IRLANDE
- CORK, la seconde capitale irlandaise
- KILLARNEY : en vélo pour le Gap of Dunloe
- KERRY WAY Etape 1: KILLARNEY-BLACK VALLEY
- KERRY WAY Etape 2: BLACK VALLEY-GLENCAR
- KERRY WAYEtape 3: GLENCAR-GLENBEIGH
- KERRY WAYEtape 4: GLENBEIGH-CAHERSIVEEN
- L'ÎLE DE VALENTIA A VELO
- Escapade vers Dolus Head
- KERRY WAYEtape 5: CAHERSIVEEN-DROMID HOSTEL
- KERRY WAYEtape 6: DROMID HOSTEL-WATERVILLE
- KERRY WAYEtape 7: WATERVILLE-CAHERDANIEL
- KERRY WAYEtape 8: CAHERDANIEL-SNEEM
- KERRY WAYEtape 9: SNEEM-TEMPLENOE
- CORK, avant le départ
- CONCLUSION
Pourquoi l'Irlande ?
Des années que ce petit bout de terre verte me trotte dans la tête. J'ai toujours su que j'irais un jour en Irlande. En vélo, à pied, en voiture, les projets ne manquent pas. Il fallait en concrétiser au moins un. De très bons vols entre Bordeaux et Cork allumèrent la mèche. C'était le bon moment pour se lancer.
J'ai opté pour une découverte locale et lente. Nul doute qu'un grand tour de l'île en mode road trip soit exaltant. Mais je voulais revenir à de la marche itinérante, sur l'un des plus beaux et variés sentiers du pays: la Kerry Way. L'équivalent irlandais de la West Highland Way qui nous avait tant marqués.
L'organisation ne fut pas simple. Trouver des hébergements pour 6, tous les soirs ou presque et sur 15 jours, parfois en pleine campagne, nécessite un gros travail de recherche. Après des heures et des heures de travail, tout commença à prendre forme. J'ai essayé de mélanger un peu de ville, avec Cork, des séjours en pause, comme à Cahersiveen, du vélo, de la marche, du ferry. Bref, un séjour varié, pour ne pas se lasser.
PLAN DU VOYAGE
Voyage en famille avec Cléa, Alice, Caroline, Annie et Thierry, du 13 au 27 avril 2024.
Arrivés en avion depuis l'aéroport de Cork, nous passons la première nuit dans une auberge de jeunesse du centre-ville. Pas vraiment le choix tant tout était hors de prix. Le premier jour consiste à visiter Cork. Le soir nous serons à Killarney, à deux heures de train.
Nous passerons deux nuits dans cette ville. Une journé sera consacrée à une excursion en vélo vers le Gap of Dunloe.
Nous entamons ensuite la Kerry way : Black Valley-Glancar-Glenbeigh-Cahersiveen.
Nous resterons 3 nuits dans cette ville avec deux journées d'excursions: une vers l'île de Valentia en vélo et l'autre à pied vers Dolus Head.
Nous reprenons la Kerry Way: Dromid Hostel-Waterville (2 nuits et transferts en taxi et bus)-Caherdaniel-Sneem-Templenoe.
De là un taxi, un bus et un train nous ramèneront à Cork pour une dernière visite et le départ.
Soit 9 jours de marche sur la Kerry Way, 1 jour de marche hors du sentier, 2 jours d'excursions à vélo et 2 jours en ville à Cork.
PERIODE :
Je crois vraiment que le mois d'avril est une des meilleures périodes de l'année pour les îles britanniques.
Les journées sont longues, les températures fraîches mais pas froides. La pluie n'est pas vraiment à son maximum. Et il n'y a pas de midges pour nous importuner. Certains jours, le soleil, surprenant, nous a poussé à nous couvrir et chercher l'ombre. Je suis rentré bronzé avec la trace du bonnet sur le front!
Au niveau de la fréquentation on est au tout début de la saison de la marche. Nous n'avons croisé aucune famille comme nous marchant sur la Kerry Way. Une marcheuse solitaire, des randonneurs à la journée, rarement. On peut dire qu'on avait les paysages pour nous seuls. Les auberges étaient quasiment vides dans les campagnes et nous avons eu des prix cassés pour nos hébergements.
Un sentiment d'exclusivité et de vivre hors des sentiers battus exaltant pour nous tous.
NIVEAU :
Modéré
Pour peu que vous parliez un peu anglais il est aisé de voyager dans ce pays. Le paiement est en EUROS.
Le système de transport est très bien fait et ponctuel, les gares modernes, les horaires un peu durs à trouver sans un smartphone, les cartes bancaires sont très utilisées.
Pour trouver un hébergement ce fut du travail, avec des sites comme Google Hotel, Booking, AirBnb, Hostelworld et d'autres recherches sur les sites des villes traversées. Si vous n'êtes pas habitués à organiser des voyages à pied, une agence pourrait être d'une bonne aide.
Niveau physique...Il faut quand même être capable de marcher plus de 6 heures par jour et d'enchaîner les étapes. Il faut accepter des passages parfois moins spectaculaires, sur le goudron par exemple.Le rythme était assez soutenu et les soirée courtes. La marche sur la Kerry Way n'est pas technique et tout est très bien balisé. Ma mère, 81 ans, a réussi le challenge. Fatiguée en soirée, mais elle l'a fait. Cléa et Alice, au collège et au lycée, alternaient les bons et mauvais jours. Pas de bobos physiques mais un rythme à tenir.
Pour ce qui est des sorties à vélo, un vélo électrique est souhaitable pour les plus faibles.
Niveau hygiène, pas une seule alerte de santé. C'est l'Europe moderne, rien à ajouter.
Aucun sentiment d'insécurité . Je n'ai vu aucune bande de gars inquiétante, ni bagarres, ni scènes violentes. J'ai trouvé l'ambiance très relax, y compris dans les gares routières et ferroviaires. Des gens très hospitaliers et bienveillants. Nous avons certes rencontré un paysans arnaqueur qui a voulu nous soutirer des euros pour des photos avec son agneau. Je l'ai signalé à la mairie, à l'office du tourisme, au Routard et au Petit Futé. Les locaux ont été choqués et ont entamé des recherches pour éviter une récidive. Une mauvaise graine.
Un voyage confortable ,relaxant niveau moral et je rentre apaisé et en forme .
HEBERGEMENT ET BUDGET (2024) :
Le voyage m'est revenu à environ 1000 euros pour 14 jours ( 80 euros d'avion , 500 euros de logements, 65 euros de transfert de bagages, 40 euros de train, 40 euros de vélo, 45 euros de taxis, environ 80 euros de restaurants, 90 euros de nourriture...) . Ce qui est très peu cher je trouve pour un tel voyage dans un pays réputé très cher pour l'hébergement. Bien plus cher qu'en Suède par exemple. Tout compris, un prix imbattable pour deux semaines en mode randonnée, mais que de travail d'organisation.
Sur les entrées de musées, nous n'avons visité que des musées gratuits.
Sur les transports, les taxis mutualisés à 6 sont une bonne option. Bus pas très chers en campagne comme le train.
Pour me nourrir, je faisais quelques courses dans les supermarchés et les petites épiceries. Parfois de très bons restaurants ou des Fish and Chips. Des prix comparables à ceux rencontrés en France.
Pour préparer ce voyage j'ai utilisé :
SITES GENERALISTES
- le site officiel de l'office du tourisme du Kerry. Bien fait.
- le site du tourisme irlandais.
- un site sur la Kerry way.Très important.
- un site très bien fait pour les transports en train . Indispensable.
CORK, la seconde capitale irlandaise
Après une traversée paisible du Lot et Garonne, le chaos et le stress du départ à Gradignan. Thierry déjà en mer dans son ferry, la maison est livrée aux sacs et aux plantes. Caroline ayant négocié de façon économe un transfert économique avec notre oncle Jean-François, elle nous amènera à l’aéroport pour un aller-retour en Clio, en urgence. J’aime le hall de départ de Mérignac, il me semble toujours calme, bien loin de l’agitation de celui de Toulouse. Le luxe d’un aéroport à taille encore humaine dans nos provinces. Aucun stress, nous évitons le terminal des low costs pour un dépôt de bagage tout en douceur et un décollage nocturne à 23h20. Pour ne pas se faire traire par Ryan Air, nous refusons de payer pour nos places, malgré l’insistance sournoise du site internet. Nous effectuerons le vol dispatchés dans l’avion. J’hérite de la meilleure place, au premier rang à droite, avec de quoi allonger mes jambes et aucun voisin immédiat. L’humain le plus proche, un extra-terrestre, porte short, écouteurs et tee-shirts. Déjà un autre climat. Un local. Cléa sera isolée tout au fond avec des enfants bruyants. La pauvre.
Après un vol sans histoire, nous atteignons Cork et son charmant aéroport. Impression d’atterrir à la campagne tant tout est calme après minuit. Les sacs sont quasiment prêts avant nous, le temps d’allumer mon téléphone et le taxi irlandais m’appelle déjà. Deux voitures, menées pied au plancher par deux pilotes émérites. Prost vs Senna dans les rues de la ville jusqu’au Sheila’s hostel, dans le quartier Victorien. Gros édifice plutôt neuf, accueil rapide et sympathique et tous au lit dans un dortoir de 6 privatisé. Thierry attend déjà bien au chaud sous les draps à notre arrivée. Dans les couloirs, les noctambules nous dérangerons. Le lot de chaque auberge un samedi soir je pense.
Nous commençons par la visite de la Cathédral Sainte-Marie-et-Sainte-Anne.
Plus près du centre de l’animation, nous visitons la Galerie Crawford. Un beau bâtiment près des artères commerciales de la ville mais malheureusement avec beaucoup de salles fermées pour rénovations. L’entrée est gratuite.
Le centre ville me fait penser aux quartiers londoniens de Camden ou de Carnaby Street des années 2000. Un mélange d’édifices colorées et d’underground, de commerces et gens branchés. Tout est ici un peu destroy. Des bandes de jeunes, des restaurants, la ville est dite rebelle, c’est une évidence.
Nous visitons ensuite le Fort Elisabeth (gratuit). De belles murailles, des chemins de rondes offrant des vues sur la ville. Pas très glamour non plus vue d’en haut, avec ses jardins peu entretenus. En son sein, un petit musée sur les femmes punies et envoyées en Australie. La vie dure d’alors. Un abri aussi du temps de la seconde guerre mondiale, simple cube de béton vide. Un endroit modeste mais accueillant. Et quelques radiateurs appréciés.
Il est temps pour nous de rentrer pour retirer nos sacs, lourds bagages que nous porterons en se relayant vers la gare proche. Quel plaisir de se retrouver à sa place réservée dans un train confortable !
Tout le monde semble heureux. Le voyage s’installe.
KILLARNEY : en vélo pour le Gap of Dunloe

Le lien vers les PHOTOS de ce périple à vélo vers le Gap of Dunloe.
Une petite vidéo sur notre escapade à vélo vers le Gap of Dunloe.
KERRY WAY Etape 1: KILLARNEY-BLACK VALLEY
Intérêt : ++++ Difficulté : +++
25.45km, 7h30
Nous devons ce matin laisser les sacs à environ 1,5 kilomètre de notre maison. Thierry négocie un Uber et dans la précipitation nous arrivons à charger toute la troupe à 8H30. La Kerry Way peut alors commencer. C’est parti pour plus de 200 kilomètres de marche. La sortie de ville de Killarney n’offre rien de fantastique. Nous longeons la voie rapide sur des trottoirs, n’ayant pour seuls paysages que des rangées de BnB et d’hôtels de luxe, certains charmants, d’autres sans âme. Nous quittons enfin la route pour un sentier goudronné en forêt qui nous rapproche du lac. Nous le longeons dans le calme, croisant quelques marcheurs locaux, jusqu’à arriver à l’ancienne abbaye de Muckross.
Une belle ruine entourée d’arbres et de chemins, au cimetière encore actif aujourd’hui. L’édifice, hormis le toit manquant, est très bien conservé. Le cloître, par exemple, avec son arbre vénérable en son centre, sort tout droit d’une scène elfique de Tolkien. Nous croisons quelques touristes qui comme nous grimpent dans les tours et visitent les dortoirs. Avec un peu d’imagination, le voyage temporel devient aisé. Le sentier poursuit ensuite le long du lac pour atteindre la Muckross House, la grosse attraction locale.
Les arbres aux alentours nous impressionnent par leur taille. Le domaine est d’une grande richesse. Le manoir, de 1843, comprenant 65 pièces, en impose, face au lac et devant d’immenses près que les jardiniers s’affairent à maintenir à la bonne coupe. Travail soporifique, sur leurs petites tondeuses. Le site m’apparaît dans tout ce qu’il y a de plus classique : une demeure de très riche dans les îles britanniques. Les perspectives nous enchantent. De tout côté le lieu est grandiose, malgré les groupes de touristes. Nous ne visitons pas l’intérieur, pas le temps, mais juste les jardins. D’une richesse rarement vue, entre Avatar et Vesper Chronicles. Des serres, des collines aménagées, de petites rivières… un immense terrain d’exploration que nous ne ferons qu’aborder. Les plantes, d’allures exotiques, nous surprennent par leurs tailles. Je ne m’attendais pas une telle exubérance en Irlande. Ces lieux auraient mérité plus de temps, à l’évidence.
Nous poursuivons en direction de la cascade de Torc, autre lieu très touristique, car très facile d’accès. Parking, toilettes et défilé de touristes et de scolaires jusqu’au pied puis vers le haut de la chute d’eau. Bel endroit, mais j’ai envie de vite quitter ce monde. Bientôt, nous serons seuls, et pour longtemps. Le sentier joignant les deux parkings (bas et haut) monte raide. Nous franchissons une barrière et disons au revoir aux touristes motorisés. A nous la Kerry Way, en mode privé.
Le sentier suit une ancienne route empierrée qui nous amène vite dans des lieux sauvages. Je retrouve alors les ambiances bien connues de mes précédents et nombreux séjours dans les îles britanniques. Montagnes et landes. Nous croisons un ou deux traileurs, rien de plus. Nous pique-niquons à l’abri d’un rocher.
Le temps est variable, mais plutôt stable : vent, pluie, soleil, en alternance. Le sentier devient ensuite très mousseux, vraiment charmant, issu d’un conte. Des arbres, des recoins, des pentes, des virages. De quoi tourner des films en costume. J’imagine bien souvent Frodon appuyé contre un arbre à manger son pain elfique. Dans les champs, d’étranges tas de pierre nous interrogent. Abris pour les bêtes en cas de vent ?
Un tel travail de forçat doit pouvoir se justifier. Des pontons de bois nous aident à traverser les tourbières. Les vues se dégagent sur le plus haut massif d’Irlande. Nous dormirons ce soir à son pied. Nous arrivons à une route qui descend vers un lac pour rejoindre le Lord Brandon's Cottage, fermé en cette saison. Tout semble désert.
Quelques hectomètres de route encore et nous arrivons au Black Valley Hostel. Pas une voiture, pas un bruit, pas un commerce. La Black Valley fut le dernier endroit d’Irlande à recevoir le courant électrique en 1978. On se sent loin de tout. Même les porteurs de sacs demandent un supplément pour le transfert en ces lieux ! On croit même l’endroit ferme en arrivant.
La journée fut très variée. Un peu d’Ecosse, d’Irlande, de savanes africaines, de wild, de sentiers battus, de luxe, de botanique, de pastoralisme, des lacs, des pics, des rivières aux eaux sombres. Pas sûr de voir mieux ensuite. La barre est haute. L’étape fut longue mais sans beaucoup de dénivelé. A 21h40, toutes les lumières s’éteignent. La nuit sera bonne pour tous, dans notre petit dortoir privatif.

Le lien vers les PHOTOS de cette première étape.
Une petite vidéo sur notre première étape.
KERRY WAY Etape 2: BLACK VALLEY-GLENCAR
Intérêt : ++++ Difficulté : +++
20.9 km, 7h35
Nous partageons l’auberge avec deux françaises. Enfin une rouquine en pull en laine blanche ! L’auberge est agréable quoique froide dans le salon. J’aime bien ces ambiances, dans des lieux isolés, seuls. Nous nous levons à 7H30 et préparons un gros petit déjeuner. Le temps apparaît toujours variable, nuageux, les hauts sommets bouchés. La journée commence par de la route. Pourtant, le trafic étant nul, tout ressemble à une vraie randonnée. Elle aboutit à une dernière ferme avant la montagne. Le paysage m’enchante. Lac, maison isolée, col au loin. Les moutons s’incrustent partout, même la tête coincée dans les grillages. La propriétaire en sera avertie.
Nous commençons la partie la plus montagneuse de la Kerry Way. D’altitude modeste, un peu plus de 1000m, cela n’en reste pas moins impressionnant vu du pied. Le premier col débouche sur une vaste vallée que l’on atteint d’abord en longeant une crête herbeuse. Par rapport à l’Ecosse, les passages isolés durent moins longtemps. Les barrières des fermiers montent haut et on a l’impression d’être un peu toujours entre deux fermes. Les échelles sont aussi bien différentes que dans les Pyrénées. Les cols, les sommets sont vite atteints et gravis.
Pas de longues montées de plusieurs heures par ici. Nous attaquons bientôt le deuxième col de la journée, le Bridia Pass, point culminant de la randonnée pour rejoindre la vallée du même nom. Dans les nuages, l’humidité nous imprègne sévèrement. La visibilité reste limitée. Je me satisfais de cette ambiance, bien couvert. La descente, assez raide nous mène dans la vallée de Bridia, dans une vraie ambiance montagneuse. Encore des lacs au loin, et de belles vues.
Le sentier alterne ensuite entre des forêts de mousse féeriques, des champs de moutons, des près. Encore une fois cette journée sera très variée, le sentier changeant d’aspect en quelques mètres parfois. Nous finirons par du goudron vers Glencar et le Climbers Inn où un petit appartement nous attend. En bord de route, cette auberge fait office de pub, d’auberge, d’épicerie et de rendez-vous de locaux. Un parking, des voitures et des gars qui viennent boire leur bière à 17H et au comptoir. Un lieu de vie, garant du lien social. Près du poêle, entourés de photos locales des pics sous la neige, nous apprécions nos pintes. Encore une très belle journée.

Le lien vers les PHOTOS de la deuxième étape.
KERRY WAY
Etape 3: GLENCAR-GLENBEIGH
Intérêt : ++ Difficulté : +
19.51 km, 5h45
L’étape du jour s’annonce comme une étape de transition. Le parking de l’auberge est plein ce matin. Un groupe venu d’on ne sait où s’est donné rendez-vous pour un petit déjeuner. Nous les laissons, le sentier quitte la route juste devant notre appartement. Une petite maison en bordure de sentier, abandonnée attire mon attention.
Il reste à l’intérieur les armatures du lit, les lampes à huile accrochées au mur et quelques souvenirs d’un habitat passé. Je n’arrive jamais à dater ces abandons. Qui fut le dernier à dormir ici ? Je me pose souvent cette question devant des lieux désertés. Toujours avec émotion. Le sentier ce matin devient plus quelconque, je pourrais me croire dans des sous-bois de par chez moi bien que les marécages en bordure ne soient pas si communs. Les montagnes s’éloignent derrière nous. L’océan sera bientôt visible. Peut-être dès le Windy Gap, col du jour, visible par son échancrure bien dessinée.
On y monte par un sentier large en gazon. Après une montée assez facile, nous découvrons enfin la côte et notre ville étape du soir, Glenbeigh. La descente ne pose aucun problème, nous arrivons vite dans les quartiers pavillonnaires de la petite ville. Passage près du château de Wynn, 19ᵉ, en ruine, auparavant un des lieux les plus prisés du coin.
Privé ne se visite pas. Notre lieu de séjour : le Towers Hotel. Un établissement historique qui a reçu Chaplin, Sagan et bien d’autres. Très belle chambre, couloir avec moquette et atmosphère désuète comme on adore. Nous profitons de notre arrivée précoce pour explorer une partie de la côte. Nous rejoignons une sorte de jetée naturelle, recouverte de rochers et d’algues.
Le temps est magnifique et les vues sur la péninsule de Dingle en face remarquables. Personne, un hôtel de caractère et du beau temps. Le bonheur. Nous dînerons ce soir, sur le conseil d’un local, au Glenbeigh Hotel, un ancien relais de poste non loin. Le gastro-pub est plein de locaux, en semaine. Cheminée, tableau sur les murs, tout ce qu’on attend d’une soirée en Irlande (mais pas de groupes de musique).
Je me régale d’une Seafood Chowder, soupe de poissons riche en fumet.
De l’agneau pour Thierry, des burgers, des wings, tout le monde apprécie. Bon, copieux. Nous ne savons que faire pour les pourboires, le patron nous incitera à donner moins que nos 10 %. Surprenant. En soirée et en pantoufles nous irons lire et écrire dans le salon de l’hôtel.
Le couloir nous transporte avec De Funes dans le château de Lord Mac Rashley. J’adore. Atmosphère très James Bond dans le bar, mais personne n’a vraiment envie d’un whisky à cette heure. Nous profitons de nos privilèges.

Le lien vers les PHOTOS de la troisième étape.
KERRY WAY
Etape 4: GLENBEIGH-CAHERSIVEEN
Intérêt : ++ Difficulté : ++
21.60 km, 5h55
Quittant notre confortable hôtel, je souligne devant la patronne l’intérêt de conserver ce type d’établissement de caractère, sans céder, comme on le voit souvent, à des rénovations, au goût du jour. Une portion de la population préfère le goût d’avant, pourquoi ne pas les nourrir ? Tant qu’ils existeront, tant que la marge suffira au modèle économique, nous éviterons les hôtels formatés aux couverts Ikea.
Le sentier ce matin commence par un passage dans la forêt des fées, une portion où les enfants des écoles ont fabriqué et décoré des maisons pour les petits êtres magiques, mais bien réels. Charmant, avec ces champignons, ces messages « Sorry, we missed you, we were dancing in the trees ». Greenie, notre petite mascotte voyageuse, est invité avec tous les égards.
Nous atteignons un col. Plus en bas, des vestiges d’une ancienne voie ferrée qui ferma en 1960 : pont, tunnel. Nous serons au terminus demain, en partance pour l’île de Valentia. Le sentier traverse ensuite le pays des Ents de Tolkien. Des hectares de forêts décimées tristes à voir. Le temps est agréable, du soleil.
La fin de l’étape, sur des lignes droites goudronnées, n’enthousiasme guère. Comme prévu, nous finirons dans le taxi de Muiris pour rejoindre la ville étape de Cahersiveen.Il déposera nos bagages dans un Bnb avant de nous conduire dans notre appartement, en centre-ville.
Pas la plus belle des étapes. Un peu trop de goudron, et un côté sauvage moins marqué. Les jours s’enchaînent, sans répit. Pas vraiment le temps de souffler, ce qui est le propre de ces grandes traversées. Avancer, toujours avancer. Se lever, partir rapidement, marcher, se doucher, faire les courses, la cuisine, remplir le carnet, préparer l’étape du lendemain et se coucher. Nous n’aurons jamais le temps par exemple de regarder un film en soirée.
Nous resterons trois nuits à Cahersiveen. J’ai préféré faire une pause et profiter de ce coin très riche en possibilité plutôt que de privilégier la fin de la Kerry Way.
La maison est froide, nous avons du mal à trouver l’eau chaude. Des couvertures électriques nous aideront à passer une nuit confortable.

Le lien vers les PHOTOS de la quatrième étape.
Une petite vidéo sur la partie de la Kerry Way entre Black Valley et Cahersiveen.
L'ÎLE DE VALENTIA A VELO
Intérêt : +++++
Difficulté : ++
41 km à vélo et 4,7 km à pied
Une superbe journée, peut-être la meilleure. Hors de la Kerry Way, bizarrement.
Comme souvent, Thierry et moi partons un peu en avance. A 9 heures, nous louons nos vélos chez Casey, une boutique où se vend aussi du gaz et de l’électroménager.
Nous fonçons chez Quinlan’s, une poissonnerie très connue du coin, dans la rue principale de Cahersiveen, pour acheter de quoi cuisiner une Seafood Chowder, mélange de poissons blancs et fumés plus quelques moules. L’odeur, l’ambiance du magasin me marquent. Le commerçant se montre affable et enjoué, j’aurais envie de tout acheter.
La rue de la ville garde son charme un peu désuet. On peut encore y voir sur de nombreuses devantures les noms des propriétaires des boutiques ( O’Grady, O’Shea…) une tradition irlandaise. Bien sûr, comme chez nous, beaucoup de magasins abandonnés confèrent au centre une étrange atmosphère, mélange de temps passé et de modernisme, modéré quand même. Quelques locaux commencent à animer la rue, mais toujours pas de touristes.
Les courses se feront à la station service où le magasin s’avérera finalement bien plus qualitatif qu’au Aldi du centre. Beaucoup de produits de qualité.
Notre périple à vélo commence par rejoindre l’embarcadère du ferry pour l’île de Valentia. Une route fréquentée sur un kilomètre puis un long ruban de goudron plus tranquille pour rejoindre Reenard Point. Rien que le nom m’évade. Les entrepôts de la poissonnerie Quinan’s, un pub « The point » du bout du monde et un embarcadère minuscule avec une carcasse de bateau et des casiers. J’adore ! La traversée est courte, 800 m. La petite ville de Knightstown est à portée de voix. Sur mon vélo, seul (Caro et les filles sont trop en retard), je prends un billet aller-retour pour 5 euros et me retrouve 10 ans en arrière lors de mon périple en Ecosse. Quel plaisir de poser de nouveau mon vélo sur les côtés d’un mini ferry ! Ici, pas de salle de voyage, on reste debout ou sous un mini abri. Une micro-aventure exaltante. Je suis seul, encore une fois, avec deux ou trois locaux.
Knightstown est une toute petite ville charmante et tellement tranquille ce matin d’avril. Un petit port, quasiment désert, où, sous le soleil, des locaux mettent à l’eau leurs kayaks de mers. Un bel hôtel, le Royal, fait face à l’océan. Une tour de l’horloge très photogénique, un petit centre de secours en mer.
Une ambiance maritime authentique, loin de la frénésie.
Une journée à passer sur l’île. Je ne perds pas de temps et commence seul mon tour. Premier arrêt à l’église catholique, face au rivage. Reposante, bien entretenue avec de nombreuses bougies allumées dedans.
Bâtiment remarquable, la Cable Station, musée maintenant, rappelle le temps des télégraphes. Ici travaillaient jusque en 1966 des dizaines de personnes au service des communications. L’île est célèbre pour avoir été le lieu de la première liaison par câble entre le vieux et le nouveau continent. Des petits plots en forme de câble parsèment d’ailleurs l’île et apportent des informations sur cette aventure technologique.
La balade le long de la rive se poursuit. Des près très verts, de petites maisons bien tenues, des locaux en promenade. Tranquillité et air frais.
Je poursuis par la ruine de l’ancien observatoire météorologique. Rien de plus que 4 murs, mais les goélands et l’océan suffisent à mettre l’ambiance.
Je rejoins tranquillement Chapeltown, la deuxième bourgade de l’île. Un petit ruisseau traverse le petit village. Un petit parc charmant y est aménagé. Un banc, une petite cabane, rien de grandiose mais un petit coin de nature, tout petit, préservé à deux pas de la route.
Le reste de la troupe me rattrape, dire si je traîne. Sur la rive en face, le petit port de Portmagee nous attire. D’un coup de pédale et le bras de mer est franchi.
L’ambiance est ici plus animée. Le port, charmant, partage ses quais entre les bateaux partant pour les îles Skellig et quelques chalutiers de poche. Il règne donc une belle atmosphère ce samedi matin. Des jeunes bien costauds, en tenue de hockey, se préparent au milieu de groupes de touristes. Quelques restaurants de poissons qui donnent vraiment envie de se poser un peu. Nous restons un bon moment sur les quais, au milieu des casiers, à profiter de cette odeur forte de poisson.
Le lieu est aussi célèbre pour avoir figuré dans un vieux film sur Lindbergh, l’île étant la première terre aperçue lorsqu’il arriva des Amériques en 1927.
Nous arrivons à la pointe de l’île, sur le parking de Bray Head. Quelques touristes et des tables de pique-nique panoramiques. Un sentier démarre ici pour atteindre une tour au sommet de la colline, à la pointe. On y monte en 40 minutes environ. Les vues sont incroyables sur les îles Skellig, deux pointes sombres à l’horizon, qui semblent sorties d’un trucage numérique. Un épisode de Star Wars fut tourné là-bas (Luke y vit isolé…). Sous un temps superbe, nous balayons d’un regard des îles Blasket à la péninsule de Dingle et bien plus loin encore. Nous observons, accrochés à la falaise, les jumelles au cou. Fous et fulmars autour de nous. Bien plus bas, des pêcheurs ramassent filets et casiers. La tour n’apporte pas grand-chose de plus. L’intérêt se veut côtier, depuis les falaises abruptes. Le vent nous pousse à redescendre pour pique niquer sur le parking.
Je poursuis ensuite, seul, vers le puits de St Brendan. Je connaissais ce personnage légendaire, possiblement découvreur des Amériques avant les Vikings. Une route, puis un sentier de VTT mène à un petit puits au milieu de rien où Brendan aurait baptisé des fidèles lors de son séjour sur l’île. Rien de fantastique, mais je ne pouvais rater une occasion de me lier à ce personnage illustre.
La route se poursuit sur la côte est maintenant, bien plus vallonnée. Odeur de lisier parfois forte. Le point culminant de l’île, privatisé, propose pour quelques euros, une route privée jusqu’au sommet. Pas pour nous. Ce commerce de la nature, je le crains, va se généraliser dans le futur. Ce type de randonnée, d’accès payants est déjà courant sur les îles Féroé par exemple.La prochaine attraction est une grotte, à l’image de celle de Lourdes, aménagée dans une mine de schiste. Le côté religieux et la vision de la statue de Bernadette ne m’intéressent pas mais la vue vers l’océan et la côte depuis la route s’avère très agréable.
Nous poursuivons par une sérieuse descente(bien plus de 15 %) vers le phare, malheureusement fermant devant nous. Le challenge sera d’en remonter sans mettre pied à terre. Défi réussi par Thierry et moi, ainsi que par Annie et son vélo électrique. Un chauffeur local nous propose de s’accrocher à sa voiture, geste que je ne maîtrise pas du tout et que de toute façon je n’ai pas envie d’accepter. Une attention remarquable, quand même. Le retour vers Knightstown se fait par une route passant au milieu d’une végétation plutôt luxuriante. On se croirait à Madère. En ville un local nous interpelle. « Français ?Cantona.The best ! » La légende est tenace. Nous déambulons avec plaisir dans la petite ville désertée. Sur la jetée, quelques pêcheurs tranquilles sous une belle lumière du soir. J’apprécie encore un peu l’atmosphère avant de prendre le petit ferry pour nous ramener sur l’île principale.
Le pub est rempli de locaux. Nous arrivons devant le loueur de cycle vers 19 h. Habitant au-dessus, il descend vite récupérer ses machines. Nous n’aurions pas aimé, comme demandé, les laisser accrochées toute la nuit dehors à un anneau.
Quelle belle journée ! Le plaisir du vélo, l’air marin, la campagne, l’effort, le patrimoine historique. Quel luxe d’avoir profité d’un temps pareil pour cette escapade ! Mon amour du cyclotourisme, surtout en ces coins si courtois où tout le monde nous salue, en ressort renforcé. Ce soir, Thierry nous cuisinera une délicieuse soupe de poisson pour conclure cette journée savoureuse.

Le lien vers les PHOTOS de l'île de Valentia.
Une petite vidéo sur notre sortie à vélo sur l'Île de Valentia.
Escapade vers Dolus Head
Intérêt : +++ (à cause du goudron au départ) Difficulté : ++
20.04 km, 6h25
Ce matin, pas de réveil. Une journée de semi-repos. Levé à 8h50, encore un super temps dehors. Nous partons depuis l’appartement vers deux pics côtiers que l’on voit depuis la terrasse.
La ville se réveille tranquillement, un petit vendeur de café ambulant trône dans un parc non loin de là. La rue principale sort de sa torpeur nocturne. Nous passons vite un pont, peu fréquenté, passant devant une sorte de vieux château trop rénové, peint en blanc et lieu d’animation du genre « escape game ». Au loin, l’ancien pont du chemin de fer. Reenard point, l’embarcadère pour Valentia, étant le terminus d’une ligne aujourd’hui désaffectée.
De belles maisons longent le bras de mer. Une retraitée s’affaire à rendre son jardin impeccable. De sa splendide verrière la vue doit être remarquable.
La route est ensuite sans intérêt sur plus de 3 kilomètres. Une ruine d’un château au loin, interdit au public puis un fort circulaire médiéval, le Cahergal Stone Fort. Très bien conservé, retapé en 1990. Les moutons y prennent le frais. Sur le parking proche, nous nous faisons arnaquer par un paysan trop sympathique. Photo avec l’agneau ? Bien sûr. Puis au moment de réclamer de l’argent, le ton devient plus agressif. Je luis laisse de la petite monnaie, 90 centimes, un peu dégoûté. De retour, je le signalerai à l’office du tourisme et à la mairie. Ils seront très réactifs face à ce business qu’ils ne veulent pas dans leur coin de campagne.
Au bout de l’interminable ligne droite, une petite plage déserte couverte de roches. Bientôt, au milieu des fermes, nous entamons enfin un sentier vers la pointe de Dolus Head, croisant un groupe d’anglais, dont un papi assez âgé et bien méritant. Les vues deviennent très belles sur l’océan. Le chemin, facile, mène à la pointe où nous déjeunerons avec un point de vue magnifique sur un éperon rocheux couvert d’oiseaux.
Fous, fulmars et goélands comme seule compagnie. Les vues sur les îles Skellig sont magnifiques. L’itinéraire, hors sentier et non officiel, remonte ensuite vers une crête. Un puis deux petits sommets avec des vues incroyables de toutes parts. Dingle, îles Blasket, toute l’île de Valentia dans sa longueur, Cahersiveen et les montagnes au loin. Nous profitons, les yeux grands ouverts.
La descente, raide et hors sentier, nous amènera dans des champs clôturés que nous devrons franchir avec plus ou moins de facilité.
Un peu gêné, je m’en vais m’excuser au paysan voisin, en train de travailler. Je ne comprends pas un mot sur cinq mais l’idée générale est qu’en Irlande, tout est privé, que cet itinéraire GPS, trouvé sur le net, est l’œuvre d’un gars qui n’est pas du coin et que seule compte les traces visibles sur les cartes officielles. Aucune agressivité pourtant dans son discours.
Le retour sur le goudron sera évidemment ennuyeux, d’autant qu’aucun circuit ne s’avère possible. Nous rentrons avec des coups de soleil, enivrés par tant de beauté.
Une journée finalement contrastée avec environ 9 kilomètres de goudron mais une partie maritime et des panoramas faisant oublier ce petit tracas.
Il est rare d’avoir en même temps un paysage pastoral, des près, des moutons, des fermes et un paysage si maritime, des bateaux de pêche, des îles rocheuses, des zodiacs, en un seul regard circulaire.

Le lien vers les PHOTOS de l'escapade vers Dolus Head.
Une petite vidéo sur notre randonnée vers la pointe de Dolus Head.
KERRY WAY
Etape 5: CAHERSIVEEN-DROMID HOSTEL
Intérêt : +++ Difficulté : +++
22.87 km, 6h50
Encore une longue et belle journée sous le soleil. Je ne pensais souffrir autant de la chaleur. Disons qu’on n’avait pas prévu d’équipement légers genre short et chapeaux. Vers 9H30, le gars qui nous loue la maison vient nous prendre aimablement nos sacs pour les emmener au point de collecte, nous évitant une marche matinale forcée et inintéressante.
Le chemin démarre par une route paisible, contournant le réservoir de la ville puis rejoignant rapidement un sentier assez joli alternant entre champs et petits ruisseaux. Beaucoup de haies à franchir et une ambiance campagnarde agréable. L’itinéraire fait beaucoup de détours, pas toujours dans la direction de notre lieu de séjour du soir. Les kilomètres s’accumulent mais sans vraiment avoir l’impression d’avancer. Passage au milieu d’exploitations de tourbe, en train de sécher au soleil. Les vues se dégagent sur les pics de la veille, sur Cahersiveen et Valentia.
Nous remontons ensuite sur une crête panoramique, proche d’un champ d’éoliennes, que nous suivrons de nombreux kilomètres, entièrement seuls. Alternance de chemins empierrés et de passages boueux couverts de planches. Heureusement pour nous, le temps est sec depuis 3 jours. Je cherche l’ombre et m’enveloppe la tête dans mon foulard. Surprenant.
Les vues sont superbes de tous côtés pendant plusieurs kilomètres mais certains commencent à fatiguer. Notre auberge, au Dromid Hostel, se trouve en contrebas, après quelques kilomètres de goudron, sur une route peu fréquentée. L’endroit forme une communauté, avec son école, son pub, sas petite épicerie. Tout y est très calme. Un Français traîne dans l’auberge, les patrons sont partis et ont laissé les clés dans des enveloppes. Je dormirai fort bien dans un grand dortoir vide avec Thierry alors que les filles profiteront d’une petite chambre privative, pas forcement plus confortable avec si peu de monde. Douchés, nous filons au pub profiter de l’ambiance. Trois locaux au comptoir, du calme. Le plaisir du soir après une longue journée de marche. Moral et jambes au top pour moi. La nuit sera très bonne.

Le lien vers les PHOTOS de la cinquième étape.
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Etape 6: DROMID HOSTEL-WATERVILLE
Intérêt : +++ Difficulté : ++
16.06 km, 5h13
Nous avons ce matin l’auberge pour nous tous seul. Le jeune compatriote dort dans son dortoir et les trois familles arrivées tard hier soir partent avant le petit déjeuner. J’aime ces atmosphères, ces auberges de jeunesses confortables, quand il n’y a pas foule.
Nous quittons cette charmante communauté isolée par un petit sentier quittant la grande route devant l’école, animée. La trace sera boueuse, malgré le temps sec. Le sentier s’élève vite, facilement, vers une crête que nous suivrons longuement, l’océan en point de mire. Toujours de beaux paysages, un peu de nuages le matin mais un bel après-midi.
Au loin, la baie de Waterville se dessine. Sur la gauche, un lac assez grand avec quelques îlots, le tout très peu urbanisé. A la différence de l’Ecosse, il est difficile sur la Kerry Way de ne jamais voir de signes de civilisation, de ne pas entendre un bruit de moteur au loin. Un aspect moins sauvage, définitivement, mais on s’y attendait. Les panoramas du jour restent pourtant remarquables, au milieu de vaches peu agressives qui s’écartent à notre approche. Cléa et Alice, dans leur monde, s’inventent des histoires de Dallawen bien au-devant. Nous ne les verrons presque pas de la journée.
La partie finale se déroule sur du goudron. J’arrive en ville avec mon bonnet et mon foulard sur la face. Je dois passer pour un extraterrestre.Nous avons environ 4 heures à patienter avant de pouvoir rejoindre l’appartement. Annie et les filles restent flâner sur la promenade. Nous partons marcher sur la plage vers le golf, l’un des plus réputés du pays et plus encore.
Quasiment personne, quelques animaux morts (phoque, hérisson, mouton…). Des tas d’oiseaux, huîtriers pies, limicoles, quelques nids perchés sur les petites falaises (la commune souffre de l’érosion). La promenade est agréable, sur les galets. Mer d’huile et baie paisible. Tellement paisible.
De retour sur la promenade, nous ne résistons pas à une grosse glace, la « 99 cents », sorte de glace à l’italienne avec son biscuit au chocolat planté dedans. Enfin des portions copieuses et pas si chères. Si loin de celles de Soulac sur Mer, chichement servies maintenant.
Nous visitons l’église. Un piano offert aux passants par une habitante et voilà Cléa qui nous répète du Beethoven.
Si les côtes du Monténégro nous avaient marqués parfois par leur potentiel bling-bling, ici, c’est l’opposé. Juste une ville normale en bord de mer, au milieu des locaux, sans magasins artificiels. Pourtant Chaplin, Michael Douglas, Tiger Woods vinrent ici, régulièrement pour le premier. Des fresques, une statue lui rendent hommage. Il trouvait ici le calme, la beauté des paysages et la tranquillité. Bien loin de Quiberon et de ses cafés et vendeurs de gâteaux, on a du mal ici à s’imaginer une ville touristique. Et j’adore cette rareté. 2 ou 3 restaurants, quelques Bnb’s. Pas de poissonnier par contre. Dommage.
Notre appartement est vraiment très confortable, au-dessus de l’ancienne station service (dont une pompe marche encore). La vue est imprenable à 20 mètres du rivage. Comme nous nous régalâmes de notre hôtel à Venice Beach, L.A, nous avons ici la chance de surplomber la promenade. Bien peu fréquentée, à n’importe quelle heure de la journée. Sur un îlot dans la baie, des phoques ont l’habitude de séjourner. Moquette et jumelles. Un bon programme pour notre soirée.

Le lien vers les PHOTOS de la sixième étape.
Une petite vidéo du sentier entre Cahersiveen et Waterville.
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Etape 7: WATERVILLE-CAHERDANIEL
Intérêt : ++++ Difficulté : ++
15.74 km, 5h07
Le sentier ce matin passe devant notre porte, sur la promenade. Le temps est nuageux mais stable. Personne. Après 500 m de route, nous tournons à droite vers le nouveau golf de la ville. Très bel endroit. Des joueurs de bon niveau s’entraînent, on croise des caddies et des jardiniers en voiturette. Le parcours semble magnifique, avec ses vues imprenables sur l’océan. Le sentier, bien balisé et parsemé d’indications patrimoniales, remonte lentement vers un petit col, non loin de la route principale du Ring of Kerry mais au calme. Passage près d’un petit fort médiéval. La côte est bien découpée, sinueuse maintenant.
Du col, le paysage est saisissant avec au loin les plages de Derrynane, but de la journée. Îlots rocheux, anse, petit port, longues plages, forêts sont au programme. Nous descendons vers une petite jetée, couverte de casiers, proche d’un poste de secours en mer où un local vérifie l’état du moteur. Le sentier serpente entre la végétation et les rochers et me rappelle le tour de Belle-Île-en-Mer.
Nous atteignons une grande plage où un groupe de Français pêche les coques. Grosses, car peu prisées par ici. Une petite presqu’île se rejoint à pied, facilement. Une ruine d’abbaye et un cimetière panoramique attirent les touristes, présents aujourd’hui sous le soleil maintenant bien installé. Un bel endroit pour se poser pour l’éternité au milieu des O’Grady et O’Sullivan. Je remarque les vétérans de la première guerre mondiale, en nombre.
Non loin, nous visitons la demeure d’une figure politique d’Irlande, la Derrynane House d’O’Connell. Maison en travaux donc à la visite réduite mais gratuite. Cet inconnu le devient un peu moins. Son lit de mort, les cartes de visites des illustres lui ayant rendu hommage après sa mort (dont Benjamin Franklin). La maison n’a rien de grandiose (salle à manger avec argenterie, salon avec table en bois remarquable, canapés, tourbe dans l’âtre, éteinte, petite bibliothèque) mais le lieu doit être très touristique en saison. Je pense que pendant les travaux, ils ont compilé un peu de tout pour remplir les pièces disponibles. Une petite église privé avec de l’argenterie du culte. Le parc aux alentours se visite avec plaisir même s’il est un ton en dessous de celui de la Muckross House de Killarney.
On poursuit par les petites dunes côtières, remplies de trous de lapins, ressemblant presque à un golf. Les oyats me rappellent le Soulac-sur-Mer d’antan, en bien plus modeste. La Kerry Way nous mène finalement tranquillement, par la route, à Caherdaniel ou un taxi nous attend au Blind Piper, pub bien fréquenté. Ce qui nous surprend toujours, un mardi en semaine.
Le soir, je me promène dans la solitude de Waterville, profitant de cette atmosphère un peu décatie.
Devant l’hôtel Bay View, en mauvais état, je m’imagine les riches heures de la station. Devant la statue de Charlie Chaplin, je m’imagine le grand homme et sa famille se promenant sur la plage.
Une très belle journée, très maritime, avec de belles plages, un moral et des jambes toujours au top. Et encore ce soir le plaisir de profiter de notre appartement plongeant dans l’océan.

Le lien vers les PHOTOS de la septième étape.
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Etape 8: CAHERDANIEL-SNEEM
Intérêt : +++ Difficulté : ++
19.14 km, 5h59
Alors que nous quittons avec nostalgie notre balcon sur l’océan, la propriétaire nous salue en tenue de plage, prête à partir pour sa baignade quotidienne dans la baie. Nous prendrons le bus à 9h30 devant le Butler Arms Hotel, où Chaplin avait ses habitudes. Quelques locaux partant au travail et deux ou trois touristes, comme quoi, nous n’étions pas les seuls en ville. Prendre le bus ici revient à prendre son temps. Pas de stress. Le chauffeur accueille, dépose et semble heureux de son travail. Les gens saluent, de façon sincère il me semble, en entrant et en sortant. Un luxe que certains chauffeurs parisiens, planqués derrière leur plaque de verre anti-insultes, envieraient. Le bus pour Caherdaniel reprend la route prise en taxi hier. Toujours aussi beau. Un hélicoptère se pose au golf. Peut-être Michael Douglas ? Vers 10 h, nous commençons notre étape du jour.
Le temps est nuageux. Le parcours moins spectaculaire que les jours précédents mais agréable. Deux montées de col, des routes forestières, un peu de route non passante, quelques passages « isolés » des vues sur mer, sur la Ring of Kerry et ses bus, sur les prés et les moutons.
La pluie arrivant, on se cache dans un bois comme on peut pour déjeuner. Nos « cifossec » (bout de plastique ou de bâche que l’on place sous son séant pour s’isoler de l’humidité, nom breveté par Cléa) seront très utiles. Les imprudents sans surpantalons ou sans Gore Tex au niveau finiront trempés à Sneem.
Une jolie petite ville touristique, aux maisons colorées, avec ses magasins de pull irlandais, de musique, de glace… bref tout l’attirail. La ville n’est pas bien grande et charmante, au bord d’une rivière, tout près des montagnes et d’un bras de mer ressemblant à un lac. Malgré le temps je reste à flâner en ville avec Caroline quand les autres se réfugient à l’hôtel pour se sécher. Deux petits bouchers qui préparent de la bonne saucisse, spécialité du coin, deux églises dont une, anglicane, avec une exposition.
On y voit des photographies d’illustres visiteurs : De Gaulle, Gregory Peck, Colin Farrel, Grace Kelly. L’autre, très lugubre et moderne, ne présente aucun intérêt pour moi. Une ville de sport aussi avec un vieux magasin de cycles dans son jus et des statues sur la place de champions de lutte ou de football gaélique.
Ce soir, nous rejoignons un hôtel 4 étoiles, le Sneem Hotel. J’ai eu un prix incroyable, je ne sais comment, sur un obscur site de Singapour. 267 euros au lieu d’au moins le double.
En plus nous sommes surclassés dans d’immenses chambres de 3 avec vue sur le bras de mer et les montagnes. Nous allons profiter de chaque minute de ce luxe peu commun pour nous tous.
Après quelques hésitations nous trouvons quand même le courage de partir manger en ville au Blue Bull. Très bon ragoût de bœuf à la Guinness, des saucisses au poireau et à la Guinness, du cidre, de la Guinness et de la musique des 80’s façon boulevard des slows. La salle principale, plus conviviale, étant pleine, nous sommes malheureusement à l’écart dans un endroit moins chaleureux. Nous passons quand même un bon moment à nous régaler.
De retour à l’hôtel, je reste devant la cheminée bien fournie du hall, à écouter du Sinatra en boucle, devant les grandes photographies de De Gaulle en noir et blanc. La dame aux clés d’or est au petit soin pour nous. Un luxe un peu surfait, à côté du piano à queue, mais je ne m’en plains pas. L’établissement veut se donner un cachet, une histoire, alors qu’il n’est pas bien ancien.
En haut, dans la chambre que je partage avec Alice, c’est la « fête du slip » comme elle l’avoue. A jouer sur l’immense lit en écoutant des clips sur la grande télé.
Nous dormirons bien, mais pas assez fatigué par la marche du jour, j’ai connu sommeil plus attendu.

Le lien vers les PHOTOS de la huitième étape.
Une petite vidéo du sentier entre Waterville et Sneem.
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Etape 9: SNEEM-TEMPLENOE
Intérêt : +++ ( le début baisse la note) Difficulté : ++
19.29 km, 6h08
Il est des lieux d’hébergement que l’on tarde à quitter. Je me suis toujours dit que dans un palace, dormir serait gâcher du temps. Nous nous levons à 7H30 pour profiter du petit déjeuner dans la belle salle avec vue sur mer. Quel plaisir de descendre en pantoufle, comme à la maison ! Je vais me gaver d’un énorme Irish Breakfast suivi de fruits rafraîchis, de cake, de jus d’orange, de chocolat chaud, de yaourts maisons… Servis avec diligence et débarrassés dans l’instant par des employés efficaces. De quoi tenir une bonne partie de la journée. Nous faisons un peu débutants dans ces lieux. Déjà, se gaver est un signe. Nos voisins de table ne finissent même pas leur plat chaud et ne touchent quasiment à rien, blasés. Je n’aime pas ce gâchis de nourriture. Nous faisons honneur au buffet !
En chambre, un peu de musique irlandaise pour se mettre dans l’ambiance. Quelques pas de danse puis nous devons partir. Les femmes de chambres sont à l’œuvre dans le couloir.
Nous laissons nos sacs à la réception. Dame à l’accueil très sympathique et serviable, accompagné de son joli chien câlin. Sinatra envahit toujours les ondes. N’ont-ils pas d’autre CD ?
Nous partons à pied pour dormir ce soir en auberge de jeunesse. Cendrillon repart sur les sentiers.
Les premiers kilomètres manquent d’attrait, sans vues, sur des portions quelconques. Il s’élève enfin et l’océan pointe son nez. Une courte portion « sauvage » que je sais être parmi les dernières. Je regrette déjà, le périple touche à sa fin. Le sentier rejoint ensuite la côte. Un sentier côtier qui s’avère être étonnament beau. Toujours personne et un vrai sentier du littoral agréable.
Nous profitons de notre dernier pique-nique sur un bout de rocher pour tenter d’apercevoir les phoques. Ils seront bien au rendez-vous, tout près de nous. Des eaux claires donnant envie de se baigner, de magnifiques arbres pour finir. Cléa devait le faire, elle s’allonge et manque de l’herbe. Une ado quoi.
Un dernier panneau de la Kerry Way puis nous la quittons vers le Greenwood Hostel, auberge dans la verdure, typique, un peu hippie.
Deux Hollandaises qui parcourent le pays pour grimper les montagnes et nous. J’aime l’ambiance. Dans le salon entouré de verdure, un petit poêle, un piano peu accordé pour Cléa, un tas de livre très bien fourni pour moi, des prises pour charger des smartphones pour les autres. Une auberge avec une âme, loin des lieux formatés.

Le lien vers les PHOTOS de la neuvième étape.
CORK, avant le départ
Prêts pour une longue journée. Le matin dans le Kerry, le soir au lit à Gradignan. Le taxi vient nous chercher à 8H. Le chauffeur nous assure du froid actuel (2,5 °C), résultat d’un ciel bleu profond. Il nous raconte son Irlande, la fin des pêcheries du coin, le Kerry et le Donegal comme coins les plus beaux du pays.
Il nous laisse à Kenmare où nous attendons le bus dans le froid. Je me gèle ! Des locaux font leur jogging en short et tee-shirt, nous nous réchauffons au café et au chocolat chaud. Je m’impatiente dans le froid. Enfin arrive le bus pour Killarney. Je m’y réchauffe pour 45 minutes, profitant des derniers coins de nature de mon voyage. De nouveau le froid sur le quai de la gare à attendre sous une brise du nord glaciale. Du monde, des jeunes en shorts ! Comment font-ils ? Train quasiment plein pour Mallow puis Cork. Confortable et calme.
Temps froid sur Cork, ciel menaçant. J’avais un semblant de programme pour cette dernière journée. Rien de vraiment très motivant, alors je vais me laisser guider cette fois, avec tous les inconvénients et les approximations que cela comporte.
Nous commençons par porter nos sacs à la consigne, sur les quais non loin de la gare. 16 € de perdus mais nous n’avons pas le choix. Dans la gare routière, impossible de trouver un horaire de bus. Les derniers guichets humains ont fermé. Sur les vitrines, une pancarte. « Pour trouver un horaire, appeler le call center au … ou bien aller sur le site…. ». Comment le modernisme m’ennuie ? On tape sur des machines sans trouver. Et pas un humain pour nous aider. Je déteste cette façon d’envisager le futur. Bientôt une IA dans un robot. Et tout le monde sera content, sauf moi. J’ai envie de pouvoir demander une adresse, un conseil, un avis, une direction, un horaire à des humains.
Nous allons alors errer un peu, en allers et retours, dans le centre animé où chanteurs, mendiants, se croisent sur le pavé. Occultant honteusement la misère, l’atmosphère devient bon enfant. Nous perdons beaucoup de temps à chercher un endroit pour manger. Thierry est pressé par l’horaire de son ferry. Il prendra un Fish and Chips à emporter dans un petit restaurant puis nous nous disons au revoir.
Nous filons alors dans l’English Market, institution locale. On y entre par une petite entrée façon bazar d’Istanbul ou souk du Caire. Dedans, une multitude d’étals de poissons, des locaux grignotant debout des huîtres, des petits gâteaux, des saucisses… Très animé et de qualité. Au premier étage, un restaurant de trois mètres de large fait le tour de la structure. Nous ne pouvons manquer cet endroit si populaire. On y fait la queue pour y entrer. Très belle atmosphère au-dessus du marché et sous la structure du toit. Les serveurs se croisent et se tiennent les portes dans un ballet animé. Comment travailler dans de telles conditions, à slalomer en portant des plats ? Un exploit. Le repas sera très bon, et la chaude Seafood Chowder sera fortement appréciée, comme le Coq au Vin.
Nous cherchons ensuite des souvenirs pour les copines des filles. Dans des boutiques de charité, puis dans une des boutiques de souvenirs, remplies de produits de basse qualité aux couleurs du pays. Pin’s, chaussettes, marque-pages, porte-clés. Les courses faites, nous n’aurons même pas le temps de déguster de célèbres glaces locales, juste celui d’aller se ravitailler chez Mark and Spencer.
Un peu de retard pour le bus de l’aéroport mais aucun stress. Enregistrement des bagages courtois et efficace. Passage de douane tranquille (Cléa y laisse notre marmelade d’orange) et nous voilà prêts à embarquer pour Bordeaux. Un vol tranquille, chacun dans son coin de l’avion, deux bus et nous voilà arrivés à une heure tardive.


CONCLUSION
Je ne m'attendais pas à une découverte mais à une confirmation. De la Petite Irlande du haut Cotentin à mes nombreux périples dans les îles britanniques, de part l'imagerie populaire et le cinéma, je connaissais déjà un peu l'Irlande. Je me demande alors où se situe la part de voyage dans un tel séjour. Voyager pour reconnaître, un sentiment bizarre. Bien sûr, j'ai beaucoup apprécié et j'ai trouvé ce que je cherchais. Des locaux sympathiques, des pubs, du vent, du vert et des ambiances. Un séjour sans risque apporte t-il pourtant un gain substantiel? Probablement que non. Il permet de rester confortable à l'étranger.
J'ai beaucoup apprécié de parcourir un tout petit coin du pays à pied. Beaucoup de mes collègues, amis, proches, connaissent l'Irlande. Ils l'ont tous visitée un peu de la même manière, en itinérance, de sites en sites. Je me satisfais de n'avoir pas cédé aux sirènes du déplacement. Je n'ai pas vu bon nombre des sites célèbres du pays , même en 15 jours. L'originalité, relative, de notre approche me satisfait. Je voulais ressentir l'Irlande par le sol et par le nez, avant de l'aborder par mes yeux ou mes oreilles. La marche lente et le vélo, au ras de l'herbe fraîche, n'apportent pas les mêmes souvenirs. Ce sont des odeurs qui me viennent à l'esprit. Des près et des moutons, du vent et du silence. Nous avons profité d'une Irlande confidentielle, ce qui n'est pas évident vu la densité touristique sur certains sites.
J'aime toujours autant ces ambiances maritimes du nord, hors saison. Je conclus quand même en m'avouant que je souhaite maintenant varier dans ma façon de voyager. Le voyage en famille, à la recherche des plus bas prix, nous amène toujours dans le froid et le vent, peu importe la saison. Je souhaite maintenant regarder plus vers le sud, vers l'orient, vers le lointain.
LE SEJOUR EN 5 COUPS DE COEUR :
-L’île de Valentia à vélo sous le soleil : son ferry, son patrimoine, ses vues sur les îles Skellig.
-le jardin botanique luxuriant de la Muckross House de Killarney
-Gravir le Gap of Dunloe en vélo
-les ambiances dans la solitude de la Black Valley ou sur les traces de Chaplin à Waterville
-les hôtels de caractère à Sneem ou Glenbeigh
LE POUR : la tranquillité sur le sentier, la variété et la qualité des paysages, le sentiment de sécurité, l’air pur, des hébergements variés et de qualité, les locaux souriants et avenants, la hors saison, l’effort physique modéré à soutenu.
LE CONTRE : un côté moins sauvage qu’en Ecosse par exemple, beaucoup de fermes et de haies à franchir, le prix des hébergements et la difficulté à les organiser, un ecosystème que je connais très , trop bien.