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MONTENEGRO

Pourquoi le MONTENEGRO ?

23H52, un 31 décembre, je clique un peu au hasard et réserve un vol pour Dubrovnik, après une soirée un peu folle, loin d’une fête. Tout commence dans le monde d’avant, d’avant le Covid, alors que nous devions partir pour Tenerife. Tout était réservé, payé pour 2 semaines, quand un confinement soudain nous fit tout annuler. Il s’ensuivit un long échange avec la compagnie pour se faire rembourser. Impossible, seulement un bon d’achat généreux que nous devions utiliser avant la fin 2021. Alors j’ai communiqué avec Bordeaux, longuement, pour qu’ils se décident à trouver un projet. Mais tant que la date fatidique ne fut pas atteinte, rien ne bougea. Nous tombâmes très tardivement d’accord pour un autre vol vers les Canaries. Mais au moment de payer, problème, Thierry ne trouvait plus son code et son bon. L’heure avançait, j’attendais prêt à cliquer pour confirmer vers Tenerife avant de changer de destination un peu avant minuit pour trouver un voyage que je pourrais faire seul et pour sauver mon bon. Et voilà un billet pour Dubrovnik, avec en vue le  Monténégro, proche. Un choix un peu au hasard, pas un projet. Le lendemain, à l’aube de 2022, après appels à Volotea, les Bordelais rétablirent le bon et le problème se résolut. Nous partirons au Monténégro. Sauf que, une semaine avant le départ, un préavis de grève des pilotes de la compagnie tomba. Suspense et arrêt total de la préparation. La veille, tout se remit en ordre. Nous allions partir avec un programme un peu bancal. Un voyage maudit, du genre à se demander si le destin ne m’incitait pas à rester. Mais il n’y eut pas de crash et tout se termina fort bien. A nous les Balkans.


PLAN DU VOYAGE

Voyage avec Cléa, Alice, Caroline, Annie et Thierry B du 16 au 30 avril 2022.

Notre  ville d'entrée et de sortie sera  Dubrovnik, en Croatie. Pratique  car  on va  pouvoir faire un circuit circulaire depuis cette ville très proche de la frontière.  Le territoire n'est pas très grand, pas plus qu'une région française, mais très dense en termes de paysages. Nous avons choisi un circuit mélangeant la partie maritime, l'intérieur et son histoire ainsi que les magnifiques parcs nationaux. Impossible de tout voir en 15 jours, bien sûr.  On va commencer par  1 nuit à Herceg Novi, joli station balnéaire et belle vieille ville, toute proche de la frontière. Nous passerons ensuite 2 nuits dans la petite ville de Perast, classée à l'Unesco, au milieu des bouches de Kotor. Expoloration et randonnée sur un sommet incroyable. Puis 3 nuits à Kotor, pour sa vieille ville. Excursion à Budva et Sveti Stefan. 2 nuits à Cetinje, à l'intérieur des terres pour découvrir la capitale historique et ses musées. Transfert plein nord pour 2 nuits à Kolasin, aux portes du parc national de Biogradska. Très belle randonnée vers le Mont Bendovac. Transfert vers Zabljak et le parc naitonal du Durmitor pour 3 nuits et de superbes randonnées dans le parc. Enfin, retour vers Herceg Novi pour une dernière nuit avant le départ. 


Carte Montenegro

PERIODE :
Au niveau du climat, la saison est je trouve parfaite. Voilà  bien un pays que je ne voudrais pas faire en été. Je crains la canicule sur la côte et un monde de dingue. Je crains les vieilles villes bondées. Je crains le monde en montagne sur les sentiers les plus fréquentés. Et puis il manquerait cette belle neige!

Nous avons eu certes un peu de pluie qui a enlevé du charme à la randonnée côtière. Nous avons aussi vu le pays en plein chantier tant les ouvriers préparent la saison d'été. Rien n'a été nettoyé en cette saison. 

Mais j'ai beaucoup aimé le côté hors saison bien que limite pour les accès aux parcs nationaux. 


Pour en savoir plus sur le climat et les bonnes périodes , voir sur le site de partir.com sur la Monténegro.

Au niveau de la  fréquentation on est en basse-moyenne saison, donc on a étés bien tranquilles. Bien sûr, quelques bateaux de croisières à Kotor et des français dans les montagne, mais rien d'insumontable. Pourtant en juste 2 semaines nous avons vu la fréquentation vraiment augmenter. 


NIVEAU :

Très  facile

Pour peu que vous parliez un peu anglais il est aisé de voyager  dans ce pays. Le paiement est en EUROSS, le système de transport est très bien fait et ponctuel, les gares modernes, les horaires affichés un peu partout, les cartes bancaires sont très utilisées.  Souvent les gens parlent anglais même si ce n'est pas toujours simple avec les taxis ou dans certains hôtels.  
Pour trouver un hébergement ce fut très simple car tout est peu cher pour nous.  Nous avons tout réservé avec booking.com et Airbnb. 

Niveau physique...rien à dire.   La marche en montagen, dans la neige, peut être éprouvante  mais il suffit alors de prendre son temps, de faire des pauses et on y arrive. Comme chez nous, il faudra faire avec sa condition physique du moment.  


Niveau hygiène, pas une seule alerte de santé.  C'est l'Europe moderne, rien à ajouter.  Même l'eau du robinet est bonne. 

Aucun  sentiment d'insécurité . Je n'ai  vu aucune bande de gars inquiétante, ni bagarres, ni scènes violentes. J'ai trouvé l'ambiance très relax, y compris dans les gares routières et ferroviaires. Ne pas se fier aux physiques de colosses de certains types. La violence est peut-être là mais cachée. 

Un voyage  confortable ,relaxant niveau moral  et je rentre apaisé et en forme .


HEBERGEMENT ET BUDGET (2022) :

Le voyage m'est revenu à  720 euros pour 15 jours ( 240  euros d'avion , 480 euros de logements, de visites, de nourriture et de transports  sur place )  . Ce qui  est  très peu cher  je trouve car on n'a pas trop compté,mangeant au restaurant quand on voulait, prenant les taxis et dormant dans de beaux hôtels à chaque fois. Le rapport qualité prix est vraiment excellent.  


 La prix  des chambres , pour 6, variait de 50 à 110 euros. Mais on peut trouver beaucoup moins cher.  On avait parfois de vraies belles maisons.

 Sur les entrées de musées, elles sont assez chères pour le pays : de 5 à 8 euros. Pass à 12 euros pour Cetinje.
Sur les transports,  Les transports en bus  longue distance ne sont pas   chers du tout. On ne payait jamais plus de 10 euros dans  des bus souvent confortables  ou dans le très beau train reliant  Prilep à Skopje.
Nous avons payé  70  euros  pour le taxi entre Dubrovnik et Herceg Novi. Très bon confort pour 6 personnes. Le taxi nous coutait de 1.5 à 10 euros . Pes cher du tout. Ne pas s'en priver. 

PAS BESOIN DE LOUER UNE VOITURE!

  

Pour nous  nourrir, on faisait quelques courses  dans les supermarchés  et les petites épiceries. 

Pour les restaurants, l'accueil était parfois froids, à nous décourager. Mais ceux que nous avons testés étaient, en grande majorité, très bons. On mange bien pour 5 à 10 euros par personne. Au final, un voyage plaisir au niveau  de la gastronomie.

 
Les marchés  rencontrés, à Kotor ou à Herceg Novi, nous semblaient peu authentiques. 


Pour préparer ce voyage j'ai utilisé :

SITES GENERALISTES

  • le site du Routard . Toujours une bonne base pour choisir sa destination mais pas de guide papier. Nous avions un vieux PDF du Rough Guides de 2009  qui nous a suffit. 
  • le site officiel de l'office du tourisme  . Bien fait. 
  • le site du Lonely Planet .
  • le site du Petit Futé. Toujours très pratique. Le guide papier sera le seul trouvé sur la destination.
  • un site très bien fait pour les transports en bus .  Indispensable. 
  • un tas de blogs sur la destination, à vous de fouiller un peu.  

A travers la Croatie

Paysage croate

Difficile d’évacuer le stress en ce départ matinal de Dausse. La grève menaçait, la compagnie low-cost des Baléares, Alba Star, envoyée à la rescousse, nous sauvait la mise. L’organisation se compliquait, 5 nuits n’étant pas réservées, et je me voyais déjà rester en France pour ce samedi. Départ donc un peu précipité et passage à Gradignan pour un taxi-Thierry vers l’aéroport de Mérignac, en chantier. Croissance malgré l’urgence. L’aérogare central nous est offert, nous évitons le hangar à bas prix. La normalité d’hier est le luxe d’aujourd’hui. Pas tant de monde pour un début de vacances, c’est un bonheur de retrouver les aéroports après tous ces mois sans vol. 1 h de retard, de quoi se parfumer un peu plus. Système optimisé de remplissage d’avion. « Il se pose et décolle aussitôt » comme dirait l’humoriste. 

HERCEG NOVI 

Tour de l'horloge Herceg Novi


Compagnie convenable, notre bon Volotea  nous permet même d’avoir un supplément Pringles et jus d’orange. Très beau vol, un cours de géographie de plus de 2 heures. Mont Ventoux, Cap Corse, Italie, îles de Croatie, Dubrovnik et la veille ville. J’en oublie les Pringles dans le sac. Littoral assez construit, le béton coule. Je retrouve, d‘un ancien séjour, ces montagnes balkaniques à la couleur si particulière, très arides, voire inhospitalières. L’atterrissage est d’ailleurs assez brutal, le vent étant très violent. On applaudit le pilote équilibriste. Le taxi que j’avais réservé la veille nous attend. Un bon Mercedes bien classe qui nous mène tranquille vers la frontière par une route assez sauvage et détournée (voir ci-dessus). Deux contrôles d’identité pour passer la douane, gérés par Tomislav notre chauffeur,  des collines, des oliviers, un panneau « attention aux cochons ». Si nous sommes témoins de trafics, de prostitution, un numéro sur une affiche nous incite à le signaler. Le ton est donné. Bienvenue dans les Balkans. Dépaysement confortable de derrière la vitre. On nous dépose à Herceg Novi, ville balnéaire à moins d’une heure de l’aéroport. On s’y sent au milieu des locaux dans notre appartement simple mais confortable, avec vue sur mer, dans un quartier un peu éloigné de la Vieille Ville. Très sympa. Premier contact agréable. Les montagnes en arrière plan, l’Adriatique paisible, la promenade bétonnée un peu déserte, de petites plages de galets, des sortes de club de natation, de superbes maisons très modernes, quelques restaurants, des jeunes en promenade. Atmosphère conviviale. Une petite marina, une piscine imposante, siège d’un important club de water polo, les pieds dans l’eau salée, au pied de la Vieille Ville, toute en pente et en forts. Nous prenons un repas au pied de la tour de l’horloge, éclairée, un peu au hasard. L’accueil est froid, impression de déranger la serveuse. Bon plat de spaghettis aux fruits de mer, mais pas le meilleur du séjour. Musique année 80, un peu Starsky et Hutch. Peu de touristes en ville, un vieux couple à côté de nous et leur chien qui comprend le baby talk. Un chat quémandeur. Ambiance authentique et paisible, un samedi soir sur la côte monténégrine.

Moanstère de Savina, Herceg Novi


Le vent s’est levé pendant notre sommeil. Les chaises renversées sur le balcon, la mer vieillie, toute ridée, les palmiers tout excités. Mon loup et mes bouchons d’oreille sauveront mon somme, de qualité. Ceux qui refusent ces artifices en souffriront. Petit déjeuner léger, avec notre pauvre boite de céréales et notre litre de lait, à rationner. Nous laissons les sacs dans l’appartement, il semble que la propriétaire nous laisse le temps d’aller faire un tour de la ville. Nous ne sommes pas très sûrs. Nous décidons en ce dimanche de Pâques, de visiter le monastère de Savina, à l’est de la ville. 



Un bon quart d’heure à pied, dans cette ville contrastée, avec ses nombreuses anciennes maisons et ses quartiers plus modestes. L’animation bat son plein autour du beau monument qui surplombe la mer sans vertige et se gonfle de croyants, les femmes souvent en noir, les enfants avec des cloches au cou. 

Au-dessus du monastère de Savina


Nous rentrons dans l’église pendant la communion, les gens se retrouvent et s’enlacent parfois. Ferveur, dans les chants et les prières. Des pâtisseries sont offertes sur des tables dans la maison attenante. Nous laissons cela à la tradition. Les cimetières de cette partie de l’Europe m’émeuvent toujours autant avec ces photos des défunts qui nous regardent, si proches depuis une éternité. Des tombes fleuries, des fleurs sous des plastiques, les corps sous les pierres. Un petit sentier mène à une petite église, fermée, un peu au-dessus. La vue sur le monastère et sur la mer est belle malgré le vent incessant. Personne, mais une porte fermée. Juste quelques fresques visibles dans l’entrée et encore des tombes parlantes. Un bel endroit, dans une ambiance méditerranéenne. 





Promenade Herceg Novi

Nous reprenons la promenade, très calme ce dimanche matin, quasi déserte même. Les locataires des maisons du bord prennent leur déjeuner dehors, lisent le journal. Drôle d’ambiance, une station balnéaire sans baigneurs, ni joggeurs, ni rollers, ni dealers, ni rien. Un Venice endormi. Je ne m’en plains pas, bien au contraire. On se sent dans la vie simple des locaux du coin, lors de la promenade pascale. Nous visitons ensuite la Vielle Ville. Une bande assez étroite rampant vers la mer, s’y jetant même. Des murs assez bien conservés mais couchés dans l’eau, au pied de la forteresse Forte Mare(voir ci-dessous). Impressionnante vue d’en bas, d’une petite plage de galet ou nous déjeunerons plus tard de délicieuses tourtes à la viande, au fromage, aux épinards. Les fameux bureks


 Herceg Novi

On a dévalisé le stock de la boulangère, une très sympathique commerçante qui nous offrira même des muffins !  Nous ne visiterons pas la forteresse, payante, pour sa vue. Les ruelles demeurent encore un peu dans leur jus. Un site pas entièrement propret ni aseptisé par la modernité. Cela reste du pavé disjoint, du mur non gratté, sans marchands de tout, de rien surtout. Une Vieille Ville où les habitants habitent encore. Critère ultime de qualité. Nous ne croisons que peu de touristes en fait. Comme j’aime. Promenade encore au bord du port, on y vend des glaces, on y mange à l’ombre. Comme partout ailleurs mais avec une population, une langue, un style de boutique, qui m’assure d’être bien à l’étranger, ce que l’on oublie parfois dans certaines copies du monde, à l’autre bout du monde. 

On se sent bien ici, c’est relax et planant. Nous étions repartis chercher les sacs dans notre appartement, ils attendaient près des lits faits. Direction la gare des bus. Toute petite, 5 minutes d’attente et un bus pour nous seuls. Direction Perast



PERAST 

Perast

Tout près à vol d’oiseau mais la mer Adriatique se perd ici en une bouche toute tordue, en forme de papillon. On observe quelques villes côtières moins proprettes qu’Herceg Novi, une architecture parfois un peu austère, quelques constructions anarchiques enlaidissant ce joli coin. Sur les collines en face, le béton grignote la verdure. Le bus nous dépose à l’entrée de la petite ville de Perast, un gros village plutôt. Un parking quasi plein mais je n’ai pas le sentiment d’être oppressé par la foule. On retrouve notre propriétaire qui en 3 minutes chrono, nous explique tout sur son appartement, au pas de course. Superbes vues depuis notre terrasse (voir ci-contre), orangers dans le jardin, palmiers et la mer ! On va beaucoup aimer ce séjour dans cet endroit classé à l’Unesco. Héritage historique évident tant les palais et les églises abondent ici. Nous allons explorer les ruelles pentues, cherchant l’appartement de Djokovic (propriétaire ici!), sans succès. Il doit avoir oublié de mettre son nom sur la boite aux lettres. 

Perast

C’est très beau tant dedans qu’au-dehors. La vue d’abord sur la baie, sur deux petites îles minuscules, toutes proches du bord, ou un monastère et une église reposent à même l’eau. De belles maisons en pierre, parfois d’autres encore en ruine. Des hôtels, un palace même. De belles voitures aux vitres fumées, la norme ici, des Yugo rouges, des chiens qui s’amusent, des chats, beaucoup de chats, un côté Saint Trop en puissance, peut-être, mais discret en cette saison. Cela doit être bondé l’été. Et vu l’unique route étroite qui longe le rivage, j’imagine le pire. Un musée maritime qu’on ne visitera pas, malgré l’histoire de la ville et ses précieux et fameux navigateurs et cartographes. Encore du vieux sale, mais la rénovation court et rattrape la patine de l’ancien. 

Perast


 


Beaucoup d’églises, parfois difficiles à atteindre. Pas de rues ici mais des ruelles. Plan impossible. On peut voir un clocher sans savoir comment s’y rendre. Dédales amusant, en mode exploration. Des culs de sacs, des grilles parfois, beaucoup de chambres à louer et d’appartements. Pas de magasin, Unesco oblige. Un petit supermarché, minuscule, mais pas d’agences immobilières, un petit magasin de souvenirs.

 Fatigués, en manque de légumes et de fruits, saoulés par le vent, on rentre manger nos tourtes à la maison. L’accueil d’un restaurateur local nous a refroidis. Feu d’artifice en face. Très bel endroit au passé bien présent.

Une petite vidéo  sur Perast.



forteresse de Sveti Andrija

Orahovac

Mon réveil matinal s’accompagne du plaisir de descendre les ruelles du vieux Perast, réveillant les chats, stimulant les organes vocaux canins, pour faire les courses du petit déjeuner dans l’unique petite épicerie du village. La maison sommeille encore, je partage déjà le muesli, scotché devant la vue sur la baie de Kotor, ce matin toute calme. Les clochent sonnent, le village s’anime. Les bateaux amènent les quelques touristes sur l’île en face, une petite voiture électrique du palace local part chercher ses clients. Le village sans le vent offre une toute autre image, bien plus apaisée et romantique. Nous prendrons depuis le centre un petit bus pour le village suivant de Orahovac où commencera notre randonnée. Quelques réserves de dattes et de yogourt à boire dans la minuscule épicerie devant l’arrêt de bus et nous démarrons la montée par des rues assez raides jusqu’à atteindre la dernière maison où le sentier débute. La trace dans la montre, il sera en fait évident jusqu’au bout. La randonnée suit un chemin ancestral impressionnant tant la bravoure de ces constructeurs nous interpelle.

 Durant les 12 km du jour, nous allons toujours suivre un chemin empierré et renforcé de murets. Un travail incroyable, à but défensif. Le sentier s’élève et les vues sur la baie de Kotor se dégagent à chaque pas. L’ambiance est très minérale avec très peu d’animaux sauf de grosses couleuvres que nous croiserons. L’atmosphère est assez hostile sur les sommets, nus de végétation. 

au dessus de Orahovac


Les odeurs de garrigues s’expriment quand même. Nous atteignons une ruine (ci-contre) puis un village globalement abandonné où les chèvres se régalent des buissons. Nous explorons ce lieu très dépaysant. Je suis dans le sud, entre la maison de Jean de Florette et la Grèce. Nous découvrons une maison désaffectée. Dans un buffet, au milieu des sommiers, des poêles, un article de journal… et Djokovic en allume feu. Repas dans une clairière très paisible, un très bel endroit et quasiment personne en chemin. On se sent bien loin de la côte toute proche, en pleine nature. Le sentier bascule sur la crête et là c’est le choc.


À droite la montagne austère avec de vrais pics bien définis, à gauche la baie de Kotor et au loin la mer Adriatique. Un panorama incroyable ! 


Sveti Andrija et Bouches de Kotor
Sveti Andrija et Bouches de Kotor



Au sommet, nous resterons longtemps dans la forteresse austro hongroise de Sveti Andrija(743 m), sans se lasser du paysage. Le site est bien entretenu compte tenu de son isolement. Une citerne sans protection laisse néanmoins présager une mort horrible à celui qui y égarerait un pied. Neige sur les sommets lointains. La descente est un peu traître mais impossible de se perdre sur ce sentier empierré, en moins bon état que celui depuis Orahovac.

 

Sveti Andrija et Bouches de Kotor


 Un navire MSC quitte la baie devant nous, corne de brume en marche. Autre tourisme. Je ne les envie pas dans leur cage. Les îles de Perast apparaissent bientôt, nous arrivons sur la route au- dessus du village. Journée incroyable. Quelle belle randonnée ! Soirée à essayer de régler mon problème d’ordinateur qui rend l’âme. Les chants inspirés et les danses traditionnelles à la télé nous inspirent de belles chorégraphies et quelques rires.

Une petite vidéo  sur la forteresse de Sveti Andrija.

Perast

Le temps clément de ce matin nous incite à profiter d’une de nos deux terrasses, sous un oranger, profitant de la vue sur la baie. Tout est très calme, nous devons être les plus bruyants du quartier. Un couple depuis son balcon nous salue, un voisin balaie sa terrasse. L’endroit est si paisible, avec ce ballet modéré de bateaux sous les yeux. Rien d’urgent. Nous partons avec les filles explorer les dernières rues inconnues de la ville. Il nous reste une ou deux églises visibles mais encore inaccessibles. On se dirige un peu au hasard des ruelles, au milieu des travailleurs qui s’acharnent à rénover les dernières maisons ou les ultimes jardins sauvages. La ville dans dix ans aura perdu chaque brin d’herbe inutile. Les ruines de quelques grandes demeures, il y en a, se couvriront d’étoiles, 4 ou 5. Nous poussons une porte marquée d’une croix, une église, son parc et son presbytère, sont pour nous tous seuls. Victoire ! D’autres restent fermées. Des ruelles ne mènent nulle part ou à des grilles, ce qui ajoute au charme du village. Le bus s’attend devant l’église. Les taxis boat défilent et embarquent les touristes, chaque jour plus nombreux depuis dimanche, vers la petite île en face. Nous ne sommes pas tentés, on ne saura jamais si nous manquons quelque chose. Un bateau en bois, genre Riva, emmène un couple et son guide très classe vers Kotor. « Like a rock star ». Les clients de l’hôtel Conte prennent le frais sur leur ponton privé. Les maîtres d’hôtel en tenues traditionnelles attendent les commandes. Nous quittons ce très bel endroit qui nous aura tous séduits. 






La Valette

Le lien vers les PHOTOS  de  Perast.



KOTOR

Kotor , porte sud

Le bus, plein, nous laisse à la gare des bus de Kotor, après un court trajet. La route passe par une succession de villages balnéaires sans âmes où le béton domine. Que font tous ces gens en pleine saison dans ce bout de baie ? Je m’y sentirais bien à l’étroit. Avec quelques difficultés nous errons d’abord dans des friches industrielles pour trouver notre superbe maison et sa famille de propriétaire très sympathiques. Une maison d’ancien marin, décoré dans l’esprit, avec étage et confort cosy. On s’y sent à notre aise, tellement que l’après-midi commence par une énorme sieste. Nous partons ensuite à l’assaut de la forteresse qui surplombe la ville. La Vieille-Ville doit être traversée, j’essaye de ne pas trop lever les yeux car ce sera le programme de demain. L’entrée par la porte sud est impressionnante avec un bassin d’eau translucide, un pont levis et les fortifications au- dessus, sorte de muraille de Chine à la verticale. La Vieille-Ville est assez petite et confinée au bord de son port et d’une route au trafic assez dense. Un paquebot de croisière quittera le port avant notre venue, nous sommes sauvés de la foule. 


Kotor , forteresse

L’endroit se montre à l’évidence très touristique, avec bon nombre de marchands de souvenirs, glaces, pubs branchés etc. On est loin de Perast, préservée de ce point de vue. Mauvaise surprise, on doit payer 8 euros à un type avachi dans une petite guérite pour passer un tourniquet et se lancer sur les pavés impolis nous faisant trébucher. De tout sur le sentier menant à la forteresse, des Français, un Québécois qui nous offre des hugs, quelques instagrameuses en leggings moulant, un téléphone greffé à la main, enchaînant les montées, un couple d’Allemands et son drone, des Asiatiques et leurs téléphones… La montée est raide, sèche, avec un escalier en grosse pierre longeant le rempart et des bas-côtés un peu délabrés. Où va l’argent des entrées, tant le site semble abandonné ? Seules quelques poubelles roses par ci par là décorent le lieu. Les vues sur Kotor et la baie sont très belles, on compte les églises, on s’amuse à voir toutes ces maisons toutes serrées les unes à côté des autres.


Kotor , forteresse




On s’égare dans les remparts. Impression de muraille orientale, ou de temple mayas le long de raides escaliers entourés de murs où les arbres poussent entre les interstices. Une église à mi-chemin, sans intérêt. Une porte sous une statue de lion vénitien et nous voilà au sommet. Une dame vend des boissons montées à la glacière, écoute de la musique et observe le grand drapeau national flotter au vent. C’est très beau mais un ton en dessous de l’extase d’hier. Le côté piège à touriste enlève un peu du charme mais le lieu est quand même difficile à ignorer. Le sentier en contrebas peut continuer pour aller au sommet des montagnes. Jusqu’à la neige pour les courageux.

 Descente glissante vers la Vieille Ville, pas très animée, du Megadeth dans les pubs, des tee-shirts en devanture et des vendeurs de glace. Je ne sais pas trop pour demain, une journée ici, on verra bien. Il reste les courses, rien d’extra dans le grand super marché. Pas l’extase culinaire, pour le moment. Une petite journée, de transition, et une balade modérément difficile mais intéressante. Demain, la pluie arrive.

Une petite vidéo  sur la forteresse de Kotor.

Kotor

Une journée entière pour la Vieille Ville de Kotor, cela ne nécessite pas un lever trop matinal. D’autant que le temps est très incertain. On traîne donc un peu dans notre belle maison avant de nous lancer par la porte Sud dans l’enceinte classée à l’Unesco. Un très beau bassin, une eau turquoise et une ancre au fond, un pont levis, nous entrons. L’entrée sud, assez confidentielle, est très sympa, on se croit dans un château-fort. Vu l’étendue modeste du site, nous allons adopter la technique de l’escargot. Je longe le mur d’enceinte et je tourne, tourne, jusqu’à retrouver le centre. Ensuite je recommence avec des nuances, de sorte que je balaie l’espace, alternant les rues touristiques et les autres, celles des climatiseurs et des odeurs de cuisine. Comme toujours dans ce type de lieu il faut accepter le commun et chercher l’inédit, le détail, ce qui n’est pas aisé. 





Kotor
Un gros bateau fait escale au port, déversant des centaines de passagers. Forcement l’authenticité des rapports en prend un coup. Si je devais résumer les commerces : sans intérêt, pour moi. Magnets, chats en porcelaine, lavande(!), cuirs, tapis, fausse Panerai… Le marché aux fruits, en dehors de l’enceinte, semble faussement authentique. Les mêmes produits, au même prix pour tous, du fromage, du jambon fumé…Trop près des croisiéristes. Les restaurants, certains sont probablement bons, mais on se contentera de bureks ( sorte de tourte farcies avec du fromage, des épinards, de la viande…) dans un parc au bord de l’eau. Quelques séries de dips et des tractions m’aideront à digérer ce gras. Il reste le patrimoine, l’ambiance, le ressenti. J’ai bien aimé cette ville, par son site incroyable au pied des montagnes. Ces remparts montant droits sur les flancs abrupts sont très originaux, je l’avoue. 


Musée de la marine; Kotor
Clou du spectacle, le musée maritime, où nous resterons longtemps à écouter nos audio guides nous raconter les maquettes, les illustres navigateurs, les costumes, les armes, les techniques de navigation, les pirates, les célèbres batailles. Deux étages, pas très grand, mais il y a de quoi s’occuper. Je lis sur un site très connu de conseil de trip que trente minutes suffisent, que c’est petit. Pas pour nous, en bons élèves, curieux, tous, de 11 à 78 ans, y resteront jusqu’à la fermeture, à observer le moindre détail des caravelles en bois, sous les vitrines. Très amusant aussi de retrouver sur les cartes anciennes les villes d’Herceg Novi, Perast ou Kotor. On se repère tellement mieux. Hormis le musée, j’apprécie la visite des remparts, les petites places, les palaces (pas si fastueux). Pas le grand choc émotionnel, en plein jour mais mon témoignage est une sorte de loterie. 1 journée, c’est bien peu, pas de visite de nuit, pas de contact avec les locaux… J’ai tiré un bon lot mais pas le premier prix avec cette ville. Je crois que le tourisme de masse, galopant et avide, dévore toutes les ambiances que j’aime, années après années. Et que le frisson devra se trouver un peu plus durement encore qu’au fin fond des bouches de Kotor.



La Valette

Le lien vers les PHOTOS  de  Kotor.



Excursion à Sveti Stefan et Budva

Sveti Stefan

Une nuit un peu plus courte mais le programme est chargé. La pluie tombe drue dehors et nous prévoyons une randonnée. Le doute s’installe un temps. La gare des bus toute proche est calme et toute propre, moderne avec ses tourniquets d’accès aux quais. Nous partons pour Sveti Stefan dans un petit bus rempli de locaux. Certains physiques impressionnent. Le gars devant moi est une armoire. Le chemin n’est guère intéressant, un gros tunnel, toujours beaucoup de trafic sur la route, et puis une succession de petites villes sans intérêt.

 Passage à l’aéroport de Tivat, modeste, mais aux parkings pleins. La route est alors défigurée par d’immenses panneaux publicitaires, vantant resorts et condominium, marina etc. Vraiment indigeste. On aperçoit enfin la mer un peu avant Budva. Mais le décor est vraiment gâché par tous ces immeubles en construction, par cet éternel chantier que semble devenir ce bout de côte. Vraiment pas un endroit pour moi. Enfin arrive Sveti Stefan, l’image iconique du Monténégro. Une petite partie de terre reliée par un isthme d’une centaine de mètres à la plage.
Sveti Stefan
 
Devenu un hôtel de luxe, il est entièrement privatisé et inaccessible. Certes le site est assez joli mais bon, je n’en rêverai pas la nuit. Peut-être à l’époque, avec Sophia Loren ou Marilyn Monroe...Le bus nous laisse un peu en haut de la plage. Pour la trouver, il faut slalomer à la boussole entre les immeubles, parfois sur des chemins vraiment très étroits. L’atmosphère est vraiment bizarre tant tout semble mort. On ne croise personne et nous avons la plage de Sveti Stefan pour nous tous seuls. Un rêve de juillettiste. Rien d’incroyable. On croise les employés du resort  qui nettoient le chemin vers l’entrée. Un couple de français pousse même la grille avant que le gardien ne la referme vite devant eux. Le resort est fermé, les volets fermés. Dire que Djokovic s’est marié ici. Là c’est vraiment mort. 





Palais de Milocer
On continue sur un chemin côtier agréable vers le palais de Milocer, ancienne résidence d’été de la reine Marie de Yougoslavie. Une belle maison finalement facile d’accès qu’on longe par la plage du Roi. Quelques jardiniers mais personne d’autres. Un petit tunnel mène à un petit ponton. Belles vues sur Sveti Stefan. Le sentier se prolonge vers la plage de la reine ou un énorme complexe spa prend possession des lieux. Un gardien s’ennuie dans sa boite mais nous passons sur la plage sans être dérangés. Qu’en serait-il en saison ? L’hôtel semble fermé, lui aussi. La belle partie du sentier du littoral se termine ici. La suite sera moins glamour. Nous rejoignons entre les chantiers le village de Przno. Censé être assez attrayant sur mon vieux guide de 2009, il l’est beaucoup moins en 2022. Un lointain cachet de village de pêcheurs, avec des filets un peu partout certes, mais aussi encore et surtout du béton et des chantiers. 


Entre Sveti Stefan et Budva
On slalome entre les pavés et les sacs de gravats. Imaginez un joli port des Cornouailles, et bien c’est l’opposé. Un passage sur la grande route en file indienne à éviter les camions, puis on plonge vers une sale plage au pavillon bleu (alors là on frôle le ridicule). Des déchets partout, encore des chantiers de paillotes de plage. Moche. On passe. On atteint Rafailovici, ses gros immeubles et ses restaurants. Rien de bien beau. Encore un peu de littoral pour atteindre une pointe avec son gros tuyau en plastique et sa ruine. Encore de la promenade moche et on arrive en vue de Budva. Rarement vu un tel gâchis, un sentier du littoral aussi laid. Tout ce que le tourisme a de pire. Dénaturer et dénaturer encore le littoral pour du béton et des vues sur mer. Un jour, le meta-monde effacera tout ça, patience. 

Entre Sveti Stefan et Budva
Nous trouvons un vénérable restaurant à l’ambiance maritime (Jadran)  où nous nous régalerons de calmars farcis et de soupe de poissons. Sous la pluie fine, dans ce décor de fin de règne, la pause est appréciée. Des serveurs assez âgés et en nombre, pas si courant, la table du patron (depuis 1976), l’espadon empaillé, les fanions de tous les pays, la table près de la promenade, la voisine peinturlurée et son mari « el mexicano », le chat derrière la vitrine, les deux gars à la tête de mafieux derrière la caisse. Un bon moment. Nous arrivons enfin à la marina de Budva où quelques bateaux de luxe, dont un énorme britannique,  côtoient de petits bateaux de pêche. 

Un type tout en ciré orange vend sa pêche avec une simple balance sur le quai, un autre accrochait un filet à une corde. Drôle de contraste.






 Budva
La Vieille-Ville nous attend. Un exemple de cité vénitienne mais entièrement reconstruite en 1979 d’où un côté un peu trop net pour être authentique. La visite reste quand même agréable et en tout point moins agressive que ces fronts de mer défigurés. Ici pas de bateaux de croisières mais quand même quelques groupes, un français, des Asiatiques. Commençons par le négatif. Toujours cette sensation de déambuler dans une galerie marchande où personne ne vit autrement que pour vendre. Pas de mamie dans les ruelles à discuter sur un banc, pas d’enfants jouant dans les recoins. Mais des commerçants attendant le chaland partout. Des bars lounge (maudite musique !), des pubs branchés, des magnets, des bijoux, du cuir, des contrefaçons, des hostels, des restaurants Trip Advisor, le joueur de musique de rue, les autocollants « Massage relax  10 euros ». Sentiment de voir le même cirque partout. Mais où est l’âme de la ville ? Je ne m’émeus pas. 



 Budva
Pas envie de dépenser un euro, rien ne me tente. Alors oui cela reste agréable car les sites sont jolis et que la pierre est toujours plus belle que le béton. Je retiens les places charmantes, les quelques églises, les ruines dispersées, la citadelle imposante (que l’on n’a pas visitée), les petites portes discrètes qui mènent sur la plage où quelques jeunes nous défient au ricochet et où on ramasse des éponges et des pierres ponces…J’aime me perdre dans les ruelles et repasser encore et encore devant les mêmes artisans. Prendre l’ambiance et déambuler à 2 à l’heure. Loin derrière d’autres hauts lieux de voyage, Evora, Tallin, Brème, Sighisoara, Split, où l’atmosphère me captivait, celle-là est juste agréable. Peut-être faudrait-il y revenir la nuit, bien accompagné, dans une autre immersion. Il nous reste ensuite à retrouver la gare routière, assez loin, en reprenant une dernière dose de front de mer et de buildings. Que sera ce coin dans quelques années ? Je m’interroge, circonspect. Moi je ne reviendrai pas.



La Valette

Le lien vers les PHOTOS  de  Sveti Stefan et Budva.


Une petite vidéo  sur Sveti Stefan et Budva.



CETINJE

Cetinje




Jour de transfert. Nous quittons notre belle maison de Kotor pour rejoindre la montagne, à Cetinje. La pire journée du séjour pour la météo avec une pluie drue tout au long de la journée. Cetinje est connue pour être la ville la plus arrosée, non pas du Monténégro, mais des Balkans, d’après notre hôte. La côte n’est pas en reste en cette fin avril. Nous nous réfugions à la gare des bus et nous entassons dans un petit bus Mercedes. 

Il sera vite plein et vue la taille des gaillards du coin, un sentiment de claustrophobie peut naître chez certains. D’autant que, peut-être à cause des étés brûlants, la vitre fumée est de mise dans la région. Donc mauvais temps, pluie, vent et atmosphère très sombre pour le trajet. 

Cetinje
Nous repassons à Budva, un dernier coup d’œil sur la mer, avant de monter en altitude, de 0 à plus de 800 mètres, pour redescendre un peu dans une cuvette où se trouve Cetinje. Déjà, en route, l’architecture des maisons a changé. Toits plus pointus, maisons dispersées et plus de ces immeubles horribles du bord de mer. A l’arrivée, notre hôte nous attend, délicate attention, et nous prend dans sa voiture pour nous éviter le déluge. Un petit taxi à 1,5 euros pour le reste du groupe et nous voilà en route pour nos trois appartements à quelques minutes à pied au sud de la cité historique. Encore un super accueil et des logements nickels. Cetinje est la capitale historique du Monténégro, lieu de culture et de patrimoine, avec ses anciennes ambassades, ces églises, son monastère, ses musées… La pause intellectuelle du séjour. La ville est assez surprenante est tellement différente de celles des bouches de Kotor. Je me crois plus en Lettonie ou en Slovaquie, les bâtiments anciens me transportent au XIXème siècle, plutôt dans un pays de l’est, dirais-je. 

Parc du Lovcen


En tout cas, rien de méditerranéen ici. Pourtant la côte n’est pas bien loin à vol d’oiseau. La vue est bouchée mais on voit quelques collines boisées autour de nous.



 Le parc du Lovcen est tout proche. La ville se visite le long de deux grandes avenues bordées de belles demeures, d’un grand parc, ce qui ajoute à l’atmosphère surannée des lieux. J’aime ce visage du pays, plus authentique, avec des boutiques plus modestes, moins de bling-bling et un calme tout provincial. Nous commençons par nous réchauffer dans un restaurant traditionnel, décoré au mur d’un tas de vieilles photographies du pays. Une musique plutôt « bande son des années 80 » mais avec des arrangements parfois actuels. Je ne sais pas vraiment si c’est le son de 2022 en fait. Pour 5,5 euros je mange une soupe de poisson et un plat de saucisses avec un légume vert inconnu. Pas de quoi se priver. 



Cetinje,palais du roi nicolas

Nous visitons ensuite le palais du roi Nicolas, l’ancienne demeure de l’unique roi du Monténégro. Une grande bâtisse, pillée durant la deuxième guerre mondiale, et redécorée dans l’esprit de l’époque. Beaucoup de reliques de la famille royale quand même. Collections d’armes, bureaux, chambres, salons, portraits, on navigue dans la noblesse européenne du XIXème siècle et du début XXème avec bonheur. Une fois le groupe de touristes allemands passé, la visite devient exclusive.


Palais du roi nicolas, Cetinje
On se plaît à déambuler dans les couloirs, cherchant les portraits de Sisi, de Nicolas I à III, les porcelaines de Sèvres avec Napoléon et Joséphine, les peaux d’ours au pied du lit du roi…Nous continuons sous les Gore Tex vers le monastère. Ma sœur prend des photos, la messe se tient, le gardien s’énerve et nous met dehors. Je le comprends, il doit être excédé de ces touristes impatients. Dans ces moments-là, et comme toujours en voyage, je préfère me faire discret et ressentir, en ces instants sensibles. Nous poursuivons dans les rues quasi désertes vers d’autres églises, fermées, et un tas d’ambassades historiques, la française, l’autrichienne, l’italienne… De belles maisons mais tout semble un peu mort. Vraiment trempés on continue encore mais il est trop tard pour enchaîner les musées. Pour 12 euros on peut en visiter 5. On terminera demain, vu le temps, on sera contents d’être à l’abri. 23H07 : un tremblement de terre de magnitude 5,7, épicentre en Bosnie, secoue nos lits pendant quelques secondes ! Une première pour moi. Sur le coup je me suis demandé si je n’avais pas un lit à massage. Un mort quand même.
Musée national, Cetinje
Un beau programme ce jour avec 4 musées et le reste de la ville de Cetinje à découvrir. Le temps est bien meilleur qu’hier, la pluie a cessé et les montagnes apparaissent enfin. Rien de très spectaculaire pour autant, on n’est pas à Chamonix. La ville est entourée de collines et d’un massif, celui du Lovcen, culminant à un peu plus de 1800 m. Rien de bien spectaculaire vue d’ici. Nous commençons la journée par remonter le Royal’s Court Garden, par une large allée bordée d’arbres vénérables. Quelques joggeurs, du calme et un sentiment de bien être flotte en ville. Le musée national (ci-contre) nous ouvre ses portes. Un grand bâtiment caramel-orange, où nous serons quasiment seuls. L’employé nous ouvre même certaines portes.


 
Musée national, Cetinje
 Une grosse section archéologie, puis au travers des âges, l’histoire du pays jusqu’à aujourd’hui. C’est grand, long et assez scolaire. Pas d’interactivité, un musée à l’ancienne. Pas d’écran, mais du texte, des objets et des images. Très intéressant de découvrir comment ce petit peuple par son nombre d’habitants a tenue tête aux barbares, aux Ottomans, aux Italiens, aux Bosniaques…Bien sûr un travail d’historien serait nécessaire pour évacuer le sentiment patriotique de ces expositions mais le sentiment national, bien que fort, me parait mesuré ici. Disons qu’ils n’en font pas trop. On apprend beaucoup, même si on ne retiendra pas, sur cette histoire finalement méconnue. 




Ambassade russe, Cetinje
 A l’étage, un musée d’art un peu tristounet. De l’art yougoslave, souvent sombre, malgré quelques peintures d’un réalisme bluffant. La partie art moderne est glauque, bonhomme décharné, gribouillis de peinture. Je passe rapidement. Une collection d’icônes enfin, qui ne m’émeut jamais. Une pause s’impose, un arrêt dans une boulangerie où je mange pour 75 centimes d’euros (!). Nous suivons la carte de la ville et ses 43 numéros, et nous cherchons et cochons les sites comme les Pokemons. J’apprécie beaucoup ces villes historiques provinciales, au charme désuet, sans sites majeurs mais avec un illustre passé. En ce samedi les habitants sont de sortie, la ville retrouve ses terrasses, les chiens s’amusent (une pensée pour Kotor qui nous a adopté), les enfants jouent au football devant le palais du prince Nicolas, les hommes sortent en pantalons de jogging. Ambassade russe (ci-contre) bien propre, école élémentaire rigide, on coche et avance. 


Monastère orthodoxe , Cetinje
Le second musée sera celui nommé Biljarda (le musée Njegos), en hommage à un grand homme de la nation, poète philosophe, penseur…dans sa propre demeure. Pour nous, c’est un peu lointain et pointu. Mais il reste quelques-uns de ces objets fétiches, son stylo, son bureau, ses écrits et toujours un tas d’images, de documents, de peintures. Pas passionnant quand même. En dehors, une grande carte en relief du pays, datant de 1917, montre l’aspect essentiellement montagneux de la nation. On s’amuse à y repérer Perast, Herceg Novi, Budva…On s’aperçoit aussi qu’en une semaine nous n’avons rien vu de ce petit territoire pas plus grand que l’Irlande du Nord. Dehors Kotor, le gentil chien, nous attend pour jouer à déchiqueter son cône orange de signalisation. Il nous accompagne jusqu’à une petite tour avec sa grosse cloche sur une colline proche. En très peu de temps on se retrouve dans la forêt, dans le silence. La vue est belle sur la ville mais celle depuis le Mausolée de l’évêque Danilo, sur une autre colline, plus haute, sera bien plus intéressante. Un petit quart d’heure depuis le monastère, où nous recroisons celui qui nous a expulsé la veille, par une petite route. Au sommet, quelques jeunes, une maman et sa fille, une grand-mère.


Mausolée de Danilo , Cetinje


 Un petit parc et un mausolée( voir ci-contre) Très belle vue sur la ville et le mont Lovcen. Cette montagne ne m’attire guère, banale. C’est pourtant un parc national. Toujours beaucoup de déchets au bord des routes. Seules les poubelles sont vides. Paradoxe. Encore des anciennes ambassades, mais sous le soleil, la française, l’anglaise (façon cottage), la turque, la résidence permanente du président (le Palais Bleu, très joli), d’autres villas plus décrépies, l’histoire à chaque coin de rues. Difficile d’entretenir le patrimoine. Enfin le musée d’ethnographie, récent, bien mieux éclairée que les autres, présentant une très belle collection de robes, de lainages, d’objet pour la pèche, pour la maison, pour la chasse. Tout est bien expliqué et bien mis en valeur. La tête bien pleine, je savoure ma soirée, seul dans mon petit appartement.
Matinée tranquille, notre hôte très serviable nous laisse prendre tout notre temps. Il fait beau, la montagne est bien visible. Tellement agréable que nous partons même pour la gare des bus à pied, passant par le parc, nous arrêtant à l’ombre près des jeux, derrière le palais bleu. Beaucoup de monde ce dimanche aux terrasses, la place devant le palais du roi Nicolas est toujours animée, avec ses petits joueurs de foot. Un peu d’attente à la gare des bus, toute propre, et nous embarquons dans un bus plein pour Kolasin



La Valette

Le lien vers les PHOTOS  de  Cetinje.



KOLASIN eT lE pARC NATIONAL DE BIOGRADSKA

Lac Skadar
Les vues sont remarquables sur le lac Skadar, depuis la route panoramique qui descend vers Podgorica. Des montagnes enneigées au loin, une vue vraiment dégagée, ces paysages me surprennent. La capitale est située dans un site surprenant, au pied des montagnes. Je ne m’attendais pas un tel endroit. La ville, depuis le bus, alterne les grosses avenues assez vides, les blocs d’habitation anciens et aussi très modernes. Une capitale de loin tranquille, sans trop de trafic. On sent, ici comme ailleurs dans le pays que tout se rénove, se construit. Un dynamisme qui surprend. La route remonte ensuite en suivant une rivière d’un beau bleu, impétueuse, qui creuse un joli canyon. C’est beau, peu construit. Bientôt des gorges assez impressionnantes, peu d’habitations, des ruches en bord de route, une ligne de chemin de fer qui s’accroche à la paroi. Un arrêt assez long du bus près du monastère de Moraca, que l’on voit depuis la route.  Rien de bien impressionnant. Les gens sortent, fument, beaucoup.



Kolasin
La route s’élève ensuite sur une sorte de col à plus de 1000 m. Un col assez quelconque mais quelques belles vues sur les montagnes enneigées. On note, comme partout, des tas de pollutions visuelles en bord de route. Des publicités peintes sur les murs de soutènement de la route, la plupart pour des sites ou des lieux de paris. Beaucoup de déchets et de plastique dans la nature, une plaie pour ce pays tant ce problème est visible. Pas de recyclage , apparemment. On arrive enfin à Kolasin, dans une gare routière en rénovation, toute déglinguée. La ville n’a rien de remarquable si ce n’est un site agréable, vers 1000 m d’altitude, au pied des montagnes enneigées. On remonte les 2 kilomètres qui nous séparent de notre magnifique chalet, sur la route de la station de ski. 

Gare de Kolasin
Dur effort ! Des jeunes nous saluent et nous accompagnent un moment. « Pourquoi venez-vous au Monténégro ? » « C’est perdu ici ? » Et encore le jogging comme vêtement national et la coupe courte au niveau du chef. Nous avons un des plus beaux endroits pour dormir, très grand et très lumineux. Des photos des propriétaires, suisses semble-t-il, un peu partout. Au-dessus de nous, un viaduc sur lequel une rame de train est bloquée. On y observe les ouvriers œuvrant pour résoudre ce problème. On se promènera plus tard vers la gare, un endroit perché, assez glauque. Une rame avec un chauffeur à quai, des employés qui se demandent ce que l’on fait là, tellement vrai qu’ils nous le demandent. On avoue attendre le passage du train de 18H15, le seul de l’après-midi, pour se prendre pour Gougler. Ils nous disent qu’il ne passera pas à cause du problème. Un coup d’œil sur les salles d’attentes vide et on redescend.


Kolasin, loueur de ski
 



On visitera aussi le petit jardin botanique proche, fermé en ce jour férié. On y accède par une petite route, passant par une église orthodoxe où l’on trouve des restes d’œufs un peu partout. Quelques promeneurs, un papi et ses petits enfants, de jeunes, trop jeunes mères. On ne ressent pas l’aisance sociale, au contraire. Beaucoup de déchets dans les rues, des chiens en laisse, dans des cages un peu partout, des voitures un peu passées, une usine désaffectée, une sorte de gymnase soviétique…On sent que le ski n’est pas loin. Des bus de transfert, des loueurs bien destroy, avec les skis en fin de vie en vrac devant la porte. D’anciennes épiceries fermées, de nouvelles toute minuscules. Dur métier que celui de gardien de kiosque à cigarette et chipster, dans un mètre carré, ouvert le dimanche soir ! Le centre-ville n’est pas folichon, une artère principale avec le bar des sportifs, tout est quasiment fermé ce dimanche. Une sorte de bâtiment décati sur la place centrale, des jeunes tranquilles qui zonent, les taxis qui s’endorment dans l’attente. 

Tout étant fermé nous irons sans déplaisir au restaurant Vodarica, situé dans un ancien moulin de la ville. Décoration en bois, genre musée d’ethnographie et cuisine savoureuse. On se régale de soupes, de jarret de porc, de truites grillées, de spécialité à base de fromage en cassolette : cickvara On adore. Et pour moins de 9 euros !


 Dehors la pluie arrive, remontée en courant ou presque sur 2 kilomètres. Demain, on projette une visite au parc national de Biogradska. Les gardiennes du chalet nous affirment qu’il était fermé avant le 1er mai. Bataille toute la soirée en écrivant à toutes les agences du coin pour avoir des renseignements, il semble qu’il soit ouvert en avance cette année. Mais ce ne sera pas simple pour s’y rendre, on verra bien.

Lac de Biogradska
Pas une très bonne nuit, chalet surchauffé et oreillers de taille jumbo difficiles à apprivoiser. Beaucoup se réveillent assez fatigués. L’orage a sévi durant la nuit. La petite épicerie du coin se repère aux quelques grilles placées devant une maison. Avec Thierry nous y achetons les nécessaires céréales, le lait et les fruits. Quelques courses dans une bonne boulangerie pour un feuilleté à la viande et au fromage et quelques beignets puis nous rejoignons la file des taxis sur la place centrale. La plupart ne parlent pas anglais et ils semblent en surnombre vu l’animation en cette saison. On essaye de communiquer, on me passe même parfois un téléphone. 18 euros, 15 puis 10 euros, les prix baissent au fur et à mesure qu’on avance dans la file. 2 voitures et nous voilà partis. Notre chauffeur est très calme mais ne parle pas un mot d’anglais. Dur métier, 20 minutes de route pour 10 euros. J’ai parfois un peu honte de vouloir payer le prix local…avec nos revenus non locaux. Mais ma sœur en serait malade. L’autre taxi voudra même nous emmener dans tout le pays à de très bons prix, même à 7 dans la voiture! La route du parc quitte la route principale et se tortille pour atteindre le lac de Biogradska vers 1100 m d’altitude. Un petit passage au guichet pour payer les 3 euros de taxe puis nous arrivons au terminus. Le site est très beau, avec le lac, les montagnes enneigées, le ponton et quelques barques, une maison du parc, quelques voitures, de l’ail des ours partout et forcement, une très belle forêt, l’une des dernières zones primaires d’Europe encore existante. 

vers le Bendovac
L’objectif du jour, le Bendovac, un belvédère à 1760 m. Le sentier commence par plusieurs kilomètres en lacet sur une sorte de  route forestière. Les arbres et leurs mousses vertes sont beaux. Pourtant cela n’a rien d’impressionnant, vierge ou pas, qui peut faire la différence ? Montée dans une tour d’observation qui n’apporte rien de plus pour nous qui continuons l’ascension. Nous atteignons un plateau où la neige s’accumule en quantité. On passe du printemps à l’hiver et j’enfile mes chaussettes étanches. On termine vers les quelques baraques dans une grosse épaisseur. C’est très beau et calme. On croisera deux locaux bien sympathiques. Pause déjeuner au soleil puis ascension du Bendovac, par deux voies différentes selon les forces de chacun. 


Bendovac 1760 m et lac de Biogradska
On va s’amuser avec Thierry à faire notre trace, à s’enfoncer dans des trous de neige, là où elle dépasse parfois le mètre cinquante. J’ai rarement marché dans tant de poudre blanche. Très beau, pas si différent de nos montagnes, mais comme elles sont belles… Sur la crête, la vue se dégage vers les lacs entourés de forêts denses. Là est l’originalité du lieu. On se régale et la descente en luge poche plastique amusera les plus jeunes. Quelques raccourcis pour couper la pente et on termine dans une belle lumière au lac, après plus de 14 kilomètres de marche. Des locaux brûlent du bois pour faire griller des saucisses, un père amène sa jeune fille en barque, et  s’offre le lac pour lui seul. Je marche un peu le long de la berge sur un sentier pédagogique de 3,4 km qui doit être très sympa mais le temps nous manque. Je découvre les quelques géants du bord, un hêtre de plus de 300 ans par exemple. Très belle ambiance et vraiment un endroit reposant. Pas de pollution enfin… mais un restaurant caché au-dessus du lac qui dénote une peu. Bientôt les taxis du matin, appelés avec l’aide de l’employée de la petite boutique, viendront nous chercher. Soirée à réserver les 3 prochaines nuits, au travail !


Une petite vidéo  sur le parc de Biograska et le Mont Bendovac.

Kolasin
Kolasin de bon matin. Air frais, brise de l’étable proche, très belle lumière sur les montagnes. Nous quittons l’appartement un peu après 8 heures, horaire de bus oblige. Assez plaisant de redescendre une dernière fois nos 2 bons kilomètres vers la gare des bus, observant les grosses Mercedes, les veilles Audi, les encore plus vieilles Yugo en bord de rue. Monsieur repeint son pare choc à la bombe, jeune homme se rend au café des sports, dans la rue centrale, pas loin de la salle de paris et de bandits manchots. Ces lieux un peu interlopes fleurissent dans le pays. Mafia ? A la gare des bus, enfin dans le chantier qui est censé être une gare, on erre au milieu des maçons et des ouvriers. Passage au bar, dans le jus, où les gars déjeunent au salami. « No ticket ». 


La Valette

Le lien vers les PHOTOS  de  Kolasin et du parc de Biogradska.




ZABLJAK eT LE PARC NATIONAL  DU DURMITOR

Pont sur la rivière Tara
Bon on attendra le bus. Les filles rendent l’appartement sans voir la patronne qui n’était pas là à l’heure dite et arrivent limite en courant pour attraper le seul transport du jour pour le pont sur la Tara. Notre ami taxi d’hier arrive et espère qu’on le rate. Pour 70 euros il voulait nous amener à 7 à Zabljak! Quelques Irakiens dans le bus, des migrants d’après un monténégrin vétérinaire. Ils partent vers le nord, pour rejoindre d’autres pays plus à l’ouest. Bus plein, un type à côté de nous règle son smartphone et tranquillement abreuve le bus de musique balkanique. Comportement intriguant, manque de savoir vivre ou alors générosité. En tout cas, l’ambiance et le dépaysant sont garantis. Arrêt à Moskovac, ville un peu semblable à Kolasin, mais sans le ski. Beau cadre de montagne. La route est très belle, les maisons de montagne commencent à apparaître. Bientôt nous arrivons au pont sur la rivière Tara, un des ponts de ce type les plus hauts d’Europe. 


Zabljak
Quelques restaurants et une petite industrie du tourisme se sont développés ici. Rafting, zipline, plateforme pour une photo à 1 euro (!). Ce n’est qu’un pont, dans un cadre agréable certes. Un café, une heure d’attente et hop le bus arrive. Complet, on ajoute une heure. Les aléas du voyage à 6 en bus. Le suivant nous promet les dernières places. Heureusement, pas d’autres clients que nous. Sauvés ! On s’écrase au fond. Très belle route qui monte dans la forêt vers Zabljak. Bientôt les pics enneigés et la ville sur un plateau vers 1400 m d’altitude. 
Le cadre est vraiment très beau. 
Beaucoup de neige sur ses sommets et une luminosité incroyable. L’impression d’arriver dans le Montana.



Voyage de guirdal au Monténégro
La ville est très vaste mais c’est plutôt des chalets et quelques hôtels disséminés sur un plateau plutôt qu’une station  à la française. Voilà la capitale du ski du pays. Mais cela reste modeste. Un reste d’antique téléski devant notre chalet, un télésiège au loin, mais la station est ailleurs dans la montagne. Dans la rue des tas de chiens gentils en liberté. Le bonheur canin visible. Devant la boulangerie, une chienne qu’on baptisera Perast nous suivra toute l’après-midi. Nous remontons la rue à la recherche d’un centre d’information sur le parc national du Durmitor mais on ne trouve rien ou alors fermé. On part donc au hasard vers l’attraction locale, le Lac Noir, le plus grand lac glaciaire du parc, à 3 km de la ville. On y accède par une route goudronnée, assez agréable. Beaucoup de neige au bord de la route, des quantités impressionnantes pour une fin avril. Quelques restaurants, des supermarchés, et peu de monde en cette fin de saison. 
Lac noir, Durmitor
 Très belle forêt. Nous arrivons à la maison du parc, fermée, puis au guichet du parc où nous payons nos 3 euros d’entrée. La route continue sur du goudron vers le lac, à moins de 15 minutes. Quelques cabanons en bois façon « marchand du temple » doivent accueillir les voyageurs. En cette saison seuls un ou deux sont occupés. L’arrivée au lac est un choc. Genre Lake Louise, rocheuses canadiennes. Superbes montagnes très enneigées et plan d’eau magnifique avec une forêt tout autour. Quelques promeneurs mais cela reste tranquille. Nous partons, vu l’heure (16H) pour le tour du Lac Noir. Magnifique sentier, superbe forêt. Plutôt plat et très facile. D’épais névés rendent la marche un peu limite par endroit mais c’est un plaisir de randonner dans de telles conditions, dans le silence. Un lieu unanimement apprécié pour sa beauté. Retour en ville, toujours très calme, puis soirée au coin du feu, dans le confort de notre chalet.

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Une petite vidéo  sur le parc de Durmitor et le lac noir.

Ivan Do, Durmitor
 Encore une très belle journée à randonner dans ce magnifique parc. Très beau temps et bonne température. Nous commençons par nos 3 petits kilomètres pour rejoindre l’entrée du parc. Pas si désagréable comme mise en jambes. Certes, c’est du goudron, mais la route est très peu fréquentée en cette saison et avec tous ces gentils chiens qui nous accompagnent, avec cette neige dans les rues, cela passe très bien. Après l’achat des tickets nous partons vers Ivan Do (ci-contre), un petit regroupement de chalets au-dessus de Zabljak. De belles maisons et de très belles vues sur la montagne. Étonnant quand même que l’on puisse construire autant dans un parc classé à l’Unesco. 


Lac des serpents, Durmitor
Nous partons sur un sentier en sous bois vers le lac Barno Jezero que l’on longe sans vraiment l’apercevoir. Notre but du jour est le lac des Serpents, Zmonje Jezero. Le sentier suit une route forestière plate. 
Ce doit être très simple en été mais là, avec un mètre de neige, c’est un peu plus laborieux. Il est tombé plus de 2 mètres de neige cet hiver dans les rues de la ville, un hiver exceptionnel. Je n’ai jamais tant vu de neige fin avril, aussi bas en altitude. Le lac est magnifique, d’une eau vert émeraude, entouré d’arbres. Quelques français, je m’éloigne pour jour à Thoreau dans la montagne. Seul dans mon coin de lac, à observer les grenouilles, à escalader les rocher, à me reposer au pied d’un tronc, je me prends pour un naturaliste. Un endroit magnifique. 


 Durmitor
On poursuit ensuite en fond de vallée pour atteindre un petit lac de fonte très joli mais non répertorié. Sur plusieurs points de vues, je m’imagine marcher vers le Half Dome des Yosemites, aux proportions du Monténégro. Bel endroit pour se reposer. On se sépare ensuite en deux groupes et je pars avec Caro, Alice et Cléa vers un sentier bien pentu et enneigé en direction de Crepulj Poljana. (voir ci-dessous)




 Crepulj Poljana,Durmitor

Beau sentier dans les bois où l’on s’enfonce jusqu’à mi-cuisse parfois entre les rochers et les sapins. On arrive enfin sur un bel endroit plat, au pied d’un cirque blanc. Deux petites cabanes, une détruite, une non dans laquelle on peut s’abriter mais vraiment pour une urgence. On observe 2 chamois, un lagopède, un renard. Au loin une grotte, Jelovacka Pecina. Les filles veulent qu’on l’explore. Une pente de neige raide, on s’accroche aux branches. Le chien, baptisé Durmi, qui nous suis depuis la ville, passe sans problème. Il nous impressionne, passant la journée à l’affût, à courir et à sauter partout. Une force de la nature.




 Crepulj Poljana,Durmitor
Dans la grotte, une très grosse stalagmite de glace immaculée rend l’endroit assez magique. On adore, nous qui cherchions les sources de la pureté dans le royaume de Dalawen. Nous y sommes. Visite à un petit lac de fonte à côté des cabanes puis nous redescendons à regret de ce coin magnifique. Sur le chemin du retour nous croisons un groupe d’une quinzaine de français peu équipés qui me demande la route « du lac », me montrant une tache bleue sur Google Map. « Lequel ? » répondis-je, les mettant en plein désarroi. En baskets, sans équipements, ils galèrent un peu. Nous rentrons ensuite par le Lac noir, tellement beau, qu’il méritait une autre visite. On ne s’en lasse pas. Annie et Thierry nous attendent à la terrasse du restaurant le jouxtant. Durmi nous dit au revoir et Marbrée, la chienne courte sur pattes, prend le relais pour nous raccompagner à la ville. On se croit dans un vrai film Disney, avec une bande de chiens qui jouent les guides pour les touristes. Marbrée n’a pas l’accréditation haute montagne de Durmi, mais elle joue son rôle. Quel contraste de voir tous ces chiens heureux gambader dans la nature à côté de ceux de Kolasin, en cage et accrochés à de courts liens. Un scénario ? Les chiens de Zabljak partent libérer leurs copains de Kolasin. Nous rentrons en ville bien accompagnés, un peu fatigués mais heureux de ces 16 kilomètres dans la neige.



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Une petite vidéo  sur le parc de Durmitor, le lac des serpents et Crepulj Poljana.





Encore une très bonne nuit malgré le « vent » de fraîcheur nommé Cléa qui partage ma chambre.  Nous partons ce matin en direction du parc vers le lac de Jablan Zezero. Nous avons hésité entre cette partie haute montagne et partir vers le Curevac pour la vue sur le canyon sur la rivière Tara. Nous avons quand même préféré l’option neige et exploration, tant cette situation est exceptionnelle pour nous. Le chemin d’approche est assez long, avec une bonne portion de route pour quitter la ville. Pour autant, n’ayant aucun trafic, ce n’est pas désagréable. On se recharge de bonnes pizzas, bureks et tourtes à la boulangerie du coin pour nous lancer dans la côte qui monte vers Pitomine, un regroupement de maisons au-dessus de la ville. C’est très vite tranquille et isolé. La ville n’est pas, vu de loin, bien grande. On s’élève vite et les vues sur les hauts sommets enneigés sont déjà très belles. Nous bifurquons vers Bosaca, un autre petit hameau. Nous passons près d’un antique télésiège, recouvert par des sapins. Une petite maison attenante, remplie de déchets, devait servir de guichet. Bizarre, ce centre de ski, où tout ce que je vois est délabré. Il doit y avoir un autre site plus loin, plus important. Suivi par nos chiens du jour, Herceg et Perju, nous montons un peu au hasard au travers des maisons, ameutant d’autres chiens encore. Nous avançons un peu à vue, avec une pauvre carte de l’office de tourisme, suivant les traces de quelques Français. Encore eux. Nous ne croisons pas grand monde mais dès que nous sommes loin des parkings, un peu en montagne, nous ne croisons que nos compatriotes.

Zabljak,Durmitor
Zabljak,Durmitor

 La neige fait vite son apparition et on ne la quittera pas jusqu’au sommet. Nous atteignons la route goudronnée, nommée route panoramique, près du sommet du télésiège, puis poursuivons à vue dans la forêt. L’enneigement est exceptionnel. Jamais je n’ai marché tant un tel paysage. Un décor digne de la scène d’ouverture du bal des vampires. Au moins un mètre d’une épaisse couche recouvre le sol, et bien plus dans les congères. Le sentier disparaît sous des bosses énormes de plusieurs mètres. Les arbres ploient sous le poids de la neige et sont autant de pièges quand on s’enfonce jusqu’à la cuisse. C’est d’ailleurs assez dangereux, on risque de s’empaler sur les bouts d’arbres morts. Je me râpe d’ailleurs plusieurs fois les tibias.


 
Zabljak,Durmitor

 On atteint le versant sud du Razana Glana, 1862 m. Magnifique endroit avec la grande paroi du Crvena Greda devant nous. Au loin, à très grande distance, d’autres montagnes blanches. On pense au Montana, aux rocheuses. En tout cas je ne connais pas d’équivalent en France. Un peu vers Font Romeu, mais ici l’échelle est plus imposante. On rejoint un sentier escarpé à flanc de falaise pour atteindre un col.




Zabljak,Durmitor
 Le lac que l’on voulait atteindre est bien en dessous de nous, entièrement gelé. Très beau spectacle. Les plus hauts pics du parc se révèlent en mode hivernal tant on sent la couche de neige épaisse sur leurs flancs. On redescendra par une autre route, en récupérant un balisage (rond blanc entouré de rouge), qui dépasse parfois de la neige. De la luge en descente, encore des quantités incroyables de neige, je m’éclate. Et quelles vues ! On retrouve enfin Bosaca et Zabljak. Le temps se rafraîchit, quelques nuages. Nous avons eu des journées incroyables dans ce parc. Ce soir, c’est l’anniversaire d’Alice. 12 ans, c’est topitor ! Mais il reste à réserver un hôtel, à écrire au taxi, trouver les horaires du bus... En fait je n’ai aucune soirée à moi.


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Une petite vidéo  sur le parc de Durmitor et  le lac Jablan .

Zabljak,Durmitor


Journée de transfert ou comment se refaire tout le voyage à l’envers. Le bus quitte le petit parking qui sert de gare des bus. Le temps est frais et nuageux, nous avons eu beaucoup de chance. Je cherche à prendre les tickets dans le petit café de la place. Un vrai fumoir là-dedans mais pas de ticket. Chargé de bureks et de pizzas pour la journée, nous embarquons pour la capitale, Podgorica. 

Le  bus part plein sud et longe la station de ski, modeste, et de hauts sommets encore enneigés. Des plateaux d’altitude et quelques maisons en bois traditionnelles. De nombreuses haies en pierre délimitent des parcelles, un peu comme dans le Cotentin. Puis la route descend lentement, tout en offrant de très belles vues. 







La Valette

Le lien vers les PHOTOS  de  Zabljak et du parc de Durmitor.


Vers Budva

Passage à Niksic, grosse ville du pays, avec un tas de ronds-points en construction. D’ailleurs tout le pays semble en chantier, tout doit être fait avant l’été. La façon qu’ont les locaux de s’accommoder des ralentissements est originale : certains remontent la route à contre sens. Quelques dépassements sans visibilité ne semblent d’ailleurs gêner personne. Passage près du monastère d’Ostrog, que l’on voit accroché à la montagne depuis la route. Site assez impressionnant malgré la distance. Podgorica est ce vendredi plus animée qu’en début du séjour.



Budva
Barres d’immeubles bien neuves, d’autres plus décaties. Beaucoup de boutiques de pari et de casino. Jamais tant vues que dans ce pays. Pas mal de jeunes dans le bus mais aussi quelques hommes plus âgés. Coupe uniforme : rasé ou très court. Le paradis des coiffeurs. L’autre bus de notre correspondance repasse par Cetinje, au pied du mont Lovcen qui a perdu pas mal de neige. On se plaît à revoir le lac Skadar, à retrouver les belles ambassades de la ville historique. Remontée puis longue descente vers Budva. La mer, avec le beau temps, offre un tout autre visage. Sveti Stefan,la vieille ville, les plages, tout est bien plus beau qu’en début de séjour...sauf le béton. Kotor, où l’on repasse devant notre maison. Murailles et enceinte de la ville sous le soleil. Notre voyage défile. Petite mort ? 

Herceg Novi
Perast, toujours aussi belle au sein des bouches de Kotor. On ne se lasse pas du paysage. Risan et enfin notre terminus, Herceg Novi où nous passerons la nuit. Notre appartement est au-dessus d’un bar de la promenade, sans grand confort mais une vue superbe sur la piscine en plein air( voir ci-contre) , sur l’animation des environs de l’ancienne gare et sur le port. 
Herceg Novi
Il est environ 16h, le soleil cogne. Après une semaine de montagne, j’ai du mal à accepter tant de chaleur. Nous partons visiter la forteresse espagnole, à une bonne vingtaine de minutes au-dessus de nous. 
La ville comprend trois principales forteresses, deux payantes, cette dernière, bien plus haute, gratuite. On y accède en passant par des quartiers non touristiques, au milieu des jardins fleuris, près des terrains de sort où s’amusent les jeunes.


Herceg Novi, forteresse espagnole
 J’aime beaucoup cette immersion loin des chambres sobe, zimmer, et autres rooms. Ici rien à vendre au touriste. Bien sûr on nous repère de loin. Impression de sud, d’Italie. La forteresse est en très bon état, sale bien sûr par endroit, voire dangereuse, mais très intéressante. On passe dans les baraques austro-hongroises, on croise la mosquée turque, des parties bosniaques. Des bastions, des chemins de ronde, des tunnels. 



Herceg Novi, forteresse espagnole





Pas mal à explorer mais sûrement très glauque en soirée. Vues sur la ville forcement magnifique. Endroit sauvage, laissé tel quel. Une grosse tortue tente de monter les escaliers, on l’aide un peu. Les filles chantent quand cela résonne et courent pour jouer à la guerre. Un chat somnole. 














Herceg Novi
Nous redescendons ensuite par la Vieille Ville, cherchant un peu pour le restaurant du soir. La ville est très animée, rien à voir avec notre premier jour, un jour férié où il ne faisait pas si beau. Là on se croit à Soulac-sur-Mer en plein mois de juin. Il y fait plus chaud je trouve, le soleil tape. Les nageurs enchaînent les longueurs dans la piscine pour leur cours de water polo. Ici semble être le centre de ce sport au Monténégro. Cela n’arrête pas.


Herceg Novi
On choisira un restaurant familial, à l’écart de la promenade. Intime comme j’aime, servi par un papi. On va se régaler de poulet grillé, de porc grillé, de frites maisons, de salade. Vraiment très goûteux et copieux, en viande surtout pour environ 8 euros. Ma dose de viande pour plusieurs mois. Pour digérer, on se promène sur la plage au pied de la forteresse Forte Mare, nous dirigeant vers la jetée observer les bateaux. Une dame pêche de nuit. Les bateaux qui emmènent les touristes vers la grotte bleue, le fort de Mamoula attendent le matin. Il règne une atmosphère très douce, très tranquille. Peu de touristes, on se sent dans la vie des locaux. Les enfants, même très jeunes, jouent en bande dans les rues, les ballons roulent, comme les trottinettes. Des glaces, du monde en terrasse, le quotidien d’une station balnéaire en début de saison. On continue ensuite vers Topla, remontant la promenade. Successions de beach bars, de snacks, de marchands de souvenirs. Tout n’est pas encore ouvert, cela reste très bon enfant. Une très belle dernière soirée pour tout le monde. Un coin où il ferait bon vivre, hors saison.

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Herceg Novi
Réveil assez matinal pour profiter du balcon. Déjà les entraînements commencent dans la piscine en plein air. Ici cela semble être le club de sport obligatoire pour les jeunes hommes. On les voit sortir de l’eau, crevés mais heureux avant de se jeter devant le premier snack pour se gaver de pizzas ou de crêpes au Nutella. Ce matin, nous allons juste déambuler encore sur la promenade. Le soleil cogne, je n’imagine pas venir ici en été. 


Herceg Novi
Les plages sont minuscules, en galet ou en béton, et les logements très nombreux. Je me demande comment tout cela peut marcher. Les glaces sont déjà en vente mais ne semblent pas vraiment artisanales, une dame presse des jus d’orange, la musique s’entend sur les terrasses. Les mamans promènent leurs enfants, elles sont bien jeunes. Les demoiselles sont élégantes, bien plus que les hommes. Terrain de tennis en terre battue. Piscine à débordement. 


Herceg Novi
Magasins de souvenirs. On s’assoit juste sur les bancs pour voir défiler la population. Encore une fois, très tranquille. L’appartement rendu (jamais de vérification ici), on se rend avec nos sacs dans la Vieille Ville pour déjeuner dans notre pekara (boulangerie) préférée, près de la porte de l’Horloge. Du monde et de l’animation ce samedi matin. Une dernière provision de gras et de sucre, un passage au petit marché en plein air, où se vendent olives, miel, tomates à des prix de la côte. Le taxi nous attend près de la gare routière, nous le rejoignons sans hâte. Pas trop envie de quitter ce beau pays pour retrouver ma routine.

 Des bouchons pour quitter la ville, puis on emprunte, comme à l’aller, la route secondaire, pour passer la frontière. Double, d’abord pour quitter le pays, puis pour rentrer dans l’autre, quelques kilomètres plus loin. Personne, et un passage rapide. Quelques minutes pour vérifier les cartes d’identité. Le chauffeur se charge de tout. Mais en saison…je pense que cela doit durer longtemps. Nous voilà en Croatie pour quelques kilomètres. Aéroport de Dubrovnik tout propre et neuf. Aucun stress, peu de monde etnous avons le temps. J’écris le dernier mot depuis le haut des nuages.



La Valette

Le lien vers les PHOTOS  de Herceg Novi.


Une petite vidéo d'Herceg Novi.



CONCLUSION

Sveti Andrija, Perast

Un départ indécis, très peu d’attente, le Monténégro n’était pas mon voyage le plus attendu. Mais il était nécessaire, pour arrêter cette série de malchances dues au Covid qui m’avait coupé les ailes. Un voyage de raison, surtout, pour utiliser un bon d’achat. Un voyage utilitaire pour retrouver l’envie de voler. Un voyage efficace, un antidote à la sédentarisation, qui pousse à repartir. En ce sens et en d’autres, un voyage réussi. J’ai apprécié ce petit pays, riche de contraste sur un petit territoire. Un pays de montagne, difficile à soumettre, truffé de forteresses de toutes les époques, où le béton remplace  la pierre d’hier pour une autre guerre, économique, contre la pauvreté et pour le développement. 

Je résumerais mon voyage en  trois thèmes.

 La partie maritime, fascinante dans les bouches de Kotor, riche de villes anciennes et d’histoires. Un site naturel qui mérite sa renommée et son classement à l’Unesco. Avec toujours cette lumière de la Méditerranée, toujours si éclatante. Mais une partie balnéaire, un peu déprimante, vers Tivat ou Budva. Tout ce que je n’aime pas. Un nid à touristes estivaux en rang de buildings. La croissance démesurée. Des gravats et des chantiers. 

Deuxième aspect du pays, le centre historique, l’âme culturelle du pays, à Cetinje l’intellectuelle. Nous y avons touché le charme désuet du temps des ambassades du début du XXème siècle, la monarchie, mais aussi la lutte de ce peuple fier, ses combats, ses résistances face aux nombreux ennemis.

 Et enfin la partie haute du pays, dans ses montagnes. De la neige, marquante, des stations d’altitudes bien différentes des nôtres, de superbes randonnées et un vrai dépaysement. 

Un voyage confortable, malgré les bus bondés et les attentes en gare routière. Mais il fallait bien apprendre à mes nièces à voyager avec les locaux. A manger local, à attendre local, à vivre local. Un voyage plaisir dans un pays où la vie est plus abordable qu’en France. Et puis les habitants, contrastés aussi. Parfois distants voire peu commerçants, le plus souvent très serviables et tranquilles. De gros gaillards, de grosses voitures aux vitres fumées, des mangeurs de viande aussi. Se sentir tout petit, dans un tout petit pays.

 


LE  SEJOUR EN 5 COUPS DE COEUR :

- La vue sur les bouches de Kotor depuis la forteresse Sveti Andrija au-dessus de Perast.
-La douceur de vivre dans la vieille ville d'Herceg Novi .
-l'ambiance provinciale et désuète de la ville historique de Cetinje.
-le parc national de Biogradska et les magnifiques lacs depuis le sommet du Bendovac.
-Le magnifique parc national de Durmitor avec ses sentiers enneigés , ses chiens -guides, ses lacs et ses forêts.



LE POUR : de superbes parcs nationaux, le coût de la vie, la gastronomie locale accessible, les distances relativement courtes pour parcourir le pays, le réseau de bus, le confort de nos logements,la confiance des logeurs, la variété des ambiances, l’ambiance authentique dès que l’on quitte la côte, la lumière sur la mer.
 
LE CONTRE : définitivement la pollution, beaucoup d’endroits très sales, du plastique et des canettes jonchant le sol, l’accueil de certains restaurateurs, la côte bétonnée, les boutiques de souvenirs des vieilles villes.