MACEDOINE

Pourquoi la  MACEDOINE ?

La motivation n'y était plus , à moins que quelque chose ne se soit cassé.  Je souffre d'un mal maintenant chronique, d'une blessure de fatigue, de lassitude que je nomme la fracture estivale.  Penser aux juilletistes et aux  aoûtiens qui se déplacent en masse pour aller voir un ailleurs de moins en moins différent,  observer les chiffres de la croissance du trafic aérien,  voir le tourisme d'été comme  comme un hobby de masse, lire et relire les mêmes mots (maux?) sur le sites et sur les forums ( bondé, éviter l'été, foule, prix en hausse, penser à réserver...) . Tout cela me pousse de plus en plus à ne pas partir avec tout le monde et à attendre que la  vague passe pour profiter des mois divins que sont octobre, février ou avril pour en profiter. Je m'habitue trop aux sites et aux hôtels déserts, aux bus vides et aux prix doux. 
J'ai cette fois encore beaucoup cherché, faisant tourner les sites d'achat de billet à un tel point que j'ai du plusieurs fois effectuer des tests pour montrer  au site, bloqué, que je n'étais pas un robot! Au final: des heures de perdus, du stress et du vide. Et pas plus de motivations chez mes compagnons de route potentiels.  
Ma priorité: je voulais éviter le monde. Alors j'ai observé les chiffres du tourisme en Europe, le reste du monde étant bien trop cher pour un achat tardif. Après la Moldavie ( que je visiterai un jour) , apparaissait la Macédoine. Un petit pays qui ne reçoit pas plus d'un demi-million de visiteurs par an, pas cher et à la population accueillante. Au sud des Balkans, comme une porte vers l'orient, le pays semblait accumuler les avantages pour un séjour estival. 


PLAN DU VOYAGE

Voyage avec Jamila, du 18 juillet  au 3 août 2017.

Notre  ville d'entrée et de sortie sera  Skopje.  Pratique  car  on va  pouvoir faire un circuit circulaire dans la partie ouest du  pays.  Le territoire n'est pas très grand, pas plus qu'une région française et nous avons un temps pensé faire plus . Mais aucun site n'étant, a priori, immanquable dans la partie ouest  nous avons opté pour un voyage plus tranquille . On va commencer par  3 nuits dans la capitale Skopje avant de partir un peu plus au frais dans les montagnes du parc national de Mavrovo pour 3 nuits. De là on descendra vers la zone la plus touristique du pays à Ohrid pour 4 nuits .  Visite de la ville et du parc national de Galicica . On partira ensuite vers le dernier parc national du pays, Pelister, pour une nuit  tout proche du parc et 2 nuits dans la ville voisine de Bitola. Enfin nous finirons par  2 nuits dans le village de Krusevo avant un transfert pour la capitale pour notre dernière nuit tout près de l'aéroport. 

PERIODE :
Au niveau du climat, la saison estivale n'est pas censée être la meilleure. Canicules possibles dans les plaines et capitale suffocante, lit-on parfois. C'est vrai qu'il faut bien se protéger et ne pas trop sortir entre 12h et 16 h, cela cogne vraiment ( plus de 40 °C ).  Mais quel plaisir de ne pas avoir de pluie ( 1 heure, un jour en montagne, c'est tout.) Il fait très chaud mais on s'y habitue finalement.  


Pour en savoir plus sur le climat et les bonnes périodes , voir sur le site de quand partir sur la Macédoine.

Au niveau fréquentation on est en haute  saison, surtout dans la région du lac d'Ohrid.  Pour celui qui aime les plages désertes, c'est sûr qu'il n'aura pas son compte à moins de se lever tôt le matin. Mais d'un autre côté , une station balnéaire estivale avec du monde a aussi son charme quand on sait éviter les circuits classiques . Sinon dans le reste du pays on ne peut pas dire que les foules dérangent. On n'a jamais croisé de français et si touristes il y a , ce sont des locaux ou des proches voisins, donc on se sent finalement assez seuls. La capitale n'est pas du tout surchargée, idem pour les parcs où là c'est quasiment désert, y compris sur les chemins les plus célèbres comme au pic Pelister. Les hôtels et les restaurants n'étaient jamais pleins, les gares routières non plus.  Au final, avec les festivals d'Ohrid, de Krusevo, il y a plus d'avantages à partir en été, je pense car l'animation sinon doit être bien pauvre. 

NIVEAU :

Très  facile

Pour peu que vous parliez un peu anglais il est aisé de voyager  dans ce pays. Le paiement est en DENAR (MKD), le système de transport est très bien fait et ponctuel, les gares modernes, les horaires affichés un peu partout, les cartes bancaires sont très utilisées.  Souvent les gens parlent anglais même si ce n'est pas toujours simple avec les taxis ou dans certains hôtels.  
Pour trouver un hébergement ce fut très simple car tout est peu cher pour nous.  Nous avons tout réservé avec booking.com, le Couchsurfing n'étant pas du tout populaire dans les Balkans. 

Niveau physique...rien à dire.   La marche en plain cagnard peut être éprouvante  mais il suffit alors de prendre son temps, de faire des pauses  à midi dans sa chambre, d'y manger ou de se reposer dans les nombreux cafés et restaurants très abordables. Pour les randonnées dans les parcs, comme chez nous, il faudra faire avec sa condition physique du moment.  


Niveau hygiène, pas une seule alerte de santé.  C'est l'Europe moderne, rien à ajouter.  Même l'eau du robinet est bonne. 

Aucun  sentiment d'insécurité . Je n'ai  vu aucune bande de gars inquiétante, ni bagarres, ni scènes violentes. J'ai trouvé l'ambiance très relax, y compris dans les gares routières et ferroviaires. 

Un voyage  confortable ,relaxant niveau moral  et je rentre apaisé et en forme .


HEBERGEMENT ET BUDGET (2017) :

Le voyage m'est revenu à  1000 euros pour 18 jours ( 380  euros d'avion ,15 euros pour le guide,   605 euros de logements, de visites, de nourriture et de transports  sur place )  . Ce qui  est  très peu cher  je trouve car on n'a pas trop compté,mangeant au restaurant quand on voulait, prenant les taxis et dormant dans de beaux hôtels à chaque fois. Le rapport qualité prix est vraiment excellent.  
 La prix  des chambres  doubles était  au maximum de 50 euros par nuit, avec petit déjeuner. Mais on peut trouver beaucoup moins cher.   Elles étaient très confortables. Nous n'avons pas opté pour le couchsurfing cette fois. Ce type d'accueil ne semble pas très populaire dans le pays et la lecture des quelques fiches ne nous a guère motivés. Et puis le coût très faible de l'hébergement n'incite pas à trop tergiverser sur ou dormir. Nous avons donc tout  réservé sur Booking avant de partir. 
Sur les entrées de musées, elles sont souvent  entre 1 et 2 euros. 
Sur les transports,  Les transports en bus  longue distance ne sont pas   chers du tout. On ne payait jamais plus de 5 euros dans  des bus souvent confortables  ou dans le très beau train reliant  Prilep à Skopje.
Nous avons payé  16  euros  pour le taxi , réservé par notre hôtel,   entre l'aéroport et le centre-ville.  Sinon les taxis étaient si sympas et peu chers que nous en usions tout le temps parfois pour quasiment rien ( moins d'un euro) et au maximum 15 euros pour faire de longues courses de 30 à 50 km. Il y a avait toujours un taxi pour nous dans les hôtels, dans les montagnes et c'était vraiment le luxe. A deux il aurait été stupide de s'en priver.  

Pour nous  nourrir, on faisait quelques courses  dans les supermarchés  et surtout dans les marchés où tout était moisn cher même si la plupart du temps  nous mangions dans les  restaurants. 
En général, les petits déjeuners offerts étaient très copieux et parfois délicieux . Ils nous tenaient une bonne part de la journée .  On a beaucoup aimé leurs salades de saison, leurs fruits et leurs légumes. Une vraie cure de vitamines. 
Pour les restaurants, on était toujours très bien servis et on s'est souvent régalés comme à l'hôtel Tutto ou à la Villa Dihovo ,avec une cuisine simple, "slow food" et de grande qualité.   Sinon on prenait ce qu'on voulait dans , en s'étonnant à chaque fois de la note, si basse.  Bref, le rapport qualité prix était  remarquable.Nous mangions  sans trop réfléchir et sans nous  priver, c'est assez rare.Au final, un voyage plaisir au niveau  de la gastronomie.
 
Les marchés étaient superbes et très bien achalandés. Ah l'odeur des pêches! On y passait du temps. On a même vu des tomates à 15 centimes d'euros le kilo! Qui dit mieux? 


Pour préparer ce voyage j'ai utilisé :

SITES GENERALISTES

  • le site du Routard . Toujours une bonne base pour choisir sa destination mais pas de guide papier. 
  • le site officiel de l'office du tourisme de  Macédoine . Très bien fait. Une mine d'informations. Utile pour trouver un itinéraire.
  • le site du Lonely Planet mais pas de guide papier.
  • le site du Petit Futé. Le guide papier sera le seul trouvé sur la destination.
  • Le site du guide Bradt. Très bon.
  • Le site Goats on the Road avec plein d'infos. 
  • un site très bien fait pour les transports en bus .  ​ 

 ​ SKOPJE, ENTRE HISTOIRE ET ARTIFICES

Vue depuis ma chambre à Zadar

J'avais une grosse crainte avant ce départ: affronter la foule de voyageurs pressés et stressés  dans les aéroports français et le suivre sur leurs lieux de villégiature. Par chance nous avons trouvé des vols à prix corrects en évitant les week-end et par la même les départs des futurs croisiéristes, des touristes du samedi à la bonne semaine, et autres vols charters pleins de clubistes en attente de transat. L'aéroport de Bordeaux était remarquablement tranquille ou alors est-ce le contraste avec celui de Toulouse qui a prit beaucoup d'ampleur ces dernières années. Un voyageur me demande le terminal Billi, je lui réponds, assez fier, mon billet Air France dans la main, qu'ici ce n'est pas pour les vols low cost et que lui devra marcher, là-bas, vers le hangar. 


Cathédrale St Venceslas

Car  c'est quand même un plaisir d'éviter Ryan Air je l'avoue. La salle d'attente est reposante, tout l'aéroport semble endormi en ce 18 juillet et il n'y a pas ce stress que  l'on ressent souvent lors des grandes migrations estivales. Paris Charles de Gaulle, puis Zagreb et enfin Skopje,  nous allons apprécier tous ces snacks et ces verres de jus de tomates d'altitude. Nous sommes attendus «  Vincent Souyri, hôtel Rose Diplomatique » , lit-on sur la pancarte. Ce n'est pas courant et cela prolonge les privilèges: ce voyage ne sera pas low-cost disons -le. Deux jeunes locaux, employés de l'hôtel, nous conduirons dans leur voiture . Un peu de musique dépaysante, mais cela ne dure pas longtemps. La soupe FM n'est pas bien loin. Peu importe on se laisse transporter en douceur et on apprécie. Le trajet entre l'aéroport et le centre-ville, qui souvent donne le ton du pays, est très tranquille. Il est environ minuit et les autoroutes sont quasi désertes, les bas-côtés sont sombres, on ne  croirait pas faire route vers une capitale. Pas de gros centres commerciaux  ou d'immenses panneaux publicitaires. La vue est dégagée, on aperçoit facilement l'immense croix  du Millénaire, construite en 2002, éclairée,  surplombant la ville sur le Mont  Vodno à environ 1000 mètres d'altitude, tout proche du centre-ville.Celui-ci la nuit brille comme une vitrine de colifichets. D'immenses statues bien pompeuses, des bâtiments anciens construits pour le projet Skopje 2014, tout cela fait un peu kitsch et faux, mais la nuit la visite reste agréable. On arrive enfin dans notre petit hôtel dans le quartier de quelques ambassades. L'accueil, le confort, la surface de la chambre qui est en fait une suite, un véritable petit appartement, tout y sera parfait pour nous. Le genre d'hôtel que je ne me paye pas d'habitude. Mais dans ce pays, j'en reparlerai souvent, on vit surclassé en tant que Français. Face à un salaire moyen dans les 350 euros , je passe pour un diplomate , d'où le choix de mon hôtel «Diplomatique» . Je n'invente rien. Mais j'avoue qu'à la douane j'ai du faire la queue comme tout le monde.Quand même.


La ville de Skopje se découpe en gros en deux gros quartiers: la Vieille Ville Ottomane et la Nouvelle Ville. Depuis notre hôtel, à pied, nous avons parcouru l'ensemble des monuments  en une journée. Je trouve cela suffisant, alors que je suis plutôt du genre à m'attarder longtemps dans les capitales. J'ai trouvé la ville assez relaxante, tranquille, détendue, plutôt bien ordonnée. Un peu plus de 500 000 habitants, un quart de la population du pays, cela aurait pu être bien chaotique. Je n'avais pas vraiment d'images (qui en a?) de cette capitale quasi anonyme. Le site est assez joli,  des montagnes au loin, et une rivière peu profonde au milieu, qui sépare presque les deux grandes.


Ci-contre la cathédrale St Clément d'Ohrid


Cathédrale St Venceslas

 LA VILLE NOUVELLE


Le plus remarquable, je ne dis pas le plus admirable, est bien dans  ce nouveau centre-ville, fruit du projet Skopje  2014. Un ensemble grossier de statues, de colonnades, de symboles, de bâtiments façon décors de cinéma dans les environs de la place de la Macédoine, qui donne à l'endroit le goût du faux et du toc. Alors c'est sûr c'est neuf et propre mais voir un guerrier à cheval sur une colonne, des héros nationaux, des saints, une rotonde, un galion ...on se croit dans un parc d'attraction. Il fait beau, les enfants s'amusent entre les jets d'eau de la place, c'est paisible mais je ne critique pas l'ambiance, seulement les choix des politiciens locaux s'acharnant à faire du neuf inutile, alors que tant d'autres coins de grand intérêt historique sont laissés un peu à l'abandon. La plupart des Skopiotes pensent la même chose. J'y reviendrai tout à l'heure.

Dans l'ordre ou dans le désordre, quelques autres sites en vrac sur la rive droite du fleuve :

-Mémorial Mère Teresa (photo ci-dessus)  : Albanaise, née à Skopje. Une salle d'exposition (belle photo main dans la main avec Jean Paul II, une chapelle, un groupe de touristes (ils sont pourtant rares), la climatisation (ouf!) mais on en ressort vite. La façon dont tout cela était présenté ne m'a pas appris grand-chose. Trop de photos et pas assez d'explications.


Cathédrale St Venceslas



​-porte de Macédoine: un arc de triomphe coûteux et  inutile, aucun intérêt.

-cathédrale St Clément d'Ohrid: de forme bizarre avec des arches et des dômes partout. Elle est le plus grand lieu de culte orthodoxe du pays.  A l'intérieur, des fidèles embrassent les icônes, mettent une pièce, brûlent des petits cierges jaunes, prennent de l'eau (bénite? sacrée?) .  Nous, on y rentre et en ressort sans émotion.


​-Musée de la Ville de Skopje: Dans l'ancienne très belle gare. Aujourd'hui cela fait un peu délabré de loin et de près. Le terrible tremblement de terre de 1963 a détruit une grand partie du bâtiment (horloge visible et bloquée à 5h17 du matin) . De nouveaux murs ont été ajoutés et aujourd'hui on y rentre par une porte un peu tristoune  pour voir des expositions affublées du même qualificatif. Mais bon c'est gratuit alors on y jette un œil.  Une salle est consacrée au tremblement de terre. Puis on s'immisce dans des couloirs plus ou moins bien indiqués, ne sachant pas vraiment si l'on est autorisés à y passer, on remonte des escaliers couverts d'affiches, sombres, des années 80  ( photo ci-contre) pour voir d'autres salles bien désertes.  On ne voit pas de visiteurs, l'ensemble n'est pas très folichon. On n' restera pas longtemps. J'aime assez sinon ces musées démodés.
















Ci-dessus, Le Kameni Most et les rives du fleuve


Pour passer sur l'autre rive  du fleuve on passe le Kameni Most (vieux pont de pierre) , vieux de 500 ans, miraculé du tremblement de terre et petit pont Charles de la ville pour ce qui connaissent Prague. C'est plus banal mais aussi beaucoup plus tranquille. Quelques passants( le pont est piéton depuis 5O ans) , des pauvres gamins de la communauté Rom , surveillé par leurs familles,  qui mendient en tapant sur des djembés, et une belle vue sur la place de la Macédoine , sur la place Karpos et sur le fleuve. Très peu profond, on dirait plutôt un torrent de montagne. Personne dans l'eau , personne aussi dans les nombreuses fontaines. Pourtant c'est la canicule dehors et on passe de zones d'ombre en zones d'ombre.

De là on arrive sur la rive gauche par la Place Karpos. C'est bien dans la continuité de la place de la Macédoine ...mais sur l'autre rive. Encore des statues , une immense fontaine, des saints et des bâtiments tout neuf, l'église saint Démétrios (rien de particulier pour moi ) et les mêmes remarques sur l'intérêt des lieux.

Cathédrale St Venceslas


 LA VIEILLEVILLE OTTOMANE : UN PETIT ISTANBUL


La partie la plus intéressante de la ville, de loin. Elle commence un peu au nord de la place Karpos.

Nous avons beaucoup aimé. Caravansérails, mosquées, bazar, hammam tout cela sent bon l'orient et tout y est. Le quartier est agréable, peuplé mais jamais étouffant malgré la grosse chaleur. On se promène et s'arrête partout sans avoir l'impression de déranger, ni d'attirer l'attention. Les femmes musulmanes plus ou moins cachées font leurs emplettes, les hommes répondent aux appels des muezzins, beaucoup de roms font la manche, et nous nous tournons et tournons, derviches touristes, pour nous repérer et pour ne pas rater les sites. Nous allons ainsi passer et repasser plusieurs fois aux mêmes endroits, nous remplissant les gourdes sur les quelques points d'eau potables qui ne cessent d'attirer les passants sous cette chaleur.

On passera du temps devant les entrées des nombreuses mosquées, observant le ballet des fidèles faisant leurs ablutions rituelles avant la prière. D'ailleurs c'est un sacré spectacle d'entendre les appels à la prière arrivant  de tous les coins de la ville. Vraiment dépaysant. Ce sera la musique du séjour, pour sûr. On observe les jeunes comme les vieux, les barbus comme les imberbes ( pas de femmes) se déchausser  puis ressortir une fois leurs prosternations effectuées. Je remarque que la plupart  de ces lieux de culte sont situés  dans des endroits très propres et vraiment reposants comme la Mosquée  Mustafa Pacha,avec son jardin et ses rosiers.

On passe devant d'anciens bains turcs du XVème siècle (Daut Pacha , Cifte) avec leurs coupoles bien restaurées. Ils servent aujourd'hui de galeries d'expositions.



Les marchés et le bazar sont remarquables. D'abord l'ancien marché couvert, le Bezisten, que l'on mettra longtemps à trouver tant nos plans (guide et  office du tourisme) ne sont pas clairs. Petite enceinte discrète avec 4 portes, comme une cour intérieure avec un autre édifice au milieu. C'est juste pour l'ambiance car il n'y a pas grand-chose à voir. Le bazar (Bit Bazar) est bien plus animé. On y trouve de tout, et des tas de fruits tous vraiment appétissants. On sent déjà que le voyage sera culinairement de haute volée.

Les caravansérails: on en verra trois.  Le Kapan An, dont une de ses deux entrées démarre d'une belle petite place, ombragée par un grand platane, sous lequel nous prendrons la première salade d'une longue liste. C'est une sorte de cour carrée d'environ 30m sur 30 m avec un rez de chaussée animé par quelques bars et restaurants et des étages accessibles par un balcon qui en fait le tour un peu  à la façon des haciendas de Zorro pour les connaisseurs.  C'est typiquement ottoman mais plus espagnol pour moi. Le second, le Kursumli An (photo ci-dessus) , bien plus grand est bien plus intéressant. Malheureusement la lourde porte d'entrée est fermée et les alentours sont un peu à l’abandon, dans une sorte d'ancien parc, très mal entretenu, où l'on voit parfois quelques pierres antiques. On se dit que le site mériterait d'être mis en valeur avec sa grande cour et ses galeries à deux niveaux.

Dans les environs, dans les terrasses ou à l'ombre, les hommes, que des hommes, boivent  des verres, jouent et discutent dans une ambiance orientale très dépaysante et relaxante. Enfin le Suli An, dont l'entrée n'est pas très visible, et dont on ne découvre qu'une partie de la cour,  sera aussi fermé lors de notre passage. Encore un endroit  remarquable mais à mon goût pas assez mis en valeur.


Porte Michel

La forteresse de Skopje (voir ci-contre) ne nous laissera pas un souvenir impérissable. En partie reconstruite depuis 1963  il reste les beaux remparts, bien visibles de la partie basse de la ville, bien éclairés la nuit et finalement bien plus beaux de loin que de prés.  Entre ces remparts, pas grand-chose, une vaste zone  avec des pans de murs, des échafaudages sur des bâtiments modernes commencés et non terminés, des endroits assez sales envahis par la végétation. D'ailleurs on ne visite pas ces coins là, on ne peut presque que suivre le chemin de ronde, profiter des belles vues sur la ville moderne et le Mont Vodno puis faire demi-tour au pied de la plus belle des tours de guet, fermée on ne sait pourquoi. On se dit qu'il y aurait de belles choses à faire sur le site mais que l'argent et les priorités sont  ailleurs.

De là on descend vers l'église St sauveur en traversant un parc où se reposent les familles avec leurs enfants. Malheureusement on arrive après la fermeture. On ne voit juste devant la porte qu'un clocher fait de poutres noires.

 
Une journée assez dense , agréable et riche dans un centre-ville très contrasté et vraiment original. Entre passé pas encore bien mis en valeur et modernité sans attrait, la visite ne laisse pas indifférente. Jamais désagréable, parfois très agréable, nous avons apprécié.Et quelle soirée dans notre chambre appartement si tranquille, à savourer notre lit King Size et nos canapés moelleux.



Quelques    ​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​PHOTOS  de Skopje.





Porte Michel

 LE CANYON DE MATKA


Situé à environ une quinzaine de kilomètres de la ville, il est censé être un des plus beaux d'Europe selon les guides. Pour s' y rendre on prendra un bus le long d'un des gros boulevard (Partizanski) non loin de notre hôtel. Il a une bonne demi-heure de retard, le chauffeur pressé ne nous demandera même pas de billet! Le canyon s'aperçoit bien vite à peine sortis de la ville, comme une grosse échancrure entre les montagnes. La route pour y arriver est parfois un peu étroite, abîmée. Le bus se faufile comme il le peut au milieu des voitures  et des trous pour enfin nous laisser à un bon kilomètre de l'entrée des gorges. Quelques marchands de boissons, de glaces le long d'un parking, des familles se reposant près du ruisseau en contrebas et une file de touristes et de voiture montant vers le barrage et  les gorges. Alors on suit. Une fois le barrage passé, le sentier arrive devant l’église orthodoxe du monastère St André, coincée au milieu des loueurs de kayaks, des bateliers et des  terrasses du restaurant. On file sans s'arrêter sur un sentier à flanc de falaise bien aménagée. Les premiers mètres sont difficiles. Il faut slalomer entre les touristes en mode selfie qui n'iront pas beaucoup plus loin mais qui bloquent le passage à chaque clic. Un peu plus loin, alors que le sentier passe dans la végétation longeant les gorges on devra se battre avec les chenilles qui tombent par dizaine des arbres, mortellement parasités. C'est vraiment désagréable d'avancer comme dans une jungle à coup de bâtons dans l'air, jusqu'à en avoir une belle ampoule à l'index. La vue est parfois belle, parfois on ne voit rien. 

 On regrette aussi de ne pas être dans les kayaks, ils sont en plein soleil, ont une différente approche que la nôtre mais  ils sont plus tranquilles niveau insectes. Le sentier, parfois limite à cause d'éboulements, poursuit ainsi environ 10 kilomètres. On n'ira pas au  bout car cela reste assez monotone. De plus, hormis quelques endroits souvent pollués, on n'a pas accès à l'eau ou alors cela ne donne vraiment pas envie. On est loin de l’irrésistible attrait des eaux limpides des Gorges du Tarn par exemple. Sur quelques vues on trouve quand même le paysage assez joli avec les quelques méandres du lac, les hautes falaises et le ciel bleu.  Au cours de l'après-midi le nombre de touristes augmente, certains hurlent, les bateaux se remplissent et nous on fuit. L'orage éclate, on se réfugie dans un bar lounge près du parking et on attendra plus d'une heure et demie, saoulés par une musique affreuse, au milieu de quelques touristes façon auberge de jeunesse pour finalement s'apercevoir que le bus ne viendra pas et qu'un taxi est nécessaire. 10 euros pour 4...si on avait su on n'aurait pas poireauté ainsi.  Au final, un lieu qui ne nous a pas emballé tant que ça, trop touristique dans ces conditions. Peut-être fallait-il prendre les sentiers les plus difficiles mais on n'avait pas d'informations et rien n'était très clair sur place. Ni l'eau ni les panneaux.




Quelques    ​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​PHOTOS  du canyon de Matka.





LE PARC NATIONAL DE MAVROVO



Ci-contre , l'arrivée à Rostusa


ROSTUSA ET LA CASCADE DE DUF


C'est encore une fois aux petits soins que nous quittons notre hôtel, le taxi nous attendant devant la porte pour nous emmener à la gare routière de Skopje. En 5 minutes on trouve notre billet. L'endroit est  aéré, propre, calme, relaxant, bref très confortable. Notre bus est un mini-bus moderne avec climatisation et vitres teintées. Le trajet jusqu'à notre destination à Rostusa n'a rien de remarquable. Des montagnes au loin certes mais des entreprises de construction le long de la route et finalement, jusqu'à Gostivar, rien de bien sauvage ni joli. Sauf ces cigognes en vol ou dans leurs nids, parfois 4 dans le même. Un peu après Gostivar la route s'élève vers le lac de Mavrovo, artificiel mais assez joli. La petite ville de Mavrovi Anovi surplombe le lac, mais ne semble pas être vraiment autre chose qu'une succussion de lieux de villégiature sur le chemin des montagnes. Au loin on voit les pistes de Zare Lazareski et quelques sommets débonnaires. La neige a totalement disparu en cette fin de mois de juillet.  La route s'enfonce ensuite dans le canyon de la rivière Radika, où rien d'autres que des falaises et des bois ne seront visibles pendant de nombreux kilomètres. La vue s'élargit un peu et le bus nous dépose dans la capitale régionale ( moins de 100 habitants!) : Rostusa.
Ici rien n'est plat, d'ailleurs rien ne le sera dans tous les villages visités les prochains jours.  Les maisons s'accrochent à la montagne, on est à 720 m d'altitude, au pied de sommets culminant à plus de 2300 mètres. Sur la place centrale, dont on ne sait pas si elle un parking ou un terrain de basket, les chiots de races différentes traînent, les hommes jouent aux cartes, ou prennent des verres dans les cafés  et pour sûr on est repéré en 2 secondes avec nos gros sacs. 

Première chose, on cherche à manger. Il semble que l'endroit conseillé soit un petit snack sans nom, étroit, et ne payant pas de mine. L'anglais des jeunes patrons est approximatif, l'un deux me montrera l'intérieur de son frigo pour m'expliquer ce que sont ses kebabs. Autour de nous les ouvriers tachés de peintures et d'autres locaux s'attablent pour manger des hamburgers ou du Tavce Gravce, plat de haricots blancs cuisinés dans un pot en terre cuite (photo ci-contre). On se sent vraiment dépaysés, les dames portent le foulard ou une sorte de coiffe, les hommes ont une style qui nous fait dire qu'on est vraiment dans les Balkans, limite carte postale. Notre repas sera sain et bon, encore une fois .





​Avant de découvrir notre hôtel, non loin, nous décidons, nos sacs sur le dos , de voir la cascade de Duf, à moins d'une demi-heure de marche du centre du village. Les vieilles voitures Yugo se garent   dans la pente, les hommes coupent du bois pour l'hiver en petites bûchettes...rien que les quelques mètres de marche dans le village dépaysent. La mosquée en plein centre, la vue sur la montagne, l'ambiance relax, on apprécie vraiment.  Le chemin en lui-même est très agréable. Bien délimité malgré des panneaux du parc un peu défraîchis, il commence par un sentier quasi horizontal qui longe un petit canal où l'eau cristalline s'écoule. Il y a des papillons partout, pas un bruit, c'est vraiment très original, on adore. On arrive ensuite dans une gorge très étroite, au pied de falaises imposantes où on voit quelques entrées de cavités difficiles d'accès. La végétation jouit de cette environnement particulier : un beau vert et des plantes grasses.  Seulement 3 personnes rencontrées et une chienne qui nous suit. Un peu plus tard, en retournant, on croisera deux jeunes cherchant à se rafraîchir dans le petit ruisseau. Enfin un peu plus haut on arrive à la cascade. L'endroit est très beau : 28 mètres de chute et une forme assez originale. La température chute alors, il y fait presque frais comparé au cagnard environnant. L'endroit est connu pour son micro-climat. Nous sommes seuls et l'endroit nous plaît vraiment beaucoup,  bien plus que le célèbre canyon de Matka par exemple.

Nous sommes en montagne, il n'y a pas vraiment de bus  et nous dormons à plusieurs kilomètres. Pas de stresse, pour trouver un taxi, c'est très simple il suffit de demander à n'importe quel habitant. Même sans comprendre un mot d'anglais, il nous amène directement vers un chauffeur ou en appelle un. On ne sait jamais vraiment si ce sont des professionnels ou de simples « volontaires ». Une autre fois, un  chauffeur nous prendra, le talkie-walkie entre les jambes, ce dernier lui transmettant les demandes de la centrale. Pour 120 denars ( 2 euros) il  nous amène à notre hôtel, Tutto, réputé dans la région. On en parlera plus tard avec notre logeuse à Ohrid. Alors que je pensais «  très bonne qualité à petit prix » elle disait «  Très bien mais très cher pour nous Macédoniens ». On ne vit pas ici avec les mêmes références, sans vraiment s'en rendre compte. C'est vrai qu'on est souvent en train de donner des pourboires, et on est surpris de la réaction car les gens nous remercient vraiment pour en fait pas grand-chose.

JANCE ET L'HOTEL TUTTO

 
L'hôtel  ( photo ci-dessus) se trouve dans le village de Jance, à environ 4 kilomètres de là sur l'autre versant de la vallée creusée par la rivière Radika. C'est un beau village de montagne avec une architecture particulière (maison en pierre et torchis) et surtout un homme et un projet pour garder la vie en ces lieux : Tutto. Son établissement offre une vue particulièrement belle sur le village, une nourriture « slow food » , donc œuvrant pour l'agriculture locale , délicieuse . Encore une fois , on se sent très privilégiés. 

« Descendre » dans le meilleur hôtel du coin pour 3 jours, ce n'est pas dans nos habitudes. Un couloir de 7 chambres, toutes avec balcon, au-dessus du restaurant et une pour nous. Immense lit, canapés, fauteuils, très belle salle de bain. On se dit qu'on va passer un très agréable séjour. Certains pourraient aussi se dire «et maintenant...que faire dans ce coin perdu?». Nous on décide  de visiter le village de Jance ( photo ci-dessus) . Il n'est pas si montagnard que cela, on est quand même 1300 mètres en dessous de St Véran et 3300 m en-dessous de Kibber ( Inde)  mais parfois l'ambiance se moque des chiffres. Ici au milieu de quelques vielles maisons, on en rencontre quand même beaucoup de bien nettes et modernes. Les enfa
​nts nous saluent dans la rue et essayent leur anglais, un monsieur s'arrête pour nous saluer chaleureusement en nous serrant la main. Les chèvres qui patientent au pied du minaret ne font que nous observer. Disons qu'il est difficile de passer inaperçu ici . L'endroit n'est pas touristique, aucun commerce autre que notre hôtel. On se dit que dans quelques années l'endroit sera trop connu et trop cher pour nous...alors on en profite ( 50 euros la chambre avec vue , petit déjeuner énorme compris). Le dîner sera pris dans la grande salle à manger de décoration rustique chic. Près des vitres, avec vue sur le village et les montagnes, face au minaret qui s'illumine bientôt en vert  pour l'appel du muezzin du coucher de soleil, l'endroit est remarquable. Bizarrement on est quasiment les seuls. Peut-être qu'ici la haute saison est  en hiver. L'endroit doit être très chaleureux.

Les serveurs ne parlent pas tous très bien anglais mais on arrive quand même à se faire comprendre. Et ils seront bien meilleurs que nous pour appeler les taxis. Donc niveau langue: égalité parfaite.  Les plats les plus « compliqués » se commandent : le plat national de haricot, la moussaka ( qui en fait ressemble plus à un hachis parmentier...dauphinois) , la tourte au fromage, une recette à base de testicules de bélier (non testée quand même).C'est copieux, vraiment, on ne finit pas toujours malgré les efforts,  et fait comme à la maison. On adore. Et  on ne paiera jamais plus de 6 euros par personne ! Royal. Et non Royal Cheese. C'est l'opposé.

Le petit déjeuner est dans le trio de mes meilleures expériences matinales, au niveau du manoir écossais  ou des déjeuner repas aux Philippines. Le serveur nous sert un très bon café macchiato, puis apporte le jus d'orange, puis les omelettes, puis le fromage frais fouetté au poivron , un autre fromage , le pain, les beignets, les confitures et le miel ( myrtilles, prune, abricot) , l'ajvar ( poivrons rouges cuisinés en une sorte de pâte à tartiner chaude) , parfois des fruits ( nectarines, melon ). On ne peut tout finir . Avec cela facile de tenir jusqu'au soir en complétant juste par  un déjeuner léger. 

 

RANDONNEE VERS GALICHNIK ET LE PIC DE GOVEDARNIK  (dénivellation 1200m, 23 km)


Depuis l'hôtel l'une des balades les plus recommandées consiste à rejoindre le village voisin de Galichnik par un sentier d'environ 6 kilomètres. Le départ est juste devant établissement et commence par une piste où nous ne croiserons qu'un seul 4X4. Le sentier devient ensuite vraiment agréable avec de nombreux passages en  forêt, une source aménagée et des points de vue panoramiques sur l'autre versant de la vallée de la Radika, avec ses villages accrochés et leurs minarets. Nous arrivons au village directement sur un hôtel avec terrasse, assez fréquenté. Notre guide (le Petit Futé) parle d'un village quasi désert de 3 habitants. Nous trouvons ici deux cafés, un hôtel, une épicerie et bien plus de monde qu'à Jance. Il est très agréable pour nous de manger une très bonne salade de saison, à 1500 m d'altitude, profitant des vues sur la montagne. Nous remontons ensuite la grand-rue du village pour progressivement nous retrouver au milieu des maisons (secondaires) . Il y a de la vie, on voit des gens qui se prélassent, d'autres travaillent et conduisent leur tracteur.

Le chemin s'élève ensuite et s'avère difficile, non à cause de la pente, régulière, mais à cause de la chaleur et du manque d’ombre. Après quelques hésitations sur  le chemin nous  arrivons bientôt à une sorte de col, proche d'une crête dominant le village. Le paysage change alors, devient plus vaste et plus sauvage. Je m'imagine un instant au far West, dans les plaines du Montana. L'arrivée au pic se fera ensuite un peu hors sentier mais le sol est herbeux et la progression facile. Du sommet la vue est très belle même si la chaleur de l'été empêche comme toujours de  bien discerner les crêtes lointaines. Au retour, je continue en mode trail pour longer les crêtes rocheuses, en pleine forme. Le retour sera  finalement assez rapide et peu traumatisant pour le corps. Attention à la vipère qui se réchauffe sur le sentier quand même. Une bien belle journée d'autant que l'on n'avait pas vraiment d'objectifs précis au delà du village.

LE LAC DE LOKUV

 
En parcourant le site du parc national de Mavrovo, nous avons trouvé une petite idée de randonnée dans le coin. Après avoir négocié avec un type au bar de l'hôtel, il nous emmène à Rostusa où l'on fera quelques courses avant de continuer au village voisin de Bistuce. La route entre ces deux villages offre de très belles vues sur la montagne. Au terminus, en sortie du dernier village, il  nous laisse devant un chantier d'église ou de monastères où 2 ou 3 gars cassent des pierres, sur un terrain de foot . De là démarre un sentier de 8 km, bien balisé. Il est agréable car essentiellement à l'ombre dans la forêt mais parfois assez raide. Les chevaux y passent, on croisera un berger, du moins le suppose-t-on ,  sur l'un deux, l'autre portant les provisions. Ce sera la seule rencontre du jour. Le lac est en fait plutôt un lac-marais, plutôt sec même. Situé à 1568 m d'altitude, il ne ressemble pas du tout  à un lac de montagne. C'est plutôt une vaste étendue verte, avec des roseaux et des mousses et au milieu de tout cela quelques étendues d'eau libre. Moi qui comptais m'y baigner...On en fait le tour en se faufilant dans les bois pour finir sur une table et des bancs en bois. C'est calme, il n'y a rien de bien grandiose à observer...sauf les libellules. Comment dit-on libellule en anglais ? On va alors passer le reste de l'après-midi à réviser les noms de poissons, animaux, plantes dans l'autre langue. Un moyen ludique de se distraire dans cet endroit très calme. L'autre option aurait été de monter aux pics proches, vers 2300 mètres, mais personne n'avait vraiment envie d'un tel effort en plein soleil.

Nous rajouterons aux 16 km déjà parcourus toute la route, pentue entre Bistuce et Rostusa, étant convaincus de ne pas trouver de taxi un dimanche dans ce premier village.  En chemin nous déplorons les décharges sauvages dans le ruisseau, vérifiant que le problème des déchets n'est pas une petite affaire dans le pays. Nous apprécions par contre beaucoup la vue sur le  village de Velebrdo, genre de village perché très photogénique avec son minaret. Une fois à Rostusa, il est simple de trouver un taxi, il suffit de prononcer les deux syllabes magiques et tout s'illumine. En attendant notre homme, on observe les hommes jouer aux cartes, ou cette chienne qui nous avait accompagnés à la cascade de Duf et qui vient nous saluer, suivie de tous les chiots du quartier, accrochés à ses mamelles. Quant au vocabulaire anglais, nous ne lâcherons notre quête des  mots les plus retors qu'au moment de les vérifier sur l'ordinateur dans la chambre d'hôtel. Au final rien de bien fantastique mais juste une petite sortie éducative dans un endroit tranquille. Et toujours le même plaisir au soir de retrouver notre belle chambre et le dîner qui va avec.

MONASTERE SAINT-JEAN-BIGORSKI

En quittant l'hôtel Tutto, on ne pouvait pas ne pas passer par l'autre atout touristique de la région de Rostusa sans jeter un œil sur ce beau monastère surplombant la vallée. Nous négocions pour 800 denars (13 euros) un trajet en taxi vers le monastère, une attente du chauffeur et un transfert vers Debar, sur la route d'Ohrid. L'endroit va vraiment nous plaire. Dès l'entrée nous sommes impressionnés par la taille du lieu. La plupart sont fermés aux touristes mais on voit les moines  plus d'une vingtaine à y vivre) se déplacer dans leurs longues robes noires. L'un allant au petit jardin en contrebas, l'autre tenant la boutique du monastère...Malgré la présence, modérée, de touristes l'endroit est calme et reposant. La vue sur le massif frontalier du parc de Mavrovo aidant, comme dans les monastères du Ladakh, à trouver la paix, du moins dans le regard. Le clou de la visite sera l'église principale. Quelques belles fresques et surtout une immense iconostase en bois sculpté d'une remarquable finesse. Un ossuaire nous montre aussi quelques reliques, des bouts d'os sacrés de saint machin...et même un morceau de la croix du christ, la vraie bien sûr. Un moine semble prier dans un coin. On n'ose pas le déranger, trouvant l'état de méditation tellement respectable. Mais le monsieur ne méditait qu'un d'un œil et d'une oreille, il nous aborde et nous demande nos tickets...Cela enlève un peu de spiritualité au lieu non? A part cela pas tant de choses à voir : un perroquet en cage disant Hello, une belle cloche ...mais l'ambiance est vraiment agréable. Un bien bel endroit.



Quelques    ​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​PHOTOS  en plus du parc national de Mavrovo.





OHRID:LE JOYAU DE LA MACEDOINE

La route suit ensuite la rivière Radika, dans un décor parfois minéral avec des carrières bien visibles, aquatique (à cause d'un grand barrage en aval). Nous passons près de ce nous croyions  être un lac vue depuis le sommet du pic de Govedarnik. Le taxi nous laisse à la gare des bus de Debar, où il n'y a franchement rien à faire que d'attendre à l'ombre. Un mini bus nous conduira bientôt à Ohrid en passant par Struga d'où nous longeons le lac. Rien de bien intéressant à voir. En approche de Struga, la route longe une longue partie toute plane où s'alignent les maisons quasi identiques, plus ou moins terminées selon les moyens du propriétaire. Près du  lac, on passe de suite dans une ambiance balnéaire avec beaucoup plus de monde et les premiers maillots de bain visibles. La route longe le lac, long de 30 km sur environ15 de large, il est le plus vieux du monde après le lac Baïkal mais ça les locaux s'en moquent. Il est surtout la petite mer intérieure de cette partie des Balkans. A première vue les plages des environs ne font pas rêver les Aquitains que nous sommes. Étroites, souvent en  galet, bondées. Mais le site est vraiment très beau avec toutes ces montagnes autour. A la gare routière, le troisième taxi abordé connaît notre adresse et nous y amène avec le sourire et sans stress. C'est bien un des rares pays où les taxis sont sympas et ne tentent pas de vous arnaquer. 

Ci-contre, notre appartement avav vue sur le lac et la vieille -ville. 


Dès lors on les arrête souvent avec confiance et sans stress, tout le monde est alors content. Nous logeons dans l'enceinte de la Vieille-Ville d'Ohrid , à deux pas du théâtre antique, dans un superbe appartement, la Villa Lollobrigida. L'accueil de la gérante est vraiment agréable. Elle nous amènera même faire un petit tour de la ville dans sa voiture pour nous montrer ses endroits favoris. Une dame heureuse et fière de sa ville. « Vous devez goûter les tomates d'Ohrid » dit-elle. D'ailleurs elle s'arrête dans un petit magasin et nous en achète. Quel accueil! Et quel appartement. Je crois n'avoir jamais, de ma vie de voyageur, profité d'un tel logement. Nous voyons de nos grandes fenêtres, une grande partie du lac, le théâtre antique, l'église Sainte-mère- de-Dieu-Perivleptos, la cathédrale Sainte Sophie...Nous sommes au centre de la cité classée à l'Unesco. Le soir on pourrait croire à un panorama de la Riviera Française  avec la vue sur «mer» et les villages comme celui de Velestovo en face, illuminés. Et puis c'est au calme, loin de l'agitation  et du monde du front de mer. On y est en 5 minutes à pied mais on s'en échappe aussi vite. Encore une fois nous vivons la vie de grands privilégiés, ce que nous ne sommes pas, du moins à un tel niveau, en France.



LE FESTIVAL DE MUSIQUE CLASSIQUE


 Nous avons eu écho avant de venir en Macédoine de ce festival et il n'a pas fallu longtemps pour se décider à trouver des places pour les spectacles qui attirèrent notre attention. La musique est assez présente dans la ville les soirs d'étés mais nos spectacles seront plus confidentiels.

Le premier sera un concert de piano d' Alexander Sinchuk , un jeune concertiste russe, spécialiste de Rachmaninov. Le concert se déroule dans la Cathédrale Sainte Sophie, tout juste en bas de chez nous. C'est un plaisir de sortir le soir dans les rues pavées de la Vieille-Ville pour aller dans un tel endroit écouter de la musique classique. La salle n'est pas très grande mais l'acoustique est censée être exceptionnelle et quel décor avec ces fresques du XIème siècle dans un état de conservation rare. Le concert sera un vrai bon moment. Au programme ; un peu de Tchaïkovski et beaucoup de Rachmaninov, et trois rappels. Virtuosité, expression, élégance, ce jeune pianiste nous a impressionnés.

Pour le deuxième concert nous irons au centre culturel  pour écouter  l'orchestre de chambre  de Turksoy, rassemblant de jeunes talents de Turquie, de Turkménistan et d'autres républiques plus ou moins indépendantes ayant  une racine linguistique commune liée au turc. La salle de concert est assez froide, de type «yougoslave» et il reste encore pas mal de place. Le concert est gratuit, la ville est pleine à craquer de touristes, et un concert de musique classique ne peut remplir le centre culturel. C'est assez décevant. D'autant que le spectacle sera de qualité : Schubert, Mahler, Ravel pour les plus connus mais aussi plusieurs morceaux d'Azerbaïdjan, de Turquie, du  Kirghizstan... C'est enjoué, avec beaucoup de violons, de violoncelle, de contrebasse et deux chefs d'orchestre qui se partagent la direction.

Un seul bémol tout de même mais d'importance. Lors du premier concert un téléphone a sonné deux fois sans que la personne ne fasse rien, ma voisine s'est levée plusieurs fois pour prendre le pianiste en photo, mes voisines agitaient leurs éventails, une autre filmait avec son téléphone. Je ne veux plus d'écran entre moi et l'artiste, entre moi et le monde. C'est incroyable comme la vulgarité s'installe même dans les salles de concert. Les gens s'ennuient et vérifient leurs messages en plein concert. On voit toujours cette petite lueur d'écran quelque part et moi cela me déconcentre. La musique classique ne permet pas le moindre bruit parasite. Et que dire du concert gratuit. Les gamins pleurent, les mamans sortent les poussettes, un petit gars mal élevé s'ennuie, lui et sa mère sortent en plein mouvement, passant devant la scène. Qu'ils aillent tous manger des glaces sur la promenade ! 


LA COLLINE ENCHANTERESSE

A l'intérieur du mur d'enceinte, ainsi se nomme le quartier, tombant vers la mer, et riche de multiples trésors. C'est un plaisir de s'y promener, au hasard,  en étant sûr de tomber sur un vestige dans les 5 minutes. Les rues sont étroites, pavées, et les belles berlines se garent au milieu des vieilles Astavas ou Yugo dans des positions parfois scabreuses. Pour autant l'endroit est calme, tout du moins dans la partie haute de la colline. En vrac, quelques commentaires sur les principaux monuments:

-le théâtre antique: très bien conservé, on y passe tous les jours, on le voit de notre salon et c'est toujours un plaisir de s'y rendre. La vue des gradins sur la ville, le lac et les montagnes est superbe. Le soir, les jeunes y viennent pour boire quelques bières, la journée les touristes s'y prélassent mais cela reste relativement tranquille quand même. Pas de car de chinois dans les parages, ils ne pourraient pas se garer.


​-Cathédrale Sainte- Sophie: entourée de restaurants, relativement fréquentées dans ses abords immédiats. Superbes fresques. Bel endroit.

-Eglise Mère-de -Dieu-Perivleptos : Une belle petite église byzantine un peu au-dessus du théâtre antique . Très belle vue sur la ville depuis la cour devant l'église. Très belles fresques à l'intérieur  et une ambiance propre au recueillement.



-Eglise St-Jean-de-Kaneo : Voici la carte postale de Macédoine, l'image  sur laquelle on tombe quand on commence les recherches sur le pays. C'est une toute petite église byzantine construite tout au bord d'une petite falaise tombant sur le lac. On y accède par une petite rue finissant en chemin au milieu de maisons  avec vues imprenables, croisant les vacanciers allant ou revenant de la plage proche.



​ L'endroit est très agréable mais il faut souvent accepter de le partager avec les selfies addict qui mitraillent l'endroit. Comme le chemin continue en une sorte de sentier du littoral il doit être très agréable d'y venir faire son footing le matin de bonne heure. Je n'en aurai pas le courage.


-La forteresse de Samuel ( roi bulgare): Environ 3 kilomètres de murailles bien visibles au sommet de la colline. On parcourt le chemin de ronde comme à Skopje mais c'est ici un peu plus intéressant. Le vue sur le lac, la Vieille-Ville, le lac,les montagnes du parc de Galicica est superbe. De plus les tours sont bien aménagées avec des promontoires en bois augmentant la hauteur de vue.

-le quartier de Plaosnik, au dessous de la forteresse: Une ne visite pas des plus enthousiasmantes. Censé  être un site archéologique de premier rang, nous n'avons pas vu grand-chose. Une partie du site est  fermé pour cause de fouilles. On y voit des travailleurs plutôt âgés en train de retirer du sol des brouettes de terre en plein soleil et des panneaux « ne pas entrer ». Les ruines de la basilique paléochrétienne sont ainsi non accessibles. Il ne reste à voir qu'une fausse église ancienne, le monastère Saint-Panteleimon, ( photo ci-dessus) datant de 2002, qui a tout de l'église byzantine  historique mais dont seules quelques fragments sont d'origine. L'intérieur, moderne, est pour nous sans intérêt.  Autour du site , des bâtiments de l'université d'Ohrid en construction apporte  un côté chantier au site qui manque de charme. A noter dans les ruelles aux alentours, et ce un peu partout dans Ohrid, la présence de ces vendeurs de magnets et de souvenirs qui s'installent avec leurs vieilles voitures du genre Yugo ou d'antiques Fiat 500.


LE QUARTIER OTTOMAN


Il y plane un véritable parfum d'orient, peut-être moins que dans celui de Skopje mais sa visite est quand même agréable. Pas de caravansérail ici ni de quartier vraiment délimité mais en quittant les bords du lac et en remontant les rues piétonnes on se retrouve subrepticement dans une autre ambiance. Les boutiques changent, les odeurs aussi. Le pâtissier vend de très bonnes douceurs sucrées, la tailleur déroule des mètres de tissus, on sent l'influence turque dans les plats en photo sur les pancartes. Et puis il y  a tous ces  monuments agréables à contempler. Quelques mosquées d'abord , celle d'Ali Pacha étant fermée pour rénovation , un curieux endroit remplie de tombes qui servait de lieu de réunion aux derviches, une vielle tour ottomane de 1726 en bois avec son horloge pour indiquer les horaires des prières ( voir ci-contre) ,  une place avec son platane séculaire sous lequel les passants cherchent l'ombre et beaucoup d'animation en cette haute saison. C'est l'endroit du commerce et de la flânerie. Le marché n'est pas bien loin, on s'y régalera de raisins (1,8 euros le kilo, de tomates,  0,8 euros le kilo,  de pêches, d'ail...).Des tas de conserves maisons, des rayons de miel, des énormes tas de pastèques...c'est un plaisir d'y faire ses courses.


OHRID LA BALNEAIRE

 
Beaucoup de touristes ne sont là que pour la plage ou la fête, c'est un fait. Il suffit de voir la gare routière déversant son lot de jeunes vêtus de rien et traînant leurs énormes valises, sûrement le meilleur de leur garde-robe sur des roulettes. Mon expérience de baignade ne fut, pour ma part, pas très concluante. Nous avons bien cherché un jour une pause maritime le long du rivage mais sans véritable succès.  Les plages centrales sont très, très petites, souvent entourées de bars lounge gonflés aux décibels et servant des cocktails. Par manque de place, comme dans le petit port près de Kanéo, ils ont installé des pontons flottants sur lesquels des transats sont alignés. On passe vite. En remontant plein nord depuis Kanéo on a essayé une petite plage  un peu éloignée du centre, mais les 10 mètres carrés de cailloux acceptables pour les fesses étaient déjà pris. Encore un peu plus loin, je vais terminer près des roseaux, à côté d'un pêcheur, dans les gros cailloux et dans un lac agité pour un bain pas terrible du tout.  Pourtant il y a de supers coins, on les a vus, mais jamais au bon moment. 




​Par exemple au bout de la veille jetée qui part du port,  où quelques familles trouvent un bon spot de baignade. Et puis le long de la rive est du lac. En prenant la route vers le parc de Galicica ou vers Saint Naum on a aperçu, de bon matin, avec un lac lisse, sans vent un tas de jolis endroits où l'eau était vraiment transparente. Certes il y a un tas de plages privées, certes les plages ne font jamais plus de 10 mètres de larges, mais au petit matin le bain doit y être vraiment agréable.

Et puis il y a les resorts « pour hollandais », ils semblent qu'ils aiment beaucoup Ohrid, les concerts  dans les bars branchés, un village se nommant un petit St Tropez...De quoi faire la fête. Mais finalement toute cette foule n'est pas si gênante.  Nous n'avons pas été vraiment importunés  par le monde, ils ne fréquentent pas les mêmes sites que nous, simplement. Mais le soir, mangeant des glaces ( pas artisanales …) comme tout le monde , on se sent bien en vacances, en été et c'est agréable de se laisser porter par le courant.

Et puis pour éviter la foule estivale, il suffit de se coucher tôt et de se lever tôt. C'est une recette qui marche dans la plupart des cas. On s'en apercevra pour notre visite de Saint Naum.



Quelques  ​​​​​​​​​​​​​​​​​PHOTOS  en plus de  la belle ville d'Ohrid. 





LE PARC NATIONAL DE GALICICA

Ce ne fut pas très simple de savoir où aller. Le parc n'est pas très loin de la ville d'Ohrid, on peut même le rejoindre à pied mais comment savoir quelle partie visiter. Nous n'avons pas trouvé de véritable office du tourisme dans le centre, le site internet du parc ne marchait pas dans la version non cyrillique alors il ne restait que les blogs, peu nombreux ou les avis de Trip Advisor pour avoir quelques idées. Nous aurions aimé monter au point culminant  du parc, mais le sentier démarre d'un col, bien trop loin d'Ohrid pour que ce soit raisonnable, et encore, d'y aller en taxi. Nous avons hésité entre les environs de Velestovo, village visible de notre chambre, facilement accessible en taxi mais peut être offrant des panoramas moins montagneux par sa proximité ou aller un peu plus loin comme à El Shani, lieu que nous choisirons pour notre départ. C'est un petit village avec une tradition pastorale encore vivace. A peine déposés en taxi (environ 400  denars)  nous entendons les chèvres arriver à la fontaine pour s'y abreuver. Le berger arrive ensuite avec son âne et voyant notre  curiosité nous propose de poser. Je m'attends à une demande d'agent, alors je renonce. Je ne saurais jamais, peut-être l'ai-je vexé? Nous choisissons de monter un peu au hasard, sans carte, pour atteindre les crêtes au-dessus du village, desquelles on s'attend à avoir une belle vue sur le lac et si possible une ouverture vers son voisin le lac Prespa. Nous suivons un autre berger qui monte d'autres chèvres, il nous indique de passer  par-ci par-là alors on monte par-ci par-là , pas vraiment  sûr de  notre destination. On tombe cependant vite sur un balisage et sur un bon sentier qui nous mènera à travers bois vers une première crête.

Les vues sont déjà superbes sur le lac. On ne croisera qu'une personne aujourd'hui et un animal ...J'entends un bruit dans la forêt, on s'arrête puis retentissent soudain plusieurs cris assez terrifiant car inconnus. On cherchera le soir à l’appartement et il s’avérera que c'est le cri d'un lynx que nous avons entendu, proche et bien distinctement. Le lynx des Balkans est bien présent dans le parc et nous avons eu la chance au moins de l'entendre ce qui pour moi est une expérience inédite et assez exceptionnelle. Le temps devient assez menaçant, l'orage gronde au loin et on se dépêchera d'atteindre le sommet le plus proche à 1801 mètres d'altitude par un sentier assez facile. La vue est vraiment magnifique avec le lac d'Ohrid, le lac Prespa, le pic Pelister  et bien d'autres vues non identifiables  vers l'Albanie et la Grèce. On ne peut guère s'attarder, la pluie arrive et on se réfugiera dans une petite cabane de berger en pierre et tôle en attendant que cela passe. On décide ensuite de ne pas rentrer directement et de prolonger la randonnée en rentrant à Velestovo, le village proche d'Ohrid à une dizaine de kilomètres de là. Le sentier sera vraiment superbe. On descend dans une très belle forêt pour se retrouver dans une vaste vallée, quasiment plate,  couvertes de prairies. Il n'y a personne et on se sent vraiment loin de tout. 


​On marche alors avec un grand plaisir dans cet endroit si près à vol d'oiseau de l'agitation balnéaire et si désert  à la fois. On s'étonne  de ne voir personne dans des endroits aussi beaux alors que la côte est assaillie. Au sens macédonien, cela reste quand même plus tranquille que la plupart de nos plages du sud à la même saison. Le sentier passe près de deux lacs asséchés puis descend lentement vers le village de Velestovo, où l'on croise encore un berger et ses vaches. Ce village est assez chic par endroit, très proche de la ville et offrant des points de vue superbes sur le lac d'Ohrid. On descend quelques centaines de mètres avant d'attraper un taxi, toujours aussi sympathique. Pas de monnaie? Pas de  problème, il nous arrête à la station essence pour en faire et patiente tranquillement. Une très belle randonnée, très variée, offrant de magnifiques panoramas, de la forêt sauvage, des prairies  magnifiques, des villages pastoraux et une tranquillité absolue



Le lien vers  quelques  ​​​​​​​​​​​​​​​PHOTOS  du parc de Galicica. 





LE MONASTERE DE SVETI NAUM

Nous nous attendions au pire, nous y avons trouvé le meilleur. A l'origine nous devions partir visiter ce célèbre coin de Macédoine, photogénique, tout juste à côté de la frontière Albanaise, quelques jours avant, en utilisant le bateau. Il faut dire qu'ici, le «boat trip» est partout dans la bouche des habitants comme des guides. Un peu l'équivalent du «félouca trip» à Louxor ou du «James Bond Trip» en Thaïlande. Il est immanquable. Alors nous nous sommes rendus un matin à 10 heures sur la ponton où s’amarrent les bateaux. Nous avons écouté les appels des capitaines, nous avons  observé  les pancartes d'informations  pour finalement nous retrouver prêts à embarquer.   Il y a un bateau à droite, un à gauche, tout deux bien remplis. L'heure du départ approche. Les derniers touristes arrivent et entrent sans hésitation. On demande l'heure du retour  «vers 15h30» soit 4 heures sur place pour un monastère...On hésite. Le capitaine nous rassure, nous expliquant que sur place il y a plein de choses à faire, des restaurants, des magasins de souvenirs, des plages...sans jamais parler du site religieux. Alors une petite voix nous  a dit «n'y va pas ! ». L'idée de se retrouver dans la foule, bloqué avec les masses de touristes, nous a vite fait reculer. Alors on a décidé autre chose. On prendra un taxi un autre jour, à 7h30 à la porte haute de la Vieille-Ville. Pour un peu plus de 900 denars ( moins de 15 euros) il nous transporte au calme à 30 km au sud de la ville. 

 


ALes plages sont quasi désertes ce matin, la lumière est superbe, les parkings vides. Le lac qui se réveille est d'une tranquillité très agréable. Bien sûr la côte est riche en resorts, en hôtels, mais de bonne heure, on oublie tout cela. La nature du touriste balnéaire est en majorité de se coucher tard et de se lever tard. La migration vers les plages attendra quelques heures. Le paysage est très beau aussi sur les montagnes, en particulier sur les crêtes du parc Galicica , où nous étions la veille. Nous  arrivons enfin à l'entrée du site du monastère. Cela n'a rien avoir avec celui de Saint Jean Bigorski près de Rostusa. Ici le portail est bien loin de l'enceinte religieuse. Mais pourquoi cela? Pour la tranquillité des moines? Non, juste pour pouvoir nous faire marcher le long des magasins de souvenirs et des restaurants. A cette heure-ci, environ 8h15, les boutiques sont fermées, les restaurants ouvrent leurs portes mais tout est désert. Les employés  tondent ou arrosent les pelouses, tout est calme. La petite plage à droite est déserte. Nous arrivons au port où accostent les bateaux d'excursions. L'endroit est magnifique et quelques pêcheurs sont là. On monte ensuite vraiment dans enceinte du monastère, dont on ne sait pas vraiment ce qui est hôtel et ce qui est religieux. Les paons sont sur  les toits, dans les jardins, partout, et des panneaux indiquent bien qu'ils mordent les enfants parfois ! Dans la cour intérieure, très photogénique se trouve l’église, parfait exemple d'architecture byzantine. L'intérieur se visite pour 100 denars. C'est encore une fois très beau, avec des fresques du début du XIXème siècle et non pas du Xème siècle, date de la création du monastère. 

L'ambiance est comme toujours propre au recueillement et à la méditation. Nous y restons un long moment, seuls. Il n'y a pour l'instant qu'une poignée de visiteurs sur le site.  De la cour la vue est très belle sur le lac qu'elle surplombe, sur le port et sur les montagnes. Déjà le bar lounge au loin a allumé sa sono, une armée de touristes suivent leurs smartphones, nous devons nous dépêcher. De là on suit un petit circuit qui longe un petit lac, et où de nombreuses sources sacrées sont visibles, parfois dans des églises.  Dans l'une d'elle on se régale du ballet d'une hirondelle nourrissant ses trois petits à l'étroit dans leur nid. Je n'ai d'ailleurs jamais tant vu de ces oiseaux qu'ici. Dans l'église, un trou circulaire entoure l'une de ces sources. Le sentier continue dans la nature, on est tranquille. L'eau du lac est d'une transparence rare, on peut s'y promener en canoë ce qui, à cette heure ci doit être un vrai bonheur. Un peu plus loin une nouvelle église, surplombant un beau jardin. On pousse les portes, on hésite, le lieu semble désert. Le gardien arrive, un sac de pommes à la main et nous ouvre l'église. Tout est beau et calme, je me crois dans l'hacienda de Don Diego de la Vega. Le sentier arrive ensuite vers une grange remplie de foin. Autour les vergers sont remplies de prunes bien mûres, de pommiers. 


Les herbes sont hautes, il y a de la prairie fleurie sous les arbres...cela sent bon la campagne d'autrefois. On finit par se retrouver à l'entrée du monastère. L'ambiance a radicalement changé, un gros bus est là et  se décharge ou se recharge  en touristes. Le site s'est réveillé, on veut garder la belle image de son sommeil. On trouve vite un taxi, sympa, comme toujours,  pour nous raccompagner. Celui-là a joué en France dans l'équipe de foot de Tours il y  a bien longtemps. «C'est joli ici» dit-il , en insistant pour que l'on fasse de la pub pour son pays. C'est vrai que tout est beau  et sain ici. Les plages sont bien plus fréquentées, le lac nous offre un autre visage, les parkings sont remplis, parfois cela coince un peu dans les villages. Cette  petite escapade me rappelle combien il est bon de sortir du courant et de vivre en décalé. Je l'oublie parfois, par flemme, ou par facilité. C'est une bonne piqûre de rappel. Nous avons adoré ce petit taxi trip confortable, nous aurions pu détester être prisonniers de cet endroit aux heures pleines.




Le lien vers les quelques  ​​​​​​​​​​​​​​PHOTOS  du monastère de Saint-Naum. 





DIHOVO ET LE PARC NATIONAL DE PELISTER




​​Nous rentrons juste à temps pour libérer notre superbe appartement, avec la si gentilles gérante qui fait même la bise à  Jamila ! Quel accueil et quel endroit ! A la gare routière, nous trouvons facilement un bus confortable, quasiment vide, alors que des tas de touristes arrivent avec leurs gros sacs dans l'autre sens. Le trajet pour Bitola est agréable, parfois assez sauvage, sur les contreforts des montagnes du parc de Pelister. Nous apercevons aussi le lac Prespa en contrebas. Quelques minutes plus tard on se fait déposer au bord de la route où il ne se passe pas 3  minutes avant qu'un type ne parlant pas anglais nous propose de nous emmener où l'on veut. Il ne connaît pas l'endroit mais peu importe. Il semble qu'ici tout le monde soit un peu taxi occasionnel et comme nous tombons toujours sur des types sympas, on prend celui-ci avec confiance. La Villa Dihovo où il nous dépose est une charmante chambre d'hôtes mais la réduire à de la pure hôtellerie  serait une erreur. Le patron, ancien footballeur professionnel, a installé ici une centre « slow food » avec alcool (vin et bières) maison, cuisine bio du jardin, cours de cuisine et surtout un système tarifaire particulier, basé sur le prix volontaire. On va beaucoup apprécier l'endroit. Le village de Dihovo est bien situé au pied des plus hautes montagnes du pic Pelister, au bord d'un ruisseau. Tout  y est tranquille, même si la deuxième ville du pays n'est qu'à  5 minutes par la route. Les chambres sont rustiques,  dans le style des campagnes  ou des refuges de montagne mais confortables. La nourriture est vraiment très bonne, préparée, il me semble, par les parents de Pece qui vivent ici dans cette grande maison essentiellement en bois. On goûtera de très bons plats macédoniens, du poulet, des saucisses, des pâtes farcies, des tisanes et jus de fruit maison, de la confiture de pêche, du poivron vert du jardin...Le tout dans une ambiance vraiment chaleureuse, on ne se sent pas vraiment clients mais presque invités, c'est assez subtil comme sentiment.







​Le premier jour nous avons juste tenté une promenade dans les environs du village sur les conseils de Pece, à la recherche d'une cascade et de jolis coins pour se baigner dans la rivière qui coule dans le village. Celui-ci est vraiment tranquille avec sa petite église toute blanche, ses vieux qui discutent sur les bancs, ces fontaines, ses jardins fruitiers. Dans le village voisin on a même vu un nid de cigogne et sa belle occupante. Il doit aussi y en avoir par ici. On se perdra un peu, finissant au bord d'une piscine en plein air, à mon avis désaffectée, vu la couleur noire de l'eau. Courageux celui qui s'y plonge, cela ressemble un peu au bassin de piranhas du célèbre film  d'horreur.  Des gars un peu louches traînent là en écoutant de la musique bien fort, les environs sont jonchés de déchets, on s'éclipsera vite. On ressaiera bien par un autre chemin mais l'endroit ne nous inspire pas vraiment après la pureté de la matinée alors on décide de rentrer. On se posera dans le jardin public du village, devant la toute petite épicerie, partageant les bancs et l'espace avec de gentils chiens et les habitants qui trouvent là un bon point de rencontre.


Le lendemain, nous partons vraiment pour une grosse randonnée, décidés et motivés pour arriver au sommet du pic Pelister par le chemin le plus difficile, le Rocky Trail. Ce pic, à 2601 m d'altitude est célèbre pour son histoire lors de la première guerre mondiale, pour sa vue, sa forêt et aussi son gros bâtiment un peu déglinguée au sommet, encombrée d'antennes et de paraboles plus ou moins hors d'usage. On se fait déposer en taxi à l'hôtel Molika, à 1420 m d’altitude, à quelques kilomètres de Dihovo. Le chauffeur, très serviable, nous aidera encore plusieurs fois les jours suivants. La randonnée est d'environ 21 kilomètres et nous allons boucler le tour en un peu plus de 10h, pour un dénivelé de plus de 1200 m. Le sentier commence par une superbe montée dans une belle forêt de pins Molika.  On va croiser ou suivre 5 personnes sur le sentier, autant dire rien pour un point culminant de parc national en plein mois de juillet. On passe au sommet des pistes de ski, près d'un gros bâtiment désaffecté, puis en doux lacets le sentier monte  jusqu'à atteindre un belvédère en bois et une crête rocheuse. On est déjà à plus de 2000 mètres et là commencent les difficultés. Le sentier est laborieux entre de gros rochers où il faut  très souvent mettre les mains et se concentrer pour avancer. La marche est lente mais les vues sont incroyables sur la plaine, la ville de Bitola , les montagnes au loin. Il fait bon et c'est magnifique. On arrive à un premier pic vers 2400 mètres puis on redescend vers un petit refuge sommaire avant de remonter par une crête plus simple mais toujours rocheuse vers le pic. Je termine les 200 derniers mètres de dénivelé en courant avec grand plaisir. . 

Au sommet , au milieu des déchets métalliques du bâtiment de communication , on profite d'un panorama exceptionnel sur le lac Prespa, la Grèce, l'Albanie et une bonne partie de la Macédoine. Les autres versants sont plus doux, couverts d'herbages, quelques pistes circulent même vers deux lacs d'altitude. On descendra par la piste, coupant souvent les lacets hors sentier, arrivant dans un refuge où 4 gars, genre bergers pas très rassurant pour une femme seule, mangent là avec leurs chevaux. La fin sera très facile, roulante mais assez longue sur la piste ou sur des chemins. On  se gave de framboises, de myrtilles, de fraises, comme jamais auparavant. 


De quoi faire de bonnes tartes et des tas de confitures. Sans carte, avec un balisage visible certes mais ne précisant pas les directions  on pense souvent se perdre. On arrivera finalement au centre d'information du parc, un peu plus bas que notre point de départ, pas épuisés du tout mais ravis par cette superbe randonnées très variée. En attendant le taxi on jouera avec la grosse statue métallique de l'ours au nez poli par les caresses. Et dire que de France j'avais trouvé le coin pas terrible et que je l'avais rayé du programme. Le patron nous félicitera de retour à Dihovo mais ce n'est pas si terrible que cela, ce n'est jamais exposé et jamais effrayant, il faut juste avoir le pied montagnard pour circuler entre les rochers. Le dîner sera copieux, délicieux et le sommeil profond.



Le lien vers les quelques  ​​​​​​​​​​​​​​​PHOTOS  de Dihovo et du parc de Pelister. 





BITOLA, HAUT LIEU DE LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

LE CENTRE VILLE

Le  taxi nous laissera ce matin au cimetière français de la ville, lieu de mémoire où reposent les corps de 13 000 soldats morts durant la première guerre mondiale. La ville, appelée Monastir à l'époque, en Serbie, a été le lieu d'une sanglante bataille entre les Serbes, les Français et les Bulgares. Le lieu est forcément paisible, très bien entretenu, calme , avec de belles vues sur les montagnes. On ne peut que penser au contraste entre notre visite tranquille, 100 ans plus tard, et la violence des combats de l'époque. En rangée double les croix sont alignées, un mémorial sobre, à la française, clôt l'allée centrale. On sonne à la maison du gardien qui nous ouvrira le musée, tout neuf  dans lequel on lira les biographies de quelques soldats plus ou moins illustres, on lira quelques cartes postales d'époque, on observera de belles photos en noir en blanc. C'est bien fait, clair et peu ennuyeux. Puis la mère du gardien nous monte au  premier étage de la maison pour que l'on consulte la liste des noms des soldats enterrés ici. On n'y trouvera pas de noms propres à nos familles.  C'est une visite de mémoire que l'on se doit de faire une fois à Bitola.

De là nous marchons quelque peu en plein cagnard pour enfin trouver un taxi qui nous emmènera à notre hôtel , le Teatar, dans le centre. Encore une fois, très confortable, bien situé...et vite, la climatisation ! Une fois les heures les plus chaudes passées nous partons à pied visiter la ville.



​Ce qui nous marque d'abord c'est le côté un peu délabré de bon nombre de monuments, la quantité importante de tags, laids, sur les murs des façades. On apprendra par le chauffeur de taxi que la ville souffre du chômage, lui-même n'était pas très optimiste pour le futur. La Maison des Officiers par exemple, qui servit d'endroit de réunion pour l'armée jusque dans les années 2000, une grande bâtisse d'importance historique, aujourd'hui en cours de délabrement, dans une sorte de petit parc sale, et dans laquelle on a aperçu des gens cherchant dans les débris on ne sait quoi. Et tout le quartier autour en pâtit un peu, avec beaucoup de lieux fermés ou en piteux états. La maison est au début de l'artère principale de la ville, Sirok Sokak , que l'on remonte , et où se trouve la plupart des monuments. On passe près d'un centre culturel de style communiste pas bien fringant, on visite l' église orthodoxe Sveti Dimitij Solunski (photo ci-contre) avec sa belle iconostase, mais sans grande émotion pour nous. Georges Clooney y tourna la scène d'ouverture du Pacificateur avec Nicole Kidman. On y pensera quand on verra le film... Dans la rue piétonne les gens s'attablent, comme partout et profitent d'un dimanche de grosse chaleur. C'est comme chez nous, mais avec des gens plus souriants, mais suis-je vraiment objectif ?




​Tout est un peu endormi mais, vue la chaleur (41°C sur un panneau) , les gens attendent le soir pour sortir. On passe près d'une belle tour de l'horloge, puis on passe un petit pont sur la rivière Dragor pour entrer dans le quartier du « Vieux bazar », finalement le plus intéressant. Il y a d'abord quelques mosquées remarquables. La mosquée Isac Celebi, (photo ci-contre) grande, et très bien restaurée, devant laquelle pose un couple de marié à côté d'une BMW(?) . Au pied de la mosquée Mahmud Beg, les hommes, que des hommes, discutent à l'ombre sur les bancs. La plus belle sera la mosquée Ajdar Kadi, dans un jardin très propre, devant laquelle le gardien nous invitera à rentrer. La décoration y est simple et fonctionnelle et l'extérieur bien plus impressionnant. Nous passons devant un hammam nous rappelant ceux de Skopje . Devant, quelques vendeurs de pastèques attendent assis devant leurs impressionnantes cargaisons, le long de la route. La partie la plus intéressante reste le bazar, un ensemble de ruelles étroites autour d'un marché, un tas de boutiques pas forcément dans nos standards actuels et donc en ce sens très dépaysant.


​Il n'est qu'une modeste évolution de ce qu'il était les siècles passés mais  cela reste  vivant et durable, face aux gros centres modernes et climatisés. Dans le marché aux fruits et légumes, les chats et quelques chiens dorment ou errent dans les allées désertes. Seuls un ou deux vendeurs proposent leur marchandise à la vente. On déambule avec plaisir. Dans la rue piétonne l'animation arrive à mesure que la température baisse. Beaucoup de gens commencent à affluer sur les terrasses, les vendeurs de bibelots  augmentent leur chiffre d'affaire. Nous finirons dans un restaurant populaire, dans une salle réservée pour une fête, avec sono bien forte et nourriture italienne moyenne.


Il fallait bien que cela arrive une fois dans le séjour, ne pas se régaler est possible en Macédoine, mais rare.


LE SITE ANTIQUE D'HERACLEA

Un petit site non loin de la ville. Ne pas s'attendre à admirer les merveilles de l'Antiquité, les meilleures pièces étant toutes éparpillées dans les collections des musées nationaux ou étrangers mais juste profiter, quand il n'y a pas trop de monde, des ruines de l'ancienne cité. Le site est plat, facilement accessible. On suit un circuit entre les murets, les ponts en planches, les sentiers en terre passant au milieu de la petite puis de la grande basilique, devant les thermes... Bien sûr il faut avoir une bonne imagination car tout est en horizontalité ici, rien ne dépasse vraiment la taille humaine. Il n'y a pas non plus de reconstitution en 3D pour montrer le site tel que les archéologues l'imaginent. La partie la plus intéressante, hors l’amphithéâtre, réside dans les mosaïques colorées visibles au sol en plusieurs endroits. On y voit des sangliers, des lions et d'autres animaux. Enfin, on se rend dans l’amphithéâtre, entièrement rénové, presque trop. On s'imagine les combats de gladiateurs en face des 3 voûtes sous lesquelles patientaient les fauves. L'acoustique est bien sûr particulière, assez pour s’essayer à quelques délires oratoires. Au final un site assez mineur mais qui mérite une visite pour sa facilité d'accès. Nous en profitons pour jeter un œil au cimetière juste à côté. Sur les tombes les visages des défunts nous interpellent là où chez nous nous ne sommes rapidement plus que des noms. Cette manière de survivre quelque peu face à la mort est sûrement plus émouvante, plus marquante pour les vivants qui passent. Elle nous a bien fait réfléchir.



Le lien vers les quelques  ​​​​​​​​​​​​​​​PHOTOS  de Bitola. 





KRUSEVO, VILLE DE LUTTE ET DE TRADITIONS

Pas de bus ce matin depuis la gare routière malgré un horaire affiché sur les panneaux numériques. Un  cas de figure qui pourrait poser quelques problèmes mais pas  en Macédoine où l'une des devises préférée des habitants est le « nema problem »  (pas de problèmes). Car tout là-bas se résout simplement pour nous. On ressort la carte du confortable et sympathique chauffeur qui nous avait bien guidé à Dihovo et dans les 10 minutes on voit arriver un de ses chauffeurs, 1/3 du prix moins cher que les concurrents qui traînent devant la gare routière. Pour 1000 denars  (15 euros) il nous conduit à plus de 50 km de là, dans ce village de montagne  à plus de 1300 mètres d'altitude prisé été comme hiver pour sa petite station de ski , son festival folklorique comme pour sa célébration de la fête nationale. Cela tombe bien, la neige n'est certes plus là, comme sur aucun des sommets du pays d'ailleurs, mais nos dates correspondent exactement avec les festivités énoncées. Le trajet depuis Bitola est agréable, en dehors des villes le pays apparaît très peu dense, et il l'est tellement que sa population diminue année après année. Alors on n'est pas gênés par l'urbanisation  dans ces coins là. La ville de  Krusevo est étalée sur les pentes, assez marquées de la montagne et trouver notre appartement posera quelques problèmes à notre chauffeur, à la limite de la crise de nerf. D'autant qu'ici, ne parlant pas tous anglais, ils doivent souvent appeler leur patron ou leur centrale, qui eux, par portable interposés communiquent avec nous. On a même discuté une fois avec la fille du chauffeur! Nous logeons tout en haut de la ville, au Scorpion Appartement, tout près du site du Makédonium et à 20 mètres d'un très bon restaurant traditionnel. L'endroit n'est pas le plus glamour du séjour mais il est propre, calme, le petit déjeuner copieux, l'accueil sympathique et la vue du balcon donnera même sur le célèbre monument de la ville.

L'architecture est ici célèbre pour les maisons traditionnelles, mélange de structure en pierre, d'ossature en bois et de plâtre peint en bleu. Nous passerons 2 nuits ici et nous en profiterons pour nous promener  longuement dans ces rues animées. Je ne sais pas comment on aurait ressenti notre séjour sans les célébrations mais cette étape aura vraiment un goût de simplicité et d'authenticité. Il n'y a pas vraiment de sites remarquables ni grand-chose à faire mais nous allons juste profiter de l'ambiance, des gens, enfin vivre, observer, applaudir et manger comme eux le temps d'une étape.

LA VILLE VILLAGE

Dans le centre, qui a tout du centre d’un village, il suffit par exemple de manger en terrasse et d'observer pour ne pas s'ennuyer. Nos voisins partagent des plats, garnis de nombreux fromages cuisinés, des salades, des grillades. En face le boucher attend devant sa boutique, assis sur une petite table et discutant avec l'épicière. Une scène sortie d'un roman de Pagnol. Il a un grand tablier blanc maculé de sang, et il attend devant ses saucisses pendues. L'épicière vend quelques glaces aux enfants. Je remarque, comme partout dans le pays, ces balances à aiguilles qui me rappellent le temps de mon oncle Alfred, fidèle gérant d'un Dock Méridionaux dans son village du Tarn. Mais tout ceci était il y a bien longtemps. Ici on retourne souvent dans le passé. Le terme boutique a encore du sens. A côté de l'épicier on vend des tee-shirts, des chemisiers, des chaussettes....Mais tout est bien souvent sorti de nos souvenirs d'enfance. Les magasins sont uniques, les franchises et les chaînes n'ont pas encore pu s'implanter dans ces endroits. C'est pour nous tellement agréable de voir ce marchand de confiserie qui ne vend que 2 types de gourmandises, ses loukoums et ses meringues, pas plus, de voir cet autre boucher sorti d'une carte postale, de voir ces étals de fruits si appétissants, de voir ces petits magasins de jouets, cette boutique de graine... On pourrait me traiter d'égoïste, comme toujours, mais je ne crois pas que nos commerces actuels sans âmes, nos dérives commerciales et nos commodités représentent un progrès.





​Dans l'église, on dérange une veille dame qui passe l'aspirateur, mais comme toujours, on nous accueille, on ne nous chasse d'ailleurs jamais.

Un peu plus loin, une dame toute habillée de noir, porte en elle, une tradition dont elle est la dernière garante je pense.

Dans un autre registre nous croisons beaucoup de sportifs de l’extrême, des clones de Lance Armstrong, Salomon au pied, Oakley sur le nez, traînant dans les rues ou dans les restaurants avec d'énormes sacs sur le dos. Car l'endroit est un haut lieu du parapente et on ne peut éviter de croiser ces pratiquants très lookés.

LES BALADES AUX ALENTOURS


Il y a sûrement de très belles randonnées dans la région, même si les environs ne dépassent pas je crois les 1600 mètres d'altitude. Mais comme souvent dans le pays, nous n'avons ni cartes ni informations sur ce qu'il y a à faire. Un petit coup d'œil sur une image satellite vue sur internet et nous découvrons un lac, des sentiers...Voilà comment s'organisera notre promenade. En fait nous comptions d'abord passer beaucoup de temps sur le site du Makédonium. Ce site, architecturalement audacieux, est à Krusevo ce que l'Atomium est à Bruxelles. On y accède facilement par une route depuis notre hôtel. L'endroit n'est pas immense et se découvre en moins d'une demi-heure. Des arches couchées blanches, une crypte circulaire avec les noms de personnalités qui ont lutté, une esplanade circulaire avec des petits plots blancs façon colonnes de Buren, des sculptures représentant les motifs des tapis du pays et surtout l'immense sphère de 34 m de haut, ressemblant à un engin spatial ou au virus de la grippe, avec ses protubérances multiples. A l’intérieur, des vitraux, des symboles de la lutte : rien de bien fascinant pour nous mais l'endroit est calme et serein et nous apprécions la visite.

Juste à côté on trouve un musée, d'architecture bien plus moderne, sorte de mausolée-musée en hommage à une gloire nationale-locale de la culture pop morte à 27 ans d'un accident de voiture et pour lequel les gens vouent un véritable culte. Nous ne paierons pas l’entrée, quoique modique, nous nous contenterons de quelques vues volées sur Tose Proeski en tee-shirt, de mots enflammés sur mur des fans. Il faut savoir que dans la principale église du village, sa photo est accrochée au milieu des icônes. Une sorte de Grégory Lemarchal Macédonien, aimé et mort trop tôt. De là nous sommes partis en sandales vers le lac artificiel, tout proche. L'eau n'y est pas translucide, on y voit nager un serpent et flotter du crottin de cheval en quantité mais c'est relativement agréable. Les abords sont colonisés par les tentes des cavaliers, et leurs chevaux, qui participeront aux célébrations. A noter l'état parfois lamentable de ces pauvres bêtes qui n'ont pas du tout l'air d'être ici chouchoutés comme nous le sommes.

On part alors au hasard, vraiment, sur des sentiers, traversant des champs parfois, et accompagnés d'un fidèle guide à 4 pattes fraîchement sorti de son bain dans le lac. Nous arriverons à une statue, sur un petit promontoire, non loin d'une grande croix. C'est un site de parapente permettant l'accès à un panorama remarquable mais vu la chaleur et notre équipement peu adapté, nous préférons rebrousser chemin. Et puis nous ne voulions pas déshydrater davantage ce pauvre chien haletant à nos côtés. La vue sur le lac et sur les montagnes au loin est tout de même très belle.

LES CELEBRATIONS


Par chance nous visitons la ville la semaine la plus chargée de l’année niveau festivités. En 1903 la ville est devenue célèbre pour avoir été le lieu d’une rébellion face à l’empire ottoman menant lieu à une courte république vite réprimée par le sang. Le 2 août est la date clé, fête nationale depuis et des célébrations ont lieu avant et après cette date. Nous avons la chance de voir, sur la petite place devant l’église Saint Nicolas, une drôle de cérémonie. Des femmes offrent du pain et du vin à des cavaliers entrant dans la ville alors que les officiels les saluent en tenue d’époque. Voir ces guerriers peu souriants, en tenue paramilitaire, souvent avec leurs barbes, me fait imaginer la pâle figure que je devrais avoir s’il me fallait combattre ces gaillards. Et quand on sait que la guerre civile faisait rage en 2001, cela n’est pas si lointain. Il n’y a quasiment que des locaux autour de nous, c’est un peu comme chercher des suédois au dépôt de gerbe à Villefranche-du-Périgord. On observe les familles, qui font goûter le pain qui reste, et je fais comme eux. Les chevaux eux n’ont pas l’air en joie, ils refusent parfois d’avancer et leur état ne montre pas un excès d’attention de la part de leurs maîtres.

Un peu plus tard dans la soirée nous assisterons à un concert sur une petite place, avec un amphithéâtre, en plein cœur de la ville. Sur scène les chanteurs et chanteuses défilent pour entonner leurs tubes, certains en playback. Ce sont là exactement les types de chansons que l’on entendait le soir quand on allumait la télévision pour justement obtenir cette ambiance musicale assez désuète. Car on se croit dans une sorte de Chance aux Chansons, sur un son et un style rappelant nos années 90. Le public connaît les paroles, mais l’ambiance reste mesurée. Nous sommes presque les plus enthousiastes devant ce spectacle populaire. Au-dessus de nous, le boucher reste ouvert et malaxe de la viande hachée, parfois, et écoute le concert sur le pas de sa porte, souvent. Les enfants dansent, s’amusent à rendre fou un berger allemand avec des lasers courant au sol, les ados mangent des sortes de galettes avec du ketchup et de la mayonnaise. Nous mangerons dans un petit restaurant devant un autre concert très agréable. Un peu plus loin un jeune homme mixe sur ses platines, dans une autre ambiance.

Un autre soir nous avons assisté, sur la grande place devant le mémorial du jeune chanteur, pas très loin du Makedonium, à une autre célébration et à un autre concert. Beaucoup de monde, des stands de nourritures, un baby –foot, un punching-ball, un stand de tir, des vendeurs de jouets et de ballons, de souvenirs...Une sorte de petite kermesse sans manèges. Les officiels prononcent leurs discours sur la grande scène, on entend le mot Makedonia toutes les 20 secondes. Cela sent le discours patriotique. Nous sommes le 1er août et demain sera la grosse cérémonie, qui bloquera le village, avec des personnalités de tout le pays. Les policiers sont déjà un peu partout, ainsi que des sortes de milices de sécurité , des gars qu’on n’ a pas envie d’ennuyer. Toutes les générations sont là dans une ambiance bonne enfant, pas de bandes qui zonent comme souvent chez nous. Même si la musique ne nous emballe pas, on se plaît à baigner dans l'ambiance, observant les attitudes et les habitudes, quelque peu différentes des nôtres et donc intéressantes. Les gens mangent des graines de tournesol dans des cornets en papier, ils ont un grand succès, des beignets à la sauce chocolat pour lesquels la queue est constante. Nous testerons un bon sandwich au poulet cuit au grill avec des épis de maïs doux acheté à une dame derrière son petit barbecue. Une très bonne soirée. De notre chambre on entendra encore longtemps la musique. Je reconnais du Mötorhead ; ce qui m'assomme et m'endort direct, d'un sommeil ...heavy.

Une vidéo sur l'ambiance musicale dans la ville pendant les cérémonies précédents le Jour de la République.



Le lien vers les quelques  ​​​​​​​​​​​​​​​PHOTOS  de Krusevo. 





PRILEP ET LES ENVIRONS

Nous quittons la ville de Krusevo assez tôt en bus pour éviter la foule qui ne tardera pas à arriver pour assister aux cérémonies de la fête nationale. Nous arrivons dans la ville de Prilep, qui n'a rien pour retenir très longtemps le touriste. Nous avons une grosse matinée à passer ici, les trains pour Skopje étant rares, un très tôt le matin, le suivant étant en début d'après-midi. Les employés de la gare, sympathiques, nous gardent nos bagages gracieusement. Dans la gare routière déserte, proche, nous négocions un taxi pour aller voir le monastère de Treskavec, à une quinzaine de kilomètre, dans la montagne. Ce n'était pas vraiment une priorité pour nous mais, vu le prix des taxis ( ici 600 denars , attente comprise soit environ 10 euros) , les possibilités d'excursion augmentent.




En ce 2 août, nous remarquons que les habitants viennent visiter leurs morts, des marchands de fleurs s'installant près des cimetières, bien fréquentés, en ce jour férié. La route pour monter au monastère est superbe, terriblement raide, sur une belle route goudronnée, récente. Le taxi nous laisse sur l'aire de parking, bien en-dessous du site, sûrement pour laisser l'unique moine dans un état de sérénité convenable. Je note quand même une antenne relais pour le téléphone portable juste à côté du site, le moine n'est pas si seul. Les parties habitables ayant récemment et mystérieusement brûlé, le monastère n'est pas aussi tranquille que d'autres, recouvert qu'il est d'échafaudages.





Le plus marquant ici ne sera pas l'église, bien que sa visite soit originale, car on entre dans un lieu miraculé des flammes et on y apprécie d'autant plus les vieilles fresques. Le plus impressionnant est vraiment la vue (on est ici un peu en dessous d'un pic à 1420 m d'altitude) sur la vallée, sur le pic Pelister au loin et sur la ville de Krusevo. Le site avec ses rochers et ses teintes ocres est aussi remarquable



Le taxi nous déposera plus tard près de la zone piétonne, dans le petit quartier ottoman de la ville de Prilep. L'endroit est agréable, avec la belle tour de l'horloge, les ruines de la mosquée ( détruite lors de la dernière guerre civile). Les boutiques sont fermées mais les devantures suffisent à m'intéresser. Et le marché est lui bien vivant, avec toujours ces odeurs de pêches, de fruits à des pris dérisoires ( 15 centimes d'euros pour les tomates, 2O centimes d'euros pour les pêches...), on achète mais on aimerait que cela dure tellement le retour à la normale sera dur dans nos marchés français. La villes est très calme et le centre finalement agréable. Le déjeuner sera pris dans un restaurant traditionnel avec toujours autant de plaisir (courgettes frites à l'ail, taratur, salade au thon, crêpes aux pommes et à la banane).



Nous voilà finalement à attendre le train pour Skopje, but de notre arrêt dans cette ville. La gare est tranquille pour une ville de 65000 habitants, les gens se rafraîchissent dans la petite fontaine en attendant sous le cagnard, cherchant l'ombre sur le quai.

Le trajet durera 3 heures. Le train est moderne et confortable. Les contrôleurs jouent aux cartes avec les policiers en écoutant les classiques de la pop, reprenant les refrains de Whitney Houston et autres. L'intérêt de ce trajet réside dans les paysages, le train serpentant dans les montagnes, reliant des villages isolés, s'arrêtant parfois au milieu de nulle part ou dans des gares désaffectées. Nous découvrirons la gare ferroviaire de Skopje, à l'intérieur morne et triste. Pour notre dernière soirée en ville nous déambulons dans le quartier ottoman, les boutiques fermées offrant un visage bien différent. Le même petit garçon mendie au pied du pont, toujours surveillé de près par les autres membres de la famille, non loin. Nous découvrirons Skopje la nuit, les éclairages vifs renforçant l'aspect artificiel de tous les monuments. Les enfants jouent dans les jets d'eaux sur la place de la Macédoine. Les gens sourient et semblent heureux. On quitte la capitale et son atmosphère détendue pour rejoindre notre petit motel de bord de route tout près de l'aéroport. Réveil à 4h00 pour un départ matinal. Le retour sera confortable, entre nos escales à Zagreb et Paris. 15 heures plus tard je descends du train à la gare de Penne d'Agenais. Du début à la fin, un voyage qui se sera déroulé sans aucun stress, sans pression, sans se presser. Un voyage vacances réussi de bout en bout.



Le lien vers les quelques  ​​​​​​​​​​​​​​​PHOTOS  de Prilep et des environs. 





LA VIDEO DU SEJOUR

Le voyage en quelques ambiances : parc de Mavrovo, pic de Pelister, Monastère Saint-Naum...

CONCLUSION

Lors du vol retour vers Paris, un français du rang de derrière  nous pousse à mettre les boule quies pas son discours ennuyeux et navrant. Il est plus dérangeant qu'un moteur d'airbus, plus nocif pour nos oreilles. Sa croisière de ports en ports, son voyage «  les Balkans en 10 jours » d'une capitale à l'autre , ses analyses géopolitiques et ses commentaires du genre « payer en dénar c'est l'horreur !», tout cela est bien trop pour nous.  Il représente l'opposé de ce que nous sommes dans le rythme, l'approche culturelle ou  le style de voyage. Il voudrait que tout le monde ait sa monnaie, il voudrait voyager comme à la maison, transportant ses préjugés et sa superficialité dans ses bagages bien lourds. Car ce tourisme là pèse, ses remarques sont lourdes à entendre après tant de légèreté durant tout le séjour. Elles soufflent un vent mauvais qui érode les terres fertiles que recherche le voyageur en quête de dépaysement et non d'un autre chez lui. C'est à ce genre de touriste qu'il ne faut pas parler de la Macédoine car je n'ai pas envie de l'y croiser avec ses euros pleins les poches et ses jugements à la va-vite. Nous sommes partis franchement peu motivés, sans véritables attentes sur ce petit pays méconnu que la plupart des gens ne savent pas situer sur une carte. Un pays qui n'arrive  pas encore à attirer vraiment les touristes occidentaux car il ne recèle pas, sur le papier de merveilles au sens admis du terme. On a passé un séjour terriblement confortable, sans aucun stress, sans aucune crainte et surtout dans une ambiance étrangère et différente. Un bon dosage c'est 5% de touristes et 95% de locaux, au-delà, c'est indigeste et toxique. En ce sens le pays est en entier un trésor caché. Je me dis  que la principale qualité d'un trésor, outre la quantité d'or et d'objets précieux qu'il contient, est qu'il demeure caché, à l'écart des regards.  C'est ainsi que le mot a du sens dans l'enfance. L'avenir du tourisme, qui est dans sa maturité triste,  n'est pas pour moi forcément dans le grandiose si le grandiose est  recherchée et  à portée de tous. L'espace est mon luxe quand il est vide de voyageurs.  Alors je m’interroge, je suis partagé entre l'envie de voir mes proches apprécier ce pays comme nous l'avons fait tout en souhaitant vouloir préserver l'honnêteté, la simplicité, la gentillesse des gens, choses qui disparaissent  rapidement en proportion de l'afflux de touristes . Il faut être prudent, et ne pas faire comme Ali Baba devant sa grotte, tant pis pour les gens du village. Alors j'écrirai juste «c'était bien» et ne développerai pas plus en espérant que personne de mal intentionné ne m'entende. Cela pourrait se répandre, ouvrir des portes, ouvrir des lignes aériennes, construire des aéroports, monter  des resorts où les touristes « du rang de derrière » enverraient le soir leurs selfies au reste de la planète. Cela peut arriver bien vite. Qu'on me prévienne, et j'irai  ailleurs, bien loin, il y aura bien une autre grotte. 


LE  SEJOUR EN 5 COUPS DE COEUR :

- Les magnifiques parcs nationaux de Mavrovo, Galicica et Pelister, loin des foules.
-La belle cité historique et balnéaire d'Ohrid et son festival de musique classique.
-les hébergements à l'hôtel Diplomatique, à l'hôtel Tutto , dans les  Villa Dihovo et Lollobrigida.
-les monastères de Saint Naum et Saint Jean Bigorski et leur atmosphère sereine
-Les quartiers ottomans de Skopje , Ohrid ou Bitola



LE POUR : la gentillesse des gens,  la facilité de l'organisation, le sentiment de voyager en première classe, l'absence de tourisme de masse, le beau temps, les transports en bus et en taxi, les parcs nationaux sans la foule estivale, les fruits et légumes, les repas au restaurant, la qualité de l'hébergement, les sites historiques ottoman.
 
LE CONTRE : les hautes températures...à part ça , je ne vois pas.