PHILIPPINES

Pourquoi les PHILLIPINES?

On peut encore dire que le choix fut cornélien. Je prends cette année 6 mois sans solde pour prendre le temps de voir. Voir du pays mais aussi en moi . Me retrouver avec moi-même, sans être parasité par un travail qui, n'en déplaise aux nombreux détracteurs, accapare mon esprit quasiment en continu. Voir ce qui va sortir de ce séjour intérieur. Si je m'écoute je pense tout de suite aux pays de l'est ( Ukraine) , aux pays baltes ( Lettonie), au continent nord -américain, au Royaume-Uni. La simplicité doit y être pour quelques chose. Les souvenirs marquants des derniers séjours aussi. Mais peut-être au fond une très grande affinité avec ses lieux tout simplement. On ne peut pas aimer tous les continents, toutes les cultures avec la même intensité. Mon coeur est au nord, dans les pubs, dans les landes tourbeuses ou dans les forêts et plaines du grand ouest nord-américain. Après mes quelques expériences de voyages, la boussole a beau tourner,elle revient un peu toujours au même cap. Et c'est finalement un bonne chose. L'Europe est à deux pas d'ici et il est bien plus sage pour un néo-décroissant comme moi de se recentrer vers des destinations un peu plus proches. Le premier projet qui sort du chapeau sera celui de traverser l'Ecosse, l'Angleterre et une partie de la France sur mon vélo. J'ai tout acheté en peu de temps et me voilà quasiment près et très excité. Je ferai cela dans 2 mois mais d'ici là je dois trouver autre chose car j'avoue trouver le temps long à Dausse. Pas si simple d'occuper tout ses journées quand on ne travaille pas. Je pense d'abord à un endroit mythique qui ne peut se visiter qu'en hiver: la Patagonie. C'est l'occasion ou jamais pour y aller, sinon il faudra attendre la retraite. Les prix y augmentent, le tourisme s'y développe à grande vitesse...C'est le moment. Après de nombreuses hésitations, le prix me rebute. Pas envie de ne passer mon temps entre des hôtes de Couchsurfing et des dortoirs d'auberges de jeunesse. Je sais que le voyage à vélo va me revenir cher alors je veux pouvoir me faire plaisir à moindre frais d'ici là. Je pense aussi aux Etats-Unis dont les prix des vols sont très bas en cette saison. Mais seul et sans voiture, je sais que cela va être un peu décevant. La liberté là-bas passe par le cheval-vapeur et non par les gares Greyhound en périphérie de ville. Le Japon, exotique mais trop cher. Je me tourne, à bout de force , finalement vers les Philippines qui ont de nombreux atouts: la saison est parfaite ( comparée à l'été qui est la pire), le pays est peu onéreux, c'est assez facile à organiser ( rien de plus à acheter) et c'est sûrement très très beau. Pas vraiment un choix de passion mais un choix de raison. Je sais que je vais sûrement adorer mais je n'ai pas , au moment de l'achat, ce besoin ou cette envie de partir au bout du monde.

PLAN DU VOYAGE

Voyage seul, du 10 mars au 17 avril 2013.

3 grands thèmes pour ce voyage.

  • La mégalopole Manille, ses quartiers et ses musées
  • Les montagnes, cascades et rizières en terrasses de la Cordillère. Nord de Luzon.
  • Les îles des Visayas: Negros, Bohol, Leyte, Samar et le sud de Bicol. Plages et villages de pêcheurs.

Le tout en utilisant les jeepneys, les taxis, les voitures, les tricycles, les habal-habal (motos),les ferrys, les pumpboats et même la voiture des policiers!

PERIODE :
Mi-mars-Mi-avril.
Au niveau du climat c'est le début de la saison chaude et leur été. Fortes chaleurs , souvent au-dessus de 32 et jusqu'à 36°C, et peu de pluie. J'ai du mettre le poncho une seule fois. Pas utile donc. Temps le plus souvent très peu nuageux. Attention aux fortes chaleurs autour de midi. Il en devient vraiment difficile de flâner dehors. Prévoir des protections sérieuses pour les UV, on sent vraiment que l'on crame. Dans les chambres la climatisation est appréciable dans les villes mais le ventilateur suffit en général et abaisse bien le budget. J'ai mis ma polaire une fois..dans les bus climatisés de nuit, vraiment très froids.
Au niveau fréquentation on est dans la haute saison. Quelques difficultés à prévoir en particulier lors de la semaine sainte où de nombreux touristes rencontrés se sont retrouvés bloqués. J'ai toujours pu trouver assez facilement des hébergements cependant même en arrivant le soir. Il y a toujours une chambre de libre après quelques essais infructueux.
A Manille je n'ai pas trouvé trop de monde dans les sites. J'ai même parfois été bien seul comme dans les musées, très loin de la surfréquentation. Dans la Cordillère, on retrouve forcément à Sagada, Banaue ou Batad du monde car ce sont des petits endroits immanquables et donc difficile d'y échapper. On peut quand même assez facilement se retrouver seul dès qu'on quitte les centre-villes. Dans les Visayas, on peut être envahi de touristes comme aux Chocolate Hills ou sur les îles Malorod près de Caramoan mais aussi parfaitement seul si l'on s'écarte un peu. Bref si vous suivez les grands axes du tourisme, il faut accepter de partager les sites avec les locaux (nombreux) et les occidentaux. Si vous sortez un peu des endroits trop évidents, vous aurez le pays et les transports en communs sans allemands ni suisses.
Vu l'état des routes je pense que toute saison humide doit être à proscrire. Idem pour les transports en bateaux. Cela peut déjà un peu secouer alors j'imagine avec le vent et la houle.

Pour en savoir plus sur le climat et les bonnes périodes , voir sur le site de quand partir sur les Philippines.

NIVEAU :

Assez facile. Pour peu que vous parliez un peu anglais il est aisé de se vivre dans ce pays où la population sera toujours prête à vous aider. Demandez aux policiers, aux gardiens, dans les hôtels de ville et il y aura toujours des gens qui répondront à toutes vos questions.
Niveau transport on peut aller partout mais il faut savoir être patient et accepter des places inconfortables. Le standard de taille n'est pas le nôtre et on se retrouve souvent à 3 sur des places limites pour 2. Attendre 2 h un jeepney n'est pas rare non plus. Pas de problèmes pour trouver son chemin dans les gares routières ou dans les ports, les gens vous aident avant que vous ne le demandiez.
Pour trouver un hébergement c'est aussi très facile. Un des conforts ici réside dans le fait que les gens n'essayent en général pas de vous arnaquer et sont peu pesants quand vous refusez leur offre. On en vient à choisir sa nourriture, à monter dans les transports totalement confiants, sachant qu'on paiera un prix juste. Cela ajoute beaucoup de spontanéité dans les rapports avec la population.
La joie de vivre et le sens de l'accueil des philippins rendent le voyage vraiment peu stressant.
Niveau physique...on peut souffrir de la chaleur écrasante et oubliez les randonnées trop engagées. Il faut vraiment un moral d'acier pour s'attaquer aux montagnes du pays avec un gros sac ( comme certaines allemandes rencontrées à Batad) . J'ai pas mal marché aux pires heures de la journée , refusant les tricycles ou n'ayant pas le choix, mais mon côté bourrin ne peut convenir à tout le monde. Je suis souvent arrivé sur les sites aux pires heures de la journée..pas simple de faire autrement parfois .
Niveau hygiène, pas une seule alerte de santé et j'ai mangé partout, dans les gares routières et les marchés les plus simples, mangeant tout ce qu'on me servait.
Aucun sentiment d'insécurité sauf parfois dans des villages reculés dans les montagnes quand je croisais des paysans armés de fusils et de machette .
Un voyage relativement confortable pour celui qui en a les moyens,relaxant niveau moral mais je rentre quand même un peu fatigué et usé physiquement. Du riz et du riz pendant 38 jours...je commençais à avoir envie d'autre chose.


HEBERGEMENT ET BUDGET (2013) :

Le voyage m'est revenu à 1690 euros pour 37 jours ( 823 euros d'avion et de transport + 27 euros de Lonely planet + 840 euros sur place ( dont 50 euros de visa) . Ce qui est bon marché ... Je n'ai jamais lésiné sur les entrées de musées. Les transports sont peu chers.
Pour se nourrir, je mangeais le matin pour environ 50 pesos ( 1 euros) , et pour les repas entre 70 et 200 pesos (pour les gambas) mais le plus souvent vers 100 pesos ( 2 euros) .Pas de restaurants chics mais des petites gargotes dans les marchés et les rues.

Niveau dodo j'ai payé de 400 pesos à 700 pesos ( 8 à 14 euros) sauf la dernière nuit à Manille 1250 pesos (25 euros) . C'est donc vraiment pas cher et souvent j'aurais pu partager avec une autre personne. On peut trouver moins cher. J'avais souvent le ventilateur, parfois l'air conditionné. La plupart du temps des salles de bains privées avec le seau et eau froide. Pas un problème du tout sous les tropiques.
Pas mal de couchsurfing aussi qui a bien baissé le budget.

Pour préparer ce voyage j'ai utilisé :

SITES GENERALISTES

  • le site du Routard . Toujours une bonne base pour ces choix. Malheureusement pas de guide papier.
  • le ​site officiel de l'office du tourisme des Phillipines ( en anglais) . Très bien fait. Une mine d'informations. Utile pour trouver un itinéraire.
  • le site du Lonely Planet. Le guide papier est une mine d'informations. Mais je m'éloigne chaque année plus de leur esprit.
  • le site du Petit Futé. Je ne me suis servi que de leur site internet pour trouver des idées d'itinéraires.



ÎLE DE LUZON: MANILLE

Jours 1 et 2 :

Un départ dans le confort de Toulouse avec KLM et en fin d'après-midi. Un peu plus cher que depuis Paris mais vraiment cela vaut le coup. Je passe la matinée tranquille à la maison, je profite du repas dominical en famille avant qu' Annie et Cléa m'accompagnent vers l'aéroport. Un mot me vient à l'esprit: l'arrachement. Je regardais la veille un Thalassa spécial " Partir " avec un tas de voyageurs qui expliquaient les raisons et l'organisation de leurs départs. Même si je ne pars pas pour des mois je ressens à chaque fois plus ce sentiment. S'arracher de son lieu de vie n'est pas simple quand on y est bien. D'un côté quand on y est mal on n'est pas sûr de trouver mieux ailleurs alors que là je pars avec l'assurance d'un retour joyeux. S'arracher seul n'est pas simple non plus. Je me connais assez et essaye d'effacer ces pensées négatives qui rendent un peu triste ces départs solitaires. Elles s'évanouissent vite mais sur le moment impossible de ne pas se dire " qu'est-ce que je fais là! ". Un dernier regard à mes accompagnatrices, qui patientent au café Paul, devant mon avion et c'est parti pour Amsterdam ( 15 degrès de moins qu'à la maison!) puis Taïwan. Vol calme et sans stress. Population silencieuse et pas de turbulences. Un peu long: 11h pour le long courrier mais je dors un peu quand même. Un seul film, Intouchables, très bon. L'arrivée sur Taipei me fait penser à une vue de Midi-Pyrénées mais l'architecture des maisons et le style...chinois...me ramènent à la réalité. Nous sommes bien en Asie. Aéroport peu impressionnant, courte escale et on repart pour Manille. Très peu de touristes, je me sens déjà dans le pays.

Première formalité en entrant dans le pays: trouver mon visa. J'ai essayé de régler ces formalités avec l'ambassade à Toulouse mais le consul voulant me voir...j'ai décidé de laisser tomber, perdant un peu d'argent au passage. Un peu avant de passer la douane un petit bureau de l'immigration vide s'occupera de tout en 15 minutes. 2600 pesos quand même pour 59 jours de visas (plus de 50 euros) . Je passe les deux postes de douanes pour aller changer mes euros et je reviens régler tout ça. Inimaginable dans de nombreux pays.
L'ambiance semble ici permissive, je ne donne même pas le petit papier de sortie, il n'y a personne pour me le demander. Je vais attendre un bon moment devant les rabatteurs Mariott et Shangri La, refusant l'aide des taxis. Mais je ne suis pas au bon endroit, un type serviable me fait descendre vers l'accueil des non-happy few. Un peu d'attente et Darren arrive vers 21 h. C'est un juriste local qui va me loger pour mes 4 premières nuits. Premières impressions de la ville: chaotique! Plus que Kuala Lumpur mais bien moins que New Delhi. Circulation un peu limite, un camion nous faisant une queue de poisson, éclairage faiblard, peu de signalisation. Impossible que je survive ici au volant. Arrivé dans sa modeste demeure (qui lui sert aussi d'office) nous repartons en ville, à Makati, prendre un verre. Makati est le quartier des affaires et des expatriés. Grand mall avec la bourgeoisie locale. Pas vraiment le genre d'endroit que je cherche mais l'expérience sera amusante. On va passer la soirée à se demander, qui parmi les nombreuses femmes venant chercher ici les bons partis, pour une nuit ou plus, est un, qui est une? Franchement les filles en tenue ultra sexy ne passent pas inaperçues mais tout cela serait impossible en France. Bref un semblant de prostitution cachée un peu dérangeant. Des cinquantenaires avec de superbes jeunes femmes qui s'ennuient et envoient des SMS! Quelques bières et nous rentrons bien après minuit. Moi forcément je n'ai pas sommeil. Il me laissera ce soir son lit et dormira par terre, demain on change. Très sympa et comme d'habitude une entrée en matière immédiate. Pas de temps d'observation en Couchsurfing, on est dedans d'entrée.

Jour 3:
Nuit bruyante et chaotique pour moi. Vers 9 h je me force à me lever pour prendre le rythme. Sandwich au poulet (pas de frigo chez Darren) au petit déjeuner et je pars assez en forme malgré tout explorer le centre historique d'Intramuros. Le trajet en Jeepney (8 pesos) est déjà une expérience. Ecrasé à l'arrière de ces jeeps allongées on passe l'argent de mains en mains au conducteur qui se contorsionne pour rentre la monnaie. Je crains la tendinite en fin de carrière. Je suis dans le quartier de Malaté, populaire et non loi du centre. Pollué et bruyant mais moins exotique que l'Inde quand même. Je descends à l'hôtel de ville puis rejoins sans problème le quartier entre les murailles. Beaucoup d'étudiants et de lycéens partout. D'ailleurs je ne vais voir quasiment que ça toute la journée. Ils sont partout et tous en uniforme. Parfois blagueurs (" do you want sex ? " entends-je de loin à la vue de mon arrivée...à moins que, l'habitude), toujours en train de consulter leur smartphone ou de tester des chorégraphies gangnam style. D'autres se maquillant, se prenant en photo partout. D'autres me questionnant au café sur ma venue, surpris que mon amie soit française!
Bref me voilà arpentant les murailles bien conservée de la vieille ville. Des canons et des vues sur le golf qui les longe (original). Fréquentable en journée et plutôt propre là où j'étais. Sous un soleil qui commence à être de plomb me voilà arrivé au Fort Santiago, la plus vieille forteresse espagnole du pays. Visite intéressante et reposante. Des espaces verts, des ruines, des vues sur la rivière Pasig ...et sur la misère de ces abords, des lieux rendant hommage au héros national, José Rizal, figure de l'indépendance. Quelques groupes de touristes en tong et chaussettes à 32° qui me doublent et foncent ailleurs mais l'ambiance reste sereine. Une japonaise me demande si elle peut avoir une photo avec moi! Marrant.

Je poursuis par un passage éclair devant la cathédrale de Manille, en rénovation et donc fermée pour me réfugier dans la Casa Manila, reconstitution soignée d'une maison bourgeoise de l'époque.... Beaux mobilier et on s'imagine bien dans la vie des nantis rafraichis par les ventilateurs actionnés à la main! Un petit air de Penang mais en bien moins riche. Je surfe toujours au milieu des guides et des porteurs à vélo que la vue de mon chapeau troué et tenant avec du scotch ne rebute pas. Je passe pas mal de temps dans l'Eglise de Saint Augustin. Très gros édifice bien riche avec un beau jardin carré me rappelant le Raffles Hôtel de Singapour, un cloître, un oratoire dont la structure me rappelle vraiment celles rencontrés au Portugal. Peu de monde et un endroit sympathique. Pourtant je me repose souvent, ayant du mal à trouver de l'énergie. Je finis par atteindre le Parc Rizal où je déjeune au café at the Park. Poisson au gingembre peut être limite mais je tente. Endroit sympa. J'observe le ballet des gens prenant de l'eau mise à la disposition. Je passe un moment à longer les plans d'eau pour finir dans le jardin chinois ( payant) . En fait je ne comprends pas trop pourquoi payer pour cela. Cela fait partie du parc...avec un effort paysager en plus. Marrant quand même d'y voir ces jeunes couples et toute cette jeunesse qui s'y cache et y exprime sa joie de vivre. Un passage devant le monument en hommage à Rizal, avec sa garde armée permanente...du moins le jour. Notre soldat inconnu local. Le Simon Bolivar philippin. Je passe devant l'ambassade américaine en rénovation. L'ambassade est une vitrine du pays et que dire de celles des USA, rencontrées de part le monde. Paranoïaques et ultra protégées. Un vrai bunker gardé comme les bijoux de la couronne britannique. Je longe ensuite Roxas Boulevard, promenade en front de mer.

Beau site mais pas mal de misère aussi. Les pavés sont délogés pour faire des petites huttes. Des gens assez miséreux gagnent un peu d'argent en faisant des massages ou en vendant quelques boissons. Bref on est loin de la promenade des anglais. Je rentre ensuite par l'église de Malaté et quelques quartiers où je ne me sens pas très rassuré. Quelques rues très étroites ressemblent de loin à de petits bidonvilles. Me voilà chez Darren avant la nuit. Mon téléphone ne reçoit pas les SMS donc il n' a pas pu me rejoindre. Bonne journée. Pas de grandes émotions pourtant. Sur un mois de voyage il faudrait que je compte ces moments d'exaltations et que je compare avec mes séjours dans les Pyrénées. Aujourd'hui j'ai vu ce qu'un touriste est censé voir dans le quartier mais cela reste assez superficiel comme approche.

Ensuite je suis assez satisfait d'avoir observé ces habitants dans leurs habitudes, c'est finalement la chose la plus intéressante de la journée. L'ambiance des quartiers. Darren m'emmène ce soir dans un petit marché proche de Quirino Avenue. Alors que pour l'instant il m'avait plutôt dirigé vers des endroits un peu trop expat à mon goût là je suis bien plus à mon aise. Commander du poulet, du tofu, de la pastèque, des herbes pour le dîner au milieu des locaux me comble. A côté de ces centres-villes de riches qui à Manille, Singapour ou KL se ressemblent je préfère bien plus ce qui fait la diversité que ce qui symbolise l'uniformisation. Alors bien sûr la vague uniformisante arrive aussi dans les petits marchés. Les vendeuses s'amusent avec leur smartphone en attendant le chaland. Ecoutant le dernier hit US . Il reste la génération des parents ou mieux celle des grands-parents pour voir apparaître les différences. Il reste les produits, les odeurs , la lumière terne...J'apprécie beaucoup . Devant l'office de Darren un meeting de rue se tient pour les prochaines élections. Ambiance Hugo Chavez dans le ton. Darren va passer beaucoup de temps à faire sa recette ...qui vaudra vraiment le coup. Au lit par terre pour moi ce soir. Je ne pense pas à la grosse blatte que je viens d'apercevoir!

Jour 4:

Bonne nuit. Je me réveille alors que Darren est quasiment en train de commencer à travailler. Au programme ce matin: Makati et son musée Ayala. Achat de quelques viennoiseries (moyennes) et j'arrête immédiatement un taxi qui me conduira au son de sa musique californienne devant le musée, dans le quartier chic de Makati. Dans les restaurants, le taxi, avec Darren, je n'entends que le Virgin Radio local avec animateurs parlant anglais et power rock Us ou anglais en continu. Bien moins dépaysant que les musiques du Costa Rica, d'Equateur ou de l'Inde. Darren m'explique que c'est la norme ici. Les plus jeunes ont depuis longtemps fait de cette culture la leur. Pas encore entendu une seule chanson en philippin depuis le début! Alors ce musée? Très beau et en plus je suis quasiment seul. Entrée à 2 prix, je prends celui des touristes (425 pesos quand même) . D'abord les expositions temporaires: habits, céramiques et objets en or. Pas fan des 2 premiers en général mais je joue le bon élève en prenant mon temps de bien lire les panneaux. La partie sur l'or sera plus intéressante. On y rentre par une porte de banque renforcée et tout commence par l'histoire de l'or aux Philippines. De beaux objets et quelques vidéos sur l'histoire de l'or aux USA. Bizarrement c'est cela qui m'intéresse le plus. Je repense au Gold Country de Colombie Britannique. Je n'y peux plus rien...mes goûts profonds sont à l'ouest et au nord je pense. Les meilleurs moments de ce musée: l'étage avec ses 60 dioramas qui explique l'histoire du pays. Très bien fait. Et enfin je vais être assez ému par la peinture de Carlos Batong Francisco. Il a voulu illustrer les scènes de ce monde qu'il voyait changer entre les années 30 et sa mort en 1984. Très bien dessiné ces œuvres touchent par la beauté des scènes et des personnages. Un style un peu BD que j'aime beaucoup. Un film en grand écran illustre sa vie. Belle musique et un tout très émouvant. Je rejoins ensuite Darren dans un des endroits du Greenbelt. Sorte de mall géant qui entoure une oasis de verdure. C'est vrai que l'endroit est plaisant. On pourrait se croire à Singapour pour le côté clean des lieux et les gardes partout qui vérifient les sacs. Mais je n'ai pas grand intérêt pour le shopping.

Darren me parle des grandes familles du pays comme Ayala qui possèdent ces bâtiments. Cela donne le vertige. En voyant les cascades du Peninsula Hotel je ne peux que imaginer le luxe de la vie des certains habitants du quartier. En tout cas le quartier attire et des chantiers un peu partout se lancent vers le ciel à coup de condominiums géants. Nous allons essayer de rejoindre le Musée Ng Makati un peu au nord du quartier. Enfer routier, bouchons et anarchie ...On y arrive finalement pour le voir en rénovation. Le fond du musée serait à l'ancien hôtel de ville de Makati. On s'y rend mais on sera déçus par ce qu'on y trouve. Juste une petite pièce d'objets sans grande valeur. Le reste est dans les caisses. Réconfort...on prendra un petit repas de nouilles et d'une sorte de soupe chaude avec banane et boule de riz assez bizarre. Très local et très bon. Pièces obligatoires pour les gars qui gardent les places de parking gratuit! Un métier s'invente face à la crise. Il existe dans tous ces pays où les quelques pièces du " riche " qui a une voiture seront plus que nécessaires à celui qui n'a pas les moyens de s'en payer une.


Darren me conduit ensuite vers Pasay voir les bâtiments de l'époque Marcos. On arrive alors dans une partie aérée de la ville avec plein de terrains vagues gagnés sur la mer. Route qui longe la mer avec un lointain semblant de Floride ou de Californie. Plages polluées mais routes larges et palmiers. Du béton sur une promenade qui attire les joggeurs . Des restaurants et des bars le longe de cette immense ligne droite longeant la mer. Passage devant le Coconut Palace, gouffre financier conçu pour la venue du pape Jean Paul II qui n'abrite plus que des bureaux du vice président je crois. Un beau gâchis! D'autres bâtiments de style soviétiques à mon goût comme le convention center ou le centre culturel CCP. Bref, bien en voiture mais rien de plus à faire à mon avis.

Darren ce soir me laisse seul et pars à un rendez-vous et à sa gym. Je mangerai dans un petit restaurant dont je serai le seul client. On m'allume le ventilateur et on me met la vidéo à fond: du rock US et British...forcément. Bon plat de nouilles sautées. Bonne ambiance seul dans mon quartier excentré. De retour j'observe les locaux qui s'agglutinent pour suivre le dernier match de basket basket US. Les rues sont sombres. Certains dorment sur des charrettes ou à même le sol. De l'opulence de Makati à la misère totale. Le grand écart de toute métropole .De quoi perdre le sens de l'équilibre. Des millions pour les riches, des investissements à gogo et un développement quasi nul en direction des 90%, les autres. Darren a donné mes chaussures à des gens de la rue. C'est déjà ça. Que chaque touriste amène un objet pour les pauvres de la rue. Ils sont des millions par an à venir non? Ce serait une bonne idée. Notre surplus de choses inutiles devient utile à l'autre bout du monde. Je dirais ironiquement que l'on leur envoie déjà nos poubelles...qu'ils se servent! Un peu de fitness et au lit.
Difficile nuit. Je me bats avec les blattes qui montent sur ma bouteille, sur mon bras etc...J'avoue ne pas apprécier! Et vu la taille des bêtes, je m'inquiète. Le jetlag se fait aussi sentir.23h.Minuit. Je n'ai pas sommeil. De toute façon Darren qui rentre de sa gym ne compte pas se coucher ni ne pas faire de bruit.

Jour 5:

Dur réveil. Je pars ce matin en jeepney pour le parc Rizal et revenir à Intramuros pour y voir 2 musées que je n'ai pas eu le temps de voir la dernière fois. Trajet toujours aussi chaotique. Je pense à mes biches et à ma route de campagne tous les matins. Quel contraste! Je passe devant le bassin contenant une reconstitution en forme d'îlots de tout l'archipel des Philippines. Intérêt moyen. Je me rends ensuite dans l'immense bâtiment du ministère du tourisme pour y trouver un centre d'information un peu chiche. Des bureaux et des conseillers, l'ensemble ressemblant plus à une salle de fonctionnaire pour une demande de visa dans l'Inde profonde. On m'annonce que l'accès au Mont Pinatubo est impossible. Je vais donc devoir changer mes plans pour demain et éviter Angeles. Avant la pluie soudaine mais torrentielle je me réfugie dans le musée national du peuple philippin. Immense bâtisse où je vais errer, un peu seul. Pas le grand frisson muséographique. Pas mal de salles vides, d'autres un peu chiches en curiosités. En particulier la section zoologie avec bien trop de panneaux et pas assez d'animaux. Et toujours ces objets alignés sans vie qui deviennent vite soporifiques. Après avoir connu les musées modernes qui nous transportent dans le temps la muséographie ancienne semble une affaire de spécialiste. Intéressant pour celui qui va chercher dans 200 poteries des détails qui sont sans intérêt pour un novice. Je vais quand même apprécier la section soignée et assez moderne qui traite des modes de vies des locaux. Je retiens aussi les pots qui contenaient les restes des gens décédés après le rituel du lavage des os. Bref toujours pas la grande émotion. Je poursuis ensuite par le musée de la communauté chinoise du pays. Pas simple de trouver son chemin et de traverser ses routes encombrées après la pluie et les flaques immenses.

Je serai le premier visiteur de la journée, ils allument les salles pour moi. Je vais bien plus apprécier ce musée. D'entrée on est dans l'ambiance avec tous ses dioramas très bien faits. Des photos d'époque et à coté le personnage grandeur nature. Les porteurs, les tailleurs, les cordonniers...On les a devant soit et là on apprend vraiment. Je suis scotché en imaginant ces gens vivant à la fin du XIX ème siècle. Ces chinois à longue tresse. Ce devait être un spectacle fascinant ou effrayant vue de notre condition moderne. Du temps des différences. J'y découvre un bien curieux métier, celui qui enlève la cire des oreilles avec sa micro-cuillère! Sur 3 étages la visite sera intéressante même si la fin est plus ennuyeuse avec les réalisations d'une fondation chinoise ou la liste des célébrités du pays d'origine chinoise. Je mange ensuite dans un petit restaurant du quartier " la casa de conchita ". J'y vois toujours ces employés qui regardent sans discontinuer ces familles chanter à la télé. Je n'y vois pas l'intérêt ...mais c'est pareil chez nous sur TF1 non? Je rejoins ensuite l'autre rive du Pasig par le pont Jones (​VIDEO). Une vendeuse me dit qu'elle est " a single women ". Quelle est l'innocence de cette phrase? Surpris d'y voir des enfants sauter et se baigner dans cette eau putride! Et dire qu'on ne se baigne même pas dans le Lot chez moi! Passé le pont on rentre dans le quartier ancien et chinois. On est bien loin de Makati! Le chaos symbolise mieux les lieux. Fils électrique un peu partout, vendeurs de tout et n'importe quoi, une survie permanente!


J'attends pendant l'averse Darren qui me rejoint au Mc Donald's de la place Santa Cruz. Les jeunes s'y retrouvent même s'ils ne consomment pas. Il faut dire qu'il y fait frais. Darren me fait visiter le quartier. Toujours ces boutiques kitch, ces bijouteries ou les vendeuses attendent par paquet de 3 le client avec leur portable. C'est d'ailleurs un fait remarquable. Il n'existait pas en Thaïlande il y a dix ans. Le plupart des vendeuses, des vendeurs attendent avec leur téléphone. Que font-ils avec? Cela devient un prolongement de leur bras et de leur âme. Tout cela me laisse pantois. La misère est ici choquante. Un vieux monsieur lépreux semble-t-il attend sur un pont enjambant une rivière puante. Choquant. J'hallucine sur les conditions de vie de ces gens. J'hallucine face au contraste entre cette crasse au sol et la beauté de ces femmes et de ces enfants, si souriants. Comment vivre dans un tel chaos? Je fais un petit film (​VIDEO) mais Darren me dit que les Philippins n'aiment pas qu'on montre cette facette du pays. Je vais filmer ce que je vois: du plus beau au moins beau. Le reste serait mentir et se voiler la face. Mais peut-être que justement c'est mieux pour ceux qui y vivent. Je peux me permettre la cruauté de la réalité mais je comprends qu'ils préfèrent oublier leur univers si difficile. Dans les rues inondées on poursuit jusqu'à l'église de Binondo, vieille de l'extérieur. Dans les rues un mélange étonnant: une croix chrétienne et des rites bouddhistes avec de l'encens. Un mix de religions. Darren se signe et prie souvent. Dans cette église comme dans celle de Quiapo, les messes ont cours. Les gens font la queue pour se confesser. Ferveur surprenante mais compréhensive. Comment refuser le soutien gratuit( à nuancer)de la religion? C'est pour certains la seule épaule sur laquelle s'appuyer. Devant l'église de Quiapo, les vendeurs musulmans et chrétiens se mélangent. La police fait fuir les vendeurs de contrefaçon. Mais qu'y a-t-il de vrai dans le monde des Marques à Logo ici? On quitte le quartier à la tombée de la nuit. Les petites places sont le lieu de repos des sans abris. J'en vois même certains faire du feu sur les grilles entourant les statues! Hallucinant et dérangeant. La même misère qu'en Inde avec peut être mais pas pour tous un petit espoir en plus. Mais j'en doute. Le LRT sera tranquille dans notre sens et sans un bruit. Les lycéennes rentrent chez elle avec leur badge autour du coup et leur portable aux oreilles. Je vais ce soir aller me chercher un poulet-oeuf, riz dans la rue proche de l'appartement. Vendeurs sympathiques. J'adore cette cuisine de rue qui me fait respirer le même air que la majorité de ces habitants.

Ce soir on part pour un meeting CS à Makati. J'espère ne pas assister à un rassemblement d'expat. Encore une fois je comprends que Darren préfère aller dans ces endroits pour s'échapper un peu. Mon souhait de vouloir le petit bar limite clandestin et de connaître le " grand frisson de la vie des gens de la rue " n'est qu'un souhait de riche touriste qui rentre dans un mois dormir au calme et au frais. Mais le reste est aussi critiquable. Si je ne vois que les endroits chics, comment vais-je comprendre le pays? Les Starbucks n'apportent rien. Je me dois d'aller voir en bas et d'en rapporter des idées et des mots. Je me dois d'inciter les autres à aller voir. Notre crise n'est pas toujours estimée à sa juste valeur. L'échelle est ici différente. Et qu'on ne me dise pas : " Ils ne gagnent rien. Oui...mais la vie n'est pas chère aussi. " Argument implacable de ceux qui ne descendent pas du car. On me dit manquer de compassion pour mes semblables. Peut-être … C'est parce que je compare avec les vrais miséreux du monde. Mais ce n'est pas un discours facile à tenir en France. La misère existe chez nous mais ceux qui râlent le plus en sont loin. Après Istanbul et Sofia, me voilà pour mon troisième meeting de couchsurfers, ce soir à Makati. Nous traversons de nombreux quartiers étudiants qui n'ont m'air de rien mais dont les rues regorgent de la force vive de demain. Pas de campus mais parfois des bâtiments un peu plus hauts mais souvent laids et quelconques. Soirée arrosées en perspective mais ici pas de folies à l'européenne. On ne se met pas à poil tous les samedis dans les rues par exemple. Arrivés sur place le bar se trouve devant le Goethe Institut, dans un quartier aéré et classieux. Nous nous retrouvons seuls au milieu de gens qui semblent tous se connaître. Pas si simple de s'insérer mais certains font l'effort de venir vers nous et rapidement nous nous retrouvons à discuter avec les membres de la communauté. Une remarque: la question redondante? De quelle province es-tu? Il est vrai que tous les gens ce soir semblent être d'origine différente ce qui n'est pas le cas. Mais l'histoire et la multitude d'îles du pays a occasionné ces différences. Darren alignent quelques bières. Très bonne ambiance et gens souriants. Loin de nos soirées branchées...Rencontre avec Tim. Fille ou garçon...on n'est pas sûr mais en tout cas il/elle semble sex oriented. Il/elle me demande de vérifier son français sur des phrases assez crues que je ne commente pas ici. Pas dans le trip alcool à la différence de Darren, on rentre vers 2h. Ville très calme, rues barrées dans mon quartier.

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BAGUIO

Jour 6:

Bonne nuit par terre et pas d'attaque d'insecte signalée. Je rassemble mes affaires et c'est l'heure du départ. Le timing était bon, 4 nuits à Manille suffisent. Le gardien de l'immeuble m'arrête gentiment un taxi et me voilà en route pour la gare des bus de Victory Liner à Pasay. Petit terminal de cette grosse compagnie. Tranquille et bien fait. Je prends mon billet pour 11h et attends tranquillement. Pas un touriste à l'horizon. Le trajet en bus est censé durer 6 heures il en durera 8! Je ne sais pas vraiment encore où dormir, je vais gérer par texto avec mes deux contacts. Pas de chance pour moi : mon voisin est assez costaud mais il est très sympa! Le trajet commence par des clips musicaux genre MTV unplugged: Bon Jovi, Brian Adams...Que de bonnes choses pour moi mais où suis-je? Depuis le début j'ai l'image de l'Asie (pas toujours) mais pas vraiment le son ni les odeurs. C'est assez surprenant et à la différence de nombreux voyages la vision du bus ne suffit pas à occuper l'esprit. Quand arrive les TV réalités un peu stupide ( That's my boy... où les parents déguisent leurs enfant pour en faire des chanteurs etc....) et un film avec JC Van Damme, on ne s'évade toujours pas plus. Ok, je vois un volcan et des champs avec des bœufs asiatiques mais aussi une quantité effroyable de publicités. Je me souviens de mes premiers voyages il y a juste 10 ans où je m'étonnais de voir des pubs pour Coca Cola un peu partout. Mais aujourd'hui c'est mille fois pire et c'est une sévère pollution visuelle et idéologique. Après quelques heures la route s'élève enfin et on arrive dans les montagnes. Première vision de Baguio et un retour en arrière.

Exactement la vision de Shimla en Inde. Une ville qui s'étend comme elle peut au sommet de collines à plus de 1400 mètres. La ressemblance est frappante. Limite froid en arrivant. A la gare des bus un local me souhaite bonne chance pour le taxi. C'est vrai que le mien aura un peu de mal à me trouver et il me laissera dans un quartier éloigné et sombre devant un portail d'école (​VIDEO)! Avec l'aide des habitants et du téléphone portable je vais quand même m'en sortir. April me reçoit chez sa tante où elle vit. Tout de suite j'aime l'endroit et les gens. Le quartier pourrait ressembler à l'image que l'on se fait des favelas de Rio mais en moins chaotique évidemment. Les maisons s'accrochent comme elles le peuvent sur les pentes assez abruptes. Des chiens partout, des coqs, des jardins c'est très dépaysant et j'adore. Vue énorme sur la ville et mes premières étoiles du pays. Famille très sympathique et j'accroche de suite. Coucou au mur made in Germany et d'ailleurs pleins d'objets d'Allemagne. Je crois que l'oncle en était. En fait je ne savais pas du tout qui j'allais rencontrer, tout était très vague. La tante suit les soap à la télé. Je suis au cœur de la vie de ces gens, au cœur de la ville, et c'est très excitant. Bonne soirée à discuter. Je dors dans mon premier lit, m'endormant au son des chiens hurlants et de ma musique préférée. Génial.

our 7:

Bonne nuit malgré les coqs et le concert des animaux. April écoute de la country au petit déjeuner. C'est d'ailleurs la musique préférée ici ce qui est encore une fois assez surprenant. Je ne sais plus trop où je suis? Colombie Britannique? Programme pas forcément clair aujourd'hui. Le genre d'étapes où tu n'as pas de choses immanquables à voir. Je me laisse donc guider. Jeepney pour le centre ville qui visiblement sature et n'est pas fait pour tant de gens . Centre ville quelconque mais l'air frais est vraiment appréciable. On se rend au musée des provinces de montagnes de Baguio. Un peu défraichi et limite en sursis. Des collections d'objets surtout qui n'incitent guère à l'émotion. La momie sera par contre intéressante. Il y avait une tradition de momification en ces lieux. Au premier étage des photos illustrent le passé et le présent de la ville. Intéressant. Peintures de basse facture. Bref pas indispensable. Nous prenons ensuite un taxi pour monter au Mines View, un promontoire au sommet d'une colline. Très touristique VIDEO. Location de jumelles, bazar touristique vendant entre autre la confiture. Curiosité amusante, grotesque ou choquante: les gens se font prendre en photo avec un Saint Bernard! La grosse bête qui doit avoir très chaud subit les touristes qui font la queue pour la photo. La bête est belle et bien traitée. Un peu plus bas d'autres chiens portent des lunettes ou des écharpes....ce qui me dérange un peu. On quitte ce barnum...J'oubliais ..la vue. Belle forcément mais bon je m'amuse plus à observer les gens qui posent devant. C'est culturel ici, les gens aiment les photos posées.

Parfois ridicules mais que dire du touriste français qui ne prend que les vieilles pierres d'Egypte? On se perd ensuite un peu...April fatigue...elle boit ...je prends le relais et sort mon guide! Jeepneys et nous voilà en ville pour manger. Devant moi un gars sorti tout droit d'un film de pirate. La coupe au bol et le faciès à être figurant dans un film de piraterie à l'époque de Magellan. Dans les rues je me sens comme un géant...vraiment. Je dépasse parfois d'une tête toute la foule alentour. Repas dans une grande cafétéria restaurant où l'on nous amène des portions de malade. Très bon mais on emportera les restes. On poursuit ensuite par le parc de la ville et son lac central, artificiel et rectangulaire. L'attraction ici est de commander un bateau en forme de cygne ou de canard et de s'essayer à la navigation périlleuse à la rame. April m'avoue avoir du être secourue au milieu du lac! Les gens s'amusent mais les addict du portable continuent sur l'eau à vérifier leur écran. C'est quand même le signe d'un ennui universel qui ressort à l'air libre. Pas vu depuis le début un local lire! Partout du Facebook, des jeux incompréhensibles, et du texto....On passe un bon moment à observer, relax. 3 ou 4 personnes vont successivement nous accoster. Etant le seul blanc (on en a vu un aujourd'hui) du coin j'attire les regards et donc les sollicitations. Certains groupes rigolent un peu à ma vue mais c'est du classique en voyage! Nous partons enfin au musée de l'université. On me donne un badge avec écrit en gros dessus " VISITOR " comme si je faisais local! Un peu du même type que l'autre mais avec quelque chose en plus.

Le jeune guide va nous initier à la musique et à la danse traditionnelle. Pas simple mais je vais jouer 4 notes avec ma flute à nez! Sympathique ambiance, les quelques jeunes présents rigolent bien de ma maladresse. Sans cela voir tous ces objets sans vie n'aurait pas été d'un si grand intérêt pour celui qui n'est pas passionné d'ethnologie. On quitte ces étudiants sympathiques pour faire quelques achats au marché. Enfin un lieu où tous les sens de l'Asie se retrouvent. Mais malgré l'insistance d'April je ne vais pas déguster leur embryon d'oiseau cuit :le balut! Il est temps de rentrer. La colline est dans le brouillard. Visites sympathiques. Pas le grand frisson, pas de monuments ou de sites géniaux mais une étape simple et en bonne compagnie, c'est aussi ça le plaisir du voyage. Seul, je ne suis pas sûr que cette étape eut été si marquante. Pas d'impératifs et le plaisir de se laisser guider. Je retrouve avec joie la tante d'April, les chiens et la maison sur la colline, sûr de passer une bonne soirée. Repas avec d'étranges mais bonnes boulettes au porc, saucisses, et je vais tester les fraises locales. Pas trop de différences avec les nôtres ce qui est une bonne chose. Soirée devant la télé devant le catch, le basket US et les quelques émissions de télé réalité qui m'ennuient fortement.

Jour 8:

Bonne nuit malgré le bruit incessant de toutes les basses- cours et des chiens du coin. Je prépare mon sac et ne sais pas trop quoi faire avant mon départ. J'ai demandé plusieurs fois à April si elle était bien sûr que les vans ne mettaient que 2 ou 3 h pour aller à Sagada. Après renseignement ce serait plutôt dans les 4 heures mais cela reste assez court pour que je parte cet après-midi. Elle me propose donc d'aller à la grotte de Lourdes, pas loin de la maison. Le soleil commence à cogner et le coin est vraiment riche en fortes pentes. L'endroit n'est pas sauvage du tout, c'est juste au milieu des maisons. Après une bonne suée l'approche finale consiste en une bonne centaine de marche pour arriver au sommet du calvaire. Endroit un peu touristique mais rien à voir avec les mines view. Quelques vendeurs ambulants d'eau, de cartes et de bouquets. L'endroit a été établi par les espagnols au début du XXème siècle. Rien de bien excitant pour moi. Observer les gens prier simplement. Malgré les panneaux demandant le silence on est loin d'une atmosphère de recueillement. Et toujours les mêmes photos posées. Le spectacle en Asie est souvent devant le monument. Après un bon poulet Abaco à midi, il est temps pour moi de partir. Pas vraiment la pêche car l'endroit et les gens sont supers et je vais maintenant aborder quelques jours d'hôtels bien plus solitaires. April qui doit aller en ville m'accompagne.

Pas simple de rentrer dans le jeepney avec mon gros sac. Arrivé à la gare de minivan je comprends vite que le plan se complique. Ils ne vont pas directement à Sagada mais à Banaue! Et le dernier bus, le vrai, partait à 13 heures. Tout était écrit dans le Lonely et seul je n'aurais rien manqué mais là ...le local s'est trompé. April est assez gênée de son erreur. Ce n'est finalement pas si grave, je ne suis pas pressé et je sais que vais encore passer une bonne soirée. Nous nous rendons à la gare des bus un peu chaotique de Dangwa où les bus ont du mal à rentrer( un semblant du chaos indien) mais il est impossible de réserver pour le lendemain. Sagada attendra et me revoilà dans les collines. Je prends le jeepney tout seul étant censé trouver la clé à l'endroit secret indiqué. Malgré mes recherches...je ne trouve rien. April arrive et se rend compte, après un petit instant de panique, qu'elles sont restées dans la cuisine sur une étagère. Je vais alors construite avec deux bambous , du fil électrique et des fils de fer une canne de plus de 4 mètres que je vais manipuler depuis une ouverture de la fenêtre. Après quelques efforts, les clés sont dans nos mains VIDEO. Le destin m'a fait manquer le bus pour que je permette à April de pouvoir rentrer chez elle!

Bref après toutes ces pérégrinations me voilà à la case départ. Cela fait partie du voyage et finalement cet imprévu sans conséquences ne me gêne pas. Il ne reste plus qu'à glander sur le canapé...car on peut dire qu'on a un peu épuisé les richesses de la ville! Du jardin suspendu à la colline, j'observe les locaux allumer des feux, ramasser les œufs dans le poulailler ou simplement monter des rampes verticales avec leurs courses pour atteindre les maisons du sommet de la colline en face. Ce soir au repas je vais assister à une dégustation de balut, l'oeuf de canard quasi à maturité VIDEO. Dégoûtant pour moi mais pas pour April et sa tante qui adorent ça! Croquer et avaler le petit canard gélatineux ...impossible pour moi! Je préfère le poulet Abaco, spécialité du pays. Soirée en famille avec Batman the Dark Knight et ses 10 coupures de pub! Je penserai à cela en voyant des gars sur la route rentrer chez eux, harassés par un travail pénible. Avec le faible salaire qu'ils ont, un des plus gros achats sera la télé, avant le frigo peut-être! Cette télé censée les distraire les entraine en fait dans un tourbillon vers le bas. Car il faut bien le dire la télé publique du pays ne m'a pas montré un seul programme de qualité. C'est une vitrine de pub! Hypnotisés par ces images et ce tout pour consommer, ils s'ennuient encore plus, s'avilissent et se frustrent parfois. Relire Fahrenheit 451. La petite s'amuse à apprendre les animaux et les fruits du jardin devant des scènes ultra violentes... Personne ne s'en choque ici. Au lit tôt, un nuit de rab après une journée tranquille, de transition

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SAGADA

Jour 9:

Très bonne nuit. Je découvre ce matin que ma chambre avait un balcon...et quelle vue(VIDEO)! Vraiment un bel endroit. Pas grand chose à faire en attendant mon bus de 11h30 pour Sagada. Juste écouter de la country et observer la ville depuis ce balcon. Je dis au revoir à cette famille sympathique et pars un peu avec regret affronter mes guesthouses touristiques de la cordillère centrale. Ma place dans le bus est juste à côté du chauffeur, la n°1. Panoramique et comme une petite loge. Je dois enjamber sacs et paquets pour m'y insérer. Il doit y avoir un autre touriste dans le bus ​VIDEO. Après avoir réussi à sortir des embouteillages et de l'air vicié du centre-ville la route s'élève dans les montagnes. Cela me rappelle un peu des routes du Costa Rica mais ici pas de cloud forest . Un peu celles d'Equateur mais ici tout ou presque est cultivé. Quant aux petits villages traversés avec leurs shop brinquebalants ils me rappellent ceux des environs de Shimla ou Manali en Inde. Les vues sont très belles et plongeantes. Le trafic correct et même si le chauffeur roule assez vite je ne me sens pas trop en danger. Par contre c'est un vrai manège qui vous retourne l'estomac avec virages sur virages pendant 5 heures. Le chauffeur crache, les passant males crachent et à l'arrêt restauration des panneaux indiquent bien ou cracher et non! Sport national? Le bus prends et déposent en permanence des passagers qui n'ont qu'à demander pour monter ou s'arrêter. Un système pratique. Vers la fin du voyage le paysage devient différent. Aux terrasses utilisées pour cultiver les légumes succèdent d'autres utilisées pour le riz.

Le  bus descend dans des vallées ​VIDEO, franchit des ponts ( ce n'est pas l'Indus mais bon quelques planches grinçantes ajoutent de l'exotisme). On arrive enfin à Sagada par une route un peu défoncée. Déposé en centre-ville de ce petit bourg de montagne je dois essuyer quelques refus avant de trouver ma chambre dans la George Guest house. Première impression qui me met mal à l'aise. Voir ces deux jeunes touristes blondes d'Europe du nord, puis un autre backpaker etc...Des internet coffee et des magasins de touristes. J'avais évité cela jusqu'à présent mais là le n'ai pas vraiment le choix. Après tout ce temps avec les locaux le retour au voyage d'avant CS semble fade. Bon je vais quand même apprécier le confort de ma chambre avec télé, balcon et SDB pour 400 pesos ( 8 euros!) . La rue centrale est bien sombre, quelques petits shops et quelques cafés. Toujours quelques bruits de chiens et de volaille mais aussi les insectes ce qui apportent du cachet à la soirée. Belle vue sur les environs, collines boisées. Je vais manger assez tôt dans un de ces cafés labélisés Lonely Planet. Des touristes japonais je pense mais peu de monde, parfait. Nourriture correcte, sans plus. Je passe ma soirée tranquille dans ma chambre confortable. Moments de bonheur finalement.

Jour 10:

Grand jour dans la chambre sans rideau et déjà la rue qui s'anime de bonne heure. Le soleil cogne déjà vers 9h quand je démarre, une banane et un demi -cake dans le ventre, une grosse journée d'exploration dans Sagada et ses environs. Je commence par redescendre la rue de ma guest house en direction de Ambasing avec en ligne de mire les Sugong, cercueils suspendus, attraction locale. J'emboîte de pas de deux touristes et suis suivi par deux autres...Pas super de se sentir dans ce convoi mais j'en profite pour me laisser guider, leur laissant les hésitations et les questions aux locaux. Nous verrons bien de loin quelques cercueils mais je ne suis pas sûr d'avoir optimisé la vue. On devait sûrement pouvoir les voir de plus près. Mais bon je sais que j'en reverrai au cours de la journée alors .On poursuit tous vers la grotte de Sumaging à environ 1 km de là. La route est très belle, sans circulation et au milieu des pins. D'ailleurs la température et la végétation me rappellent la côte girondine en été ou quelques excursions méditerranéennes. Pas vraiment dépaysant donc pour les sens si ce n'est la vue plongeante sur les rizières qui tapissent la vallée entourés de collines boisées. Devant l'entrée de la grotte, un petit snack et des ouvriers qui travaillent à rénover la route. Quelques marches plus bas et m'y voilà. Rien d'exceptionnel mais le plaisir d'être au frais déjà. En fait il faudrait une lampe et surtout un guide pour s'engager dans les entrailles de cette grotte, je vais descendre jusqu'à l'obscurité, pas plus. Lente remontée vers Ambasing avec un bel arrêt sur un rocher surplombant les rizières. J'y observe avec mes jumelles quelques paysans travailler. Attention! On est loin de l'image d'Epinal de la rizière! Il y a bien parfois des chapeaux coniques mais comme partout dans le pays jusqu'à présent, les clichés asiatiques ont tendance à disparaître avec le modernisme. Il en reste mais je mesure quand même le temps qui est passé depuis mon séjour en Thaïlande en 2003. Je trouve ensuite le chemin pour descendre vers la grotte de Lumiang. A environ 10 minutes en descente on arrive dans cette grotte qui renferme une centaine de cercueils accrochés au mur et empilés. C'est assez génial de voir ça et je suis tout seul VIDEO. Je me demande comment ils ont pu les accrochés si haut parfois.

Belle ambiance de grotte qui se poursuit bien loin mais il faudrait un guide. Je m'arrête devant le trou béant et sombre. A Ambasing, je cherche mon chemin pour rentrer à Sagada par Demang censé être le cœur de la ville . Je me retrouve dans une école sortie d'un album colonial. Je passe devant la classe décorée comme les nôtres, avant, et voit avec nostalgie l'institutrice et ses élèves dans un cours chanté. Les classes, la disposition en rectangle avec la cour au milieu, tout me semble bien plus poétique que nos écoles modernes. Je me verrais sans problème passer quelques temps à faire du bénévolat dans ce coin. Vivre l'expérience du maître à l'ancienne avec tous ces enfants si souriants. Le chemin pour relier Demang n'est pas si aisé à trouver et je manque de me faire mordre par deux chiens très hargneux. Il y a d'ailleurs des chiens partout ici. A peu près tous de la même race. Race qui doit être un mélange de toutes les autres. Le trajet est pittoresque au milieu des maisons et des gens ​VIDEO. Au milieu de leurs cultures aussi. Je remarque les cornes de buffles accrochées parfois aux maisons. Une mamie courbée à 90° nettoie le sol avec des branches. Les gens me font signe de loin pour ne pas que je me perde...ou si j'étais médisant...pour ne pas que je traîne plus dans leur territoire mais je ne pense pas que ce soit la vérité. Je rentre un peu à l'hôtel puis pars manger. J'ai bien quelques adresses mais à la vue des balcons encombrées de blondes et de blonds accrochés ou non à leur PC ne me donne envie que de fuir. Je vais me trouver un petit snack près d'un boucher qui ne paye pas de mine mais où il n'y a que des locaux. J'y reviendrai même ce soir. Autant avant j'appréciais ces endroits labélisés Lonely, autant aujourd'hui j'ai beaucoup de mal. Je dois souhaiter une approche plus profonde du pays. Baigner avec le local. Je laisse les factures gonflées et les plats européanisés aux autres quand je le peux. Il faut bien évoluer et heureusement que je ne voyage plus comme à 25 ans. Je commence mon programme de l'après-midi par une visite de l'église Sainte-Marie. Ma foi ,elle me plaît bien. Le cadre et son côté époque coloniale, l'image de missionnaires dans le petit village des montagnes peut-être. Je suis le chemin au milieu des jeunes du coin qui me regardent parfois d'un air rieur vers le calvaire et le cimetière.

Tombes blanches sur le sommet d'une colline. Un petit chemin le traverse et mène à un point de vue sur l'Echo Valley. J'y suis seul. Vue sur une sorte de vallée ou plutôt une petite gorge entre des murailles rocheuses. Sympathique sans être de grande portée. J'aperçois de plus bas quelques cercueils accrochés. En suivant un chemin (non indiqué ...ici rien n'est indiqué) pas si simple, je me retrouve au pied d'autres de ces cercueils. C'est très original et cela vaut vraiment le coup VIDEO. Bon on n'est pas très isolés, il y a des déchets parfois par terre mais c'est tranquille comme endroit. On est loin, et ce sera la remarque première pour cette ville, d'une ambiance de jungle telle qu'on a au Costa Rica , en Equateur ou à Bornéo. Il faut bien le dire, on ne ce sent pas si loin que ça! Je décide de me rendre au pic de Kiltepan 1636 m. Je passe devant la fabrique de Sagada Weaving où l'on voit des gens fabriquer des sacs en toile. Je marche et marche encore, m'éloignant de la ville. Peu de trafic mais à chaque passage c'est la nuée noire de pollution! Au son de la musique country je m'éloigne, songe à renoncer puis arrive enfin à l'endroit supposé du début du sentier. Rien n'est indiqué, en fait c'est une route. Je ne suis pas si rassuré que cela, ne sachant pas trop si je suis sur le bon chemin et isolé. La route monte lentement au calme. J'arrive au sommet où des ouvriers construisent un bar. Fini la tranquillité des lieux! Vue superbe sur les rizières en terrasse en contrebas VIDEO. Je passe un bon moment à les observer. Retour tranquille. Il me reste un peu de temps pour aller voir les chutes de Bokong. Pas simple encore de trouver le chemin qui serpente dans les rizières. La rando est très sympa mais les chutes très décevantes. Assez sale je trouve et pas très hautes (4 mètres). Pas question de se baigner là! Mais je me demande si les vraies chutes n'étaient pas plus loin. Retour assez fatigué par cette belle journée. Je repasse ce soir dans mon petit snack en passant devant tous mes collègues alignés dans les beaux restaurants. Je me sens libre. Je rentre dans la nuit noire, tout content. Sagada ressemble à un petit Leh( Ladakh) avec ses boutiques pour touristes et en même temps ces lieux pour locaux. Deux petits monde qui se côtoient. La ville de routard par excellence, avec ses cafés Reggaes, ses yin et ses yang ou toute autre sémantique New Age ( Gaïa , etc...) . On peut préférer dans le genre Bario sur Bornéo qui est encore préservée et authentique. Je pense à mes nièces, quel genre de tourisme de découverte vont-elles connaître dans 20 ans! Comment seront les coins les plus éloignés de la planète? Demain je vais essayer de rejoindre un village bien plus éloigné et moins touristique, on verra.

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MALIGCONG

Jour 11:

Réveil tranquille. Je prends mon temps et prends un jeepney pour Bontoc. J'y rencontre un jeune étudiant en ethnologie avec qui je discute un moment, comparant mes impressions de touristes voyageur avec celles d'un " spécialiste ". La descente vers Bontoc est assez agréable avec un lointain côté route de l'Himalaya. Bontoc siège en fond de vallée et ne semble à première vue un lieu de villégiature. Je cherche l'office du tourisme, que personne ne connaît, et me retrouve directement devant les jeepneys pour Maligcong, endroit où je veux aller. Autant directement demander aux locaux. Ils m'assurent qu'il y a bien un endroit où dormir mais par contre rien pour manger si ce n'est un ou deux magasins de biscuits comme ils disent. Je prends donc place dans le jeepney, près pour le départ. En fait je vais attendre plus de 1h30! Et les gens restent là, patients...Disons que si l'on veut être sûr de partir, peut-être ne faut-il pas arriver trop tard. Je remarque 3 mamies tatoués et habillées de vêtements traditionnels autour de moi. Les derniers témoins d'un monde en partie révolu. Je prends quelque nourriture pensant bien pouvoir trouver là-haut de quoi me sustenter quand même. Entre les poulets vivants et les sacs empilés un peu partout on prend le départ pour environ 8 km de piste bien raide et remuante. La femme devant moi allaite son enfant, tout le monde s'accroche, certaines se protègent le nez des poussières. Bonne ambiance. Le jeepney va me laisser, avec l'aide des locaux, devant le portail de l'unique hébergement. C'est rustique mais je sens que je vais aimer. Il doit être environ midi et que faire maintenant. Après quelques conseils évasifs du patron je m'en vais vers les rizières et le village. La route, depuis la guesthouse, descend, arrive vers un petit café artisanal et son shop (grand comme un frigo!), longe un ancien belvédère je pense aujourd'hui sans intérêt puis arrive enfin au bout de 5 minutes au " terminus "des jeepneys. Là les gens débarquent leurs affaires et partent pour l'ancien village de Maligcong, à pied, au milieu des rizières. Je vais ainsi suivre une mamie tatouée qui marche d'un bon train, s'arrête faire ses besoins et file d'un pas agile. Je souffre de la chaleur au milieu de ces plans d'eau. Le cadre est superbe. Les rizières sont plutôt vides (fin de saison) mais certaines d'un vert éclatant. La chaleur ne permet pas d'apprécier à 100 % le spectacle mais c'est un plaisir de se sentir seul ici. Enfin pas tout à fait...je vais croiser un touriste qui arrive de Bontoc à pied. Un Lot et Garonnais!

Le monde est si petit! Un grand voyageur qui a parcouru le globe et avec qui je vais passer une bonne partie de l'après-midi. Arrivés assez fatigués dans le village, je suis assez surpris par ce que j'y trouve. Des maisons en tôles, des cochons, un gars un peu arriéré, un autre qui veut qu'on lui offre une bière, un autre qui dort sur un banc. Pas touristique du tout et à la limite, pas assez. Je me vois un peu comme dans un zoo humain. Je viens ici et hormis les 75 pesos dépensés au shop local ( je dois être le gros client de la journée avec mes 2 boites de sardines et mes chips!) , minuscule et à l'ancienne, je n'apporte pas grand chose à ces gens. Je n'ose pas mais mon collègue lui ose et se voit refuser bon nombre de ses appels à photos. Cela me gêne un peu de prendre ces gens qui travaillent dans la boue ou qui survivent un peu ici alors que moi je me promène et suis fatigué pour mon plaisir. Je vois le célèbre buffle asiatique, les enfants à moitié dans la boue et les gestes ancestraux: se courber et repiquer le riz, se courber etc...Dans le village j'observe d'un œil furtif des intérieurs sombres avec des mamies qui discutent. Je n'ose trop pénétrer leur intimité même d'un regard. Bref, un endroit où je n'ai pas ma place et il doit être un peu angoissant de dormir, surtout les soirs d'alcoolisation! De retour vers le terminus des jeepneys je vais passer 3 heures au moins, en partie en discutant avec mon collègue voyageur du jour et ensuite avec le patron. Nous échangeons nos visions des pays traversés, des dangers, des tracasseries du voyage " indépendant ". Racket en Mauritanie et au Laos, Souffrance physique au Yemen...J'en reviens à mes débuts de voyageurs masochiste. Aujourd'hui, alors que je suis bien moins superficiel qu'à l'époque de mes voyages roots je fais la balance entre confort, galères et authenticité. Je pense voyager aujourd'hui de manière bien plus confortable. Non pas que je le recherche. J'écris à présent de la seule guesthouse d'un bled où je suis le seul touriste à dormir. Il y a un chat sur ma table, des insectes, des chats et des poules autour de moi! Mais la recherche de la galère pour certifié la vérité d'un voyage me semble s'éloigner. S'adapter aux galères oui mais les rechercher, non. Les gens me parlent ici de Mindanao.

C'est le seul endroit du pays dangereux et déconseillé. Et bien il y en a qui voudront y aller. On ne me fera pas croire que l'adrénaline et le défi n'y sont pas pour quelque chose. Il y a 7000 îles dans le pays, pourquoi chercher là où est le danger? Bref mon collègue voyageur de 55 ans semble encore voyager comme lors de ses 20 ans. Je lui dis que je pense m'éloigner de ces nuits sur les bancs. Ce n'est pas ça qui fait le voyage et je le pensais alors. Les rencontres multiples que je fais depuis quelques années, là est bien le cœur du vrai voyage à mon sens. Quant à l'uniformisation du monde et à l'impact du " modernisme " nous sommes d'accord sur la fin d'une époque, sur le fait qu' il ne faut pas trop revenir sur les endroits qui nous ont fait rêver. Le monde change plus vite que notre adaptation à ce même changement. Je me vois plus vieux voyageur dans des coins qui ne changent plus trop: les Higlands d'Ecosse, les volcans du Cantal ou mes chères Pyrénées. Je vais repartir pourtant mais avec le terrible sentiment d'avoir mangé mon pain blanc. 15 ans de voyages suffisent à nous faire regretter le temps non connecté, le temps d'un monde non global mais local.
Le patron de ce petit café (en fait 3 tables et ...un balcon) projette de monter une guesthouse ici. Les touristes demandent où manger, où dormir, il y aurait un business à faire. D'un autre côté les paysans désertent les rizières. Les jeunes ne veulent plus d'un travail comme celui-là. Certaines terrasses tombent à l'abandon et à la différence de Banaue, pas de classement à l'Unesco ici. On parle du temps d'avant, des coupeurs de tête, des vieux du village (100 ans et 90 ans pour les doyens) , de l'école et des enfants qui doivent traverser les rizières pour s'y rendre, de la route en construction ( on entend la dynamite) qui apportera progrès, on l'espère. Je donne au gars mes deux kits médicaux que je trimballe depuis Manille. Je n'ai pas osé les donner dans les villages et je lui demande de le faire. Il veut que je note mon nom dessus et m'assure qu'il les donnera au " clinic ". Est- ce un docteur? En tout cas vu l'état du village, je trouve que c'est un bon coin pour les donner. 2 travailleurs viennent partager un thé des montagnes, c'est vraiment une ambiance paisible comme je les aime. Je rentre tranquillement à la guest house. On m'y sert à ma grande et bonne surprise un dîner. Je vais éviter le mélange sardine-pain à la cannelle! Accompagné par le chat (qui va me piquer un os) et le petit garçon, je m'en vais apprécier et dévorer ma soupe au poulet, mon riz au poulet et mes mangues VIDEO. Les locaux viennent acheter quelques œufs et de l'alcool à la propriétaire et je suis aux anges dans cette ambiance. A 20 h la patronne se couche...!Je m'endors fenêtre ouverte dans un calme enchanteur.

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BANAUE

Jour 12:

La maison est quasi vide à mon réveil. Un grand chevelu de la famille prend son petit déjeuner en silence. Je lui emprunte cuillère et ouvre -boîte pour déguster mes sardines-pain cannelle. Une fois prêt je quitte cette guesthouse originale (car c'est vraiment vivre chez l'habitant, sans aménagement particulier) pour rejoindre le départ des jeepneys pour Bontoc. Je retrouve l' " idiot du village " rencontré la veille et moins de bagages forcément. On part à la ville. Seul touriste à bord je me plais bien au milieu de ces gens toujours en train de rire, à côté de moi une mamie toute mignonne et toute sèche, tout en douceur. Arrivés à Bontoc, je quitte ces gens des villages pour reprendre le trajet plus classique Bontoc- Banaue. Il se fait par un système de van. Une fois plein il part. C'est ma foi un bon système. J'aperçois un couple que j'identifie français en un regard. Il suffit de repérer le logo Decathlon ou Quechua et c'est gagné. Cela les fait bien rire...en fait peut-être pas tant que ça. Le voyageur est fier et veut parfois se fondre dans le paysage...mais il n'y arrive quasiment jamais. De gros voyageurs encore mais dans un style différent. De quoi parlent les voyageurs? De leurs voyages et de leurs expériences. Quelques clichés sur les juifs, les musulmans, la corrida qui me heurtent un peu mais je ne suis pas ici pour trop débattre. Ils sont sympathiques et je vais les suivre une bonne partie de la journée. Le trajet est confortable, le paysage assez beau. Sauvage, vert, boisé, la route longe les collines, à flanc. Arrivée à Banaue par le dessus. C'est en fait un coin de points de vue et j'y reviendrai plus tard dans l'après-midi. La ville est construite un peu en fond de vallée, un peu le long de la route. Le terrain n'étant pas très plat et les gens se disputant peut-être les belles vues sur les terrasses la plupart des bâtiments du centre-ville sont construits sur des fondations fragiles à flanc. L'ensemble ne laisse pas un fort sentiment de stabilité. Evitant les tricycles qui n'ont qu'un mot à la bouche " going to Batad? " je suis les french dans leur hôtel et commence ma visite des chambres.

Je vais en visiter 3 ou 4 dans la rue principale pour finalement revenir au premier, le People Restaurant and Lodge. Pas génial, 600 pesos avec salle de bain mais sans vue et quasiment sans fenêtre. Le reste n'était pas forcément mieux. Je m'attable alors en terrasse avec les frenchs. Des touristes partout mais aussi pas mal de locaux. Je vois des Lonely, des PC, des couples qui bossent leur itinéraire et qui ont tous ce mot " Do you have WiFi? ". Je suis pareil ...Que disait-on avant? On ne disait rien, non on parlait plus, pour chercher l'information, car la tribu était bien loin. Mes voisines allemandes engagent leur guide. Elles veulent tout faire en un jour malgré les doutes du guide. Je prendrai mon temps ici, 3 nuits. Nous essayons un restaurant puis, à la vue de la carte, nous nous levons poliment(!) pour partir ailleurs. Question de prix. Seul je n'aurais pas osé. L'autre, le Las Vegas, sera bon mais peu local. Entre les drapeaux Us et l'union jack, ils nous mettrons quand même les Gypsy Kings! Et puis chacun poursuit sa route. Je réserve mon bus de nuit pour Manille du dimanche, prudent en ces jours d'affluence. Je me lance dans la terrible ascension vers le view point. 4 km de routes vers un site panoramique. Evitant les tricycles bien sûr. Tranquille et au calme je vais marcher au milieu des maisons, répondant aux " Hello " des tous petits. C'est sympa et pas trop dur ni long. Régulièrement des parties dégagées, avec un petit parking, offre le vue et vendent des souvenirs. Un peu gênant, tous ces anciens qui posent en tenue Ifugao. Ils sont là assis et attendent qu'on veuille bien les prendre en photos comme dans un zoo. Mais bon si on enlève le côté un peu dégradant, c'est peut-être pour eux une manière de se faire une petite source de revenu J'espère seulement que l'argent leur reviendra. Certains jouent de la flute, je reconnais Titanic! La beauté est ici une arme fatale. Ces vieux ont pour richesse...leurs rides et leurs tatouages. Au sommet de la route, un peu plus de boutiques. La vue est belle sur les rizières et la ville au fondVIDEO. Je rentre tranquillement en profitant des sourires. Un peu avant l'arrêt des bus je m'étale par terre dans la boue et troue mon tee-shirt. La classe, surtout pour aller ensuite quémander des informations en ville. Lessive et soirée ensuite au restaurant de l'hôtel. Ici on paye le courant électrique...je vais boycotter l'énergie ce soir! A 21 heures tous les magasins ferment leurs portes en tôle. La ville devient sombre. Un concert pour les locaux, des hommes buvant des bières. Je reconnais du Bon Jovi " It's my life! ". Je rentre, que faire d'autre.

Jour 13:

Réveil assez matinal. Rasage de printemps nécessaire. La pilosité est absente des gênes philippins, je pourrais faire peur! Quelques problèmes avec ma banque, ma carte SIM, et un aller et retour au cyber café pour acheter mon billet de lundi pour Bacolod. Une fois en poche je change d'hôtel pour un autre, bien plus sympa et au même prix en montant vers le point of view, 300 mètres après l'arrêt des bus , le Banaue Homestay. Accueil très chaleureux, j'étends mes affaires humides et pars chercher un jeepney pour Lagawe. But de la journée; atteindre Kiangan et ses rizières. Et puis aussi quitter un peu la ville et ses circuits trop rôdés à mon goût, il faut le dire. Ecrasé dans le jeepney, je me rends pour 37 pesos dans la grosse ville voisine, une vingtaine de kilomètres. Encore une fois seul de mon genre (non pas le genre humain..mais le genre homo touristicus). Une fois sur place dans cette ville assez aérée je prends un tricyle (moto customisée en side car) pour Kiangan. 3 dans la cabine du side et 2 derrière le chauffeur! Pas super confortable, je rentre à peine dans la " cabine " et me suspend aux armatures de fer soudées tout le long de la montée. Un peu moins d'une dizaine de kilomètres je pense. Jolies vues sur les montagnes, rivières aux eaux grises...sympa. Une fois dans le village de Kiangan, ancienne capitale Ifugao quand même, je demande des informations à l'hôtel de ville. Pas vraiment au point, ils m'aident quand même à trouver un tricycle perso VIDEOqui m'amènera pour 75 pesos aux terrasses de Nagacadan. Marrant comme le gars a du arrêter sa partie de billard pour me prendre. Environ 3 ou 4 km de montée parfois sans revêtement et le chauffeur me laisse au pied d'une route assez neuve qui descend vers les rizières. Il compte m'attendre mais je préfère le congédier, je pourrais passer beaucoup de temps ici. Seul touriste (encore) je vais apprécier l'endroit. Je me promène un peu aux hasards dans ces rizières bien aménagées, en plein cagnard, observant le dur labeur des paysans. Je rebrousse chemin une première fois à cause d'un gars qui me suivait.

On ne sait pas trop...Pas mal de gars rencontrés, la bouche rouge , chiquant sûrement du bétel ou du tabac à longueur de journée. Et parfois quelques visages éteints qui ne mettent pas en confiance. En fait c'est mon côté prudent qui l'emporte aujourd'hui mais franchement le peuple philippin est pour l'instant d'une douceur extrême. Les terrasses classées à l'Unesco s'étalent sur plusieurs hectares. Très beau spectacle. Je poursuis sur un chemin qui mène à une école. Ce sont toujours des endroits magiques et plein de vie. Située sur un aplomb, en haut de la colline j'y arrive un peu en intrus. Que dire? Quelques " hello "...mais les gens sont un peu indifférents. Ni curiosité, ni animosité. Tout à fait normal je trouve comme attitude. Je poursuis et rencontre un paysan avec son fusil à coté de lui. Pourquoi donc un fusil ici? Un autre gars marche avec une machette...Je n'irai pas plus loin. Je suis une proie trop facile et je ne veux pas faire mon malin en m'éloignant trop. Sur le retour je croise des femmes et des hommes portant leurs marchandises, parfois sur la tête, leur enfant en plus. Tous ces coins isolés des routes nécessitent pas mal d'efforts pour l'approvisionnement. Je vais redescendre ensuite vers Kiangan tout seul. Je m'arrête et prends un coca dans un de ces petits magasins de bords de route qui fleurissent de par le pays. Juste le plaisir de voir la mamie ouvrir la petite ouverture entre les grilles. La voir sourire, discuter 20 secondes et la voir repartir faire sa lessive, accroupie au bord de la route. Je reste avec le Coke et le coq VIDEO! Arrivé en ville j'observe une grande école centrale qui jouxte un petit musée intéressant.

C'est l'endroit où le général Yamashita s'est rendu et qui marqua la fin de la guerre dans les Philippines. Quelques enfants dans le musée, on y rentre sans chaussures. Une dame genre directrice d'école tient le carnet des visiteurs. Je n'y vois pas d'étrangers. Je me rends ensuite vers le mémorial de la WWII mais je n'ai pas envie de payer ne serait-ce que 30 pesos pour voir un monument en pierre en forme de pyramide avec des noms dessus. C'est quand même un lieu important car gardé par une grille et un policier. Il est temps de rentrer. Cette fois je serai derrière le chauffeur qui s'assoie carrément sur le réservoir. Et un dernier Jeepney depuis Lagawe pour rentrer. J'observe le chauffeur conduire avec ses billets de pliés en 2 entre ces phalanges. Par une ouverture de la portière( il y en un certain nombre) il rajoute des gaz par un système de robinet et de tuyaux reliés au moteur. J'ai encore du poulet entre mes jambes mais découpé cette fois. Je suis complètement plié en 4, j'observe les gens qui sourient ..ou dorment. Facile, on est tellement serré. On tient tout seul. Retour un peu avant la nuit, bien content de cette belle escapade isolée. La dame de la guesthouse a même plié mes affaires. L'orage approche. J'ai mon café, la terrasse, les rizières, le calme et mon ordi pour moi. Un bon moment. Bientôt la ville sera très sombre, un anti Las Vegas.
Repas dans un petit restaurant familial: soupe et omelette. Vite la ville se vide et les buveurs sortent. Je rentre à la frontale, dans le silence. Il ne va pas durer, dès l'aube le ballet des véhicules reprendra.

Jour 14:

Je décide de partir ce matin pour Batad, l'attraction principale, si ce n'est du pays, du moins du coin. Je me méfie parfois des petits endroits jadis isolés qui deviennent tellement populaires qu'ils en perdent parfois leur charme. On verra bien. Achat de quelques gâteaux qui feraient faire faillite à un boulanger français dans le petit marché local qui se tient ce samedi dans la rue puis je m'en vais chercher informations dans le petit office du tourisme local. En fait d'office de tourisme c'est plutôt l'antichambre de tous les guides du coin. Alors forcément leurs conseils sont à prendre avec précaution. Premier prix proposé, pour monter au col surplombant Batad: 2500 pesos pour le jeepney spécial. En groupe OK mais seul! Le tricycle sera bien moins cher: 300 pesos jusqu'à la jonction avant le col, cela me paraît raisonnable. La route n'est pas encore au niveau des standards touristiques, loin de là. Cela secoue un max mais les chantiers, nombreux, montrent que les choses vont vite changer. C'est une destination à bichonner. Un peu au milieu de nulle part, à un embranchement le tricycle me dépose. Pour le retour...je verrai bien. La randonnée commence par une montée sur un chemin forestier d'environ 3 kms jusqu'au col de Batad. Des Jeepneys passent et arrivent au sommet. Pour moi ce sera de la marche un peu forcée en plein cagnard. Pas vraiment de vue mais la végétation est un peu exotique. Quant on demande aux locaux s'ils ont des singes, ils répondent, oui, au zoo. Après une bonne suée, et une pause dans un shop désaffecté, me voilà au sommet. Pas un col de l'Himalaya attention ! Des jeepneys et quelques 4x4 . Des poulets, des toilettes payantes, un point de vue aménagé en béton, des victuailles à acheter et des bâtons à louer pour la descente. Je ne me m'attarde pas. Le village de Batad en bas m'attend. La vue est belle mais ce n'est pas exceptionnel VIDEO.

D'abord un escalier très abrupt (qui est en fait un raccourci) puis un chemin en pente douce, assez bon vers le village. Quelques touristes sac à dos. Un peu avant le village les panneaux de pub des guesthouses commencent à poindre. Bizarre dans un tel décor. Je me retrouve devant un kiosque de tourisme...pour payer la taxe de 50 pesos! J'adore. Un coca à 35, le plus cher du séjour, mais bon il faut le transporter à dos d'homme alors, je comprends. Des guides, bien chaussés et équipés, arrivent avec leurs clients. Je croise des allemands, des français. En tout cas je n'ai pas le coup de foudre. La vue des terrasses ne m'émeut pas. Pas moins belles que les autres c'est sûr mais c'est trop touristique pour moi. Je ne veux pas de ça au bout du monde. On voit sur les toits les pubs pour les restaurants, pas très cool. Malgré les conseils des gens de l'office je vais partir sans guide, non pour la cascade que tout le monde veut me vendre, mais pour Bangaan. Un autre village et surtout un autre chemin pour rentrer car l'autre ne m'attire guère. Bref ma vision des terrasses de Batad aura été assez brève finalement. D'entrée j'hésite sur le chemin. Un peu escarpé au milieu des rizières mais je suis le conseil " tout à droite! ". C'est alors parti pour peut-être 2 heures de marches assez panoramique à flanc de montagnes, passant parfois par des jolies rizières voire un tout petit village. Peu de monde rencontré. Un gars avec ses deux enfants qui vend quelques boissons non fraîches à l'ombre d'une bâche. Une mamie qui porte du nipa pour son toit. Des enfants d'environ 10 ans qui me demandent de l'aide pour porter sur leur dos une charge vraiment trop lourde pour leur âge. Un gars avec sa machette. Ces types sont toujours un peu impressionnants quand on est isolés. Des enfants qui se douchent nus dans une cascade. C'est tranquille et je m'y sens mieux qu'à Batad.

J'arrive sur une route où des enfants s'amusent à collecter des têtards dans des bouteilles plastique. Je remonte la route sur environ 2 km, passant par un chantier, pour arriver au-dessus du village de Bangaan avec ses terrasses classées. Le village vu d'en haut, avec ses toits en nipa a beaucoup de cachet et semble un village d'Astérix. Je remarque un système de filin pour y acheminer plus facilement des caisses. Les terrasses sont très belles et je préfère vraiment ce coin. Je poursuis sur la route. Ambiance arrêt de Joan Wilder dans " A la poursuite du Diamant vert " VIDEO. On se sent bien isolé, avec les poulets, les chiens et les quelques maisons en bord de route. J'arrive finalement à la jonction de ce matin où je vais attendre un moyen de locomotion. Trafic quasi nul mais un jeepney de forestier va me prendre très rapidement. Une chance. Des troncs de bois au milieu et tous les gars mâchant du bétel. C'est d'ailleurs une constante ici. Les dents ravagées et la bouche rouge. On les voit sortir une poudre blanche d'un petit étui. Ils prennent aussi un bout de feuille. Puis ils mâchent et crachent rouge. A les voir les yeux un peu vides, avec leurs machettes...je n'aimerais pas les avoir alcoolisés près de moi. Un peu plus loin le jeepney s'arrête. Un camion est tombé dans le ravin une vingtaine de mètres plus bas et ils essayent de le sortir de là en le tirant avec un autre camion et des poulies. Périlleux, dangereux et vain. Au moins une heure d'arrêt et ils n'y arriveront pas.
Tout le monde attend patiemment, les gens rigolent, d'autres en profitent pour dormir dans les jeepneys. Finalement ils débloquent la route mais pas le camion. Rien dans le ventre, fatigué, sale, pas d'eau...il me tarde de rentrer. Il doit être 17 heures. Propre et frais je me délecte du confort de ma guesthouse écrivant devant les terrasses. Je prends mon repas ce soir en ville. La pluie tombe drue, le village est quasiment dans le noir ce qui apporte un certain charme à la soirée. Pour un samedi tout semble désert. Grosse faim: omelette au poulet et pancit canton. Quelques jeunes boivent des bières mais tout reste tranquille. Retour à la guesthouse sous le poncho et à la frontale. Bougies dans les couloirs et dans les toilettes. Super ambiance pour ma dernière soirée à Banaue.

Jour 15:

Bonne nuit et réveil assez tardif vers 9 h. La plupart des touristes sont déjà partis en excursion et la guesthouse n'est remplie que des rires des employés. Je vais prendre un gros petit déjeuner face aux rizières depuis le balcon. Petit déjeuner qui devra me tenir jusqu'à ce soir. J'engage avec l'aide de la sympathique patronne un tricyle pour aller voir les terrasses de Hungduan et Hapao à 26 km de là pour les dernières. 850 pesos. Malgré les dires de l'office du tourisme on pourrait trouver moins cher j'en suis sûr en jeepneys. Ils ne sont pas censés passer mais on j'en croiserai quelques uns en fait. Personne ici n'a intérêt à ce que les touristes prennent les transports en commun. Départ vers 10 heures et le soleil chauffe vraiment, voire brûle. Je vais beaucoup aimer cette excursion. D'abord à cause de l'isolement. Je ne vais croiser qu'un autre tricycle. Ensuite à cause des vues. Plus beau qu'à Batad à mon goût. Pendant 26 km la route, en partie bitumée mais très souvent vraiment chaotique, longe à flanc de montagne une vallée ou coule une rivière . Tout le long les terrasses s'accumulent VIDEO. Incroyable le travail des ancêtres ifugao, quelle patience pour ériger ces murs, indispensables à leur subsistance. Le chauffeur m'arrête régulièrement pour voir les points de vue. C'est très beau et entouré de crêtes boisées. M'imaginer faire des randonnées ici sur les crêtes avec ce temps me paraît impossible. Trop de galère, trop de suées. Je préfère la fraîcheur de mes montagnes françaises. La chaleur écrasante m'empêche de trop m'éloigner de l'ombre fraîche de ma " cabine ". Paiement d'une taxe de 10 pesos, une de plus. Arrêt au village de Hungduan. Pas grand-chose à faire ce dimanche. Les commerces sont ouverts. Je me repose dans l'un deux et achète 10 pesos une glace au gars qui transporte sa glacière sur un vélo. Vraiment un bon coin car je suis dans la vraie vie de ces habitants. Certains jouent au bingo, d'autres, très jeunes, portent leurs bébés. Que faire ici un dimanche? Et puis avant que la pluie torrentielle ne s'abatte sur la région, je décide de rentrer en ville pour attendre patiemment mon bus de nuit pour Manille de 19h. Les chauffeurs de tricycle attendent leurs clients, les jeunes jouent au volley-ball avec un gros ballon de basket sur un terrain improvisé devant l'hôtel de ville.

Un mariage a lieu au coin d'une rue. Musique, célébration, le tout dans la rue. De retour à l'auberge, une troupe d'allemands dans le même cas que moi trouble un peu la quiétude des lieux. Je pense à la suite de mon voyage. Peut-être vais-je éviter les endroits trop touristiques. J' ai de plus en plus de mal avec l'ambiance backpackers. Dans mes jeunes années de débutant voyageur, j'étais plutôt rassuré de retrouver ces endroits sécurisés et européanisés. Aujourd'hui la confiance aidant, je n'ai plus du tout besoin de me rassurer. Je souhaite chaque minute de mes voyages dans la vraie vie des habitants, dans leurs restaurants et dans leurs hôtels. Banaue est un nœud central du tourisme du nord du pays, je ne peux y être tout le temps seul. Mon conseil: choisir les lieux écrits en petit dans les guides de voyage. Observer le nombre de guesthouse et la taille des villages. Eviter les disproportions indigestes.

Classement rizières.

1) Nagacadan: isolée, peu visitées, loin de Banaue. Seul touriste.
2) Bagaan: superbe village en hutte de nipa, coin sauvage .
3) Hungduan et Hapao: très longue vallée et rizières en continue. Belle couleurs vertes.
4) Maligcong: Super pour la soirée isolée, pour la rencontre avec les dernières femmes tatouées. Un peu ternes en cette saison. Village reculé.
5) Banaue: simplement les rizières vues depuis la route ou la guesthouse. Pas de fatigue et c'est très beau quand même.
6) Batad: trop touristique. Accès un peu fatiguant et sans trop d'intérêt.

Un petit passage obligé au cyber pour essayer quelques requêtes de couchsurfing mais avec le bas débit je crois que je ne vais jamais y arriver. Ce qui n'est pas organisé à la maison l'est difficilement ici. Un dernier repas sur ma terrasse face aux rizières et je quitte cette sympathique pension. A peine entré dans le bus et je commence à me fermer. Des touristes partout qui parlent de leurs hôtels et du circuit que tout le monde fait....Je ne m' y retrouve plus et n'ai qu'une envie: aller où ils ne vont pas. En plus, pas de bol, j'ai la place sur les roues et je suis accompagné d'un allemand de 90 kg au moins. Le trajet va être long. Air conditionné à fond, chansons ou films, rien n'est fait pour je m'endorme. 2 arrêts dans des stations service où le chauffeur arrose d'eau les freins, où quelques vendeurs de nuit essayent de fourguer leur marchandise. On arrive vers 4h du matin dans un endroit qui ne ressemble pas trop à une gare routière. J'essaye de me trouver quelqu'un pour partager un taxi vers l'aéroport mais personne ne semble y aller. Tant pis je m'enfourgue dans l'un et dis au revoir à tout ce monde sans regret. Trajet de nuit à toute vitesse dans Manille qui se réveille. Je passe devant la maison de Darren, marrant de l'imaginer dormir. Le gars m'entube de 90 pesos à l'arrivée, de quoi me mettre de bonne humeur. Mais il est déjà parti...Beaucoup de monde en ce jour de début des vacances de la semaine sainte.

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ÎLE DE NEGROS: SILAY CITY

Jour 16:

Bizarre de se retrouver à l'aéroport du départ ...je n'aime pas trop ces moments car avec la fatigue de la nuit et la petite solitude j'aurais tendance à me rapprocher de mon pays et d'attendre le retour. Ces moments ne durent jamais bien longtemps. Dans l'avion pour l'île de Negros et Bacolod ma voisine me semble bien curieuse: qui vous attend à l'aéroport? Êtes-vous seul etc? Puis elle prend son téléphone et je crois la voir essayer de me prendre en photo. Puis elle envoie un message. Je suis un moment paranoïaque. J'invente sûrement tout mais je ferais bien le parfait pigeon ce matin avec ma fatigue et mes réponses trop honnêtes. Arrivé au tout petit aéroport de Bacolod (un Bergerac local) je file vite, évitant les taxis et autres van, vers les tricycles, bien cachés sur une route en face. 20 pesos dont la moitié pour mon sac qui prend une personne, prix normal. Il me dépose, ainsi que mes compagnons de cabine, en centre-ville de Silay City, près de la place centrale. Ville au premier abord agréable et on remarque d'entrée les belles maisons pour lesquelles je suis là. Il fait déjà très chaud et il n'est que 9h! Je me rends à l'office de tourisme proche. Je dois passer au milieu de lycéens qui m'accueillent comme un prince. A peine demande-je de l'aide qu'ils sont 10 autour de moi. Je vais dans cette ville en particulier être l'objet de plein d'attention. Tant de bonjours, de sourires ...je ne sais pas quoi en penser mais je ne peux m'empêcher de me marrer comme eux. Dès que je crois un groupe de filles, elles me disent Hello et ricanent quand je suis passé! Bref ils me mènent dans le bureau du centre culturel où se trouve les préposés au tourisme. Pas de guichet mais une grande salle avec des bureaux. On me propose de m'asseoir devant l'un d'eux. Un monsieur très gentil va me réserver une chambre et va me guider pour tout. Accueil très serviable et efficace. Quand je lui dis mon métier, il se met à m'appeler Sir! Je rejoins ma chambre au Windmill Pension, dans la rue centrale. Très bien, tout confort pour 700 pesos. Première chose à faire: manger. Je vais rejoindre une adresse du Lonely, pas le temps de chercher. Le café 1925. Je ne sais même pas l'heure qu'il est mais ici ce n'est pas un problème les gens peuvent manger des plats un peu tout le temps je crois. Je commande des travers de porcs avec leur purée.

Très bon et enfin un bon vrai repas consistant. J'attaque la visite de la ville qui consiste à suivre le prospectus donné par la ville pour trouver les vieilles demeures locales. Très belles maisons, rues très larges. Calmes. Beaucoup de tricycle à vélo. Un côté Penang, en Malaisie parfois. Je vois une mémé habitant l'une, puis une autre. En fait elles doivent être louées j'apprendrai plus tard. Pas de bol on est lundi, jour de fermeture. En fait comme c'est la semaine sainte je pense que tout sera fermé toute la semaine. Râlant de ne pas pouvoir rentrer dans ces lieux. Visite du marché de la ville où là aussi on me regarde comme l'étranger. La partie viande et poisson nécessite un cœur bien accroché. Odeur très forte et bidoche à l'air. Un gars me propose de lui acheter sa viande. Je lui réponds poliment que je n'ai pas de cuisine ici! Les gens sont vraiment sympas. Je brûle vraiment et vers 13H30 j'arrête la cuisson, rentre à l'hôtel et m'y repose tout nu avec la clim. Vers 16 h je me dirige vers le marché couvert où se trouvent les tricycles et en prends un pour aller au Balaring Eco Parc, un endroit non écrit sur mon guide mais que je vais adorer. La course à l'arrière du chauffeur est déjà un plaisir même si je passe à 2 doigts de me faire écraser les jambes par un camion. Au bout de 3 km on est sortis de la ville, au milieu de quelques buffles et de champs et on arrive dans un petit village où il me dépose. Le sentier de la mangrove est bien indiqué. Encore une fois je passe au milieu des gens qui s'arrêtent de parler et me regardent tous en me saluant très souvent. Je passe au milieu des maisons par des mini-ruelles et me retrouve à l'entrée de la mangrove sur un ponton en bambous de plus d'1 km. Petit prix d'entrée de 20 pesos. Je suis le seul de la journée me dit la gardienne qui vend aussi quelques bibelots sous sa hutte en nipa. Et bien je vais adorer VIDEO. La mangrove est ici assez polluée, un problème récurent dans le pays, mais les vues sont très belles. Régulièrement une avancée et même à la fin un tour permette d'observer le détroit de Guimaras. J'observe des aigrettes et d'autres oiseaux inconnus. Les jeunes couples viennent ici pour s'isoler gentiment, chacun dans une des paillotes jalonnant le passage. Je vais passer un bon moment à observer les montagnes au loin, la mer, même si on se croit plus dans un bassin genre Marennes ou Arcachon, Un peu loin en revenant dans le village je vais aller manger dans un super restaurant sur pilotis, avec le coucher de soleil. Des pêcheurs à pieds, un son de karaoké, un vieux réparant ses filets. Gambas succulentes pour 200 pesos! Je me lâche et me fait plaisir aujourd'hui. Discussion avec un texan et un local. Retour à 10 dans le tricycle à la nuit, une heure où l'on n'est pas assuré de pouvoir en trouver un pour rentrer. Superbe atmosphère, je vais rester là demain pour en profiter encore

Jour 17:

Très bonne nuit dans mon hôtel tout confort. Je prends mon petit déjeuner dans un célèbre établissement de la ville: El Ideal. Au rez-de-chaussée d'un des établissements classé de la ville le lieu semble en pleine rénovation et n'a rien d'exceptionnel vu de l'intérieur. J'y prends juste un petit déjeuner-repas et ne peux donc me prononcer sur la qualité des gâteaux mais à première vue, la carte, l'accueil, tout me semble assez quelconque. Je passe pas mal de temps à essayer d'y voir plus clair pour la suite de mon séjour. Un petit tour à la poste. J'aime bien les postes surtout quand comme celle-ci elle dégage un parfum suranné. Bonhomme un peu lent derrière le guichet. Rien sur les murs ou presque. Des casiers postaux. J'aime bien. Je poursuis ensuite jusqu'au musée Balay Negrense. Pas sûr qu'il soit ouvert en cette semaine sainte mais je suis chanceux. Superbe bâtisse de 1898 en bois, elle est ouverte au public et sera un grand moment culturel pour moi. Quasiment seul à l'intérieur je vais adorer me promener dans le temps des planteurs de canne à sucre VIDEO. Très aérée, par le dessus et le dessous elle semble très agréable à vivre et pourtant tout est ouvert. Pas de climatisation mais des techniques architecturales très étudiée pour faire circuler l'air. Pianos, photos anciennes, chambres bien décorées, vues depuis le premier étage dégagée sur la rue, cuisine, sous-sol servant de garages pour les chevaux... Tout va me plaire. La gardienne, tout en nettoyant un peu les lieux me commente quelques pièces.

Un vrai plaisir...seul touriste en voyage dans le temps. Je m'arrête un peu au marché avaler pour 12 pesos ( 20 cents!) un bol de nouilles aux crevettes dans un petit snack. 3 bananes et je commence la visite de la pink house, Bernardino Jalandoni Ancestral House. Bien moins intéressante que la précédente mais je vais avoir cette fois la visite guidée par une gentille jeune gardienne. Il n'y a pas foule dans ces musées vu le carnet de registre alors cela lui fait peut-être passer le temps plus vite. Un rez-de-chaussée un peu bric à brac avec une exposition de poupées représentant les figures du pays. En fait des barbies et des kens habillés en conséquence. Quelques photos venant d'un ancien photographe de la ville qui a cédé ces fichiers au musée. On y voit les miss beauté locales et d'autres célébrations. Certaines personnes sont encore en vie. L'étage est bien plus intéressant car c'est l'endroit où vivait la riche famille. Un peu le même style que l'autre maison mais en moins classieux. J'y observe l'ancien système pour repasser: une pièce de bois sur laquelle on monte et qu'on roule sur le tissus. Une étonnante glacière aussi. La glace était importée depuis les Etats-Unis et coutait 3500 pesos le kilo, un luxe forcément. Je passe ensuite un peu de temps à me reposer à l'hôtel, car se promener en ville en milieu de journée n'est pas vraiment agréable. Je pensais au début peut-être aller à Bacolod mais je vais finalement rester ici et faire un peu de classement : photos et vidéos, devant TCM et Ivanhoé. Je suis bien. En fin d'après-midi je repars en tricycle vers Balaring. Je me fais déposer à la fin de la route après les restaurants.

Je vais suivre un gars qui rentre chez lui et arriver dans le prochain village dont je ne connais pas le nom. Les gens me demandent ce que je fais là, les jeunes disent " I want your money ". Je ne m'attarde pas et ne veux pas jouer les aventuriers inconscients. La route le long de la mer, enfin le long de la vase..., est en partie en terre et en partie en béton. Ils posent des plaques de bétons, un coup à droite, un coup à gauche, et on ne sait pas trop pourquoi ni comment ils choisissent les parties à rénover. Quelques restaurants sur pilotis, le coin a tout pour devenir un endroit très touristique dans le futur. Le genre d'endroit paradisiaque qui ne le sera peut-être plus dans 10 ans. Un pêcheur fait sécher ses poissons sur le bord de la route. Route elle-même recouverte de filet sur lesquels on peut marcher et rouler. J'observe les belles lumières de cette fin de journées sur les palmiers. Des jeunes boivent et fument sous une maison sur pilotis et m'invitent à boire un verre. Pas question. Des enfants chantent dans un bar vidéoke face à la mer. Bref charmant et dépaysant. Je reviens comme hier à mon restaurant sur pilotis et me régale encore de cette copieuse assiette de gambas aux oignons et au poivrons. Un régal et quelle vue pour le coucher de soleil. Retour assez tôt vers 18h30 car les tricyles sont ensuite un peu rares, la patronne du restaurant m' a d'ailleurs demandé si j'ai pu facilement rentré la veille. Je ne vais pas attendre longtemps et c'est à l'arrière du chauffeur du tricycle que je vais rentrer. Quel plaisir! Sentir le vent, observer la campagne qui défile, les gens en bord de route... Je suis en plein dans mon voyage et vraiment me sens vivre intensément. Arrivé au marché j'erre un peu dans les lumières des motos, dans les fumées des barbecues ou rôtissent les brochettes de poulet. Mes sens se délectent de ce spectacle. Mon hôtel est à deux pas. Je rentre enchanté par ma journée dans cette belle ville.

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DUMAGUETE

Jour 18:

Réveil assez matinal pour éviter les grosses chaleurs, toujours embêtantes quand je me déplace d'un endroit à un autre avec mon gros sac. Je trouve facilement le long de la grande rue un jeepney pour Bacolod. Je demande bien south terminal , le premier gars, celui qui reste accroché sur le marche pied et qui hèle les passants à longueur de temps, honnête, me dit que ce n'est pas possible alors que son patron je pense dit " Ok, Ok! ". Je me retrouve donc assez rapidement à la gare nord de Bacolod. Les tricycles se battent pour m'offrir un spécial ( un prix que pour moi, pour un transport privé...,bien plus cher forcément). Je négocie le prix normal pour le south terminal. J'ai lu un peu la carte du Lonely et assez rapidement je me rends compte que je m'éloigne de la zone. Le gars me laisse finalement pas trop loin, je demande de l'aide aux locaux et prends un petit tricycle à vélo, mon premier. Quand je vois l'effort du jeune homme pour me monter la petite côte avec mon gros sac je ne peux m'empêcher de lui rajouter 5 pesos aux 10 prévus. Dur boulot en plein cagnard. A peine arrivé devant le bus moderne, dans la gare des bus assez bien conçue, je m'achète quelques bananes séchées au caramel et au sésame à l'un de ces vendeurs au panier qui circulent au pied des bus. Pas compliqué ici, on rentre dans le bus, on s'assoie et on attend que l'on vienne nous apporter la facture. 315 pesos pour rejoindre Dumaguete. Ce trajet ne va pas être une partie de plaisir. Très long (7 h) et sans arrêt. Le bus s'arrête bien dans les gares mais comme les gens rentrent et sortent ce n'est pas le type d'arrêt qui permet de se reposer voire de manger. Chaleur aussi intenable; 37 °C , côté vitre, côté soleil et sans rideau efficace pour moi. J'essaye de m'enrouler dans le rideau le plus proche, je me courbe mais je crame de la nuque. Les DVD tournent, V comme Vendetta, Wolwerine Origins je crois, Tango et Cash..

Paysages assez beaux, j'aperçois enfin la vraie mer, et vers la fin , de beaux paysages de montagne, le bus devant les monter puis les descendre. Un jeune gars, entre 20 et 25 ans, s'assoie à côté de moi. Je trouve qu'il me colle un peu et j'hésite à le lui dire. Très avenant il m'aide à comprendre les SMS peu clairs de la fille qui doit me loger à Dumaguete. Il me demande mon tel pour qu'il puisse l'aider. J'hésite mais comme je ne risque rien...je le lui donne. Il m'écrira ensuite me disant qu'il veut bien avoir du fun avec moi ou qu'il aime ma moustache! Belles vues sur la mer et la ville en descendant des montagnes. Des terres au large, peut-être Cebu ou Bohol. L'arrivée en ville sera longue et mon hôte s'impatiente. Arrivé à la gare des bus je vais galérer un bon moment pour trouver où elle habite. Des appels où avec le bruit je ne comprends rien. Des quiproquos. Je vais marcher longtemps en plein cagnard, me perdre, pour qu'elle viennent enfin me sauver en me donnant rendez-vous au mall Robinson, immanquable. Heureux de la trouver elle m'offrira le tricycle pour aller à 2 pas de là. Je me débrouille en général bien avec les RDV et les cartes mais là vraiment les explications étaient trop approximatives pour être efficaces. La maison est habitée par 2 filles et un américain de Baltimore de 33 ans. Je me sens vite en plan et c'est l'américain qui ne m'a pas invité qui va finalement être mon compagnon durant le séjour. Je trifouille mon Lonely mais ne sait pas trop quoi faire. Je vais finalement fuir en ville, tout seul, pour manger. Sans petit déjeuner ni repas de midi je suis affamé et je ne veux pas apparaître comme un ogre lors du repas qu'elles me proposent de partager.

Je vais me diriger assez facilement vers le beau boulevard Rizal et sa promenade qui longe la mer sur environ 800 mètres. Ambiance Royan ou Soulac sur Mer. Un cours de Kung Fu a lieu sur les gazons. Des massages prodigués sous un kiosque offert par le Rotary. Des couples qui se promènent. Encore une fois je remarque la différence d'âge énorme entre ces vieux blancs et ces jeunes et belles philippines. Gênant. Du sexe contre de l'argent comme dit Nick. Endroit très agréable en soirée. Des restaurants pour expat longent le boulevard. Je passe sans m'arrêter. Je vais finir avec les locaux dans un petit snack sous un vidéoke. Très bon et vraiment pas cher. Les jeunes apprêtés et lookés se donnent rendez-vous dans ce lieu pour s'éclater en cette veille de jeudi saint, férié. Je rentre tranquille à la maison mais je trouve la maison sombre et close. Un SMS me donne rendez-vous en ville au Blue Monkey, sur le boulevard. Pas le choix, je prends un tricycle et m'y rends. Bar en plein air de plage classique. Une allemande, un allemand et Mike l'américain d'un côté et Anne et son amie, 22 et 27 ans , de l'autre. Très vite les groupes se séparent. Les filles (une de plus va arriver) trouvent un prétexte bidon pour partir, sur un mensonge. Relations bizarres. On se demande si elles ne sont pas à la recherche du bon parti blanc. Pas très confortable avec ce type d'ambiance. On prendra une autre bière dans un autre bar du coin écoutant avec plaisir des jeunes locaux particulièrement doués pour la guitare et le chant. Ils chantent depuis leur plus jeune âge, cela aide. L'allemand un peu space propose des plans pour les jours suivants, je passe pour le sauvage mais je préfère ma solitude. Retour à pied vers 0h30. Je ne sais même pas où dormir, Anne ne répondant pas à mes SMS. Je vais trouver un matelas sous son lit et m'installer au sol. Pas super confortable comme accueil.

Jour 19:

Réveil en pleine nuit par Anne qui rentre à moitié saoule...et réveil plutôt matinal. Je me prépare assez vite et m'en vais directement faire ma journée. Après quelques achats de pâtisseries, et de fruits dans le pittoresque marché de la ville avec ses étals colorés et sa minuscule " bourse " aux poissons, je vais me rendre au port pour acheter mon billet pour Bohol puis en ville visiter la cathédrale où les chœurs répètent pour les célébrations de la semaine sainte. Non loin de là le parc avec la statue de Rizal évidemment ou encore un clocher en pierre de corail du XVIIIème siècle. Je prends ensuite un jeepney pour Valencia, à environ 9 km de la ville. C'est une jolie petite ville qui se repose proprement et calmement au pied du Mont Talinis. Un parc rectangulaire, longé par des terrains de sport, par les jeepneys et les tricycles, par des shops de restauration...Des avenues tranquilles et perpendiculaires et beaucoup de calme. Voilà ma première vue de la ville. Malgré les demandes répétées des drivers pour m'amener à la cascade, je suis original et veux absolument tenter ma chance au musée Cata-al War Memorabilia Museum, petit musée dans un garage d'une maison privée et traitant de la 2nde guerre mondiale. Je vais d'abord me perdre. En particulier à cause d'un mauvais conseil. Les gens disent parfois oui et m'envoient n'importe où car ils ne doivent pas trop comprendre et préfère dire quelque chose que ne rien dire du tout. Je me retrouve à marcher et à m'éloigner de la ville. Pas désagréable, parfois de superbes maisons, ambiance tranquille, je me sens vraiment en sécurité ici. Retour au point de départ, des questions aux locaux mais personne ne connaît le musée! J'y arrive finalement, un peu fatigué. Le gars est en train de nettoyer son jardin mais s'arrête pour me faire la visite guidée de son antre. Des années de recherches sur les pentes de la montagne locale pour trouver tout ces vestiges de la guerre. Je vais adorer. Le gars, passionné et passionnant, va tout m'expliquer. Comment Hitler s'est servi de l'inflation pour accuser les juifs? Comment la technologie du transistor à vide à permis une avancée décisive pour les Américains dans la guerre du pacifique? Comment il recherche ses objets? Comment identifier chaque objet? C'est passionnant.

Je vois des vestes d'aviateurs américains avec des plans de la France à l'intérieur pour le D-Day, des sabres d'éviscération de Japonais. D'ailleurs le musée est divisé en 2: le Japon, les USA et au milieu le Pacifique. Le gars me prend en sympathie et m'ouvre ses livres, pose devant la mitraillette. Il finit par m'expliquer une chose assez originale: le héros de la nation Rizal, serait en fait le père d'Adolf Hitler. Pas vérifié mais c'est une rumeur qui m'étonne. Il m'explique aussi les aventures de Magellan, mort dans les parages et celle de son esclave qui est le premier homme a avoir fait vraiment le tour du monde. Bref un gars truculent qui mériterait d''être invité en France pour qu'il puisse voir tous nos sites historiques. Je laisse 50 pesos en donation et quitte le bonhomme. Le genre d'endroit, un peu comme le petit musée de la nature tenu par la mamie ( voir Québec) , qui marque. Je voulais absolument voir cet endroit hors des sentiers battus et la visite a confirmé mes attentes. Je prends ensuite un petit bol de nouilles et d'un légume inconnu, mélange de concombre et d'aubergine, dans un petit snack local, à côté d'un pépé, et devant une gai luronne chantant et commentant tout avec un brin de folie. Je me lance ensuite dans ma randonnée vers les chutes de Casaroro. 4 km dit le Lonely. Le problème est qu'il est 1 heure et que cela va monter dur. Je vais me faire doubler par un tas de motos avec des jeunes portant serviettes...plus pour le soleil que pour s'essuyer. Pas besoin ici. J'arrive à une sorte de salle des sports ou des fêtes en plein air où un panneau indique que les armes à feu sont interdites à l'intérieur. Plus loin un pont en construction et un bassin où les jeunes s'entassent. Parfois en tee-shirt, où même complètement habillés. Quelques vidéokés, des shops de moins en moins achalandés au fur et à mesure de la montée. Belles maisons parfois, belles vues sur le mont Talinis et sur les flancs couverts de cocotiers. Les noix de coco s'entassent d'ailleurs assez souvent dans les jardins. Toujours ces gens qui me saluent, me disent bonjour. Très bonne ambiance.

Vers la fin je commence à fatiguer, vraiment chaud et plus rien à boire. La route se termine puis un chemin carrossable continue environ sur 500 mètre. Quelques motos et voitures sont garées là mais presque personne pour ce jour férié où tout le monde est censé en profiter. Paiement d'une taxe de 10 pesos, à quoi sert-elle ? Puis commence la descente de plus de 300 marches assez raides vers le fond de la vallée pour rejoindre une rivière. Un chemin de béton existait avant mais un glissement de terrain sûrement l'a en partie détruit sur la fin. C'est un peu plus compliqué mais en se mouillant un peu le bermuda et en montant quelques rochers on arrive quand même assez facilement à la cascade à 10 minutes du bas de l'escalier. Quel beau spectacle! Plus de 30 mètres, puissante et très beau décor VIDEO. J'adore. Une touriste du coin pose sur un arbre échoué devant son copain, comme pour un magazine. L'asiatique aime la pose, on le sait. Une famille me rejoint. Le père va essayer, sans succès de pêcher au pied de la cascade (baignade interdite évidemment). Pas de chance pour lui, ni pour la nature. Je vais le voir jeter un sac plastique dans le torrent, sans aucun remords. Beaucoup d'éducation à faire pour dépolluer ce pays de tous ces sacs plastiques invasifs. Avec les embruns et l'ombre il fait presque frais au pied de la cascade mais c'est vraiment un plaisir. Je vais finir par trouver un bel endroit pour me baigner, un peu en aval du bas de l'escalier, nageant à contre courant dans une eau délicieusement fraîche. Le pied et je suis tout seul dans ma piscine naturelleVIDEO. Un peu plus haut c'est concours de tee-shirt mouillé avec ses belles philippines qui rentrent habillées dans l'eau. Des sirènes, tout simplement. Je rentre tout mouillé, marche un peu et trouve par chance un jeune conducteur de habal-habal ( moto customisée pour porter 3 personnes) à qui je propose 50 pesos pur qu'il me ramène. Je pense que c'est un bon prix pour lui. Pas de bol, en ville, le dernier jeepney de 17H30 est rentré. Je refuse les offres spéciales des tricycles, pars vers Dumaguete et arrêt au bout d'un kilomètre un tricycle qui m'amènera en ville pour 30 pesos. En fait ici il ne faut pas trop s'inquiéter, il y a toujours un jeepney ou un tricycle quand on le l'attend plus. Je mange ce soir, comme la veille, dans mon petit snack sympa ou le policier -gardien (il y en a partout) m'accueille poliment. Ici je suis un Sir partout. Les locaux n'ont pas tous droit à tant d'égards. Moi quand je rentre dans un endroit c'est souvent un peu l'attraction. Retour à la maison bien avant 20 heures. Seul Mike est présent, les filles ont désertée. Bizarre, je l'ai déjà dit. J'en profite pour faire la lessive, pour voir le courrier en retard et pour me reposer. Bien belle journée dans les environs de Dumaguete.

Jour 20

Bonne nuit. Anne me laisse son lit. C'est un peu gênant d'expulser les gens qui me reçoivent de leur cocon nocturne mais bon...certains insistent alors... La maison est encore dans le sommeil quand je quitte l'appartement. Mike, qui devait m'accompagner, a passé une mauvaise nuit et préfère jeter l'éponge. En ce vendredi saint ( good friday) la ville prend vraiment une autre allure. Quasiment tout est fermé et on ressent un calme très inhabituel pour une ville philippine. Le tricycle, malgré ses efforts ne pourra pas me trouver un jeepney en partance pour San José. Le seul moyen pas trop onéreux sera donc de prendre un bus " grande ligne "qui de toute façon dépose et ramasse les gens n'importe où sur son trajet. Pour 20 pesos je me retrouve donc rapidement à San José, laissé devant 2 habal-habal. Après une courte négociation ( je veux rester là-haut autant que je le veux et ce n'est pas évident pour le chauffeur) je suis le gars le plus sympathique. Une figure locale j'ai l'impression, se faisant un peu chambrer parfois , paraît-il qu'il conduit bien. La route pour monter au Twin lakes commence et est vraiment très belle. Parfois bitumée parfois vraiment chaotique je vais serrer les fesses dans les virages et subir les chocs pendant 15 km environ mais cela vaut le coup. La route s'élève et dégagt de superbes ouvertures sur l'île de Cébu et sur la côte de San Jose . Un peu comme le ferait une route du Var. D'ailleurs le bleu du ciel, l'atmosphère et la vue sur la grande bleue me feront penser plus d'une fois à ces routes de nôtre belle région méditerranéenne. Il suffit de rajouter des cocotiers partout sur les flancs des collines, des paysans avec leur carabao ou portant sur leur tête des quantités énormes d'un végétal que je ne saurais nommer. Un peu avant le terminus on s'arrête au poste d'enregistrement du parc. Il se situe dans un joli cadre au bord d'un charmant lac au bord duquel s'arrangent quelques tables de pique-nique. 2 couples d'allemands sont déjà là; mais comme je le répète, ils sont vraiment partout. Je paye ma taxe 100 pesos et celle du chauffeur et de sa monture 22 pesos. A ce prix je m'attends à un vrai parc national avec les infrastructures qui vont avec. Je vais déchanter. La route poursuit quelques centaines de mètre bien pentus pour se terminer au pied d'un restaurant panoramique.

Quelques habal -habal mais il n'y a pas foule en cette fin de matinée. Je demande au chauffeur de m'attendre, c'était convenu avant. Je n'aime pas trop ces situations où je me sens un peu pressé car gêné de laisser le gars en plan pendant des heures. Mais bon peut-être que les 300 pesos ne sons pas si mal pour sa journée, je ne sais pas. Pas de carte, pas de panneaux, rien juste une petite route longée par un sentier qui descend un peu pour rejoindre le lac. J'arrive alors au bord de l'eau ou se louent quelques (2 ou 3) kayaks assez lourds (100 pesos l'heure) ou un bangka avec son guide pour 250 pesos je crois. Le tout indispensable pour aller voir une cascade un peu plus loin. Il fait déjà chaud, je suis seul, je ne me sens pas lutter contre le soleil dans mon kayak. La vue est belle certes mais rien d'exceptionnel. J'ai bien mieux dans le Massif Central ou dans les Pyrénées. Je demande un peu d'aide et on me dit qu'il fait suivre un sentier qui longe le lac en direction d'une tour un peu plus loin. Je passe devant des tables de pique-nique ombragées qui seront bientôt toutes prises par des familles qui cuisinent autour le poisson qu'ils pêchent ou qu'ils amènent. Bizarre dans un parc de pouvoir arracher la végétation pour faire du feu, bizarre de pouvoir pêcher, de pouvoir creuser pour trouver des vers etc... Un peu plus loin, un peu avant la tour d'observation, je vais même croiser une bande de gars avec fusils et machettes qui fuient à ma vue. Pas très rassurant tout ça, sûrement des braconniers. Je croise 2 retardataires qui je pense ne comprendront rien à mes salutations polies. La tour en elle même, un peu décrépie, en bois parfois cassée, offre une vue correcte sur le lac . On parle de 2 lacs, mais je ne suis pas sûr. Ai-je vu les deux ou un grand depuis une " presque île "? Je ne sais pas, rien n'est indiqué. Je vais marcher un peu vers le sentier suivi par les braconniers, en essayant de ne pas faire de bruit car je n'ai pas du tout envie de les surprendre. Un moment plus tard, ne sachant pas où cela me mène, je reviens sur mes pas. Je prends mon temps, je n'ai pas grand-chose de plus à faire ici. Je vais m'arrêter et partager une table avec une bande de jeunes qui vient ici pêcher en ce jour férié. Des bouteilles plastiques, du nylon, des hameçons, des vers, je vais les voir couper avec un énorme couteau à la Crocodile Dundee et nouer puis pêcher. Supers sympas les gars. Je ne me vois pas en France me lier avec une bande de jeune qui pêche! Ici tout est plus simple, les gens sont si accueillants.

Je rentre lentement, prend un petit repas simple au " restaurant " panoramique qui en fait sert des conserves, des plats déshydratés et quelques plats cuisinés. Mon chauffeur m'attend pour la descente qui sera un grand moment de plaisir. Certes la pente me projette sur le chauffeur, et je passe mon temps à lutter en vain contre la gravité mais la vue est royale. Surtout à partir du moment où il coupe le moteur. Les derniers kilomètres se feront en roue libre, dans le silence. Quel plaisir. La mer, la nature. Vraiment la visite au lac est bien moins intéressante que son accès. Arrivé sur la route je marche une centaine de mètres pour me trouver un endroit pour me baigner. Là juste au bord de la grande route, à coté de jeunes qui monopolisent l'ombre et mes branches d'un arbres pour s'ébattre, au milieu de pêcheurs en apnée ou au filet je vais trouver un bout de plage de corail cassé. De superbes coquillages partout, j'hallucine! Je pense à ma mer qui marche des heures pour en ramasser des biens fades. Là sur 1 mètre carré j'en trouve un tas, d'exotiques et de colorés. Mes sandales au pied je vais me régaler à me baigner ici. Dommage que je n'aie pas de lunettes ou un masque, l'eau est très claire et le snorkeling m'aurait amusé. Je suis sûr que c'est un endroit très quelconque, en bordure de route, mais pour un français, la vue de l'île de Cébu en face, le corail affleurant à la surface et la couleur de l'eau remplissent la dose d'exotisme que tout voyageur recherche ici VIDEO.

Je rentre ensuite tranquillement, arrêtant un bus du bord de la route vers Dumaguete. En ville les abords de la cathédrale sont bondés, les célébrations de la semaine sainte continuent VIDEO. Les gens achètes des cierges, les vendeurs de rues prolifèrent, la cathédrale est pleine et il faut 30 minutes je suis sûr pour que tout le monde puisse communier. De retour à la maison je retrouve les filles qui insistent pour me donner à manger puis qui partent (où???) quand je suis sous la douche. Je vais attendre Mike avec qui je vais passer la soirée au restaurant Jo's, spécialiste du poulet au barbecue, en compagnie de son ami allemande. Pas simple de trouver un restaurant ouvert en ce jour férié. Mac Donald's et Jolibee font le plein. Bonne soirée. Service à la chinoise. No sir, no free, order. Bonne rigolade quand ils font payer 2 fois à Mike qui a réclamé qu'on lui donne le morceau qu'il avait commandé. Tout se réglera bien mais on sent qu'ici, c'est money money. Discussions sur les relations entre les jeunes pinay et leurs amants virtuels ou pas des pays riches. Les Spaces Pussys (tu les vois mais tu ne les touches pas) qui cherchent par le net à se faire entretenir à distance. C'est courant ici. Retour en tricycle et au lit assez tôt, demain je dois me lever à 5h45! Je suis à moitié endormi quand les filles rentrent. Cheryll m'offrira même un porte-clé. Je suis à poil dans mon sac à viande...pas simple de remercier dans les formes. Peu de partages avec ces hôtes mais je me sens un peu redevable après cette dernière attention.

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ÎLE DE BOHOL: TAGBILARAN

Jour 21:

Réveil assez facile finalement et départ vers 6h10 dans la maison silencieuse. Sur le boulevard c'est déjà animé et le soleil est déjà assez haut je trouve. Beaucoup de gens font du sport, du fitness, du jogging. C'est curieusement très animé. Arrivé au port je retrouve plus de touristes que d'habitude. On ne peut pas facilement éviter ces points de convergence, je revois tout le monde plongé dans le Lonely ou échangeant des plans d'hôtels. Moi j'ai appris hier soir que j'étais logé en ville, sur Bohol, à Tagbilaran. Je suis donc soulagé de ne pas avoir à chercher et super content de rencontrer un nouveau local, un nouvel univers. Je n'ai donc pas grand-chose à penser en route. Toujours ces mêmes DVD, celui-là je l'avais déjà vu. Clapton etc...durant les années 90. Je pense à ma situation de voyageur. Je me dis quand même que pour l'instant je n'optimise pas mon break de 6 mois car je fais exactement ce que je fais d'habitude. Rien ne change, sauf les lieux et les personnes. Mais l'esprit reste le même. Je reste persuadé qu'au fond de moi je tue mon temps de manière exaltante certes en attendant que sorte du chapeau du voyageur un projet d'une autre envergure. Le speed boat arrive en début de matinée dans le petit port de Tagbilaran. Arrivée sans stress et bien tranquille. Fel m'attend et m'amène en tricycle dans son bureau. Climatisé, son open space est bien confortable. Il travaille dans un organisme pour la nature avec des collègues de plusieurs nationalités. Très intéressant. On partage un petit-déjeuner et il m'aide à trouver un jeepney pour Antequera, une petite ville à 20 km de là, que je n'avais pas prévue de faire mais qui aujourd'hui se révèle le meilleur choix. Il y a là-bas deux cascades et des grottes. A peine arrivé, une dame sympathique m'aide à choisir quoi faire et me conseille les cascades de Mag-aso à 1, 5 km de là. Le petit bourg somnole, des jeunes préparent une scène pour un spectacle en plein air, les habal-habal attendent le client. Balade sympathique et facile pour rejoindre les cascades. On traverse des rizières bordées de cocotiers par une route paisible.

Point négatif: un premier gamin qui me suit et me dit " give me money ". Puis un gars qui me demande une donation pour le carabao que j'allais photographier. Un peu gênant. Plus loin on me demande une donation pour la route à une barrière pour les voitures. 10 pour un vélo est écrit..je suis à pied et donne un peu à contre-cœur mes 10 pesos. Il faudra y ajouter les 20 de plus à l'entrée des cascades pour enfin être tranquille. Je veux bien donner de l'argent aux locaux mais contre un service. Ce " all money ", qui a déjà pollué pas mal de région du monde ne fait pas forcément, à long terme, de bien à l'économie et à l'ambiance locale. Mais l'argent est nécessaire à court terme pour certains alors...
Bref j'arrive dans ce bel endroit par un escalier, propre et bien organisé, bien mieux que le parc national sus cité. La cascade d'une dizaine de mètres je dirais mais pas en continu crée une zone de baignade circulaire assez vaste qui se poursuit en d'autres plus petites (​VIDEO). Les enfants s'en donnent à cœur joie rivalisant de prouesses acrobatiques. On peut louer des sortes de huttes pour une centaine de pesos mais l'endroit est très restreint. Pas de possibilités vraiment de poser sa serviette. Juste se baigner mais c'est un très bon endroit pour ça. Je vais encore une fois tremper le jean! Un bon moment dans l'eau puis je vais rentrer en ville trouver de quoi manger. Je vais finir dans un snack peu engageant et non " english spoken " du marché me faisant ouvrir les marmites et les plats froids et choisissant à l'œil. Riz, plat de nouilles et coca pour 33 pesos. Difficile de faire mieux. Moi ça me va. Les gars à côté veulent me faire boire du vin , ou me présenter la fille de la patronne qui n'a pas l'air enthousiaste de l'idée de ces clients peu polis. Sorti de là je pense passer le reste de l'après-midi dans l'autre cascade mais demande quand même à tout hasard l'horaire du dernier jeepney.

Oh surprise il est maintenant, à 14H30! Je ne sais pas si c'est un stratagème pour me faire monter dans le jeepney ou non mais le chauffeur et les gens autour semblent confirmer ou du moins ne peuvent m'affirmer qu'il y en aura un autre ensuite. J'assure et quitte donc la ville plus tôt que prévu. Je rejoins Fel dans son office et il me propose de partir au cinéma voir GI JOE. J'accepte volontiers. Le mall n'est pas le plus moderne qui soit mais par contre le cinéma va m'impressionner. De la real 3D qui ne fait pas mal à la tête et qui va me scotcher, le tout pour 150 pesos ( 3 euros). Rien que les bandes annonces et c'est déjà un spectacle. La salle est comble, les gens consomment, se lèvent pour aller aux toilettes. Le film est assez impressionnant et me rappelle ma jeunesse et le dessin animé originel. Pas bien fin mais dans le genre pop corn movie, ça déménage en 3D. Prix intéressants dans le mall mais je ne supporte pas les vendeuses à tous les rayons qui te suivent comme des gardes du corps. A 18 h, les gens se signent et tout s'arrête pour une prière, hallucinant. Retour à l'appartement, petite douche, repos puis nous partons en ville chez Jo's pour que j'essaye le fameux poulet grillé. Je vais me régaler. La découpe du poulet est différente de la nôtre. Le tout sur une brochette et avec riz à volonté (89 pesos) . Un régal, autour de nous des français et des allemands. Nous sommes sur Bohol, très touristique, ne serait-ce que le nombre d'objets de souvenir à l'effigie des tarsiers ou des Chocolate Hills. Très bonne journée et hôte vraiment très sympa. Je n'attendais rien de cette ville mais encore une fois les rencontres font la différence.

Jour 22:

Très bonne nuit. Fel a insisté pour me donner son lit, délicate attention. Après un gros petit déjeuner gentiment offert, il me suit au mall ICM où je vais prendre un jeepney pour aller voir la fondation dédiée aux tarsiers entre Corella et Sikatuna. Rentrer dans un jeepney vide signifie ici qu'il n'est pas prêt de partir. Je vais attendre plus d'une heure, m'occupant à lire mon Lonely,un peu préoccupé par ma prochaine journée vers les Chocolate Hills. Le jeepney me dépose au bord de la route, entre les deux villages, devant le panneau, immanquable, de la fondation. 50 pesos l'entrée , une petite route tranquille dans la forêt, un petit jardin botanique en construction et j'arrive au bout de 200 mètres dans le bâtiment de la fondation. Un guide m'amène de suite dans une partie de la forêt , clôturée, voir les célèbres tarsiers ​VIDEO. Que 3 aujourd'hui mais cela suffira à mon bonheur. Ils les repèrent le matin et ensuite ils ne bougent plus trop. Animaux nocturnes ils doivent être observés avec précaution pendant la journée. Je vais adorer voir ce symbole du pays à moins d'1 mètre. Un corps de rat, des mains toute fines, et une tête pivotante à 360 ° aux grands yeux. Après la visite de ces 3 pensionnaires, chanceux de n'être qu'avec un seul autre touriste je vais observer un film qui explique les particularités de ce primate et lire quelques pancartes d'information. Très intéressant mais ne pas compter y rester des heures. Je vais attendre presque 1 heure un jeepney pour rentrer vers Tagbilaran. La visite de ces petits animaux m'aura prise toute la matinée. Je reprends ensuite un bus vers Baclayon, célèbre petite cité connue pour sa vieille église en pierre de corail et ses sorties en mer pour voir les dauphins. Je vais d'abord manger comme souvent dans un bouis bouis du marché où tout est en train de fermer.

On m'ouvre les cocottes minutes et je choisis légumes et riz. Bon comme toujours, j'espère juste ne pas tomber malade mais pour l'instant tout va bien. Je vais ensuite me promener un peu sur le jetée où les gens se baignent, sautent, jouent au volley-ball sans filet, ramassent des étoiles de mer, mangent des glaces...Des bateaux rentrent des îles proches sûrement pour des safaris d'observation des dauphins. Seul blanc du coin, on me regarde comme toujours, mais je m'en accommode. L'eau est vite très claire et la mangrove n'est pas loin. Des gens pique-niquent, au son des guitares, dans un tout petit parc devant l'église. Bel édifice, la plus vieille église de l'île siège face à la mer de Bohol et montre son originalité par l'aspect de sa pierre de corail, mélange de blanc et de gris. La visite est intéressante. Pas mal de monde. Les gens se signent toujours autant, touchent les icônes et prient. Bel intérieur. Beaux vitraux colorant certaines parties de l'église en multicolore. Traces de vert un peu partout dues à l'humidité. Bel endroit. Je vais ensuite reprendre un jeepney pour rentrer en ville où je retrouve Fel dans son appartement. On passera la soirée comme hier chez Jo's où je vais encore me régaler du super poulet grillé. Passage devant la cathédrale où la messe fait salle comble même en nocturne. Fel me fait déposer quelques cierges dans une min-grotte de Lourdes locale....qui en fait n'a rien d'une grotte. Les gens prient et prient encore. Fel me parle aussi d'une loi qui oblige les municipalités à avoir un endroit célébrant le héros national Rizal. Les étudiants sont mêmes obligés au cours de leurs études de faire un travail sur ce personnage. J'aimerais bien gratter un peu et chercher pourquoi un tel culte envers ce bonhomme. Le Simon Bolivar du pays pour sûr. Retour en partie à pied dans la ville bien tranquille et ma fois assez propre et sympa malgré ce qu'en dit le Lonely. Fin de soirée tranquille. A la télé publique " Philippines got talent ". Sans intérêt. Bonne journée avec pas mal de transport mais encore une fois ce voyage n'est pas une course mais une imprégnation lente et diffuse du cœur du pays.

Jour 23:

Je quitte ce matin Fel qui m' a vraiment fait passer un agréable moment dans cette ville, sinon sans grand intérêt. Je pars ce matin vers Carmen, m'arrêtant d'abord aux célèbres Chocolate Hills. Icones du pays au même titre que les tarsiers. Le bus me dépose au bord de la route. Immanquable. Autant le dire c'est une autoroute pour touristes sur 500 mètres qui va suivre. Refusant les motos, le sommet " panoramique ", visible depuis le bus, ne me semble pas inaccessible et le temps est un peu couvert. Malgré le sac je vais affronter la colline! Taxe de 50 pesos, un peu de route et j'arrive à une sorte de parking circulaire où les mini-vans et les voitures attendent leurs clients. Il y a aussi un hôtel qui doit fournir, le soir, quand tout se vide, une belle vue. Je monte ensuite quelques marches pour arriver au sommet et là...quelle cirque! La plupart des gens font la queue pour se faire prendre en photo en face d'une colline, soit en sautant, soit sur un balai de sorcière, soit en faisant un cœur avec ses mains...VIDEOJe regarde tout ça atterré. Comment peut-on être si malléables et grégaire. Ils défilent tous et font tous la même chose..Il y aurait un st Bernard qu'ils poseraient avec! La vue est originale mais franchement, cela ne vaut pas le voyage. Il faudrait peut-être les appréhender différemment, par d'autres accès ou y venir à d'autres heures. Je préfère la chaine des puys! Dire que j'ai failli venir que pour ça depuis Tagbilaran. Je vais ensuite vite redescendre et attraper un bus pour Carmen où je vais attendre encore pas mal de temps dans le centre-ville quelconque. Les trajets font vraiment parti de mon expérience philippine, mais c'est une superbe façon de voir les habitants.

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TALIBON

Le trajet jusqu'à Talibon va être assez dur pour moi. Entassé dans un bus surchauffé qui s'arrête tous les 500 mètres pour prendre ou déposer des passagers. Vraiment dur, je ne suis pas dans les standards de taille locaux. Trois places ici seraient limite pour 2 chez nous. Alors je pose une fesse sur mon siège, me courbe et attends. Arrivé à Talibon je me fais déposer au soi-disant meilleur hôtel de la ville où je dérange d'entrée la grosse blatte de la salle de bain où l'eau ne coule pas dans l'évier! 600 pesos quand même mais j'ai la climatisation et la télévision. Tout nu et au frais je me repose devant Friends. Ce voyage est parfois usant et j'ai parfois envie de juste me reposer. Un peu d'overdose aujourd'hui de chaleur et de monde. En fin d'après-midi je vais quand même aller voir en ville ce qui se passe. Belle église, je pense en pierre de corail, mais à l'intérieur très quelconque. Longue rue entourée de petits commerces, un petit mall désuet où je prends mon premier halo-halo, attention l'hyperglycémie: bonbons ou fruits confits verts et rouge, glace, lait, corn flakes. Bien bon, je n'ai rien mangé à midi. Toujours mes achats de bananes et de mangue sur les petits stands qui bordent la gare des bus en plein air. Un peu plus loin un grand quai, bordés de bateaux bangka, et assez agréable à traverser avec le soleil couchant. Certains bateaux partent pour Cebu, d'autres pour quelques îles du coin. Très local, pas vu un touriste. Un peu de mangrove je crois au loin. Je remarque aussi des gros ballots d'algues séchées qui attendent sur le quai bien désert. Ici encore j'attire les regards, les sourires et les ricanements! Repas chicken barbecue chez Regina, juste à côté de l'hôtel. Seul client. Surprenant appel ce soir d'une dame de couchsurfing qui m'offre son canapé à Tacloban. J'avais écris à la va vite et sans espoir quelques demandes un peu avant. Je ne comprends pas tout, je ne sais pas trop qui elle est mais je vais accepter.

Jour 24:

Je quitte ce matin la ville pour me rendre à Ubay, non loin de là, en jeepney. Je vais y apprendre que mon ferry pour Maasin n'existe plus et serait transféré à Jagna! Le genre de désagréments qui peut gâcher une bonne journée. Heureusement il y a une autre possibilité, vers Bato, et 30 minutes plus tard que le ferry prévu. Il ne reste plus qu'à patienter plus de 2h30 dans ce lieu qui n'a rien à proposer. J'ai beau faire deux fois le tour des environs du port VIDEO mais je ne trouve pas d'endroit confortable (ie climatisé) pour me reposer au frais. Des marchands de poisson, des vanniers mais pas grand-chose d'autre. Je me réfugie dans une sorte de boulangerie. Les enfants viennent me voir, les gars un peu paumés aussi. J'aimerais parfois avoir un peu plus d'anonymat, mais c'est le prix à payer pour l'authenticité. Un peu d'attente dans le terminal désert, refusant les propositions de trajet en tricycle pour faire 500 mètres à peine jusqu'au bateau. " Walking " disent-ils souvent en rigolant à mon refus. Je rejoins vite les places climatisées mais pour une fois je respire, enfin un transport non bondé. Le bateau longe un peu l'île de Lapinig qui semble bien sympathique avec ses collines vertes puis lentement se dirige vers Bato. Je vais y attendre un peu (encore une gare routière) mon bus pour Sogod, écoutant les chanteurs de vidéoké et observant ces mêmes scènes de vendeurs ambulant, de mendiants, de rires peu discrets. Trajet court mais encore éprouvant. Je transpire de chaque pore de ma peau et observe les locaux, tout secs! On n' a pas les mêmes gènes c'est sûr! Arrivé à Sogod je cherche de l'aide à l'hôtel de ville, il y a toujours un responsable local affrété au tourisme.


Un jeune employé, devant la porte fermé, se propose de m'aider à trouver ma chambre. En fait de m'aider à la trouver il aimerait bien y rentrer. Il m'accompagne devant la porte et souhaite me revoir ce soir pour parler avec ses amis ou revenir ce soir pour me faire quelques massages! Je les attire tous c'est pas possible! Je refuse poliment toute offre et me repose un peu dans ce bel endroit clean qu'est le Regis BnB. Repas sympa à 30 mètres de là dans un petit snack où je discute longuement avec le patron qui se met à ma table pour boire son litre de bière. Il me demande bien ce que je fais là et comment j'ai trouvé l'endroit. Je lui parle de mon soucis de suivre les locaux et mon plaisir à être là. Il me demande aussi si je suis militaire. On me l'avait déjà demandé...bizarre. 55 pesos le repas et les 2 boissons. Que vouloir de mieux? Je lui promets de revenir demain matin. Une journée de transition un peu moyenne, j'attends de trouver un coin qui pourra m'occuper quelques temps sans avoir à débourser des milliers de pesos en sorties organisées. C'est déjà un premier constat du voyage. Les beautés naturelles du pays ne sont pas aussi simples d'accès que dans d'autres lieux. Les transports épuisent et prennent du temps et, depuis quelques jours je n'ai souvent ensuite qu'une envie, me reposer au frais plutôt que de partir explorer en plein cagnard.

ÎLE DE LEYTE: TACLOBAN

Jour 25:

Comme promis je me rends ce matin chez le sympathique restaurateur de hier soir et partage mon petit-déjeuner (riz et oeufs) avec sa famille. Le gars passera devant ma guest house avec sa moto juste au moment où je vais la quitter. Il va me proposer de m'amener en moto à la gare des bus; Vraiment une belle rencontre. Je vais prendre un van pour Tacloban. Sac écrasé, 4 personnes par rangée, pas vraiment confortable et forcément surchauffé. Je vais apprendre un peu plus tard qu'ils n'ont pas le droit en fait de transporter tant de passagers dans le même van. C'est donc écrasé contre la vitre, parfois la tête dehors, que je vais quitter Sogod, sans finalement avoir vraiment vu quoi que ce soit d'intéressant ici. A grande vitesse je vais voir défiler de beaux paysages jusqu'à arriver, 2 h plus tard à peine à Tacloban. Un local m'aide à trouver l'adresse où je dois me rendre et que je viens de recevoir par SMS. Marrant ces jeepneys. J'étais pour une fois assez content, pas trop écrasé. Le gars démarre et commence à faire ronfler les vitesses..mais non c'est pas la peine d'y croire, il fait semblant. Il ne partira pas avec 20 cm de banquette de libre. Et c'est toujours comme ça. Je me fais déposer dans un building qui semble être un tribunal. Pas par l'architecture mais car il est rempli de juristes et de juges. Là commence une expérience amusante. Le premier puis le deuxième gardien me demandent si je suis monsieur Vincent. L'un deux m'accompagne dans des couloirs étouffants jusqu'à une porte. J'y entre et là encore je ne passe pas inaperçu. Des femmes partout en train de se prendre en photos, de s'amuser, autour de leur repas de midi. Un seul homme. Je suis accueilli encore avec tous les égards. Tout le monde m'est présenté, on me pose un tas de questions sur ma venu aux Philippines, on me demande pourquoi je suis encore célibataire à 37 ans, on me fait bien remarquer qu'une des employés est à la recherche d'un mari. Au milieu de bureaux en open space, au milieu des dossiers entassés, et devant le bureau du juge ,qui n'est pas là, je vais prendre mon repas dans cette belle ambiance, tout heureux de me retrouver dans un tel endroit si loin des circuits touristiques VIDEO. J'ai un peu de temps devant moi et en profite pour aller me promener dans les environs. La mer est de l'autre côté de la rue et il y a un petit parc rempli de statues de pingouins, de champignons, d'animaux divers ...et même un igloo!

Les jeunes couples s'y reposent contemplant l'océan, les enfants jouent sur les balançoires. Au loin on voit quelque bandes de terre et la piste de l'aéroport. Je poursuis vers l'hôtel de ville, sur une colline, surplombant un beau petit parc, passe devant des stands de barbecue, par une salle de spectacle en plein air en amphithéâtre quand mon hôte m'appelle . Son aide ménagère est là à l'office et m'attend pour m'amener à la maison. Je me retrouve avec une petite dame au nom de Baby (juste la phonétique...) qui arrête un tricycle jusqu'à quelques rues plus loin. Maison simple dans laquelle j'ai ma petite chambre et mon ventilateur. Très bien. Je file ensuite en ville à la recherche d'un centre d'information pour touristes. Là commence les galères. Je vais aller de déroutes en déroutes. Les gens m'indiquent chacun un endroit différent ; d'abord la chambre d'agriculture où je m'enregistre, attends dans un bureau avant qu'on me renvoie avec une autre adresse en ville, à côté d'une épicerie. Un tour en jeepney, mais sur place, je vais trouver les bureaux de quelques business man qui me renvoient à l'hôtel de ville. Là bas, m'arrêtant un peu avant pour observer de très bons joueurs de volley-ball, je me fais guider encore, me perds et commence à en avoir un peu assez. Finalement je me retrouve à côté de l'amphithéâtre en bord de mer et arrive enfin à ouvrir la bonne porte.

Encore un open space, encore une arrivée remarquée. Tout le monde au petit soin pour moi, on me présente l'équipe, on me questionne, et je questionne à mon tour sur les possibilités d'aller visiter le parc de Sohoton sur Samar, mais juste en face d'ici. Ils appellent l'office local mais mauvaise nouvelle, je suis le seul touriste du coin et il n'y a aucune réservation pour demain. Cela me ferait 2700 pesos (plus de 50 euros) pour moi tout seul pour tout organiser. Les employés font bien leur travail pour me fournir ce qu'ils ont sur la ville. C'est si différents des offices de tourismes classiques. Ici ce sont juste des employés dans un open-space et on vous place devant un bureau. J'aime bien ce côté à l'ancienne et me sens revenir à ce que devait être un voyage il y a quelques années, quand il fallait aller taper aux bonnes portes pour pouvoir espérer visiter quelques choses avec l'aval des officiels locaux. Mais il reste de nombreux endroits où cette bureaucratie, ici joyeuse, se transforme en pénible racket ou interrogatoire, parfois absurde, si l'on s'en tient aux témoignages de grands voyageurs. Très bon moment, plusieurs employées tout sourire me proposent même leurs services pour une visite guidée de la ville. Je rigole en sortant et entends comme à chaque fois les rires, à ma sortie. Pas beaucoup d'actions dans ces bureaux alors quand un étranger rentre, c'est un peu l'attraction. Je me promène ensuite un peu en ville. Pas grand chose à voir mais je vais juste remonter les rues principales, m'arrêtant prendre une glace dans la plus classe pâtisserie du coin...qui reste pour nous français très très banale vu l'aspect pompeux des gâteaux proposés. On m'attend pour manger. Le charmant couple m'accueille très gentiment et je vais passer une bonne partie de la soirée à discuter avec lui, nous faisant servir par Baby, et buvant quelques verres de bières. J'apprends que les salaires journaliers ici peuvent être de 150 pesos, 3 euros! Cela fait réfléchir...moi qui dépense en moyenne 1000 pesos par jour, sans mener la grande vie. Journée donc encore très peu orientée tourisme classique. Je visite simplement des villes normales du pays, rencontre les habitants. C'est le luxe d'un voyage de plus d'un mois. Se perdre et respirer lentement l'air du pays, sans forcer, sans photos, ni guide en poche. Demain, un peu pareil, pas de projets bien marqués.

Jour 26:

Le mari me propose ce matin de partir vers 5 h pour une balade matinale dans les environs. Je sais que je vais avoir du mal à émerger mais je ne peux refuser. Le soleil se lève ici très tôt vers les 5h et se couche très avant 18h. Nous partons dans la ville qui s'éveille vers le Leyte Park proche. Quelle surprise de voir des jeunes jouer au volley-ball, des cyclistes en peloton, alors qu'en Franc à la même heure tout le monde dort! Il faut dire qu'avec les températures on ne peut faire du sport que le matin très tôt ici. Nous nous rendons dans un bel hôtel dans le parc, sur une colline qui surplombe la mer et la ville. Bien sûr on ne voit personne si ce n'est quelques employés. Pas loin un ensemble bars et clubs pour bioutiful people. Un restaurant en bord de mer, un bâtiment pour s'entraîner au tir. Mon guide presse le pas, on repasse un peu aux endroits que j'avais vus la veille, je suis un peu endormi mais je suis. De retour à la maison nous prenons un gros petit déjeuner à base de riz, poissons et omelette. Nous partons ensuite en moto vers Basay, de l'autre côté de la mer, sur l''île de Samar. Très belle virée. Nous traversons le plus grand pont du pays qui relie les deux îles. Belles vues sur les montagnes couvertes de cocotiers et sur la côte et la ville VIDEO. La noix de coco semble être ici un élément essentiel de l'économie locale. Vin de coco, entrepôts de stockage, charbon de coco....Sur l'île de Samar le paysage devient vraiment tropical, avec les rizières, les jungles épaisses et les montagnes, les caves ...Nous arrivons à Basay où travaille le mari. On se retrouve dans le centre de cette petite ville dans une sorte de tribunal. Je vais encore une fois être l'objet de toutes les attentions. Are you single? Et comme à chaque fois...This woman is single..Come on!

Ils veulent à chaque fois me marier, la fille n'apprécie peut-être pas trop ces remarques car ici, ne pas avoir de mari, est assez handicapant d'un point de vue social. Je comprends que l'on parle de moi .J'entends mon âge, mon pays, mes 6 mois d'arrêt, le couchsurfing...Vraiment une bonne ambiance. Encore des open-space avec des secrétaires avec ordinateurs ou machine à écrire, et cela chambre, cela chambre mais cela ne bosse pas trop. Franchement je vais y rester pas mal de temps, observant les gars se tourner les pouces, les femmes se repeigner etc...L'impression de voir 1à personnes désœuvrées. Parfois le boss dicte à une secrétaire qui prend note d'une sorte de sténo qui m'impressionne. Je me promène un peu dans la ville, sous la pluie. La ville reçoit en moyenne 30 visiteur étrangers durant le mois d'avril...c'est dire l'affluence. Toujours ces regards qui me suivent en permanence. Pas grand-chose à voir, des baraques brinquebalantes en bord de mer VIDEO, une église assez belle mais fermée ...à cause des enfants qui chassent les oiseaux et détruisent les plafonds. Nous partons ensuite en moto, avec la permission du patron, vers Marabout à une vingtaine de kilomètres de là suivant la côte. Le paysage me rappelle la région de Krabi en Thaïlande avec ses îlots rocheux. C'est très beau, isolé. Nous nous arrêtons dans un resort dont connait les patrons. Très beau cadre avec une belle piscine face à la mer et à ses nombreux îlots. Nous trouvons même une plage un peu plus éloignée et moins aménagée VIDEO en passant par une ou deux caves d'accès assez faciles. Repas avec les collègues dans un petit snack surchauffé près de l'office à Basay. On veut encore me marier à 3 sirènes locales...Ici l'homme choisit, c'est comme ça! Sur le chemin du retour nous nous arrêtons voir des dames qui tissent à même le sol, à l'abri dans une cave, des nattes colorées.

Un dernier arrêt près du beau golf , vide puis nous rentrons en ville vers 15h. Quelle chance d'avoir pu partager cette virée en compagnie d'un local. Je me sens en ce moment vraiment privilégié. Vue l'heure je vais sauter sur l'invitation pour prolonger mon séjour une nuit de plus. Je n'ai pas vraiment envie de repartir sur les routes après cette déjà longue journée. Il me reste quand même encore à aller visiter le musée sur le général Mac Arthur, en centre-ville et à passer enfin par la poste pour envoyer mes deux vieilles cartes-postales. Les postes ici ressemblent à des banques, avec des barreaux de prison et un air de prison on peut le dire. Je vois les gens s'affairer à trier manuellement le courrier et la dame qui reçoit mes cartes, surprises, regardent longuement les photos en me commentant celle du jeepney surchargé " only in the Philippines ". Un petit tour dans le mall local pur repérer quelques affaires possibles genre sac à dos, gants de vélo, claquettes..mais les prix ne sont pas assez bas pour me motiver à acheter. J'arrive enfin dans l'ancienne maison où séjourna le général Mac Arthur, aujourd'hui tenue par une compagnie d'assurance et anciennement résidence de la famille Marcos. Un peu délabré de l'extérieur je vais beaucoup apprécié ma visite guidée expresse (le musée ferme). Un jeune homme m'ouvre le musée et me résume les choses les plus importantes. Encore une fois assez passionnant, l'histoire de ce général qui chassé par les Japonais jura de revenir " je reviendrai " et signa la victoire due à son débarquement dans la ville proche. On peut voir de nombreuses photos d'époque, l'impact de la bombe qui faillit l'atteindre dans le mur, une terrasse avec vue sur la ville et quelques salles villes qui sont maintenant utilisées pour quelques réceptions. De retour à la maison, je vais encore ce soir être gâté. Pendant que je m'épuise à trouver de la connexion pour essayer de prévoir mes prochains canapés, la dame de maison, qui fait un peu partie de la famille m'avouera le mari, prépare de délicieuses gambas, des calamars, des algues ( jamais testé celle-là!). Liv continue ses cours d'anglais en audio conférence, j'écoute les histoires d'empoisonnement, courantes sur Samar. Je doute un peu de ces dires mais il m'assure que certains adeptes de magie noire ou d'autres réclamant de l'argent pour l'antidote useraient de poison violents sous forme de poudre ou en nous touchant par exemple. Il me conseille par sécurité de ne pas trop toucher à la nourriture non emballées sur Samar et d'être sur mes gardes. Flippant. Je m'endors ce soir dans ma petite chambre très content d'être là, ce n'est pas le cas de leur fils à qui je crois prendre la chambre, qui lui se contentera d'un canapé en rotin! Je ne m'en suis aperçu qu'au réveil. Un peu gênant.

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ÎLE DE SAMAR: ÎLE DE SAN ANTONIO

Jour 27:

Réveil sans fatigue vers 6h. Je commence à prendre un rythme matinal mais je suis encore loin des 4h3O de mon hôte. Après un encore copieux déjeuner à base de poisson et quelques photos et remerciements, je m'en vais quitter cette charmante famille qui m'aura fait passer un très agréable moment à Tacloban. Sur la route du boulot, à l'arrière de la moto, le mari de Liv me déposera à la gare des van, que demander de plus. Enfin un transport confortable: Tacloban-Catbalogan puis un autre van pour Calbayog puis un autre pour Victoria un peu avant Allen, dans le nord de Samar. Bien assis, avec de la place, la clim et de la bonne musique rock US je vais apprécier le long trajet qui dans d'autres situations aurait pu prendre des heures. Parti à 8h30 je serai à Victoria vers 14h 30.
Les paysages traversés sont là vraiment très beaux et dépaysants. Collines recouverte d'une couche épaisse de cocotiers, ponts sur de jolies rivières, puis vers la fin la mer, une côte superbe et des îles au large. Je remarque pas mal de barrages routiers et quelques militaires armés dans certains coins. Le coin est un peu sensible il semblerait au niveau du NPA mais pas de danger pour les touristes. Un petit tour pour 10 pesos et me voilà à l'embarquement des bangpa pour l'île de Dalupiri, proche. Le " port " est tout petit: un abri, une marchande de produits de base, des tas de gars locaux qui attendent ...je ne sais quoi et 13 touristes avec moi . Que des philippins. Parfait on peut remplir le bateau et payer le prix normal 30 pesos.

Moins de 1 euro pour 30 minutes de bateau, pas mal! Bateau en bois, sorte de grande barque avec des flotteurs des 2 côtés. Beaucoup de bambous aussi. Superbes paysages, mer calme. Sur l'île je refuse comme souvent les tricycles qui m'empêchent de réfléchir et pars au hasard vers la droite du petit débarcadère. Un premier resort, bof, 600 pesos et beaucoup de monde je trouve. Un autre un peu plus loin, le Buro, 1200 avec clim , bof , un dernier le Haven complet . Retour à la case départ et route plein sud sur 1km je dirais. Pas grand-chose dans le village, des micros chop comme souvent mais cela reste très simple. Le Crystal Sand Resort, tenu par un suédois, me plait bien plus. Je sens que je vais rester là un moment. Dans ma chambre avec vue sur mer, balcon et ventilateur à 600 pesos . Plage étroite avec snorkeling juste devant le resort. J'y passe la fin d'après-midi avec plaisir, seul puis avec les autres pensionnaires. Très belle vues sur l'île de Samar en face. Soirée à discuter avec des français , en voyage pour 8 et 4 mois. Une jeune prof des écoles en année sabbatique et son ami musicien (voir leur blog) et un couple de retraités de Biarritz. Eternelles discussions autour de nos expériences passées, nos bons plans etc... Toujours bon de collecter des informations et de débattre sur notre passion commune. Bien bel endroit et ambiance très différente de ce que j'ai vécu jusqu'alors ici. Je passe en mode aquatique.

Jour 28:

Très bonne nuit dans cette chambre que j'aime beaucoup, avec mon petit balcon sur la mer, et le bruit du ressac pour berceuse. Réveil vers 8h, la plage est déjà très ensoleillée et l'animation est déjà là. Pas grand-chose à faire pour moi. Je vais partir à pied en ville à la recherche d'un breakfast pas trop cher. Je me retrouve dans le premier resort à droite de l'embarcadère, pour un classique saucisse-oeuf-riz. Seul client ce matin mais peut-être est-il bien trop tard pour les locaux! Je passe un peu de temps ensuite dans la chambre à écrire et à lire avant de récupérer les vélos des deux français démissionnaires. Il faut dire que les montures sont en piteux états et pas du tout adapté...à faire du vélo tout simplement: selle trop basse et défoncée, direction bloquée, pas de frein, pédalier défaillant ( je ne pédale presque que de la jambe gauche). Il est presque 11h, pas forcément raisonnable pour se lancer dans un tour de l'île de 25 km mais je vais le tenter en mode warrior. Les premiers 100 m me découragent assez, je ne me vois pas rester longtemps sur ce clou. Et puis la beauté des paysages va effacer toute douleur. La route fait le tour de l'île et longe la rive VIDEO. Couleurs bleu turquoise, cocotiers...tout pour la carte postale. Dans chaque village traversé on me salue " hey Joe "et on doit rire aussi de mon allure d'handicapé. Le vélo est vraiment un moyen extraordinaire pour voyager et aller à la rencontre des gens. Cela tombe bien...dans moins d'un mois je serai dessus. La route sera en grande partie bétonnée et entrecoupée de parties moins lisse mais très confortables avec un vrai vélo. Chaque village comporte ses petits shops où je prends parfois un coca pour me désaltérer. Beaucoup de poissons sèchent sur des claies végétales, la pulpe de coco ou les coques seront directement sur la route. Baignade paradisiaque pour moi sous mon cocotier VIDEO. Un peu de snorkeling mais je ne dois pas être au bon endroit, pas assez de fond pour nager. La première moitié je dirais du tour en partant vers le sud est la plus belle. La fin sera plus ombragée avec moins de vue sur la mer. Ombre appréciable tant je souffre maintenant des fesses et de la chaleur. Je vais accélérer dans les 3 derniers kilomètres, achetant quelques vivres à San Antonio, pour me réfugier dans ma chambre...en surchauffe! Tout nu, je m'arrose comme une plante grasse et me repose. 14h-16h: pas bon se frotter au soleil des tropiques. Je vais d'ailleurs ce soir recroiser Baptiste et Alexandra, le jeune couple de français, particulièrement rouges! Je vais passer la fin de journée à faire du snorkeling devant le resort. Pas le plus beau mais franchement c'est un bonheur: étoiles de mer géantes, poissons colorés, gros oursin et des coraux. Pas de courant, eau super chaude mais aussi très salée et corrosive. Pas grand-monde autour de moi: une famille philippine qui me propose de partager un beau plateau de fruit. Du balcon de ma chambre je passe le temps à observer ce beau paysage. Vraiment un super coin. Soirée tranquille à discuter au restaurant du resort, patron super sympa. Coupure de courant: le voisin coupant un cocotier à couper une gaine électrique! Pas gênant dans une telle ambiance. Autour de moi deux couples " 40 ans d'âge " (différence entre le vieil allemand et la jeune locale) mangent sans rien dire, ils ne se parlent pas tout simplement . Pathétique!

Jour 29:

Rendez-vous à 7 heures philippino time, soit environ 7h45 pour un départ pour une journée snorkeling dans les Seven Islands, à environ 1h30 de bateau. 5 touristes, le patron du resort, suédois et super sympa, un marin et un cuisinier tout droit sorti d'un film de pirates: moustaches, cheveux longs, typé. D'ailleurs ils le surnomment Johnny Depp ou Jack Sparrow! Boucan d'enfer dans ce bateau bangka, perd un mois d'audition pour mes vieux jours. Le bateau redescend d'abord la côte est de notre île puis met cap vers l'ouest. Je revois avec plaisir les endroits visités hier à vélo, la belle côte couverte de cocotiers et les villages tranquilles la bordant. Mer peu agitée et trajet agréable et panoramique. Des îles un peu partout au loin dont je ne saurais dire les noms. Nous faisons notre premier arrêt dans une petite localité charmante. Les enfants se précipitent sur le bateau, nous saluent, grimpent et sautent, sourient et semblent les plus heureux du monde. Il y a dans ce pays une joie de vivre unique. Comment vais-je retrouver mes compatriotes grincheux? Il faut que je garde en moi ces images de paradis. Paysages magnifiques, beautés des gens, l'âme se repose ici dans ce petit coin de paradis préservé. On visite un peu le village, entre les fèves de cacao et les noix de coco qui sèchent au soleil. C'est tranquille et apaisant : des bateaux de pèche locale un peu partout et une eau limpide VIDEO. Nous repartons pour pas bien loin, dans le baraguay de Sila pour notre destination finale. Endroit encore une fois paradisiaque VIDEO. Lorsqu'on débarque on est tous frappés par la carte postale qui s'offre à nous. Une des images d'Epinal des Philippines: le bateau, la plage de sable blanc et l'eau limpide et d'un bleu profond, les cocotiers. Petit abri bétonné mais au toit en nipa, une petite hutte qui est habitée par une famille et dont le mari coupe des noix de coco un peu plus loin. Pas un bruit et nous serons les seuls aujourd'hui. Que dire des fonds? Assez merveilleux je trouve. Il ne manque que de gros poissons, des tortues et des requins pour que ce soit parfait. Mais quelle profusion de poissons et de coraux différents. En particulier sur les deux petites îles proches que nous rejoindrons à la nage malgré un léger courant. Sensations de plongée avec des murs à pics recouvert de végétation , parfois une grande profondeur sous mes palmes mais la sensation de nager dans une piscine ou un aquarium géant. On nous prépare de bons burgers pour le repas, que l'on apprécie forcement vu l'endroit. Sentiment d'être aujourd'hui vraiment privilégié et si loin de la France. Cerise sur le gâteau: des dauphins nous rendent visite sur le chemin du retour! Certes on n'est pas dans la richesse animale du Costa Rica ou des Galápagos mais il y a ici une authenticité et un accueil qui ajoutent un plus à toute sortie. Quelques coups de soleil malgré mes précautions mais là pour un premier soleil de l'année, difficile d'y échapper. Retour vers 17 heures au " resort ", toujours aussi paisible. Cela va être dur de partir d'ici!
Soirée à discuter avec mes collègues français, échangeant photos contre vidéo Gopro, échangeant idées et futurs projets. Un couple charmant et plein d'ambition.

LES BONS PLATS DES PHILIPPINES

Jour 30:

Une journée de repos total. Je pourrais partir d'ici et reprendre la route mais je suis tellement bien ici et surtout je n'ai pas trop envie de reprendre le sac et les transports en commun. Mon programme est très simple: manger, snorkeling et repos. Je pars en vélo dans le petite village de San Antonio à la recherche de pancit ( nouilles) et j'en trouve un plat ! Très bon pour le petit-déjeuner et très local. Je vais même revenir pour le repas de midi. Avec mon vélo pourri je ne passe pas inaperçu et comme la plupart des quelques touristes de l'île restent dans les resorts...je suis tranquille. Quelques femmes alcoolisées chantent et mettent l'ambiance devant une télévision transformée en vidéoke VIDEO. Elles posent pour moi, veulent que je chante et une veuve s'assoit même à ma table en me demandant mon âge, mon téléphone etc...Sacré ambiance. Je teste une sorte de pâte de patate douce dans une feuille et aussi une autre pâte à base de riz dans une autre feuille. Quelques légumes, des bananacue et je m'en sors bien moins cher que dans le resort où je me suis arrêté en venant mais où les prix et tous les jeunes présents ( homo ou filles chantant à ma vue..Call me maybe!) m'ont poussé à aller voir ailleurs.
Lecture, soleil, plage dans mon endroit un peu désert , j'adore(VIDEO. Autour de moi des vieux allemands et anglais et leurs très jeunes copines. Je ne m'y fais pas et les observe toujours un peu curieux. Margareth Thatcher est morte, l'anglais ici présent semble très loin de son pays et peu concerné.
Bien belle île en tout cas et j'espère bien trouver de telles ambiances pour ma dernière semaine.
Patron super cool et très avenant, resort à l'ambiance familiale qui me convient très bien. On se sert son café, on emprunte les vélos ou le matériel de snorkeling, on sent bien qu'on est loin du money money d'autres lieux. La patronne branche le vidéoke et c'est parti pour son concert, de qualité j'avoue. Brian Adams, Robbie Williams et bien d'autres standards plus ou moins récents.

Jour 31:

Un peu la flemme de me lever à 5h30 pour voir le sunrise depuis le balcon. Je passe juste une tête hors de la fenêtre dès le premier jour puis me replonge dans mon sommeil pour quelques heures de plus. Alors que Karl, le patron, part pour son tour dans les 7 islands, je quitte le resort en remerciant la patronne d'un tel accueil. Leur slogan " a place to remember not to forget ". Ils n'ont pas faux. Dernière marche tranquille jusqu'au port où je paye ma taxe de 2 pesos et attends (seul touriste) au milieu des enfants et des locaux mon bateau pour Allen. Je ne le savais pas mais il n'est pas nécessaire de passer par Victoria pour rejoindre San Antonio. Le bateau se charge, on place même une moto à l'avant et c'est parti pour 30 minutes de croisières relaxante. Près des côtes on voit le fond grâce à cette eau translucide.

VIDEO SAN ANTONIO en musique.

Arrivé à Allen je n'ai qu'à faire 30 mètres pour acheter mon billet et foncer dans le ferry proche qui commence à se remplir. Rien de spécial. Mais peu de monde je trouve. Les banquettes vides permettent à bon nombre de passagers de dormir. D'autres observent avec foi des petits films typiquement philippins. Histoire d'homosexualité, de famille pauvre où le père bat ses enfants....Très pathos et vraiment sirupeux et forcé par moment. Le gars à côté de moi, un missionnaire, converse tant qu'il peut avec moi et me file même son numéro de téléphone en cas de problème à Naga. Pas de drague cette fois je crois. L'arrivée à Matnog est très belle, le bateau passant entre de toutes vertes et sauvages îles. La ville n'a rien de spécial, je ne vois d'ailleurs que l'accès à la gare des jeepneys, proche. Un peu d'attente comme toujours et je file à Sorsogon , la grosse ville du sud de Bicol.

PLUS DE PHOTOS DE SAMAR

ÎLE DE LUZON: DONSOL

Très beau cadre vraiment avec des montagnes qui se détachent au dessus de champs et de rizières. Encore une fois le timing est très bon et je saute littéralement dans le bus pour Legazpi qui, encore une fois bien vide, me déposera à Tipiao pour prendre un dernier jeepney pour Donsol. Un jeepney tuning avec dance à fond et miroirs. Ouf! Environ 8 h pour faire tout ça. Une journée de transport qui n'apporte rien mais qui finalement fut assez confortable. Dans Donsol, sans plan, j'erre un peu pour trouver une guesthouse à 400 pesos la double sans SDB , Santiago , en plein centre. Deux touristes qui m'annoncent avoir renoncé à la sortie d'observation des requins baleines, l'unique attraction de la ville. Il semblerait que personne n'en ait vues depuis plusieurs jours et qu'avec 30 bateaux sur une hypothétique baleine....on imagine le spectacle. Je pars à pied pour confirmer ces dires, vers le centre de tourisme, à environ 30 minutes de marche du centre par une route longeant des rizières et des resorts de l'autre côté. Contraste assez édifiant. La plage n'a rien d'extraordinaire et sans la présence de ces animaux, la région serait déserte je pense. Arrivé là-bas dans les temps ...je trouve porte close. Quelques renseignements avec les 2 ou 3 agence de plongées pour me convaincre que la saison n'ayant pas commencé...je préfère garder mes 30 euros pour autre chose. Une visite dans le cyber café du coin confirmera mes doutes, vu le nombre de touristes déçus par l'absence d'interaction. Je n'en veux pas du tout à dame Nature, je trouverai un jour, dans un autre pays, d'autres occasions. Pas grand-chose à faire, il doit être 18h et je n'ai dans le ventre depuis ce matin que 2 chocomucho (barres chocolatées au beurre de cacahuète), quelques chips, un petit pain et un banana cue. Je fais un tour vers le marché central autour d'un terrain de jeu où se disputent un match de volley-ball et un match de basket. Je trouve le niveau bien bon en volley: pas de chaussures mais des claquettes, un ballon qui est de foot je crois VIDEO. Et ils s'envoient de ces missiles! Pas sûr que je pourrais tenir l'échange avec eux. Ville tranquille, les touristes sont plutôt dans les resorts près de la plage et donc l'atmosphère de la ville reste authentique à première vue. Il va maintenant falloir trouver un plan pour demain, quitter la ville pour Legazpi , c'est certain.

LEGAZPI

Jour 32:

Pas trop de problème ce matin pour trouver un van pour Legazpi. Le chauffeur force le remplissage comme toujours mais je m'en accommode, n'ayant pas la pire place. L'arrivée à Legazpi est marquée par la présence du volcan Mayon, merveilleux il faut le dire et me rappelant l'Arenal du Costa Rica. Aussi dangereux l'un que l'autre. Cône quasi parfait, plus de 2400 mètres d'altitude. Cela en impose depuis le niveau de la mer. Le van passe près de l'aéroport et de la colline je pense censé offrir une vue merveilleuse sur la ville et le volcan. Un peu loin du centre, je n'irai pas. Je vais loger près du Mall LCC dans le bel hôtel Legazpi Tourist Inn. 600 pesos et une belle chambre nickel avec ventilateur et salle de bain. Un peu de repos et je vais me rendre ensuite à Cagsawa, non loin de la ville pour admirer la vue sur le volcan et les ruines d'une église où 200 personnes moururent ensevelis lors d'une éruption. En route un terrible accident ralentit la circulation. Un camion qui a renversé un motard qui git au sol inconscient, peut-être mort. Assez choquant. Le jeepney me dépose à 500 m du site que je rejoins facilement par une route aisée. Mon voisin, un pépé tenant son poulet, continue...L'arrivée choque un peu par la quantité de magasins de souvenir (orchidées, nourriture, couteaux et armes, artisanat...) et le ballet des vans. Je m'y installe pour manger et avaler un halo-halo qui augmente ma dose de sucre de 200 % . Ruines quelconques mais la vue sur le volcan Mayon est vraiment superbe et l'ensemble est assez photogénique VIDEO. Pas simple par contre d'arriver à avoir le site pour soi tant il y a de monde. Là aussi les gens aiment poser en sautant ou en pointant du doigt le sommet du volcan. Autour c'est bien plus calme: rizières, carabao, vache et enfants qui trichent en passant au-dessus d'un mur pour rejoindre les petites piscines qui jouxtent le site. Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs.

Le volcan bien observé, je rentre en ville pour rejoindre la colline du Lion endormi où l'on est censés avoir une belle vue sur le port. Je passe par le nouvel endroit commercial du coin : l'Embarcadèro, pas encore fini mais qui par endroit me rappelle le Greenbelt de Manille, en bien moins chic tout de même. Belles vues sur le port et le volcan mais je n'irai pas plus loin. Les gardiens me disent que l'accès à la colline est désormais privé. De toute façon avec la chaleur, j'avais moyennement envie de monter là haut. Cela ne semble pas bien haut ni impressionnant mais en plein cagnard et en sandale, rien n'est facile. Etonnant comment le contraste est marquant entre les magasins locaux des rues et ces grands malls. On dirait qu' un siècle les séparent. Je vais ensuite me rendre à l'autre mall, le Pacific, ayant bien envi de me refaire une séance de cinéma. Mall moderne mais pas encore trop de marques internationales et la touche asiatique est bien là, et c'est tant mieux. Je m'amuse en particulier dans la partie des jeux où l'on est en plein dans le cliché de la jeunesse déjantée. Cela chante VIDEO, danse, s'amuse beaucoup dans une atmosphère bien sucrée et colorée. Marrant encore comment je fais marrer pas mal de vendeuse...qui n'osent souvent me répondre je pense à cause d'un niveau assez faible en anglais pour certaines. Je sais qu'on parle de moi alors je rigole et elles rigolent encore plus. Le film sera Oblivion pour moi, avec Tom Cruise. Un genre de Solaris bien fait même si je n'ai pas tout compris. Quelques locaux parlant à voix haute, s'amusant avec leur téléphone...d'ailleurs ils ne resteront pas tout le film tant mieux. Salle moins impressionnante qu'à Tagbilaran mais c'est agréable de faire une pause au frais. Repas un peu lourd dans le food hall avec un steak Salisbury qui ne contient pas que du bœuf c'est certain! Retour tranquille vers 20 h . Agréable de se promener tout seul dans ces rues peu éclairées. Commence parfois à penser au retour et ces moments vont me manquer. Bonne journée pas très riche au niveau découverte mais je ne pouvais pas manquer la vue de ce volcan superbe.

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PENINSULE DE CARAMOAN: PANIMAN

Jour 33:

Très bonne nuit dans mon hôtel confortable malgré la blatte récalcitrante...que je n'ai pu réussir à chasser. Je vais rejoindre aujourd'hui la péninsule de Caramoan, pas si loin de là à vol d'oiseau mais je connais un peu le rythme des jeepneys alors autant partir tôt. Pas moins de 8 changements pour arriver à destination!

Dans l'ordre: tricycle pour la gare centrale ( 25 pesos) , van pour Tabacco ( 50 pesos) , van pour Tiwi, jeepney pour Tigaon (75 pesos), jeepney pour Sabang (50 pesos), bateau pour Guijalo (120 pesos + 10 pour les porteurs) , tricycle pour Caramoan (20 pesos) , habal-habal pour Pintuman (5O pesos). Environ 9 heures de trajet! Que dire..? Belles vues sur le Mont Mayon durant la première partie du transport. Longue attente à Tiwi dans le jeepney vide. Les gens arrivent très longtemps à l'avance puis attendent, partent acheter une glace ou de quoi manger puis reviennent. J'ai fait un peu le tour de la gare routière et franchement pas moyen de trouver un coin sympa pour attendre alors...Chargement classique: poulet vivants, marchandises pour les petits magasins des villes secondaires voire des bords de route. La route vers Tigaon est très belle, avec des vues plongeantes sur la mer et des îles au large. Que faire sinon observer le spectacle permanent de tous ces enfants et même des adultes qui me saluent et me sourient. Je reste captivé parfois par la beauté de quelques femmes ou enfants. On dirait un jardin d'Eden. Il y a vraiment un truc à part dans ce pays, comme une pureté qui se dégage de ces gens. Le dernier jeepney sera presque vide mais rempli d'un bloc de glace prenant toute la place. Pas d'isolant, juste de la glace recouverte d'une bâche..par 35 degrés! A Sabang je me retrouve dans un port qui n'en est pas un . Juste une plage, un abri en nipa et un petit snack où je vais attendre 2 heures. 3 ou 4 bateaux attendent amarrés et occupent les enfants qui y passent des heures à nager, grimper, sauter. J'observe un peu le rythme de travail de ces gens. Beaucoup attendent. Ils passent leur journée à tenir un cahier ou récolter quelques taxes de passages. Puis ils dorment. Ils ne doivent pas gagner beaucoup tout de même. Les porteurs (avec le tee-shirt " porter ") sont tout de même plus actifs, ils aident à décharger et à charger les passagers car la montée à bord est un peu périlleuse sur ces pontons flottants posés sur des bidons. Immergés jusqu'aux épaules ils nous tractent et aident à monter à bord pour 10 pesos.

Pas simple non plus de se glisser dans les ouvertures pour trouver une place. Et encore le bateau est très peu rempli. Environ 2 heures de trajet très agréable malgré la petite houle qui m'arrose un peu parfois. Vues superbes sur le Mt Isarog puis sur le Mt Mayon. Me rappelle un peu l'arrivée sur la péninsule de Corcovado au Costa Rica. Berges sauvages avec beaucoup de jungle mais aussi quelques pans de collines herbeuses façon Irlande. Des petits villages de pêcheurs ...et aussi une ligne basse tension qui court le long des collines tout le long du rivage. La seule chose ayant changé ici depuis la mer les dernières décennies. Une petite île avec des cottages en nipa...mais personne dessus je crois. L'arrivée à Guijalo se fait par un petit port plus développé que le précédent mais encore charmant avec tous ces bateaux en bois colorés. Je trouve de suite un tricycle à partager pour me rendre à Caramoan à 10 minutes environ. Arrivé en ville je suis un peu déçu. C'est juste une ville quelconque et je n'a pas trop envie d'y rester 2 ou 3 jours. Première chose dans ces cas là. Trouver l'office du tourisme donc en général l'hôtel de ville. J'y arrive facilement (la ville n'est qu'une rue ou presque) et tombe sur la préposée au tourisme je pense en train de débaucher. Elle va quand même bien m'aider et me conseille de me rendre au village de Paniman proche et au bord de la mer celui-là. Le trajet en moto est superbe et là je commence à comprendre l'attrait de la région: falaises calcaires, champs très photogéniques, enfants partout, rizières....Un bien bel endroit. Je me retrouve vite au bord de l'eau. Pas très développé mais déjà touristique (marchand de souvenirs!). Je trouve tout heureux une chambre pour 300 pesos aidé par le premier resort plein. Petite balade sur la plage au milieu des bateaux de pêche et de ceux réservés aux excursions pour touristes. Autant j'étais seul la journée dans les transports autant je recroise ici un peu de mes collègues. Mais cela reste dans ma limite de tolérance. Pas grand-chose à faire. Marcher sur la plage VIDEO et observer les ilots rocheux. Sympa mais pas paradisiaque quand même. Passe un peu de temps avec des français et des américains avec qui je me verrais bien partager un bateau demain pour partir en excursion dans les îles. Les bateaux coûtent entre 1500 et 2500 pesos pour les excursions. Promenade dans le village où le spectacle des habitants est le seul intérêt. J'imagine que depuis que les émissions de télé de Koh Lanta se tournent parfois ici , l'ambiance a du changer. Pourtant l'anglais est très peu compris la communication peu aisée. Mais tant que les enfants sourient, tout va bien. Soirée sympa dans ma petite chambre, me battant avec un crapaud pour qu'il ne rentre pas dans mon lit (VIDEO 1 et ​VIDEO 2)et écoutant les jeunes d'à côté s'amuser devant la télé (c'est une chambre chez l'habitant). Je profite à fond de mes dernières ambiances nocturnes dans ce coin assez reculé.

Jour 34:

Rendez-vous ce matin au Breezze and Waves pour prendre le petit-déjeuner et partir en excursion dans les îles voisines de Malorod.

Les deux américains de hier et un couple de coréens. La plupart des touristes choisissent ici entre le 1500 ou le 2500 pesos. Nous prenons le petit circuit vers les îles proches de l'est du village. Le prix est partagé (jusqu'à 7 personnes) et comprend l'attente du pilote. Tout commence bien avec de belles vues sur les îlots calcaires et les resorts du coin et je repense tout de suite aux îles vers Krabi en Thaïlande. Arrêt sur une superbe île avec un isthme de sable blanc au milieu. Quasiment personne, un peu de snorkeling (moyen) mais quand même un très beau paysage. Puis nous partons vers une île en face où là vont commencer les déceptions. Des tas de bateaux vont arriver pour en faire un coin très peu idyllique. Vendeur de noix de coco à 25 pesos, vendeur de coquillage, déchets cachés par ci par là, tags sur les rochers...Bref on n'est pas les premiers. Pas grand chose à faire si ce n'est une petite escalade vers pour atteindre un petit lagon d'eau saumâtre qui se remplit lors de certaines marées et par ruissellement. Sympathique mais rien d'exceptionnel VIDEO. On va ensuite un peu s'ennuyer, attendant la marée pour repartir. J'observe tous ces touristes (que des asiatiques quasiment) avec leur gilets de sauvetage, leurs masques (?) et leurs pochette avec leur téléphone autour du coup VIDEO. Certaine même prennent des photos avec leurs ipad. Franchement j'ai beau être au bout du monde ...je ne trouve pas ici d'émotion particulière. Je deviens allergique à ces endroits. Je pensais, d'après mon guide, éviter ces hordes en rejoignant la lointaine péninsule mais ce n'est pas assez loin encore.

Et tout ça à cause d'une émission de télé réalité! Je préfère mes montagnes, c'est triste à dire. Car l'argent ne sert à rien, l'effort physique et l'engagement permettent de se retrouver seul. Les coins les plus loin de chez moi, s'ils sont accessibles en bateau, bus, avion, train ou avion...finissent toujours par être colonisés par le touriste envahisseur. Je ne sais pas à quoi va ressembler l'Asie du sud est dans quelques années mais je suis pessimiste. Ces pays qui ont fait rêver tant de routards risquent d'en décevoir certains.

On continue par une autre petite île et sa petite plage, juste devant un resort qui semble bien désert. Un peu de snorkeling mais surtout l'observation des asiatiques posant comme des stars un peu partout. Pour la dernière île on jette l'éponge et préférons rentrer. Bref un coin certes sympa et d'un bon rapport qualité-prix (300 pesos + 150 pour le masque et le tuba) mais qui ne vaut pas pour moi le voyage. Où alors est-ce parce que j'ai le sentiment d'avoir déjà vu ça en Thaïlande?

Une bonne douche et je me repose vers 16 h dans ma petite chambre, enfin au milieu des locaux, avec les enfants qui sourient et les plus grands qui m'assourdissent avec leurs jeux vidéos! Demain je quitte le coin pour Naga. Petite promenade vers la sortie du village VIDEO. Un peu de mangrove en bord de route puis des rizières au pied des falaises. Petite maison en nippa au milieu d'un d'entre eux, pas un bruit, un carabao et son aigrette. Un coin de paradis vraiment. En soirée ils installent quelques bancs et un vidéoké portable sur la plage et c'est parti pour le concert. J'avoue que je suis ébahi par la fraîcheur de cette scène. Les fille s qui chantent avec leur cœur , les gars derrière de l'autre côté qui boivent quelques bières. Ambiance si sereine, je suis vraiment sous le charme de ce peuple. Qu'en sera-t-il dans 10 ans quand la route mettre la coin à 2 h de Naga.

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NAGA

Jour 35:

Réveil à 6 h sans forcer. Ici tout le monde semble déjà levé ​VIDEO et je n'ai aucun mal à trouver une des filles du propriétaire de ma petite chambre pour payer mes nuits. Rendez-vous à 6H45 au Breeze and Waves où nous partageons un tricyle pour rentrer au port. Très bon accueil de cet hôtel au personnel charmant et que dire de son tangigue (poisson) au beurre, un délice. Plaisant de voir défiler le panorama depuis l'arrière de la moto. Petit arrêt à l'église de Caramoan, à la belle façade en pierre rouge puis nous voilà au port où nous partirons vers 8h. Ambiance tranquille et embarquement nécessitant un peu d'équilibre. Beau coin. Trajet tranquille jusqu'à Sabang où je trouve un van (100 pesos) pour Naga. Quelques belles vues sur le volcan Isarog mais moins impressionnant que le Mayon. A Naga je trouve un bel hôtel juste devant le terminal des bus CBD Plaza Hotel (600 p, AC) . Rien à faire dans cette ville un samedi après-midi où les 2 petits musées du guide sont fermées. Je me renseigne et pour trouver un bus pour demain vers Tagaytay, en fait un Naga -Manille avec descente à Santo Thomas pour trouver une correspondance. 680 pesos. Petit repas dans la gare routière, jamais déçu par le pancit-riz-bouillon à 35 pesos! Petit passage en ville jusqu'à la Place Rizal mais je ne trouve vraiment rien à faire à part respirer les gaz d'échappement. Arrêt comme souvent dans les derniers refuges urbains: les églises. Mais après avoir vu quelques fidèles toujours très sérieux prier ou toucher la vierge, je quittai les lieux pour le grand mall et m'offrai un 3 ème film dans un super cinéma: Olympus has fallen, un piège de cristal bien violent mais assez facile à comprendre et spectaculaire. Petit tour ensuite dans cet ultra moderne mall où l'électronique se vend à foison. Je m'essaye à errer un peu mais le comportement des vendeurs m'exaspèrent .Ils veulent me vendre tout et n'importe quoi dès que je regarde quelque chose. Pas du tout mon style. Je fuis et passe la fin de journée à l'hôtel devant ma petite télé. Marrant comme dans les sous-titre ils remplace hell par heck et comme tous les " f..k " sont remplacés par des silences.

TAGAYTAY

Jour 36:

Gros transfert aujourd'hui, je quitte Naga vers 8 h dans le bus Anihan qui part vers Manille. Le chauffeur va nous passer l'intégrale d'un héros local Robin Padilla, un Chuck Norris philippin. Films un peu datés et aux effets spéciaux amusant. Des méchants qui se tronçonnent, des meurtres partout, de la boxe et parfois des bons sentiments. Les méchants ont des têtes à faire peur de rire. Paysage pas bien exaltant, parfois on longe un peu la mer mais le reste n'apporte rien. Je me fais déposer à Santo Thomas vers 16H déjà fatigué par ce transport inintéressant. Commence ensuite quelques galères pour trouver la route de Tagaytay. J'étais censé trouver un bus direct. Il va me falloir prendre un jeepney vers un 7 eleven , en direction de Manille . Puis un autre vers une ville de la baie Laguna puis enfin un dernier pour Tagaytay que j'atteins la nuit tombée. Pas si simple de trouver un hôtel non plus. Je me renseigne mais soit les gens ne savent pas soit ils me proposent 1000 voire 1500 pesos. Comme souvent je m'en remets à la police qui sont souvent de bons conseils. Les deux gars se renseignent et me proposent de m'emmener dans la voiture officielle! Bonne expérience. Ils vont me conduire dans une rue perpendiculaire à la route qui longe la crête du volcan, où je pourrais trouver dans mes prix. Ils m'accompagnent jusqu'à une chambre plutôt sympa mais la dame en demande 1000 pesos. Je la négocie à 600 ce qui est une bonne affaire par ici. Au-dessous de la chambre de nombreux chevaux qui serviront à faire quelques promenades pour voir le volcan. Repas dans un des rares snacks des environs d'un boeuf teriyakee que je ne peux mâcher!

Jour 37:

Je quitte la chambre assez tôt et m'engage avec mon gros sac dans une aire aménagée proche , avec balades à cheval, zip-line, cottages et surtout, ce qui m'intéresse et qui me coute 50 pesos: une vue sur le lacTaal. Pas mal de touristes déjà à l'heure où les magasins ouvrent à peine. On sent que le coin du lac Taal est très très touristique avec prix en conséquence. La vue est belle: je vois la petite île et le volcan et je compte bien y aller dans la foulée. Un petit sentier appelé pompeusement écotrail parcourt 500 mètres entre deux points du parc mais n'apporte pas grand-chose ...et le sac commence à peser. Je m'arrange ensuite pour trouver un jeepney pour aller à Talisay, lieu où les bateaux partent sur l'île du volcan. Un changement puis je me retrouve en bord de route devant un jeepney vide qui n'est pas près de se remplir. La ville est à 7 km mais je ne vois pas un touriste à l'horizon. Ils doivent y aller en van où par d'autres moyens. Le gars me propose un special trip à 800 pesos, un autre m'explique que le prix des bateaux est de 1500 pesos qu'on le partage ou pas ( ce qui ne se fait pas en général), un autre me propose 200 pesos l'aller simple en moto...Bref je suis un peu perdu et ce ne sont pas les locaux qui pourront m'aider. J'erre un peu en essayant de trouver une solution puis décide d'annuler la visite. Pas envie de payer une telle somme et je ne suis pas encore rendu non plus à Manille. Je suis aussi en fin de voyage et sûrement un peu usé, pas envie de me trimballer mon sac pour aller voir à Talisay et me faire presser par tous les rabatteurs qui me proposeront n'importe quoi. Je partage un tricycle et trouve immédiatement un car pour Manille depuis une zone de transit de Tagaytay, en bord de route.

MANILLE

Place assise, tout vas bien: direction Quirino Taft Avenue, l'endroit où j'ai passé quelques jours avec Darren, que finalement j'aurais du appeler pour ma dernière nuit: je passe devant son bureau et vois sa voiture. Beaucoup de bouchons et une arrivée au ralenti. Je n'ai pas vraiment beaucoup de choses à faire à Manille mais je suis bien tenté par le Manila Ocean Park qui semble être une attraction populaire. Un coup de métro et je vais trouver tout près du parc Rizal une chambre assez sympa dans un hôtel correct, l'hôtel Amazonia. Quartier d'Ermita un peu louche il paraît et c'est vrai qu'on voit quelques strip et autres gars peu recommandables qui me proposent filles ou marijuana! Je vais beaucoup apprécier ce parc aquatique. Situé dans un grand complexe en bord de mer, il est inclus dans une sorte de grande galerie marchande ou plutôt de divertissement. On trouve de tout: cinéma 4D, aire de jeux, restaurants, bar longe avec vue sur la baie et bien sûr l'aquarium. On le choix entre plusieurs pass d'entrée de 550 à 900 pesos. Je prends celui de 700 car je n'ai pas plus mais de toute façon je ne vais même pas pouvoir tout faire en un après-midi. D'abord le spectacle d'otaries. Du déjà- vu mais j'avoue que celui-là est très original par son humour et par la qualité du dressage. J'enchaîne sur un spectacle de perroquets là aussi déjà-vu mais sympathique car enjoué; à la philippine. Les vols des animaux au-dessus des têtes est assez bien impressionnant VIDEO. J'enchaîne ensuite avec le Marine Life Habitat qui n'est en fait que le bassin des otaries. J'admire toujours autant leur capacité à glisser dans l'eau quasiment sans frottements, sans turbulence. Incroyable et me rappelant les belles plongées aux Galápagos. A l'intérieur exposition sur les méduses qui nous repoussent dans l'océan mais une fois bien éclairées elles forment un spectacle formidableVIDEO. Autre originalité un talk-show fait par un pingouin numérique VIDEO.


Original et très amusant avec un animateur caché sûrement avec des capteurs un peu partout qui nous fera même danser le gangnam style! Pour finir...l'aquarium. Très beau avec et bien agencé. Crocodiles, poissons géants de l'Amazonie, requin marteau et tout ce que l'on peut voir en snorkeling sans trop savoir l'identifier. L'attraction principale reste le tunnel sous-marin dans lequel on se croit nager au milieu de raies géantes. Un bon moment avec toujours le même reproche aux parents avec flash qui laissent leurs stupides rejetons taper sur les vitres alors bien sûr tout ça est défendu avec raison. Pour finir, je manque la volière avec les animaux de proies, le spectacle musical va commencer, dans le même amphithéâtre où eurent lieu les spectacles des otaries et des oiseaux. Le début me fait craindre à de simples jets d'eau éclairés mais je vais vite me réjouir. Toujours autant d'humour, des personnages animés par des lasers sur les murs du bâtiment ou projetés sur les murs d'eau. Des animateurs déguisés en homard, étoiles de mer, poissons. Des beaux effets de lumières, l'eau qui arrose les spectateurs avec le vent, un public volontaire...Tout pour faire de tout ça un bien beau spectacle, finalement très bon pour finir le séjour. Je me sens bien et un peu triste de partir. Dernière soirée près de mon hôtel où je prends un verre avec des marins ...au milieu de filles qui semblent bien là pour monnayer leurs charmes! Un cliché de Manille : des marins et de femmes!

PLUS DE PHOTOS DE L'AQUARIUM

Jour 38:

Matinée à me reposer et à faire mon sac à l'hôtel. Un petit tour en jeepney au mall of Asia. J'en profite pour observer longuement (rues bouchées) tous ces gens qui se mélangent, certains qui survivent au milieu de quelques uns plus aisés mais encore on n'est pas ici dans le monde des riches.
Tous ces enfants qui peinent à vendre des glaces avec leur pères au feux rouges. Tous ces gens recouvert d'un tee-shirt pour filtrer quelque peu les gaz d'échappement et les rayons nocifs du soleil. Arrivé dans le plus grand mall d'Asie on change de monde. Incroyable, on dirait un aéroport. Immense! Il y a même une patinoire autour de laquelle les gens se bousculent pour observer les patineurs sur un immense fond d'image alpine. Achats de souvenirs, dernier repas local puis dernier taxi pour l'aéroport international. J'ai bien 4 heures d'avance mais cela va juste suffire. Près d'une heure pour accéder au dépôt de bagages, puis encore une heure pour passer la douane. Vraiment beaucoup de monde. J'y revois mes premiers français qui me donnent la nausée: que des remarques sur les files qui n'avancent pas, sur le manque d'organisation etc...Ce sera le même cirque avec d'autres à l'escale de Taïwan. J'ai envie d'être sourd et de rester un peu plus avec les philippins qui sourient. J'ai envie de dire à ces français qu'ils restent chez eux car même après un séjour à l'étranger ils reviennent toujours aussi cons. Le peuple philippin va me manquer c'est certain. Vol vers 19h40, une bonne heure pour partir. Je me retrouve à Taïwan où je me régale du langage, sans rien comprendre mais tous ces sons à base de iiiii sont très exotiques à l'oreille. Bon retour ...je dors un peu...c'est rare et l'histoire de Bilbon le Hobbit fera arriver l'avion un peu plus tôt à Amsterdam. J'y retrouve les prix hallucinants pour les sandwiches et les viennoiseries...Dur retour à la réalité du monde européen.

CONCLUSION

Que c'est dur de retourner dans son pays après un tel voyage! Comment accepter nos attitudes et notre mauvaise humeur permanente après avoir passé plus d'un mois dans ces endroits où la joie de vivre est le sourire sont les fondations de la société? Le " syndrome de Roissy " cher à JC Guillebaud, je l'ai même maintenant dès l'aéroport de départ. J'avoue rentrer très ému et marqué par ces gens. Plus que les paysages, les musées visités...la beauté du pays et l'émotion qu'il procure résident essentiellement pour moi dans le peuple philippin. C'est souvent une importante composante de la qualité d'un voyage. Importance croissante avec les ans. Je ne partais pas en Egypte ou en Equateur il y a quelques années pour ces rencontres mais pour voir de belles choses, simplement.C'est ce que j'ai répondu à chaque fois que les gens me demandais pourquoi avoir choisi les Philippines. Bonne saison et des gens hospitaliers.
Là le meilleur est dans l'humain. C'est immédiat, évident et sans contestation. Un ton en dessous de Bornéo, de l'Equateur ou des Galápagos niveau nature sauvage, bien en dessous de nombreux pays au niveau culturel et musée, l'émotion ici n'est pas venu immédiatement comme en Estonie...ou dans mes Pyrénées par exemple où on est dedans en permanence et où j'étais exalté très régulièrement. L'émotion n'est pas garantie par les sites et j'ai parfois un peu été déçu par certains soi-disant immanquables. Le problème vient de mon allergie de plus en plus marquée envers les dévastations du tourisme. Je sais bien que le village de montagne se sauve de la misère en ouvrant des auberges mais j'avoue avoir une forte nostalgie du temps des découvertes. Arriver à Batad aujourd'hui et payer une taxe devant les guides rabatteurs dans ce bout de monde me donne par exemple envie de fuir. Voir les Chocolate Hills derrière des touristes qui posent tous de la même manière. Voir des gens poser avec Ipad devant des saints Bernards etc.....Tout ce cirque. Tout ce tourisme facile et sans effort où l'on consomme sans prendre aucun risque, en suivant son appareil photo ne m'intéresse plus. Je cherche des endroits authentiques et non plus des routards lands. Je constate même maintenant que tout site conseillé trop vivement par le Lonely Planet est déjà pour moi presque condamné. Je ne suis plus comme il y a quelques années ces conseils que je trouve maintenant un peu inutiles. J'évite les restaurants marqués alors que je suivais à la lettre ces itinéraires il y a 10 ans. Tous ces endroits manquent de spontanéité. Voilà pourquoi peut-être ai-je trouvé le pays moins spectaculaire niveau paysages. J'ai traversé de nombreux coins où il n'y avait pas grand-chose à voir ni à faire. Pas de Palawan, de Boracay, de Taal par exemple. Et je sais que la plupart des routards rencontrés y allaient. Je me retrouvais à travers eux dans ma peau de voyageur d'avant. Aujourd'hui, je suis beaucoup plus confiant, beaucoup plus expérimenté pour pouvoir aller, dormir, manger, visiter où les autres vont peu. J'ai ainsi passé la plupart du temps à éviter mes collègues touristes. Hormis quelques points de convergences impossibles à éviter j'ai pris la tangente avec joie dès que possible, me tournant vers le pays authentique.
Il faut se laisser infuser dans le bain philippin, et à force de rencontres, de repas dans les gargotes, d'innombrables jeepneys ou tricycle partagés j'ai trouvé le sens de mon voyage. On se retrouve alors hypnotisé par ces scènes de la vie locale, ces femmes sirènes qui chantent ou se baignent dans les cascades, ces " restaurateurs " qui s'assoient à votre table pour partager des bières, ces gens qui m'ouvrent leur portes, qui vous saluent et vous couvrent d'attention un peu partout. C'est incroyable. Il faut accepter les regards braqués sur soi, les sourires et les ricanements à son passage, les commentaires en langue étrangère mais ce jeu d'observation est une interaction essentielle et rafraîchissante.
Les Philippines réconcilient avec le genre humain et devraient être prescrites en antidote contre la morosité.
Je n'ai pas changé mon argent à l'aéroport. Histoire de me rappeler ma promesse : y revenir.

LE POUR: la joie de vivre, les sourires, l'accueil et l'hospitalité de ce peuple, la beauté des femmes et des enfants, l'absence de stress, le budget, le dépaysement pour celui qui le cherche, la tranquillité de certains coins.
LE CONTRE: le soleil brûlant, la pollution (sacs plastiques partout), la culture américaine trop présente, les longs transports pas toujours confortables, certains coins trop touristiques, le manque de variété de la nourriture.