MONTENEGRO
Pourquoi le MONTENEGRO ?
23H52, un 31 décembre, je clique un peu au hasard et réserve un vol pour Dubrovnik, après une soirée un peu folle, loin d’une fête. Tout commence dans le monde d’avant, d’avant le Covid, alors que nous devions partir pour Tenerife. Tout était réservé, payé pour 2 semaines, quand un confinement soudain nous fit tout annuler. Il s’ensuivit un long échange avec la compagnie pour se faire rembourser. Impossible, seulement un bon d’achat généreux que nous devions utiliser avant la fin 2021. Alors j’ai communiqué avec Bordeaux, longuement, pour qu’ils se décident à trouver un projet. Mais tant que la date fatidique ne fut pas atteinte, rien ne bougea. Nous tombâmes très tardivement d’accord pour un autre vol vers les Canaries. Mais au moment de payer, problème, Thierry ne trouvait plus son code et son bon. L’heure avançait, j’attendais prêt à cliquer pour confirmer vers Tenerife avant de changer de destination un peu avant minuit pour trouver un voyage que je pourrais faire seul et pour sauver mon bon. Et voilà un billet pour Dubrovnik, avec en vue le Monténégro, proche. Un choix un peu au hasard, pas un projet. Le lendemain, à l’aube de 2022, après appels à Volotea, les Bordelais rétablirent le bon et le problème se résolut. Nous partirons au Monténégro. Sauf que, une semaine avant le départ, un préavis de grève des pilotes de la compagnie tomba. Suspense et arrêt total de la préparation. La veille, tout se remit en ordre. Nous allions partir avec un programme un peu bancal. Un voyage maudit, du genre à se demander si le destin ne m’incitait pas à rester. Mais il n’y eut pas de crash et tout se termina fort bien. A nous les Balkans.
PLAN DU VOYAGE
Voyage avec Cléa, Alice, Caroline, Annie et Thierry B du 16 au 30 avril 2022.
Notre ville d'entrée et de sortie sera Dubrovnik, en Croatie. Pratique car on va pouvoir faire un circuit circulaire depuis cette ville très proche de la frontière. Le territoire n'est pas très grand, pas plus qu'une région française, mais très dense en termes de paysages. Nous avons choisi un circuit mélangeant la partie maritime, l'intérieur et son histoire ainsi que les magnifiques parcs nationaux. Impossible de tout voir en 15 jours, bien sûr. On va commencer par 1 nuit à Herceg Novi, joli station balnéaire et belle vieille ville, toute proche de la frontière. Nous passerons ensuite 2 nuits dans la petite ville de Perast, classée à l'Unesco, au milieu des bouches de Kotor. Expoloration et randonnée sur un sommet incroyable. Puis 3 nuits à Kotor, pour sa vieille ville. Excursion à Budva et Sveti Stefan. 2 nuits à Cetinje, à l'intérieur des terres pour découvrir la capitale historique et ses musées. Transfert plein nord pour 2 nuits à Kolasin, aux portes du parc national de Biogradska. Très belle randonnée vers le Mont Bendovac. Transfert vers Zabljak et le parc naitonal du Durmitor pour 3 nuits et de superbes randonnées dans le parc. Enfin, retour vers Herceg Novi pour une dernière nuit avant le départ.
PERIODE :
Au niveau du climat, la saison est je trouve parfaite. Voilà bien un pays que je ne voudrais pas faire en été. Je crains la canicule sur la côte et un monde de dingue. Je crains les vieilles villes bondées. Je crains le monde en montagne sur les sentiers les plus fréquentés. Et puis il manquerait cette belle neige!
Nous avons eu certes un peu de pluie qui a enlevé du charme à la randonnée côtière. Nous avons aussi vu le pays en plein chantier tant les ouvriers préparent la saison d'été. Rien n'a été nettoyé en cette saison.
Mais j'ai beaucoup aimé le côté hors saison bien que limite pour les accès aux parcs nationaux.
Pour en savoir plus sur le climat et les bonnes périodes , voir sur le site de partir.com sur la Monténegro.
Au niveau de la fréquentation on est en basse-moyenne saison, donc on a étés bien tranquilles. Bien sûr, quelques bateaux de croisières à Kotor et des français dans les montagne, mais rien d'insumontable. Pourtant en juste 2 semaines nous avons vu la fréquentation vraiment augmenter.
NIVEAU :
Très facile
Pour peu que vous parliez un peu anglais il est aisé de voyager dans ce pays. Le paiement est en EUROSS, le système de transport est très bien fait et ponctuel, les gares modernes, les horaires affichés un peu partout, les cartes bancaires sont très utilisées. Souvent les gens parlent anglais même si ce n'est pas toujours simple avec les taxis ou dans certains hôtels.
Pour trouver un hébergement ce fut très simple car tout est peu cher pour nous. Nous avons tout réservé avec booking.com et Airbnb.
Niveau physique...rien à dire. La marche en montagen, dans la neige, peut être éprouvante mais il suffit alors de prendre son temps, de faire des pauses et on y arrive. Comme chez nous, il faudra faire avec sa condition physique du moment.
Niveau hygiène, pas une seule alerte de santé. C'est l'Europe moderne, rien à ajouter. Même l'eau du robinet est bonne.
Aucun sentiment d'insécurité . Je n'ai vu aucune bande de gars inquiétante, ni bagarres, ni scènes violentes. J'ai trouvé l'ambiance très relax, y compris dans les gares routières et ferroviaires. Ne pas se fier aux physiques de colosses de certains types. La violence est peut-être là mais cachée.
Un voyage confortable ,relaxant niveau moral et je rentre apaisé et en forme .
HEBERGEMENT ET BUDGET (2022) :
Le voyage m'est revenu à 720 euros pour 15 jours ( 240 euros d'avion , 480 euros de logements, de visites, de nourriture et de transports sur place ) . Ce qui est très peu cher je trouve car on n'a pas trop compté,mangeant au restaurant quand on voulait, prenant les taxis et dormant dans de beaux hôtels à chaque fois. Le rapport qualité prix est vraiment excellent.
La prix des chambres , pour 6, variait de 50 à 110 euros. Mais on peut trouver beaucoup moins cher. On avait parfois de vraies belles maisons.
Sur les entrées de musées, elles sont assez chères pour le pays : de 5 à 8 euros. Pass à 12 euros pour Cetinje.
Sur les transports, Les transports en bus longue distance ne sont pas chers du tout. On ne payait jamais plus de 10 euros dans des bus souvent confortables ou dans le très beau train reliant Prilep à Skopje.
Nous avons payé 70 euros pour le taxi entre Dubrovnik et Herceg Novi. Très bon confort pour 6 personnes. Le taxi nous coutait de 1.5 à 10 euros . Pes cher du tout. Ne pas s'en priver.
PAS BESOIN DE LOUER UNE VOITURE!
Pour nous nourrir, on faisait quelques courses dans les supermarchés et les petites épiceries.
Pour les restaurants, l'accueil était parfois froids, à nous décourager. Mais ceux que nous avons testés étaient, en grande majorité, très bons. On mange bien pour 5 à 10 euros par personne. Au final, un voyage plaisir au niveau de la gastronomie.
Les marchés rencontrés, à Kotor ou à Herceg Novi, nous semblaient peu authentiques.
Pour préparer ce voyage j'ai utilisé :
SITES GENERALISTES
- le site du Routard . Toujours une bonne base pour choisir sa destination mais pas de guide papier. Nous avions un vieux PDF du Rough Guides de 2009 qui nous a suffit.
- le site officiel de l'office du tourisme . Bien fait.
- le site du Lonely Planet .
- le site du Petit Futé. Toujours très pratique. Le guide papier sera le seul trouvé sur la destination.
- un site très bien fait pour les transports en bus . Indispensable.
- un tas de blogs sur la destination, à vous de fouiller un peu.
A travers la Croatie
Difficile d’évacuer le stress en ce départ matinal de Dausse. La grève menaçait, la compagnie low-cost des Baléares, Alba Star, envoyée à la rescousse, nous sauvait la mise. L’organisation se compliquait, 5 nuits n’étant pas réservées, et je me voyais déjà rester en France pour ce samedi. Départ donc un peu précipité et passage à Gradignan pour un taxi-Thierry vers l’aéroport de Mérignac, en chantier. Croissance malgré l’urgence. L’aérogare central nous est offert, nous évitons le hangar à bas prix. La normalité d’hier est le luxe d’aujourd’hui. Pas tant de monde pour un début de vacances, c’est un bonheur de retrouver les aéroports après tous ces mois sans vol. 1 h de retard, de quoi se parfumer un peu plus. Système optimisé de remplissage d’avion. « Il se pose et décolle aussitôt » comme dirait l’humoriste.
HERCEG NOVI
Compagnie convenable, notre bon Volotea nous permet même d’avoir un supplément Pringles et jus d’orange. Très beau vol, un cours de géographie de plus de 2 heures. Mont Ventoux, Cap Corse, Italie, îles de Croatie, Dubrovnik et la veille ville. J’en oublie les Pringles dans le sac. Littoral assez construit, le béton coule. Je retrouve, d‘un ancien séjour, ces montagnes balkaniques à la couleur si particulière, très arides, voire inhospitalières. L’atterrissage est d’ailleurs assez brutal, le vent étant très violent. On applaudit le pilote équilibriste. Le taxi que j’avais réservé la veille nous attend. Un bon Mercedes bien classe qui nous mène tranquille vers la frontière par une route assez sauvage et détournée (voir ci-dessus). Deux contrôles d’identité pour passer la douane, gérés par Tomislav notre chauffeur, des collines, des oliviers, un panneau « attention aux cochons ». Si nous sommes témoins de trafics, de prostitution, un numéro sur une affiche nous incite à le signaler. Le ton est donné. Bienvenue dans les Balkans. Dépaysement confortable de derrière la vitre. On nous dépose à Herceg Novi, ville balnéaire à moins d’une heure de l’aéroport. On s’y sent au milieu des locaux dans notre appartement simple mais confortable, avec vue sur mer, dans un quartier un peu éloigné de la Vieille Ville. Très sympa. Premier contact agréable. Les montagnes en arrière plan, l’Adriatique paisible, la promenade bétonnée un peu déserte, de petites plages de galets, des sortes de club de natation, de superbes maisons très modernes, quelques restaurants, des jeunes en promenade. Atmosphère conviviale. Une petite marina, une piscine imposante, siège d’un important club de water polo, les pieds dans l’eau salée, au pied de la Vieille Ville, toute en pente et en forts. Nous prenons un repas au pied de la tour de l’horloge, éclairée, un peu au hasard. L’accueil est froid, impression de déranger la serveuse. Bon plat de spaghettis aux fruits de mer, mais pas le meilleur du séjour. Musique année 80, un peu Starsky et Hutch. Peu de touristes en ville, un vieux couple à côté de nous et leur chien qui comprend le baby talk. Un chat quémandeur. Ambiance authentique et paisible, un samedi soir sur la côte monténégrine.
Le vent s’est levé pendant notre sommeil. Les chaises renversées sur le balcon, la mer vieillie, toute ridée, les palmiers tout excités. Mon loup et mes bouchons d’oreille sauveront mon somme, de qualité. Ceux qui refusent ces artifices en souffriront. Petit déjeuner léger, avec notre pauvre boite de céréales et notre litre de lait, à rationner. Nous laissons les sacs dans l’appartement, il semble que la propriétaire nous laisse le temps d’aller faire un tour de la ville. Nous ne sommes pas très sûrs. Nous décidons en ce dimanche de Pâques, de visiter le monastère de Savina, à l’est de la ville.
Un bon quart d’heure à pied, dans cette ville contrastée, avec ses nombreuses anciennes maisons et ses quartiers plus modestes. L’animation bat son plein autour du beau monument qui surplombe la mer sans vertige et se gonfle de croyants, les femmes souvent en noir, les enfants avec des cloches au cou.
Nous rentrons dans l’église pendant la communion, les gens se retrouvent et s’enlacent parfois. Ferveur, dans les chants et les prières. Des pâtisseries sont offertes sur des tables dans la maison attenante. Nous laissons cela à la tradition. Les cimetières de cette partie de l’Europe m’émeuvent toujours autant avec ces photos des défunts qui nous regardent, si proches depuis une éternité. Des tombes fleuries, des fleurs sous des plastiques, les corps sous les pierres. Un petit sentier mène à une petite église, fermée, un peu au-dessus. La vue sur le monastère et sur la mer est belle malgré le vent incessant. Personne, mais une porte fermée. Juste quelques fresques visibles dans l’entrée et encore des tombes parlantes. Un bel endroit, dans une ambiance méditerranéenne.
Nous reprenons la promenade, très calme ce dimanche matin, quasi déserte même. Les locataires des maisons du bord prennent leur déjeuner dehors, lisent le journal. Drôle d’ambiance, une station balnéaire sans baigneurs, ni joggeurs, ni rollers, ni dealers, ni rien. Un Venice endormi. Je ne m’en plains pas, bien au contraire. On se sent dans la vie simple des locaux du coin, lors de la promenade pascale. Nous visitons ensuite la Vielle Ville. Une bande assez étroite rampant vers la mer, s’y jetant même. Des murs assez bien conservés mais couchés dans l’eau, au pied de la forteresse Forte Mare(voir ci-dessous). Impressionnante vue d’en bas, d’une petite plage de galet ou nous déjeunerons plus tard de délicieuses tourtes à la viande, au fromage, aux épinards. Les fameux bureks.
On a dévalisé le stock de la boulangère, une très sympathique commerçante qui nous offrira même des muffins ! Nous ne visiterons pas la forteresse, payante, pour sa vue. Les ruelles demeurent encore un peu dans leur jus. Un site pas entièrement propret ni aseptisé par la modernité. Cela reste du pavé disjoint, du mur non gratté, sans marchands de tout, de rien surtout. Une Vieille Ville où les habitants habitent encore. Critère ultime de qualité. Nous ne croisons que peu de touristes en fait. Comme j’aime. Promenade encore au bord du port, on y vend des glaces, on y mange à l’ombre. Comme partout ailleurs mais avec une population, une langue, un style de boutique, qui m’assure d’être bien à l’étranger, ce que l’on oublie parfois dans certaines copies du monde, à l’autre bout du monde.
On se sent bien ici, c’est relax et planant. Nous étions repartis chercher les sacs dans notre appartement, ils attendaient près des lits faits. Direction la gare des bus. Toute petite, 5 minutes d’attente et un bus pour nous seuls. Direction Perast.
PERAST
Tout près à vol d’oiseau mais la mer Adriatique se perd ici en une bouche toute tordue, en forme de papillon. On observe quelques villes côtières moins proprettes qu’Herceg Novi, une architecture parfois un peu austère, quelques constructions anarchiques enlaidissant ce joli coin. Sur les collines en face, le béton grignote la verdure. Le bus nous dépose à l’entrée de la petite ville de Perast, un gros village plutôt. Un parking quasi plein mais je n’ai pas le sentiment d’être oppressé par la foule. On retrouve notre propriétaire qui en 3 minutes chrono, nous explique tout sur son appartement, au pas de course. Superbes vues depuis notre terrasse (voir ci-contre), orangers dans le jardin, palmiers et la mer ! On va beaucoup aimer ce séjour dans cet endroit classé à l’Unesco. Héritage historique évident tant les palais et les églises abondent ici. Nous allons explorer les ruelles pentues, cherchant l’appartement de Djokovic (propriétaire ici!), sans succès. Il doit avoir oublié de mettre son nom sur la boite aux lettres.
C’est très beau tant dedans qu’au-dehors. La vue d’abord sur la baie, sur deux petites îles minuscules, toutes proches du bord, ou un monastère et une église reposent à même l’eau. De belles maisons en pierre, parfois d’autres encore en ruine. Des hôtels, un palace même. De belles voitures aux vitres fumées, la norme ici, des Yugo rouges, des chiens qui s’amusent, des chats, beaucoup de chats, un côté Saint Trop en puissance, peut-être, mais discret en cette saison. Cela doit être bondé l’été. Et vu l’unique route étroite qui longe le rivage, j’imagine le pire. Un musée maritime qu’on ne visitera pas, malgré l’histoire de la ville et ses précieux et fameux navigateurs et cartographes. Encore du vieux sale, mais la rénovation court et rattrape la patine de l’ancien.
Beaucoup d’églises, parfois difficiles à atteindre. Pas de rues ici mais des ruelles. Plan impossible. On peut voir un clocher sans savoir comment s’y rendre. Dédales amusant, en mode exploration. Des culs de sacs, des grilles parfois, beaucoup de chambres à louer et d’appartements. Pas de magasin, Unesco oblige. Un petit supermarché, minuscule, mais pas d’agences immobilières, un petit magasin de souvenirs.
Fatigués, en manque de légumes et de fruits, saoulés par le vent, on rentre manger nos tourtes à la maison. L’accueil d’un restaurateur local nous a refroidis. Feu d’artifice en face. Très bel endroit au passé bien présent.
Une petite vidéo sur Perast.
forteresse de Sveti Andrija
Mon réveil matinal s’accompagne du plaisir de descendre les ruelles du vieux Perast, réveillant les chats, stimulant les organes vocaux canins, pour faire les courses du petit déjeuner dans l’unique petite épicerie du village. La maison sommeille encore, je partage déjà le muesli, scotché devant la vue sur la baie de Kotor, ce matin toute calme. Les clochent sonnent, le village s’anime. Les bateaux amènent les quelques touristes sur l’île en face, une petite voiture électrique du palace local part chercher ses clients. Le village sans le vent offre une toute autre image, bien plus apaisée et romantique. Nous prendrons depuis le centre un petit bus pour le village suivant de Orahovac où commencera notre randonnée. Quelques réserves de dattes et de yogourt à boire dans la minuscule épicerie devant l’arrêt de bus et nous démarrons la montée par des rues assez raides jusqu’à atteindre la dernière maison où le sentier débute. La trace dans la montre, il sera en fait évident jusqu’au bout. La randonnée suit un chemin ancestral impressionnant tant la bravoure de ces constructeurs nous interpelle.
Durant les 12 km du jour, nous allons toujours suivre un chemin empierré et renforcé de murets. Un travail incroyable, à but défensif. Le sentier s’élève et les vues sur la baie de Kotor se dégagent à chaque pas. L’ambiance est très minérale avec très peu d’animaux sauf de grosses couleuvres que nous croiserons. L’atmosphère est assez hostile sur les sommets, nus de végétation.
Les odeurs de garrigues s’expriment quand même. Nous atteignons une ruine (ci-contre) puis un village globalement abandonné où les chèvres se régalent des buissons. Nous explorons ce lieu très dépaysant. Je suis dans le sud, entre la maison de Jean de Florette et la Grèce. Nous découvrons une maison désaffectée. Dans un buffet, au milieu des sommiers, des poêles, un article de journal… et Djokovic en allume feu. Repas dans une clairière très paisible, un très bel endroit et quasiment personne en chemin. On se sent bien loin de la côte toute proche, en pleine nature. Le sentier bascule sur la crête et là c’est le choc.
Au sommet, nous resterons longtemps dans la forteresse austro hongroise de Sveti Andrija(743 m), sans se lasser du paysage. Le site est bien entretenu compte tenu de son isolement. Une citerne sans protection laisse néanmoins présager une mort horrible à celui qui y égarerait un pied. Neige sur les sommets lointains. La descente est un peu traître mais impossible de se perdre sur ce sentier empierré, en moins bon état que celui depuis Orahovac.
Un navire MSC quitte la baie devant nous, corne de brume en marche. Autre tourisme. Je ne les envie pas dans leur cage. Les îles de Perast apparaissent bientôt, nous arrivons sur la route au- dessus du village. Journée incroyable. Quelle belle randonnée ! Soirée à essayer de régler mon problème d’ordinateur qui rend l’âme. Les chants inspirés et les danses traditionnelles à la télé nous inspirent de belles chorégraphies et quelques rires.
Une petite vidéo sur la forteresse de Sveti Andrija.
Le temps clément de ce matin nous incite à profiter d’une de nos deux terrasses, sous un oranger, profitant de la vue sur la baie. Tout est très calme, nous devons être les plus bruyants du quartier. Un couple depuis son balcon nous salue, un voisin balaie sa terrasse. L’endroit est si paisible, avec ce ballet modéré de bateaux sous les yeux. Rien d’urgent. Nous partons avec les filles explorer les dernières rues inconnues de la ville. Il nous reste une ou deux églises visibles mais encore inaccessibles. On se dirige un peu au hasard des ruelles, au milieu des travailleurs qui s’acharnent à rénover les dernières maisons ou les ultimes jardins sauvages. La ville dans dix ans aura perdu chaque brin d’herbe inutile. Les ruines de quelques grandes demeures, il y en a, se couvriront d’étoiles, 4 ou 5. Nous poussons une porte marquée d’une croix, une église, son parc et son presbytère, sont pour nous tous seuls. Victoire ! D’autres restent fermées. Des ruelles ne mènent nulle part ou à des grilles, ce qui ajoute au charme du village. Le bus s’attend devant l’église. Les taxis boat défilent et embarquent les touristes, chaque jour plus nombreux depuis dimanche, vers la petite île en face. Nous ne sommes pas tentés, on ne saura jamais si nous manquons quelque chose. Un bateau en bois, genre Riva, emmène un couple et son guide très classe vers Kotor. « Like a rock star ». Les clients de l’hôtel Conte prennent le frais sur leur ponton privé. Les maîtres d’hôtel en tenues traditionnelles attendent les commandes. Nous quittons ce très bel endroit qui nous aura tous séduits.

Le lien vers les PHOTOS de Perast.
KOTOR
Le bus, plein, nous laisse à la gare des bus de Kotor, après un court trajet. La route passe par une succession de villages balnéaires sans âmes où le béton domine. Que font tous ces gens en pleine saison dans ce bout de baie ? Je m’y sentirais bien à l’étroit. Avec quelques difficultés nous errons d’abord dans des friches industrielles pour trouver notre superbe maison et sa famille de propriétaire très sympathiques. Une maison d’ancien marin, décoré dans l’esprit, avec étage et confort cosy. On s’y sent à notre aise, tellement que l’après-midi commence par une énorme sieste. Nous partons ensuite à l’assaut de la forteresse qui surplombe la ville. La Vieille-Ville doit être traversée, j’essaye de ne pas trop lever les yeux car ce sera le programme de demain. L’entrée par la porte sud est impressionnante avec un bassin d’eau translucide, un pont levis et les fortifications au- dessus, sorte de muraille de Chine à la verticale. La Vieille-Ville est assez petite et confinée au bord de son port et d’une route au trafic assez dense. Un paquebot de croisière quittera le port avant notre venue, nous sommes sauvés de la foule.
L’endroit se montre à l’évidence très touristique, avec bon nombre de marchands de souvenirs, glaces, pubs branchés etc. On est loin de Perast, préservée de ce point de vue. Mauvaise surprise, on doit payer 8 euros à un type avachi dans une petite guérite pour passer un tourniquet et se lancer sur les pavés impolis nous faisant trébucher. De tout sur le sentier menant à la forteresse, des Français, un Québécois qui nous offre des hugs, quelques instagrameuses en leggings moulant, un téléphone greffé à la main, enchaînant les montées, un couple d’Allemands et son drone, des Asiatiques et leurs téléphones… La montée est raide, sèche, avec un escalier en grosse pierre longeant le rempart et des bas-côtés un peu délabrés. Où va l’argent des entrées, tant le site semble abandonné ? Seules quelques poubelles roses par ci par là décorent le lieu. Les vues sur Kotor et la baie sont très belles, on compte les églises, on s’amuse à voir toutes ces maisons toutes serrées les unes à côté des autres.
On s’égare dans les remparts. Impression de muraille orientale, ou de temple mayas le long de raides escaliers entourés de murs où les arbres poussent entre les interstices. Une église à mi-chemin, sans intérêt. Une porte sous une statue de lion vénitien et nous voilà au sommet. Une dame vend des boissons montées à la glacière, écoute de la musique et observe le grand drapeau national flotter au vent. C’est très beau mais un ton en dessous de l’extase d’hier. Le côté piège à touriste enlève un peu du charme mais le lieu est quand même difficile à ignorer. Le sentier en contrebas peut continuer pour aller au sommet des montagnes. Jusqu’à la neige pour les courageux.
Descente glissante vers la Vieille Ville, pas très animée, du Megadeth dans les pubs, des tee-shirts en devanture et des vendeurs de glace. Je ne sais pas trop pour demain, une journée ici, on verra bien. Il reste les courses, rien d’extra dans le grand super marché. Pas l’extase culinaire, pour le moment. Une petite journée, de transition, et une balade modérément difficile mais intéressante. Demain, la pluie arrive.
Une petite vidéo sur la forteresse de Kotor.

Le lien vers les PHOTOS de Kotor.
Excursion à Sveti Stefan et Budva

Le lien vers les PHOTOS de Sveti Stefan et Budva.
Une petite vidéo sur Sveti Stefan et Budva.
CETINJE

Le lien vers les PHOTOS de Cetinje.
KOLASIN eT lE pARC NATIONAL DE BIOGRADSKA
Une petite vidéo sur le parc de Biograska et le Mont Bendovac.

Le lien vers les PHOTOS de Kolasin et du parc de Biogradska.
ZABLJAK eT LE PARC NATIONAL DU DURMITOR
Une petite vidéo sur le parc de Durmitor et le lac noir.
Une petite vidéo sur le parc de Durmitor, le lac des serpents et Crepulj Poljana.
Une petite vidéo sur le parc de Durmitor et le lac Jablan .

Le lien vers les PHOTOS de Zabljak et du parc de Durmitor.

Le lien vers les PHOTOS de Herceg Novi.
Une petite vidéo d'Herceg Novi.
CONCLUSION
Un départ indécis, très peu d’attente, le Monténégro n’était pas mon voyage le plus attendu. Mais il était nécessaire, pour arrêter cette série de malchances dues au Covid qui m’avait coupé les ailes. Un voyage de raison, surtout, pour utiliser un bon d’achat. Un voyage utilitaire pour retrouver l’envie de voler. Un voyage efficace, un antidote à la sédentarisation, qui pousse à repartir. En ce sens et en d’autres, un voyage réussi. J’ai apprécié ce petit pays, riche de contraste sur un petit territoire. Un pays de montagne, difficile à soumettre, truffé de forteresses de toutes les époques, où le béton remplace la pierre d’hier pour une autre guerre, économique, contre la pauvreté et pour le développement.
Je résumerais mon voyage en trois thèmes.
La partie maritime, fascinante dans les bouches de Kotor, riche de villes anciennes et d’histoires. Un site naturel qui mérite sa renommée et son classement à l’Unesco. Avec toujours cette lumière de la Méditerranée, toujours si éclatante. Mais une partie balnéaire, un peu déprimante, vers Tivat ou Budva. Tout ce que je n’aime pas. Un nid à touristes estivaux en rang de buildings. La croissance démesurée. Des gravats et des chantiers.
Deuxième aspect du pays, le centre historique, l’âme culturelle du pays, à Cetinje l’intellectuelle. Nous y avons touché le charme désuet du temps des ambassades du début du XXème siècle, la monarchie, mais aussi la lutte de ce peuple fier, ses combats, ses résistances face aux nombreux ennemis.
Et enfin la partie haute du pays, dans ses montagnes. De la neige, marquante, des stations d’altitudes bien différentes des nôtres, de superbes randonnées et un vrai dépaysement.
Un voyage confortable, malgré les bus bondés et les attentes en gare routière. Mais il fallait bien apprendre à mes nièces à voyager avec les locaux. A manger local, à attendre local, à vivre local. Un voyage plaisir dans un pays où la vie est plus abordable qu’en France. Et puis les habitants, contrastés aussi. Parfois distants voire peu commerçants, le plus souvent très serviables et tranquilles. De gros gaillards, de grosses voitures aux vitres fumées, des mangeurs de viande aussi. Se sentir tout petit, dans un tout petit pays.
LE SEJOUR EN 5 COUPS DE COEUR :
- La vue sur les bouches de Kotor depuis la forteresse Sveti Andrija au-dessus de Perast.
-La douceur de vivre dans la vieille ville d'Herceg Novi .
-l'ambiance provinciale et désuète de la ville historique de Cetinje.
-le parc national de Biogradska et les magnifiques lacs depuis le sommet du Bendovac.
-Le magnifique parc national de Durmitor avec ses sentiers enneigés , ses chiens -guides, ses lacs et ses forêts.
LE POUR : de superbes parcs nationaux, le coût de la vie, la gastronomie locale accessible, les distances relativement courtes pour parcourir le pays, le réseau de bus, le confort de nos logements,la confiance des logeurs, la variété des ambiances, l’ambiance authentique dès que l’on quitte la côte, la lumière sur la mer.
LE CONTRE : définitivement la pollution, beaucoup d’endroits très sales, du plastique et des canettes jonchant le sol, l’accueil de certains restaurateurs, la côte bétonnée, les boutiques de souvenirs des vieilles villes.