EQUATEUR

POURQUOI L' EQUATEUR?

Je ne connaissais pas du tout l'Amérique du Sud avant ce voyage. Nous cherchions un pays qui pourrait nous donner une bonne approche voire un bon résumé des grands écosystème de ce continent , à savoir la forêt et la zone andine. Depuis une certaine soirée devant Ushuaïa Nature spécial GALAPAGOS nous savions aussi que le Grâal de l'observation animalière, thème qui nous tenait à coeur , se trouvait au large d'un petit pays : l'Equateur. L'idée de pouvoir combiner plongée et observations des animaux, découverte de la Selva et ascension d'un pic andin nous a convaincu.

L'EQUIPE
Nous étions 3 la plupart du temps ( Nick , Thierry et moi). Même si Thierry a fait un peu de son voyage en parallèle.


PLAN DU CARNET DE ROUTE

Voici donc le programme d'un voyage en Equateur d'un mois effectué en juillet 2005. Le voyage peut se diviser en trois parties. Tout d'abord la découverte inoubliable des Iles Galapagos avec ses rencontres fascinantes et de l'émotion à chaque pas. Puis la partie andine du voyage ponctuée par l'ascension éprouvante du COTOPAXI à près de 6000m. Enfin la découverte du milieu amazonien lors d'un petit séjour au fond de la forêt dans la région du sud de COCA.
Bonne lecture!

ITINERAIRE ET ORGANISATION

Voici en gros les sites visités dans le pays.

PERIODE :
Nous sommes partis en juillet. Le climat est vraiment agréable en cette partie de l'année. Quelques nuages et une luminosité pas exceptionnelle sur les Iles Galapagos. Prévoir alors un bon lycra, agréable pour faire du snorkeling, l'eau n'étant pas assez chaude pour y rester des heures.
La partie andine était très dégagée , le seul problème viendrait du vent , très fort en cette période de l'année . Vue l'altitude du pays, on reste souvent en pantalon et avec une petite polaire,surtout le soir. Quant à la forêt, la chaleur est très supportable et nous n'y avons eu que peu de pluie, pas du toute gênante.
Pour en savoir plus sur le climat : le site de Météo Consult.
Au point de vue de la fréquentation touristique et du prix du séjour nous n'avons pas été gênés. Le seul stress est de trouver un bateau agréable pour effectuer la croisière sur les Iles Galapagos. Nous avions réservé de France , ce qui est un stress en moins mais pas forcément une bonne affaire commerciale...

NIVEAU:
Très facile à organiser...avec un bon budget! Aucun stress. L'accueil a été vraiment très bon. Les transports sont très faciles à trouver ainsi que les hôtels. On est loin de l'INDE. Le seul problème viendrait de l'espagnol , si vous ne le parlez pas.
Attention cependant à certains coins très peu sûr dans les grandes villes voire en campagne ...On ne se sent pas en sécurité partout à Quito et les locaux ont souvent été témoins de violences.
La partie andine nécessite une certaine volonté , une aptitude à la marche et du temps pour s'acclimater.

HEBERGEMENT ET BUDGET (2005):
Élevé, environ 3000 euros dont 1500 pour la semaine aux Galapagos (qui les vaut vraiment) et environ 850 euros pour l'avion. On en a profité : du catamaran au lodge en pleine forêt avec un guide particulier en passant par la plongée ou l'ascension d'un presque 6000m.
La nourriture reste peu onéreuse mais pas d'une grande finesse. Almuerzo ou merienda nous suffisaient pour 1à 2 dollars.
Voir le taux de change .

QUELQUES LIENS UTILES
Pour préparer et compléter ce voyage j'ai utilisé certains sites ( la plupart ont une partie traduite en anglais) :

Dans le genre livre je conseille aussi : "Le Procès des étoiles " de Florence Trystram , vraiment bien pour se mettre dans l'ambiance du pays. Il traite d'une expédition de savants français au XVIIIème siècle. Très intéressant.
Dans le même esprit le récit du "Voyage sur l'Amazone " de Charles Marie de La Condamine. A lire aussi.

QUITO

Texte grandement inspiré du Carnet de Voyage de MR THIERRY.MERCI à lui.

Longtemps nous survolons les nuages illuminés par un soleil rayonnant qui flirte avec l'aile de l'avion. J'observe à travers le hublot la mer cotonneuse qui s'étend sur notre horizon. Nous entamons une lente descente, transperçant les couches épaisses de ouate immatérielle. A la clarté du soleil rasant, nous distinguons des reflets de braise dans les déchirures des nappes de nuages. Ce sont de multiples fourneaux qui réchauffent l'âtre blanchâtre. Rapidement nous sombrons dans l'obscurité profonde et inquiétante. La dernière barrière franchit permet soudainement, à très basse altitude, de découvrir les lumières de la ville. Enfin, Quito, la capitale que nous convoitons depuis le début de notre vol, se dévoile. Mais pour toucher son sol, il faut encore jouer de quelques acrobaties aériennes. L'aéroport est quasiment planté dans la ville, entourée de montagnes. Pour approcher la piste d'atterrissage, le pilote exécute un contournement de la ville. Durant cette manoeuvre, l'avion relève son flanc droit d'une inclinaison inquiétante, pour atteindre la piste dans un couloir serré. A 2800m d'altitude, Quito est la deuxième capitale la plus élevée du monde après La Paz. La descente est très rapide. L'avion fait quelques ruades dans les airs. Nous retenons notre souffle. Le cœur s'accélère. L'adrénaline monte. En quelques secondes le train d'atterrissage touche le tarmac, sous un concert d'applaudissement des passagers. Le Pinchincha, coiffé par la brume, veille sur nous.
A 19 heures il persiste un air sec et une température très agréable. Cela nous surprend un peu étant donnée l'altitude à laquelle nous sommes. Tandis que Nicolas, Vince et moi-même nous faisons conduire par un taxi à notre hôtel, l'Albergue Inn (où nous dormons pour 20$ à trois et qui deviendra notre base pour le séjour), je constate avec étonnement que, malgré un respect aléatoire des feux de signalisation, la conduite est relativement organisée et ordonnée. Crevés, on sent l'altitude( 2800m) et c'est sans manger que l'on se couche vers 21h. L'impression est plutôt bonne sur la ville avec des gens sympas et souriants.

Malgré des conditions idéales de sommeil dans un hôtel bien emménagé, nous sommes tous les trois réveillés vers 4h30 du matin. C'est au décalage horaire qu'il faut attribuer la cause de cette courte nuit. Il faut dire qu'avec les 7 heures en moins, il est 11h30 pour nos organismes. La matinée est consacrée à la rencontre des agences afin de comparer les prestations pour différents tours, qu'il s'agisse de l'Amazonie ou des Galapagos. Ces périodes conditionnent le reste du voyage qui s'articule autour de ces impératifs de date. On se renseigne aussi pour l'Amazonie en visitant toutes les agences du Quito moderne, rue Amazonas. Bon repas (almuerzo) à midi pour 1$25. Dans l'après midi nous allons nous promener dans les quartiers du Quito moderne puis du Quito colonial. Bien que la température, de l'ordre de 15 °, soit clémente, le soleil frappe fort lorsque les nuages le laissent percer. Si l'altitude à très certainement un rôle à jouer, il ne faut pas oublier la situation géographique particulière de l'équateur. Des quartiers que nous côtoyons, le plus intéressant est le vieux quartier colonial.

Lorsqu'au dix huitième siècle les espagnols atteignent les côtes de l'Amérique du sud, sous les commandements de Pizarro, ils mettront fin à l'empire Inca. Désormais l'Equateur devient une colonie espagnole. De nombreuses églises ainsi que des monastères se dressent dans les dédales des longues rues, révélant l'attachement du pays à la religion. Sur la place de l'indépendance, le palais du gouvernement est surveillé par deux gardes. C'est un bâtiment peu imposant, paré d'une jolie balustrade en fer forgé provenant du palais des Tuileries. Des rues pentues sillonnent le quartier, sur un flanc de colline.
Le soir,dans les rues sombres du quartier moderne, rentrant d'un restaurant où nous venons de prendre un repas mérienda ( Nick ne goûtera jamais à cette nourriture durant le voyage) , quelques enfants tentent de nous apitoyer avec des bonbons à vendre. Alors que Vincent et Nicolas sont quelques mètres devant moi, un enfant s'approche de moi, puis un second. En quelques secondes ce ne sont pas moins de six ou sept gamins de cinq ou six ans qui m'encerclent, et s'accrochent à moi pour quémander quelques dollars. Je tente de les écarter de la main. Ils me bousculent en criant d'un ton uniforme. Lorsque je réussis à m'extraire enfin de la masse, je constate que mes poches sont ouvertes. Dans la bousculade, ils en ont profité pour me voler les seuls dix dollars que je portais sur moi. Cette leçon de la journée impose de se méfier de tout le monde dès lors qu'on s'éloigne des sentiers balisés. En réalité, dès l'obscurité tombée, il faut être très vigilant dans cette ville où de nombreux endroits sont dangereux, et où nous avons jusqu'ici rencontré que très peu d'étrangers. Au lit , crevés vers 22h.

Réveil vers 6h. Glande au lit. C'est encore une matinée en quête d'agences, pendant laquelle nous parcourons la nouvelle ville. Nous découvrons certains quartiers qui étaient passé inaperçus la veille. Le musée de l'Amazonie prépare mon entrée imminente dans ce monde inhospitalier, chargé de mystère et d'appréhension. Il présente les différents aspects d'une culture riche et passionnante. De la fabrication d'outils et objets usuels, aux instruments de musique, nous apprenons la diversité que représente leur art dont les matières premières se résument à ce qu'offre la forêt. On apprend l'existence et l'identité d'une multitude de communautés qui peuplent la Selva, l'Amazonie équatorienne. Sur une étagère est exposée une tête humaine réduite réalisée par les Shuars. On l'appelle encore tsanta. Cette pratique mondialement reconnue, consistait à réduire la tête d'individus de communautés rivales, à la simple taille d'une balle de tennis. La technique n'est plus à ce jour utilisée depuis une ou deux générations. La faune est aussi représentée. Parmi les animaux mythiques, on découvre un condor des Andes qui retiendra particulièrement notre attention. Fabuleux animal emblématique de toute une civilisation, le spécimen exposé atteint trois mètres d'envergure. Le caïman, le jaguar ou l'anaconda, habitants de la jungle, sont aussi réunis dans un décor amazonien. Intéressant mais on l'aurait plus apprécié après le séjour en jungle
Dans le Quito colonial, nous sommes étonnés par la Merced. Il s'agit d'une église dont la nef et les colonnes sont recouvertes de stucs blancs, comme autant de pâtisseries meringuées. Repas merienda dans un petit restaurant, Nick aura sa pizza plus tard. Longue discussion sur le voyage, l'aventure et les sentiments de ce début de séjour. Thierry et Nick ne sont pas très enthousiastes. On ne retrouve certes pas encore le charme de l'Asie...ou du voyage en solitaire... mais je refuse de céder à cette non motivation apparente. Au lit vers 21h.

OTAVALO

Nous prenons de bonne heure le bus pour Otavalo. Départ en taxi par ce qui nous semble un gros détour vers le terminal des bus. Pas de problèmes pour trouver un bus vers un lieu aussi touristique. On nous hèle à peine sortis du taxi et le tour est joué. Super temps. Vue sur le Cotopaxi et le Cayambé. Le centre de Quito qui paraissait restreint à quelques quartiers, se dévoile sous un autre aspect. En empruntant la route du nord, c'est une ville étendue qui déroule des kilomètres et des kilomètres d'habitations où vit la réelle pauvreté du pays, et que nous découvrons. Sur le trajet se dévoile une montagne surdimensionnée au cône supérieur recouvert d'une chapelure de neige: à plus de 75 kilomètres surgit le sommet du Cotopaxi.
Nous arrivons à Otavalo après deux heures de route, où se tient un des plus fameux marchés d'Equateur. C'est également un des plus réputés d' Amérique du sud. Nous sommes accueillis par un marché aux animaux. Peu impressionnant par ses dimensions, les gens y emmènent pour l'essentiel des cochons destinés à la vente. Nous nous égarons dans les rues qui quadrillent la ville. Ici le marché aux fruits, là celui aux textiles. L'artisanat local de la communauté indienne de la région étale sa variété haute en couleur. Les échanges avec les commerçants sont des moments de partage. Souriants, et jamais agressifs, ils entament les négociations en nous dictant un prix de référence, puis en nous demandant le notre. Nous passons de longs moments sur les étalages, à démarcher et surtout échanger avec humour, bonne humeur et sympathie. Le riche mélange des couleurs, les costumes superbes portés par les indiens Otavalo, sont associés à une atmosphère joviale et exotique, et aspirent, dans un cadre montagneux, à la gaîté et au bien être.

Plus de photos de Quito et Otavalo. Cliquer sur les images pour agrandir et quelques indications.

PLUS DE PHOTOS DE QUITO ET OTAVALO

Alors que nous marchons dans l'une des nombreuses ruelles du marché, Nicolas se retrouve face à face avec Carolina, une Argentaine rencontrée un an et demi auparavant, à Bariloché, lors d'un précédent voyage en Patagonie. Une coïncidence incroyable car tellement improbable ! Depuis cette première rencontre, elle remonte l'Amérique du sud, en vivant de boulots sur les marchés des villes qu'elle traverse. Elle nous présente à une amie qu'elle a rencontrée quelques jours avant notre arrivée, sur les marchés d'Otavalo. Cette dernière m'explique son travail de céramiste. Elle fabrique sur l'étalage, à même le sol, ses bijoux en céramique et bambous. C'est une une vie de bohème pour ces filles que la providence a mise sur notre parcours. Nicolas est ébahi, et nous le sommes presque autant, devant l'improbabilité de la rencontre. Plus tard, nous nous embrassons lorsque nous nous apprêtons à quitter la ville. Carolina, dans quelques jours, reprendra également sa route, toujours plus vers le nord, pour la Colombie. Deux jours après notre arrivée, nous entrons enfin dans la réalité du quotidien, dans l'univers de la rencontre et de l'imprévu. Le voyage prend un autre visage… Repas " Ceviché " ( poisson cru mariné) dans un restaurant conseillé. On rencontre aussi des françaises vues à Quito. On traîne encore dans ce beau et immense marché jusqu'à 18h puis retour en bus dans lequel Nick discute beaucoup avec le contrôleur. Retour à pied à l'hôtel, on y prend nos bagages, on en laisse à la consigne puis taxi pour un autre endroit : la Casa de Elisa. Très bonne journée. Le voyage prend son rythme. Très bon contact avec les indigènes( ils veulent être nommés comme cela...) dont l'attitude n'est pas du tout folklorique ! Comme toujours nous galéreront pour trouver à manger la nuit. On finit avec des biscuits et des yaourts qu'on mange de retour à la chambre. Bonne nuit jusqu'à 5 h du matin malgré les chiens qui aboient.

LES ILES GALAPAGOS

Jour1: On quitte Thierry vers 6h, nous avons pris rendez vous avec lui dans quelques jours ..quelque part en Equateur! Rien de spécial sur le vol....Si..C'est pas malin de dire ça mais nous avons eu une bonne rigolade dans l'avion car Nick est assis à côté d'un travelo un peu bizarre. Belles vues sur le Cotopaxi, impressionnant au lever du jour. Et dire qu'on prévoit d'y monter.! Arrivée avec beaucoup d'émotions sur les îles Galapagos sur une piste au bord de l'eau. Le guide nous y attend. Première surprise : il n'est pas au courant pour les plongées. Deuxième surprise : il n'est pas scientifique. Troisième surprise : nous sommes 10 et non 8…. On commence à s'inquiéter du sérieux de l'agence…


​Sur l'île de San Cristobal nous visitons le centre d'interprétation. Bon repas face aux lions de mer. On loue le matériel de plongée puis départ avec du retard pour le bateau. Premier bain avec nos compagnons de bord. Visite de l'île de Isla Lobos. Beaucoup d'émotion à la vue des premiers lions de mer. Bon repas le soir sur le bateau et première soirée sympa avec les autres membres de l'équipage. Au lit assez tôt vers 20h. La cabine est petite mais nous convient bien.
Problème : vers minuit le moteur se met en marche. D'abord en veille puis à fond. L'horreur. Impossible de dormir. On se lève, énervés, vers 6 h du mat'.





​Jour2: Malgré notre mauvaise mine et notre envie de râler (en bon Français) , on essaye d'oublier la journée par un bon p'tit déj. Arrivée sur l'île d'Espagnola. On passe la matinée sur Garden Island : superbe plage avec plein de sea lions ! Snorkeling dans le coin au milieu de requins ...entre autres. Eau froide .Repas d'un bon ceviche puis départ pour Punta Suarez : superbe ballade à l'avant du catamaran. Grand bonheur. Puis visite de l'île : superbe encore avec beaucoup d'albatros , de boobies à pattes bleues , sea lions, blow hole ( sorte de geyser d'eau de mer), iguanes terrestres.  Sentiment d'être très privilégiés. Retour vers 17 h. Snorkeling autour du bateau.
Un peu de guitare avant le repas puis le moteur se met en route ….
Au lit assez tôt, sur le pont, sous les étoiles ! Vraiment un endroit merveilleux!

Jour 3: Retour en pleine nuit dans la chambre à la suite de l'arrêt des moteurs .Assez bonne nuit finalement. Réveil vers 7h près de l'île de Floreana. On nous promet nos plongées le matin . On débarque sur Post office bay.C'est un endroit historique où les marins laissaient leur courrier. Si tu vois une carte de ta région, tu la prends et tu la livres toi- même! On y attend pour la plongée mais rien ne vient. Finalement on fait du snorkeling au milieu des tortues puis un foot avec l'équipage. Après quelques contacts virils, des buts et les pieds abîmés, on rentre manger au bateau. Bonne sieste en début d'après midi. Début d'alerte gastrique due au fringues mouillées et au temps froid et nuageux . On repart malgré tout faire du snorkeling vers Devil's Crown, un rocher austère au large. Beau mais froid.
Puis arrêt à Punta Cormoran .On marche vers le Flamingo Lagoon : une lagune avec des mangroves et des flamands roses. On rejoint une autre plage avec des raies, des crabes . Délires avec le caméscope et parodie d'Ushuaïa Nature...thème récurent du voyage. Bon repas , longues discussions sur le pont, sous la pluie. Bonne ambiance dans le groupe. On se marre bien et toujours ces animaux partout ...

Jour 4: Réveil vers 7 h après une nuit pas si mauvaise ,malgré le bruit. Nous partons sous la pluie, en poncho, au milieu des cactus et des iguanes terrestres. Beaucoup de sea lions sur les plages. On s'amuse à les voir jouer entre eux. Retour on board. Préparation pour le snorkeling, Nick , dans un moment de folie...saute du bateau juste quand un bateau vient nous chercher pour les plongées. En peu de temps on met nos combinaisons 7mm puis on part sur une mer houleuse. Ambiance stressante. Nick renonce, oppressé à la première. J'y vais sans trop réfléchir, départ arrière du bateau un peu cheap. Arrivée à -27 m. Je suis un peu lourd. Je décide après quelques minutes de mettre un peu d'air dans le BCD puis je remonte trop en oubliant la purge arrière. Je me retrouve à la surface seul dans les remous. Le bateau me rejoint. Pas de peur sur le coup mais j'aurais vraiment pu y rester. Les autres plongeurs avaient entre 40 et 250 plongées…moi 6 !
Puis on part pour une deuxième plongée : juste Nick, la divemaster et moi. Pas plus de 10 m de fond. Super beau et abrité (requins , marble ray….). Nick a quelques problèmes de flottabilités et perd son tuba . Puis j'enchaîne ,sans lui et sans stress, une troisième plongée moins exposée que la première mais en plein courant (-22m). Bien, même si je me concentre plus à suivre les autres qu'à observer. Je remonte très fatigué et transi. Puis repas rapide on board et retour en 1h30 vers Puerto Ayora. Retour direct sur le bateau. Douche puis le zodiac nous emmène en ville. Visite du centre d'interprétation Darwin. Grosses tortues ( dont Lonesome George, dernier survivant mâle d'une espèce…). Puis shopping en ville, internet et pot avec les autres ( Bon anniversaire pour Nick...30 ans !). Retour vers 18 h30. Bon repas toujours dans une très bonne ambiance. On s'éclate vraiment.






Jour 5: Bonne nuit. Réveil vers 7h sur l'île de Rabida. Très beau avec des falaises de sable rouge. Bonne matinée snorkeling avec balade sur la plage . L'équipage pêche un thon qu'on mangera le soir (délicieux !!). Après un toujours très bon repas, on navigue à la voile vers l'île de Santiago. On s'arrête à Puerto Egas . Personne. Sable de sable noir. Super snorkeling avec contact du troisième type avec des sea lions et des tortues. Superbe émotion. Puis ballade sur une plage de lave. Sables bouillants. On voit des phoques à fourrures, des iguanes, des hérons, des ponts de lave. Retour à 17h30 sur le bateau où nous attend le délicieux thon grillé pour l'apéro. Encore une superbe journée. Beaucoup d'émotion avec ces animaux si peu farouches. Après le repas guitare (désaccordée ) sur le pont. On n'est pas très bon avec Nick…le cuisto Eddy, avec ses chansons exotiques, nous sauve. Au lit vers 20h 30, sentiment d'être à minuit !




Jour 6: Réveil 5h30. Un café puis départ sur l'île Bartolomé où l'on gravit un pic de…114 m et attendons le sunrise. Belle vue , la plus photographiée des Galapagos. Retour pour le p'tit déj on board puis retour pour du snorkeling sur la plage, ( pingouin, requin et sea lions)Excellent comme toujours. Après une sieste et une bonne paella on refait... une sieste puis navigation vers North Seymour. On y débarque et par un sentier nous découvrons les nids de frégates . La mer agitée rend le landing délicat. Puis vers 17 h on part en zodiac dans la mangrove observer les requins, les golden rays ( en escadron) et les tortues qui se reposent. Nous sommes seuls dans un grand silence …Grande émotion. Le soir sur le bateau on commence déjà à sentir qu'on va vraiment regretter de quitter ces îles. On passe une super soirée autour de la guitare….

Jour 7: Bonne nuit. Vers 5 h les moteurs se lancent. Arrivée sur Isla Plazas que l'on visite sous un temps maussade. Puis super snorkeling (le meilleur !) avec les sea lions. Il y en a de partout qui jouent avec nous, mangent nos palmes… J'y reste jusqu'à ma limite de résistance au froid. Puis douche, fringues chaudes et sieste. Repas et c'est parti pour 6 heures de navigation. Beaucoup de monde est malade .Nick se fait arroser en plein sommeil dans la cabine dans laquelle on glande durant la traversée. Puis tour de l'île de Leon Dormido ( le lion endormi).Des dauphins nous suivent. Beaucoup d'émotion encore. Arrivée à San Cristobal à notre point de départ. Très bon dernier repas. Toast avec l'équipage. Encore de l'émotion. Pas mal de guitare " Tu piensas mas. Tiene la guitarra para no pensar " philosophe Eddy. Puis sortie en boite en ville avec l'équipage. La première est pleine, la seconde est OK malgré nos tenues ( Eider +Reef + Ullfrotté). Une des seules boite du mondes avec des colonies de sea lions devant l'entrée! Il est très tôt mais il y a beaucoup de monde. On est les seuls touristes au milieu de jeunes de moins de 16 ans qui dansent très hot en couple. D'un coup tout le monde se barre. Surprenant ! On finit avec Nick , Gali et Rahel dans un autre bar. Retour tranquille au bateau. Fin de soirée tranquille sur le pont avec Gali ...et Rahel.

Jour 8: Après une courte nuit on se réveille vers 6h pour un dernier breakfast avant de préparer les sacs. On échange les mails, les adresses et embrassons tout l'équipage. Beaucoup d'émotion. On quitte, tristes, le Vision 1. Arrivée en ville , on erre 1h, attendons encore 2 h à l'aéroport. Pas envie de rire, tous un peu tristes de quitter ce sanctuaire, le groupe et l'équipage. Vraiment un séjour inoubliable. Arrivée à Guayaquil on quitte Gali et Jacob puis à Quito le groupe se désintègre totalement. Nick et moi ne parlons plus que de ce séjour, nostalgiques. On aura un peu de mal a retrouver la pêche et à reprendre la suite du voyage. On craint que tout le reste ne nous paraisse fade. On prend un taxi pour l'Albergue Inn puis passons un moment en ville à l'Internet Café avant de prendre quelques hot dog pour tenir. On prépare nos sacs, laissant quelques affaires à la consigne puis écrivons des cartes jusqu'à 21. Il s'en suit une très bonne nuit dans un super lit et au calme !!

Plus de photos des Galapagos. Cliquer sur les images pour agrandir et quelques indications.

Plus de photos GALAPAGOS

LA VIDEO DES ILES GALAPAGOS

36 minutes avec des parodies d'Ushuaïa Nature, des plongées extrèmes dans une eau à 16°C, des fous de bassans, des animaux à foison.
Bonsoir!

VILCABAMBA

Réveil très matinal à 3h50 pour prendre un taxi à 4h30 pour l'aéroport où nous prenons un vol pour Loja. Très belle vue sur le Cotopaxi qui impressionne encore vu d'avion. Puis après un transfert en bus pour Loja, nous laissons nos affaires à la consigne et partons pour une visite de la ville. Ville sympa pour l'ambiance mais rien d'extraordinaire.. Vers 10h30 on prend un minibus pour Vilcabamba . Nous sommes le seuls touristes ce qui nous surprend tant notre destination semble connue. On arrive dans ce bled paumé ver 12h. On erre dans les ruelles désertes pour trouver un cyber café, nécessaire pour retrouver Thierry. Pas grand-chose à faire. On prend l'atmosphère de cette petite ville, tout au sud de l'Equateur, réputée pour la longévité énigmatique de ses habitants. Il règne ici une réelle plénitude. Tout est calme, silencieux.
Je demande au patron d'un hôtel s'il n'a pas vu un européen dans les parages, il me dit qu'il nous attend dans sa chambre!
Finalement on se retrouve donc à 20 m de l'arrêt de bus ,au premier étage d'un hôtel, dans ce lieu paisible de ce petit bout du monde. C'est toujours génial ces rendez-vous au bout du monde. Nous échangeons les récits des jours passés, nous les Galápagos avec un émerveillement sans pareil dans nos yeux et dans nos mots, Thierry, l'Amazonie et ses ennuis gastriques. Remis de ces émotions, nous allons marcher le long d'un cours d'eau, dans une réserve privée, dans les environs de la ville. On prépare les provisions pour le lendemain puis au lit vers 21h.

CUENCA

Nuit au milieu des cris d'oiseaux et de coqs…très dépaysant ! A 6h30, le taxi avec lequel nous avons rendez-vous nous attend devant l'hôtel. Il nous conduit jusqu'à l'entrée du parc national Podocarpus, où nous avons l'intention de passer la nuit. En arrivant au parc, nous entendons la radio fonctionner à l'intérieur de la cabane du gardien, mais personne ne répond. Nous attendons un moment, puis décidons de nous faire tout de même monter jusqu'au refuge à 8.5 km de là. Il pleut. Le problème est que nous ne possédons pas les clés. C'est un jeu de piste que nous préparons afin d'amener le gardien jusqu'à nous. Nous souhaitons qu'il nous ouvre le refuge pour la nuit. Une fois prêts, sur place, nous camouflons nos sacs dans des cabanes annexes, avant de partir sur les sentiers du parc. Avant de nous engager sur les chemins humides, nous consommons notre petit-déjeuner. En fait c'est avec désillusion que nous constatons que les bananes que nous avons achetées la veille n'en sont en réalité pas. Il s'agit d'une variété destinée à être frite. Un américain vient d'arriver au refuge en taxi. C'est un géographe qui a étudié durant un an, et il y a quatorze ans de cela, la végétation du parc. Nous nous posions la veille la question de savoir ce que signifie exactement la " cloud forest ".Nous possédons à présent la réponse. Les nuages restent quasi continuellement accrochés à la forêt qui s'étale sur des versants pentus à perte de vue. Une pluie permanente s'abat sur cette zone. C'est donc un micro climat très humide qui règne sur cette forêt des nuages, où ce sont développées des espèces végétales particulières qui ont su s'adapter aux conditions. Dans le parc, on dénombre un record mondial de variétés d'arbres avec plus de 90 espèces à l'hectare. C'est donc équipés contre la pluie, et le vent qui menace de souffler plus haut, que nous engageons notre ballade. Le sentier s'élève longuement dans une forêt luxuriante.

A 3000 mètres, l'étage de végétation change. Les arbres laissent place à une végétation rase. Nous atteignons les crêtes, à prés de 3300 mètres, tandis que la pluie persiste et que la brume camoufle le panorama plongeant sur la forêt. Les oscillations de la ligne de crête sont remarquables et offrent à certain passages, dans l'étroitesse du sentier, des à pics vertigineux. Lorsque quelques nappes de brumes moins denses laissent difficilement percer le paysage, nous imaginons très facilement les distances interminables qui s'étendent dans cette forêt pas comme les autres. Lorsque nous redescendons au refuge, aux alentours de 12h, le gardien nous y attend. Nous nous acquittons par la même des dix dollars d'accès au parc. Cependant, nous avons modifié nos intentions, et ne comptons plus passer la nuit au refuge. Une famille de touristes a eu la bonne idée de monter jusqu'au refuge. C'est à l'arrière de leur pick-up que nous descendons les 8,5 kilomètres qui mènent à la route principale pour Loja. La piste est chaotique, et nous nous accrochons fermement afin de ne pas encaisser tous les chocs. Le conducteur nous emmène jusqu'à la station de bus de Loja. Pour le remercier, nous offrons des barres de chocolat aux enfants. Le pick-up s'éloigne. Nous faisons des signes de la main.
Devant les taxis qui forment une file d'attente, nous ôtons nos affaires trempées, et nous nous changeons pour nous mettre au sec.
Enfin, nous sommes dans le bus. 4h30 de trajet doit nous transporter à Cuenca. Au coeur de la sierra qui commence à se dessiner, nous roulons sur des routes anormalement hautes pour nos références européennes. Bientôt Cuenca apparaît. C'est une ville animée, à l'identité forte. On a du mal à trouver un hôtel. On finit par choisir une pension traditionnelle avec sa grande chambre à un carrefour tranquille de la ville. On y mange nos boites puis faisons la lessive. Au lit , assez tôt, vers 21H30.

Pas de réveil ce matin. La nuit fût bonne et nous nous levons à 9 heures pour passer une matinée tranquille à visiter la ville. La visite est très agréables : des places , des marchés, un musée d'art moderne, beaucoup de belles maisons, ballade le long du fleuve…..Nous prenons notre traditionnel almuerzo dans le centre artisanal de la ville. Après un peu d'internet l'après midi nous visitons le musée des cultures indigènes. Très apprécié par le guide du routard, il est un peu trop spécialisé pour Thierry et moi. On rigole pas mal et passons notre temps à jouer les historiens hispanisant dans un déluge d'imitations qui nous comblent de joie. On rejoint ensuite Nick, resté sur le net, pour cause de copine triste….De retour à l'hôtel, on glande un peu se régalant de nos boites de thon ! Gali nous retrouve un peu plus tard et nous partons avec elle dans une pizzeria avec ses amis. Bonnes rigolades. Nick ressemblerait à Robespierre ayant les attitudes d'un gay de San Fransisco ! Jeu de questions intimes très intéressant pour le mélange des cultures. On termine la soirée dans une boîte salsa. L'alcool coule à flot. Tout le monde danse. Ambiance très chaude jusqu'à 2 h du mat'. Facile de faire connaissance avec quelques cuba libre et mojitos ! Devons réveiller le gérant de l'hôtel pour ouvrir les grilles !







On se lève vers 9h. Nick ne supporte pas l'odeur de ses vêtements et fonce à la laverie. Repas avec Gali au " El cafecito ".Ambiance fellow travellers, musique Beatles. Elle nous paye le repas...très sympa. On visite ensuite le musée de la médecine (assez froid et chirurgical….). Très peu touristique et pas indispensable. En ville on retombe sur les canadiens du bateau : le monde et l'Equateur sont petits ! On fait ensuite les magasins en ville …Bons prix pour les fringues mais on ne se décide pas. On regrettera ces prix de retour à Quito !De retour à l'hôtel, longue discussion sur l'amour, les femmes et le voyage...propre aux journées de transitions. Je finis la soirée, seul ,avec les américains dans le bar en face de l'hôtel pour un bon concert de musique africaine. De retour je dois encore réveiller le gérant de l'hôtel….

Plus de photos du sud du pays. Cliquer sur les images pour agrandir et quelques indications.


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VERS LE CHIMBORAZO


Nous quittons la ville pour Riobamba. La route est superbe , sur les crêtes. Tellement superbe que l'on rate l'arrêt de la ville et devons prendre un autre bus pour revenir à Riobamba. On se renseigne rapidement sur la possibilité de dormir au refuge du Chimborazo, à la station Urbina. Les places réservées on y part en bus vers 19 h pas pressés. Le problème est que là haut il fait nuit noire et ce n'est pas indiqué. Le bus nous laisse tout d'abord bien loin du refuge, en pleine campagne. Nous nous retrouvons à marcher à la frontale, à 3600m d'altitude, dans le froid et à l'aveugle. On se perd , demande aux gens du coins. On longe enfin la voie ferrée et trouvons le refuge. Nick , stressé et crevé , sème sa nourriture sur la voie. Arrivés vers 21H au refuge on part direct au lit. L'ambiance est sympa et le refuge confortable. Peu de monde. Dès la lumière éteinte, nous nous sentons tous oppressés. Je me demande même si fermer les yeux et dormir est raisonnable pour ma santé ! Nous ne sommes pas encore acclimatés. On finit par s'endormir.



Après une nuit difficile ( rhume et fièvre pour moi) on se lève vers 7 heures. La vision du Chimborazo, à plus de 6200 m, en face de nous nous réjouit. On part, sur les conseils du gardien, sur le versant sud du volcan, longeant une voie ferrée (dont Urbina était une gare….), des champs et des habitations. Un peu frais au début mais on finit vite en tee shirt. On traverse des endroits où la pauvreté est apparente. Les gens nous saluent. On se sent gênés avec notre matériel haut de gamme. On monte par un bon sentier (une route pour jeep..) jusqu'à un refuge en construction à 4200m. Nouveau record pour nous. Le cœur bat plus vite mais pas de MAM. La vue est superbe sur le Chimborazo, le Carihauzano et l'Altar. On hésite à monter plus haut mais les échelles sont trompeuses et on préfère rentrer par les raccourcis. Durs sentiers. On voit quelques rapaces locaux. Je chute avec Nick dans une crevasse de terre cachée sous les hautes herbes. Plus de peur que de mal ! On rentre vers 16 h au refuge. On sent nos jambes mais on est tous contents d'être monté aussi haut. Après s'être reposé on rejoint la route principale (la panam…) située simplement à 15 min de marche du refuge par une bonne route pavée. On attrape facilement un bus pour Riobamba . Soirée tranquille, repas sur le pouce… Crevé et malade je me couche avant 21H.

près un bonne nuit on continue notre rythme matinal en essayant de prendre un taxi vers 7h30 pour aller vers le Chimborazo. Mais c'est un jour spécial, célébration de la naissance de Simon Bolivar qui libéra le peuple du joug espagnol. Les transports en communs sont alors gratuits et emmènent ceux qui veulent au refuge du Chimborazo pour une célébration. Après une heure de queue on réussit à partir. La route est belle pour atteindre le premier refuge situé à 4800 m d'altitude. Le bus finit à l'agonie sur la piste, les paysages sont fantastiques et désertiques. Quelques troupeaux de vigognes paissent au loin. Le temps est superbe. Les environs du refuge sont bondés : pleins de bus, des musiciens, des vendeurs de nourritures., des chevaux et des soldats en uniforme. On grimpe alors vers le 2ème refuge situé à 5000m. Avec nos gros sacs on peine à avancer. Les jambes sont lourdes et je suis toujours fiévreux. Pas de MAM pourtant Nick garde nos sacs et je continue avec Thierry jusqu'à environ 5250 m par une dure montée dans les éboulis. On s'arrête tous les 10 m . Le moindre arrêt noue repose puis chaque pas est de nouveau difficile. De là haut belle vue sur les refuges et le parking qui se vide…il faut redescendre .La descente pour rejoindre Nick, transi de froid au refuge, est beaucoup plus rapide…normal on court ! Vers 14 h il n'y a plus de bus….on se fait alors prendre en stop à l'arrière d' un pick up.  Superbe descente ; un temps merveilleux ; les cheveux au vent face au Chimborazo à plus de 4000m! Les conducteurs s'arrêtent prendre des plantes en chemin et nous offre même des nougats !Il nous laisseront devant l'hôtel à Riobamba. La fin de journée sera rangement, lessive, promenade et repas sur le pouce chez notre vendeuse de hamburgers de rue délicieux !Au lit vers 21 h, l'altitude ...ça fatigue !





​Transfert matinal vers la gare des bus principal où nous attendons 2 h le bus pour Guaranda…en profitant de l'accès internet. Le trajet en bus reprend la route du Chimborazo et nous montre aussi les derniers versants qui nous manquaient. Arrivée vers midi à Guaranda où nous mangeons sur le pouce à la gare des bus avant d'enchaîner vers Ambato. Le bus est peu confortable, le temps assez mauvais et la route un peu décevante. En cours de route on décide alors de prolonger jusqu'à Latacunga , Ambato ne nous inspirant pas pour une halte ..et puis Thierry qui y est allé n'est pas émerveillé d'un retour sur place. On pose nos sacs dans un hôtel sympa du centre, hôtel Santiago, en face des agences de trek. On passe beaucoup de temps pour organiser notre ascension du Cotopaxi. On se décide pour 145 dollars chacun avec deux guides pour 3. Le choix est difficile. On espère ne pas se tromper. Bon repas autour d'un poulet braisé en ville. On finit cette journée de transfert pas terrible devant les clips dans notre chambre.

LAGUNE DE QUILOTOA

Après une bonne nuit malgré mon état toujours fiévreux et des boutons sur le corps( ...puces ? )on se rend en bus ( 2h30)vers Zumbahua ( village un peu glauque ne donnant pas envie de rester…) puis vers la Lagune de Quilotoa. Très beaux paysages dans une région reculée, sauvage et très pauvre. Beaucoup de personnes travaillant la terre autour de maisons délabrées. On paye une taxe en approchant la lagune ( 1$). A 4200 m le vent est terrible au sommet de la lagune. Le vent tourbillonne, nous envoyant du sable plein les yeux mais la vue est superbe. Très peu de monde. On descend en environ 30 minutes au bord de la Lagune. En bas une famille propose des mules pour remonter et des petits tours sur une sorte de radeau le long du bord. Dure vie pour quelques dollars ! On passe pas mal de temps à contempler ce cratère rempli d'eau. La montée sera très dure pour moi. Aucune énergie , je suis fiévreux et marche comme un zombie. Je me requinque avec un thé au sommet dans la cafét' de la communauté de villageois qui gère le site…promis à se développer rapidement. Le retour sera un peu périlleux dans notre bus de la mort. : à fond ...avec des freins plus que suspects. Ils nous laissent au bord de la route pour attraper au vol un bus pour Latacunga ...ce que nous faisons en 5 minutes. Les trajets seront vraiment faciles à organiser tout au long du voyage. Celui-là transportera tout le long un mouton sur le toit. On se demande comment il ne tombe, ni ne gèle ! Soirée tranquille autour d'un pollo con papas. Tous crevés. Pour ma part ,si la santé ne revient pas, le Cotopaxi devra être vu d'en bas.

ASCENSION DU COTOPAXI







Comme conseillé par l'agence on se repose bien en ville ce matin en attendant la journée de l'ascension : magasins, poste, Internet, provisions…pour finir le soir par un repas Pizza. Je n'ai toujours pas la forme, des boutons partout sur le corps ! Les autres ne semblent pas non plus au top….Le doute s'installe…On discute de nos projets business et des problèmes de Nick sans nouvelles de Marie…





​"De tous les colossaux sommets des Andes, le Cotopaxi possède la plus belle et la plus régulière des formes. C'est un cône parfait couvert par une épaisse couche de neige qui brille si intensément au coucher de soleil qu'elle semble détachée de l'azur du ciel."

Alexander Von Humbolt

On se lève vers 8 heures...tranquilles. Je me sens un peu mieux. On prend un copieux petit déjeuner en ville (croissant, lait et jus de fruit) et nous rendons à l'agence vers 10 h pour le rendez-vous. On essaye le matériel puis c'est le départ vers11h ,en 4x4. Le temps est superbe et la route …superbe aussi. La vue du volcan qui se rapproche nous tient en haleine et nous impose le respect. On arrive au parking du Cotopaxi vers 15h. Altitude : environ 4500m. Le vent est très fort. On charge nos sacs d'environ 15 kg pour marcher difficilement contre ce vent accompagnés de nos 2 guides. La montée est très dure dans ces éboulis et ce vent. Cela promet pour demain. Je ne nous crois pas très sereins. Nick parait très fatigué et peine à respirer. Arrivé au refuge Ribas à 4800 m d'altitude nous posons enfin nos sacs. Le refuge, refait récemment, est confortable. On prend un repas froid puis partons essayer sur le glacier ,à 20 minutes du refuge, nos crampons. C'est la première fois que nous cramponnons ! C'est assez raide comme premier test , on sent nos cuisses à la descente mais bon personnellement je suis persuadé, à tort ,que demain cela sera plus simple. On rentre vers 17 h au refuge avec un bon moral et un physique qui semble tenir . Nick doute ,c'est certain. Après un bon repas chaud on part tous au lit , assez tôt. Dehors la nuit tombe,la température baisse et le froid est bien là. Le refuge est bien isolé et malgré le peu de monde on n' a pas froid dans nos duvets. Par contre impossible de s'endormir. On veut tellement le sommeil qu'il ne vient pas. Je vois les heures tourner sur ma montre. Un peu avant minuit cela commence à bouger : il va falloir se lever...sans avoir dormi 5 minutes !

Nick se sent " vaseux " et renonce à tenter l'ascension. Il faut dire qu'il fait très froid dehors, nuit et le vent hurle. Je ne réfléchis pas trop sur ma situation sinon je reste au lit. J'ai un peu mal à la tête et au ventre. On mange : mortadelle, fromage, pain, café…A cette heure ci c'est assez écoeurant. Puis on se prépare en enfilant toutes les couches possibles (cagoule +frontale +capuche, sous gant, gants et sur gant, 3 couches pour les jambes, 4 en haut ! ). Le stress est un petit peu là. Un passage éclair aux toilettes me fait prendre conscience de l'état du temps. Clair, très froid et vent très violent. On quitte le refuge vers 0h30. On a chacun notre guide…le mien n'est pas trop cool…Dès les premières rampes du glacier je perd un crampon. Le guide me le remet dans une position instable. Je commence à douter de la compétence de l'agence !Je me retrouve en équilibre sur une jambe sur une sacré pente gelée ! Au départ tout le monde part ensemble puis les groupes se séparent. Je ne reverrai Thierry qu'au sommet. La vue sur Quito est superbe, les étoiles scintillent de partout. Malheureusement je ne regarderai que mes pieds jusqu'au sommet. On ne fera qu'une pause minimale. Le rythme est lent. J'aimerais aller plus vite et m'arrêter plus souvent. Je crois enfin être arrivé quand il m'annonce que le sommet est à 2h30! Le vent est terrible et fait tout voler autour de nous. Je pense à abandonner et annonce au guide que je ne me sens pas au niveau. Il me pousse à essayer d'aller un peu plus loin. Nouvelle frayeur au passage d'une corniche …puis passage d'une crevasse sur une échelle….J'ai déjà peur pour la descente. Les derniers mètres sont plus faciles. A 5897 m je rejoins Thierry qui est au sommet depuis quelques temps. On est les 2ème à atteindre le sommet et peu de groupes y arriverons aujourd'hui. J'ai à peine le temps de filmer un peu , qu'il faut redescendre. Il est 7h30. Je stresse beaucoup et sais que le plus dur reste à faire. Deux passages me font vraiment peur.

Je n'ai mangé qu'un biscuit, bu qu'un verre depuis ce matin. Le manque de sommeil me fait tituber. Le vent est tel que le guide me tracte parfois pour que j'avance. Je rentre difficilement au refuge …crevé. Devant la porte Nick nous observe. Je monte me changer et en pleure pour évacuer le stress. Je me jure alors de ne plus retenter une telle aventure. Je suis ici à ma limite technique. En fait on ne pensait pas que cela serait si difficile. Mais finalement avec le recul c'est un des meilleurs souvenirs du voyage….Bizarre ! Le fait d'atteindre sa limite morale et de se dépasser peut être…
On range ensuite nos sacs et partons direct pour le parking en plein vent encore. Les 4x4 nous laisserons sur la Panam où l'on prendra un bus pour Quito. Il ne me tarde qu'une chose ...me coucher , me laver les yeux ( les poussières et les lentilles ne font pas bon ménage…) et poser mes sacs. Pourtant on repart direct pour Coca par le bus de nuit que l'on prend à 20 heures. La montagne est terminée on va maintenant se diriger vers la troisième partie du voyage : LA FORET AMAZONIENNE.

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Plus de photos des Andes

LA VIDEO DE LA PARTIE ANDINE

Lagune de Quilotoa, célébration de l'indépendance au pied du Chimborazo à 5000 m, ascension du Cotopaxi à 5897 m.
Un bon bol d'air pur.

L'AMAZONIE EQUATORIENNE

Jour 1

Malgré un problème de crevaison qui nous retarde de 3 heures ,on arrive à temps à Coca pour notre rendez-vous de 9h. On rencontre Mike, le traducteur qui nous laisse 1 h en ville pendant qu'il termine les préparatifs. Une procession anime la grande rue . Puis c'est le départ…
Pendant deux heures et demie, le 4x4 bien équipé roule et rebondit sur une piste caillouteuse. Nous arrivons sur les berges de la rivière Tiguino, où le canot à moteur est déjà amarré. C'est l'heure de prendre un petit lunch rapide. A partir d'ici, nous pénétrons sur le territoire de cette tribu, nous leur payons d'ailleurs une taxe….. Nous embarquons sur le canot, poursuivant notre itinéraire, nous enfonçant dans les méandres de la Selva.

Quelques oiseaux tropicaux, ainsi que de magnifiques papillons égaillent notre lente traversée. De temps en temps, une tortue d'eau allongée sur des rochers plonge au bruit de notre passage. Après trois heures de navigation, voici enfin le lodge de Bataburo qui se dévoile et se dresse à la sortie d'un virage. Le campement est au milieu de la forêt, au milieu de la vie animale, au contact de plus étroit qu'il soit avec une nature sauvage. Nous sommes accueillis par notre guide bilingue. Le lieu est composé d'un premier lodge comprenant une dizaine de chambres. Une passerelle mène à une pièce commune, ouverte mais également couverte. A sa gauche un second lodge comprenant une seule chambre. Sur la droite, la cuisine ainsi qu'un bar. C'est ici que nous prendrons les repas en commun. Tout a été réalisé avec les matières premières disponibles dans la forêt. Les constructions sont en bois exotiques, les toits couverts de palmes, ou autres feuilles qui garantissent une isolation totale de la pluie.
C'est impressionnant :le dernier missionnaire envoyé chez une tribu non encore civilisée est mort en 1987. On apprend l'existence à la frontière Péruvienne d'un peuple qui refuse encore aujourd'hui (2005) la rencontre avec notre civilisation Avant de manger, Daniéla, notre guide interprète, nous plonge dans l'histoire de l'Equateur. Plus précisément, c'est celle de l'Amazonie qu'elle nous conte, et en particulier celle de la communauté Huoarani. Francisco de Orellana est le premier européen à remonter le fleuve, sur la rivière Napo. Mais bien avant lui, des missionnaires ont conquis les rives du fleuve. Dans cette zone inhospitalière d'Equateur qu'est la forêt primitive, ici appelé Selva, vivent de nombreuses communautés indiennes dont celle des Huoaranis.
Il y a cinquante ans à peine ces indigènes n'avaient jamais vu l'homme blanc. Ils réprimaient avec violence toute tentative d'intrusion sur leur territoire, et pratiquaient le cannibalisme. Aujourd'hui l'industrie du pétrole s'est installé massivement dans la forêt, et a pénétré leur domaine. Des villages ont du se déplacer et se disperser devant la marche en avant des gros lobbies industriels.

Le tourisme a contribué à améliorer leur condition de vie. Pour autant cette tribu n'est pas totalement civilisée à l'heure actuelle, et accepte le développement du tourisme selon ses propres clauses. En remontant quelques années dans le passé, on aurait encore pu croiser ces hommes dans la forêt, totalement dévêtus. Mon regard se promène sur la carte du territoire équatorien déroulée sur l'une des tables de la salle commune. Je suis le cours du Napo, celui du Tiguino, de l'Amazone, en remontant les lignes courbes dessinées sur la carte. Avec elles, je remonte le cours du temps et de l'histoire passionnante de ces hommes. Je suis sur leur terre. Sur cette terre qui a su les accepter, mais que l'avancée spectaculaire de notre société de consommation ne regardera même pas lorsque l'heure viendra de posséder ce qui ne lui appartient pas…

En nous plongeant dans l'obscurité totale, nous écoutons avec forte impression le vacarme de l'activité nocturne de la forêt.
Tandis que nous prenons notre premier repas du soir, une araignée de la taille de ma main apparaît sur les grilles qui bordent le comptoir de la cuisine. C'est une rencontre appropriée, dans un univers propice. Elle fait partie du décor, et nous sommes les intrus. Si nous voyions cette bestiole dans notre environnement, cela nous choquerait et provoquerait à coup sur quelques réactions . Ici notre convive n'est pas une surprise…je préfère dire que nous l'attendions. A quelques pas de la table où nous mangeons, au bord de la lagune, les caïmans curieux et affamés, montrent leur gueule…
A 22h chacun à rejoins sa chambre. Le ronronnement du groupe électrogène cesse. Notre habitat se retrouve plongé dans la nuit noire et profonde. Désormais chaque déplacement doit se faire à la lampe torche. Il n'y a pas d'électricité dans ce milieu reculé. Les petits déplacements pour rejoindre les toilettes se font en balayant le sol d'un faisceau rapide, afin d'éviter de poser le pied sur une éventuel corps animal étranger.

Jour2

Réveil vers 6h45. La première nuit passée dans le lodge fût reposante. Les bruits nocturnes ne m'ont pas empêché de fermer l'œil. Après un copieux déjeuner, nous partons en forêt avec nos guides. On redescend le fleuve pendant environ 1 heure. Nous sommes ravis par cette ambiance Ushuaïa Nature. Entendant des singes notre guide arrime la barque sur le berge puis à la machette nous ouvre un chemin. Nous les voyons furtivement sauter de branches en branches. Au cours de la marche, on nous explique l'utilité des différentes plantes médicinales et leur recours pour diverses guérisons. C'est un laboratoire pharmaceutique aux ressources infinies dont les peuples indiens connaissent chaque secret. C'est entre autre le cas pour la communauté Huoarani sur le territoire de laquelle nous nous trouvons.

Nous rejoignons ensuite une lagune en pirogue (qu'il a fallu sortir de la vase et écoper) . Dans le silence , nous tentons d'apercevoir quelques oiseaux. Il y a quelques temps, un anaconda avait élu résidence dans cette lagune. Mais la période n'est plus propice, et le géant des eaux a changé de domicile. Je n'apercevrai donc pas ce corps de plusieurs mètres de longueur et au diamètre impressionnant serpenter sur les berges que nous longeons. Par contre nous observons un boa rouge, quelques fourmilières géantes en haut des arbres, des tortues…
Lors du repas sous une branche sur la berge nous apercevons des traces de jaguar, de tapir et de tatoo.

Plus tard dans l'après-midi nous retournons sur la rivière, afin de pêcher le piranha, que nous appâtons à l'aide de gros morceaux de viande rouge. Les histoires affublent concernant sa férocité, souvent à tord. Ici, l'homme apparaît beaucoup plus intraitable envers lui en le pêchant pour sa simple satisfaction. Aussi la méthode un peu barbare qu'emploie notre guide pour les tuer me fait froid dans le dos. Je constate avec soulagement que mes amorces se traduisent par des rapts de viande, et je dois avouer qu'à certains moments je ne remplace pas mon appât, préférant laisser le poisson fuir.
Le temps est merveilleux, on aperçoit autour de nous des vols de perroquets, de vautours, de toucans …C'est vraiment un paradis .Nous partons aussi dans la forêt pour rechercher un marais salé où les animaux viennent s'abreuvoir, point de chasse des indiens.
Après cette superbe journée nous rejoignons nos moustiquaires vers 22h.

Jour 3

A 6 heures, nous sommes réveillés par les souris qui ont mangé mes chocolats. J'ai les yeux pourris. A une heure très matinale nous descendons sur le rio Tiguino, observer la faune et écouter le chant de la forêt qui s'éveille. Plusieurs tortues bronzent sur un tronc d'arbre ou sur un gros rocher. L'approche du canot, pourtant très silencieuse, les fait immédiatement plonger sous l'eau…Un toucan passe au dessus de nos têtes…Le chant complexe de la vie amazonienne bat son plein.
Nous rentrons prendre le breakfast, puis partons en forêt par un accès situé derrière le lodge juste avec Daniela et Cyrillo Le pied ! Je commence à me sentir à mon aise dans ce monde sauvage, où l'homme n'a pas sa place. La jungle est dense. Les espèces végétales sont nombreuses. Il faut parfois la lame de la machette pour frayer notre chemin. En pénétrant dans la forêt, nous observons les traces encore fraîches d'un jaguar, animal magnifique et emblématique de la région. Sur la canopée, un singe agite les branches. Nous le suivons au bruit et à la vue des branches qui plient sous son poids. Nos guides font perdurer la traque, en lançant des cris de rassemblement. Mais notre patience ne viendra pas à bout de l'agilité de ce petit animal rusé. Nous n'apercevrons pas ce singe qui se cache, là-haut dans la cime des arbres, à l'abri de certains de ces prédateurs. Au cours de la marche, nous identifions de nombreuses espèces d'arbres. On s'émerveille devant ce que peut voir notre guide et sur le savoir des indiens. On goûte des plantes, ramassons des graines, sautons à la liane, franchissons des ponts en arbre, voyons des arbres géants, des fourmilières, des mille pattes, des petits scorpions……… La branche taillée de l'un d'eux se révèle être un rafraîchissant réservoir d'eau, légèrement fruitée et sucrée. Il s'avère bien utile pour les chasseurs lorsque que la chaleur et l'humidité s'abattent sans relâche sur les organismes. Plus loin, nous découvrons la liane du curare, utilisée par les indiens Huoaranis pour de la chasse aux singes. Prélevée sous forme de poudre, le curare est ensuite déposé sur une feuille, mélangé à de l'eau, puis filtrée. Après avoir fait bouillir le breuvage, l'écorce finira par donner le poison que les chasseurs déposent à l'extrémité de leur flèche. Lorsque la proie sera touchée par la flèche, le poison l'affaiblira jusqu'à ce que celle-ci finisse par tomber de l'arbre.
Chaque espèce d'arbre, insignifiante à nos yeux de profanes, contribue à enrichir, au cours de notre marche, nos connaissances sur la culture des peuples amazoniens. La feuille de l'un servira aux femmes pour concevoir différents objets dont ce panier que nos guides réalisent avec habileté . L'écorce d'un autre s'avérera être un remède contre la fièvre. Derrière tant d'espèces se cache un nombre époustouflant de plantes médicinales. Nous sommes bluffés par le gigantisme de la nature et la largeur de base absolument impressionnante d'un arbre. Adossé contre le tronc, les bras écartés, je ne suis qu'un insecte sur une branche.
Nous prenons des moments de repos au lodge dans les hamacs. Un énorme lézard, genre varan, passe à coté de nous. L'ambiance est extra. Nous sommes seuls au milieu de nulle part.

Daniéla et le guide nous montrent l'usage de la sarbacane. L'instrument de chasse est réalisé en deux parties assemblées entre elles à l'aide d'une colle naturelle. L'instrument mesure bien deux mètres et pèse relativement lourd. Les Huaoranis l'utilisent lors de leur chasse aux singes. Nous nous exerçons à viser une cible située à une dizaine de mètres. Puis nous testons la puissance de l'arme en projetant dans les airs, en direction de la forêt, les flèches taillées dans le bois. C'est sur son extrémité que les indiens déposent le poison. L'objet est lourd, et il est difficile de le tenir à bout de bras. Il est plus difficile encore de la maintenir longtemps afin d'attendre le bon moment et de souffler le projectile. L'agilité et la précision dont font preuve les indiens sont remarquables. Lorsque je pense au mal que nous nous sommes donné pour tenter d'observer un singe, sans succès, cela renforce l'idée que pour vivre dans cette nature, il faut y être né. L'homme doit pouvoir s'y fondre et en devenir un élément afin de pouvoir l'appréhender. La chasse à la sarbacane en est l'illustration même. L'homme a su s'adapter au milieu pour sa survie. Cette adaptation ne s'improvise pas…

Accroché au bar, derrière le comptoir, une guitare prend la poussière. Loin de la pollution lumineuse des villes, isolée au cœur de la forêt primaire, le ciel nous parle de ses milliards de petites lucioles qui perforent l'espace infini. Après un jour d'adaptation et d'imprégnation, l'atmosphère qui règne devient exaltante. La nature impose sa force et son respect dans un univers où nous ne sommes qu'acceptés.
Les faisceaux de lumière des torches balayent la rivière de berge en berge. Les yeux des caïmans brillent, rouges, lorsque la lumière les rencontre . L'animal adulte peut atteindre deux à trois mètres. Il en existe deux autres sortes sur le bassin amazonien, dont le blanc qui peut atteindre cinq mètres de long. Son aspect s'apparente au caïman noir, mais son dos est lisse.
Sur le toit en feuillage du lodge, un boa se promène parfois. Un petit crissement nous indique que peut être cet invité surprise se trouve parmi nous. J'imagine son corps reptilien se faufiler au dessus de nos têtes, sur les palmes chauffés. Quant aux tarentules, elles sont toujours là!

Une tisane de fleur locale et au lit.

Jour 4

Les nuits sont particulièrement reposantes .Même si l' "araignées des toilettes", les souris et les japonais se levant en pleine nuit pour observer les oiseaux m'ont un peu éveillé. Après avoir pris le petit déjeuner, nous partons en forêt pour à peu près 4 heures, à la découverte de nouvelles espèces et de nouvelles applications( la love potion, le caoutchouc, la liane de curare, " el sangre del diablo "). Nos bottes de caoutchouc marquent leurs empreintes sur le sol humide. Dans le silence de nos pas, nous écoutons de légers grognements qui viennent d'assez loin. Daniéla nous informe de la présence de cochons sauvages dans les parages. Nous avançons aussi discrètement que possible dans la direction des bruits. Dissimulés derrière les feuillages, nous scrutons attentivement ce que la densité d'arbres nous laisse comme visibilité..
Un peu plus loin, ce sont les fourmis qui retiennent notre attention. Leur royaume est parfaitement organisé. Pendant que les petites ouvrières sont chargées d'approvisionner la fourmilière en nourriture, les soldats veillent sur leur domaine. A la moindre alerte, les grosses fourmis dont la fonction est d'assurer la sécurité, sortent de terre et se ruent sur l'agresseur. Sur un autre site, nous goûtons à des larves de petites fourmis qui se développent à l'intérieur de la branche d'un arbuste. Ces larves confèrent un goût citronné, qui rappelle l'acidité de bonbons acidulés. On goûte aussi des écorces très amères.
On essaye aussi sans succès de grimper aux arbres les pieds joints par des lianes. Au dessus de nous continue l'éternel ballet de singes, perroquets et toucans. Le guide nous trouve même avec son œil affûté un petit scorpion noir dont on se demande comment il a pu le détecter
De retour au lodge, je me livre à l'identification de certaines des espèces d'oiseaux que nous avons aperçues jusqu'ici. Grâce au recueil ornithologique, je peux associé le nom de hoatzin à ces oiseaux préhistoriques coiffés d'une crête. De petits oiseaux noirs et rouges, au plumage flamboyant, complètent le registre des oiseaux que je répertorie.
Pancho est un oiseau de la forêt qui a été récupéré après avoir été blessés par des indiens. Il vit maintenant à Bataburo, en totale liberté et totalement domestiqué. Lorsqu'il a soif, il est capable de boire dans un verre qu'on lui présente. Sur la balustrade en bois qui longe la passerelle reliant le lodge à la salle commune, Pancho se déplace en faisant glisser l'une après l'autre ses pâtes, latéralement. Lorsque l'envie lui prend de faire un petit vol, il grimpe au sommet des poutres de maintient de la toiture. Il rejoint son aire de décollage en se glissant jusqu'à l'extrémité supérieure, en se hissant de la même manière qu'il longe la balustrade. Puis, il s'élance, ouvrant grand ses ailes, et se repose plus loin, sur le sol.


Après cette leçon, nous en prenons une seconde qui concerne l'ingéniosité de ces peuplades. Nous réalisons un bracelet en fibre végétale, et je m'interroge aujourd'hui encore sur l'origine de la technique mise au point. Quel heureux hasard a permis de mettre au point la méthode élaborée qu'on nous explique et que nous appliquons ? Comment imaginer aussi que la nature puisse mettre à disposition de l'homme des outils d'une structure si parfaite ? Pour concevoir ce petit objet artisanal, nous prélevons dans la forêt quelques feuilles aux dimensions hors normes. Il faut commencer par séparer la feuille en deux parties superposées, en retirant une tige qui permet de les maintenir. Par un procédé assez élaboré, en se servant d'un pied comme point de maintien de la feuille, puis en la frottant sur une cuisse, on arrive à décoller une membrane extrêmement fine. Cette pellicule, une fois roulée d'une manière bien spécifique (ce qui d'ailleurs peut être très désagréable avec les poils des cuisses) constituera une fibre incroyablement résistante. En tressant deux de ces fibres ensemble, on réalise ainsi le bracelet qu'il ne restera plus qu'à nouer au poignet.
De nouveau plongé dans mes observations, un livre à la main, bercé par une musique indigène, je laisse mon imagination me transporter dans un autre temps. C'est le temps des explorateurs. Ceux qui ,la nuit tombée, établissaient leur campement près de la rivière, puis reprenaient leur itinéraire, à la recherche de nouveautés, de contrées inconnues, de zones inexplorées. C'est aussi le temps des missionnaires, établis sur les rives de l'Amazone. Qui sait si ce soir, un La Condamine des temps modernes ne pointera pas le museau effilé de sa pirogue? Ce monde est fascinant. Encore faut-il le respecter pour espérer l'aborder car il ne pardonnerait pas une attitude désinvolte.
La fin de la journée sera consacrée à la pêche aux piranhas. On en prend 2 que l'on partagera ce soir au repas avec plaisir. Un petit mot sur le chef cuisinier du lodge… il expliquera que la dollarisation récente a appauvri davantage le pays. Bien que Bataburo présente un lieu formidable, il va bientôt quitter son travail, pour rejoindre sa famille à Quito. La capitale est à quelques heures d'avion, mais son niveau de vie est trop bas pour se permettre ce luxe. Il aimerait amasser suffisamment d'argent pour se payer une formation avec les meilleurs cuisiniers de la capitale. Une chose est certaine, sa nourriture est un régal. Mais comme il ne possède pas de diplôme, il ne peut pas prétendre à un salaire très honorable. Le tarif des quelques jours passés ici représente quasiment son salaire.
Un jour peut être, Jamon sera chef cuisinier dans un grand restaurant

Nous observons pour la dernière fois la forêt, de nuit. Si nous n'apercevons pas une grande quantité d'insectes, nous pouvons sentir la grandeur de la selva. Lorsque nos torches sont éteintes, nous sommes immergés dans la vie nocturne de la jungle, et dans son écrasante puissance. Nous ne l'apercevons pas, mais elle nous communique sa présence. Dans la végétation millénaire, un orchestre sans limite propose son récital grandiose.
Après manger, nous discutons avec Daniéla qui nous raconte son pays avec beaucoup de culture et de passions. Elle en profite pour nous donner des tuyaux sur Quito. Je m'étends dans un hamac, porté par son balancement et le son de la vie animale.

Jour 5

On se lève tôt pour profiter des dernières heures au sein de cette forêt. Il fait beau et bon, comme c'est le cas depuis notre arrivée, il y a quatre jours. La Selva nous aura épargné de ses eaux torrentielles. Je me balance sur le hamac en attendant l'heure du déjeuner, et m'imprègne encore un peu de l'atmosphère qui règne. Bientôt, lorsque les affaires seront rassemblées, il sera l'heure de quitter Bataburo. Ce monde hostile aura livré le temps de mon passage quelques uns de ses secrets. Je salut également Pancho, qui pour me souhaiter bon vent, plante une de ses griffes dans mon bras. A l'avant du canot, je surveille les berges et observe les oiseaux devenus familiers, et qui dans quelques heures auront disparus de mon environnement. Après trois heures de pirogue , un repas au côté du chez indien de la région ..tenant à surveiller l'arrivée et le départ de touristes.. , puis 2h30 éprouvantes de 4x4 et on arrive à Coca. Nous y passons la fin de journée tranquillement.
A 21H nous montons dans un bus de nuit peu confortable. A la sortie de la ville, nous sommes soumis à un contrôle de police. Les hommes sortent du véhicule et s'alignent en file indienne pour une vérification d'identité. Un à un, nous nous plaquons face contre l'avant du bus, les bras et les jambes écartés, tels des criminels, pour une fouille corporelle. La situation est inhabituelle, pourtant il s'agit d'un exercice de routine car nous sommes sur une zone réglementée.
Jusque tard dans la nuit, le bus s'arrête pour faire monter des passagers. S'il existe bien des stations dans les villes, il suffit de faire signe depuis le bord de la route pour que le bus stoppe. Ainsi jusqu'à 23 heures, c'est un va et vient continu. A chaque arrêt la lumière éblouit et interrompt le sommeil qui nous gagne difficilement .
Assez fatigués on arrive à Quito à 5h30 du matin . Pseudo petit déjeuner puis c'est le transfert en taxi pour l'auberge El cafecito. Accueil moyen, beaucoup de touristes. Finalement décevant par rapport au reste de nos hébergement. On passe l'après midi à la recherche de souvenirs intéressants dans les quartiers commerciaux de Quito. On pensait au début que la vielle était dépourvue de quartier classe on s'était bien trompés. A Quicentro ou à El jardin on faisait même un peu pauvre ! Les prix ne sont pas intéressants ; on repartira bredouille. J'ai toujours mal aux yeux, je suis crevé…on rentre à l'hôtel où l'on a un peu de mal à avoir les clefs de nos chambres. Nick reste sur Internet, j'en profite pour faire les galeries d'art et de souvenirs. Le meilleur y côtoie le pire. J'achète quelques jolies choses en laine d'alpaga. Nick ne mangera rien ce soir...moi je me régale…Au lit assez vite…heureux de trouver un bon lit après le transfert en bus.

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PLUS DE PHOTOS D'AMAZONIE!

VIDEO DE LA PARTIE AMAZONIENNE

Séjour au lodge Botaburo dans le territoire des indiens Huoranis.
Nature, tir à la sarbacane, pêche aux piranhas et énormes tarentules ...L'enfer vert!

RETOUR A QUITO

On se lève encore assez tôt pour partir en trolley bus puis en bus pour la Mitad del Mundo, après avoir hésité longtemps avant de choisir ce lieu d'excursion. On sent l'arnaque pour touriste mais nous sommes surtout intéressés par le musée de physique situé sur l'Equateur. On arrive là-bas à l'ouverture. Bof ! Pas grand-chose à faire. La ligne de l'Equateur tracée n'est pas vraiment au bon endroit mais sert de ligne de symétrie pour le site. On visite cependant quelques pavillons intéressants dont un en particulier sur le travail de La Condamine. La visite du Musée Inti Nan à proximité s'avère amusante. Ici, sur la vraie ligne, le guide sort beaucoup de bêtises physiques pour meubler. On place des œufs sur des clous, observons l'expérience (fausse !) de la vidange d'un évier​​VIDEO, on tient l'équilibre sur la ligne. On observe par chance un phénomène remarquable : un arc en ciel circulaire. Je le filme même et le montrerai à mes élèves de retour en France. On peut aussi dans ce musée tirer à la sarbacane et observer des objets et des scènes de vie des indiens. Au final c'est une bonne visite. Au retour nous raterons l'arrêt en ville et ,voyant que l'on repart d'où l'on vient ,on se fera déposer dans un faubourg de la ville. Heureusement on n'est pas trop loin du centre ce qui nous permet de rejoindre aisément le trolley bus qui nous emmènera à la ville coloniale pour acheter quelques souvenirs .Nous retournons à la ville moderne, reprenons les sacs à l'hôtel et rejoignons Thierry à l'Auberge Inn, qui restera notre endroit préféré pour dormir à Quito. Pour le dernier soir on se paye un restaurant " à viande". Délicieux…pour 7 dollars un bon menu ...avec des portions de bœuf hallucinantes. La viande argentine est à la hauteur de sa réputation. Nick en perd son espagnol en appelant le patron " caballo " ! Grosse rigolade ! On finira la soirée dans le quartier routard autour d'un bon cocktail. Discussions sur l'amour ...comme toujours. Retour vers 1 heure à pied malgré les recommandations…

Le lendemain, après quelques derniers achats nous quitterons le pays. A l'aéroport la queue immense nous fit croire un moment que nous allions rater le vol. Heureusement celui-ci a du retard. On se fait arnaquer et rentrons avec un charter Air Madrid où tout sent l'amateurisme. A l'arrivée ,bien sûr, mes bagages ainsi que ceux de nombreux passagers manqueront. On portera maintes fois réclamation sans succès.

CONCLUSION




​Avec le recul je pense que ce voyage restera un de mes plus marquants. De part sa variété tout d'abord. La visite des Iles Galapagos est un must. Le prix est totalement oublié tellement les rencontres sont extraordinaires. Les Andes et l'ascension du Cotopaxi resteront aussi un grand moment de dépassement de soi . Quant à la découverte de l'Amazonie, elle fût magique et donne vraiment envie de retourner dans ces lieux. Les gens sont très accueillants. La langue est finalement facilement compréhensible. L'organisation des transports et des hébergements est aisée. C'est un pays sans stress, à conseiller à tous.

LE POUR: la nature,la simplicité des transports, les paysages, la diversité, les petites dimensions du pays, les Galapagos et ses animaux.

LE CONTRE: le budget, l'insécurité des grandes villes, pas grand chose...