INDE

POURQUOI L' INDE?

En guise d'introduction je me contenterai de citer mon compagnon de route Thierry , qui ,je trouve ,a parfaitement résumé l'esprit et le but de notre voyage:

"Qu'est-ce qui intrigue et fascine les infatigables voyageurs : de grandes étendues sauvages où le regard n'a qu'à cueillir les images pour se sentir absorbé dans un milieu qui ne lui appartient pas ? Lever les yeux et rêver d'appartenir à un monde qui n'est pas le sien ? Côtoyer la différence et l'inconnu pour mieux se trouver et se découvrir ? Découvrir encore ce que l'autre possède ou convoite, pour comprendre qui nous sommes ? Voyager, c'est avancer au rythme lent qui est le notre, échanger un regard perdu, et chaque fois sentir la raison d'exister. Parcourir le monde, c'est feuilleter un livre d'évasion, se gonfler d'émotions et de sensations nouvelles, et enrichir sa propre connaissance. C'est aussi les partager et donner l'envie, transmettre la passion.

Pourquoi partir si loin pour idéaliser cet accomplissement ? Certains se suffisent à eux-mêmes, ou le pensent, en voyageant à travers les livres, les reportages.
Pour d'autres, la vérité se trouve dans l'acte et le besoin de réaliser ses fantasmes d'aventuriers. Toucher, sentir, entendre…faire participer tous ses sens au spectacle de la vie. [...]
Quelle contrée est plus porteuse de fascination dans les mémoires occidentales que l'Inde ? Ce pays, à travers Bouddha, et de nombreuses religions, évoque chez nous le mysticisme oriental. Les images reçues de l' hindouisme, de la sagesse du saddhu, de la bienveillance du sikh, ou encore du sacré de l'animal, nous éveillent, nous intriguent. Les prières portées par des croyances fondamentalement différentes de celles que nous côtoyons, nous transcendent. Les palais et princesses rivalisent de beauté dans une magie inspirée des milles et une nuit. Les tenues et les danses chavirent dans les nuits indiennes.
Oui, il est vrai que l'Inde fascine les occidentaux parce qu'elle représente un idéal, une vague d'inspiration dans la quête d'un sens à donner à la vie.
Comme beaucoup d'entre nous, je désire moi aussi me lancer dans cette recherche universelle. Si la vie en elle-même n'a pas de sens, il est bon non pas d'en chercher un, mais d'en trouver un à la sienne. Je pense avoir trouvé le mien. Aussi ce n'est pas en accomplissant une démarche mystique que je désire accomplir ce voyage, mais pour comprendre cette quête insatiable qui attise grand nombre de voyageurs. C'est un pays immense, près de six fois la France, vingt fois sa population. L'Inde n'est pas le pays d'un voyage, mais peut être celui d'une vie."

POURQUOI LE LADAKH?

"Il y a des années qu'une région himalayenne figure dans nos esprits comme le Graal du trek : le Ladakh. partie indienne de la vaste chaîne de montagnes où culminent les quatorze huit milles de la planète. Ici comme ailleurs, le tourisme est en train de prendre du terrain, de s'intensifier. Là où il y a quelques années, on ne dénombrait que quelques hôtels et agences de voyages, on les trouve aujourd'hui en quantité. Profitant notamment des difficultés qui règnent au Népal, la région voit arriver les trekkeurs un peu plus nombreux chaque année. [...]

L'EQUIPE

"Vincent projette également l'Inde comme destination estivale, et Stéphane sera du voyage. Pour lui, le Ladakh représente le danger de l'avenir. Alors, ensemble, c'est vers ce petit bout de montagne que nous nous envolerons. Sans lui cette aventure n'aurait pas pris naissance. Je voulais voir l'Inde profonde, la vie le long de la vallée du Gange , côtoyer le fourmillement du fleuve. Je partirai marcher sur les traces du bouddhisme du nord, dans les fortes traditions tibétaines. "

PLAN DU VOYAGE

ITINERAIRE ET ORGANISATION

"Notre périple se déroulera en trois parties.
_ Tout d'abord nous visiterons le pays en périphérie de la capitale Delhi, où nous resterons quelques jours pour prendre connaissance d'un mode de vie palpitant, dans un environnement étonnant. Durant ces quelques jours, nous descendrons vers le sud, à la découverte d'un des palais les plus célèbres au monde. Le Taj Mahal évoque l'amour à travers la légende qui le fait vivre. Serons nous touchés par cette vague de romantisme qui s'est emparée de tant de voyageurs?

_ Après ce laps de temps, d'imprégnation à la culture hindouiste, et la découverte de citées impériales, nous reprendrons l'avion pour nous élever jusqu'à Leh. Capitale du Ladakh, cette petite ville aux dimensions touristiques, sera notre point central pour rayonner dans un vaste périmètre, où nous partirons à la découverte des monastères de la région. Dans les temples, nous rencontrerons un rituel de vie ancré par la présence des moines bouddhistes. Nous rejoindrons ensuite en véhicule motorisé, le lac Tso Kar. Ce sera le point de départ d'une traversée à pied de dix jours, en haute altitude, à travers la région du Spiti, où vivent de nombreuses familles de nomades. Paysages sauvages, esseulés, ce trek sera l'occasion de se confronter à des questionnements personnels. Quelle sera notre réaction face à l'isolement prolongé ? Comment notre organisme se comportera-t-il dans de telles conditions d'altitude? Au-delà des interrogations intérieures, quel spectacle naturel sera notre quotidien ?

_ Après cette expérience, nous entamerons la longue redescente vers la capitale. Manali, escale de choix, sera pour moi un lieu de rencontre avec les enfants d'une école de nomades. Comment va la vie pour ces gosses de la rue ? Enfin, la route, vers le sud nous conduira jusqu'à Shimla où les singes seront nos hôtes dans les rues désertes de la nuit bleutée. Cette ultime étape nous permettra d'achever une grande boucle, en retrouvant la capitale des premiers jours. Ne perdons plus de temps, et immergeons nous dès à présent dans un univers de sensationnel…. "

PERIODE :
Nous sommes partis 1 mois, de début juillet à début août. La mousson ,un peu en retard, nous a atteint en début de séjour. Ce n'est pas un obstacle en soit. C'est une période attendue par un grand nombre de gens. Nous n'avons eu aucune mésaventures liée au climat. Un bon poncho ou un vieux parapluie feront l'affaire. Sinon il y a du monde partout alors dire que ce serait "mieux " hors vacances scolaire...Je ne sais pas . Des touristes certes mais rien de gênant.
Pour en savoir plus sur le climat , le site de Météo Consult.

NIVEAU:
Hormis une certain aptitude à supporter une forte chaleur humide, la foule , le bruit , les rabatteurs, les retards, les transports surpeuplés, une nourriture particulière, la misère....c'est un voyage pour tous. Ce ne sont pas des vacances quand même. On se pose beaucoup de questions sur ce qui nous entoure. Il faut s'y préparer.
Pour le trek: voir plus bas.

HEBERGEMENT ET BUDGET (2006):
Dans notre gamme de prix ( de 250 à 1000 roupies (taux de change ) par chambre de 3 ) on peut avoir du "pas terrible " à du" sympa" avec Air Conditionné. On mange bien dans les petits snacks ou dans les hôtels pour 150 roupies. Prévoir quand même plus de 2000 euros par personne pour faire ce qu'on a fait.

QUELQUES LIENS UTILES
Pour préparer et compléter ce voyage nous avons utilisé :
_ le Guide du Routard Inde du Nord. On le critique dans la presse mais je reste un fidèle utilisateur et le Lonely Planet Inde du Nord ( bien sûr plus complet..pas de Shimla dans le routard...) .
_ un site de l'office de tourisme de l'INDE.

POUR LE LADAKH: voir plus bas.

PREMIERE PARTIE: L'ARRIVEE EN INDE

La France vient de remporter la demi- finale de la coupe du monde de football contre le Portugal. Cela tombe bien, pour célébrer cette victoire, nous prenons l'avion pour Munich et attendons trois heures dans ce bel et grand aéroport. Nous changeons nos euros en roupies à des taux très différents et souvent peu intéressants (de 38 à 46 roupies pour un euro).Un conseil: attendez d'arriver en Inde pour faire votre change! Nous laissons, confiants, nos sacs de 12 à 13 kilos partir pour Delhi que nous atteignons après un trajet sans stress d'environ sept heures . Dès l'arrivée nous prenons la température du pays en subissant une longue attente à l'aéroport pour le tampon de la douane. Odeur, musique, l'ambiance est un petit peu désuète , le gris est la couleur dominante. Mais où sont les saris colorés des clichés de l'Inde? On retire de nouveau des roupies à un taux bien plus avantageux qu'en Allemagne. Il ne nous reste plus qu'à prendre un taxi, prépayé dans le hall, le voyage peut commencer.
D'entrée c'est le choc : il fait très chaud, beaucoup de bruit, le chauffeur roule vite et n'importe comment, lâchant le volant en nous parlant...Il faut s'adapter aux nouvelles normes de sécurité !
Il nous lâche sains et saufs dans une ruelle au nord de Pahar Ganj, aux portes du Vieux Delhi , quartier prisé des routards mais que nous trouvons assez sordide à première vue. Le choc prévu est bien là : vache, bruit, chèvres, chiens, odeur,foule, misère... Bien plus qu'à Quito, Bangkok, où au Caire je n'avais jamais rien vu d'aussi... chaotique. Avec la chaleur et la moiteur ambiante on ruisselle littéralement : un vrai sauna. Après quelques errements nous trouvons enfin notre hôtel, le vénérable et assez confortable Amax Inn , au bout d'une impasse miteuse. On laisse les sacs puis on se repose un peu dans les sofas de la réception en passant pas mal de temps à trouver un itinéraire pour demain. Finalement, nous irons, en bons touristes, à Agra (le bus "des hôtels" à 450 roupies pour environ 4 h 30 de trajet). On aurait bien aimé prendre le train mais tout était complet pour le lendemain. Nous décidons alors de partir à pied visiter Old Delhi. On marche, marche, on se perd. L'ambiance est assez déroutante : la misère nous choque comme jamais. C'est un chaos permanent. Assoiffés, nous sommes, mais rien pour se reposer ou boire. Nous échouons enfin devant la mosquée, au restaurant Karim, le plus réputé du quartier. Pour ne pas traumatiser nos estomacs peu habitués, nous commençons notre itinéraire gastronomique par des plats très tranquilles : riz blanc, kebab ! L'ensemble est un peu décevant, on s'inquiète sur les endroits où l'on va pouvoir se nourrir. Nous atteignons ensuite le Fort Rouge que l'on visite. Ce soi-disant magnifique édifice nous déçoit un peu. Peut-être est-ce dû à la fatigue du premier jour. Pour 50 roupies on rentrera à Connaught Place en tuk-tuk. Ce quartier est bien plus tranquille, moderne, on en profite pour se reposer au frais au Pizza Hut (deux pichets de soda ). On ne fait que boire mais on a l'impression de tout transpirer aussitôt. De retour à l'hôtel, après de nombreuses douches, nous commençons déjà nos premières lessives (une journée ici vaut bien une semaine en France au niveau salissures).
Quel bilan donné à cette première journée ? Notre moral est bon, on se sent en sécurité dans ce pays le temps même s'ils vivent dans un autre monde : il semble a priori invivable pour nous, à la limite de la survie . Bien sûr, pas de film, très peu de photos, on a passé le plus clair de notre temps à regarder nos pieds, un peu comme si nous étions gênés de voir tant de misère. Aucun de nous n'a le coup de foudre. On passera la soirée à débattre sur l'utilité ou l'inutilité de notre séjour. Extinction des feux vers 22 heures.

AGRA et le TAJ MAHAL

Malgré le ventilateur et un vétuste système d'air conditionné, il fait entre 35 et 37° dans la pièce. On crève de soif et on n'a pas pris assez de bouteilles. Je me réveille vers minuit pensant l'aube proche. Grosse déception, il faudra attendre en se tordant dans le lit jusqu'à six heures du matin pour enfin pouvoir se lever. On décide de laisser nos sacs à la réception de l'hôtel, un peu inquiets de leur faire confiance. Nous prenons, tôt le matin, place dans un très beau bus nommé ... " Tourist " en direction d'Agra. Le trajet est assez long. On traverse l' interminable banlieue de Delhi avec son lot de pauvres , de décharges, d'usines, de vaches…
Beaucoup d'images choquantes défilent devant nos yeux. On s'arrêtera prendre le petit déjeuner dans un petit restaurant routier en bord de route. Malgré la confiance toute relative que nous inspirent les cuisines, on se risque à prendre des toasts au fromage. L'arrivée à Agra nous posera quelques problèmes. Comme prévu dans le guide des arnaques , on nous déposera loin du Taj Mahal. Le stratagème est bien rodé : il nous faut alors prendre un Tuk-Tuk , commissionnée par l'agence. En fait on n'est pas obligé de le payer ,on doit simplement lui donner un pourboire. Il nous raconte Agra est vraiment " arnaque City ", tout le monde veut le bizness. Le mec veut alors nous emmener un peu partout et nous avons beaucoup de mal à lui faire comprendre que nous voulons juste un aller simple pour le Taj Mahal. Ils nous laissera à 100 mètres de la porte est. Nous posons nos valises à l'hôtel Sheela ,où la chambre ,avec air conditionné, un peu chère, sera négociée à 900 roupies. On se repose à l'hôtel, y mange bien, se repose au frais puis on décide de partir visiter le Taj Mahal. À notre vue, les rabatteurs s'affolent. On ira finalement seul. Après une fouille à l'entrée, après avoir reçu en cadeau les 500 ml d'eau (peut-être pour faire passer les 750 roupies de l'entrée) on commence la visite, dans une marée humaine . C'est certes beau, mais nous ne ressentons pas la Grande Émotion. On y reste environ trois heures, assis par-ci par-là. Beaucoup d'indiens rigolent en nous voyant, peut-être à cause de Stéphane, ressemblant étrangement à un Sikh. Une belle esplanade nous procure une très belle vue sur la rivière où l'on voit des troupeaux de chèvres et des jeunes qui les gardent. Par crainte du terrorisme, des gardes armés siègent ici et là. La nuit tombe sur le site, les travées se vident, et nous commençons vraiment maintenant à ressentir la beauté de cet immense mausolée. Moins impressionnant que la pyramide de Gizeh, mais ne pas le voir serait quand même une erreur. Nous rentrons tranquillement à notre hôtel, situé à 100 mètres de l'entrée, 100 mètres qui suffisent largement à une horde de vendeurs pour ne pas nous lâcher. Après un bref repos dans la chambre, nous partons en ville manger dans un petit restaurant conseillé par le Routard, nommé Johnny 's place. C'est tous petit, la cuisine est légèrement épicée, mais tout est très bon et le patron très sympathique. Des français en stage, nous parlent de leurs galères à Agra. Pour eux Delhi est une ville calme, ce n'est pas l'Inde, on imagine le reste. Le quartier est sympathique. Dans une ambiance musulmane, on s'imaginerait plutôt au Caire qu'en Inde. On retrouve avec plaisir notre hôtel , dans le calme, au froid, pour enfin dormir. Le moral est toujours très bon, pas de problèmes de santé, cette journée, assez tranquille ,nous permet de prendre le rythme du voyage.

FATEHPUR SIKRI ET SA CITADELLE

n se réveille, après une très bonne nuit, vers sept heures mais personne ne bouge... On va rester à glander jusqu'à 10 heures au lit. Problème : il pleut averse et on n'a rien pour se couvrir. On décide de partir quand même, sous la pluie. Cent mètres plus loin, trempés, nous réservons le train de demain pour Delhi. On part, pataugeant dans les ruelles inondées, marchant un peu au hasard... La mousson comme on l'imagine ! On prend ensuite une navette gratuite qui nous amène jusqu'au Red Fort. Malgré la pluie, la visite est superbe. On profite de très belles vues sur le fleuve et le Taj Mahal. On s'imagine ici vraiment le passé de l'Inde , du temps des maharadjas . On reprendra un tuk tuk pour aller manger chez Joey's. C'est un endroit tranquille, nous demandons conseil au patron pour choisir nos plats .Nous ne sommes pas déçus. Agra , vue comme ça, est finalement une ville tranquille. On la quitte en prenant un bus bondé pour Fatehpur Sikri à environ 1 h 30 de là. Debout, dans l'allée centrale, on ne peut en faire rentrer plus ! Heureusement, la mousson a baissé la température, et le voyage reste supportable. Un gamin, malade, vomit sur mes pieds. Pas de panique. En France la mère aurait eu droit à quelques remarques…. Sous nos yeux défilent les principaux clichés de l'Inde de la mousson. À l'arrivée, nous trouvons vite un bon hôtel(Goverdhan Tourist Complex). puis commençons par visiter la partie gratuite du site... sur les conseils du patron. On se retrouve alors vite assiégé par les faux guides. Impossible de s'en débarrasser. Cela me gâche un peu le début des visites. Malgré tout, le site est superbe, et l'ambiance extraordinaire. Il y a finalement peu de touristes et beaucoup de gens qui les attendent. On observe à quelques scènes de chant impressionnantes dans la mosquée. Nous discutons longuement de foot avec des indiens, fans de la France, et de Zidane en particulier. Le site et immense. On hésite à s'aventurer hors du sentier classique de peur d'être trop spectateur de cette misère. Une grande partie de l'ancienne cité est en fait habitée par les locaux. On finira par se promener, errant dans la ville. Nous sommes presque les seuls touristes aujourd'hui. Les gens nous parlent, nous appellent, nous serrent la main, nous avons le sentiment bizarre d'être regardés par tout le monde. On voit, de regards furtifs, des endroits d'une extrême pauvreté, ambiance Moyen Âge. Des sourires, plein d'enfants souriant, ne sachant pas encore la vie difficile qui les attend... Et nous, qui rentrons à l'hôtel pour bien manger : 2 mondes s'opposent. Très bonne journée, tant au niveau du rythme qu'au niveau de notre estomac. Grâce à cette visite, on ressent un peu le passé et le présent de l'Inde. La misère et la pauvreté nous sautent aux yeux. Peu de gens passent la nuit ici , ils se contentent de passer deux heures dans la cité. La gentillesse des habitants, leur combat pour la survie nous met souvent mal à l'aise. Donner à des enfants ou pas ? Nous n'avons pas la réponse...
La soirée sera marquée par la finale de la coupe du monde de football : France- Italie . Bonne ambiance dans la chambre, entre les coupures de courant, et d'émetteur .

La fin de soirée sera plus triste, marquée par le coup de tête de Zidane . Triste fin de carrière . Au lit vers 2 h 30 .

Encore une bonne nuit suivie d'un réveil tardif, vers 11 heures. Nous partons visiter, à jeun, la partie payante du site. L'ambiance est super. Les vues sur les plaines, immenses, nous donnent déjà une idée du Rajasthan tout proche. Ses paysages oniriques nous aident à imaginer la vie d'antan... La même qu'aujourd'hui pour certains. Le site, habité par des singes, immense et très préservé, vaut bien les quelques heures que nous nous lui avons consacré. Après un très bon repas à l'hôtel, nous quittons la ville vers 14 heures. Cette fois, on arrive à l'avance, condition nécessaire pour trouver une place près des fenêtres ...voire une place tout court. On quitte cette ville marquante, d'un autre âge. Misère, odeur, saleté... en font une étape impressionnante.
Le retour à Agra sera tranquille. On repart dans le quartier du Taj Mahal chercher les billets de train. Il fait chaud, nous sommes un peu crevés, et en profitons pour attendre dans le quartier, sur une terrasse, observant les singes sur le toit. Nous partons ensuite pour la gare principale de Agra : Agra Cantonment, que nous atteignons en traversant des quartiers assez modernes. À notre grande surprise, la gare est finalement bien organisée. Par contre ,de nombreux mendiants, enfants, vieillards, nous assaillent en permanence. Ambiance pesante et lourde. Malaise. Privilèges des riches, notre wagon air conditionné est assez confortable. Après 5 h 30 de train (une heure de retard) on arrive à Delhi. Le timing est très serré : on arrive à notre hôtel vers 23 h 30, on réserve rapidement le taxi pour trois heures du matin, et on fonce au lit. Encore une bonne journée, malgré beaucoup de transport. Bizarrement, notre quartier de Delhi, nous paraît bien plus propre maintenant.

Plus de photos d'Agra et Fatehpur Sikri. Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.


PLUS DE PHOTOS D'AGRA ET FATEHPUR SIKRI!


DEUXIEME PARTIE: LE LADAKH

ARRIVEE à LEH
Le réveil à trois heures du matin est très difficile. Le taxi, en roulant à fond dans les artères désertes de la ville, n'a pas l'air plus heureux que nous de se lever en pleine nuit. Cette partie de la ville traversée est beaucoup plus moderne. Plus d'animaux, plus de personnes dormant dans les rues. On prend l'avion pour Leh à 5 h 40. Dans l'avion, nous lisons , avec soin, les exploits de Zidane dans les journaux. Après 1 h 30 de vol, ponctué de superbes vues sur l'Himalaya, l'avion se pose dans la capitale du Ladakh. On nous avait prévenu d'une descente spectaculaire sur la ville : on en ressort finalement assez déçus (même pas peur !). À l'arrivée, nos bagages ne sont pas là. L'armée a réquisitionné les soutes pour transporter ses propres bagages. On attend ainsi, dans la salle d'attente, le vol suivant, heureusement seulement dans 45 minutes. La première chose qui nous marque est l'intensité du soleil et la luminosité.
Un taxi prépayé nous amènera à notre guest house (Kunzang Guesthouse). La maison et l'accueil semblent très sympathiques. En plus nous profitons de superbes vues sur les montagnes( massif du Stok Kangri). On s'y repose un bon moment. C'est d'ailleurs ce que conseillent tous les guides : les premiers jours, ne rien faire ou presque. La maîtresse de maison nous offre le thé dans la salle commune. C'est une maison ladakhie traditionnelle avec ses toilettes écologiques : de vraies latrines à l'ancienne !Un trou , de la terre... On effectue ensuite, à pas mesurés, une visite succincte de la ville. L'ensemble étant assez décevant à mon goût : succession d'agences de voyages et de restaurants pour touristes. Ce soir 'il y a même une"full moon party"' pour satisfaire les jeunes israéliens , nombreux dans le nord de l'Inde et souvent peu appréciés pour leurs manières . On retourne vite se reposer dans notre chambre. Stéphane passe par des hauts et des bas, tant au niveau physique que moral. On le sent un peu faible ,voire déprimé par son état. Malgré notre annonce tardive, la maîtresse de maison nous servira un repas à neuf heures dans la salle commune. L'ambiance est très bonne. Autour de nous, quelques français, dont un guide de haute montagne très intéressant, travaillant pour Atalante. Stéphane ne peut manger Son état nous inquiète un peu. Cette première journée en haute montagne est telle que nous l'attendions. Malgré un léger mal de crâne, malgré l'état un peu inquiétant de Stéphane, mon moral reste bon.

Acclimatation et départ vers ALCHI
La nuit est mauvaise. Je tourne et retourne dans mon lit qui grince. Mon estomac me pousse aussi régulièrement à rejoindre,à la frontale, les " très agréables toilettes fleuries ". On passera d'ailleurs toute la matinée au lit pour s'acclimater encore et encore. Stéphane et Thierry sont un peu plus courageux que moi et s'égarent dans le quartier. Ce rythme , lent et inhabituel , est cependant nécessaire et on s'en accommode fort bien. Pendant ce temps , la vie mène son train dans la maison, la mère , portant encore les habits traditionnels, cultive ses légumes dans son jardin, légumes qui nous seront servis le soir même. Pour midi on choisit le Zen Garden, car situé proche de la maison. Sympa sans plus. Vers 14 h on se dirige vers la gare des bus, repassant par la rue principale, sans intérêt. Puis une autre facette de la vie apparaît, plus traditionnelle. On ne se sent pas en Inde. Les faciès des gens sont plutôt de type tibétains ou mongols. Malgré une bonne avance on trouve un bus déjà rempli à 90%. Les places se réservent puis s'échangent sans que l'on ne comprenne grand-chose. Vers 16 h nous quittons la ville par une succession de camps militaires (on n'est pas loin de la ligne de cessez le feu entre l'Inde et son ennemi juré le Pakistan). Les paysages sont beaux, très secs mais pas non plus très spectaculaires.  On commence à craindre la monotonie de notre futur trek. Un accident entre notre bus et un camion, ponctué par une vive bagarre, nous ramène à la réalité : le peace and love indien vu de l'Europe et la compassion bouddhiste ne sont pas toujours en adéquation avec la réalité, bien plus violente. On arrive à Alchi , terme de notre voyage. Ce petit village assez vert, à 3200 m d'altitude, est censé abriter un des plus vieux et beaux monastère bouddhiste de la région. On a du mal à trouver une guest house de libre et c'est au milieu de nos confrères touristes que l'on prendra le repas du soir. La soirée sera philosophique : dans nos lit, pour finir avec cette 2ème journée d'acclimatation, on débattra .Le thème? la perversité…bizarre.

ALCHI,LIKIR,BASGO et SPITUK

Super nuit…une des meilleures depuis le début. Vers 9h , après la douche et les biscuits dégustés sur le pouce , nous partons visiter le monastère d'Alchi en contrebas du village. A première vue l'architecture est peu impressionnante. La visite sera certes sympa mais décevante. Le monastère semble un peu mort. Les intérieurs sont très vieux et bien préservés mais on n'est pas assez sensibilisés à cette culture pour s'émerveiller. En bas du monastère coule l'impétueux fleuve Indus dont on peut approcher les berges. Il nous reste maintenant à attendre 4 h 30 le prochain bus ..ou marcher 5 km pour rejoindre la " grande " route et tenter le stop. Hasardeux comme programme. On finit par s'incruster, moyennant finances, dans un taxi avec 3 jeune belges à l'intérieur. Quelle riche idée !On visitera ainsi de nombreux monastères avant de rentrer sur Leh. On commence par Likir, dans un très beau cadre. La visite est très intéressante. On y mange pour trois fois rien : coca, banane, nouilles. L'école des moinillons apporte pas mal de vie au monastère, un peu désert en cette période de l'année. Ambiance tout au recueillement au milieu des salles de prières, enfumées d'encens et aux parquets bien cirés. On visite ensuite le monastère de Basgo, un peu moins connu que les précédents. Une petite grimpette est nécessaire, notre taxi n'étant pas un 4x4 ! L'ensemble est assez particulier , surtout au niveau de la géologie locale, très désertique. L'ensemble vaut le coup d'oeil . Puis c'est la longue descente sur Leh , suivant les convois de camions de l'armée. Faire son service militaire ici ..Quelle horreur ! Ambiance " Désert des Tartares " assurée ! Le temps assez nuageux rend ces montagnes bien austères. La marche nous inquiète de plus en plus….des cailloux … des cailloux .A perte de vue ! On finit par le monastère de Spituk,très proche de l'aéroport de Leh. Très intéressant, belles vues sur la plaine et sur les camps. De retour sur Leh on se renseigne au cybercafé ( je suis muté à Fumel, Stéphane n'a plus de nouvelles de Laure…mais continue de lui écrire tous les jours…). On s'offre ensuite un super repas car depuis le début la sous alimentation nous guette. Il fait assez froid et il pleut. Nous croyions à tord qu'il ne pleuvait jamais ou presque en cette saison. Le climat change...
La journée fut donc très bonne ….bien mieux que prévue grâce au bonus de visites offert par le taxi. On s'acclimate et se sent de mieux en mieux.

Préparation du trek et farniente

Nous passons encore une très bonne nuit et traînons jusqu'à environ 10 heures, à cause du mauvais temps (pluie et froid) . On décide alors de se promener dans le Main Bazar, prenant notre petit-déjeuner en marchant , goûtant l'excellent jus d'abricot local. Se perdant dans les ruelles du vieux Leh , on finit par trouver un chemin pour monter au palais. La montée est raide, les battements du coeur s'accélèrent mais la vue sur la ville du palais est très belle. On pousse même un peu plus haut jusqu'aux ruines d'un château. Après un bon repas, toujours sous la pluie, on décide d'aller écrire les cartes à la guest house. L'envoi des cartes à la poste est un moment assez amusant . Il faut nous-mêmes coller des timbres avec de la vielle colle , tout en sachant qu'il y a beaucoup de chances que peu de cartes partent . Le prix des timbres incite trop souvent les vendeurs à les garder pour eux. Le temps est maussade, on s'inquiète un peu des conditions en montagne. On en profite pour acheter des vivres supplémentaires et pour réserver le taxi pour demain.
Nous rejoignons alors , devant le temple bouddhiste, l'organisateur du trek qui nous offre le thé .La fête bat son plein dans le temple : musique forte, partage des biscuits pour les moines. Une scène m'émeut : une vieille dame sans âge donne ses biscuits à un jeune chien estropié. On pose beaucoup de questions sur l'organisation du trek. Il nous rassure sur tout et nous emmène ensuite dans une toute petite agence à la rencontre du guide et 2 cuisiniers. Il nous apprend qu'on aura en plus huit chevaux et deux horsemen. On s'imagine dans une grosse expédition et tout cela nous donne un sacré moral. L'impression de faire un grand voyage. On finit la soirée, toujours dans le froid et la pluie, par un repas très copieux. La journée fut très bonne, le physique et le moral sont au plus haut, l'expédition prend forme, l'excitation monte en nous .

CHEMREY,HEMIS, THIKSE

Vers 8 h 30, on se lève, après une très bonne nuit, enfin sous un grand et beau ciel bleu. Grâce au taxi que nous avons loué, nous allons passer la journée à visiter quelques monastères de la région, en commençant par celui de Chemrey , situé dans une vallée bien plus verte et sympathique que la vallée de l'Indus , à l'ouest de Leh. Après 40 km de routes assez bonnes, entourées de sommets enneigés, nous atteignons le monastère, situé dans un site superbe et reposant : une butte à partir de laquelle dégringolent des maisons. Nous sommes les seuls visiteurs. L'ensemble est assez désert, le monastère étant en rénovation. Un moine prie , seul, dans la salle de prière. Les vues sont très belles sur la plaine. On poursuit par le monastère de Hémis . Un peu avant le monastère, une fête, avec tir à l'arc et musique, attire notre attention. Ce monastère est un des plus grands de la région, un peu moins bien que le précédent, mais bien plus vivant. On y retrouve les mêmes émotions : odeurs, sérénité. Quelques vieilles dames font tourner les moulins à prières. Ici aussi, tout est en rénovation. Je me dis que dans 20 ans, lorsque les vieilles personnes ne seront plus là, le site n'aura plus d'âme. Nous prenons un petit repas, dans le petit snack au pied du monastère et partons ensuite pour le monastère de Thiksé. L'ensemble est très joli, mais on commence à fatiguer un peu. Tellement que nous éviterons le dernier monastère (Shey) de peur de saturer. La route pour rentrer est superbe avec ses très belles vues sur le massif du Stok Kangri. Le taxi nous laisse à l'hôtel. Mine de rien, ces visites nous auront fatigué. Après une sieste, on porte les sacs à l'agence. Nous passerons notre dernière soirée à l'auberge, appréciant la délicieuse soupe et les très bons momos ( une sorte de beignet de légumes) locaux. Nous discutons longuement avec un groupe français, nous racontant leur périple périlleux, en Jeep, sur la route entre Manali et Leh ( deux jours !). Nous rencontrons aussi de vieux motards qui connaissent bien l'Inde depuis une trentaine d'années. Pour eux, tout a changé. Nous rencontrons aussi un groupe de Français et leur amie polonaise. Un verre de vodka délie les langues. On délire un peu sur notre " groupe " Grozax, avec un indien fan de Metallica. Vers 23 heures , il n'y a plus de courant…heureusement les batteries sont chargées. Le séjour dans la guest house fut vraiment très agréable.

En vrac, des vues de Leh, quelques célèbres monastères du Ladakh et un du Spiti (le Gompa de Khi) dans les environs de Kibber. Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.

Plus de photos des monastères. Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.

Quelques photos de monastères...

LA VIDEO DES MONASTERES


Une remasterisation de mes vieilles vidéos. Pas une super qualité mais bon. Visite des nombreux monastères autour de Leh: Hemis, Likir, Basgo...
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TREK

Notre itinéraire:
Il est connu sous le nom de "traversée Rupshu-Spiti". Encore peu fréquenté ( en 2006) il suit une ancienne route commerciale entre le Tibet et le Spiti. Nous l'avons choisi , dur choix, justement pour être seuls. Nous n'avons en effet croisé que 3 petits groupes ,autant dire personne. C'est un itinéraire de haute altitude avec tous les camps au dessus de 4500m et certains jusqu'à 5300 m. Le point culminant étant le col de Parang La vers 5600m . L'ambiance de ce trek est désertique avec un seul village à traverser et quelques nomades Changpa à croiser.
Il faut compter une dizaine de jours de marche. A cela ajouter l'acclimatation et les transports, temps non négligeable et indispensable.

Période Conseillée:
Il faut jouer avec la mousson qui normalement n'atteint pas le Ladakh l'été mais il semblerait que le climat change un peu ces dernières années, pour le choix du circuit .Les problèmes peuvent venir des gués liés à la fonte des neiges, ou au cols élevés parfois obstrués par la neige. En gros ,on peut quand même conseiller de début juin jusqu'à fin octobre. Pour les pics peut être faut-il préférer les saisons froides ,plus stables au niveau de l'atmosphère. Nous avons subit quelques orages surtout dans la partie sud du trek. Les sommets étaient rapidement couverts en début d'après midi.

Niveau:
Acclimatation, endurance et moral indispensables. Inutile de préciser que la solitude et l'altitude peuvent être durs à subir sur une dizaine de jours. Il n'y a aucune difficultés technique hormis les gués (et encore) et un petit pas de 2 au dessus des gorges vers la fin. La montée du col n'est pas plus dure que remonter une piste bleue en neige de printemps.

Au niveau du matériel rien que du classique de trek. Protéger bien vos affaires et vos sacs dans des sacs poubelles surtout si les chevaux les portent. Gore Tex et ponchos indispensables. Gants et bonnets pour le soir. Il fait vite froid. On a eu quelques petites gelées . Ne pas oublier une super dose de crème solaire et des habits qui protègent du rayonnement intense .On frise l'insolation parfois.

Hébergement:
Sous tente obligatoirement . Partir avec un organisme me semble indispensable . L'ambiance est tellement meilleure , on fait travailler 5 personnes sur 15 jours..on mange bien , on ne porte rien.....Ravitaillement impossible, sauf à Korzok (2006).

Prévoir un bon duvet. J'avais un -16°C confort...un peu trop chaud. Avec un -7°C cela passait...Difficile à dire. Le tapis de sol doit par contre être au top.

Quelques liens utiles

  • Pour préparer ce voyage je vous conseille vivement la lecture de la revueTREK MAGAZINE qui fourmille d'informations sur les possibilités de trek au Ladakh et ailleurs....avec tous les conseils pratiques pour réussir un bon voyage. Les numéros 24,56 et 77 nous ont particulièrement été utiles.
  • un site d'infos sur le Ladakh très bien fait.
  • un site officiel du Ladakh aussi très complet.
  • une agence dont se sert parfois Terres Oubliées pour réaliser notre Trek accompagné d'un 6000m facile.

Enfin quelques livres:

  • "Trekking in Ladakh" de Charlie Loram , chez TRAILBLAZER. Très bon pour les renseignements pratiques mais peu utile pour la partie sud du Ladakh. Très bon guide.
  • "Ladakh-Zanskar" de Philippe Chabloz, Charles Genoud , édition Oliziane.
  • "Le Ladakh et l'Himalaya de l'Ouest" par Patrick Kaplanian , les guides peuples du monde.

Pour les beaux livres:

  • "Himalaya bouddhiste" de Matthieu Ricard, Danielle Föllmi, Olivier Föllmi, édition de la Martinière. Un très beau ( et gros) livre pour s'imprégner de la culture bouddhiste avant le départ.
  • "Ladakh Zangskar Royaumes de l'Himalaya" d'Hervé Champollion, édition Hérmé. Un très beau livre dont la partie Ladakh montre beaucoup de lieux vus lors de ce voyage ,en particulier pour la partie trek.

Je conseille enfin de lire Mathieu Ricard , en particulier " Plaidoyer pour le bonheur " , qui apporte bonheur , sens à et sérénité...avant et après le voyage.

Jour 1: Lac TSO KAR

De bon matin, nous quittons, heureux, notre belle guest house. Entassés à 7 dans une Jeep, nous partons vers le sud rejoindre le départ du trek. Nous nous arrêtons manger dans un routier de bord de route( dhaba) à Rumtse. Les paysages changent déjà et deviennent plus accueillants que vers Leh. On atteint la soi-disant 2ème plus haute route du monde, le Taglangla Pass,  à 5260 m. Le paysage est merveilleux, on s'imagine plus en Bolivie que dans l'Himalaya, et tout le monde se sent bien. La jeep nous laisse , finalement peu fatigués par ces heures de route difficile,au bord du lac Tso Kar . On trouve un bivouac merveilleux au milieu des chevaux et de la verdure. Après le thé et une soupe aux nouilles, nous profitons des lieux en musardant, sereins, sur les berges du lac. Le temps est superbe mais la température chute très rapidement dès que le soleil se couvre. On passera la soirée dans la tente mess, dans une bonne ambiance et avec une très bonne nourriture. Ici pas de toilettes mais on essaie de préserver l'environnement par notre discrétion… Au lit vers 20h30..mais que faire d'autre dehors ! 10° sous la tente ..on n'aura pas froid. Et c'est avec un gros moral qu'on clôt cette superbe journée.

JOUR 2: Un rythme d'enfer

Un peu trop chaud dans mon duvet -16°... On se lève tôt ,vers 6h30, avec le traditionnel thé. On attend presque 10h30 pour commencer à marcher. Nous trouvons un peu long cette attente. Sous un temps légèrement nuageux ,le guide commence la marche sous un rythme d'enfer. On tient puis on commence à se poser des questions sur ce qu'il cherche à savoir. Nous apprendront plus tard que c'était un test physique. En fait tout ce qu'il ne faut pas faire pour le mal des montagnes! On s'arrête heureusement un bon moment pour discuter. Il nous raconte alors quelques histoires macabres sur les dangers de "sa" montagne : clients malades, tempêtes, chevaux morts, trek catastrophe sous la neige en octobre . On réalise alors que ces plaines d'apparence inoffensive peuvent devenir très hostiles en cas de pépins. On passe notre premier col vers 4900 m. Dans la redescente on rattrape la caravane et je me demande toujours pourquoi on marche si vite. C'est beau( paysages très vastes et verts) mais cela vaut-il l'effort, je m'interroge. On arrive crevés au camp à 13h..et dire que c'est une journée facile. Le guide nous félicite en nous serrant la main ! Dès lors, c'est le coup de barre. Le soleil est intense, je crame, mais impossible de se protéger. Nous montons les tentes avec beaucoup d'efforts: le simple fait de se pencher et de se relever me donne des vertiges. Je me sens à la limite de l'insolation, mon cœur bat vite. Tout le monde s'effondre ensuite dans les tentes. Stéphane s'interroge sur la suite et sur sa motivation. Je m'imagine aussi dans quelques jours , loin de tout, dans un sale état , et cela m'inquiète un peu. Le moindre coup de vent dans la tente semble alors hostile. Après un certain temps de repos nous retrouvons tous nos esprit et la forme et discutons alors beaucoup sur le sens de ce voyage. Sera-t-il mon apogée au niveau de l'engagement ? On sait que cela ne sera pas facile mais on attend en apprendre beaucoup sur nous même. A la balance le plaisir recueilli en vaudra t-il l'effort ? Au final je me sens un peu blasé, pas assez émerveillé par les paysages. Tant de questions en 1 jour ; c'est un grand voyage c'est sûr. Vers 18h , léger mal de tête pour tout le monde mais ça va. Le soleil aura eu raison de mes avants bras qui rougissent déjà malgré les tonnes de crème. On entame la traditionnelle partie de UNO puis tout s'accélère comme tous les soirs. L'ombre amène le froid, on mange avec plaisir dans la tente mess, repas bercé par Thierry et son harmonica,jouant , entre autres, Flowers of Scotland. L'ambiance est très bonne est la nourriture copieuse et de qualité . Au lit avant 21h , nous lançons un concours de chants et d'imitation mais le souffle est court: on s'endort vite, crevés.

Jour 3: Encore des cols...

Nous avons passé une bonne nuit. Dehors, à 4800 mètres, l'eau dans les bidons a gelé. Cette température basse est bien mieux pour dormir dans nos gros duvets. Le temps est toujours magnifique. On se lève vers 6 h 30, puis comme d'habitude nous glandons pas mal en attendant le petit déjeuner. Celui-ci sera royal, servi sur une table avec nappes, comprenant omelette à l'ail et aux oignons ,paraît-il bonne pour le mal des montagnes. Dès que nous sommes prêts, nous partons, les chevaux n'étant pas encore batés. Nous avons un peu la flemme de marcher. Au milieu d'espaces infinis, nous arrivons rapidement près d'une demeure de nomades . Le chien, faisant son devoir, menace de nous mordre. Quand on pense à l'endroit où vivent ces gens, à 5000 m d'altitude, on est bien content de notre sort . On monte ensuite vers un col à 5250 mètres d'altitude. Il ne serait pas impressionnant en France, mais ici, le pouls s'emballe. On s'arrête souvent. La vue du sommet est superbe sur le lac et quelques pics enneigés. A nos pieds s'ouvre une immense vallée à plus de 5000 mètres. Les distances sont très difficiles à estimer. On observe de beaux pics enneigés au fond de cette vallée, le guide nous disant qu'on pourrait en faire un demain. Je m'inquiète un peu, ce n'est pas ce qui était prévu. Je commence à me rendre compte qu'il y a eu une tromperie sur la marchandise. On sent bien que l'équipe n'a pas trop envie de faire un pic. Le sérieux de l'agence n'inquiète, je sens que le 6000 s'éloigne chaque jour un peu plus mais je semble être le seul à être déçu. Arrivée au fond de la vallée, le guide réfléchi sur le topo guide, on le sent inquiet. On attend longtemps les chevaux. Le guide discute avec l'équipe : on comprend quelques mots et sentons que les porteurs ne sont pas là pour l'ascension. Il décide ensuite ne pas camper là mais deux heures plus loin après un col à 5300 mètres. Stéphane et Thierry ont un peu mal à la tête. Je donne mon unique aspirine d'urgence à Stéphane. On s'inquiète un peu pour se col supplémentaire que l'on gravit en soufflant mais sans gravité. De là-haut, nous commençons alors une longue descente, entrecoupée de guets . On se demande encore quand tout cela va s'arrêter. J'ai impression que le guide n'a qu'une seule envie : aller le plus vite possible à l'arrivée pour en terminer. Et tant que Stéphane et Thierry suivront son rythme on ira toujours plus loin chaque soir. Enfin on se pose et attend les chevaux. Nous monterons ce soir nos 2 tentes, ce qui me fatigue beaucoup. Je m'écroule à l'intérieur, à la limite de la nausée, mon coeur battant à 110 au repos. Thierry et Stéphane se reposent aussi. Comme toujours, au bout de 40 minutes, le thé arrivant, on se remet à revivre. Cette journée, réalisée dans les Pyrénées, n'aurait pas été immense. Mais ici, au dessus de 5000 m , c'est une fatigue différente. Le fait de subir comme cela de gros coup de barre, n'est pas habituel pour nous. Je me dis encore que tout cela ne vaut pas les efforts. Mais bon je sais que dans une heure, dans deux mois, tout cela sera oublié, et je voudrai toujours repartir, aller plus haut. Je réfléchis à cette petite pathologie. Pourquoi une telle exigence ? Je n'ai pas la réponse. On en discute beaucoup. Faire un 6000m ou pas ? Quel intérêt ? Je trouve très beau ces pics aux alentours. Je sais qu'il me feraient souffrir mais j'ai envie d'aller voir de là-haut tout simplement car je peux le faire. Bref, à 19 heures, tout le monde remis, le bivouac sera beau comme toujours. Autour d'un bon repas, nous discutons chaque soir un peu plus avec les guides. Vers 21 heures, sous une superbe nuit étoilée , le camp s'endort.

Jour 4 : Arrivée vers le TSO MORIRI

Très mauvaise nuit, non pas cause du froid (6° dans l'auvent) mais à cause de mon coeur qui bat trop vite. Nous sommes en effet au dessus de 5100 mètres. Je me réveille tôt, vers six heures, forcément crevé. Le temps est ce matin un peu froid et nuageux. On s'équipe en conséquence (T-shirts , polaires , Gore Tex). Ce matin encore, le rythme est un peu lent. Je prends quand même par précaution, un demi Diamox et un Eferalgan. Nous commençons la journée par un col long et roulant (5300 mètres). Nous profitons d'une superbe vue du col sur le lac Tso Moriri et sur des pics enneigés. Le guide nous félicite : il nous trouve de plus en plus forts de jour en jour. La descente sera très longue, et très belle, vers le lac. Les paysages sont infinis, les échelles immenses. Au pied de ces pics enneigés, dans une sorte de désert de sable, et près d'un camp de nomades, nous nous reposons et mangeons notre patate avec ses noix de cajou ! Puis nous longeons la rivière jusqu'à arrivée au village de Korzok. L'arrivée au village nous déçoit un petit peu. Nous retrouvons d'autres touristes, des 4x4. Il y a même une tente de ravitaillement dans laquelle le guide nous offre le thé. On craint alors de devoir dormir dans le camps inférieur. Heureusement nous dormirons un peu plus haut, dans le lit d'une rivière. Suite à la fonte journalière des glaciers,l'eau ne faisant que monter , on s'inquiète pour nos affaires. On observe patiemment l'eau monter, en profitant pour faire notre lessive. Le bivouac ici ressemblerait plus à un campement pyrénéen. L'eau montant toujours, on décide de démonter la deuxième tente. Les paysannes du coin, s'occupant du camping, arrivent avec leurs pelles : c'est pire ! On attend jusqu'à 19 heures que le niveau se stabilise. La soirée sera superbe et arrosée : rhum, chansons paillardes, le tout dans une superbe ambiance. Avant de se coucher, nous continuerons à danser Claude François, devant la tente. Il est 22 heures.

Jour 5: Le long du lac TSO MORIRI I

La nuit fût très bonne. A 4500 mètres nous sommes maintenant comme en plaine. Nous nous levons vers 6 h 30, sous un temps nuageux. Tout le monde se sent bien et a le moral. On s'attend à de la pluie. Cette journée de marche,le long des berges du lac, et annoncée merveilleuse par Trek magazine, sera en fait très longue. Nous marchons environ cinq heures , pour plus de 20 km, dans du sable. C'est beau, mais monotone avec cette lumière. Nous sommes souvent à marcher en automatique, pensant à autre chose. Nous croisons quand même des nomades, avec leurs yacks, leurs chèvres. La rencontre est impressionnante. Nous rencontrons des femmes d'un autre âge, sûrement les dernières à porter sur leur tête la fameuse coiffure en turquoise en forme de cobra. Notre rencontre est bien trop furtive à mon goût. Nous poserons le campement au bout du lac, à 4500 mètres. Tout le monde est content d'arriver. Le moral est bon certes et ce fut une longue journée. Après le rituel du montage de tentes, nous partons nous promener près des berges du lac. Nous traversons d'immenses zones vaseuses maculées de milliers de traces d'animaux venus pour boire. Nous rencontrons d'ailleurs les fondations des quelques abris nomades en pierre. Les alentours sont très sales mais pas de pollution . Les paysages sont très beaux, la lumière est irréelle. La santé et le moral sont bons mais ce n'est pas l'euphorie. Les pieds et les jambes travaillent mais rien d'inquiétant. Nous commençons notre traditionnelle partie de UNO, qui est vite arrêtée à cause d'un vent trop violent pour moi. Il plie nos tentes. Nous devons alors mettre nos sacs à l'intérieur de crainte que les arceaux ne se brisent. Après cette longue journée, nous nous couchons tôt, vers 20 h 30.

Première partie du trek, la plus verte, entre les deux grands lacs. Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.

Jour 6: Le long du lac TSO MORIRI II

Malgré le vent, et à la différence de notre équipe, nous avons passé une assez bonne nuit. Nous nous levons un peu plus tard, vers huit heures, car aujourd'hui nous ne faisons qu'une moitié d' étape. Le temps est toujours très beau. Mon moral est moyen, je me sens fatigué, et n'ai pas trop envie de marcher. L'étape et courte (deux heures) mais ennuyeuse et monotone. Nous traversons, marchant en pilotage automatique, un immense plateau pierreux entièrement plat. Thierry n'aime pas cette immensité oppressante. Pour ma part, je ne suis pas démoralisé, je ne prends juste pas trop de plaisir à marcher aujourd'hui. Je repense aux randonnées fleuries de France, qui m'apparaissent aujourd'hui de véritables havres de paix. Stéphane, lui, semble heureux. Finalement, le voyage a peut être son intérêt ici : se poser des questions sur soi-même et sur le sens de ces randonnées. Je sais pourtant que dans quelques mois, je garderai un bon souvenir de ce trek, oubliant les mauvais côtés. Pourquoi cette amnésie des difficultés ? Je n'en sais rien. Je suis vite distancé par les autres. À l'arrivée, un peu malade, je ne veux que dormir. Monter les tentes est toujours pour moi une étape épuisante, à la limite du vertige. On se repose ensuite lentement sous la tente. Il est 14 heures. On refuse un thé aux épices qui commence un petit peu à nous écoeurer. On n'en ressortira que pour une longue partie de UNO et une toilette sommaire dans une eau glacée (les cheveux ne seront encore une fois pas lavés …pas prudent vu mon état). Cela commence à vraiment sentir mauvais dans les tentes. Pour une fois le bivouac , à côté d'un campement nomade, n'est pas merveilleux ou alors se lasse t'on ? Et dire que des gens vivent ici ! En bref le rapport qualité-effort prix de la journée est très moyen. J'espère vraiment que les jours suivants seront mieux. On se projette trop dans le passé ou dans le futur pour être heureux au présent. Malgré tout, nous finirons la soirée par un bon repas, et par de belles photos sous le soleil couchant. Nous nous couchons, assez fatigués, vers 21 heures.

Plus de photos de la partie entre les lacs Tso Kar et Tso Moriri. Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.

Plus de photos du début du trek entre Tso Kar et Tso Moriri

Jour 7 : Début de la vallée glaciaire

Malgré les chants tardifs de notre équipe et le bruit des chevaux, la nuit fût très longue et bonne et me permet de bien récupérer. Le temps est superbe. Par contre Thierry s'inquiète un peu pour sa santé et a mal dormi. Il a même craché du sang ce matin. En fait il passera une bonne journée. Je profit de ce temps agréable pour enfin me laver les cheveux dans le torrent : quel bonheur , comme une impression de renaissance ! Vers neuf heures, on quitte le camp et marche environ une heure dans une plaine. Le paysage est très beau, cela ressemble un peu à des canyons aragonais mais à une plus grande échelle. Nous marchons avec un bon rythme. Nous passons ensuite un gué, à mi- cuisse, sans trop de difficultés à part un peu le froid et le mal aux pieds. Nous passerons toute la journée à longer ce ruisseau, au fond d'une vaste plaine. Entre-temps, nous doublerons un groupe de français de trois personnes, parti avec Terres Oubliées. Nous arrivons vers 14 heures pour trouver un bivouac sympathique. Marchant encore une fois trop vite, nous devons attendre les chevaux, s'inquiétant des nuages qui arrivent au fond de la vallée. Nous montons rapidement les tentes, prenons un repas, et entamons notre énième partie de UNO. C'est finalement le seul moment où nous nous amusons vraiment. J'ai l'impression que nous marchons peu et que nous passons de trois quarts de la journée dans les tentes . Le rythme de marche est correct, mais j'aimerais musarder un peu plus pour ne pas arriver à 14 heures au camp . En tout cas, le physique et le moral sont au top aujourd'hui. Pourvu que ça dure. Le problème ici est que rien depuis le début n'est acquis ni constant. On ne peut jamais dire comment l'on sera demain. La journée fut finalement facile, cool, donc entraînant peu de questionnement. La solitude des lieux n'est pas pesante, bien moins que dans ces immenses pierriers passés ! Le temps se couvre, il pleut par moments. Nous n'avons pas grand-chose à faire, à part chercher le seigneur des lieux, le léopard des neiges. Le guide nous a montré un ancien piège à léopard qui nous semble être plutôt une tour de guet. Après un très bon repas, on se couche vers 20 h 30.

Jour 8: Premier orage

A cause de la chaleur (4600 mètres), je ne passe pas une très bonne nuit. En forme pourtant , on se réveille tôt, vers 6 h 30, pour glander jusqu'à neuf heures. Nous trouvons encore ce rythme un peu lent. Le groupe de français nous double. Stéphane échange de l'aspirine contre des pommes. Au milieu d'un paysage de gorges ou canyons, de style aragonais, nous partons sous le beau temps, en longeant la rivière. Nous passons quelques passages délicats dans des pierriers surplombant la rivière, longeant les parois sur des sentiers parfois très limites. L'érosion, ici intense, donne à ses paysages un petit côté désert saharien. Nous croisons ensuite une équipe d'Autrichiens et des Belges. Cette rencontre éteint encore notre sentiment d'isolement, finalement moins présent que sur l'île de Rhum en Ecosse ou qu'aux Lofoten ! Les rencontres avec ses randonneurs sont peu enrichissantes : sur équipés , ils se la jouent un peu, et baissent la tête lorsqu'on les croise ! Nous arrivons sur une aire de bivouac en même temps que les chevaux de l'équipe précédente. Ceci nous poussera à partir pour une heure de marche de plus ce qui ne me gêne pas, je me sens en pleine forme. Thierry marche derrière et ne dit mot... Il n'en dira pas beaucoup de la journée . Le temps est menaçant au loin. On croyait y échapper. Erreur. La pluie nous rattrape au moment où l'on traverse des gués. Impossible de ne pas se mouiller , on se retrouve les chaussures trempées. Le temps s'aggrave : tonnerre puis foudre au loin . Nous arrivons sur le bivouac ( vers 4800m) sous la grêle. L'ambiance est un peu stressante. L'équipe monte la tente mess sous l'orage malgré les poteaux en métal et les ustensiles de cuisine omniprésents. Stéphane se réfugie dans la tente. Cela sent le danger. Je préfère rester autour, avec Thierry, malgré le froid et la pluie. Finalement, nous faisons comme tout le monde, en se réfugiant au chaud dedans. Les réchauds à essence marchent à plein régime, mettant un moment en danger la tente. Nous en profitons pour nous changer et nous sécher. L'ambiance est à l'euphorie. Un des palefreniers, intouchable, est autorisé à rentrer dans la tente et à prendre le thé avec nous. Pour la première fois, il nous sourit. Dans la tente, le staff chante à tue-tête , peut être un moyen pour oublier l'orage. Enfin, sous une accalmie, nous pouvons, trempés et transis, monter nos 2 tentes après un petit FOOTING de STEPHANE  (voir Video). Changés et secs, nous pouvons commencer notre longue partie de UNO.
Le repas sera encore une fois très copieux et revigorant. Dehors il tombe quelques flocons, puis tout s'arrête et le calme revient. Cette journée fut longue et mouvementée. L'orage fut un peu inquiétant même si la foudre paraissait un peu éloignée. Le moral est le physique sont très bons. L'ascension du pic semble s'éloigner : le manque d'équipements, la météo, la volonté de l'équipage et de mes 2 compagnons. Je suis assez déçu par l'attitude de l'agence.

Plus de photos de la vallée avant le Parang La .Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.


PLUS DE PHOTOS D'AVANT LE PARANG LA


Jour 9: Camp de base du PARANG LA

La nuit fut moyenne pour Stéphane qui a eu la mauvaise surprise de voir une rivière passer dans sa tente. Une pluie de la nuit a crée un petit éboulement de pierres autour du campement. Au fond , les plus hauts sommets sont saupoudrés de neige. Le beau temps revient assez rapidement, on en profite pour faire sécher les affaires. La journée sera peu différente de celle de hier : nous continuons à longer cette grande rivière, passant parfois des gués assez limites , dans une eau à 5°. Stéphane supporte mal le froid, (voir video) . Je commence la journée assez fatigué et marche alors seul, loin derrière. Je traite Stéphane et Thierry d'égoïstes car ils ne m'attendent pas. À cela Stéphane répond : je marche au rythme qui me convient le mieux. À méditer. Nous commençons ensuite la montée régulière vers le col de Parang La. On campera auprès du glacier, à environ 5200 mètres d'altitude. La journée fut courte, environ quatre heures. Nous allons passer l'après-midi de manière classique, jouant au UNO, essuyant un nouvel orage. C'est le moment de détente de la journée : chant, imitations…le délire. Je réalise , avec Thierry, un film pour mes élèves de seconde.  Je veux montrer la variation de la température d'ébullition de l'eau en fonction de l'altitude. Grosse rigolade pendant le tournage.

EXPERIENCE DE PHYSIQUE

Autour de nous, le ruisseau provenant du glacier, charrie parfois quelques blocs de glace. C'est beau mais j'aurais espéré plus himalayen comme paysages.
Nous prenons le repas un peu plus tôt que d'habitude, vers 18 h 30, à cause de notre lever très matinal du lendemain. On s'endort au sec, le ventre plein, le moral et le physique au top.

Jour 10 : Montée du PARANG LA, 5600m

La nuit fût assez bonne, assez froide. On se réveille vers cinq heures, dehors il fait 3°, un peu de neige étant déposée sur la tente. Le paysage prend des allures hivernales. On se prépare assez vite, comme d'habitude, pour attendre jusqu'à huit heures le départ. Le groupe français nous double. Nous sentons que la journée est un peu spéciale : tout le monde s'équipe un peu mieux que d'habitude, crème, surpantalon, gants,. Nous quittons rapidement les cailloux pour démarrer le glacier. Le temps est très nuageux mais stable ( voir Video). Nous partons avec toute la caravane et doublons rapidement les Français, qui trouvent notre rythme impressionnant. Nous montons dans la neige fraîche, à un bon rythme, dans une pente moyenne. Je me sens très en forme, je regrette juste de ne pas pouvoir monter sur les belles montagnes enneigées qui entourent le col. Il fait bon, je marche en tee shirt ! Nous arrivons sans difficultés au col, vers 5600 mètres. Tout le monde chante et se congratule alors (voir video). Les guides nous offrent alors un foulard à prières chacun. Stéphane, dans une émotion très personnelle, pleure même un instant. Nous sommes contents parce que nous avons atteint le point culminant du trek, c'est un grand col himalayen, mais l'ambiance de haute montagne n'est pas comparable avec celle de l'an dernier, au Cotopaxi, en Équateur. L'effort est ici bien moins intense, et la difficulté technique est nulle. Le col sera franchi aujourd'hui par quatre groupes : c'est peu mais un peu trop à mon goût. Le début de la descente est euphorique, dansant et chantant en marchant. On ne sait pas encore ce qui nous attend. La neige disparaît rapidement sur le versant sud du col. Nous traversons un immense pierrier dans un décor ressemblant un peu à l'Arizona. Nous descendons ainsi environ 1200 mètres de dénivelée jusqu'à une rivière au fond d'une gorge splendide. Nous laissons en fait le camps prévu, pour permettre aux chevaux de manger. Normalement l'équipe aurait dû acheter du foin pour les chevaux mais par souci d'économie ils n'en n'ont pas. On se demande comment ils feraient avec des gens moins rapides que nous. La marche au fond de la gorge est très belle mais la fatigue rend la progression difficile. Il y a un passage de rivière difficile pour les chevaux, qui avancent à coups de pierres, et un petit peu d'escalade un peu ardue pour moi . Ensuite, du fond des gorges, ils nous font remonter tout en haut, par un chemin vertical. Le dernier cheval a vraiment du mal et nous fait de la peine. Tout le monde souffre, sauf Thierry, qui se régale sur ce type d'étape. J'avance à mon rythme, difficilement, et arrive dernier au camp. Cette journée d'environ sept heures de marche a été vraiment très dure  ( voir video) . Stéphane est même un peu énervé et ne veut plus rien faire. Nous avons soif, et il n'y a pas d'eau. Après s'être bien reposé et s'être calmé on reprend le rythme classique : tente, orage, parties de cartes, dîner. Le temps est superbe, le moral et la santé revenus au top, nous allons bien dormir. Au loin, nous voyons déjà la fin du trek.

Plus de photos du Parang La. Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.

PLUS DE PHOTOS DU PARANG LA

Jour 11: Arrivée à KIBBER , fin du trek

La nuit fût bonne, on nous réveille un peu plus tard que d'habitude. Nous commençons par un sentier fleuri, traversant des champs immenses de fleurs, remplis d'edelweiss. Nous trouvons aussi quelques petits fossiles un peu partout et regrettons de n'avoir pas un géologue sous la main, Paul Taponnier étant parti avec Nicolas Hulot... Nous commençons ensuite une longue descente vers une rivière, coulant au pied de belles gorges. Nous remontons enfin vers Kibber, terminus du trek. À 4200 mètres, autour de ce village, l'un des plus hauts du monde, la vallée devient riante. Il y a de l'agitation, des gens qui travaillent dans les champs, des enfants jouant dans les rues, c'est un doux retour à la civilisation. L'arrivée se fait finalement sans explosion de joie, voire sans émotion. Nous sommes fatigués, mais loin d'être à bout tant au niveau physique qu'au niveau moral. L'arrivée n'est pas une délivrance. Sans rien de comparable avec Leh, nous sentons que Kibber s'éveille très doucement au tourisme. Nous avons directement dans la plus grande guest house de la ville, où Parkash notre guide est un proche de la patronne. Nous logerons ce soir dans une petite chambre plutôt sale. Après un bon repas et un coca, nous reprenons vite le rythme "touriste". Nous passerons l'après-midi à continuer notre marathon du UNO ( voir video). En fin d'après-midi, Parkash nous apporte sa bouteille de whisky. C'est le début d'une grosse soirée beuverie, ponctuée de chants et de délires en tous genres. Le guide me fait rire : pour lui, Thierry est le boss, il est intelligent et doit avoir beaucoup de femmes en France. Il nous affirme aussi que sans ses prières, il n'y aurait pas eu de Parang La. Il entame alors une deuxième bouteille. Thierry ira vomir, Stéphane sera limite, moi, bien plus sobre, je suis bien. Alors que tout le monde autour de nous commence à dormir, nous continuons les chants à tue-tête. Assez tard, nous prenons alors en très bon repas dans la tente . Vers 22 heures, alors qu'il semble être le bout de la nuit, nous allons nous coucher, dans les vapeurs d'alcool expirées par mes 2 compagnons de chambre.

SEJOUR A KIBBER

PREMIER JOUR

Malgré le cafard dans mon lit, la nuit fût bonne. Nous nous levons vers neuf heures, et passons toute la matinée à traîner dans la piaule. Nous aimerions bouger, et quitter ce village, mais la Jeep ne sera la que demain soir au mieux. On négocie pour avoir une chambre un peu plus confortable, au premier étage. Celle-ci comporte une salle de bain privé, un luxe ! Nous rencontrons des Français qui connaissent bien le Ladakh. Pour eux, cela a énormément changé en très peu de temps, confirmant ce que nous craignions. Nous leur avouons ne pas avoir été si émerveillés que ça par les paysages. Nous prenons le repas dans la tente, plantée près de la guest house, où dort le reste de l'équipe. Les palefreniers sont déjà partis pour d'autres aventures. Nous profitons de cette belle après-midi pour nous doucher et enfin retrouver visage humain. Nous nous amusons à regarder le film du voyage au caméscope. Nous visitons aussi ce joli petit village tranquille, qui l'hiver venant, se vide de ses jeunes habitants. Le reste, vit beaucoup par les aides de l'état, survivant dans un climat très difficile en mangeant de la tsampa et du fromage de yack et en buvant du tchang ( que nous aurons la chance de goûter) . Le guide en profite pour nous expliquer longuement la vie des gens du Spiti, leur commerce (laine pashmina contre des légumes). La journée est finalement très bonne. Nous pensions nous ennuyer, finalement il est agréable de prendre le rythme de cette bourgade perdue, si loin de tout. Le moral et la santé sont toujours très bons.

DEUXIEME JOUR

La nuit fût encore très bonne. Nous passerons la journée à traîner, prenant le thé, prenant des repas. Nous partirons juste marcher environ 2 h 30 vers le gompa de Khi que l'on aperçoit en contrebas depuis les crêtes. La balade est sympathique, sans plus. Nous passons l'après-midi à discuter, allongés sur les lits. Le thème du jour est politique et économique. Le ton est virulent, Stéphane nous traite de fachos et de pourris. Nous montrons à notre équipe la vidéo du séjour. Nous nous ennuyons un peu : la voiture qui devait arriver est soi-disant bloquée par la mousson. Nous payons 50 euros par jour chacun pour ne rien faire et le temps passe. Nous avons vite envie de quitter le coin. Heureusement les quelques chants entonnés le soir dans la tente , remettront un peu d'ambiance.

TROISIEME JOUR

Nous nous levons à huit heures après une nuit moyenne. On réfléchit tous à d'hypothétiques itinéraires mais la Jeep n'est toujours pas là. Alors on attend… Il fait un peu froid et l'on reçoit un peu de pluie. Nous observons une partie de cricket endiablée dehors. On continue notre marathon du UNO, on lit… bref on s'impatiente tous. À l'issue d'un gros suspense, à la frontale, nous finissons notre partie entamée il y a plusieurs jours. Stéphane paiera la bière à Munich. Bonne nouvelle, le chauffeur arrive enfin en fin de soirée. Nous essayons de négocier avec les guides pour rentrer plus tôt à Manali ce qui ne semble pas poser trop de problèmes. Cette journée à attendre nous a paru assez longue… il y a tant de choses à faire en Inde . On aura au moins vu le rythme de ce village paumé : le vendeur de souvenirs qui ne vend rien et qui joue aux échecs et au cricket, les enfants qui jouent, l'arrivée de deux ou trois touristes par jour… Demain enfin, nous lèverons le camp.

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GOMPA DE KHI ET SPITI

Après un réveil très matinal marquée par le réveil spirituel de Thierry (voir Video) et une douche glacée, nous prenons enfin le départ. La Jeep est confortable. Nous avons envie de bouger et de voir du pays. Nous commençons par la très intéressante visite du gompa de Khi à environ 5 km du village. Un moine nous fait la visite, et nous offre même le thé dans sa cuisine noircie par les vapeurs des lampes à beurre. Nous retrouvons avec plaisir l'ambiance de ce monastère. Nous avons une pensée émue devant le lit, très simple, où dort le dalaï-lama lors de ses visites.
Nous nous arrêtons ensuite dans le village de Kaza. À première vue, ce village est décevant : il y a des panneaux d'agences et de guest house un peu partout. Thierry doit appeler l'agence pour expliquer notre changement de programme. Nous en profitons pour faire quelques courses dont une bouteille de rhum Old Monk. Nous entamons ensuite une longue route jusqu'aux environs du village de Gramphu, à environ 83 km de Manali. Nous traversons beaucoup du village où l'on n'aimerait pas vivre. Nous observons beaucoup de femmes travaillant dans les champs mais on sent que le tourisme va se développer ici . Nous entamons une belle montée vers le col de Kundzang (?) vers 4500 mètres d'altitude. Nous nous arrêtons quelques instants autour des quelques édifices religieux placés à son sommet, profitant des belles vues sur les pics du Lahaul , vers lequel nous nous rendons maintenant. Les paysages deviennent alors bien plus alpins. Au pied du col nous nous arrêtons et prenons un très bon repas dans un petit restaurant routier. Nous y croisons quelques motards torses nus, bien peu préoccupés par les coutumes d'usage à observer dans la région. Nous longeons l'impétueuse rivière Chadar ( ??) au milieu d'immenses pics himalayens…enfin ! La route est défoncée, le paysage est très minéral. Nous choisirons pour bivouac un petit terrain à côté d'un pont et de quelques boutiques saisonnières. L'endroit n'est pas le plus sauvage que l'on ait eu mais il est sûr. Nous nous occupons en escaladant quelques rochers aux alentours. Nous prenons le thé avec notre guide chez son ami ,dans la tente du coin(ouverte de mai à octobre). Nous sommes assez contents de retrouver nos tentes mêmes si l'on n'a plus trop envie de marcher. À cet instant je sais que je referai des treks. Le moral est très bon, le physique aussi, nous ne sommes plus qu'à 3500 mètres d'altitude. Nous réfléchissons sur le programme de la suite de notre séjour :Manali ?Shimla ?Haridwar ? . Nous prenons notre dernier repas avec l'équipe, en profitant de notre dernière bouteille de rhum local .

LA VIDEO DU TREK

50 minutes avec toutes les ambiances du voyages: les délires ( footing, partie de UNO, chants sous l'orage, parodie Blair Witch, méditation de Thierry, harmonica) , la montée au Parang-La  et les paysages. 14 jours de haute -montagne. 

TROISIEME PARTIE: MANALI ET LA DESCENTE VERS DELHI

Nous nous levons et quittons le campement assez tôt pour éviter la brume au sommet des cols. Nous entamons une longue montée tortueuse vers le col du Rothang. Nous rencontrons assez de monde sur la route depuis que nous avons rejoint la route principale reliant Manali à Leh. Notre chauffeur, rapide, double tout le monde. Nous croisons de petites voitures dont on se demande comment elles ont pu arriver jusque ici. Au col, malgré le brouillard, on profite de nos dernières vues sur les hautes montagnes. La descente, interminable, nous amène à Manali, située à 51 km du sommet. Nous traversons deux antiques stations d'altitude faite de bric et de broc. Nous croisons, sur le bord de la route, des ouvriers travaillant dans des conditions hallucinantes. Il y a aussi plein de boutiques qui louent ou vendent la même chose : des fourrures et des bottes pour les citadins montant à la montagne. Les paysages alpins nous font penser à la Suisse. Nous arrivons enfin au village de Vaschit, situé à 4 km de Manali. Nous visitons les bains d'eau chaude public mais n'y allons pas : l'hygiène nous paraissant douteuse. Pendant que notre équipe se lave nous observons les dresseurs de serpent et les touristes au look bien étudié. Dans ce pays de la non-violence, une énième bagarre anime le quartier. Nous arrivons enfin dans notre agence, située dans le haut de Old Manali. L'ambiance est bonne, nous déchargeons nos affaires et commençons la négociation pour l'histoire du pic non fait. Nous obtenons 80 € par personne ce qui est normal pour un contrat non rempli. C'est un peu dommage de finir sur cette note un peu négative. Thierry me trouve dur avec eux...il est dans une situation délicate vu qu'il correspondait avec la dirigeante depuis quelques temps. Nous donnons une cinquantaine d'euros de pourboire à l'équipe dont une partie repart déjà pour d'autres aventures. Nous posons nos affaires dans une guest house très sympathique juste à côté , assez classe, et profitons d'une très belle vue sur la montagne. En bons touristes, nous prendrons une pizza dans un restaurant labellisé Lonely Planet. Nous effectuons une visite rapide de la ville qui finalement n'est pas si désagréable que le racontent les guides .Le cadre est très beau, le même site en Europe en aurait fait une station huppée. Nous visitons les marchés, la gare des bus pour Thierry , où l'on rencontre trois Français vus à la guest house de Leh. Nous prenons un pot avec eux, changeons notre argent, puis retournons à l'hôtel .Stéphane et moi quitterons demain la ville, à huit heures, en direction de Shimla. Thierry restera une journée pour visiter une école. À la fin de la journée nous faisons le bilan de notre épopée : nous nous sentons tous d'accord pour trouver le rapport qualité-prix assez moyen. Peut-être qu'avec le recul cela prendra une autre dimension mais pour l'instant l'émotion reste inférieure à celle de l'an dernier.
Après un très bon repas à la bougie, nous passerons une très bonne nuit dans la chambre tout confort.

Plus de photos du transfert vers Manali par le Lahaul. Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.


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SHIMLA

Dans un bus confortable... pour l'Inde..nous quittons de bon matin Manali et Thierry. La route nous procure de superbes vues sur des gorges, garnies de végétation subtropicale, d'immenses aigles volant librement au dessus de nous. Nous observons pour la première fois, et avec plus ou moins de bonheur, quelques clichés de l'Inde : un éléphant, un lépreux. Nous prendrons notre repas dans un routier convenable. Nous sommes choqués par les immenses plantations de cannabis qui poussent ici comme du chiendent chez nous. Nous sommes aussi choqués par une israélienne qui jette sans discontinuer ses papiers et autres lingettes par la fenêtre. Dans la brume et la pluie, nous arrivons enfin à Shimla. D'entrée nous flairons une arnaque à l'arrivée : le bus s'arrête au bord de la route et des rabatteurs nous assaillent pour porter nos sacs. Nous sentons le coup, on se renseigne avec les locaux, et malgré l'insistance du chauffeur nous descendons un peu plus loin. Nous avions raison, après une dure côte, nous arrivons sur la place principale de la ville, nommé le Ridge. Nous nous rendons rapidement à la YMCA. Cette vieille bâtisse, héritée des anglais, me rappelle immédiatement, et avec nostalgie, l'université de Birmingham. Il est environ 19 h 30, Stéphane préfère rester dans la chambre, qu'il trouve pourtant un peu glauque. Je pars alors tout seul errer dans cette ville, très prisée par les touristes, surtout indiens. Les rues sont assez classes et les prix assez élevés. Pourtant j'aime beaucoup son côté "Angleterre en Inde". Je retourne à la YMCA, une pizza à la main, pour la déguster de la terrasse profitant d'une superbe vue sur la ville éclairée. J'apprécie énormément cette soirée profitant de ce côté british très désuet. En se couchant, nous pensons à Thierry qui doit vivre un calvaire dans son bus de nuit.

Thierry nous réveille en plein rêve vers sept heures du matin. Ici le patron et surtout la patronne ne rigolent pas, il paiera sa chambre même pour quelques heures. Tout est payant même le sourire . Nous prendrons le petit déjeuner dans la salle à manger tenue par une tenancière très peu aimable. Heureusement, l'entrée des Thierry en slip dans le réfectoire , sortant de la douche et à la recherche des clés , nous fera bien rire. L'ambiance est ici très froide : ne pas toucher la télévision, ne pas parler etc. Thierry nous raconte sa mauvaise nuit dans le bus ce qui semble normal. Nous partons alors visiter le Visregal lodge en descendant l'artère principale de la ville appelée le Mall, la suite du chemin étant bien moins bien indiquée. Nous achetons assez cher , 1800 roupies, un aller simple en train pour Delhi dans une petite annexe de la gare tenue par des fonctionnaires peu pressés ,comme souvent ici. Nous partons visiter le musée d'État de l'Himachal Pradesh. On pensait qu'il serait gratuit ,en fait il faut payer 50 roupies pour un ensemble assez décevant : timbres, peintures, statues ,….d'autant plus qu'on est assez fatigués. En début d'après-midi nous attendons puis visitons très rapidement le hall de l'immense bâtisse qui abrita le gouvernement indien, au milieu du XXe siècle. L'ensemble est réellement de style anglais, on se croirait en Écosse. Nous visitons une salle importante ou le partage du Pakistan a été fait. Après une visite très rapide des jardins, dans le brouillard et légèrement sous la pluie, nous prenons un café dans la minuscule buvette du lieu. Alors que la pluie commence à tomber drue nous nous réfugions au cinéma pour voir une récente comédie à succès : Golmal. La salle est belle mais déserte . On se marre vraiment grâce à leur humour burlesque . Il y quelques scènes débiles mais l'ensemble est très frais et revigorant. Un entracte coupe ce film, long de 2h30, un minimum pour Bollywood. Nous passerons la soirée dans un bon restaurant chinois. La journée fut bonne notamment grâce au film car il a peu à faire dans cette ville à l'atmosphère pourtant sympa.

Plus de photos de Shimla. Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.


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Très bonne nuit qui commence mal pour Thierry qui, lassé d'attendre son matelas, dormira sur le sol. Après le petit déjeuner nous partons pour un cybercafé puis à la recherche d'une banque pour le change. L'accueil y est souvent militaire et peu efficace. On revisite pour la deuxième fois le bazar, sans que rien toujours ne m'incite à acheter. La pauvreté n'est pas loin : lépreux, mendiants dont cette petite fille qui peut à peine marcher et qui nous suit pendant 10 min dans les rues .L'ensemble nous met toujours autant mal à l'aise. A midi , au restaurant, notre voisin un peu saoul veut nous payer un verre en insistant sur le fait que nous sommes ses invités. Le patron voit cela d'un mauvais œil et lui demanda de nous laisser. Sans problème , à la fin il nous demanda juste des conseils ...pour parler aux filles ! Le repas sera encore trop épicé pour moi. Je commence à saturer de cette cuisine dont les épices m'enlèvent toutes les saveurs. Je décide ensuite de partir , seul, au temple d'Hanuman, dédié au dieu singe. La montée , d'environ 30 minutes, est raide. Les singes sont très agressifs. Certains s'accrochent même à moi. Des passants m'aident en leur jetant des pierres. Je comprends alors pourquoi ils louent des bâtons en contrebas !Le stress de se faire mordre, le temple très récent, bref ce n'est pas une étape indispensable, le brouillard et la pluie m'empêchant d'admirer le paysages. Sous le poncho je cherche les autres dans la ville puis rentre les attendre à la YMCA. La ville est vraiment peu intéressante, l'auberge d'un accueil douteux…seul la fraîcheur des lieux nous manquera. On part ensuite à la gare, entourés de porteurs qui se courbent pour porter quelques sacs. Avec le recul je me demande toujours pourquoi je ne les engage pas. La gare est petite et charmante . On prend place avec plaisir dans le compartiment de 1ère classe. On nous offre le thé. C'est parti pour 93 km en 5h ! C'est très agréable de parcourir la campagne à cette allure. On rencontre une multitude de gens qui vivent et travaillent on ne sait où au bord de la voie. Le repas chaud sera chargé dans une petite gare et servi à point. L'ambiance est vraiment à la contemplation joyeuse. On chante même parfois. Nous arrivons vers 22 h à Kalka, où les voies s'élargissent. Il faut changer de train . On en prendra un classique , un peu avant minuit, en Classe 2AC. Grâce à un Stilnox et à mes boules Quies je vais passer une bonne nuit.

RETOUR A DELHI

Réveil, vers 6 h du matin, le gars d'en dessous a la mauvaise surprise de se rendre compte qu'on lui a volé un sac ! Les flics arrivent, branle bas , rien n'y fera. Nous prendrons ensuite un taxi pour Connaught Place où l'on pense dormir. On ne trouve pas le quartier terrible. En plus ,c'est soit trop cher, soit complet. On décide de repartir à l'Amax Inn dans lequel on va se reposer, se laver,faire la lessive un bon moment. Il est temps de reconfirmer nos billets retour. Pas la peine nous dit l'agence qu'on a donc cherchée et trouvée pour rien. On ne résiste pas longtemps aux belles pizzas de Pizza Hut ,malgré le prix, juste après le Mac Do pour le café et le chocolat de Stéphane et Thierry. La suite de la journée sera shopping. On visite beaucoup d'emporium, de galeries glauques ( "You collection porno ?" nous demande un vendeur !!). On nous assiège gentiment comme des stars à Cannes ! On achète nos souvenirs dans les emporiums même si je suis déçu par le côté kitch des marchandises. On repart ensuite vers Pahar Ganj en plein cagnard.  On s'y perd dans des rues sordides. Dur de trouver un refuge pour se désaltérer. On s'aide du Lonely qui nous sauve mais il faut voir le cachet du bar . Le meilleur ici déprimerait un poivreau de chez nous. Heureusement la bière n'est pas chère. On part ensuite vers Delhi Gate à la recherche de percussions pour Stéphane et Thierry. Après de longs essais ils se décident enfin. La journée n'a pas été des plus agréables. Ce n'est pas une ville où l'on se fait plaisir ni ou l'on se repose. D'ailleurs , peu enclins à explorer de nouveau le quartier, on restera manger un bon repas sur le toit de l'hôtel .

Après une très bonne nuit ( on se souvient de la première, ici même, qui fut horrible il y a un mois !) on reste un peu au lit à observer leur diversité télévisuelle. Le ventre vide on part pour Old Delhi en tuk-tuk. Le gars essaye de nous embrouiller et nous amène à l'opposé dans un magasin . On s'explique et il comprend vite qu'on ne se laissera pas embobiner. Après un gros détour il nous amène quand même à destination. Le soir ,en me promenant dans le quartier de l'hôtel, je le retrouve. Il ne me reconnaît pas, me demande si je voyage seul, si je connais l'Inde et me propose une course pas chère en rickshaw. Quel pourri ! Il sent l'arnaqueur à plein nez. Dans Old Delhi nous visitons le Shaeena Bazar. Il n'y a rien à acheter pour nous. ..mais c'est un véritable bazar..du genre arabe. On ne se croit pas trop ici en Asie. Nous visitons rapidement et sans émotion la grande mosquée,la plus grande d'Asie. On remonte ensuite Chandni Chowk en commençant par la visite du Temple Jaïn . Il dispose d'un hôpital pour animaux dans lequel il soigne et relâche des petits animaux blessé comme des pigeons ou des lapins. C'est surprenant et unique comme endroit. On visite ensuite le temple sikh. On se déchausse, on se couvre et un guide nous fait la visite. C'est très intéressant. Le temple loge et nourrit gratuitement un bon nombre de personnes. On assiste à un concert, à des prières, à la préparation des chapatis pour midi. Nous prendrons le repas dans une institution locale, très clean pour le quartier. Une bonne halte pour échapper du bruit et de la chaleur étouffante de la rue. On continue à errer dans le quartier jusqu'à prendre un rickshaw pour aller au Central Market , loin , au sud de la ville( 120 Rps) . Ce marché est bien plus riche, calme et clean que les autres. Assez occidental même. Des bières et des CD achetés , nous partons en quête de souvenirs à la Tibet House, que nous trouvons malheureusement fermée. On garde notre chauffeur pour aller au Tibetan Market de Janpath. On y achète nos drapeaux à prières ( 40 rps) , un moulin à prière ( 350 rps) et d'autres bricoles…Le marchandage y est assez difficile. On se ravitaille en air frais en prenant une glace au Mac Do. Nous rentrons ensuite à l'hôtel pour se préparer à sortir ce soir. J'en profite pour musarder dans le quartier. Je prends un énorme plaisir à observer lentement ces gens, ces petites scènes qu'on ne voit pas en marchant vite. L'émotion est là et non dans la marche rapide qui nous fait couvrir des km mais qui ne nous montre rien. On mangera ce soir dans un palace, le Claridge's . On a de la chance de rentrer avec nos pauvres tenues alors on s'en met plein le ventre dans leur restaurant Dhaba (2800rps à trois quand même !). On retourne vite dans notre monde. Le soir à l'hôtel on se rend compte que l'on a trop dépensé et devons changer un peu d'argent. On y réserve notre taxi et faisons avec difficultés nos sacs.

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Jour 31 , fin du voyage

La dernière nuit fut très bonne mais courte (réveil vers 5h15). Nous arrivons par prudence 3 heures avant le départ de l'avion . Finalement nous avançons vite et cherchons ensuite à nous occuper en dépensant nos derniers billets . Le vol avec Lufthansa sera confortable et finalement passera assez vite. On profitera du superbe aéroport de Munich pour savourer la bière offerte par Stéphane et durement gagnée au UNO. On apprécie vraiment de retrouver l'Europe, son calme …Nous arrivons en soirée à Toulouse .La ville, en ce mois d'août, nous semble déserte. La propreté et le calme nous impressionnent et nous apaisent. Cela ne durera pas mais le changement sensoriel est bien présent. On est tous très contents de retrouver la France. Nous réussissons ainsi une étape essentielle de tout voyage : le retour à la maison.

CONCLUSION

Pour rester dans les clichés...je ne peux que redire, comme beaucoup d'articles le développent couramment , que l'Inde est une contrée à part. Dans notre cas ce ne fut pas un voyage plaisir ni à proprement parler des vacances. Certes nous avons plutôt l'image d'une infime partie de cet immense pays , qui plus est une partie difficile d'accès et fatigante: le Ladakh. Néanmoins la vision de toute cette pauvreté nous a beaucoup appris sur notre condition de français privilégié. Dure de se plaindre de retour en France après avoir vu dans quelles conditions vivent des millions d'indiens. Il reste aussi ce bruit , ce grouillement, ce chaos permanent, ces paysages sublimes, ces monastères perdus....et tellement d'autres images. Ce voyage sera long à digérer, comme les grands et bons repas dont on se souvient longtemps. Dans ma petite carrière de voyageur , ce pays reste un mets de choix , un gros morceau , qu'on ne sait pas trop par quel côté attaquer, mais qui me nourrira longtemps, je pense.

LE POUR: le choc, le dépaysement, les paysages, l'atmosphère,l'histoire de ce pays, le retour sur soi du trek, l'impact mental

LE CONTRE: le choc, la misère ambiante, le bruit, le chaos, la fatigue , les efforts

Bonus

Des pensées en vrac...private joke...pour ne pas oublier les méfaits de l'altitude :
"On risque l'apoxie" Titi
" Il faut le finir à la bouche" Stef
" Il faudrait qu'on arrête le Coca, on va choper une hépatitonite", Stef
"Eh les gars, dans le bus j'ai eu la gaule" Stef
"moi aussi" Titi, "moi aussi " Vince
"on est arrivé à Alchi par l'Indus" Vince