ITALIE
Pourquoi l' Italie?
L'indécision m'avait une fois de plus rongé en cette fin d'année. A attendre le dernier moment, cela ne marche pas, du moins en été. Peut-être parce que le travail me tient jusqu'au 11 juillet maintenant, que l'on rentre alors dans la très haute saison, et que toute l'Europe se retrouve dans les aéroports. Et puis habitué que je suis aux villes historiques hors saison j'ai toujours du mal à m'imaginer dans la foule estivale. Faire tourner les moteurs de recherche, attendre un bon plan que l'on ne peut refuser, une motivation pour s'arracher au lieu de s'enterrer dans une habitude confortable et sclérosante: Coupe du Monde de football, Tour de France, piscine dans le jardin, jeux avec les nièces et promenades à vélo. C'est agréable mais cela accélère la fuite du temps. Alors j'ai tenté un nouveau concept, la routine de l'organisation des voyages me pesait je pense. J'ai regardé les villes d'Europe les plus accessibles depuis ma région, en vol direct. J'ai repéré quelques profils intéressants sur Couchsurfing, j'ai envoyé des requêtes au hasard. Seule une invitation pouvait me faire me décider à partir. Entre Belfast, Poznan, Prague et Budapest elle est venue du nord de l'Italie. Ce sera chez Michela, une artiste peintre amoureuse des animaux, au nord de Brescia. Billet d'avion pris deux jours avant le départ, aucune préparation, aucun guide, aucun programme et me voilà parti pour Milan pour un séjour express. Tant pis pour l'étape du Tourmalet et pour l'éclipse historique de Lune. Me voilà en partance pour l’Italie sans autre projet que de manger des pâtes, des pizzas et des glaces et de boire des verres à l'ombre. Le reste m'est totalement inconnu.
PLAN DU VOYAGE
Voyage seul, express, du 27 juillet au 3 août 2018.
Ma ville d'entrée et de sortie sera Milan.
De Milan , je vais me rendre directement à Brescia puis à Gardone Val Trompia qui sera ma base pour 4 nuits. De là je visiterai les lacs de Garde, Ledro et Idro, le Val Trompia, le Monte Guglielmo , la ville de Brescia et le festival Nistoc.
Puis je passerai 2 nuits à Iseo au bord du lac. De là je visiterai la tourbière , la ville de Pisogne et l'île de Monte Isola. Ma dernière nuit sera à Brescia avant de partir tôt pour Milan.
PERIODE :
Au niveau du climat, la saison estivale n'est pas censée être la meilleure. Canicules possibles dans les plaines et c'est vrai que cette fin de juillet a été particulièrement chaude dans toute l'Europe. Tous les jours il faisait plus de 35 °C. Donc ne pas trop sortir entre 12h et 16 h, cela cogne vraiment et de plus tout est souvent fermé. Marcher dans ces conditions est difficile . Le ciel est un peu laiteux ce qui n'est pas la meilleure lumière pour les photographies.
Pour en savoir plus sur le climat et les bonnes périodes , voir sur ce site.
Au niveau fréquentation on est en haute saison, et on sait que l'Italie est un pays très prisé par les touristes du monde entier. Dans le Val Trompia, pas de problèmes, ce n'est pas une région touristique mais forcément au niveau des lacs il y a du monde. En particulier au Lac de Garde, à Riva. Mais bon on est loins des bouchons et le lac d'Iseo est finalement assez tranquille. J'ai croisé bien sûr quelques français, et des allemands , des anglais...
A Brescia, il y a beaucoup moins de monde qu'à Florence à la même saison c'est sûr. Cela reste très agréable comme fréquentation .
Au niveau des prix du logement, forcément on est là au niveau haut, en particulier à Iseo.
L'avantage de la haute saison: les festivals dont celui de Nistoc.
NIVEAU :
Très facile
Pour peu que vous parliez un peu anglais il est aisé de voyager dans ce pays même si cette langue, comme le français, n'est pas vraiment parlée par la population, ce qui m'a surpris . Le paiement est en EURO, le système de transport est très bien fait et ponctuel, les gares modernes, les horaires affichés un peu partout, les cartes bancaires sont très utilisées. Un bémol pour la gare routière de Brescia, un peu glauque et pas très claire.
Pour trouver un hébergement ce fut très simple : beaucoup de Couchsurfing chez Michela et ensuite du Booking .com.
Niveau physique...rien à dire. La marche en plain cagnard peut être éprouvante mais il suffit alors de prendre son temps, de faire des pauses à midi dans sa chambre, d'y manger ou de se reposer dans les nombreux cafés . Pour les randonnées dans les parcs, comme chez nous, il faudra faire avec sa condition physique du moment.
Niveau hygiène, pas une seule alerte de santé. C'est l'Europe moderne, rien à ajouter. L'eau du robinet ne m'était pas conseillée, bizarrement.
Aucun sentiment d'insécurité . Je n'ai vu aucune bande de gars inquiétante, ni bagarres, ni scènes violentes. J'ai trouvé l'ambiance très relax. La gare des buqs de Brescia n'est pas très rassurante le soir. Beaucoup , beaucoup d'africains , peut-être des migrants.
Un voyage confortable ,relaxant niveau moral et je rentre apaisé et en forme .
HEBERGEMENT ET BUDGET (2018) :
Le voyage m'est revenu à 610 euros pour 8 jours ( 120 euros d'avion , 74 euros pour rejoindre l'aéroport de Bordeaux en train et navettes, 416 euros de logements, de visites, de nourriture et de transports sur place ) . Ce qui est un peu cher je trouve par rapport à d'autres pays. L'Italie , je trouve est un pays assez cher.
Il faut savoir que je n'ai payé que 3 nuits et que la plupart du temps je voyageais en voiture. Sans Couchsurfing et en payany plus de transports, le budget aurait explosé et je n'aurais pas pu faire le même itinéraire.
La prix des chambres était entre 55 et 75 euros avec petit déjeuner ou sans. Prix de haute saison. Elles étaient relativement confortable. Mais j'étais là dans la fourchette de prix basse.
Sur les entrées de musées, elles sont souvent autour de 10 euros ! On réflechit donc avant d'entrer.
Sur les transports, Les transports en bus et en métro sont comme chez nous. Je n'ai pas pris de taxi. Le prix du train est moins cher qu'en France sur les trains régionaux mais s'envole avec les trains rapides.
Pour me nourrir, je mangeais souvent à la maison ou dans les restaurants et snacks. Pizzas entre 7 et 11 euros. Piadine vers 4 euros. Bière vers 3.5 euros. Le soir par contre les restaurants sont assez chers , à la carte ou sur des menus àn 30-40 euros. Menus à midi pour 11 euros à Brescia , correct.
En général, les petits déjeuners offerts étaient très classiques et corrects. .
Les marchés me semblaient au même prix qu'en France. Exotiques et agréables à l'oeil cependant.
Pour préparer ce voyage je n'ai rien utilisé en fait , juste quelques pages imprimées sur Bergame, Brescia et les environs.
SITES GENERALISTES
- le site du Routard . Toujours une bonne base pour choisir sa destination.
- le site officiel de l'office du tourisme italien.
- le site du Lonely Planet.
- Le site de Partir .com , très bien fait.
GARDONE VAL TROMPIA
La canicule sévit en France, un départ matinal en train est fort agréable : Penne d'Agenais, Agen, Bordeaux, aéroport de Mérignac. Le plaisir du hangar Bili. Être patient, là est le secret. Mais les gens ne le sont pas, alors ils épuisent leurs nerfs sur un smartphone. C'est sûrement une malédiction mais j'avais encore un gars à côté de moi qui passait son temps à regarder des vidéos de chiens et de chats qui se font des croches pattes.
Mais je ne doute pas que ce ne sont que les autres qui regardent ces âneries. Tout le monde me vante les mérites de ces réseaux sociaux. « Indispensable » entends-je. La bêtise oui l'est pour la plupart. Moi je lis Jerphagnon. Il parle de la caverne de Platon. « La caverne, c'est les Autres » dit-il. On se croit toujours en dehors, éveillé. D'où mes dernières phrases.
La Caverne, c'est un hall d'aéroport d'un terminal Low Cost. On voit les ombres des avions et de la piste par la vitre...mais on ne sort pas. On attend, debout, comme dans une rookerie sur la banquise. Le touriste comme manchot ?
Vol confortable. Dernier rang, au-dessous de l'endroit où les hôtesses rangent leur matériel. Résultat, je passe 1h30 avec le bas-ventre de ces dames sous le nez. Devant moi, un enfant qui hurle du départ à l'arrivée. Maîtriser ses nerfs. Son père le change, vite un gant, on ouvre la lucarne et tout me tombe dessus. « Scusi » dit la demoiselle.
Aéroport de Milan, transfert pour le centre de Milan avec le Malpensa Express. En fait il s'arrête un peu partout pour un express. J'arrive à la Gare centrale, c'est aussi beau qu'une arrivée à Montparnasse. Je rate mon train, improvise...Brescia, dans 5 minutes, je monte. On verra bien, je jouerai à l'innocent touriste en cas de problème. Train pour Brescia. Pas très joli le paysage, impression d'arriver dans la partie industrielle de la Slovaquie. Usines partout, aucun exotisme en vue. Gare de Brescia. Des africains partout, une gare des bus assez sordide. Personne ne parle anglais, pas même les commerçants chinois qui pullulent. Drôle d'impression. Je ne me sens pas du tout en Italie. Mais c'est cela l'Italie en 2018. Des milliers de migrants qui arrivent par jour, et certains s'installent. Bus pour Gardone Val Trompia. La moitié du bus est rempli d'africains.
Exotisme des langages inconnus. Je descends à « ospetalidad » dis-je au chauffeur. En fait personne ne parle anglais. Je vais devoir me débrouiller et improviser. De Brescia, la route vers la vallée Trompia n'est qu'une succession de petites villes, de grandes surfaces et d'immeubles un peu décatis. Pas vraiment engageant. Bien sûr je rate Gardone Val Trompia. Comment repérer une ville quand aucune campagne ne sépare les entrées et les sorties ? Je finis par descendre, au hasard et appelle Michela qui vient me chercher en voiture. Elle ne parle pas anglais et un tout petit peu le français. L'Italie c'est la Chine de l'Europe, il faut être patient et faire preuve d'imagination ou s'aider d'un smartphone. Ouf elle en a un.
Michela est artiste, alors je commence par visiter son atelier. Comme on l'imagine, grand sous -sol rempli de cadres, de tableaux, de pinceaux et d'un tas d'objets dont je ne connais pas l'utilité. Moi ce sera le canapé, un peu trop court. Mais bon, je suis à Gardone Val Trompia, loin de tout, sans rien savoir sur la région qui m'entoure et sans programme. C'est assez excitant.
La ville n'est pas du plus grand intérêt. Nous la visiterons le lendemain en fin d'après midi d'un coup de voiture, « cela ne mérite pas une visite piétonne » me dit Michela. Traversée par une grande rue, encaissée entre les montagnes vertes, couvertes de forêts, c'est la capitale des armes: Beretta (grande maison de la famille que l’on n'a pas visitée) étant la plus célèbre mais il y a d'autres usines dans le coin. Un centre historique assez réduit, avec un couvent (« un peu pillé par Napoléon » me dit Michela), quelques églises, un petit parc avec un château d'eau tout bleue et des jeunes d'origines africaines qui jouent au football. Dans les rues autant de musulmans en robes longues que de Sénégalais en boubous. Drôle d'ambiance. En fait il n'y a pas grand-chose à faire ici. Le Val Trompia est une vallée connue pour ses mines, de fer par exemple, d'où l'ambiance ...et les armes.

Quelques PHOTOS de Gardone Val Trompia.
BRESCIA
Ci-contre , la Piazza della Vittoria
Autant la première image n'est pas engageante, autant la visite de la ville sera une très bonne surprise. Rien de bien original, c'est exactement ce que dit le Lonely Planet dont j'ai imprimé quelques pages avant de partir. Nous laissons la voiture sur le grand parking de bout de ligne de métro « Préalpina » et empruntons ce transport tout neuf et forcement agréable. Dehors il commence à faire très chaud. Une fois sorti des entrailles de la ville, enfin je démarre mon voyage dans l'Italie de carte postale. Piazza della Vittoria. Un grand marché, du bruit, de la vie, et déjà de beaux monuments sous le soleil. Ca y est j'y suis. Alors nous allons pas mal marcher. Ce que j'aime dans cette ville : l'absence de touristes. On en croise un peu certes mais pas de cars, de groupes avec fanions, guides et micros pour moi aujourd'hui. Pas de chinois, pas de selfies. C'est reposant. Peut-être que ce ne sont pas là les sites les plus fameux du pays mais dans cette ambiance cela en devient plus intéressant. J'aime le secondaire quand je ne le partage pas.
Les sites, en vrac.
Deux cathédrales, à côté, sur et belle et longue place. Des restaurants pas très traditionnels pour moi. Une fontaine au milieu et personne qui mime « Marcelo ! » sauf moi. Pas de pièces non plus sous la surface. La Cathédrale Neuve, de 1604, que nous visitons gratuitement. Je remarque les foulards à l'entrée, les confessionnaux (où est Don Camilo?) puis les classiques cierges allumés, les voûtes décorées etc...Comme toujours je passe sans trop d'émotion. La Vieille Cathédrale, juste à côté est plus originale. C'est une basilique romane de forme circulaire construite sur une autre église. Il y fait frais, surtout dans les sous-sols. Michela me raconte que la statue du Christ est une sculpture d'un ami, que derrière les échafaudages ont été découvertes de rares peintures médiévales. Toujours pas de grande émotion, c'est juste agréable.
Le Palazzo Broletto ( ci-vontre) . Une partie baroque, une partie médiévale. Bien loin du style des villes hanséatiques. Une grande cour, une fontaine, du style vénitien parfois, des lions (de Venise)...
La Tour de l’horloge, qui ressemble un peu à toutes ces horloges astronomiques. Complexe, belle, avec cette fois tout en haut deux petits bonhommes qui tapent sur une cloche aux heures dites, « i macc de le ure ».
Au pied encore un marché.
La place de la Loggia est juste au pied de l'horloge, on y trouve un marché parfois et surtout le Palais de La Loggia, un bel édifice renaissance.
La ville est aussi remarquable pour son passé romain. Ruines d'un ancien temple, théâtre antique, musée ...mais nous ne verrons cela que de l'extérieur. La chaleur devient écrasante et on commence à avoir faim, à chercher l'ombre au frais. A côté encore un musée, le Monastère de Santa Giulia, toujours payant. Mais je ne suis pas assez attiré par les belles pierres antiques. Il y aurait donc encore beaucoup à voir dans le coin d'autant que nous n'avons pas visité le Château.
Pour midi, à nous le plaisir de la pasta et de la San Pellegrino dans un petit restaurant bien sympathique du centre.
Le soleil ensuite écrase trop, nous rentrons à Gardone.
En fin d'après midi nous visiterons un petit parc, dans la ville de Carcina où se déroulera ce soir un festival au sein du domaine d'un riche industriel de la ville, dans le parc de la Villa Glisenti . Endroit très modeste niveau nature, quelques beaux arbres, petite rangée de bambous, quelques tortues... mais avec la fête qui se prépare, les enfants qui jouent et le sentiment d'être loin des circuits touristiques, cela a son charme.
Je voulais revenir à Brescia alors pour ma dernière soirée du voyage j'ai choisi le confort du Centre Paul VI, une sorte de grand bâtiment religieux, historique, en plein centre de la ville. Parking privé, entrée prestigieuse, tableau et art dans les couloirs, chambre avec vue sur le grand jardin intérieur, j'adore ce lieu bien loin des hôtels habituels et en plus à très bon prix . Brescia la nuit est pour moi un enchantement. Nous profiterons de tous les éclairages pour redécouvrir les lieux visités le premier jour. Dans certains quartiers branchés il faut aussi voir le défilé de Porsche et de belles filles, incroyablement apprêtés. Quant aux hommes, certains sont de vrais clichés avec chemises ouvertes, barbe impeccable, belle montre et belles chaussures.
La place Vittoria est animée, des enfants jouent, des jeunes sont assis sur des marches, le tout dans une ambiance bonne enfant, tranquille. Au pied de l'horloge astronomique, un groupe écoute son guide. Ils sont rares ici ces touristes en bande. Je n'ai pas l'impression de suivre une procession de groupes, je me déplace juste dans une ville italienne. Ce ne doit pas être la même sensation à Venise. Brescia n'est pas, au niveau de l'Italie, considérée comme belle et pourtant elle l'est pour moi. Devant les ruines romaines éclairées il n'y a personne, la ville semble même déserte parfois. Du silence, parfois un cycliste mais vraiment une atmosphère apaisée. Les restaurants font le plein. Je vais savourer mon dernier plat de pâtes au pied de monuments éclairés, totalement imprégné de cette ambiance italienne si romantique. La vraie Dolce Vita.

Quelques PHOTOS en plus de Brescia.
LE FESTIVAL DE NISTOC
Pour deux soirées, nous irons au dessus du Lac d'Iseo, dans un petit village paumé, Nistisino, pour assister à un festival, tendance folk, en hommage cette année à Johnny Cash: NISTOC. De Gardone la route s'élève, nous traversons des zones industrielles puis un petit village où se fête durant une semaine les oies blanches. Le village entier est décoré et il y a du monde. A la terrasse de petits cafés loin d'êtres branchés, j'observe la vie locale d'un été italien. C'est là le gros avantage de la haute saison, toutes ces festivités un peu partout. La route s'élève, étroite, offrant de belles vues sur le lac d'Iseo. Conduite à l'italienne de Michela, qui ne met pas toujours sa ceinture, tripote son smartphone et frôle de partout les bas-côtés et les voitures.
La scène s'ouvre sur une pente herbeuse. Un peu plus haut plusieurs tentes sont disposées.
RANDONNEE VERS LE MONTE GUGLIELMO 1957 m
Sur le retour, nous nous arrêtons dans un village un peu plus bas pour voir un petit musée de la mine. Il y a du monde aujourd'hui à cause de la fête de la Montagne. Une grande tente sous laquelle on va danser, chanter, beaucoup boire et manger des sandwichs à la saucisse. Nous ratons le petit train qui part dans les galeries de quelques minutes. Mais bon il était hors de question de laisser Kelly-Kelly, la chienne de Michela, dans la voiture avec une telle chaleur. La région est ici avec un fort passé minier sans que cela défigure le paysage comme un peu plus bas dans le Val Trompia. Il y a beaucoup de sites à visiter pour celui que cela intéresse.

Quelques PHOTOS en plus du Monte Guglielmo.
LACS DE GARDE, DE LEDRO ET d'IDRO
Une fois la voiture retrouvée (ouf!) dans cette ville que je n'imaginais pas aussi grande, nous partons vers le Trentin, tout proche. Là les paysages changent. Tout devient plus alpin, plus sauvage. Le thermomètre de la voiture montre que la température chute à vue d’œil : de 35 à 25 ° en quelques kilomètres ! On pourrait se croire en Autriche. Nous nous arrêtons à une belle cascade au bord de la route et malgré l'eau glaciale on ne résiste pas au bain (moi je suis en slip!) . Super sympa.
Pas mal de route aujourd’hui, merci Michela, et un aperçu rapide de ces lacs célèbres. Je pense que la haute saison a desservi le lac de Garde à mes yeux. La vision de ces montagnes tout autour est belle mais tout est bien trop construit et fréquenté pour moi.
Ce soir Michela a encore la force de me préparer des sortes de gnocchis aux épinards, des tagliatelles à la truffe...et du merlu avec sauce au beurre, polenta et flageolet. Marrons au rhum au dessert de son père. Et j'oubliais le tiramisu au frigo ! En bon italien, je ne fais rien et n'aide à rien. Je m'occupe juste de la partie musicale : Toto Cotugno, Eros Ramazotti...Elle ne semble pas apprécier. Moi cela me fait rire.

Quelques PHOTOS en plus des lacs de Garde, de Ledro et d'Idro.
LAC d'ISEO
En prenant la route qui menait au festival Nistoc, on s'élève vers un col avant de redescendre vers le Lac d'Iseo par une jolie route offrant de belles vues. Nous arrivons à Iseo, je vais y passer deux nuits. Mon premier hôtel est un hôtel classique, un peu désuet peut-être mais tout juste sur le front de mer, face à l'embarcadère.
Lorsque nous arrivons en ville, le marché occupe toute la partie centrale, autour de la statue de Garibaldi (une parmi combien en Italie ? ) . Les prix des fruits et des légumes me semblent un peu élevés mais rien que pour les yeux le spectacle est intéressant. J'aime voir les locaux de tous âges acheter leurs tomates ou boire le café sur une des nombreuses tables disponibles. Il y a une animation toute méditerranéenne. L'Italien, même au nord du pays, cela chante le sud.
D'Iseo, en fin d'après midi,( de 12H à 16 h il est difficile de sortir tellement cela cogne) je pars, pour la visite d'une vaste zone humide proche du centre. Je démarre pour le circuit nord de derrière le stade de football. Des parcmètres permettent de prendre un ticket (1 euro). Il ne manquerait plus que ce soit la mode : mettre des taxes partout pour se promener !
Pour occuper un peu ma journée, je me rends en moins de 30 minutes de train climatisé vers la ville de Pisogne au nord du lac. C’est là l’occasion de voir défiler les paysages lacustres, d’observer déjà avec nostalgie la belle île de Monte Isola et de découvrir le bout du lac. La ville est grande mais le petit centre historique se visite au calme. Il faut dire que la canicule assomme un peu tout le monde. J’erre un peu au milieu des ruelles anciennes, trouve une pizza aux fruits de mer (bien moins bonne que celle de Gonzo à l’ Amélie) et me réfugie au frais dans l’église, refuge des flammes de l’enfer comme du soleil estival. Une petite plage près du centre accueille les baigneurs, les bancs à l’ombre près de la voie ferrée sont occupés. Une bande de jeunes se retrouve à une dizaine pour une échappée belle à vélo vers la plage. Rien de bien extraordinaire dans cette visite de la ville mais juste une petite sortie pour attendre la fin d’après –midi et le retour à Brescia.

Quelques PHOTOS en plus de la région du lac d'Iseo.
LA VIDEO DU SEJOUR
Pas de vidéo cette fois, juste un petit montage de photographies ( 3 min 38) avec en fond sonore Jovanotti "Viva la libertà" , chanson plusieurs fois entendue lors du séjour.
CONCLUSION
Je me souviens que les Hautes Tatras en Slovaquie étaient surnommées « les plus petites hautes montagnes du Monde ». Je peux dire que j’ai fait de ce séjour l’un de mes « meilleurs plus petits voyages ».
J’ai d’abord sauvé mon été de la paresse et de la routine, rompant le sort qui s’acharne sur ma volonté, tous les étés, quand il faut s’engager à partir. Faiblesse de la volonté, acrasie estivale. J’ai pris sur moi pour décoller et cette petite victoire me permet de me regarder en face. Juste 8 jours et pourtant tant à dire, et tant de choses partagées. Je ne peux m’empêcher de penser à mes cours de physique. La dilatation du temps est un phénomène fascinant. Observateur au repos, en mouvement. On lit que la perception du temps serait aussi plus longue lorsqu’on apprend, lorsqu’on rencontre, lorsqu’on voyage car le cerveau doit assimiler des informations moins familières. Je ne peux que confirmer. Là est la voie que je veux suivre. Rajeunir ? Impossible mais ralentir la perception, nous le pouvons. Je vois cela comme mon devoir.
Le Couchsurfing est une balise, elle m’a sauvé. Ce ne pouvait pas être un voyage solitaire, il me fallait vivre une expérience différente, totalement immergé dans la vie locale, sans rien attendre ni demander. J’ai suivi Michela, du Lac de Garde, au festival Nistoc, chez ses parents ou dans la montagne sans jamais dire non. Je voulais suivre et ne plus diriger. Je ne voulais rien m’imposer, je voulais profiter, ne pas calculer, ne pas économiser, ne pas me contraindre et vivre de spontanéité. Là était mon seul plan, il n’était pas dans les sites à voir ou dans mes attentes. Je discutais avec deux français à la gare. 2 semaines en Italie, 3 jours ici, 4 jours à Verone, 2 jours là etc... Vivre chez les locaux ? « oh non me disent-ils, on se sentirait prisonnier ». Leur prison est ma liberté et je savourais avec ma délectation ma différence. J’ai passé mes vacances dans le Val Trompia, que l’on ne voit sur aucun guide, qui ne mérite aucune étoile. Mais le Guide Vert n’évalue pas l’émotion. Et ne note pas les personnes. Les étoiles ne sont pas dans les guides.
LE SEJOUR EN 5 COUPS DE COEUR :
-la ville ancienne de Brescia et ses monuments éclairés
-la montée au Monte Guglielmo un dimanche
-le festival Nistoc pour du blues rock au-dessus du Lac d’Iseo
-la petite île de Monte Isola, sans voiture, et ses superbes paysages
-l’accueil de Michela et de sa famille
LE POUR : l’ambiance si particulière de l’Italie, le passé antique, la gastronomie, la proximité de la France, les paysages lacustres, l’accueil des habitants
LE CONTRE : le prix des hôtels et des restaurants, la présence de touristes parfois, la canicule