a en vue d'autres (grenade en 1991....pendant la guerre pour sauver notre patrie, c'est comme cela qu'elle est présentée). J'ai vraiment beaucoup aimé cette ville, charmante avec une atmosphère vraiment poétique à la nuit tombée. Et les plaisirs de la table? Je n'en parle pas beaucoup cette fois. Ce soir comme souvent ce sera pates-sauce poivron rouge et jambon. Sans condiments ni épices ni rien, c'est le seul plat qui m'inspire ...On oubliera la gastronomie, elle existe mais les prix dépassent souvent un seuil imaginaire où l'on se dit : là je vais au restaurant. Et en France, on n'y va pas tous les jours. Disons aussi que les nuits à 40 euros, et le fait d'être seul n'incitent pas à se lâcher. Belle soirée quand même. Qui des Springboks ou des Pumas ?

PARC NATIONAL DE KRKA

Jour 15:

Le bus pour le parc national de Krka (Skradin)  est à 9 heures. Il n'y en pas de plus matinal ...et j'ai peur de me retrouver un peu trop tard pour démarrer les sentiers. L'expérience de Plitvice me pousserait à être prudent. Pourtant tout sera bien calme, même pas d'allemand à la gare routière et juste 2 ou 3 asiatiques. Cela commence bien. Le bus passe d'abord par le premier arrêt à Lokovac d'où l'on peut atteindre les chutes sans remonter la rivière par le bateau. 

L'endroit est assez désert mais quand je vois les immenses parkings j'imagine la cohue en été. Les paysages sont quelconques et à quelques kilomètres du site on ne s'imagine pas à rencontrer des merveilles...et pourtant. Je descends à Skradin, joli petit village très typé méditerranéen ( j'y reviendrai plus tard) et attends le bateau de 10 h avec quelques locaux qui prennent le café dehors, c'est culturel ici. Tout le monde aime à s'attarder en terrasse, le climat s'y prête. Le trajet en bateau est agréable car le paysage l'est mais surtout car nous ne sommes qu'une quinzaine à bord. De quoi profiter de la vue sur les « canyons »  et sur les berges de la rivière Krka que nous remontons pendant 20 minutes. Au terminus débute le sentier de Skradinski Buk. C'est l'endroit le plus impressionnant  et le plus photogénique. Un peu comme à Plitvice, le sentier est en partie sur des pontons de bois qui serpentent sur ou à côté des ruisseaux. C'est un monde aquatique. L'eau remonte souvent entre les planches, on à l'impression de marcher parfois au niveau de la surface. C'est très agréable, calme et les cascades sont vraiment impressionnantes. 


Je ne reconnais pas les photos du parc en été où les gens se baignent au pied de la suite de chutes. En cette saison, le débit est très fort et ce serait impossible, le bruit est constant et élevé, la nature explose de force. Tant mieux, je ne suis pas là pour faire trempette. Des promontoires et un ponton permettent d'en prendre plein les yeux et d'en ressortir bien humide. Après de l'attente pour trouver assez de touristes (8) pour remplir un bateau je pars en excursion de 2 heures faire l'île de Visovac un peu plus haut sur la rivière qui forme en cet endroit un véritable lac de 800 m de côté parfois. Des cormorans se sèchent sur des bois de bois, un rapace plane, les roseaux défilent. C'est sauvage, on ne croise aucune route, aucun pont et en fait on ne voit rien de civiliser pendant toute la remontée. Le bateau s'arrête sur l'île pour 30 minutes ce qui est peu. Au pas de course je visite au calme le jardin du monastère avec ces énormes citrouilles, et ses poules pondeuses qui le colonisent, l'église, le musée (livres anciens, objets religieux). 





J'y note une exposition sur l'envahisseur serbe. Ici l'ennemi est désigné, plusieurs fois au cours du voyage je vais noter ces discours univoque : le barbare c'est l'autre. A vérifier avec un historien. En tout le culturocide serbe est bien illustré, ce devait être terrible ici quand je vois ces gaillards aux regards sombres sur les photos. Pendant ce temps, en 1991, je jouais à l'Atari ST dans mon village au milieu des pruniers. Je mesure ma chance. Sinon il n'y a pas grand-chose à voir de bien mystérieux ici. Les trésors doivent être cachés, comme le cloître, qui ne semble pas ancien, visible de loin de derrière les vitres. Ce n'est pas une étape essentielle. Trop dans l'esprit « vous avez vu, on repart ». Cela reste superficiel et décevant pour un lieu si célébré en Croatie.

Je finis ma journée en visitant des petites parties historiques du site de Skradinski : une forge intéressante, une exposition sur les métiers à tisser, l'endroit où on lavait encore le linge dans les années 70, les turbines de l'ancienne usine hydroélectrique qui amena la lumière à Šibenik en 1895, bien avant d'autres cités européennes. Je visite aussi un moulin actionné par le courant : la meule tourne, le maïs tombe et les sacs se rempliront...pour de vrai. Il est environ 15h30 et déjà le site est à l'ombre, peu de gens mais la plupart vont partir. Les quelques mamies qui vendent des figues et autres fruits secs abrités par leur parasol n'ont pas du faire de chiffre aujourd’hui. Incroyable contraste d'avec la foule de Plitvice, ici on se sait hors saison. L'ensemble est moins varié qu'à Plitvice mais le débit bien plus important impressionne plus. Rappel : 90 kunas l'entrée +100 pour l'excursion soit environ 27 euros. Pas donné pour un parc ...Je note aussi les pontons et les panneaux pour séparer la foule qui doit attendre le bateau de retour en été: les agences à gauche, les individuels à droite. Ce doit être la guerre !

Une fois en ville, à Skradin, j'ai une petite heure pour visiter les lieux. La vue de la forteresse, facilement accessible depuis le centre, est vraiment agréable sur la marina, la rivière Krka et le village. Je déambule dans les rues, croisant parfois les mamies toutes en noir qui symbolisent le 4 ème âge méditerranéen à mes yeux. Les maisons sont parfois assez délabrées ce qui apporte du cachet ancien à l'ensemble. Le front de mer est plus classique, avec ses restaurants et ces bateaux à quais. Mais le coin est joli et tranquille. De retour en ville je fonce à l'appartement pour finir la finale de la coupe du monde de rugby. Journée bien remplie, tranquille. Beau site pour moi tout seul...et quelques autres. Temps toujours superbe, ce soir les bougies sont allumées dans les cimetières. Halloween....peut-être dans les clubs...mais je n'ai pas vu une seule fois ce nom du séjour. Par contre les vendeurs de chrysanthèmes sont partout, est-ce la condition d'une après-guerre mais les Croates fêtent leurs morts ? Je ne sais pas. La patronne de l'appartement m'offre ce soir du poisson frit et des pommes de terre ainsi que son pain maison. Elle ne se rend pas compte comment cela me fera du bien. J'en ai marre des pates -poivrons jambon. Bonne soirée dans ma confortable chambre.

La 5ème vidéo: Sibenik et le parc national de Krka

Marché de Valmiera

Jour 16:

Pas grand-chose à faire en ce dernier jour, je traîne dans l'appartement jusqu'à 11 heures, l'heure du check -out  avant de partir errer dans les rues un dimanche de Toussaint. Mon sac est au chaud au point chaud que tient Brigita à la gare routière. En ville tout est fermé, les deux centres d'informations, les magasins ...il reste les cafés mais cela ne fera pas lourd dans mon programme. Je  prends quand même du plaisir à parcourir de nouveau le centre-ville de cette très belle ville mais que faire ? A la gare routière, je prends la carte touristique du coin et y repère un sentier pas loin en bord de mer. Avec le magnifique temps qu'il fait, il serait dommage de s'enfermer dans le musée de la ville, que je crois ouvert. Je me renseigne et fonce dans le  bus qui démarre à   vide pour Zablacé, petite ville côtière, à côté de marina et de resorts, qui sera le départ de mon sentier. 

La ville est bien tranquille ce dimanche, je vois des gens sortir de la messe, quelques plaisancier à l'œuvre et déjà de belles perspectives sur l'île de Zlarin , juste en face. Je commence par longer la rive devant des villas parfois luxueuses (sans atteindre les niveaux de la côte d'azur quand même) pour arriver dans une sorte de marécage que l'on évite en passant par la forêt. Tout est calme et odorant, un vrai régal. J'arrive au pied d'un ponton en bois très photogénique qui m'amène sur une petite île, remplie de bunkers. On voit bien les souterrains qui les relient entre eux. Il faut dire que l'endroit est stratégique depuis des siècles. Il est à l'entrée du canal qui mène vers Šibenik et revêt donc une importance stratégique capitale. L'île se traverse en 5 minutes puis il reste un petit isthme d'une centaine de mètres pour arriver sur la forteresse de St Nicolas, but de mon périple. Autant le dire de suite l'endroit est passionnant à visiter. Bien plus que les deux forteresses du centre-ville de Šibenik.


Le site d'abord est remarquable, sur sa petite île on se croirait au Château d'If ou à Fort Boyard. Le site est très grand et les murailles très bien conservées. Vers la mer des ouvertures permettaient aux canons de surveiller le large, on voir encore pour certaines des supports métalliques pour l’armement. C'est un plaisir de marcher sur les remparts sous ce beau soleil d'automne. Il y a ensuite une grande terrasse toute plate qui fait office de toit du site. Calme et serein, impressionnant. Mais le clou de la visite est dans l'intérieur de la forteresse, on y rentre par une porte ornées de sculptures (têtes de vaches) et d'une vierge sans tête. 

La grande porte rouillée donnant sur l'océan apporte déjà un air solennel à l’endroit. Une fois dedans on remarque de nombreux blasons sculptés. Le reste est tout simplement génial à explorer. C'est immense, désaffecté, l'eau tombe du plafond, et forme même des stalagmites au sol, des pigeons volent, il y des salles complètement sombre, quelques puits de lumière et sorties sur l'océan. L'endroit est vraiment inquiétant et je m'imagine une nuit ici...ce doit être terrifiant. Je m'amuse alors à explorer le moindre recoin, rampant parfois pour sortir et me retrouver sur les rocher à la façon de l'évadé d'alcatraz ou du comte de Monte-Cristo. J'ai adoré ! 

Quelques familles, un vététiste s'y retrouvent pour pique niquer, en haut pas en bas. Je poursuis ma randonnée par le sentier le long de la mer, tout neuf, où les familles font du vélo, promènent leurs chiens ou leurs enfants. Un dimanche, au soleil, l'ambiance est très détendue. Le sentier longe le canal naturel qui relie la mer à la côte de Šibenik, passe par des anciens bâtiments de l'armée yougoslave que j'explore aussi avec intérêt. Dans ces bâtiments laissés à l'abandon, on s'imagine dans un film d’horreur, torturés dans une petite salle décrépie. C'est assez intéressant mais un guide m'en aurait montré bien plus (où est le tunnel appelée Hitler’s eye ?) De grands hangars font face à la mer : vides...

Plus loin cela devient plus sauvage, le sentier monte vers un promontoire d'où la vue est superbe sur Šibenik, la côte et l'océan. On aperçoit le village de Zablacé d'où je suis parti ainsi que deux lacs salés au milieu d'un terrain sauvage, avec murets de pierre et végétation dense. Vraiment très beau. Les voiliers rentrent ou sortent du chenal. Je profite d'un dimanche au soleil, une veille de rentrée scolaire.

LoJe rentre par le même chemin et attends dans le froid un bon moment dans la ville devenue sombre et déserte. Le voyage se termine, je rentre en début de soirée à Šibenik puis à Zadar pour retrouver Brigitte dans son confortable appartement pour ma dernière soirée Croate à saveur de bonus. Il fait froid dehors, c'est déjà différent d'il y a quinze jours. Brigitte me dit qu'elle ne se baignera plus pour cette année. Pareil pour moi.

La 6 ème vidéo du séjour: la forteresse Saint-Nicolas

Un petit délire dans un endroit fascinant à explorer.

Le lien vers les ​​​​PHOTOS  de Sibenik, du parc de Krka et de la forteresse St-Nicolas.






Jour 17





Ce n'est pas si courant mais l'aéroport de Zadar n'est pas relié à la gare des bus de 8.30 à 14 h...Ce sera  donc en taxi que je quitterai la ville ( 90 kunas) histoire de ne pas garder trop d'argent sur moi. Le vol pour Bruxelles sera panoramique : je reconnais bien le massif et les canyons de Paklenica, l'île de Pag et Pag Town, le paysage est fabuleux et on comprend bien que ce pays est béni des dieux tant le cadre de vie est agréable. Un peu plus loin et ce sont les dolomites puis les Alpes qui se dessinent...spectacle impressionnant et un ciel sans nuages. Puis ils arrivent et on se retrouve en Belgique, de suite on mesure la différence. Le plat pays ne peut rivaliser avec ce que je viens de voir, le dessin manque de relief, tout semble  moins expressif. Autre ambiance, autre voyage.



CONCLUSION

Je dois avouer que ce voyage n'a pas répondu à mes motivations initiales mais que je me suis très bien accomodé du nouveau programme qui s'offrait à moi. J'avais en tête un voyage social, avec beaucoup de rencontres et de chaleur humaine, avec des sorties hors des sentiers battus aidé par les locaux.J'avais envie, dans un pays très touristique comme la Croatie de voir le pays de l'intérieur, j'avais envie de comprendre l'histoire (récente) tourmentée de cette partie de l'ancienne Yougoslavie. Mais j'ai échoué dans ce but initial, non sans avoir essayé. Malgré mes nombreuses et appuyées demandes sur Couchsurfing, aucun local n'a voulu me loger. C'est la première  fois que je visite un pays sans qu'un local n'ait envie de me montrer son pays de coeur. Certes il y a eu cette allemande à Zadar qui m'a logé 4 nuits mais cela compte-t-il? Je connaissais l'hospitalité des allemands, j'étais là pour découvrir celle des Croates. J'ai eu quand même quelques bons moments avec ceux qui me louaient les appartements , comme avec  Péra, à Split, chez qui je suis resté  5 nuits mais on ne saura jamais quelle était la part commerciale dans nos échanges. Seule la gratuité permet d'y voir clair et à ce niveau, je n'ai rien eu sans argent. On m'avait déjà critiqué le pays à ce sujet, j'avais moi-même remarqué dans les réponses à mes demandes une façon brutale et malpolie de refuser, j'avais lu de nombreuses remarques négatives sur de l'hospitalité monnayée et je ne peux malheureusement que confirmer. J'ai donc visité le pays de manière plus superficielle que prévue MAIS , une fois mon deuil consommé, je me suis très bien adapté à ce nouveau rythme et au final, j'ai beaucoup apprécié ce séjour. 
Dans ce pays où tout le patrimoine immobilier semble à louer, j'ai retrouvé tous les soirs mes charmants appartements avec grand plaisir.J'ai vécu seul, dnas les centres-villes, proche des marchés parfois, proche de la mer d'autres fois, jouissant du calme , du confort et d'une liberté que l'on n'a pas lorsqu'on est logés et "obligés" de communiquer en permanence. 
J'ai en particulier adoré le fait de passer la fin du mois d'octobre en tee-shirt, au soleil, me baignant dans une mer encore chaude, tout seul bien souvent.Hormis de rares fois, je me suis senti vraiment tout seul et hors saison et c'est un luxe . Ce pays doit être infernal en été quand on voit la taille des parkings et des marinas. J'ai aussi adoré découvrir les vestiges romains , une nouveauté pour moi qui ne connaissais pas les rives de la Méditerrannée. En particulier j'ai eu un coup de coeur énorme pour Salona,et surtout pour la vieille-ville de Split. A la découverte, de nuit, des ruines du Palais de Dioclétien, j'ai eu un choc identique à celui d'une arrivée au Caire, à Prague devant le Pont Charles desert en soirée   ou à Istanbul . C'est une ville qui mérite à elle-seule le voyage. 
J'ai aussi vraiment apprécié mon séjour à Sali, petit port de pêcheurs sorti du Grand Bleu, mes balades dans la baie de Telascica, tout seul, la visite de Sibenik et de ses forteresses.
Au final, j'ai passé 17 jours vraiment complets, je ne me suis jamais ennuyé et je me suis rarement nourri de choses moyennes. Ce pays est béni des Dieux ( Romains?) , le climat est merveilleux, l'ambiance est vraiment relaxante et dépaysante , il me restera à revenir pour découvrir les gens. Je n'ai rien à leur reprocher dans leurs attitudes en ville, ils étaient courtois, calmes, plutôt souriant, mais je n'ai pas pu aller plus loin.Pourquoi? Cela restera un mystère pour  moi.  

 

LE POUR : la beauté des lieux, le climat, l'eau de la mer encore chaude, le patrimoine historique, le Palais de Dioclétien, la tranquillité, la facilité à voyager, les parcs, la basse saison
LE CONTRE : l'absence de Couchsurfing, le monde dans le parc de Plitvice un samedi, la gastronomie pas si donnée, le prix comparé à d'autres pays d'Europe, le manque de rencontres avec les Croates