LETTONIE

Pourquoi la LETTONIE ?

Enchanté par mon premier séjour dans les pays baltes et désireux de retrouver cette ambiance blanche pour mes vacances d'hiver, je me trouvais forcément attiré par le voisin du dessous, la Lettonie. Un pays clone pour ceux qui ont vaguement entendu parler du coin....d'ailleurs la plupart de mes amis m'ont dit «  Mais tu n'y es pas déjà allé ? » . Même si le pays s'ouvre de plus en plus ou tourisme de masse,  il l'est souvent dans un pack « Pays Baltes » , visité à la va-vite,  ce qui est bien loin de mes aspirations de voyageurs. Je veux prendre mon temps, profiter de deux semaines pour visiter de toutes petites parties de ce petit pays à peine plus grand que la Belgique, me laissant encore la joie de la découverte d'autres voyages. Quand à la Lituanie proche....c'est un autre monde pour moi. Un futur projet.

   J'avais l'an dernier  réservé longtemps à l'avance mon billet pour l'Ukraine pour finalement l'annuler quelques jours avant en raison des tensions à Kiev. Un an plus tard, la situation entre la Russie et ses anciennes terres annexées reste tendue et pas plus tard qu'hier un sommet à Minsk rassemblait quelques dirigeants européens pour tenter d'instaurer une paix durable. J'ai encore cette fois pris de l'avance, organisant tranquillement le voyage depuis décembre : achat d'un collant super chaud, de chaussures fourrées....bref équipé  grand froid pour bien en profiter.

J'avais placé la barre assez haut niveau ambiances et paysages en Estonie, je n'ose espérer que ce voyage  sera aussi enthousiasmant.  Quoi qu'il en soit....à moi Riga et sa vieille ville sous la neige, la côte de la Baltique et ses stations en hivernation, le parc national de Gauja au milieu des forêts sombres, les cafés chaleureux, les soupes  et le poisson fumé à partager avec les locaux, les rencontres...J’espère juste de ne pas voir les chars de Poutine me couper la route  d'ici deux semaines...!

 

PLAN DU VOYAGE

Voyage seul, du 13 février au 28 février   2015.

Arrivé  et retour par Riga . J'ai commencé par la capitale  ( 4 nuits) avant de partir dans la station proche de Jurmala proche du parc national de Kemeri ( 3 nuits). J'ai ensuite axé ma visite sur le grand parc national de Gauja (  2 nuits à Sigulda, 1 nuit à Ligatne, 2 nuits à Cesis et enfin 3 nuits à Valmiera) .  

PERIODE :
Au niveau du climat je pensais avoir bien plus froid que cela. Au minimum - 8°C  les jours sans nuages à Riga et autour de 0°C le reste du temps. Pas de neige mais parfois un peu de bruine. Ciel couvert avec parfois quelques journées ensoleillées. Pas trop de neige au sol  à Riga ou sur la côte. Un peu plus dans le parc national de la Gauja où le ski sur piste est même possible. Les sentiers en forêt sont quasiment tout le temps de vraies patinoires à cause de  la neige, peu fraîche, tassée, subissant les cycles de solidification et  de fusion  . LEs hivers lettons semblent être bien moins rigoureux que par le passé....changement climatique visible. 

 Une bonne paire de chaussures d'hiver et une parka chaude sont  indispensables car marcher sur les pavés  et sur la galce ,dans l'humidité, toute la journée refroidit bien le corps.  Je pense comme toujours que le même pays sous une épaisse couche de neige aurait laissé une image bien différente. 
Pour en savoir plus sur le climat et les bonnes périodes , voir sur le site de quand partir sur la Lettonie.
Au niveau fréquentation on est en basse saison. Quelques  sites sont fermés ou du moins ont des horaires d'ouvertures très réduits.  Cela ne m'a finalement pas trop handicapé. Le plaisir de se retrouver quasiment seul dans tous les endroits visités est à ce prix. Ne pas s'attendre donc à  une masse touristique du genre de celle de Prague et c'est tant mieux. Riga, Jurmala, Cesis, Sigulda...les touristes sont rares , parfois absents et je n'ai pas eu ce sentiment que l'on  a parfois sur certains sites d'Asie où le bus déverse plus d'étrangers que de locaux. En fait je me suis très souvent retrouvé tout seul..à des kilomètres à la ronde parfois comme dans le parc de Kemeri. 

NIVEAU :

Très  facile.
Pour peu que vous parliez un peu anglais il est aisé de voyager  dans ce pays. Le paiement est en euros, le système de transport est très bien fait et ponctuel, les gares modernes, les horaires affichés un peu partout, les cartes bancaires sont acceptés un peu partout. Bref, pas plus compliqué que la Belgique ou que l'Allemagne. Bien prononcer les mots aux chauffeurs de bus ou de taxi suffit pour se faire comprendre. Souvent les gens ne parlent pas anglais mais pour les choses basiques cela ne pose pas tant de problèmes que cela.
Pour trouver un hébergement c'est assez simple hors saison. Se servir des sites en ligne de reservation et tout est très simple. Là encore étant en hors saison j'étais souvent l'unique ou l'un des rares clients. 

Niveau physique...rien à dire.   Bien équipé et je le répète avec de bonnes chaussures de marche isolées  on peut marcher de longues heures dans les villes, les sites et les montagnes.


Niveau hygiène, pas une seule alerte de santé et j'ai mangé partout, de tout. L'eau du robinet  n'est  pas forcément potable mais pour quelques verres , je ne risquais pas grand-chose.Aucun problème et j'ai mangé et bu sans réfléchir. 

Aucun  sentiment d'insécurité . Certains sites peuvent être inquiétants par leur isolement  pour une fille seule ( parc de Kemeri, dunes de Jurmala, parc de la Gauja, Mazsalaca) mais pas plus que chez nous dans la campagne. Je n'ai pas entendu, ni vu un seul signe de violence verbale ou physique en 15 jours. 

Un voyage  confortable ,relaxant niveau moral  et je rentre apaisé et en forme. 


HEBERGEMENT ET BUDGET (2015) :

Le voyage m'est revenu à 675  euros pour 15 jours ( 240  euros d'avion , 10 euros de guide et 425  euros sur place)  . Ce qui est bon marché ... Je n'ai jamais lésiné sur les entrées de musées, sur les trasnports...un peu plus sur les  restaurants.
Les transports sont peu chers  et n'ont pas pas trop compter  dans le budget.  Les trains et les bus ne dépassaient pas les 6  euros pour les plus longs (Valmiera-Riga par exemple) . C'était plutôt de l'ordre d'1 ou de quelques euros.  
J'ai payé 13 euros ( bon pourboire compris) pour mon long trajet de taxi entre l'aéroport et Jugla, à l'autre bout de Riga.

Pour me nourrir, je mangeais le matin pour environ 3 euros un gros petit déjeuner dans les hôtels. A Riga, dans la vieille ville pas donné de trouver un restaurant pas cher...Je me nourrissais chez Pelmeni XL ou dans un snack de crèpes fourrées pour moins de 5 euros. Sinon les boulangeries ne sont pas chères et souvent très bien fournies en tourtes et gâteaux. Idem pour Jurmala.
Puis avec l'aide des locaux, en particulier à Cesis ou à Valmiera ,je trouvais des petites caféterias ou des traiteurs  où je me régalais pour moins de 5 euros. 
 Dîner pour moins de 10 euros pour sûr dans des bons restaurants à la carte comme à Ligatne. 

Niveau dodo j'ai payé   entre 23 et 36  euros  pour la nuit  avec le petit déjeuner inclu.   Très bon rapport qualité prix car les endroits à Jurmala; Ligatne et Cesis étaient vraiment confortables.  C'est donc vraiment pas cher et souvent j'aurais pu partageé avec une autre personne pour quasiment le même prix.

Pas mal de couchsurfing aussi qui a bien baissé le budget ( 4 nuits à Riga, 2 à  Sigulda, 3 à Valmiera). 

Pour préparer ce voyage j'ai utilisé :

SITES GENERALISTES

  • le site du Routard . Toujours une bonne base pour choisir sa destination.
  • le site officiel de l'office du tourisme de Lettonie  ( en anglais) . Très bien fait. Une mine d'informations. Utile pour trouver un itinéraire.
  • le site du Lonely Planet
  • le site du Petit Futé. Je ne me suis servi que de leur site internet pour trouver des idées d'itinéraires.
  • un site très bien fait pour les transports en bus et en train.



RIGA, la capitale

fddddddddddd

Jours 1:

 Pour une fois je n'aurai pas de snack ni de boisson dans l'avion, chose assez rare : merci Brussels Airlines and Air Baltic ...je vais donc me dessécher tranquillement et m'affamer (non j'ai toujours deux sandwiches sur moi pour survivre) pendant les 5H30 d'escales à Bruxelles. Tout seul....c'est un peu long quand on n'a rien à consommer alors je lis …. « Le meilleur des mondes » qui justement explique un monde où ceux qui lisent...ne consomment pas. Je suis en plein dedans....cherchant l'endroit le plus isolé de l'aéroport pour y rencontrer le moins de monde possible. Enfin le vol pour Riga, j'y croise 2 français qui m'avouent être les deux autres....fous....pour venir en Lettonie en hiver ! Une fois sur place, sur les conseils de Nadinka, je téléphone à une compagnie de taxi à l'anglais très approximatif  et attends 20 minutes dans le petit aéroport assez désert à 23 h. Le chauffeur, ce qui est très rare et mérite bien 2 euros de pourboires, est vraiment aimable et sympathique. Peut-être parce qu'il pensait que j'avais 30-32 ans et qu'il me voyait déjà en train de sortir en boîte où me dit-il  il y a statistiquement les plus belles filles du monde ! La ville la nuit m'apparaît assez déserte et cela fait plus capitale provinciale que capitale d'un pays. Les bâtiments proches de la  vielle ville sont assez majestueux et l'ensemble est plutôt clean. Passé le centre je me retrouve bien au nord, à Jugla, à la limite de la ville. Là c'est plus sombre ...rien ..à part des cités dortoirs à perte de vue. Un peu plus de neige au sol mais je suis déçu par la faible ambiance hivernale. Le chauffeur et mon hôte m'expliqueront que depuis quelques temps les hivers ne sont vraiment froids ni marqués. Peut-être les premiers signe d'un changement climatique des pays de la Baltique ? Je me retrouve donc à sonner chez Nadinka vers minuit ….devant le vieil HLM plutôt décrépi qui lui seul remplit les clichés du temps des soviets. Après quelques présentations...je rejoins mon canapé à fleurs, assorti à la tapisserie.

Cathédrale St Venceslas

Jour 2:

Petite nuit, réveillé  assez rapidement par les sons de la télévision et même parfois par les discussions des voisins...l'isolation phonique permet ici de ne jamais vivre vraiment seul. Quelques conseils avisés de mon hôte et me voilà en route assez tard, un peu avant midi , vers le centre-ville. Comme toujours les musées ouvrent tard et ferment tôt  ce qui oblige à densifier la partie du milieu de journée.  Je commence par me retrouver dans le bus avec le gars glauque des alentours qui essaye de communiquer avant de s'endormir...m'obligeant à quasiment l'enjamber pour sortir. Le paysage....glauque, triste....et ce n'est pas les petites traces de neige grise qui vont égayer l'ensemble. Immeubles assez anciens, petites boutiques pas forcément engageantes mais de plus en plus uniformisées au fur et à mesure que l'on se rapproche du centre. Il y a même sur mon chemin 2 grands malls dont un ultra moderne et gigantesque. Je commence par passer devant Old Gertrude Church. Rien de spécial....soit je ne trouve pas l'entrée soit elle est fermée. Seul le froid me semble remarquable dans la rue et pourtant ...on est autour de 0 °C, pas moins. 

Je rejoins Elizabethes  Iela puis Alberta Iela  connues pour leurs  maisons Art Nouveau. J'y croise des boutiques ultra -chics, des ambassades et les maisons...bien sûr. Pour moi ce n'est pas l'extase et j'observe ça d'un œil assez neutre. Dans le quartier je visite (le ventre vide) , le musée d'histoire de la médecine. Un grand et très original endroit, vraiment plaisant. Je retiens les nombreux dioramas de l'époque préhistorique, la reconstitution de ruelles médiévales avec lépreux et apothicaires, les salons et le matériel des dentistes , des anatomistes, des chirurgiens à travers les âges, l'exposition sur la conquête spatiale avec de superbes vitrines sur la nourriture utilisée, les matériels d'entrainement, des archives d'époque etc...Une étrangeté aussi, un petit chien empaillé greffé sur un gros chien ! L'expérience est réelle, ils ont vécu 4 jours ! Bref...il y a de tout dans ce musée vraiment complet. Et même des animatrices déguisés en infirmières ou avec les masques de protection en forme de bec  du temps de la peste....

Je me promène ensuite dans le Kronvalda et le City park. Un canal gelé, des canards, des oiseaux, quelques arbres ….rien de spécial. Sûrement plus glamour pour les habitants en été. Je rejoins enfin la Vieille Ville par Torpa iela, petite rue touristique mais ce n'est pas encore la Ruelle d'Or de Prague, au pied des anciens remparts. On passe près de la porte suédoise, relique de ces temps anciens, il y a les obligatoires marchands d'art (beaucoup d'ambre derrière les vitrines), les restaurants avec des lutins en devanture et de la musique médiévale. Au bout de la rue, la Tour de la Poudirère rattachée maintenant au musée de la Guerre. Le musée, gratuit, est vraiment immense et il y a de quoi, pour le curieux, y passer des heures et des heures. Je sature vite car tout est écrit en letton et que je ne me vois pas trop lire et lire encore les plaquettes en anglais. C'est très intéressant pourtant avec tant de photos et d'archives d'époque, beaucoup de matériel, des uniformes, des mannequins, des scènes reconstituées....La muséographie est assez moderne pour ce genre de musée parfois soporifique mais  c'est un peu trop letton pour moi. 

Je vais quand même y passer pas mal de temps ...même en marchant à bon rythme devant les œuvres.  Fermeture à 17 h, il faut que je mange, je trouve un petit café pâtisserie à mon goût, il était temps. Prix très raisonnables....un peu avant j'avais quand même vu des gâteaux à 5 voire 6 euros pièce! Une fois les forces retrouvées je vais errer lentement vers le château , empruntant un maximum de rues pavées, rentrant dans les églises dont St Jacob, passant près du pont, longeant le fleuve Daugava en partie gelé...Je me retrouve sur la place du Dôme , un samedi soir, le jour de la St Valentin...Les restaurants ne sont pas tous pleins mais je croise quand même quelques couples bien apprêtés avec toujours un léger déséquilibre entre la beauté des femmes et la banalité des hommes à leurs côtés. Je marche et marche....C'est joli, oui, mais je ne m'extasie pas vraiment comme à Tallin. Il manque la neige et un côté nordique que je ne trouve pas ici. Riga est la ville la plus occidentalisée des 3 capitales baltes, je peux comprendre alors mon sentiment. Il manque au centre ce petit supplément d'âme qui m'avait enchanté en Estonie. Ensuite il faut faire attention, tout dépend des rencontres et des expériences et là, aujourd'hui, je suis tout seul. Une chose enfin....la propreté des rues....tout est nickel  dans le centre historique.

Un repas chez Pelmeni où l'on pèse ce que l'on mange ...pour pas cher....et je rejoins ma lointaine banlieue, assez crevé par la journée.

Bonne soirée à discuter avec Nadinka, greffée sur son Ipad, qui me fournit de nombreux renseignements sur son pays (la folie des champignons, la vie avec les bas salaires, le problème des jeunes qui n'ont plus vraiment les yeux tournés vers le pays et qui se déracinent vers l'Irlande ou l'Angleterre) tout en s'impliquant beaucoup dans mon futur programme. 




Jour 3:

Avec le masque et les bouchons d'oreille, squatteur de canapé dans la salle à manger, il n'est pas très confortable de trop trainer au lit quand la patronne de la maison est levée et coincée dans la cuisine...avec son Ipad. Je ne vais pas trop traîner ce matin, il fait très beau, environ -1°C. Je demande en rigolant si je dois prendre mes lunettes de soleil...je suis surpris qu'elle me les conseille. Riga sans la neige n'est pas le miroir le plus étincelant que l'on connaisse et passant mon temps dans les musées je décide de laisser mes yeux à l'air...c'est l'une des seules partie du corps qui le soit encore ! A peine sorti, mes sens me trompent encore et jouent sur mes impressions....On les dit sensibles...tout est bien là. L'environnement peu glamour devient sous le soleil plus riant. La mamie  qui porte le même sac lentement semble moins souffrir et les chiens qui jouent me semblent plus heureux. Après un arrêt obligé au Maxima, supermarché du coin, pour un plein de bananes lettones et de friands à la confiture, je pars pour le centre , direction Elizabetes iela où je descend devant le parc Vermanes. Quelques passant moins pressés profitent du soleil, certains (nous sommes dimanche ) partent en chasse photographique devant les canards pour une fois hors de danger, occupés à glisser entre glace et eau vive. J'arrive au Musée de la Nature, grande bâtisse mitoyenne à l'ancienne avec grand couloirs et hordes d'enfant endimanchés (ce qui veut dire en 2013...bruyants et avec papa -maman) . Je vais y passer pas mal de temps, comme dans tous ses cousins que j'ai pu visiter, mais sans vraiment connaitre l'exaltation. Il y a d'abord les panneaux en lettons ou en russe...je n'ai droit qu'aux feuilles plastifiées à l'entrée de chaque salle. Cela fait un peu cours scolaire et je ne suis pas dans l'esprit. Et puis comme toujours dans ces musées...les mêmes vulgarisations....plus ou moins joyeuses. J'ai beau avoir vu 50 fois l'évolution de l'homme au fil des âges, l'histoire des dinosaures, les ères...cela reste toujours aussi flou pour moi et aussi roboratif sur une salle entière.   

Porte Michel

Je vais bien studieusement observer les animaux empaillés, les insectes (même les petits pseudos-scorpions..tout en bas..si si) , je vais admirer les minéraux....mais sans vraiment rentrer dedans. C'est comme si je revoyais pour la Xème fois les mêmes choses. Alors comme j'aime la nature je ne peux rater ces musées mais parfois c'est un peu du déjà-vu. Et alors on pense à  être ailleurs. Alors  je vais rester un long moment à écouter le bruit des oiseaux marins et des phoques...histoire de s'y croire un peu. En bref un musée classique, dans la moyenne, pas plus. Je quitte ensuite le musée pour aller visiter un endroit plus original quoique classique. Chaque ville un peu ancienne à la sienne: la maison du riche marchant qui est transformée en musée et plus ou moins restée dans son jus authentique. La Maison Mentzendorff est celle d'un marchant du XVIII ème. Elle n'est pas à l'identique de ce qu'elle fut à l'époque de son propriétaire mais elle a été remeublée avec des meubles d'époques. Dans le genre je me suis senti souvent plus transporté dans le temps (c'est bien ce que l'on recherche dans ces endroits) . Les meubles sont un peu disposés de manière clairsemée et l'ensemble ne me semble pas toujours très ....vivable. J'y passe quand même un agréable moment, les chaussons au pied pour ne pas trop abîmer ces planchers qui grincent bruyamment. Expositions sans intérêt de verre soufflé et de peintures au sous-sol et au grenier, cuisine avec l'immense cheminée ( pas en surface mais en hauteur jusqu'au toit) , chambre et bureau du propriétaire, salle de danse...Les vue sur les rues environnantes , trop surchargées de modernisme, m'ancrent en 2014, à mon grand regret.  Mais bon...cela vaut les 3 euros.  De là je rejoins la toute proche église Saint-Pierre, la plus emblématique de la ville à cause de son clocher et de son panorama  à 72 m du sol. 7 euros la montée....pas donné mais je suis friand de ces vues alors....A 10 dans le vieil ascenseur on se retrouve au sommet un peu serrée ( c'est pas bien grand) et alors là ..quel froid. Un vent nous glace les os et le visage commence à marquer. La plupart des gens d'ailleurs, font vite le tour puis attendent la cabine pour redescendre. La vue est très belle par ce beau temps : tour de la télévision, académie des sciences, marché central, toute la vielle ville, le port au loin, les paquebots sur la Baltique....


C'est bien joli mais on ne sent pas entouré de monuments comme par exemple au Klémentinum de Prague ou à la Cathédrale St-Guy. Ici la vieille ville est bien plus restreinte et la richesse moins visible.  Je comptais ensuite visiter le Musée de l'Occupation sur la place de l'hôtel de Ville mais il est fermé pour rénovation. Le bâtiment  lui est vraiment laid. Ces places sont souvent les plus  beaux..endroits (voir mes voyages en Allemagne ou en République Tchèque) , celle -ci est belle sans égaler les plus célèbres déjà visitée. 


Il faut dire que la ville a beaucoup souffert pendant la guerre. La statue de Roland est là, comme dans de nombreuses villes hanséatiques, et elle pose devant l'église St Pierre et surtout les belles maisons des Têtes Noires, qui hébergeaient autrefois les membres célibataires de l'association des marchands. C'est assez neuf (mais identique à l'original) mais très beau sous le soleil. Je poursuis par un rapide arrêt dans la cathédrale du Dôme (3 euros, je ne dépasse pas le guichet)  pour finir dans le café -snack « Bonjour » où le serveur ne parle pas français, où l'on lit du Pagnol et du Coluche sur les murs et où on écoute du Jean-Jacques Goldman ou du Carlos en boucle ! 

Sympathique et parfait pour se réchauffer même si on pourrait faire plus authentiquement français sans trop de frais je pense. Je vais enfin pour la fin de ma journée commencer ma visite by night...vu que tout est maintenant fermé. Belles vues  sur les parcs et le canal gelé depuis une petite colline à côté de la Tour poudrière . Les amoureux s'y embrassent, les jeunes glissent sur les pentes glacées, tombent parfois, parfois pleurent mais les mamans ne sont pas loin. Passage à la Grande Guilde, maison chargée, siège de l'orchestre philharmonique, puis exploration du quartier derrière l'église St-Jean. Désert un dimanche soir et cela me plait bien. Ruelles pavées, maisons encore un peu délabrées et non transformées en hôtel de luxe, chats errants, corneilles bruyantes dans un arbre...Bonne ambiance. Avec de la neige j'aurais sûrement dit : énorme !  Le centre historique est il est vrai très joli, j'aurais bien sûr eu une tout autre vision avec beaucoup de neige dans les rues. Ce qu'il manque ici, ce sont des magasins authentiques...on a l'impression qu'il n'y a que des chaînes et rien d'ancien véritablement. Comme à Bordeaux et dans tant d'autres ville, la gentrification pousse les indépendants à partir ; alors les franchises s'installent....et tout le monde est content sauf les râleurs rétrogrades comme moi.


Repas à base de crêpes à la viande , aux champignons et à la banane . Une tradition culinaire par ici puis je rentre. Dans le bus les zombies sont rivés sur leurs téléphones....comme le jeune qui dirigeait l'ascenseur à l'église. Il regardait un gars déguisé en Cupidon qui faisait le pitre en ville. Il trouvait ça génial et hilarant...

Je rentre encore fatigué, une envie...dormir ! Belle journée mais sans grande émotion quand même. Il manque le partage ou une authenticité rare, celle que l'on ne rencontre pas tous les jours. Ce n'était pas le mien aujourd'hui. 

Jour 4:



​Un peu fatigué ce matin et peu motivé pour cette troisième journée à  Riga...Pas simple de jauger avant de partir de la capacité d'une ville à nous nourrir. Là je me retrouve un lundi, avec la plupart des musées fermés et il va falloir s'occuper. Un bon -5°C ce matin et  un beau ciel bleu. Je pars en ville pour commencer par visiter le quartier du marché central. Très intéressant car bâti dans des grands (forcément) anciens hangars de zeppelins, original ! Là je trouve une autre facette de Riga, plus typique que les celle du centre historique, un peu trop formaté. Ici les mamies portent les bérets en laine, de vieux manteaux de fourrures, les vendeurs de viande vendent des produits dont je ne connais pas le nom, des viandes fumées, beaucoup de gros saucisson genre mortadelle. Plus loin ce sont les crémiers, les marchands de gâteaux, de fruits secs. Les marchés sont toujours les poumons de la ville, son cœur.....pas forcément le cerveau qui est dans les musées....mais ici c'est une vision plus organique de la population lettonne...


Quelques mendiants et mamies qui vendent 2, 3 babioles pour s'en sortir...Pas très gais, surtout avec ce froid intense.Un peu derrière le marché on aperçoit  un grand monument à l'allure Stalinienne qui servait de local pour l'académie des sciences et qui aujourd’hui est plus tourné vers l'administratif. Je m'y essaye un instant avant de faire virer par les gardiens. Rien à y voir en hiver (terrasse en été).  Un peu autour je me hasarde dans une belle église orthodoxe où je retrouve forcément les mêmes rites que ceux longuement observés en Bulgarie. Toujours ces mamies à l'ancienne qui nettoient les restes de cires coulant des nombreux cierges fins que la plupart des gens achètent avant de prier. L'atmosphère est purifiée par ces odeurs de cire et l'ensemble très lumineux est richement doté et très plaisant à observer.  De là je vais un peu commencer à errer sans vraiment de capitaine à bord. Je vais suivre mes jambes. Je pensais d'abord repasser par les endroits vus sous la pénombre pour pouvoir les immortaliser en photo mais soit ils sont moins photogéniques à la lumière du jour , soit ils ne m'inspirent pas trop...donc raté pour le rallye photographique prévu. En fait le centre-ville ne m'est pas si photogénique que ça. Je ne trouve pas facilement les petits détails créatifs, les graphes, les affiches de concert qui font le charme d'autres centres-villes. A l'office du tourisme ils me donnent la liste des musées ouverts un lundi...je vais choisir celui de l'architecture. En fait ce n'est qu'une salle minuscule mais  dans l'une des maisons des 3 brothers, les plus vieilles de la ville. On y remarque l'arrière court agréable et toujours cette immense cheminée, comme chez les Mentzendorff. A part ça rien de notable. Toujours sous le froid piquant je me réfugie à l'église Ste- Madeleine pour voir les gens prier dans le calme. Même les touristes font silence...c'est pour dire l'ambiance pesante. Je continue mes tours et détours sans vraiment savoir ou aller. La ville est charmante, mais je m'y sens aussi seul qu'un samedi à Bordeaux. Au bout d'un moment il faut s'arrêter mais quoi faire sinon consommer ? 

Maison des 3 frères

Alors je mange dans un restaurant de très bonnes nouilles au wok puis je file au cinéma pour occuper deux heures au chaud. Je n'ai qu'une envie, me vautrer et m'échapper pendant deux heures. Loin du bonheur cette conclusion ? Je vais être bouleversé par le film « Theory of everything »  sur la vie de Stephen Hawking. Jeu remarquable des 2 acteurs principaux, souvenirs de ma jeunesse lisant « Une brève histoire du temps », émotion sur la belle histoire d'amour traitée avec justesse, nostalgie de ces années à Cambridge dans les années 60. Bref un film qui ; vu ma situation du jour, seul, un peu couvert par l'ennui, isolé et malade... me bouleverse. La phrase de fin « Look what we've done »  en regardant ses enfants avec sa femme. A réfléchir sur l'œuvre d'une vie. Question qui me tracasse au crépuscule de mes années de trentenaires. Une fois sorti de la salle, je me retrouve encore à errer....dans mes pensées toujours à chercher la ruelle magique. Elle n'arrivera pas. J'ai eu beau cherché partout, la grande émotion ne s'est pas offerte à moi à Riga. Il ne manque pas grand-chose. Un peu plus de partage, un peu de neige et l'émotion polie se transforme vite en une chose d'unique, qui nous fait dire « Ouah ! » et que l'on compte sur les doigts des deux mains à la fin d'un voyage réussi. J'ai confiance...elle viendra avant la fin du séjour. Le voyage n'est que la quête de ces petits moments. Au final ...combien de temps , d'euros, d'énergie dépensés pour.....ces quelques heures de pure lévitation. Il ne faut pas y penser...cela découragerai un jeune lecteur Et pourtant je pense être gâté en dose de bonheur....
Je réfléchis à tout cela devant mes roboratives crêpes avant de repartir tranquillement reprendre mon bus de banlieue. La tête assez basse ce soir.
Demain, il y aura du changement. En route pour la mer Baltique. 2 nuits d'hôtel réservées à Jurmala. En attendant c'est la tête un peu dans le Cambridge de Stephen Hawking que je ne m’endors...pas vraiment en Lettonie.




JURMALA

Jour 5:

Encore une belle journée ensoleillée et froide qui s'annonce. Le temps d'emballer les paquets et je dis au revoir à Nadinka qui m'a gentiment hébergé pendant ces 4 jours. Je fais bien attention à serrer la main avant de partir, oubliant notre habitude française de bisouilleur à outrance, et en route pour la gare centrale. Elle est  bien moderne et je trouve sans problème ma place dans le train aux banquettes un peu dures qui mène à Jurmala.  Sur les quais quelques fonctionnaires déplacent la poussière avec leur balai dans un travail vraiment dérisoire tant les bourrasques de vent ne semblent pas coopérer. Les abords de la ville sont assez tristes, avec des barres d'immeubles, des bâtiments désaffectés, des jeunes désœuvrés qui s'agitent au bord des mares. 

Et puis les pins apparaissent, le paysage se fait plus balnéaire. Un peu comme la ligne Bordeaux -Arcachon...dont le lien ressemble fort à celui qui lie Riga à Jurmala.  J'aperçois la rivière Lielupe, en partie gelée et je sais déjà que je vais me plaire dans ces lieux. Des souvenirs agréables d'Estonie remontent à la surface. Je vais descendre à la toute petite gare de Majori. Un couple de touriste sans sac à dos et moi, quelques locaux...mais il n'y a pas foule. L'employé de l'office du tourisme proche me confirme bien.... « it's low season ». Je m'en rends bien compte dans la grande rue centrale, Jomas Iela, large et vide. Pas mal de magasins restent quand même ouverts, ce n'est pas la mort d'un Biscarosse Plage par exemple. Arrivé à mon hôtel, personne. Je sonne. Rien...puis appelle un numéro où je tombe sur une russophone pas commode. Bonjour l'accueil ! Puis la patronne finira par sortir mais la communication sera réduite...


Heureusement l'hôtel me plait, tout prêt de tout, de la plage et du centre et confortable. Jurmala va bien me plaire cette après-midi. Grâce à une brochure très claire je vais suivre un parcours où toutes les maisons remarquables sont commentées : cela va des premiers établissements thermaux de la ville, aux maisons en bois, Art-Nouveau ou d'architecture moderne simplement...La plage, immense est très agréable. De nombreuses personnes y font de la marche parfois nordique, poussant des poussettes ou faisant du jogging. Le bord de la mer est gelée et le sable vraiment dur ce qui apporte un cachet supplémentaire. La côte est sauvage , non bétonnée. Il y a bien quelques hôtels de luxe ou autres restaurants par ci par là mais les pins cachent la plupart des édifices qui sont plus en retrait dans une rue qui longe la plage. Bref le premier sentiment est : calme, vivifiant, pur. La plaquette vantant l'air de la station ne ment pas. Du moins en cette saison. La station est à la fois climatique et balnéaire et on remarque beaucoup de maisons assez énormes et d'appartements de luxe . L'été ...les russes envahissent les lieux.
Mon premier arrêt sera dans la maison de la poétesse Aspazija, une figure littéraire du pays. Je vais profiter d'une visite personnelle des lieux et vais beaucoup aimer. Bien que rénovée la maison  de 1903 dégage beaucoup de sérénité malgré la route proche, qui n'existait pas du temps de l'auteure. C'est mignon, aérée et les vues sur la rivière Lielupe depuis les vérandas sont vraiment belles. Un endroit où l'on a envie de se reposer. De retour en « centre-ville » je vais remonter la rue à la recherche d'un endroit chaud pour prendre ma dose de sucre et de pâtisseries quotidienne. Je vais le trouver sans problème. C'est un des plaisirs de ce voyage. Avoir chaud dans les salons de thé. A des prix toujours très raisonnables. Je poursuis par un parc au milieu duquel une belle et moderne tour panoramique permet d'avoir une belle vue d'au dessus la cime des pins. En bas c'est propre, nickel, avec des pontons en bois, des terrains de sport (de vraies patinoires!), des bancs...

En comparaison je trouve même cette station plus clean que celles de ma côte Atlantique. Le long de la route qui mène à Dzintari, je goûte aux contrastes : entre les maisons en bois délabrées se greffent d'autres ultra- modernes. Parfois on croise des extravagances architecturales propres à certains riches russes.



Je vais rentrer par la plage, profitant du soleil couchant  et rasant. C'est très paisible, les gens rentrent chez eux, les autres sont déjà au restaurant  (17H30, quand même!) ...mais je ne peux me résigner à manger aussi tôt. Problème, si j'attends 19h, j'ai bien peu d'avoir la plupart des restaurants fermés....Alors ce sera encore un repas froid dans la chambre...Belle journée donc dans un endroit très agréable où il fait bon se relaxer. 

Jour 6:
Enfin un bon gros petit déjeuner....en pantoufles...comme j'aime...avec les œufs, les saucisses, la charcuterie...de quoi partir calé pour une fois. Pas foule dans l'hôtel, un couple et c'est tout. J'aime ce privilège de la hors saison. Je serai à 10h à l'ouverture du Musée de la Ville de Jurmala. Tout neuf et vraiment bien aménagé. Je vais adore l'exposition sur l'évolution des tenues de bains de la fin du XIX ème siècle aux années 80. Des robes longues aux maillots en laine, je vois défiler devant moi plus d'un siècle d'histoire balnéaire avec plaisir. L'autre grande exposition du musée , permanente , est constituée en grande partie de matériel audiovisuel qui permet de visiter un retour dans le temps. On y trouve les premiers baigneurs apportés dans des carrioles tirées par des chevaux pour pas que l'on vous voit un peu dénudé, on y voit les films sur les bains de boue de Kémeri, la foule des années 80 ou parfois un demi-million de touristes se retrouvaient sur les 25 km de plage, on y entend les concerts des années folles etc...

Je vais adorer, vraiment. Une époque qui me paraît bien plus festive et surtout moins vulgaire que la nôtre. Nous parlons des loisirs de riche entendons-nous. Mais quand même on semble bien loin des frasques de Miami ou de St-Tropez. On y voit les gens s'amuser, danser face à la mer, tous très bien habillés...Bref , pour moi c'est une image de classe et d'élégance qui me semble si rare...Les caprices mondains d'alors me semblent plus distingués. Je me rends ensuite à la gare prendre un train pour Kémeri, souhaitant visiter leparc national et son fameux marécage. La gare, curieusement, n'est pas très glamour pour un endroit si huppé. Un peu triste et vieille même. Un gars dors sur son siège, l'horloge résonne de ses tics-tacs et les pêcheurs sur glace fragile s'affairent sur la rivière Lielupe visible juste en contrebas.

Au fur et à mesure que le train quitte Majori le décor devient de plus en plus délabré et la visite à Kémeri confirmera mes premières impressions. De la gare très tranquille je vais d'abord jouer la carte nature en me dirigeant vers le marécage. Presque 4 km de route verglacée ! Une vraie patinoire. Pas simple, mais il n'y aura pas de chuet aujourd'hui. La route longe un cimetière puis arrive à un premier parking où quelques maisons en bois abandonnées pourraient faire partie des pires films d'horreur. Je suis tout seul, loin de tout et avec le temps gris, l'endroit est assez lugubre.  Un peu plus loin un dernier petit parking marque le début des sentiers. 2 au choix : 1,5 ou 3 km je crois. Un passerelle en bois toute neuve me mène dans le royaume des mousses, des pins des marais, des petits lacs gelés...C'est très original, agréable et spectaculaire une fois au sommet de la tour panoramique. La vue est saisissante sur l'immensité  plate du marécage. Je pense être le seul à des kilomètres ce qui augmente la sensation d'isolement. Cela valait donc bien les 8 km de routes verglacées ! 

 De retour en ville je visite la ville de Kémeri en elle -même. L'origine du parc thermal date de 1838 et on peut dire que l'on est bien loin du faste d'antan. Les rues, parfois non goudronnées, ont des allures de far-est, pas mal de maisons en bois sont bien défraichies et personne ne traine dehors. L'église luthérienne est fermée...comme sa voisine orthodoxe. Le parc est vraiment en piteux état. L'îlot d'amour que l'on atteint par un pont abimé est surmonté d'un pavillon panoramique. Je me risque à y monter par un escalier en colimaçon en ruine. De là haut, à part les tags et les bouteilles vides, on voit l'ampleur du désastre. Le château d'eau en face qui était aménagé pour procurer une belle vue aux visiteurs du grand hôtel de Kémeri  semble attendre l'écroulement. Je ne dis pas que je n'aime pas l'endroit car il est chargé d'histoire mais là en hiver cela fait un peu abandonné. Je ne vais croiser personne dans tous les lieux « historiques » de mon plan. 

L'odeur de soufre est bien présente, je me lave à l'une des 20 sources, rassuré que le jaune sale de l'eau provenait bien d'une cause naturelle. Un peu plus loin la source d'eau minérale Tautu déjà ne coule pas ! Peut-être qu'en été...Je longe ensuite un immense bâtiment en ruine genre Tchernobyl. Impressionnant car d'habitude on les tombe chez nous ! Un endroit lugubre le jour et sûrement effrayant la nuit. Finalement, je ne vais pas m'attarder plus dans le coin, il commence à faire sombre et l'endroit ne donne pas envie de traîner. Je vais rentrer par un chemin toujours verglacé passant devant  le bâtiment de l'administration du parc. Toujours personne ou presque. Vraiment l'impression d'être dans une ancienne ville soviétique abandonnée. Un petit passage devant les ruines d'une grande usine et je finis par demander des renseignement à un cul-de-jatte et son pote sur fauteuil . Il me demande 1 euro, sans raison...Ils auraient été valides, vu leurs têtes j'aurais bien flippé mais là...En général je ne donne pas comme ça  mais le gars n'a plus de jambes !  Impression aujourd'hui d'avoir vraiment été hors des circuits traditionnels. Pourtant l'endroit est touristique mais  en hiver...c'est lugubre à souhait et donc, .il n'y a pas de touristes ! Je suis quand même content de retrouver  Majori , bien plus agréable pour séjourner. D'ailleurs je vais rester un jour de plus dans le coin, histoire de profiter encore de la plage et de l'air pur. Vers 18h la rue centrale est déjà quasiment déserte. Les quelques boutiques ouvertes persistent mais je me demande ce qu'elles vendent. J'achète mes tourtes au chou, mes parts de pizza et je fonce à l'hôtel. Belle journée , originale, pas très glamour mais assez marquante.


Jour 7:
Tout seul ce matin dans la salle à manger de l'hôtel. Le propriétaire me parle de la folie des mois d'été et des 3 semaines de juillet où il sait si l'année sera bonne ou pas. Pour 2015 il a quelques inquiétudes : est-ce que les russes vont pouvoir venir ? La Lettonie est dans l'espace Schengen et qui sait si nos frontières seront grandes ouvertes pour les ressortissants russes dans quelques mois. Le propriétaire comprend aussi le plaisir que j'ai à visiter la ville hors saison....pour se ressourcer me dit-il et débrancher son téléphone portable.

Je vais ce matin prendre le train qui autrefois reliait Kémeri à Moscou et soyons fou ….avec un transfert jusqu'à Vladivostok. A moi les paysages qui défilent....pendant les 10 minutes à peine de mon trajet à 53 centimes d'euros jusqu'à Lielupe. Encore une gare déserte.  Je commence par environ 4 km de marche le long de la route. La rivière n'est pas loin mais je ne la vois pas vraiment avec les maisons. Alors il me reste la forêt ….C'est finalement assez agréable car il n'y a quasiment pas de trafic et que l'on entend bien le bruit des oiseaux. Je rejoins le musée en plein air de Jurmala à Bulluciems. Dans un grand enclos au sein du parc naturel de la dune de Ragakapa, on y trouve de nombreuses bâtisses de pêcheurs du XIX ème siècle avec leur grenier, leur fumoir de poisson , une collection d'ancres, de cordes, deux bateaux de pêche. Je suis tout seul, le sol est encore une fois une vraie patinoire...au sens strict du terme et je vais apprécier la visite. Parfois un pic-vert se fait entendre. Le chien du voisin hurle à la mort. Quelques cheminées fument au loin. Ce n'est pas bucolique mais avec quelques efforts on s'évade un peu quand même. Il faut dire que juste à côté du parc se trouve le sentier des dunes avec ses passerelles en bois (abîmées)  qui serpentent au milieu des pins.


 L'atmosphère est maritime, on se croirait en Gironde ! Je vais monter et descendre, seul, sur ses serpentins bien tranquilles, profitant du simple plaisir d'une balade dans les pins. J'arrive vite sur la plage. Pas aussi belle que le premier jour : le sol n'est plus gelé, la neige fond  (comme partout ici c'est la débâcle!) et la visibilité est assez réduite ( les cargos au large font sonner la corne de brume) Malgré tout je vais faire comme si j'étais ici en convalescence et donc marcher, marcher, au milieu des algues , des oiseaux ( goélands et corneilles) et des quelques habitués. Le rivage est vraiment préservée. Malgré les  maisons proches tout le long ou presque de la côte on ne voir du rivage quasiment    que des arbres. On entend parfois le bruit du train pas loin mais pas la route. Des bancs sont disposés régulièrement, je croise un petit poste de police, 2 restaurants de plage ouverts, des terrains de volley en hivernation mais pas d'ambre au sol, dommage. Vers Bulduri je remarque d'immenses villas de millionnaires ou plus...là c'est un autre monde ! Arrivé à Majori je mange enfin un bon repas de midi chez Bistro  et pour 8 euros ce qui doit être le meilleur rapport qualité prix de la ville vu le nombre de locaux qui y viennent. J'avais prévu de voir la maison d'été de Rainis et Aspazija, le couple célèbre d'écrivains, mais la maison est en rénovation. Il  ne me reste qu'à profiter du confort de ma chambre, à prendre un bain, à faire la lessive et à organiser la suite du séjour. Une journée de repos mais finalement très agréable. En voyage il faut parfois s'offrir des vacances.

Après une petite sortie très agréable sur la plage, sous les lumière du Spa Baltic Hotel, je rentre me faire une toile sur mon lit, ce sera « Wish I was here » de Z .Braff. De belles réflexions sur la façon de gérer la mort de ses parents.


La Video de Riga et de Jurmala


La vieille ville de Riga, la station balnéaire de Jurmala au bord de la mer Baltique , la côte , les dunes de Ragakapa, le marais et le parc thermal de la Kemeri.

SIGULDA  et le parc national de la Gauja

Jour 8:

Je quitte Jurmala, où j'ai passé de belles journées au calme, loin de tout. Arrivé à Riga sans plus d'émotions que  cela je fais l'erreur de demander à deux françaises la direction de la gare des bus ...Elles vont me perdre mais je vais quand même réussir après une grosse suée à attraper mon bus pour Sigulda. Confortable et à moitié vide.  Au fur et à mesure que l'on se rapproche de Sigulda, le climat devient plus froid et la neige se rencontre en plus grande quantité le long de la route. Sensation bizarre d'arriver dans une des plus grandes stations outdoor du pays où l'on ski....sans voir ou presque une seule colline ! Inga viendra me chercher à la gare de la petite ville provinciale. L'air ici est plus frais et l'ambiance plus hivernale que sur la côte. Nous partons faire une petite promenade vers la Colline du paradis, marchant sur des sentiers verglacés (ce sera vraiment la constante du séjour) , au milieu de la forêt, avec son fils. La vue est plongeante et belle d'u promontoire sur la vallée de la rivière Gauja qui donne son nom au parc national. Nous parlons de ces hivers sans neige, ce qui pour une fille de champion de ski de fond letton, est une catastrophe !  Je vais ensuite marcher le long d'un itinéraire proposé par l'office de tourisme pour découvrir les principaux monuments de la ville. Pas grand monde et ciel gris. Je commence par l'ensemble du château de Sigulda. Il y a  le nouveau, XIX ème, qui abrite le conseil régional de la ville et l'ancien (à l'origine du XIIIème siècle)...au sein d'un petit parc enneigée d'où émergent quelques statues. L'ancien château permet de monter dans 2 tours, on y voit les postes de garde des archers, quelques tenues d'époque...Rien d'extraordinaire pour un Aquitain habitué aux choses anciennes. 



 
​Au milieu des ruines une scène permet des opéras en été de grande qualité. Je poursuis par l'église luthérienne, que je ne visiterai pas...Isolée dans un parc, bien blanche....mais bon ce n'est pas trop mon type de visite préféré. Un peu plus loin un parc avec des grandes cannes colorées, en souvenir du temps où l'on recommandait  de marcher avec des cannes pour visiter les sites. Je passe à la gare du téléphérique, en rénovation, dommage...c'était paraît-il un must, avec un trajet au dessus de la rivière Gauja.  J'atteins alors une grande -roue en hivernation et le parc de loisir Tarzans et ses pistes de ski. Un skieur ! Piste courte mais relativement pentue. 1 téléski et un télésiège. C'est assez bizarre, la ville est plate et les pistes dévalent toutes vers la rivière en contrebas. Sur le bord de la route je croise un autre téléski avec une piste noire assez vertigineuse. On y voit les jeunes de l'école de ski assez à l'aise faire du slalom géant. J'arrive enfin à la célèbre
piste de bobsleigh et de luge. 1420 mètres. C'est assez impressionnant et rare de voir un tel édifice. J'y croise les équipes nationales lettones et russes qui s'y entraînent. Pour terminer je rejoins le parc Mezakakis, avec sa petite piste pour débutant, les publicités du sponsor allemand Audi et une autre belle piste bien éclairée avec son vieux café au sommet. C'est assez sympa et la piste est belle et pentue. L'endroit et chaleureux et  invite à une pause sportive. Inga viendra m'y chercher. Je vais passer une très bonne soirée avec elle, son mari Girts et leurs enfants sages à manger local ( essaye le Laukums, sorte de snack ou fromage à manger frais , bon et bien riche) et à parler champignons  entre autres...Au lit vers minuit , crevé !



Jour 9:

Je passe la matinée avec Girts et les enfants dans l'appartement. Ils me gâtent avec un super petit déjeuner et il va beaucoup m'aider pour organiser mes jours futurs. Girts va m'emmener ensuite à la réserve de Turaida, musée le plus visité de Lettonie. Sur un parc de plusieurs hectares on peut voir de nombreux bâtiments traditionnels plus ou moins rénovés : cela va de l'église, au cellier à poissons, au local pour garder les pommes en passant par les étables, la résidence du gouverneur...Quelques chanteurs déguisés en tenues païennes offrent même un spectacle de musique aux quelques familles présentes. Tout le monde participe et on voit bien l'intérêt du peuple letton vers ses traditions musicales. Il y a aussi le gros château de Turaida, un mélange de pierre et de briques roses qui fait un peu trop neuf à mon goût pour pouvoir y ressentir l'atmosphère des temps anciens. Quelques expositions et surtout une belle vue du haut de la grande tour. 



 Visite agréable quand même car le soleil est enfin là et qu'enfin les champs enneigés, les mares gelées deviennent un peu joyeuses. Je redescends ensuite dans la vallée pour rejoindre la grotte de Gutmana, petite mais curieuse car il y a une tradition d'écrire dans la pierre son nom. Les plus anciens sont effacés mais ces murs gravés forment un site assez original. Je remonte ensuite aux ruines du château de Krimulda, par un escalier en bois bien raide. Rien de spécial sur les ruines. Le manoir proche par contre est bien plus intéressant. Il sert de centre de réhabilitation et tout autour, en demi-cercle on trouve des petites chambres qui servaient autrefois à la croix rouge et qui accueillent des jeunes l’été. L'ensemble est assez photogénique. Les alentours du manoir aussi : il n'y a personne et la plupart des maisons sont historiques et annotées de pancartes explicatives. La glace au sol ralentit ma progression mais j'ai encore beaucoup à parcourir...La route est maintenant bien enneigée, à travers bois, jusqu'à retrouver un sentier qui descend vers  un pont piéton qui enjambe la rivière Gauja. La vue d'en bas est très belle et on comprend pourquoi c'est un must en été pour les descentes en canoë.


Belles petites falaises ocres avec des caves parfois au milieu. La promenade sur l'autre rive est très agréable puis il faut remonter vers un point de vue dit de l'empereur où là cela se complique. Le sentier est impraticable à cause de la glace et je vais devoir passer à travers bois... Au sommet je me retrouve vite au Mezakakis parc, comme hier, où je vais attendre Grits bien au chaud près de la cheminée du bar des skieurs...vraiment sympa. Une bien belle après -midi, sportive, variée et sous le soleil. Pas d'immenses émotions mais il y a quand même beaucoup d'atouts dans cette ville. Encore une fois je vais être gâté...beignets de pommes de terre ...qu'ils mangent avec de la confiture  (bizarre pour nous), gâteaux, salades...Girts fait tout en cuisine pour que nous mangions sainement et il est parfait pour ça. Bonne soirée à discuter avec ce couple charmant, à comparer nos expériences de couchsurfeurs, à nous rendre compte que nous avons des goûts musicaux très communs. Ils me feront alors écouter les quelques chansons nationales qui sont autant d'hymne à la liberté. Ce petit pays, écrasé par l'histoire entre les géants du nord, germaniques ou russe, lutte pour garder sa culture et sa langue. Lors de grandes fêtes de danse ou de chants ils célèbrent cette union nationale  et c'est assez impressionnant de voir les émotions sur les visages. Luttez lettons...contre l'uniformisation !



LIGATNE

Jour 10:
Pain maison ce matin...royal ! Tout est harmonie  et sain dans cette maison et c'est un plaisir  d'avoir passé une partie du week-end avec eux. Ce matin Girts et les 2 grands garçons me proposent de m'amener à Ligatne pour m'éviter soit le taxi, soit les galères avec mon gros sac sur les routes verglacées. Car, en hiver, aller en transport en commun dans les petits recoins du parc et y être à l'heure pour les visites n'est pas chose aisée. Merci à lui. Ils en profiteront pour m'initier au geocatching, jeu de piste et de chasse au trésor mondial dont ils sont très friands. Le village de Ligatne semble assez reculé, bien qu'à à peine 6 km de la grande route. Dès le début je sens que je vais m'y plaire.​



 Girts m'amène à Lacu Miga, mon hôtel plutôt classe à 1,6 km du centre du village. On croise en route de très vieilles maisons en bois, la norme ici, ce qui apporte beaucoup de cachet à l'ensemble. Une fois les affaire posées, après un accueil très chaleureux «  you'll sleep like a king ! » nous partons pour la visite des petites caves creusées dans les rochers. Connues depuis le XVIII ème siècle, elles sont plus de 300 dans le coin et servaient et servent encore aux habitants à stocker les conserves, les confitures, le vin...etc. Girts me raconte que pendant les années soviétiques le manque d'approvisionnement poussait les gens à faire des réserves avec les aliments de saison et cela s'est préservé aujourd'hui. C'est vraiment original et la visite est agréable. Il faut monter des escaliers en bois, allumer son téléphone pour y voir quelques choses . On profite de vues sur la rivière en contrebas où un chemin pour poissons a été construit pour qu'ils puissent remonter le cours de la rivière. Il y a ici pas mal de neige et l'ambiance hivernale apporte du cachet. Nous trouvons facilement la boite aux trésors cachés sous un escalier puis il est temps de m'amener au centre de réhabilitation de Ligatne pour la visite du ​bunker soviétique. De l'extérieur on dirait qu'on arrive à un vieil hôpital. Le hall d'entrée est assez désuet pour me plaire. On peut me traiter de rétrograde mais quel intérêt a-t-on à rénover tout  sur le même mode ? Pour que tous les halls du monde soient interchangeables et sans âme. Ici je ressens un peu le dépaysement et j'aime ça. Je quitte Girts car le guide arrive et c'est parti pour une visite assez extraordinaire. Le guide, avec favoris et habits, volontairement je pense, un peu ternes , vérifie d'abord l'identité de l'un d'entre nous et lui confisque sa carte d'identité pour nous mettre dans l'ambiance. Puis  nous descendons 9 mètres sous terre dans le bunker de 2000 mètres carrés ouvert depuis 2003. Il fut crée pour protéger l'élite du pays en cas de guerre nucléaire et était en fonction  durant les années 80. Dedans, tout est resté tel quel  et est authentique. C'est un vrai voyage dans le temps qui commence. Que peut-on y voir ? Les générateurs diesel pour alimenter en énergie le bunker. Ils fonctionnent encore et peuvent suppléer l'alimentation du centre en cas de panne générale. Pour l'air le guide nous fait une démonstration en allumant l'équipement de purification d'air ...boucan d'enfer.​



La salle de sécurité où 2 hommes devaient rester en permanence 24h/24 pour relater tous les problèmes provenant des sites sensibles du pays. Ils sont restés ainsi à scruter la machine alors que pendant des mois voire des années il n'y eut aucune alerte ! Derrière eux un tableau noir car toute trace papier est récupérable et il était plus sécurisé d'écrire et d'effacer la craie.  La salle de télécommunication, sorte de central téléphonique avec son  fax à l'ancienne dont la dernière communication date des années 90. On trouve partout des téléphones, rouges, gris ou sans touches. En liaison directe vers le Kremlin pour certains. Dans la salle des cartes, on se croirait dans un film de guerre. Partout, sur les murs et sur une grande table,  on voit des cartes, commentés et annotées à la main tous les ans. Documents ultrasecrets à l'époque et encore récemment il ne fallait pas y prendre de photos. A la cantine, avec fleurs en plastique et nappes d'époque,  on déguste un plat de raviolis à  la viande avec un verre de sirop. Je mange seul en essayant de m'imaginer là, bloqué pendant 3 mois ! C'est passionnant ! Le guide nous apprend à mettre des masques à oxygène et nous rappelle qu'avant il y avait des exercices de la sorte obligatoire dans les écoles ! Dans la salle de loisir...un disque de Mireille Mathieu , avec la pochette en russe ! Au mur des affiches sur la guerre biologique datant des années 60. Dans le bureau du chef du parti, le seul à avoir un lit, on retrouve l'ambiance de ces années, avec les 4 téléphones dont le rouge, les posters de Lenine et les drapeaux. Hallucinant! Et puis toutes les anecdotes. La couleur vert pour calmer les gens. L'imprimante bleue pour le moral. Les toilettes pour dames et hommes alors qu'il n'y avait que des hommes dans l'élite. Il ne fallait pas que les constructeurs aient le sentiment de faire autre chose que du normé. Un endroit génial dont on ne peux imaginer l'existence du dehors.

De là je vais prendre un sentier dans la forêt pour rejoindre Gaujasmala, au bord de la rivière Gauja. Sentier agréable, bien que toujours verglacé, dans la forêt avec parfois, en s' écartant, de belles vues sur la rivière en contrebas. Sur quelques vues on pourrait se croire dans le wild américain.



Gaujasmala est un petit village assoupi. J'y vois 2 mamies en train de discuter sur un banc, un terrain de foot couvert de neige, une patinoire naturelle en piteux état, un musée de la pêche pour l'été et un ferry (barge sur deux bateau) à l'ancienne pour traverser. Fermé en hiver, la barge repose sur les berges. Je reste un bon moment à observer les glaçons flotter dans l'eau de la paisible rivière. On se sent ici loin de tout et c'est particulièrement agréable. Je rentre assez tôt dans ma super chambre pour me reposer, classer mes affaires, répondre à quelques mails.... Assez euphorique et heureux d'une telle journée. En soirée je pars, dans l'obscurité, au village où je frappe à l'auberge fermée. On m'ouvre et on l'y servira à dîner. La patronne est une amie de Girts et on l'avait prévenu de mon arrivée. Je lui avoue que je me retrouve dans l'ancien temps...arrivant à la nuit dans le village peu éclairé pour demander le couvert ! J'adore et je vais aussi adorer la soupe de poissons et la copieuse carbonade française  (en fait ici c'est une sorte d'escalope panée) ,arrosée de bière locale ! Un très bon moment, seul à ma table à la façon d'Aragorn dans son auberge.
Une bien belle étape, je suis finalement, dans ce voyage, de plus en plus en phase avec mes attentes.

Jour 11:
Je profite ce matin de la superbe salle à manger de l'hôtel pour écouter de la musique douce en savourant mon copieux petit déjeuner. Au programme du jour : le sentier nature de Ligatne, une sorte de parc zoologique dans la forêt. Pour m'y rendre je remonte 600 m au nord de mon hôtel, bifurque à gauche et marche 2,3 km sur une belle route forestière qui longe la rivière. Les paysages sont vraiment sympas, en particulier les vues sur la rivière en contrebas. Pas un bruit autre que ceux de la nature : bruit du courant, chute de la terre due à l'érosion des falaises, oiseaux...Un vrai bonheur. Je me crois parfois vraiment isolé. Arrivé au centre je crois d'abord que tout est fermé. Grands parkings mais pas une voiture. Il y a finalement une dame qui tient la caisse et  pour 3, 6 euros je prends mon ticket pour la balade pédestre. Je vais beaucoup aimer. Je ne croise quasiment personne, le parc est bien enneigé et l'atmosphère est vraiment telle que l'on ne se sent pas dans un zoo. On s'imagine facilement en train d'observer les animaux dans leur milieu naturel. Parfois des sites sont aménagés pour avoir des vues panoramiques sur le région ( même si la tour était fermée lors de mon passage). Je vais bien aimer le parc aux chouettes et hiboux. On les entend souvent par chez moi mais voir un grand duc de près reste impressionnant. Ce sont des animaux de toute façon fascinants et source d’inspiration. Je vais ensuite avoir la chance d'observer longuement deux ours bruns occupés à jouer, un couple je pense. Fascinant,  car d'habitude on les voit dormir. Là, ils sont dans la neige avec leur belle fourrure d'hiver, assis, puis debout , à se chamailler. Beau spectacle. Je vais voir un couple de lynx ( j'ai de la chance), les sangliers faire un sacré vacarme. Le sentier , bien aménagé , parfois sur des passerelles en bois, m'amène au grand parc des élans. Là aussi c'est la première fois que j'en vois autant et d'aussi près. Je pense un long moment à les observer. Plus loin un renard enterre devant moi une partie de son repas .
 

 Bref...par rapport à d'autres zoos, ici j'ai l'impression de voir les animaux dans leur vie normale. Sûrement l'absence de gens et l'environnement très naturel. C'est une forêt avec des animaux dedans, voilà comment on peut résumer. Quittant le parc je vais rejoindre le bord de la rivière Gauja dont je ne me lasse pas d'observer les berges depuis quelques jours. Sentiment de pureté et de sérénité en observant les glaces dérivant à sa surface paisible. Il me reste à rentrer, à reprendre mon sac à l'hôtel pour aller attendre mon bus dans l'unique pub ouvert ce lundi. Un endroit en sous-sol, où quelques pancakes et un jus d'orange me serviront de repas. Je quitte Ligatne avec regret, c'est vraiment un superbe endroit, reculé et tranquille. Cesis n'est qu'à 40 minutes de bus et sera ma prochaine étape. Ville bien plus grande mais à partir de 19h les rues y sont bien désertes. Je tourne  et tourne pour finir avec une pizza dans ma chambre. Ce soir ce sera « Wild », en partance pour le Pacific Crest Trail. Bonne journée.

 

CESIS

Jour 12:

Très bonne nuit au calme. Après le traditionnel petit déjeuner-repas je démarre ma visite de la ville de Cesis sous une légère pluie qui annonce encore un peu plus la fin de l'hiver. Le centre-ville n'est pas très étendu et je vais en avoir fait vite le tour. De belles petites rues pavées avec de nombreuses vieilles maisons en bois, un musée château, une synagogue et une église (fermées), des parcs....et pas grand-chose d'autre. Le premier parc, encore bien verglacé et désert ce matin repose au pied des ruines du château médiéval. Quelques kiosques, des pontons, des statues ….et une atmosphère assez triste. La visite du château sera le clou de la journée. Pour 5 euros on peut avoir accès à l'ancien château et au nouveau . L'originalité de la visite des ruines repose ici dans la petite lanterne que l’on vous donne à l'entrée et qui permet la visite des tours , non éclairées. 

 

​C'est amusant, écologique je pense et une bonne idée des services touristiques. Je me retrouve donc à marcher avec précaution sous le vent et la pluie pour ne pas éteindre ma précieuse bougie. Rien de spécial dans les ruines, l'intérêt est dans la vue de la plus haute tour. On y domine bien la ville...Agréable, sans plus. Je note aussi une petite trappe avec une échelle verticale pour descendre dans une pièce en sous sol. Une visite un peu teintée d'aventure qui en apporte l'intérêt. Une fois dans le nouveau château, une fois les sur chaussures enfilées, je commence une longue visite , pas toujours intéressante. Beaucoup d'archéologie, d'histoire locale (origine du drapeau letton) non traduite, des pièces bien meublées, une exposition de tentures à fil d'ambre...Le plus intéressant sera la tour avec ses bibliothèques circulaires et sa vue du sommet sur la ville. Puis il me reste à déambuler dans l'autre parc, face à l'ancienne brasserie et puis le tour est fini. Je me retrouve vers 14 h sans trop savoir quoi faire. J'avais une option pour partir une fois de plus au bord de la rivière pour me promener  mais la pluie, le bus et les kilomètres m'ont refroidi. Ce sera un bon repas dans une épicerie-traiteur  pour pas cher puis un retour au chaud à l'hôtel.
Une petite journée donc....Cesis est une ville agréable mais je n'ai pas non plus le coup de foudre espéré. Le cadre n'est pas assez poétique et la vieille ville, quoique préservée n'est pas assez étendue pour s'y perdre vraiment. Je vais en profiter pour ranger, classer, organiser mes affaires. Soirée entre les étoiles et les trous noirs : « Interstellar », bien au chaud dans ma confortable chambre.

ARAISI

Jour 13:
 
En fin de matinée je quitte la ville pour le village d'Araisi ( pas si simple à prononcer , la vendeuse ne comprendra pas et je vais devoir l'écrire) , célèbre  pour son site archéologique qui reçoit 30 000 visiteurs par an...sûrement tous en été car je vais être le seul en ce début de journée. Le bus me laisse au milieu de nulle part à environ 6 km au sud de Cesis. Je commence par la visite de la vieille église, plantée au milieu de la campagne. Ouverte, déserte, en rénovation avec ses vitraux placardés de panneaux de bois. L'église est juste au bord du lac d'Araisi au bord duquel se situe le site archéologique : cité flottante genre village d'Asterix sur pilotis. Le site se compose en fait de 3 parties. 


  Une reconstitution de village de l'Age de Pierre. Au bord du lac, au milieu des roseaux, c'est simple, forcément, avec juste quelques huttes humides et dépouillées. A côté se trouve les ruines d'un ancien château médiéval. Seuls demeurent les  ruines des murs extérieurs et on ne se sent pas vraiment transportés dans un édifice ancien. C'est plus  un pré entouré de pierres. L'intérêt est plus dans la vue sur le lac et sur tous ces pêcheurs qui, malgré le dégel, continuent de planter leur siège et de poser leurs cannes dans l'eau. L'endroit est très paisible et le spectacle agréable. Enfin je rentre par une passerelle dans la reconstitution  du village fortifié du IX et du Xème siècle. Les fouilles attestent de la présence d'un vrai village de ce type dont les fondations ont été mises à jour il y a quelques années. C'est une visite originale. Certaines des huttes » sont décorées des herbes médicinales du coin, dans une autre on y voit la couche, les outils, le foyer d'une maison. Et le cadre est vraiment reposant.




La Video du parc national de la Gauja

Les villes de Sigulda, les châteaux de Turaida et Krimulda , Ligatne au bord de la rivière avec son parc animalier, Cesis et sa vieille ville  et Araisi, site archéologique au bord d'un lac.

VALMIERA

 



​Pas beaucoup à faire mais c'est le moment d'apprécier le calme des endroits peu fréquentés de la campagne lettone. Puis je vais marcher 3 ou 4 km pour rejoindre la gare ferroviaire d'Araisi, en fait une gare déserte en  pleine campagne. J'y vois défiler les trains de marchandises (produits toxiques) pour Moscou, avançant à très faible allure. Moins d'une heure plus tard je me retrouve à la gare de Valmiera où m'attend Maija, une professeur d'anglais de 31 ans. Nous commençons par 40 minutes de marche au milieu des bois, traversant la rivière Gauja sur le vieux pont de l'ancien train (1912) ; déambulant au milieu des usines, toutes fermées dans le coin. Mais Valmiera n'est pas une ville sinistrée, elle se développe et il y a du travail. L'endroit est assez agréable à vivre en fait. Je me retrouve dans la maison  qu'elle partage avec ses parents. J'aime toujours ces moments avec les générations antérieures. 




 Ici on me dit que le père du monsieur qui est là est né en 1890, que la grand-mère est revenue des camps en Sibérie...Sur quelques photos au mur et dans les albums, je mesure le poids de l'histoire et les chemins totalement différents que ces gens ont suivi pour en arriver plus ou moins au même point que nous, dans l'Europe, avec l'euro. La maison est assez typique, je pense, de ce  que vive la majorité des lettons. J'y trouve le poêle à bois dans la cuisine, les gros systèmes de chauffage en céramique dans les chambres, l'eau froide pour ne pas gaspiller l'électricité. Il faut dire que les salaires ne sont pas mirobolants. Un enseignant touche 450 euros par mois et les pensions de retraite des parents de Maija sont bien moins élevées. Je me demande comment font les gens car les prix dans les magasins ne sont pas vraiment bien moins élevés que chez nous. Alors ils cultivent ce qu'ils peuvent dans le jardin, ils font leurs conserves, parcourent les marchés et, je pense, ne s'offrent pas trop d'extras.
Pour la soirée nous partons en ville pour assister à la répétition de la chorale de Maija, dans son école secondaire. La ville, bien que reconstruite en grande partie après la 1ère guerre mondiale est assez agréable . Je note dans les magasins une particularité. Ici ils peuvent vendre de la papeterie..et du café. A la poste ils vendaient....des graines ! Maija me dit que les gens vendent ce qu'ils veulent. Assez original. Le cinéma, très soviétique, construit après la seconde guerre mondiale ; le shopping center tout neuf en centre ville, le parc , les ruines de l'ancienne cité, les appartements dans les HLM où certains montent leur affaire ( coiffure etc..).




Je vois beaucoup de choses et vis avec Maija comme un local. Nous faisons les courses, passons chercher son fils à la garderie. C'est vraiment l'autre partie du voyage que permet le couchsurfing : vivre la vie normale des gens sans forcément nourrir par des visites remarquables la journée entamée. La répétition de la chorale se fait dans un grand hall, je dirais à l'américaine. Car on n'imagine pas cela chez nous. Dans mon lycée, il n'y a pas ces grandes salles...de bal...où l'on répète, danse, organise les réceptions. Je me retrouve assis au fond de la salle, curieux spectateur, en compagnie de Roberts, son fils, qui me parle tout le temps en letton. Je m'éclipse pour prendre mon repas dans une cafétéria, très bonne et pas chère. Comme toujours les débuts sont un peu dur mais à la fin du séjour on parvient toujours à bien s'alimenter et pour une somme raisonnable (5 euros).  Ce soir ma chambre n'est pas chauffée mais ce ne sera pas un problème.


Jour 14:
Après une douche froide et un petit déjeuner sans parole avec la mère de Maija, devant la télé russe (d'ailleurs dans la maison il y a encore pas mal d'inscriptions en russe ), je pars en ville rejoindre Maija à l'office du tourisme . Depuis le début je suis assez impressionné par ces offices , très riches en informations et vraiment bien organisés. La Lettonie est un pays facile à visiter, vraiment. Nous partons pour une visite de la ville. En vrac : l'église St-Simon où Maija se rend régulièrement. Luthérienne, mais assez coquète à l'intérieur, les ruines du Château Livonien, un pavillon avec vue sur la rivière.  Passage au marché de la ville



​Je vais adorer ces mamies joufflues avec le châle sur la tête qui nous accueillent avec le sourire. Que des produits organiques. Du miel, de la crèmerie, du porc fumé sous toutes les formes, des légumes en conserves...Belle ambiance, peut-être  reviendrai-je pour acheter mes souvenirs. Nous arrivons après quelques centaines de mètre en forêt en bordure des petites falaises causée par l'érosion de la rivière Gauja. 800 mètres de long, 10 à 15 m de haut. Pas la dune du Pyla mais cela reste très agréable. Dans la forêt, résurgence de l'animisme ancestral, les écoles décorent les arbres en les habillant de laine, de mobiles, de dessins. Spectacle agréable. La rivière n'est gelée que sur les bords mais nous parlons des hivers d'antan, des -28°C de fin novembre...Je suis passé à côté de ces rudes hivers lettons. Nous prendrons le repas en bordure de rivière (pas cher et bon) avant de  partager une bière au mémorial pour les soldats morts pendant la deuxième guerre mondiale. Une bière très parfumée, au milieu d'une nature de fin d'hiver, c'est à dire encombrée de détritus , essentiellement des bouteilles d'alcool....un problème sérieux et visible dans ce pays.
Je pars ensuite en bus pour Burtnieki, un petit village au bord d'un lac à environ 40 minutes au nord de Valmiera.  Les rues sont un peu désertes en cette fin d'après-midi. Il y a bien un café mais il est fermé. 


 Seulement une épicerie. 5 minutes après que les quelques passagers furent déposés je me retrouve seul dans cet endroit isolé. Cela sent un peu le village abandonné par endroit. Maisons décrépies où je serai surpris de voir des lumières et de la vie une fois la nuit tombée. Des étangs et une rivière gelée, un parc autour d'un manoir laissé à l'abandon....et surtout le magnifique lac. Je vais adorer marcher sur sa  surface gelée en direction des pêcheurs. Les bruits et les craquements portent ici à des centaines de mètres, sans problème. Le spectacle, au coucher du soleil, des bords du lac avec les nombreux roseaux  et la surface immense et gelée est remarquable. Je vais poursuivre par un chemin balisé en direction d'une tour d'observation malheureusement fermée. Rien de spécial cependant, le sentier longe les marais couverts de roseaux. Quelques panneaux explicatifs sur la faune et la flore. Je marche lentement , je déambule dans le parc du manoir, marchant sur les passerelles, remontant les allées ...m'imaginant en été du temps de la splendeur des lieux....


Puis le froid et la nuit tombent, j'erre pour ne pas geler sur place dans les rues désertes, profitant de l'ambiance , écoutant le bruit des oiseaux nichant au bord du lac pour finir par être attiré par la lumière: une chorale féminine répète dans la salle communale. C'est beau et chaud,je vais y attendre mon bus. De retour en ville nous mangerons dans un bar -restaurant assez branché (délicieuse soupe avec de  vrais champignons dedans!). Nous parlerons beaucoup des rapports hommes -femmes, ce qui est une constante dans tous les pays. Trouver un mari, avoir des enfants, comparer les coutumes de séduction...cela restera toujours un sujet universel. Ici les hommes sont les rois...les femmes doivent se battre pour trouver un conjoint. Le monde à l'envers! Très bonne journée, paisible, loin des circuits touristiques.
​C'est  la partie du séjour la plus authentique, de loin.


Jour 15:

Après le test de la douche froide (réussi) je passe la matinée tranquillement avec les parents de Maija,  dans la maison silencieuse. Un bon repas chez Bastions  pour moins de 5 euros et je file prendre mon bus pour Mazsalaca, ville à moins d'une heure en bus au nord de Valmiera. Je ne sais pas trop ce qui m'y attend. Le musée, d'après les dires de l'employée de l'office du tourisme moyennement bilingue , est fermé et le sentier intéressant semble  être à 4,6 km du centre ce qui semble juste pour mes 2 heures d'arrêt. Le trajet me montre  le plat pays, un peu morne et triste avec le temps gris. 



Arrivé à Mazsalaca, je me retrouve vite au bord de la rivière Salaca que je vais suivre pendant une bonne heure sur un sentier très agréable. C'est même un de mes endroits préférés du pays alors qu'il n'est sur aucun des guides ! Le sentier est jalonné de grosses sculptures en bois représentant animaux, fermières, nains. Beaucoup de panneaux et de cartes en font un endroit très facile à aborder. J'apprécie particulièrement les petites falaises rouges, le calme, les paysages qui parfois me rappellent les parcs de Colombie Britannique, les points de vues aménagés, le silence et le bruit des oiseaux.... C'est vraiment agréable et je serais bien resté un peu plus. C'est très sauvage et vraiment source de plénitude et de sérénité. Je pense que demain à la même heure je serai dans l'avion...Après un retour à marche forcé je ne rate pas mon bus, me retrouve en ville à acheter un « bon » gâteau pour la soirée que je vais passer en famille avec Maija, son fils et ses parents. Dans la cuisine il n'est pas dans les habitudes de  partager les repas. Le père est dans la chambre à regarder le Jacques Martin de Lettonie présenter un jeu , genre Roue de la Fortune, mais avec une tendance à migrer à un show où l'on expose ses talents de chanteur, ce qui est bien plus à la mode.  La mère s'assoie près du poêle et alterne avec la chambre de son mari. 







Seuls Maija et moi restons à table. J'avoue adorer ces ambiances. Je me retrouve comme à la maison dans ma famille d'un soir à manger une karbonad (porc pané) , à gouter les champignons marinés maisons, à tester le gâteau que j'ai ramené du centre commercial Maxima... Après le repas nous jouerons aux cartes avec Maija et sa mère. D'abord un UNO bien moins cruel et vif que celui de nos treks en Ecosse ou en Inde puis un autre jeu de Blitz où Maija nous écrase sauf à la dernière partie que je remporte. Je ne saurai pas si elle a eut pitié... Puis vient l'heure du sauna, au fond du jardin, construit par son père. 80° C...supportable pour moi, un peu moins pour Maija . Et puis le plaisir de se retrouver en slip de bain par 0°C, dehors dans le jardin....avec le chien ! Ce sont ces moments authentiques qui marquent mon voyage.  Puis nous finissons tous la soirée devant un film de Cameron Diaz doublé en russe...allongés dans les canapés du salon. Que demander de plus ! Une bien belle étape, surprenante que ces 3 nuits à Valmiera.


Marché de Valmiera

Jour 16:

Réveil un peu plus matinal ce matin mais je ne veux pas rater le marché du samedi. Après avoir remercié et saluer les parents, nous partons en bus vers le petit marché central de  la ville. J'adore y voir ces mamies et ces papis vendre le miel, les condiments, les herbes, les lainages, la crème que les gens rapportent dans leur propre pot. Et toutes ces viandes séchées qui sentent si bon.  J'achète des gâteaux, du sirop de cranberries, du pollen, des tisanes...et même un peu de viande pour les parents de Maija. C'est assez injuste de voir ma collègue et ses gens gagner 6 à 10 fois moins que moi pour un même métier mais mes petites attentions ne me coutent quasiment rien, c'est le minimum. Maija m'accompagne ensuite pour prendre mon bus pour Riga. Le conducteur pourrait être rude me prévient-elle au moment de lui demander de mettre mon sac dans la soute..mais non..celui-là est bien souriant...et d'ailleurs je n'ai rien à redire de l'accueil des lettons. Ni violence, ni agression verbale, ni malaise durant tout le séjour. Je quitte ce coin peu touristique dans un très bon état d'esprit grâce à l'accueil  chaleureux de cette famille. Cette fin authentique à mon séjour ne pouvait pas mieux tomber. Derrière moi un gars un peu louche dort tout le long des banquettes. Il se réveillera à Riga...La neige, les forêts, se raréfient....bientôt l'aéroport et le confort de la Lufthansa.



La vidéo de Valmiera et des environs

3 jours à Valmiera ( promenades le long de la rivière Gauja), excursions au lac de Burtnieki ( lac gelé, manoir et parc la nuit) et au bord  de la belle rivière Salaca à Mazsalaca.

Les photos du Voyage

Le lien vers les ​​​PHOTOS  du séjour.






CONCLUSION

On peut lire parfois que la lenteur est un état d'esprit en Lettonie et qu'il faut y savoir prendre son temps. J'avoue que mon sentiment face au pays a évolué en bien et de manière croissante tout au long du séjour...alors je ne peux que croire en ce constat.

Il y a  aussi à réfléchir sur la recette d’un voyage réussi. C’est appliquer à ce que l’on pose comme base dans notre vie pour la passer de manière la plus heureuse...sur un laps de temps court , d’une à quelques semaines. Faire coïncider ses attentes avec la géographie, le climat, les visites , les rencontres. Travail ardu, d’orfèvre voire d’équilibriste. Cela ne tient souvent qu’à un rien. L’émotion que l’on cherche se joue de nous et se cache souvent où l’on ne l’attend pas. Là est aussi l’excitation de tous ces voyages. Qui vais-je rencontrer ? Ou vais-je être ému ?

 Quatre  jours à Riga, un peu trop seul en ville, déçu par la comparaison d'avec Tallinn sous la neige, m'aurait laissé sur ma faim. Puis le séjour à Jurmala, au plein air, isolé dans une station balnéaire hors saison,  commença à me donner le ton. Il faudra voyager, respirer et se poser. 3 verbes qui parfois ne peuvent se mélanger.  A Sigulda avec Inga et Girts, j'ai rencontré autant une famille très intéressante qu'un cadre de vie agréable. A Ligatne ou à Cesis,  de nouveau seul, j'ai pris le temps de faire en 4 heures ce que l'on fait en 2. Enfin la touche finale à Valmiera, assez loin des circuits touristiques traditionnels  où j'ai vécu à la Lettone avec des gens très chaleureux. Au final je repars vraiment content de mon séjour. Je ne peux pas écrire de superlatifs. Extraordinaire, génial, magnifique ne sont en général  pas adaptés ici. C’est dans la modération que l’on vit et non dans l’extase permanente. C’était donc un voyage ....à vivre plus qu’une observation de tableaux magnifiques qui flattent l’œil le temps d’un séjour mais dont la mémoire ne retient guère que des flashs. Rien de trop vif et brillant ici, juste une lueur douce, pâle comme le soleil balte d’un mois de février. Peut-être que ce voyage sera juste une braise qui chauffe longtemps dans la cendre des souvenirs ? Le futur me le dira. Aujourd’hui, la chaleur est bien là. Je la ressens et elle m’apaise. 

 

LE POUR : la tranquillité des sites en hiver, la beauté du parc national de la Gauja, l'atmosphère sereine de la population, l' absence de touristes, les prix relativement bas , l'authenticité des campagnes, la facilité de l'organisation, le bunker soviétique (unique!)

LE CONTRE : la météo ( gris et froid), l'absence de magie due au manque de neige dans les villes,  l'absence de grands sites , les sols recouverts de glace