SCWHERIN ET LA REGION DU MECKLEMBOURG-POMERANIE OCCIDENTALE

POURQUOI L' ALLEMAGNE DU NORD
Je devrais dire, pourquoi un troisième voyage en Allemagne en 1 an , vers une destination auparavant très mal classée dans ma liste des priorités?En fait, tout est parti d'une invitation de Corinna (jeune fille au pair qui séjourna un peu moins d'un an dans le Lot et Garonne et qui est devenue ma coéquipière dans le club de volley). Étudiante depuis la rentrée à Schwerin , dans le nord du pays, elle me proposa de venir lui rendre visite. J'étais alors en pleine recherche , de manières optimale ( tableau Word relevant les destinations possibles avec leur prix...). Comme toujours, c'était un peu difficile de se décider, d'autant plus que cette année j'ai trouvé que les prix des avions n'étaient pas du tout intéressants. J'ai d'abord pensé à faire une halte chez elle et poursuivre vers Copenhague (le Danemark étant tout proche en ferry du nord de l'Allemagne) . Et puis en feuilletant un peu plus le guide je me rendis compte qu'il restait beaucoup à voir dans cette région que j'avais abordée par l'ouest avec Nina. Lübeck, Wismar, Stralsund, Rostock...De l' Unesco par ci, des villes préservées et médiévales par là....je ne pouvais pas passer trop vite. Et puis en partant en Allemagne tout devenait plus simple. Plus à réfléchir, le guide est déjà acheté, pas trop de problèmes pour l'hébergement et l'assurance de passer un voyage exaltant ( je l'ai déjà dit...j'ai beaucoup apprécié mes séjours à Brême ou Berlin) . Après quelques problèmes au niveau de l'avion ( j'ai du annuler mon vol de Toulouse pour partir de Paris à cause d'une rentrée prématurée et de l'incompréhension de la proviseure adjointe) , je n'avais plus qu'à trouver quelques canapés (Couchsurfing) et c'est donc sans aucun stress que j'allais attendre le départ.

L'EQUIPE:
A la base tout seul mais, finalement, je ne le l'ai jamais été entre Corinna qui m'invitait et les couchsurfeuses visitées.

PLAN DU VOYAGE

ITINERAIRE ET ORGANISATION

Encore une fois je ne vais que me cantonner à une petite région, ici le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, dans le nord du pays, près de la mer Baltique. Arrivé par Hambourg, déjà visitée donc sans arrêt , je vais directement partir pour Lübeck chez Heiderose où je passerai une journée. De là je rejoindrai Schwerin , où habite Corinna, qui sera ma base durant la plupart du séjour. A la journée je vais visiter Wismar, Rostock,Warnemünde, l'île de Poel et bien sûr la ville en elle-même. Un petit séjour chez Ulrike à Stralsund et sur l'île de Rügen, un dernier arrêt chez Corinna et je rentrerai par Hambourg. Pas d'hôtels encore une fois , une amie et du couchsurfing.

PERIODE :
Je suis parti entre la fin du mois d'octobre et le début du mois de novembre. J'ai réussi une fois à enlever ma grosse veste mais ce fut de courte durée .La plupart du temps le col roulé , l'écharpe et la veste fourrée m'ont été nécessaires. Un seul grosse journée de pluie, du brouillard , mais aussi du grand soleil , du moins sur une partie de la journée.
Au niveau de la fréquentation des sites , on ne peut être plus tranquille. Les stations balnéaires sont vraiment en fin de saison , les ports se vident de leurs bateaux pour éviter les dégâts dus au gel, les villes historiques sont exemptes de touristes autres qu'allemands...Une très bonne période donc pour celui qui aime une atmosphère nordique, avec nuit arrivant vite ( 16 h30 après le changement d'heure) et envie de cocooning bien au chaud.
Pour en savoir plus sur le climat , le site de Météo Consult.

NIVEAU :
Inutile de dire que c'est simple de s'organiser en Allemagne. Les gens en général parlent anglais, quoi qu'au delà de 40 ans..ce n'est pas gagné. . Tout est clair au niveau des aéroports, des bus , des trains. Ensuite il est certain que connaître une allemande m'a permis d'économiser du temps et de l'argent .Il y a plein de combines pour payer moins cher et ça on ne le trouve pas dans les guides.
Voir les conseils aux voyageurs du ministère des affaires étrangères pour plus de renseignements.

HEBERGEMENT ET BUDGET (2010) : L'ensemble du voyage m'est revenu à environ 560 euros ( en comptant 230 euros pour le vol et les transports à Paris et 330 euros sur place) . Sans l'aide de Corinna et des couchsurfeuses j'aurais augmenté fortement ce budget .Je dépensais environ une bonne quarantaine d'euros sur place , en mangeant assez souvent au restaurant et en ne me privant d'aucun musée. Les transports sont onéreux ainsi que l'hébergement .Penser à partager ses billets de train avec des gens pour diminuer les frais. Faire aussi du covoiturage . Pour tout ça...mieux vaut connaître un local qui vous aidera.

QUELQUES LIENS UTILES
Pour préparer ce voyage j'ai utilisé :


La montée à Paris

Jour 0 : La France proteste et est en grève contre le projet des retraites: trains bloqués, pénurie d'essence...Tout se passait finalement loin de ma calme vie lot et garonnaise jusqu'à la veille du départ. Par curiosité, je vérifiai l'état des trains et vis le mien tout simplement annulé: je ne pouvais me rendre par Cahors à Paris, ce lundi matin. La providence qui a pour nom Thierry me sauve, il remonte de Dausse ce dimanche soir , je profite de l'aubaine .Un peu énervé de ne pas passer ma dernière soirée tranquille dans le canapé, peu content de passer une nuit dans une ville que je n'apprécie guère , je finis mon sac en catastrophe et nous partons. Je n'imagine pas la galère s'il n'avait pas été là ce week -end. Mais bon, après quelques arrêts prudents aux pompes, vers 1H30 du matin nous arrivons dans un Paris bizarrement désert.
Jour 1 : Décidément je n'aime pas ma capitale. Tout d'abord l'appartement de ma soeur. Trop de souvenirs des passages d'oraux d'agrégation , de réveil en pleine nuit pour rejoindre les lycées, l'attente dans les révisions...Le stress revient à ma mémoire. On rajoute l'exiguïté des lieux ( vraiment minuscule pour toute cette famille) , les voisins agressifs...et il ne reste pas grand chose de positif dans cette escale parisienne. Je passe la matinée à m'occuper tant bien que mal puis décide de partir avec beaucoup, beaucoup d'avance pour Roissy. L'avenue de Clichy est toujours aussi triste , je ne m'y sens vraiment pas chez moi. Je ne sais pas , j'ai connu pas mal de grandes villes mais je ne me sens pas bien dans ma capitale. Le métro, ensuite, avec son lot d'agression verbale " espèce de chienne ! " etc...La gare du nord , mal agencée, le RER pour Roissy , glauque. Quelle image ont les touristes qui arrivent à Paris? C'est vraiment un ton en dessous de tant de capitales mondiales. Il faudra faire quelque chose . Le RER serpente au milieu des graffitis , des bidonvilles ( petites masures sous les ponts , près des rails …comme à Delhi) , évite les pierres lancées par de jeunes gamins (véridique!) , et se fait bercé par l'éternel joueur d'accordéon qui insulte quand on ne le paie pas! Quel courage pour vivre ici ou quel masochisme pour ceux qui ont le choix!Vivement de quitter les lieux. Il y a un Paris majestueux, des vies merveilleuses c'est sûr mais pour celui qui vit avec un salaire faible voire normal , je trouve que les galères l'emportent sur les plaisirs. Caro et Thierry, fuyez et partez vers le sud!

LÜBECK

Le vol pour Hambourg sera tranquille , un peu de retard simplement. Quel plaisir de quitter son pays et de retrouver l'Allemagne! Ici l'aéroport est nickel , les transports pour le centre ville rapides , propres et moins chers . Je retrouve facilement à la gare principale une fille trouvée par Corinna et qui m'emmènera à Lübeck. Déjà l'excitation commence, le pied posé dans le pas et je commence par une rencontre .Je vois les rares touristes avec leur plan , cherchant les bus .Une personne m'attend et je ne la connais pas. Petite étudiante dans petite Citroën verte. Etudiante, donc, comme la majorité, sans le sou, elle partage , chose rare en France , sa voiture pour limiter les frais. 4 euros pour moi, vraiment pas cher. Nous discuterons un bon moment, le courant passe, elle fera un détours pour me déposer directement devant l'adresse d'Heiderose. Ma première vision de Lübeck est un peu celle de Brême. Calme! C'est surprenant comme une ville de plus de 200 000 habitants se vide aussi rapidement le soir. Le petit tour de la veille ville ( comme une île entre deux fleuves) by night laisse entrevoir de beaux monuments pour demain. Je suis tout excité et sur les starting blocs. Demain j'explore.
Heiderose habite un bien bel appartement. Plus grand , moins cher que dans les villes équivalentes en France. Entouré de jardins , terrasse fleurie, les allemands que je visitent semblent mieux logés que nos citadins de l'hexagone. Elle travaille à la bibliothèque de l'académie de musique de Lübeck. On pouvait l'imaginer tant la décoration transpire la musique: guitare sèche, piano, partitions un peu partout. Nous parlerons longuement de musique classique d'ailleurs et , une carte sous les yeux , des voyages bien sûr. L'atmosphère est très détendue , encore une bonne rencontre.

Jour 2: Très bonne nuit , mais courte. Heiderose travaille à 8h30.Juste une douche, un remplissage de sac, un rapide petit déjeuner fort agréable et nous partons en bus pour l'académie. Temps superbe mais froid ( givre parfois). Trafic toujours aussi calme...même à cette heure de pointe. L'académie de musique est vraiment un endroit agréable. Une fois la porte passée nos sens s'éveillent. Odeur de parquet, notes de pianos en fond sonore, art sur les murs. Un endroit créatif, si éloigné de l'ambiance de mon lieu de travail. La cafét, par je ne sais quelle fragrance, me transporte 14 ans en arrière à Birmingham. La même odeur ..de je ne sais quoi...mais j'y suis. Bond heureux dans le passé. Heiderose me présente à ses collègues, on m'équipe avec la carte de la ville et je lui donne rendez-vous à 16h dans un café célèbre de la ville. Je vais commencer par errer du côté de l'Obertravebrucke. Rivière très paisible en ce petit matin. Je m'exalte et respire une grande bouffée de bonheur. Seul , libre, dans une ville inconnue, loin de chez moi. Un petit passage devant la porte Holstentor , pas encore ouverte, et je longe la rivière.

Remarquable la patience ou la soumission des Allemands devant un feu. Rouge mais sans voiture, rouge depuis de longues minutes..et personne ne bouge. Alors j'attends. Petit passage original dans Clemensstrasse, ancienne rue des bordels. Il n'y a plus semble -t-il que des anciens bars fermés , on voit encore les gonds des portes qui fermaient cette rue aux femmes et aux enfants. Temps révolus. Aller à Hambourg pour les curieux. Je commence ma vraie visite par le musée de la porte Holstentor. Bâtiment sauvé de justesse ( une voix) par le parlement, restaurée depuis, mais gardant toujours sa forme un peu incurvée ( problème de fondations) . Porte de défense solidement armée et emblème de la ville . Intéressante muséographie mais tout est en allemand. Je n'apprends pas grand chose sur le passé hanséatique de la ville. Prochain arrêt, l'église St Petri, par des ruelles me rappelant vraiment celles de Brême ,côté Schnoor. Pour 3 euros je monte en ascenseur à la plateforme pour admirer une vue circulaire sur la ville. De beaux monuments mais aussi de bien laids . La place du Rathaus par exemple, moins belle que celle de Brême, semble défigurée par un horrible bâtiment gris. Je poursuis vers l'est vers le Dom. Eglise qui brûla en 1942 et qui fut reconstruite depuis. Rien de spécial vue de l'intérieur. Je suis docilement le plan fléché de l'office de tourisme, plan qui me permet de ne pas manquer un bon nombre de petites ruelles, venelles, ou petites cours croquignolettes . Vraiment une bonne atmosphère. Je vais observer curieusement , dans l'espace du double vitrage des maisons de rez -de-chaussée, de nombreuses décorations. Parfois kitchs parfois élaborées. L'ensemble reste quand même très chaleureux. Il y a dans ces villes du nord un certain talent à la décoration. Les boutiques sont superbes , le design beaucoup moins tape à l'œil que chez nous. Je me verrais bien cocooner dans ces régions. Je vis au sud mais le nord me fascine par son exotisme froid. Passage ensuite le long de la Domschule, école ou collège avec étudiants sages, en cours dans de beaux bâtiments rouges.

Là encore je m'y vois bien. On recueille quelques notes s'évadant des cours de piano, on entend presque le parquet craquer et on humerait presque le cuir des fauteuils de la bibliothèque. Pas au niveau des étalons du genre ( Cambridge …ou tout ce qui se rapproche de la classe du Pr Keating) peut -être, mais l'éducation dans ce genre d'endroit , sûrement pour privilégiés, a une belle saveur.
Plus tard Corinna me parlera de ces années lycées et me montrera même un livre que font les promotions après leur bac. Un travail énorme avec deux pages par élève. Des hommages, des anecdotes, des sondages, des photos marquantes...Il manque vraiment dans notre système quelque chose d'humain, d'un peu plus cérémonieux aussi. Pour redonner quelque éclat à nos lycées . On n'est pas tous issus de Louis le Grand , un des rares endroits où il y doit y avoir un annuaire des anciens . Bref....Des tours et des détours, des rues minuscules, je me retrouve sur la place centrale , face au Rathaus VIDEO. Un niveau en dessous dans mon échelle qui comporte déjà quelques beaux barreaux, déjà dit. Visite rapide à St Marien,construite de 1250 à 1351. Elle est aujourd'hui un monument important de la ville . Immense cathédrale , la troisième d'Allemagne. Beaux orgues, cloches brisées tombées en 1942 et toujours en place. Grand , une belle horloge astronomique mais le tout ne me procure guère d'émotions. . La faim m'assaille , nostalgie ou pas d'Istanbul mais le restaurant turc du coin m'aura comme client aujourd'hui. Je poursuis , commençant à être un peu saturé, vers l'ouest de la ville, passant une porte monumentale , explorant les très nombreux passages ( rues couloir passant sous le premier étage des maisons) menant sur de très charmantes cours ​VIDEO .

La visite de l'hôpital du saint esprit sera assez originale. Depuis 1517 et jusqu'aux années 1970 il a hébergé des vieillards VIDEO .Un des plus vieux, avec celui de Beaune. On y voit encore les vieilles chambres exiguës alignées le long d'un immense couloir. Je rentre ensuite tranquillement vers la place du Rathaus, en longeant la rivière. J'ai rendez vous avec Heiderose dans une institution locale , la fabrique de marzipan ​Niederegger. Le café se divise en plusieurs parties , on choisit celle donnant sur la place. Au côté de dames âgées assez distinguées, j'y goûte , dans un cadre cosy, un délicieux cappucino à la pâte d'amande. Ma dernière heure se passera avec Heiderose , à se promener encore dans la vielle ville. Linge qui sèche dehors, façon Italie du sud, mobilier laissé sans surveillance, un endroit qui semble tranquille. D'ailleurs les habitants de la ville extérieure sont vus comme de lointains voisins me raconte Heiderose. Un peu de course et j'arrive à attraper le train pour Schwerin. Je monte sans ticket, essaye la machine qui ne marche pas, vais voir le chauffeur qui me rassure . Non seulement je ne vais pas payer ma course mais il va aussi me guider pour ma correspondance et me présenter au contrôleur! Sympa. Possible en France? La visite de Lübeck fut agréable, avec le bizarre sentiment de revenir dans un endroit connu .

Plus de photos de Lübeck.Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.

Quelques photos de Lübeck

SCHWERIN I

L'arrivée à Schwerin. Corinna m'attend dans une gare assez déserte. Ma première impression de la ville sera comme toujours: le calme voire la mort des rues à 19h30. Incroyable, sous un vent froid nous longeons l'immense lac , pour rejoindre le " squat " de Corinna. C'est une sorte de maison communautaire payée en partie par le parti socialiste allemand et peuplée d'une faune variée et politisée ( communistes et socialistes engagés) . C'est une collocation très " RDA Style " avec vinyls périmés accrochés au mur, escalier en chantier , guitare sèche,baby foot et posters contre la guerre dans la cuisine. Mais que fait Corinna dans cette maison du peuple? Sa chambre est très grande et peu chère, peu d'étudiants français vivent dans ces conditions. Elle essaye tant bien que mal d'étudier même si je ne la sens pas très impliquée dans ces études. Schwerin n'est pas une ville étudiante mais une ville de vieux , pas très motivante à cette âge là. En soirée nous allons errer un moment en ville ( pas un chat) pour trouver de quoi se nourrir. Vraiment bizarre pour une ville de 100 000 habitants. Un très bon restaurant allemand nous servira quand même avant l'extinction totale des derniers feux de la ville morne et terne. Ce soir avec boule quies et loup ( pas de volet en Allemagne) je vais quand même dormir dans cette ancienne imprimerie Ost-deutsch. Ja!

WISMAR

Jour 3: Après un gros petit déjeuner hyper calorique à base de chocolat sous toutes ses formes ( gâteau énorme à la Corinna, croissant, lait fouetté au chocolat) nous partons en train pour Wismar.Cette ancienne cité hanséatique , classée à l'Unesco, se trouve à environ 25 minutes de train au nord de Schwerin. Les paysages traversés sont typiques de l'Allemagne du nord: prés parcourus par les chevreuils facilement visibles, marais et oiseaux. Tranquille . Nous allons suivre, en cette journée froide et humide, le circuit proposé par l'office du tourisme. Tout commence avec la place du marché VIDEO, 10 000 mètres carrés , recouverte de pavés. Un groupe de touriste allemands et leur guide ( on en verra vraiment peu il faut l'admettre) , des locaux qui la traversent , pas plus d'animation que cela. On notera la fontaine à eau couverte qui alimenta en eau longtemps la ville. Le Rathaus (hôtel de ville attenant à la place) n'est pas pour une fois dans l'esprit des autres cités de la région. Du XIXème siècle, il ne mérite pas qu'on s'y attarde. En son sous-sol, constituant l'une des plus grandes caves moyenâgeuse d'Allemagne du nord, on visitera une exposition gratuite sur l'histoire de la ville. Tout en allemand, sans grand intérêt dans l'ensemble. La journée avançant, nous allons voir de nombreuses belles façades, toutes très anciennes, je ne détaillerai pas ici. Un coin particulier de la ville me plaira vraiment, les berges du Grube, petits ruisseau artificiel qui serpente dans la ville et qui rejoint la ville de Schwerin. Avec ses mouettes et ses abords pavés, il possède un certain cachet ​VIDEO. On me dirait être en Scandinavie, je le croirais. Nous visitons , trempés, l'église Saint Nicolas. Immense mais l'intérieur ne m'émeut guère. Pas de chance pour nous, le musée d 'histoire de la ville ainsi que la Schabbelhaus qui l'héberge sont fermés pour rénovation. Que dire ensuite du vieux port? Là j'ai été déçu, le guide parlait de lieu évocateur, j'ai beau être sensible à ces choses , en général, mais là je n'ai rien vu qui me poussa vers le large.

Gros bâtiments en rénovation, Baumhaus ( avec sa petite exposition d'art contemporain) , quelques gréements... rien de plus. Le seul intérêt pour moi: les marchands de poissons avec des étals de poissons séchés ou cuisinés vraiment originaux. Encore plus trempés , nous nous réfugions un bon moment dans la bibliothèque de la ville (architecture intéressante) , histoire de sécher en lisant, enfin en regardant les images de quelques magazines. Et puis encore des église .Celle du Saint Esprit, bizarre avec son plafond plat en bois peint. Celle de Saint Georges, fortement endommagée pendant la Seconde guerre mondiale et rénovée en 1990. Vide , très austère. Juste pour se sentir écrasé par un tel amas de brique. Celle de Sainte Marie, immense aussi avec son immense horloge, mais non visitable dans sa plus grande partie. Elle fut endommagée pendant la guerre et dynamitée en 1960! Pour retrouver des calories, nous allons dans un fameux restaurant de poissons, To'n Zagenkrog , sur le Ziegermarkt, pas loin du port.

Dans une ambiance maritime très sympathique je m'y régale d'une soupe de poissons ( différente des nôtres, crémeuse et blanche, épicée et avec des morceaux ) et d'une sorte de ceviche de poisson marinés avec des patates sautées VIDEO. Corinna aura un poisson entier genre limande -sole. Un régal pour 24 euros pour deux! Nous errons ensuite 1 h en ville attendant notre train. Petit parc classique,quelques boutiques (H&M moins cher qu'en France) et nous partons. Le temps était pourri aujourd'hui, certes , mais je n'ai pas le coup de foudre pour la ville. C'est peut être le fait de retrouver les éléments architecturaux classiques des villes du nord. Pas de découvertes majeures donc. Mais cela vaut quand même une bonne grosse journée de visite. On ne peut nier l'atmosphère particulière des lieux. Retour à Schwerin vers 17h30, avant la nuit, avant que tout ne s'endorme, avant le froid....euh non..le froid y était déjà. Agréable soirée avec repas dans la cuisine classique de toute collocation, animée et seravnt de lieu de rencontre. Autre avantage de cette collocation :la salle des fêtes avec baby foot et vidéo projecteur. Confortablement assis dans un canapé taggé nous allons regarder " LOL " , film français sur les incompréhensions entre les générations 40 et 17 ans. Marrant , j'y revois mes élèves mais prends aussi un coup de vieux. Cette vivacité , insouciance de la jeunesse disparaît avec l'âge et c'est bien dommage. Profitez!

Plus de photos de Wismar. Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.

Quelques photos de Wismar

SCWERIN II

Jour 4: Pas de déplacements aujourd'hui, je reste à Schwerin. Sale temps , gris , ce qui gâchera un peu le plaisir. Après l'indispensable passage à l'office du tourisme en quête du petit dépliant , en français , recensant les lieux à voir, nous commençons la visite. D'abord la place du marché avec son Rathaus, classique . Belle architecture , et imposante présence de la cathédrale , proche VIDEO. Les environs de la place sont assez charmants avec de petites rues pavées , de petites places et de typiques restaurants .Lors de la visite de la cathédrale ( gros volume mais pas d'émotion) nous monterons à la plateforme d'observation. Là-haut , en plein vent , nous jouirons d'une vue forcément panoramique sur la ville et sa région. Des lacs proches ou au loin, la place, la maison de Corinna, c'est toujours intéressant de changer de point de vue, non? Je vais ensuite la laisser vaquer à ses occupations d'étudiante pour aller visiter le château de la ville. Imposant, sur une île, entouré de grands parcs , il est assez original avec ses façades jaunes. C'est un musée mais aussi le siège du parlement de la région . Visite intéressante mais assez classique. Encore un de ces châteaux de monarque...mais difficile de s'y retrouver dans cette riche et longue histoire européenne. Je poursuis par une longue balade glaciale dans les parcs environnants ​VIDEO. Dans mes pensées, j'erre lentement. Drôle d'ambiance, assez mélancolique. Seul, dans le froid, dans cette ville vraiment hors des sentiers battus, je philosophe sur ma condition. Le repas sera pris dans un charmant restaurant , en face du café Prag. Bizarre , les gens n'y parlent pas anglais. Je me débrouille et me régale d'une spécialité locale à base de cochon, champignons et galette de pommes de terre. Flemme de ressortir dans le froid. Je vais continuer à errer dans les rues, ne trouvant même pas le musée de la ville . Essayant le musée des techniques mais , rebuté par le " tout en allemand ", je n'en ferai que le tour. Le lac est tout proche, quelques bateaux sont amarrés dans un minuscule port. 2 courageux font de la planche à voile au loin. Des canards, des mouettes. Vraiment très calme .

Je poursuis par la visite de la galerie nationale, le grand musée de la ville. Bonnes expositions sur Marcel Duchamp ( je n'ai toujours pas saisi son génie) , un peu d'art moderne puis surtout une grosse collection de peintres flamands du XVII ème siècle. J'aime beaucoup ce style , ces peintures souvent d'une précision extrême où l'on voit des scènes campagnardes, des portraits , des natures mortes....Ce sont des instantanés , des clichés d'un temps révolu et inaccessible. Ca me fait voyager dans le temps, au temps des chaumières et des empires. Pas un chat dans le musée , je vais y rester longtemps , jusqu'à 17h. C'est l'heure où tout commence à virer au gris. Un petit tour dans le shopping center local, moderne et très grand mais sans trop de marques très connus., passage pour acheter des cartes et des timbres et retour crevé à l'appartement. Ce soir, on fête l'anniversaire de Corinna, des amis à elle viennent passer la soirée ici. Je vais passer la mienne à discuter pendant 4 h avec la charmante française qui vit ici. Discussions sérieuses sur le sens de nos vies, sur la manière de voir le monde (myopie volontaire contre réalisme) , sur la difficulté des rencontres passé trente ans....Je semble ( 2 qui me l'ont dit aujourd'hui) avoir 26 , 27 ans...mais j'en ai 35...et pas du tout la même vision de l'avenir.
Une journée ambiance donc, de réflexion,le lieu et le climat y sont propices. Je n'entendrai pas Corinna se coucher, après moi, 20 ans , ça se fête , normal.

Plus de photos de Schwerin. Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.

Quelques photos de Schwerin

ÎLE DE POEL

Jour 5: Le temps est beau, je n'ai pas grand chose à faire et choisis finalement de partir voir la mer Baltique , sur l''île de Poel. Un petit déjeuner des restes des gâteaux d'anniversaire de Corinna et me voilà dans le confortable train pour Wismar puis dans un bus local direction Timmendorf. Peu de gens, plutôt des vielles personnes . Dès la sortie de la ville le paysage devient maritime avec des grandes étendues d'eau , peuplées d'une multitude d'oiseaux , des près , des chevaux. Très joli. Le bus me dépose à Timmendorf mais je m'arrête trop tôt , j'aurai pu pousser jusqu'au bord de mer. Il n'y a heureusement qu ' à peine un kilomètre , par une belle piste cyclable au milieu des champs, pour rejoindre la côte. Là , au pied d'un phare, je tombe sous le charme d'un petit port quasi désert, avec des bateaux de pêche, des oiseaux partout, un calme absolu et une eau très claire VIDEO. Je m'achète deux sandwiches au poisson mariné dans un des rares commerces du lieu et pars plein sud , en longeant la côte. On peut soit marcher sur la plage , soit passer dans la forêt côtière, soit longer les champs. Je vais faire un mix des trois, chaque sentier ayant son caractère. Le sentier de la forêt surplombe la plage et doit parfois se dévier à cause de l'érosion qui le repousse vers l'intérieur des terres. On a parfois droit à de belles vues sur le large. 2 km plus loin environ je bifurque vers la plage. Personne ou presque, un beau sable , des algues sèches , des galets, et une ambiance vraiment relaxante. La mer est lisse et glassy. Je mange un sandwich au poisson dans le calme VIDEO. Le bonheur! Au retour, je change d'ambiance et prends le sentier qui longe le champ ( tous ces sentiers , ces écosystèmes se tiennent dans 100 m de large!) ​VIDEO. Là je me crois au temps de Robin des Bois, je ne sais pas pourquoi. Je m'imagine sur un chemin moyenâgeux .

C'est sûrement l'absence d'âme humaine à perte de vue , la luminosité rasante ou enfin les immenses arbres au loin , au milieu des champs. Et aussi car j'aime me transporter dans la passé dès que je le peux. De retour au port, je poursuis plein nord . Grande plage de sable fin, petites maisons de plage typique de ces régions, quelques pédalos en hivernation...Atmosphère automnale . Je longe lentement cette côte , au milieu des énormes tas de moules , observant les mouettes plonger VIDEO , tout près du bord. La Baltique n'est pas la mer du nord, qu'on se le dise. On pense Manche, mer du nord et on y associe une eau boueuse et un léger clapot. Ici c'est la pureté qui me vient à l'esprit. Je m'imagine avec un kayak de mer , longeant ces côtes , et plantant ma tente le soir sur la plage. A quand une telle aventure? Très belle journée donc. Aucun problème pour rentrer . Vraiment un coin très peu connu et qui m'a enchanté. Ce soir la maison semble un peu plus animée. Quelques lits sont sous -loués pour des séminaires du parti . Un peu de repos et nous partons fêter l'anniversaire de Corinna dans le restaurant du roi de la pomme de terre (Kartoffelhaus n°1) , déjà visité . Ambiance chaleureuse en soirée , façon chalet. Cuisine forcément copieuse , peu légère, mais savoureuse. Dehors la ville s'endort , toujours incroyable de voir le calme ambiant , et c'est un euphémisme. Où sont les gens le soir?

Plus de photos de l' île de Poel. Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.

Quelques photos de l'île de Poel

ROSTOCK

Jour 6 Ce matin nous ouvrons les volets ( c'est une image...nous sommes en Allemagne) et apercevons avec plaisir que le temps est clément. Nous nous rendons à Rostock , connu pour être l'un des plus gros ports d'Europe. La gare présente aujourd'hui un visage bien différent des autres jours. Un match de foot se déroule dans la ville et un important dispositif policier est déployé. Impressionnant de voir ces types très gaillards, portant matraque , casque, pistolet, et protections. Pas envie de s'y frotter. Les cerveaux du foot (particulièrement connus à Rostock) avec leurs pack de bières sont regroupés et séparés des " gens normaux ". Notre wagon sera moins alcoolisé , quoique. En face de nous deux ou trois couples , genre 50 ans, modestes, alignent les canettes et les shooters. Incroyable de voir tous ces gens boire dès le matin.1heure plus tard nous arrivons à la gare centrale de Rostock, à environ 1,5 km du centre. Par chance nous allons à l'opposé du stade. La visite sera tranquille. Rien d'intéressant avant la Stein Tor , porte du XIIIème siècle, avec ses restes de remparts attenants et l'ancien siège des armées populaires, beau et imposant bâtiment rouge. Nous prolongeons vers le quartier de Nikolaikirche, église qui semble en bonne partie convertie en appartements. Les environs, sont calmes et offrent une agréable promenade au pied de belles maisons restaurées. La neuer markt , place principale de la ville , sera notre prochaine étape. Le rathaus rose bonbon n'a rien d'exceptionnel, un immeuble laid gâche l'harmonie générale quand on regarde vers le fleuve mais le tout reste typique de ces villes du nord. Un petit marché se tient sur la place .De la place l'imposante silhouette de Marienkirche appelle une visite. J'y vais d'un pas blasé mais pour une fois l'intérieur fait preuve d'une certaine originalité. L'horloge astronomique est la plus vieille du monde avec son mécanisme d'origine. Impressionnant d'imaginer ces rouages crées au XIV ème siècle et modifiés ( nouvelle conception du monde) quelques siècles plus tard.

L'orgue de l'église est aussi très imposant , vraiment le plus travaillé et décoré que j'ai pu observé. Immense. Quelques autres détails comme ce squelette allongé sur un bateau(?). De là nous allons descendre la Kröpeliner Strasse, rue commerçante où toute la ville semble s'être retrouvée. Je vais surtout retenir ,hormis quelques beaux édifices, les stands de nourriture alignés servant l'un des saucisses , l'autre des gâteaux festifs (Lebkuchenherzen). Je ne résiste pas et déguste " eine Bratwurst ", sorte de boudin blanc autant que saucisse, dans un petit pain. Délicieux, pour 2,5 euros.
En bout de rue nous bifurquons vers la droite à la recherche du port. Rien de terrible en fait. Le port n'est pas en centre ville, ce ne sont que des quais genre Bordeaux, avec embarcadères pour bateaux pour touristes . Nous verrons d'ailleurs un groupe se jeter sur l'un deux .Les tables sont posés , le thé servi et les parts de cake disposés. Tel un banc de crickets ils nous absorbent et vont dévorer plus loin. Nous poursuivons seuls, ouf. L'atmosphère reste très maritime, sous ce beau soleil, avec oiseaux et bateaux de plaisance VIDEO. Voilà pour Rostock , nous aurions pu visiter le musée maritime mais Corinna propose, bonne idée , d'aller à Warnemünde . Rostock ne m'a pas emballé outre-mesure. Plus grosse ville que les précédentes mais peut être moins de caractère à première vue.

Plus de photos de Rostock. Cliquer sur les photos pour agrandir et quelques indications.

​Quelques photos de Rostock

WARNEMÜNDE

Warnemünde , ancienne station balnéaire favorite de l'ex RDA, n'est qu'à 20 minute de S-bahn (RER) de Rostock. Je ne m'attendais à rien de bien exaltant .Je vais adorer cette balade. A peine le pied posé sur le quai , nous sommes emportés par une petit flot de passant vers les bords de la "rivière" ​VIDEO. Côté droit, le Fischmarkt, avec ses stands de poissons alignés le long des quais( quais auxquels sont amarrés de nombreux bateaux de pêche encore en activité) et quelques boutiques et restaurants plutôt de qualité. Côté gauche une rue plus classique avec stand de glaces danoises, vêtements et bars. Au bout , près d'une beau phare, une jetée , une immense plage de sable blanc et au large les côtes du Danemark, à 1h30 de là. Beaucoup de choses à dire sur ce lieu. D'abord la gastronomie. Je reste impressionné par le choix de poissons fumés à même les quais, servis souvent en sandwiches. Le mien au x écrevisses avec une sauce à l'ail sera un délice. Je repense à mon séjour avec Thierry en Scandinavie où nous ne pouvions rien nous offrir tellement tout était cher. Je ne connais plus cette frustration ici et ne m'en prive pas .Vraiment j'aimerais tout goûter. Marrant de voir tous ces oiseaux marins attendant, parfois attaquant presque les mangeurs . Il y en a partout , ce qui apporte un fort cachet maritime, forcément. Je retiendrai aussi la clarté de l'eau de la Baltique, et l'ambiance nordique du lieu.

Un ferry Scandilines qui vous passe devant le nez en direction du Danemark, n'est-ce pas une invitation au voyage vers le nord? Sur la plage maintenant, beaucoup de monde, des pédalos sur le sable, des gens lovés dans leur sièges de plage ( Strandkoerbe) , des pilotes de cerf-volant , des jeunes sportifs s'entraînant...un beau tableau VIDEO. Il est presque visible que la station va tendre à s'embourgeoiser dans le futur. Si ce n'est l'horrible grand hôtel défigurant le bord de mer, ou la vision peu naturelle d'une cheminée de centrale fumant au loin, le lieu a du cachet. Une petite glace ( " un allemand mange tout le temps " dixit Corinna) danoise , un dernier tour avant la nuit et nous rentrons , crevés. Bon plan, nous accostons les gens et partageons notre ticket, particularité du système allemand ( de 28 je passe à 25 puis à 9 euros la journée!) . Économique. Le train pour Schwerin ne sera pas reposant, suite à une fête techno et au retour des supporters ( je tairai mes commentaires, une voisine m'assurant que ce n'est pas l'Allemagne). Néanmoins , après Hanovre en avril, cela fait deux fois que je me retrouve avec des gens totalement imbibés , hurlant dans les wagons. Je n'en oublie pas pour autant ce que doivent vivre les habitués des RER parisiens. Autre forme de nuisances. Laissant la jeunesse techno nous retrouvons le Schwerin habituel, désert. En rentrant Corinna me montre une partie assez riche de la ville , le Schelfstadt, remplie de belles maisons bien restaurées . Surprenant de voir dans ce quartier assez chic un Netto! Corinna veut un ananas alors! Fin de soirée tranquille à m'organiser pour la suite du séjour.

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Quelques photos de Warnemünde

STRALSUND

Jour 7: Cette nuit on change d'heure , j'avais oublié. Pas trop grave , c'est dans le bon sens, j'ai juste pas mal de temps à attendre en plus. La maison semble vide ce matin. Comme la ville. Je vais traverser , sous un épais brouillard , une cité fantôme, rencontrant plus de mouettes et de canards que d'humains! L'atmosphère me plait tant que mes valises ne sont pas obligées de se poser ici pour plusieurs mois! Quoique, on peut être surpris parfois et s'habituer , voire se droguer au silence. Je vais ce matin reprendre un train pour Rostock et poursuivre par le Hanse Express vers Stralsund. Cité hanséatique aux consonances très nordiques, classée à l'Unesco et dernière étape de ma tournée du nord. Arrivé dans la petite gare centrale , encore sous un épais brouillard, j'attends le bus qui m'amènera chez Ulrike, mère de 39 ans ,fille d'un assez connu représentant politique de l'ex-RDA, qui m'héberge ce soir. L'appartement se trouve à une vingtaine de minutes à pied au nord de la vieille ville. Comme de coutume , l'accueil Couchsurfing sera bon .Cette fois je fais gaffe , pas de bises en Allemagne, c'est typiquement français. D'ailleurs , l'un des premiers échanges que nous avons portera sur les images d'Epinal que nous avons ,l'un l'autre, scotchées dans notre esprit. Les Allemands, je les vois gaillards, chantant fort lorsqu'ils boivent et ils boivent beaucoup, je pense Bavière, choucroute et fête de la bière. Je pense grosses voitures , attitude stricte et sérieuse au travail, faible sens de l'humour ….Elle pense des Français et de la France: bonne nourriture, beaucoup de culture et d'histoire , personnes qui aiment leur langue...Le changement d'heure promettant un crépuscule avancé , nous partons vite en ville, je suis mon guide. Le brouillard , malheureusement, ne me permettra pas d'apprécier les belles vues sur l'île de Rügen, le long de la mer , où une promenade rassemble quelques passant et joggeurs. Que dire de la ville? Stralsund est une ville très riche et très bien préservée ( beaucoup de chantiers un peu partout dans le centre) depuis la chute du mur et l'arrivée de capitaux en masse. Encore des églises...J'ai l'impression de revoir les mêmes ou presque depuis quelques jours. Pas vraiment une qui se détache des autres et je sais déjà que je vais avoir du mal à les distinguer dans ma mémoire. La Marienkirche offrira quand même une montée dans le clocher des plus spectaculaires. 366 marches et une plateforme à 90 mètres , 14 mètres avant le sommet. Le chemin est ardu et passe vraiment dans les charpentes du toit , au milieu des cloches. La vue , bien que limitée par la brouillard, donne une bonne idée de la quasi insularité de cette cité ​VIDEO. Nikolaikirche sera moins impressionnante malgré son horloge astronomique, du même type que les autres mais celle-ci ne marche pas, " faute de gens capable de comprendre le mécanisme " d'après Ulrike. En tout cas, pas un chat ...le calme absolu en ce dimanche. La place du marché et son Rathaus , sont encore une fois très beau mais le déjà-vu m'empêche de m'exalter.

Nous allons aussi marcher et découvrir de nombreuses petites ruelles pavées avec de croquignolettes maisons sorties tout droit d'un conte pour enfant. En plus c'est Halloween ce soir . Les citrouilles luisent devant les portes et les enfants se promènent à la recherche de friandise. C'est plutôt sympa de découvrir cette fête dans ces régions. La décoration des maisons, l'ambiance des rues médiévales, tout se prête aux contes et aux histoires . Nous avons de belles pierres en France , c'est certain, pourtant, je ne sais pas pourquoi, mais elles ne me transportent peu. Ici on est dans Andersen, dans Grimm, et cela se ressent vraiment. Les oies passent au dessus de ma tête...avec ou sans Nils Holgersson je ne sais pas. Ulrike me fait aussi visiter le port. Pris par les glaces l'hiver , il nécessite un hivernage de ses locataires. Il est donc assez vide en cette fin d'octobre qui, pour un gars du sud de la France, ressemble à un vrai hiver. Des entrepôts (Speicher) et quelques bateaux convertis en boutiques de la mer plantent le décors. D'ailleurs je prendrai avec toujours autant de plaisir un sandwich aux crevettes, profitant de ces derniers jours pour faire le plein de protéines marines. Nous longeons le nouveau musée océanographique Ozeanum, élu musée européen de l'année 2010, que je visiterai demain matin. Énorme bâtisse genre Guggenheim, il contraste avec les bâtiments en brique rouge, forcément. Certains habitants en furent choqués. Le froid et la nuit tombent. Il est temps de rentrer. Soirée tranquille avec Ulrike devant une bonne soupe (cuisine arabe) .Pas toujours très simple de communiquer car ni elle ni moi ne sommes très à l'aise en anglais. J'en ai vraiment marre de ne pouvoir me lancer facilement dans de vraies discussions. Frustrant. Confortable lit, je m'endors facilement.

Jour 8: Ulrike , confiante, partira avant moi ce matin .Je n'ai pas à me lever trop tôt , juste de quoi arriver à 9h30 pour l'ouverture de l' Ozeanum. D'un coup de bus ( remarquablement cher ici, le prix d'un sandwich au poisson) je me retrouve dans la vieille ville , près de la rive nord VIDEO. Epais brouillard, calme , une atmosphère de port du nord ​VIDEO. Je vais commencer la visite de ce superbe musée quasiment seul mais rapidement il va se remplir. Pas de quoi étouffer mais c'est le prix de la qualité. C'est vrai qu'il mérite son prix ( européen ...et les 14 euros). Un escalator vous mène d'abord tout d'en haut de l'édifice forcément très moderne .Vous n'avez ensuite qu'à suivre le parcours fléché . La muséographie est très bien faite avec ce qu'il faut de connaissances sans noyer les gens. Une grande salle sur les océans fourmille d'infos sur les marées , les courants, la salinité...Très intéressant. Il y aussi des salles sur la mer Baltique, sur les moyens d'exploration des fonds marins, une exposition photos mais le clou du spectacle vient ensuite. D'abord les aquariums, très clairs (on ne voit pas les vitres!) et très riches. L'un deux est en forme de tunnel , on a l'impression de faire de la plongée. Un autre qui, par un système hydraulique, recrée l'impact d'une vague : impressionnant. Un autre , géant, nous place face à un mur d'eau . Bref le meilleur du genre pour moi. Des sièges confortables, des coins vidéos, quelques vues sur le port...rien n'est à jeter. Et pour finir l'immense salle des géants de la mer. Dans un même lieu , en grandeur réelle, une baleine bleue côtoie un orque, une baleine à bosse etc....Allongés dans des sièges spéciaux on écoute le chant des océans avec plaisir sous cette voûte d'animaux. J'adore. Voilà donc un musée que je ne connaissais pas et qui mérite vraiment une visite . Prévu pour 2h30 je vais y rester 4 bonne heures.

ÎLE DE RÜGEN

Je file ensuite à pied par le centre pour la gare centrale direction Sassnitz, ville au nord est de ce qui est la plus grand île du pays: Rügen. Temps toujours gris , les paysages ne me ravissent pas. Le long de la ligne de chemin de fer il n'y a rien que quelques villes mineures et quelques champs. Mais avec le beau temps peut-être aurais-je un autre commentaire. Arrivé à Sassnitz, dans une gare assez excentrée , je me demande d'abord ce que je fais là. Il y a dans les environs un côté ex-RDA ( confirmé par Ulrike) et rien de bien palpitant. Je vais en marchant plus d'1km trouver le port et son front de mer VIDEO. Moins mignon qu'à Poel mais actif .Peintres au travail sur les coques , pêcheurs revenant de la mer, halle aux poissons, et bien sûr les stands de sandwiches (j'en essaierai un autre type un peu plus tard, haddock je crois). Un peu plus loin sur le Strand , on retrouve une atmosphère de morte saison. Certes les rares restaurants et cafés sont encore ouverts mais de nombreuses vitrines attendront l'été prochain pour retrouver vie. Quelques mamies en promenade, des gens qui promènent des chiens, des hôtels assez désuets et des chambres d'hôtes (zimmer frei) qui semblent vides...Dans certaines rues c'est vraiment mort...mais on est lundi alors VIDEO. Je poursuis un peu sur la plage de galet en direction du nord,à la recherche de fossiles ..ou d'ambre de la Baltique puis rentre vers 17h , avec la nuit. Courte escale donc dans ce bout du monde allemand dans cette " station balnéaire " à l 'ambiance assez surannée mais qui mérite une visite. Un petit saut chez Ulrike,toujours très hospitalière, un petit repas et je quitte Stralsund pour rentrer à Schwerin. Dernière étape ...quel dommage car je suis vraiment dedans et je n'ai pas trop envie de quitter cette ambiance. Je profite vraiment de mon dernier passage nocturne dans la ville. Ce lac autour duquel la ville s'entoure , les oiseaux, le silence, les maisons anciennes, l'imposante cathédrale..tout ça crée un tableau attachant. Je rejoins juste à temps Corinna qui rentre du volley , part de gâteau et vin chaud un dernière fois dans la cuisine , bourrage de sac...Un peu triste de partir.

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Quelques photos de Stralsund et Rügen

Le retour

Jour 9: Chacun son chemin. Corinna part pour la fac, je pars pour la gare. Pour une fois je me surclasse en prenant le train IC , plus cher mais le régional me semblait être un peu juste niveau temps. Bref passage dans l'immense hall de la gare de Hambourg , un coup de S-bahn et me voilà dans le très bel aéroport de Hambourg. Vol sans histoire . Je remarque quand même une chose chez Air France: l'emploi abusif du mot sécurité. Les hôtesses de l'air ont même un badge rouge avec marqué ce mot dessus! Ce ne sont pas des vigiles quand même! Et tous les commentaires se basent sur ce thème: " Pour votre sécurité....ceci...Pour votre sécurité ...cela... " Personnellement cela me stresse plus qu'autre chose. C'est quand même propre à AirFrance tout ce cirque. Et puis les biscuits sont à l'huile de palme...cela enfonce le clou. L'arrivée en France est toujours , au retour d'un voyage, une étape clé pour comparer et observer ce que l'on ne voit plus de l'intérieur. D'abord je note le manque de modernisme de notre aéroport qui de loin ressemble à un bloc de béton genre blockhaus. Que dire du RER? Comme moyen moderne pour gagner Paris on est loin du compte. A quand une ligne spéciale concoctée par Alstom reliant Paris à son aéroport en 20 minutes? En tant qu'habitant du Lot et Garonne ,je suis d'abord surpris par la quantité de personnes , françaises ou pas, mais d'origine étrangère . Indiens, africains....je me crois autant à Dakar qu'à Paris . C'est un autre monde: La Courneuve, Saint Denis...les barres d'immeubles, les tags partout . Dure doit être la vie ici. Dans le métro ensuite j'ai droit aux gens qui réclament de l'argent , avec bébé dans les bras, sans rien, ou par discours ...Et une bande de jeunes mal élevés, prêts à en découdre, qui se moque de cette misère " il fallait travailler " , tout le monde baisse les yeux. Où est Steven Seagal? Quel climat de m....? Je suis effaré. La gare d'arrivée est laide et mal faite. En sortant un livreur en scooter s'engueule avec un camionneur. Voilà le Paris des gens normaux. Un petit rendez-vous avec Thierry dans le jardin des plantes me donne heureusement un bon point pour cette ville: la beauté et la richesse de ces monuments. Thierry reste, je fuis vers le sud .Dans mon train, loin au bout des quais, je suis déjà ailleurs, côté sud. Il est temps de retrouver les champs et les oiseaux.

CONCLUSION

Les sentiments sont partagés. Ai-je l'impression d'avoir visité l'Allemagne ou était-ce une illusion ? J'ai vraiment été séduit par ces rives de la Baltique , par la vision des côtes Danoises, par ces noms de villes à consonance suédoise. Autant à Hanovre ou Berlin je me sentais vraiment en terre Germanique, autant ici le land du Mecklembourg semble être une transition douce vers le nord de l'Europe. Un peu ce que l'on ressent au Pays Basque, identité propre mais aussi mélange entre l'Espagne et la France, en première analyse. Pourtant on parle bien ici de l'ex-Allemagne de l'est , qui justement à nos yeux est bien plus imagée , imaginée , voire fantasmée pour les ostalgiques que sa voisine de l'ouest. On retrouve peut être encore ce souvenir d'un temps moins séduisant, dans certains bâtiments , dans les discours politiques , dans la collocation de Corinna , dans certains look. Un côté Allemagne profonde qu'il faudra que je compare au modernisme des grands villes de Bavière ou de la Rhur dans de futurs séjours. Mais on pourrait aussi se croire en Lettonie ou en Suède, et ce très souvent. Ce voyage reste avant tout un réel plaisir. Les voyages difficiles apportent d'autres choses et nous retournent plus. Celui-ci fut tranquille et pourtant enrichissant.!Est-ce possible? On peut voir le voyage-vacances comme réussi quand on ne fait rien , reposant le corps et l'esprit . On peut voir le voyage tranquille et dans le mouvement. Beaucoup de choses vues , touchées , goûtées en une petite semaine. Mais de manière douce,sans stress et chose importante , dans le partage. Sans Heiderose, Corinna ou Ulkrike il est certain que l'ambiance aurait été moins joyeuse. Ce voyage m'a permis de me détacher d'une routine quotidienne sans gros projet . Sans télé , sans montre, sans travail , le voyageur existe dans la découverte , dilate son temps de vie et fait le plein d'images pour passer l'hiver. Et chaque fois plus ce sentiment d'être un habitant du monde, cette curiosité qui n' a pas d'autres limites que le temps de nos vie ou parfois la peur (Colombie? Irak?) On peut être bien partout. On est bien nulle part. Je me vois déjà en rentrant postuler pour les villes du nord, de l'ouest, remonter des projets...Curieux paradoxe humain . Trop de choix , trop de vies différentes, trop de pays, trop d'hommes, trop de femmes, trop de combinaisons possible. Le malheur de l'homme selon Pascal vient de son impossibilité à pouvoir être heureux sans distractions. Je ne sais pas. Voir le monde rend-il plus heureux? Si le voyageur poursuit quelque chose , son bonheur, le touche parfois mais ne l'attrape jamais, il faudrait encore plus de chance à celui qui l'attend au coin du carrefour, les pieds coincés dans son petit monde tiède. La Terre est une sphère, si j'en fait le tour...je reviens au même point. Hum...j'y réfléchis. Ce fut un beau voyage.

LE POUR:la découverte de la mer Baltique, les sandwiches au poisson, l'atmosphère des ports, la gastronomie du Mecklembourg, l'ambiance chez Corinna, le côté hors de sentiers battus, le peu de touristes, un musée extra ( l'Ozeanum) , des villes très préservées à l'atmosphère moyenâgeuse, l'appel du Nord et du large, l'organisation allemande et la facilité de déplacement, les étapes de Couchsurfing, l'image d'une autre Allemagne presque Scandinave .
LE CONTRE: une certaine similitude de certains monuments avec ceux de mon voyage à Brême, un peu trop d'église, le froid et la pluie certains jours