PAYS DE GALLES

Pourquoi le PAYS DE GALLES?

Réellement enthousiasmés par notre séjour nature en Ecosse de l'an dernier nous avions émis l'idée de repartir pour une autre virée avec toujours la même philosophie: s'échapper une petite semaine de nos routines pour retrouver les plaisirs simples de la vie dans la nature. Difficile pourtant de trouver un créneau pour que 5 adultes actifs (dont certains avec une famille) puissent partir en même temps. Nick le premier jette l'éponge car pris par son travail, puis Stéphane qui a quelques problèmes pour la garde de ses enfants. On ne sera que 3 avec une semaine de libre en avril 2012. Que faire en 1 semaine? Partir en Espagne, au Portugal, en France...ou dans un pays frontalier. Pas bien possible de faire plus. Comme toujours le Royaume-Uni montre le plus d'avantages: accès très simple, rapide, peu cher depuis notre sud-ouest et offrant de nombreuses possibilités de randonnées dans des endroits très sauvages. Le Pays de Galles nous attirant tous ce fut le choix le plus évident. J'y avais déjà marché en 1996 lors de mon année Erasmus à Birmingham et en avais gardé un excellent souvenir. Et il y a toujours ce truc en nous qui nous emmène toujours plus vers le nord que vers le sud. Il fallait maintenant trouver une zone de marche. 3 grosses possibilités pas trop éloignées de Bristol, notre ville d'arrivée. Les montagnes Cambriennes du centre du pays, très sauvages mais peut-être peu variées et difficiles avec le mauvais temps attendu. Une traversée sud-nord depuis le parc national de Dartmoor jusqu'à celui d' Exmoor par le Two Moors Way. Sûrement bien mais peut-être trop pastoral pour nous, en particulier entre les deux parc. Enfin, et ce sera notre choix, traverser le parc du Brecon Beacons en suivant plus ou moins le ​Beacons Way. C'est un assez grand parc avec des massifs sauvages, des grandes étendues, des canaux, des villages. Un ensemble varié qui nous semblait correspondre à nos attentes. Après le Great Wilderness écossais on ne voulait pas une redite qui de toute façon serait un ton en dessous tant les paysages et les conditions de l'an dernier étaient exceptionnelles.

PLAN DU VOYAGE

Nous sommes donc partis à 3 : Thierry, Thierry ( mon beau-frère) et moi-même du 14 au 21 avril 2012. Après une arrivée et une nuit à Newport nous prendrons le train pour Llandovery, à l'extrémité nord-ouest du parc. De là nous allons marcher du dimanche midi jusqu'au vendredi midi ( 5 jours) , suivant parfois le Beacons way , parfois le sentier qui longe le Monmouthshire and Brecon Canal . Après de nombreux massifs dont celui de Black Mountain, du Pen-y-fan , du Sugar Loaf, des traversées de réserves sauvages comme dans la Fforest Fawr, des marches sur les anciennes voies romaines et quelques villages avec de très beaux pubs nous finirons le périple à Abergavenny, dans le sud-est du parc.

PERIODE :
Mi-avril-Fin-avril. Au niveau du climat ce n'est pas la pire des périodes, en général...même si le froid et les mauvaises conditions peuvent être encore très présents. On peut dire que nous avons eu une semaine pas trop chanceuse niveau météo: pas mal de pluie et du froid ( neige sur les sommets) mais aussi des éclaircies . Pour bivouaquer il peut faire assez froid ( 1°C dans la tente le premier jour), le tout accentué par l'humidité. Sur quelques jours bien se dire que le corps s'affaiblit et que tout devient humide malgré du bon matériel.
Niveau fréquentation: peu de monde sur les sentiers mais parfois quelques groupes, quelques couples ou quelques randonneurs solitaires. En tout cas rien de gênant, l'ensemble reste assez désert et si l'on veut être seul il y a des coins hors de notre itinéraire qui le seront vraiment je pense.

Voici le conseil du Lonely Planet : "Le printemps et l'automne sont probablement les meilleures saisons pour visiter le pays de Galles ; vous éviterez ainsi les foules de juillet et d'août. La région est encore plus calme en hiver, mais de nombreuses attractions ferment mi-octobre pour ne rouvrir qu'à Pâques. En outre, certains cols de montagne sont paralysés par la neige à cette époque."

Pour en savoir plus sur le climat et les bonnes périodes , voir sur le site des prévisions montagne de la région du Brecon Beacons. Un site très utile pour suivre l'évolution de la météo et pour réfléchir à son matériel. De nombreuses options sont disponibles et tout est très complet.

NIVEAU :

Partir dans le Pays de Galles et s'y déplacer est très facile. Très simple d'arriver à Bristol et de trouver des bus et des trains pour la région de la randonnée. Ensuite pour ce qui est de la marche en elle-même, c'est un peu plus délicat. Il faut d'abord avoir une réelle affinité avec ce type d'ambiance humide. Ce n'est bien sûr pas le but recherché mais il faut se préparer à affronter en gardant le moral de nombreuses heures de pluie. Un très bon matériel est donc de rigueur. Pour info: une veste hardshell en goretex un peu vieille ne suffira pas sans son poncho. Mon duvet Pyrenex +9°C à -7°C °( qui a 15 ans j'avoue) ne suffisait pas...à cause d'un matelas de sol percé! Si vous voulez tester votre matériel, c'est une bonne occasion.
Niveau bivouac, j'avais investi dans une tente Rejka à 290 euros avec laquelle j'étais très en confiance. Thierry avec sa vieille Decathlon a dormi aussi au sec mais les nuits n'étaient pas si ventées ou pluvieuses. Pas simple de trouver où planter la tente. Soit c'est en plein vent et sans eau ni abri , soit c'est impossible à cause du caractère privé de tous les terrains. On doit demander à chaque fois aux propriétaires . Le premier jour on a été surpris de voir qu'on nous demandait 5 livres par personne. En fait c'est le prix partout rencontré. Il y a donc des aires de bivouac un peu aménagées avec WC et sanitaires parfois. On en a utilisé 3 et sincèrement cela semblait être la meilleure et la plus tranquille option. Nous avons aussi un soir la chance de tomber sur une auberge de jeunesse au milieu de nulle-part. Une super soirée pour sécher!
Au niveau physique, le poids du sac ( plus de 15 kg) peut en rebuter certains. Nous avions choisi l'option "tout en autonomie" pour être tranquilles. En fait il y a moyen sur le parcours de croiser des villages, des pubs...et ainsi d'alléger pas mal le sac. Si vous préparez bien votre itinéraire le sac en sera d'autant moins lourd. Nous avons choisi de suivre un peu le Beacons way qui propose des étapes qui nous ont semblé être parfois longues en conditions difficiles et avec le gros sac. Les pics ne sont pas très hauts ni techniques mais quelques passages sont bien raides. Une bonne condition physique me semble nécessaire pour réaliser notre parcours dans les mêmes conditions et avec plaisir.
Le tracé n'est pas si clair que ça mais si l'on a une bonne visibilité il est aisé de se diriger à l'oeil quitte à couper hors sentier. Attention toutefois aux nombreuses barrières et clôtures aux chemins privés!



HEBERGEMENT ET BUDGET (2012) :

Le voyage m'est revenu à 435 euros pour 7 jours ( 135 euros d'avion+80 euros de budget alimentation + 220 euros sur place (pubs-hostel-BnB-transport-restaurant). Ce qui n'est pas si bon marché que ça, d'autant plus que le budget matériel est aussi conséquent pour celui qui n'aurait pas grand chose. Pour l'avion, depuis le sud-ouest, il est aisé de trouver un bon prix avec Ryanair.
On a payé la plupart des nuits pour ce séjour:

  • 2 nuits en BnB à Newport ( Ashburton House) à 70livres/nuit pour 3.
  • 1 nuit en hostel à Llwyn-y-celyn. (réservation sur les nombreux sites d'auberges de jeunesse du net) pour environ 20 livres/pers/nuit.
  • 3 nuits en aire de bivouac ou en camping à environ 5 livres/pers/nuit.

Sinon les trains et les bus reviennent assez cher. Le mieux à trois était de louer une voiture mais cela ne permettait pas autre chose qu'une randonnée circulaire, peu appropriée au parc du Brecon Beacons.

Pour préparer ce voyage j'ai utilisé :

SITES GENERALISTES

TRANSPORTS

  • le site des transports du Pays de Galles. Très bien fait et simple pour trouver les moyens, les prix et les horaires pour rejoindre vos destinations.

RANDONNEE

  • un site sur le parc du Brecon Beacons.
  • un site qui propose plein de bonnes idées de randonnée en Ecosse, Angleterre et Pays de Galles. Très utile.
  • une carte interactive très utile pour étudier...la carte de votre future randonnée.
  • le site des cartes. Nous avons utilisé 2 cartes au 1/25000ème, la 12 et la 13.
  • le site des parcs nationaux. Nous c'était le Brecon Beacons...mais il y a le choix.
  • le site des grands sentiers de randonnée. Une source d'inspiration.



Jour 1 : Arrivée à Newport

Nous retrouvons Thierry à Bergerac un peu avant notre vol Ryanair pour Bristol. Un petit café, une lecture de son dernier carnet de voyage sur la Russie , un dernier remplissage de sac avec les lyophilisés et nous nous rendons sans stress à l'aéroport. Juste ne rien oublier . Partir à plusieurs me change vraiment et l'état d'esprit en est donc totalement différent. Même si, comme si j'étais seul, je continue à gérer les itinéraires, les billets d'avion, les réservations d'hôtel etc... Peut-être qu'une fois je pourrais faire comme mes compagnons de voyage, ne faire que suivre et me laisser guider d'un point à un autre? Caroline nous emmène donc au nouvel aéroport de Bergerac, qui tout en restant très confortable, prend chaque année un peu plus d'ampleur. On y croise une majorité d'anglais, forcément. C'est un vrai confort de partir d'ici: pas de problème pour se garer, embarquement rapide...vraiment on est loin du stress des départs de Paris. Je me revois partir d'ici pour la Malaisie via Londres. L'avion sera plein, nous voyagerons séparés mais le vol sera vraiment tranquille et très rapide. Je commence ma lecture de la "route d'Oxiane " de Byron et relève la tête une fois l'avion posé. Toujours un peu rude avec Ryanair, comme si la formation des pilotes s'arrêtait au décollage. La petite musique de fanfare et l'autocongratulation de la compagnie qui se satisfait de ses arrivées à l'heure fait rire ou agace, au choix. Peu d'attente à l'aéroport de Bristol (petit), achat d'un billet combiné "train+bus" à une borne ( cher) et nous voilà partis en direction du centre-ville. Le trajet est bien sûr moins sauvage que dans le cas d'Inverness l'an dernier: paysages verts puis ville un peu décrépie qui me fait penser à une cité du massif central ou à mes premiers sentiments lors de mon arrivée à Birmingham en 1996. La gare est assez originale, un petit Windsor avec ses façades en belle pierre. Nous prenons alors un train pour Newport. Succession de petites villes le long de la Severn, un long tunnel et nous voilà arrivés à Newport, par un pont surplombant une rivière boueuse sur les berges de laquelle siègent les ruines d'un ancien château.

Nous fonçons alors directement vers le centre ville proche pour nous procurer l'indispensable: le gaz pour notre randonnée. J'avais noté quelques adresses: la première ne vend pas de gaz, la seconde est fermée. Par un coup de chance nous trouvons en face un magasin d'outdoor. Le gars, peu impliqué, nous dit qu'il n'a pas de Campingaz. "You have to go to Cardiff!" . Gros problème, pourtant en fouillant derrière les cartouches Coleman j'en trouve une, la dernière. Sauvés, d'autant que tout ferme devant nous, il est 17h30. Les Thierrys s'achètent une bouilloire, une paire de sandales et nous voilà partis, chargés, pour trouver notre BnB, l'Ashburton House. La ville semble en crise: bande de gars, hôtels fermés, devantures délabrées...rien n'inspire à rester dans le centre. Nous nous perdons un peu , faisons quelques achats pour les repas du lendemain (juste avant la fermeture encore) puis nous arrivons dans un quartier indien qui me fait de suite penser à toutes ces comédies sociales anglaises ( Fish and Chips, The Full Monty etc...) . On se sent dans la société britannique profonde, peu aisée . Notre BnB sera dans une maison classique avec petit jardinet devant. Bon accueil, nous serons les seuls clients et la chambre sera confortable. A peine les sacs posés nous réalisons que nous avons oublié un autre élément essentiel à toute randonnée, les cartes. Demain dimanche, où en trouver? On va devoir un peu changer notre itinéraire. Nous nous rendrons dans une ville proche du parc du Brecon Beacons, Llandovery, dans laquelle il y a un point d'information sur le parc ouvert le dimanche. Pour la soirée nous finirons dans un restaurant indien VIDEO ( le pub ne servant plus à cette heure). Rien d'exaltant dans le coin ni de très typique. Malgré tout, ce sera bon et nous discuterons longuement en passant une bonne soirée. Retour dans le confort de notre BnB.

Jour 2: de Llandovery à Blaenau

Le réveil sera assez matinal. Un gros et bon petit déjeuner à 8h, seuls dans la salle à manger avec le chat, la dernière douche supposée puis on laisse nos sacs de linge propre à la patronne avant de courir un peu pour attraper notre train pour Llandovery. Pas de touristes dans le wagon, d'ailleurs nous n'en croiseront aucun au cours du séjour. Cardiff et sa région n'étant pas les endroits les plus populaires au moins d'avril. Quelques usines le long de la voie, mais aussi des collines verdoyantes au loin. Passage aussi près du Millenium, le célèbre stade en plein centre de la ville. Le Pays de Galles, un mix de passé industriel, de nature et de rugby. Et des gueules aussi. Nous croiserons pas mal de gars très charpentés à l'aspect rugueux. Le maigre n'a pas sa place ici. Après un petit changement nous arrivons à Llandovery. Charmante petite ville avec des ruines d'un château, des pubs, des motards, des caravanes et un très joli petit point d'information du parc. Nous y achetons nos deux cartes et discutons un peu avec le patron pour glaner quelques informations sur le parc et le meilleur moyen de le parcourir. Belle boutique, encore une fois les britanniques ont un sens de l'harmonie et la maison du parc est très bien agencées. Nous commençons notre marche par quelques kilomètres de route, au milieu des champs et des moutons. Beaux paysages de bocages. Des cyclistes en randonnée. C'est un départ tranquille et agréable. Beau temps et douceur. Nous arrivons dans le joli petit village de Myddfai VIDEO

. Est-ce raisonnable, pourtant nous allons déjà nous arrêter pour une première pause boisson dans une charmante boutique proposant des produits à base de plantes. Pourquoi s'en priver? J'admets que le nature sauvage ne sera pas moins belle dans quelques heures si elle est précédée ou suivie par des moments de confort. Rapidement, pas loin de la sortie du village, le paysage change. Nous quittons la route à Sarnau pour commencer la marche dans les près le long d'une allée bordée de vieux arbres. Ceux-ci sont assez beaux et c'est ce qui m'avait marqué lors de ma précédente visite dans le Pays de Galles.

Il y a des formes très tortueuses dans ces branches. Il y a de la mousse, du vert, de la pierre . Tout pour peindre un tableau charmant et dépaysant. C'est une atmosphère différente de celle que je connais dans mes forêts du sud-ouest. La beauté des lieux enlève peut-être un peu à l'effort que nous devons faire pour hisser nos sacs assez lourds au sommet des côtes parfois raides. Pas mal de clôtures, parfois des chemins interdits mais on passe outre et arrivons au milieu de très belles ruines d'une ferme en pierre possédant beaucoup de cachet. Le sentier est assez bon vers le Fedw Fawr et bien plus sec qu'en Ecosse. Nous arrivons bientôt à une route à la recherche d'un ancien camp romain que nous ne trouverons pas. Le paysage devient très sauvage: de grandes étendues plates avec au fond le réservoir d'Usk, le massif du Pen-Y-Fan au loin, et le massif plus proche du Fan Brycheiniog vers lequel nous nous dirigeons à vue.





​On commence à penser à notre bivouac et ici cela ne semble pas possible. Nous cherchons la vallée vers Llanddeussant et arrivons dans la ferme d'un habitant. Il nous annonce que son voisin accepte en général des campeurs. Le contraste est rapide entre les collines sauvages et inhospitalière et la vallée bien plus riante. Pourtant l'hospitalité a un prix ici: 5 livres par personne. On est un peu choqués par cette demande mais cela sera la norme le long du séjour. Le bivouac n'est pas autorisé au Pays de Galles. Parfois toléré, souvent monnayé. On décide de poursuivre un peu plus loin sur le Beacons Way, n'écoutant pas trop le gars qui nous dit que le bivouac est impossible plus haut. On trouve facilement en sortie des habitations un coin abrité le long de la rivière. Bonne première journée. Moins rugueux et moins exaltant que l'an dernier mais les paysages restent beaux. Un repas puis nous allons vite au lit à l'heure où le froid tombe, c'est à dire très tôt: 20h30. Pas facile de s'endormir d'autant plus que mon matelas est percé! Froid dans la tente 1°C et froid au contact du sol. J'en suis à me mettre des chaussettes autour du cou et ma Ulfrotté le long du corps.

Jour 3: de Blaenau à Glyntawe

Nous commençons la journée sous un ciel assez bleu par une montée raide vers les crêtes du Bannau Sir Gaer (​VIDEO). Ce massif est sûrement l'un des plus beaux du parc en particulier à cause de ses deux beaux lacs et de ses falaises assez abruptes. Le sentier est aisé et nous promet de très belles vues ( jusqu'à la mer) sur les lacs en contrebas (VIDEO 1), (VIDEO 2).

Surprenant comme on se trouve dans un paysage de montagne alors que nous ne sommes même pas à 800 m d'altitude. Nous rencontrons un couple qui nous conseille de poursuivre la crête jusqu'au Fan Brycheiniog(802 m). De là encore une très belle vue VIDEO sur l'autre lac, le Llyn y fan Fawr que nous allons rejoindre par un sentier assez raide couverts de dalles et de pierres . Les berges du lac, dans une ambiance très sauvage, sont un endroit parfait pour un bivouac ou au pire pour un repas VIDEO. Nous en profitons pour faire une halte-lyophilisés. Nous poursuivons un peu hors sentier en longeant plus ou moins le Beacons way pour rejoindre vers le sud est la zone de Glyntawe. Un peu touristique vu la taille de la route. Nous y trouvons une aire de bivouac rustique avec foyer , eau et WC chimique. C'est un bon complément de revenu pour les agriculteurs locaux qui devaient en avoir marre de tous ces randonneurs dormant n'importe où et polluant leurs terres. On prend. Dans les environs une petite église, un cimetière, un cheval et des moutons. Classique. Nous passerons la soirée autour d'un beau feu de bois, ressentant encore une fois le plaisir ancestral d'avoir chaud, tout simplement. Bonne idée de planter notre tente près d'une fourmilière...je me déshabille et ressens de vives piqûres le long de mes jambes, sous mon collant. On fera attention maintenant.

Jour 4: de Glyntawe à Llwyn-y-Celyn

La nuit fut correcte avec ma carline, ma Ulfrotte et mon sous-sac de couchage. Bien sûr je me réveille régulièrement pendant la nuit pour regonfler mon matelas, bien sûr je dors avec mes boule quiès pour ne pas entendre le vent et la pluie mais cela reste un minimum confortable. Nous nous levons vers 8h30. Le temps est menaçant et il le restera tout la journée. Le vent très fort en altitude donne un temps de giboulées avec une alternance rapide de pluie, d'éclaircie et de grêle. On range sans trop de mal, toujours en se demandant comment ferions-nous sous des trombes d'eau? Nous profitons du porche de l'église pour prendre notre petit déjeuner VIDEO. Cela ne sera pas du goût d'un local qui jurera devant nous pour un tel affront à ce lieu si sacré. Vers 10h30 on démarre et commence par se perdre un peu. Pas toujours simple de trouver le bon sentier. Nous remarquons aussi le grand nombre de petits tourniquets nous permettant de passer les clôtures sans laisser échapper les animaux. En faire le décompte serait futile mais combien de clôtures franchies en 1 semaine? Un bon nombre de toute évidence. Nous voulions un raccourci, nous suivrons en fait le Beacons Way, plein sud, le long de la rivière, vers Craig-y-Nos. Le sentier est agréable, en sous-bois, surplombant la rivière. On en vient à discuter de nos souhaits au niveau de la marche, mettant l'accent sur la différence entre le fantasme du voyage sauvage, bien au chaud dans son canapé et la réalité du coin aride par mauvais temps. On en vient tous à dire que l'on tend à préférer les endroits où il y a de la vie. Personnellement j'aime bien l'alternance nature-confort. Lorsque l'inconfort va trop loin, on attaque le moral et c'est un autre type de démarche que l'on atteint. Un temps pour se dépasser, un temps pour profiter.

Nous atteignons bientôt la carrière de Penwyllt. C'est un endroit désert aujourd'hui mais qui semble toujours fonctionner. Personne mais un baraquement récent laisse à penser qu'il y a encore une activité dans le coin. Pas pour l'extraction je pense. Devant la maison du Caving Club (beaucoup de grottes dans le coin) , un grand trou béant devait être une ancienne carrière. Nous longeons ensuite une ancienne voie ferrée. Après quelques recherches sur le net on se rend compte qu'elle marchait au début du XXème siècle. Nous la quittons pour rentrer dans une immense zone très sauvage VIDEO, la Ogoff Ffynnon Ddu Nature Reserve. Elle me fait vraiment penser au marais du livre de Tolkien et comme je sais qu'il a été fortement influencé par le Pays de Galles, je m'amuse à m'imaginer le jeune écrivain ici en train de faire mûrir ce qui sera son chef d'oeuvre. Je réfléchis aussi au sens d'une randonnée car je trouve que mes camarades n'ont qu'un seul but , arriver. Est-on là pour transporter notre gros sac d'un point à un autre ou pour profiter de ce que l'on voit? Je prends l'option contemplative et ralenti en essayant de profiter un maximum de ces beaux paysages. Sinon on pourrait croire que le plaisir ne serait que lors des pauses ou des bivouacs. Pas suffisant. Bien que marécageuse, la zone reste plus "sèche" que dans mes souvenirs écossais. La boue écossaise cache des trous , on s'y enfonce parfois profondément. Ici le sentier me semble inoffensif et refuse d'avaler nos chaussures. On arrive à une belle ruine puis à une rivière vers Coed -y-Garred d'où part une voie romaine un peu casse-pattes. Quelques petits bouts de forêts peu accueillant pour un hypothétique bivouac. Les forêts ici sont souvent stériles, sombres et purement destinées à l'exploitation.

On arrive à une route et au parking de Catlle Grid. C'était une aire de bivouac possible, au bord d'une rivière VIDEO. Je n'ai pas trop de jus suite à un lyophilisé mal digéré et l'alliance du froid, du vent et du coin non abrité ne m'incite pas à vouloir dormir ici. Nous prendrons tous notre repas à l'abri d'une souche, sous les arbres, mais il faudra continuer cette après-midi. L'endroit n'est pas haut en altitude mais cela reste assez sauvage voire hostile quand on n'est pas au top et quand le temps menace. On hésite d'ailleurs pas mal sur la suite du trajet. Le chemin normal monte sur les crêtes puis redescend. Il est assez tard , nous sommes un peu fatigués et nous ne trouvons pas très prudents de monter sur les crêtes où il n'y aura pour sûr aucun lieu possible de bivouac abrité. On décide alors de contourner la montagne en commençant par remonter une partie de la route goudronnée vers le nord. Pas une voiture, coin très isolé. Nous bifurquons ensuite vers la droite pour prendre une voie romaine qui nous amène au très beau site du Blaen Cwm Du , au pied d'une paroi abrupte. Quelques arbres, une ambiance quaternaire selon Thierry, mais aussi des averses de pluie. Pas de bivouacs possibles dans le coin, il va falloir marcher et encore marcher. La plaine n'est pas loin, nous voyons de nombreuses fermes en contrebas. Un peu avant le Forest Lodge nous prenons un sentier bien raide vers le Twyn Dylluan Ddu . On commence vraiment à attendre l'arrivée. Mais je ne suis pas très confiant , on sait juste qu'il y a un parking de l'autre côté mais pour ce qui est du bivouac...On redescend par un sentier boueux vers la route A470 que l'on atteint vers 18h30. Rien, 3 tables de pique nique . Une petite pause carte et Thierry remarque un triangle rouge sur la carte. Après lecture de la légende ce doit être une auberge de jeunesse. Pas trop de débat, on tente et se dirige avec espoir vers le lieu, Llwyn-y-Celyn à 300 m de là. Par chance l'endroit est ouvert. Je suis vraiment content de passer une nuit au chaud. Notre prochaine option ( parking de Storey Arms) était loin et vraiment hypothétique. Je craignais aussi une forte fatigue voire une baisse de moral avant la grosse journée du lendemain qui s'avérera de plus très pluvieuse. Une nuit confortable nous permettra de repartir près à affronter les éléments. Et puis il faut l'avouer où est le plaisir de dormir sous la pluie quand on a le choix? C'est donc avec un grand plaisir que je me retrouve à passer la soirée au chaud. On est assez fatigués avec quelques coups de soleil en plus ( bizarre...où était le soleil?) . Douche puis soirée dans la salle à manger assez déserte VIDEO. C'est pour moi un parfait équilibre entre la rudesse de la marche et le confort de la soirée. Dans ce cas, on peut espérer marcher des jours entiers sans craindre la baisse de moral. Je me retrouve à lire dans mon lit chaud, le bonheur.

Les photos des 3 premiers jours, de Llandovery à l' auberge de Llwyn-y-Celyn. Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques légendes.


PHOTOS JOUR 1 à 3

Jour 5 : de Llwyn-y-Celyn à Talybont-on-Usk

La nuit fut évidemment très bonne. Gros petit déjeuner en compagnie des 2 ou 3 autres occupants puis nous partons en plein forme rejoindre la route A470 qui nous amène jusqu'a une sorte de col, au Storey Arms Center. La route est encombrée, bruyante, avec pas mal de camions qui nous frôlent. On aurait pu prendre un sentier un peu en contrebas mais on a choisi le confort du goudron pour commencer cette longue journée. On remarque aussi sur les quelques parkings deux baraques à frites pour les routiers. Le Storey Arms Center est une grosse battisse qui semble être un lieu de rassemblement pour les activités outdoor. Pas forcément un endroit évident pour le bivouac: voitures et bus sur le parking et peu de points abrités. Le route descend ensuite un peu puis c'est le début du sentier vers le Pen-Y-Fan, point culminant des Brecon Beacons. Le sentier est bien raide et très bien entretenu. Impossible de se perdre il monte tout droit vers le sommet que nous avons la surprise de voir enneigé! C'est assez dur, on atteint la neige puis une sorte de col. La vue est assez vaste, on aperçoit un lac en contrebas. C'est beau et typé montagne. Le brouillard et la pluie font leur apparition . Tout sera bouché dorénavant. Le sentier suit une crête jusqu'au sommet, marqué par un gros cairn et une stèle indiquant les 886 m du sommet ​VIDEO. Nous remarquons la présence de militaires ( tente au sommet) qui doivent faire une course ou s'entraîner. En tout cas ils souffrent vraiment, tête nue, à porter leur gros sac et leur fusil, sous cette pluie. Certains titubent même et avancent au moral. A part ça rien d'autre à voir. Je ne reconnais rien de ce que j'avais monté en 1996. Nous redescendons sous une pluie forte, ne s'arrêtant que quelques instants pour grignoter quelque peu.

A un col un peu avant le Fan-y-Big Thierry lit mal la carte et bifurque vers la gauche au lieu d'aller tout droit. Je lui fais confiance mais réalise plus tard que ce n'était pas du tout la bonne direction. Il est un peu tard pour remonter, nous décidons de poursuivre et de trouver une autre alternative. De toute façon il fera meilleur plus en bas que dans la montagne. Trempés, on quitte définitivement le Beacons Way. Nous doublons un groupe de jeunes assez mal équipés ( c'est la partie la plus connue du massif) puis arrivons à l'une des multiples clôtures qui bordent les champs vers Cwmcynwyn. Il est peu aisé de se diriger dans ce dédale de sentiers interdits et de portails fermés. Nous finirons à redescendre un ruisseau ou était-ce un sentier. Le but étant à cette heure de contourner la montagne pour rejoindre le Talybont Reservoir et récupérer le sentier. La marche est un peu galère car nous ne savons pas vraiment où nous sommes. Des routes en sans-issue et pas de panneaux, je m'attends à galérer vraiment et à marcher plus que ce qui devait déjà être une grosse randonnée. Toujours pas d'endroits possibles pour s'abriter et pas de véritable arrêt depuis presque 5h de marche. On commence à avoir faim et à attendre avec impatience une quelconque halte. Nous arrivons finalement au village de Llanfrynach où nous sommes tout heureux de poser nos sacs dans un abri de bus. L'heure est au séchage ou du moins à l'effeuillage. Thierry est trempé VIDEO , son vieux goretex n'a pas suffit. Moi ça va, j'avais le poncho en plus. Quant à l'autre Thierry, il tient le coup mais il a du RAB, forcément. Nous prenons notre repas à l'abri VIDEO, observant un ou deux passants, puis le bus de 16h11 .

Un moment, j'ai bien cru que mes deux compères voulaient partir en ville se sécher et quitter la randonnée. Thierry nous fait bien rire avec son nouvel équipement d'urgence : le double ponchoVIDEO! Nous choisissons alors de suivre le canal Monmouthshire and Brecon jusqu'au village de Talybont-on-Usk. C'est tranquille et très différent de l'ambiance des crêtes. Arrivés dans le petit village VIDEO nous y trouvons un pub et un camping. Le pub est complet mais le camping nous convient aussi bien. Près des étables avec bruits et odeurs de vaches, un grand pré nous accueillera pour la nuit VIDEO. Malgré les panneaux (que nous n'avons pas vus) nous mangerons devant et même dans les sanitaires, chauffés par le sol, un luxe. La soirée se passera au pub (élu meilleur pub plusieurs années de suite) local. L'ambiance y est très chaleureuse et nous y jouerons un quizz en compagnie de plusieurs équipes VIDEO. Pas simple de comprendre toutes les questions mais on n'est pas ridicules. Les plats servis ici nous font vraiment envie ...malgré l'heure tardive. Ils organisent aussi une tombola pour une personnalité locale Une chose nous surprend et cela ne sera pas la dernière fois, ils nous font goûter les bières ou le cidre! Original. A Talybont il y a donc des péniches, de la bière, un camping et un quizz. Une très bonne soirée dans une ambiance bien loin de celle des sommets mais c'est ce qui fait aussi le charme de ce voyage: la diversité des émotions et des ambiances. Retour dans la tente humide, il y fait 5°C. Pas de vent c'est déjà ça.

Jour 6: de Talybont-on-Usk à Llangenny

Un peu de pluie ce matin, nous prenons le petit déjeuner à l'abri devant les sanitaires...malgré les remarques polies de la patronne. Une bonne douche chaude, un séchage sous le sèche-mains puis nous prenons notre temps pour partir vers 11h . La journée sera plate avec une longue remontée du canal. Pas si monotone que ça, il suffit d'apprécier le côté tranquille des lieux. Alternance de ponts et d'écluses. Alternance de pluie et d'éclaircies. Quelques bateaux , des capitaines Igloo de port avec gilet fluo pour affronter la houle de ces plans d'eaux, des ouvriers qui draguent le fond, des moutons qui attendent devant des ponts mobiles, des faisans, de charmantes maisons en bord de l'eau. C'est plat, nous avalons beaucoup de kilomètres avec un certain plaisir. Bien loin du wild mais c'est aussi charmant. Le genre de randonnée que l'on peut s'envisager seul avec à chaque soir une étape dans un village (et un pub) différents. Nous mangeons sur un banc VIDEO, nous chantons, nous délirons. Bonne ambiance. Malgré tout le sac pèse toujours lourd et les articulations, mes épaules et mon talon d'achille ressentent le poids des kilomètres. Nous finissons par arriver à Crickhowell: joli village avec pas mal de commerces, des pubs alléchants, des drapeaux anglais (visite de la reine pour sa tournée de jubilé). A l'office de tourisme nous trouvons une aire de bivouac dans le village de Llangenny. Demain sera notre dernière journée de marche et Thierry, qui a un match de rugby important le dimanche, ne veut pas trop forcer et arriver assez tôt en ville. De mon côté je propose de finir par un petit sommet , le Sugar Loaf, proche et connu pour son panorama.

En dormant à Llangenny on s'en rapproche, ce qui diminuera d'autant la journée. On n'hésite pas longtemps. En route. Nous y arrivons par une route VIDEO assez panoramique donnant sur la plaine et le sentier direct pour Abergavenny. Toujours des moutons et de belles maisons, une forte descente et nous voilà dans le village, au bord de la rivière. Un pub très typique, une église et son vieux cimetière, quelques maisons et une aire de bivouac . Une caravane sur place, des sanitaires et sinon ...rien. Une mamie galloise prolixe vient à notre rencontre. Nous ne comprenons pas un mot sur 10 mais acquiesçons en souriant. Toujours le même tarif: 5 livres par personne. Nous la reverrons souvent cette sympathique grand-mère. Une fois le camp installéVIDEO il est d'usage de visiter les environs. Une maison m'impressionne. Elle regroupe quelques mamies qui viennent peindre dans une maison ancienne. Je trouve exaltant de rencontrer ce genre d'endroit dans un si petit village. Les autres me charrient un peu et trouve mon discours peu objectif. J'avoue adorer toutes ces ambiances britanniques et ils ne sont pas complètement dans le trip, m'assurant qu'on trouve pareil en France. Mais que dire du pub, la Tête de Dragon. Un choc dès mon entrée. Endroit sombre mais très chaleureux: canapés chesterfield squatté par un gars qui y passera seul toute la soirée au pied du poêle, groupes d'amis, vieilles chopes de bière, vieux tableaux...Je me sens transporté et tellement bien ici. Je pourrais y venir tous les jours si j'étais dans le coin. Un endroit inspirant et hors du temps. Nous y passons une bonne soirée et y concluons cette belle journée. Sur le signe du pastoralisme et de l'identité galloise. Une monotonie reposante.

Jour 7: de Llangenny à Abergavenny

Assez bonne nuit ( 6°C d'abord puis 10°C) avec mon pack intégral " carline +ulfrotte+polaire+pantalon". Mon duvet n'est pas au niveau mais c'est encore une fois le contact avec le sol qui me refroidit le plus en cours de nuit. Je n'entends pourtant pas le groupe qui s'installera assez tard dans la soirée. C'est l'heure de prendre notre dernier petit déjeuner. Le temps semble assez beau aujourd'hui: nous irons donc faire le sommet sans hésitations. Le chemin nous mène d'abord sur le pont de pierre du village puis tout droit par une route assez raide. Nous arrivons dans une ferme à l'heure du nourrissage des bêtes. Le sentier part tout droit et nous nous élevons assez vite au-dessus du village. Le sommet apparaît droit devant VIDEO. Il n'y a que nous et les moutons. Le sentier, simple, suit la croupe herbeuse de ce mont jusqu'à atteindre un ensemble de blocs rocheux, situés un peu avant le sommet mais plus adaptés à une pause à l'abri. Le sommet tient ses promesses et offre un panorama circulaire. Près de 500 m de dénivelés ( nous sommes à 586 m) en 1h15, pas mal pour finir. Au fond le Pen-Y-Fan que l'on aura vu de partout sauf quand on y était, la mer, Abergavenny, grosse ville au pied du sommet, les Blacks Mountains au nord ( souvenirs de 1996) . C'est notre dernier sommet, nous redescendons ensuite vers la ville.

On croise quelques locaux en sweat et sans sac qui doivent nous prendre pour des frileux avec notre attirail de montagne. Mais on ne peut comparer une balade d'une demi-journée avec une semaine en autonomie...Les deux Thierrys se mettent à courir pour en finir avec leurs muscles. Je reste fidèle à me pas et préfère profiter de ces derniers moments VIDEO . Je ne suis pas à l'instant pressé de finir et profite de ces derniers instants d'air pur. Quelques cottages puis nous arrivons en ville. C'est assez gros avec de nombreux commerces dont une grosse rue piétonne. Nous bousculons un peu les gens avec nos gros sacs, évitant de trop humer les stands de nourritures alléchants et ne posant nos sacs que devant les magasins de randonnées, histoire de voir si il n'y a pas de bonnes affaires . Puis nous partons vers la gare, un peu excentrée et pas si simple à trouver. Nous prendrons notre dernier repas de lyophilisé à l'abri dans la gare. Pas très autorisé je pense mais on sera discrets. Le train pour Newport sera bondé, avec beaucoup de jeunes qui semblent partir faire du shopping à la ville. On se marre à écouter les jeunes galloises apprêtées dans leurs discours incompréhensibles.

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Retour à Newport et dernière soirée à Caerleon

Arrivés à la gare nous partons directement à notre BnB, comme si on retournait à la maison. On sonne et Cathy nous ouvre. Nous ne sommes pas si cleans que ça mais on a fait bien pire par le passé. Une fois les sacs posés sur le lit, on peut dire que la randonnée est bien terminée. Une douche puis on part en ville pour faire quelques achats de souvenirs. Les rues me donnent la même impression que le premier jour, décrépies et en faillite. Ce n'est pas vraiment beau. Quelques mosaïques tentent d'égayer un peu les souterrains proche du pont mais je me retrouve comme dans l'ancien Bull ring market de Birmingham. Aucun charme le jour. Quant à la nuit? Peut-être que nous n'avons pas vu les bons quartiers? Toujours ces looks bizarres et ce côté classe populaire. Quelques achats chez les chocolats Thorntons ( généreuse vendeuse qui nous offre un sachet) puis pas mal de temps dans le magasin de randonnée à hésiter sur les vestes et les gants. Toujours de très bons soldes outre-manche. Tout ferme à 17h30 et la chasse aux souvenirs n'a pas été glorieuse. Il est temps de chercher un pub sympa pour passer la soirée. Cela ne va pas être simple. Tout ici ne nous inspire guère. On va suivre les conseils de la patronne du BnB et prendre un taxi pour Caerleon, petit village tranquille à quelques kilomètres de là ( 7livres) . C'est un peu plus touristiques et on y trouve au moins un très bon restaurant, The Priory...que l'on trouve un peu cher cependant. On cherche une ambiance.

On va errer un peu, demander conseil dans le pub où nous prenons un verre et c'est parti pour le ​Bell In Caerleon, un restaurant primé. On se perd un peu pour y aller et en plus il est plein. Quel dommage! Cela semblait une bonne option. On finira au The Ship Inn . Du monde, de la musique actuelle et des bons locaux bien costauds. Vraiment pas le meilleur burger mais on va tout faire pour finir le séjour dans le plaisir. Bonne soirée à discuter de nos vies, de nos attentes, de nos soucis, chacun passant sur le grill dressé par les deux autres. Nous rentrerons en taxi, petit luxe si peu abordable en France. Au lit, en pleine forme. Dernière soirée dans le Pays de Galles.

Au petit matin, nous prendrons un gros petit déjeuner en écoutant Jethro Tull avec la patronne et son mari avant de partir sous le soleil (VIDEO)à la gare prendre notre train pour Bristol. "Une ville pas très belle d'un point de vue architectural mais alternative et riche de spectacles" selon une française rencontrée dans le train. Elle était assez surprise car il n'y a pas beaucoup de touristes français dans la région. Vers 10h30 on arrive au petit aéroport de Bristol, quelques achats, un café et c'est le retour en France. Caroline nous attend à Bergerac et nous partagerons un bon repas italien avec Luisa avant de retrouver nos vie respectives.

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CONCLUSION

Pas vraiment la même exaltation que celle ressentie l'an dernier en Ecosse. Nous étions 5 à attendre de refaire un séjour ensemble depuis plusieurs années, nous avions profité de paysages exceptionnels sous un temps magnifique, et j'avais personnellement passé des heures à l'organisation. Forcément ce ne pouvait qu'être plus marquant. Cette fois tout est plus simple: groupe amputé de deux éléments, matériel plus simple à gérer, accès plus aisé depuis nos régions et motivation générale un peu moindre à faire de grandes chose. Nous le savions au départ, le but n'était pas cette fois de faire un grand voyage mais juste d'aller marcher simplement dans la nature, pour se faire plaisir, pour se purger un peu de nos écrans et moins dans un but d' "exploration" comme l'an dernier. Même si nous voulions faire différent, la comparaison immédiate avec le souvenir frais du wild écossais est inévitable. Pourtant les objectifs ont été atteints sans problème. J'ai beaucoup apprécié de re-découvrir le Pays de Galles, coin assez peu connu mais possédant un caractère propre assez marqué. L'impression, plus encore qu'en Ecosse, de naviguer dans des terres fertiles. Fertiles pour les animaux qui paissent par milliers et qui ont fait partie intégrante de notre séjour. Fertile par l'atmosphère qui se dégage du moindre village, de ses paysages rudes ou de bocages et de la plupart des pubs. L'impression de naviguer au milieu d'un imaginaire entre Tolkien et Harry Potter. Les arbres, le vert, la mousse, la lumière, les ruisseaux, les ponts...tout nous renvoie vers un monde de littérature .Une source d'inspiration. Je suis un amoureux du Royaume-Uni pour ça. Ces coins tranquilles, la façon dont ils préservent et vivent leur nature avec goût, l'atmosphère des lieux...tout me comble. J'ai aussi beaucoup apprécié l'équilibre entre confort et inconfort. Entre sommets sous la neige et pubs chaleureux. Se faire plaisir et profiter. S'écouter et encore une fois vivre à la bonne heure: dormir quand on a sommeil, manger quand on a faim, se chauffer quand on a froid. Un voyage simplement bon.

LE POUR: la facilité d'accès et d'organisation, la nature sauvage facilement accessible, les paysages de montagne, les lacs et les sommets, l'ambiance d'une marche au bord d'un canal, les pubs, l'atmosphère galloise, l'organisation du parc, l'alternance de plusieurs ambiances.

LE CONTRE: la météo, le poids des sacs, les bivouacs pas toujours évidents, le prix.