Copyright © 2015 les voyages de guirdal - N° de dépôt KESF2M

SUEDE

ÎLe de Froson

Pourquoi la SUEDE ?

Après des semaines de recherches et de débats familiaux, plusieurs options semblaient se dégager pour ces vacances et ce retour dans les aéroports. Les Açores, Chypre et la Suède sortaient du lot. Je trouvais l’idée du road trip pertinente, en avril, première découverte pour certains de la Scandinavie, entre deux saisons. Moins d’équipements à acheter que pour un séjour hivernal mais une ambiance blanche garantie. Atteindre le cercle polaire, rejoindre la Laponie, skier dans des situations exceptionnelles, marcher sur les lacs gelés, visiter les parcs nationaux, rouler sur les pistes désertes, faire un petit tour en Norvège, tester les logements cosy et goûter à la gastronomie de la Baltique...

  Sur le papier le coin avait pas mal d’arguments. Bien sûr la crainte d’un séjour gris et dans le brouillard demeurait mais l’appel du nord fut le plus fort. Avec ce petit avantage de se sentir vraiment hors saison et à contre courant des destinations printanières usuelles. On sort les doudounes et les bottes d’hiver et nous voilà partis.

 

PLAN DU VOYAGE

Voyage avec Cléa, Alice, Caroline, Annie et Thierry B du 8 au 22avril 2023.

Notre  ville d'entrée et de sortie sera  Stockholm.  Une bonne base pour explorer le sud et le centre du pays. Par contre, un peu loin pour visiter la Laponie. Un vol pour une ville du nord serait plus raisonnable.  Le territoire est très grand, tout en longueur. Une superficie plus faible que la France mais un pays qui semble plus vaste car s'étendant sur une grand plage de latitudes. Nous avons choisi un circuit mélangeant la partie maritime, l'intérieur et un peu de Laponie ainsi que quelques zones montagneuses vers la frontière norvégienne. Impossible de tout voir en 15 jours, bien sûr, j'ai du revoir mon programme initial à la baisse. Adieu le cercle polaire arctique, trop coûteux en temps de transfert. On va commencer par  1 nuit proche de l'aéroport. Le lendemain, visite de la belle ville d'Uppsala, centre universitaire de premier ordre, suivie d'une nuit dans les environs. Nous  remontons vers le nord en suivant la côte de la mer Baltique, de loin, passant par les villes de Gävle, Söderhamn, Hudiksvall  avant de dormir 1 nuit avant Sundsvall. Nous visiterons la ville le lendemain ainsi que Härnösand et quelques villages de pêcheurs de la Baltique: Barsta et Bönhamn. 3 nuits à Docksta, notre base pour explorer la Haute Côte de la Baltique. Visite du parc national de Skuleskogens, randonnée vers le Skuleberget

Nous partirons ensuite atteindre le sud de la Laponie pour visiter le parc national de Björnlandets avec une nuit à Gafsele.

Le lendemain, départ pour Östersund et visite des environs avec une nuit sur place.

Transfert pour les montagnes à Fjällnäs, superbe endroit au bord d'un lac gelé où nous passerons 4 nuits. Ski alpin, randonnée en raquettes, escapade en Norvège dans la ville minière de Roros, montée de la plus haute route publique de Suède.

Nous rentrons ensuite vers le sud avec un arrêt au parc national de  Fulufjället pour voir la grande cascade avant de dormir à Mora dans la région du lac Siljan.  Le lendemain, nous visiterons les abords du lac comme la belle ville de Rättvik. Arrêt à Falun, ville minière et sportive classée à l'Unesco avant de rentrer de nuit vers l'aéroport de Stockholm où nous passerons la dernière nuit. 



Carte Suède

PERIODE :
Au niveau du climat, la saison est je trouve parfaite. Nous avons eu beaucoup de chance néanmoins. Du grand soleil quasiment tout le temps, juste un tout petit peu de pluie et une superbe lumière.

Les journées sont longues, la saison est intermédiaire: ambiance pour nous hivernale avec beaucoup de neige mais aussi ambiance de début de printemps. Le meilleur des deux mondes.


Pour en savoir plus sur le climat et les bonnes périodes, voir sur le site de partir.com sur la Suède.

Au niveau de la  fréquentation on est en basse saison, donc on a été bien tranquilles. Nous étions bien souvent seuls, à se demander où étaient les Suédois.  Bien sûr, tout n'était pas ouvert, le pays était un peu endormi par endroits mais rien de gênant pour nous. 


NIVEAU :

Facile

Pour peu que vous parliez un peu anglais il est aisé de voyager  dans ce pays. 

Le paiement est en COURONNES  SUEDOISE. Les cartes bancaires sont très utilisées, il est même souvent impossible de payer en liquide, il faut le savoir.  

Par contre, une voiture est indispensable dès que vous voulez quitter les villes. Ce qui limite le voyage pour les routards adeptes de trains et de bus.  Il faut passer par la case location. Elle fut très simple à organiser de France avec Hertz. Environ 860 euros pour un van Ford de 9 places pour 15 jours, ce qui est un très  bon prix. Compter au moins 1200 euros pour un prix plus normal. 


Pour trouver un hébergement ce fut un peu compliqué car ils ne louent en général pas les draps et les serviettes, et le ménage est rarement inclus. Ainsi sur 30 annonces alléchantes, il ne restait plus grand-chose avec nos critères.  Nous avons presque tout réservé avec booking.com et Airbnb. Le niveau d'hébergement est en général bon. Nous avons dormi en moyenne pour 115 euros pour 6, tout inclus. Ce qui est je trouve un très bon rapport qualité prix.


Niveau physique...rien à dire.   La marche en montagne, dans la neige, peut être très éprouvante  mais il suffit alors de prendre son temps, de faire des pauses et on y arrive. Comme chez nous, il faudra faire avec sa condition physique du moment.  Mais les sentiers sur neige non portante sont parfois impraticables tellement on s'enfonce. Ne pas espérer plus de 2 km/h.


Niveau hygiène, pas une seule alerte de santé.  C'est l'Europe moderne, rien à ajouter.  

Aucun  sentiment d'insécurité . Je n'ai  vu aucune bande de gars inquiétante, ni bagarres, ni scènes violentes. J'ai trouvé l'ambiance très relax, partout. On se sent vraiment tranquilles. 

Un voyage  confortable, relaxant niveau moral  et je rentre apaisé et en forme .


HEBERGEMENT ET BUDGET (2023) :

Le voyage m'est revenu à  1140 euros pour 15 jours ( 265  euros d'avion , 320 euros de logements, 300 euros pour les transports et le reste en  visites,  nourriture et loisirs sur place )  . Ce qui  est   peu cher  je trouve pour deux semaines en Scandinavie dont une journée au ski.  Le rapport qualité prix est bon même si c'est un voyage où on ne se lâche pas en restaurants et en plaisirs de bouche.  


 Sur les entrées de musées, elles sont parfois gratuites, parfois autour d'une dizaine d'euros. Mais globalement c'est le plus souvent gratuit. Comme les parcs nationaux d'ailleurs.  

Une journée au ski pour environ 80 euros, mais mémorable. 11 euros la location de raquettes pour une journée.


Pour nous  nourrir, on faisait les courses  dans les supermarchés  et les petites épiceries. Pas vraiment plus cher qu'en France. Pas de petits commerces genre boucherie ou boulangerie dans les villes rencontrées. Ni de poissonnerie d'ailleurs. 

Pour les restaurants, on en a fait un, à Rättvik. Non seulement le cadre était vraiment  sympa mais on n'a payé que 11 euros pour un buffet à midi de grande qualité. Les "Dagens lunch" sont de vraies bonnes affaires. Je dirais donc, meilleur qu'en France au même prix.

 

Pour préparer ce voyage j'ai utilisé :

SITES GENERALISTES

  • le site du Routard . Toujours une bonne base pour choisir sa destination.
  • le site officiel de l'office du tourisme  . Bien fait. 
  • le site du Lonely Planet . Pas de guide papier. Nous avions un vieux PDF de 2009  qui nous a suffit. 
  • le site du Petit Futé. Toujours très pratique. Le guide papier sera le seul trouvé sur la destination.
  • un site très bien fait sur les parcs nationaux du pays. Indispensable. 
  • un tas de blogs sur la destination, à vous de fouiller un peu. 
  • le site de la météorologie suédoise. 
Greenie en avion


S’il est en France une entité qu’il m’est difficile de critiquer, c’est bien sa compagnie nationale d’aviation. A tous les niveaux : personnel, attente, embarquement, vol, je la trouve irréprochable. Notre transfert depuis Toulouse fut un plaisir sans turbulence. Escale au hub parisien de quatre heures pour une arrivée dans l’aéroport endormi de Stockholm au tournant des dates. Nous appelons l’hôtel, une navette vient nous chercher. Tout est calme et désert dehors. Mais où se cachent donc les Suédois ?


Au fait, Greenie est en permission, il quittera la forêt Daussoise pour des vacances bien méritée.

UPPSALA 

JArdin botanique Uppsala

La nuit sera confortable dans cet hôtel parking sans âme et sans volets. Loups, boules quies, toilettes et douches dans le couloir. Rien n’empêchera un sommeil réparateur. Petite machine à café et à cappuccino dans l’entrée, on déjeunera comme on peut de quelques fruits et biscuits sortis du bagage de soute. Déjà les employés s’affairent à nettoyer les chambres. La navette n’arrête pas de convoyer des voyageurs vers l’aéroport. Bientôt notre tour. Efficace, on se retrouve cinq minutes plus tard devant le stand de location Hertz où en quelques minutes  un gros fourgon floqué de la marque nous est offert. A la minute près, pour ne pas payer un jour de plus. On ressent ici une rigueur toute nordique ou bien un idéal de justice. On ne triche pas, voilà tout.

Comment faire plus touriste avec notre mégahertz, comme disent les filles? Quelques minutes pour comprendre l’allumage de l’engin, vérification et photographies des rayures et nous voilà lancés sur l’autoroute direction Uppsala. Trafic peu dense, vraiment tranquille. Sentiment de sécurité, je pourrais presque conduite. Nous nous garons facilement sur un parking gratuit que j’avais trouvé sur un site de camping car. Quatre heures devant nous. Grand beau temps et nous sommes juste à côté du jardin botanique, but principal de la journée. Nous commençons par traverser un grand cimetière, aux tombes sombres, sans fleurs, marqués par un petit espace de sable sombre, soigneusement ratissé devant les pierres tombales. Pas de fleurs comme chez nous. Passage au milieu de beaux bâtiments appartenant à l’université d’Uppsala, le Cambridge suédois. C’est vrai que le centre de la ville respire la matière grise. Moins qu’à Harvard, mais nous sommes un dimanche de Pâques.



Jardin botanique Uppsala


-Le jardin botanique : vraiment intéressant, malgré la saison. La neige tient encore au sol, la végétation est grillée ou inexistante mais le plaisir est là, un dimanche, avec les locaux qui prennent le soleil. L’Orangerie, gros bâtiment ocre, est malheureusement fermée. On remarque un peu frustrés les beaux arbres et arbustes, les grandes plantes, de derrière les verrières.

Au bord d’un petit étang partiellement gelé, on se recueille devant un buste de Carl Von Linné, le célèbre botaniste pape de la toponymie, Canis lupus, c’est lui !  Le jardin, premier jardin botanique créé en Suède, est d’ailleurs appelé aujourd'hui « Jardin linnéen ». On se rattrape avec la serre tropicale, ouverte pour un peu moins de cinq euros. Gros choc thermique forcement.

 On se régale des différentes atmosphères : forêts humides, zone désertique, étang et nénuphars, vanille et poivre dans la salle Victoria, jardin d’hiver avec tables pour profiter ou même pique-niquer et salle des orchidées incroyable. Des couleurs, des senteurs, des plantes endémiques de coins tellement exotiques et sous une belle lumière, sans trop de monde, c’est un réel plaisir. Les alentours sont très bien agencés, avec une quantité innombrable de plantes, du moins en saison. 

Un peu plus loin, derrière l’Orangerie, nous profitons d’un très beau petit coin de forêts, avec quelques grands arbres remarquables.
Encore beaucoup à se promener, mais la zone entre l’Orangerie et le château, proche, est en travaux. Une très grande étendue, se jouant des perspectives, ajustée géométriquement entre le bâtiment et le château, sur une hauteur.


Château Uppsala

-Le château : Nous le rejoignons en longeant le Jardin Anglais, près de la bibliothèque Carolina Recidiva, que nous n’aurons pas le temps de visiter. Quelques marches plus tard, nous arrivons devant sa façade. Massif, couleur orange rose, très grand. On ne visite pas mais il y a un musée d’art à l’intérieur. Un car et pas mal de monde  sur le terre-plein, en particulier près de la cloche et des canons, pour avoir une belle vue sur la ville et la cathédrale toute proche.

Nous descendons par des routes piétonnes et des escaliers, essayant de ne pas glisser sur les graviers, mis un peut partout en ville pour éviter d’autres glissades. Les restes de neige, la lumière, les bâtiments colorés, on se rappelle Prague par moment, Turku en Finlande, Tartu en Estonie. Bref on est au nord.



Musée Uppsala


Nous rejoignons le bord de rivière où nous comprenons les allusions à Amsterdam, lues sur un guide de voyage très célèbre.  C’est vrai que tout est charmant dans ce centre. Une grosse ville de plus de 250 000 habitants tranquille, un dimanche.


-Le musée : Au bord de l’eau dans une belle bâtisse blanche. Accueil très souriant, vestiaire cosy et champêtre pour laisser les sacs et les vestes. Dehors les poussettes, parfois accrochées, parfois non. Seul un étage du musée est ouvert, dommage. 

Une exposition sur les runes, caractères d’écriture scandinave anciens souvent gravés sur de grosses pierres où les anciens laissaient des messages pour la postérité. Peu de traduction en anglais, dommage. On suit une sorte de grand gars genre Viking, crane à demi rasé et longues tresses. Les  gars sont plutôt lookés dans cette ville. Brushing et cheveux blonds à la Brad Pitt, belles fringues. Pour les femmes, pas encore de mannequins en vue mais cela ne saurait tarder. 

Une autre exposition relate l’évolution de l’habitat, de la nourriture, de l’artisanat du pays suivant les siècles. Pas immense mais sympa de voir les vieux harengs marinés, les maquettes d’habitation sous verre genre bateaux dans bouteilles. Pas inoubliable, on sent qu’on est dans la morte saison et que le musée se refait une peau neuve. Mais c’est gratuit, alors, on est content.





 


Biotopia Uppsala


-Comme il nous reste du temps on fonce vers le Biotopia, petit musée de la nature, à quelques centaines de mètres. On parcourt pour s’y rendre de larges avenues calmes.

Un endroit très sympa où les familles se retrouvent. Tout est ici fait pour les enfants avec en rez de chaussée, des petits recoins pour lire devant les bibliothèques mises à disposition, pour s’amuser, des tables pour boire des cafés, grignoter des biscuits (des Wasa). 

A l’étage plusieurs dioramas très bien faits : en hiver, en bord de mer, dans la forêt...En appuyant sur des boutons, les éclairages changent et l’ambiance devient sonore. Rien ne bouge mais le fait d’éclairer différemment et de rajouter les sons donnent vie à ces scènes. Comment faire grand avec pas grand-chose ? Astucieux. On repère l’élan, le loup, le lynx, le tétras, la chouette harfang. 

 Une salle de laboratoire avec d’autres animaux empaillés où il doit y avoir des animations en saison.  Un très bel endroit sans prétention, plein de vie, si éloigné de certains musées de ce genre, qui souffrent d’un ennui mortel.



Cléa devant l'orgue, Uppsala
-La cathédrale : La plus grande de Scandinavie. Imposante, forcement avec ses deux tours en brique rouge. Dedans, passage devant la stèle de von Linné, le Newton suédois dans le Westminster national.

Beaucoup de richesses, chaire, gisants, chandeliers sculptés, on lit les rois et les illustres. Point d’orgue de la visite, l’orgue. L’organiste joue devant nous en face d’énormes tuyaux, assez neufs il me semble, un Ruffatti de 2008.  Devant ses sonorités vibrantes, je repense à ce que devaient être les obsèques d’Elizabeth II, souvenir encore frais et sommet de l’émotion. Curieux de notre intérêt, le monsieur propose à Cléa de jouer. Comment savait-il quelle connaissait ses gammes? Et voilà ma nièce de 16 ans jouant une improvisation de Fauré dans une cathédrale! Quel instant ! Elle ne s’est pas démontée et je pense qu’elle en gardera un souvenir inoubliable. Jouer de l’orgue dans la plus grande cathédrale de Scandinavie, un dimanche de Pâques, ce n’est pas rien. Un peu plus loin, une drôle de dame nous intrigue. Elle semble vivante et plusieurs fois j’hésite à m’en approcher. Une statue de cire incroyable de vérité qui garde un gisant.
Il reste encore une église puis le Gustavanium, édifice de l’université et son célèbre théâtre anatomique que j’aurais adoré voir mais qui est malheureusement fermé.
Et puis nous devons acheter à manger (merci Lidl) rouler, cuisiner…


Dès la sortie de ville, nous sommes frappés par la quantité d’animaux : partout, des dizaines de chevreuils, des cygnes, des oies…Où est donc Niels Holgersson ? Le paysage nous fait aussi penser à la version agricole des plaines américaines. Les maisons sont rouges, il n’y a pas de village avec un centre comme en France, mais des maisons posées ça et là.  Drôle d’impression. Un peu de neige autour de nous, déjà.
Nous dormirons dans une très belle petite maison, près du vieux fourneau Husqvarna, entouré de volatiles et de champs. Une très belle première journée. Ambiance, atmosphère, paysages, le dépaysement est présent, plus tôt que prévu. Il ne nous lâchera pas du séjour. 


La Valette

Le lien vers les PHOTOS  de  Uppsala.




GÄVLE

Gävle

        Nous quittons la ferme vers 10h  pour rejoindre la ville de Gävle, à moins d’une heure de route. Autoroute tranquille, la plupart des Suédois rentrent du nord pour ce lundi pascal. Défilé de belles voitures bien disciplinées. Heureux d’être à contre courant.

Gävle est une ville d’environ 70 000 habitants, proche de la mer Baltique sans pour autant respirer l’air du large. Seules les mouettes à têtes noires nous rappellent cette proximité. Le centre ville est bien désert en ce jour férié, le premier parking, gratuit « comme un dimanche » nous confirme une passante, ne nous inspire pas confiance. Il faut dire que notre fourgon Hertz n’est pas très discret. Nous le sommes encore moins quand le coffre ouvert, nous nous préparons à partir en balade. Nos sacs remplis pourraient inciter à la dérobade. On se déplace en plein centre, le long d’une rue plus fréquentée. J’avais imprimé avant de partir un petit parcours en ville de deux heures, proposé par l’office du tourisme. Rien de bien grandiose mais bon, on se lance.

Dès les premières minutes de marche, je me fais remarquer, en bon français. Traverser une rue déserte hors des passages piétons, sans appuyer et demander la permission à la machine, est ici très mal vu. Une dame me reprend alors. Ah la rigueur Suédoise!


Gävle

    Une fontaine, un théâtre remarquable avec Moliére et Shakspeare, mal orthographiés, écrits dessus, censé être une petite copie de l’Opéra Garnier, une banque en pierre rouge, une place « du marché » déserte et austère, une rue commerçante et des boutiques non franchisées. Je n’ai pas l’impression d’être dans la Suède riche et moderne, plutôt dans des villes ouvrières d’Angleterre ou d’Ecosse. Les gens s’habillent en couleurs sombres et parlent peu. D’ailleurs c’est ce silence et ce manque de vie, d’humains qui nous  marquent. Tout est très calme et vide. Un lundi de Pâques, sûrement. Nous poursuivons vers l’église, un peu penchée. La messe nous empêche d’y entrer. Promenade le long du parc de Boulogne. Quelques statues, des mamans et des poussettes. Une eau sombre, ferrugineuse, tourbée, quelques crocus colorés mais une nature morte, grillée. 

Gävle

     La neige est encore présente, le printemps n’est pas encore de saison. Quelques promeneurs, des pêcheurs à la mouche.  Passage près du vieux stade du début du XXème siècle, statue du champion local de l’époque.  Salle de concert de 1998 avec des milliers de blocs de céramique bleue en façade. Quelques énormes maisons en bois, d’autres plus petites mais anciennes, un château qui ressemble plus à un immeuble, massif.  Le clou, et le but de notre arrêt, est le vieux quartier de pêcheurs préservé. Un pâté de maison rouge et jaune, des rues quadrillées pavées. Charmant. Souvenirs de Finlande, avec un peu moins de neige. Pas de volets en Suède, mais des vitrines décorées: petites figurines, animaux...à côté des autocollants « Alarm ». Personne à part nous, les maisons sont pour la plupart bien tenues mais tout n’est pas habité en permanence. Un endroit de massage non loin, un néon, un homme qui sonne et une porte qui s’ouvre.

 En bord de rivière, vieux bâtiment genre étable, gros bâtiment du musée de la ville, fermé. Grand hôtel, façon  Wes Anderson. Toujours aussi peu de bruit en ville. Au final, une ville dans laquelle je ne me verrais pas vivre. Un peu terne en ce début d’avril. Mais la petite  vieille ville vaut le détour.


SÖDERHAMN

Oscar Berget Söderhamn

Nous poursuivons par l’autoroute vers Söderhamn, ville d’environ 25 000 habitants, que nous atteignons le ventre vide. Le trajet est monotone, même si Thierry tente un détour sans succès pour passer par la campagne et quelques lacs gelés. 

Nous pique niquerons au pied de la tour d’Oscar Berget, pour la vue sur la ville qui n’inspire pas trop non plus. Pas trop d’âme, pas vraiment riant. La tour blanche est fermée, nous ne verrons pas la mer. Nous goûterons ses produits : diverses sortes de harengs en marinades, à la moutarde, toutes  sucrées, accompagnés de caviar de poisson en tube. On mange typique, pas un régal mais cela passe, pour un début.



HUDIKSVALL

Hudiksvall

      Etape suivante, après un bon tronçon d’autoroute: Hudiksvall. Une minuscule vieille ville composée d’une unique allée de maisons longeant un canal menant à la mer Baltique. Personne, on se gare juste devant ! Les maisons sont rouges, quasi identiques, alignées. On note le calfeutrage entre les planches, les quelques anneaux pour accrocher d’anciens bateaux. Rien de plus. Mais avec le froid, l’eau partiellement gelée et l’absence totale de touristes, c’est assez sympa.  Non loin, nous allons enfin voir la mer Baltique, entièrement gelée. Les pontons sont déserts, tous les bateaux sont à l’hivernage. On se promène devant quelques vieux bâtiments du XIXème siècle dont des entrepôts encore dans leurs jus.  Agréable malgré le vent froid. Nous croisons quelques rares promeneurs.

 

 


Suède

      Il reste maintenant à rejoindre notre escale du soir, à Backarang. Trajet qui va se révéler une petite aventure en lui-même. Quittant le réseau principal, on se retrouve vite sur des routes partiellement déneigées et recouvertes de graviers. Des maisons rouges partout, de la neige de plus en plus épaisse. On repère les traces des motoneiges sur la glace, et même un anneau de glace et des patineurs. 

Sur un grand lac, le vent  a craquelé la neige et fait ressembler les abords à la banquise. Des fractures de glace vive parfois de plus de 2 mètres. Très impressionnant et surprenant sur un lac. Des pontons charmants, des tables pour pique-niquer.  Peut-être un coin célèbre en été. D’ailleurs on croise de charmants campings très cosy et natures. Bientôt la route devient une sorte de piste. Ambiance hivernale et sentiment d’isolement. Pas l’endroit pour avoir un problème mécanique. On avance lentement, cherchant les élans et les gloutons. Il y en a, le propriétaire de la ferme où nous dormons ce soir le confirme. Des animaux agressifs en nombre, beaucoup d’ours et un lynx autour de la ferme ! Superbe ambiance et gîte très confortable. La Suède que l’on imagine. Un mètre de neige devant la porte, la forêt, le bonheur. Au final, une journée de transfert avec assez de route. La fatigue pointe son nez, le froid aussi. On va devoir bien se couvrir et se nourrir les prochains jours. Deux épaisseurs hier, trois aujourd’hui. Demain je sors la doudoune !

 

Suède

    La maison est assez fantastique. Au sous-sol, une salle de gym et un sauna très chaleureux avec un petit salon lounge à ses abords. Les filles de Gradignan ne résistent pas à l’appel des hautes températures. Et bien sûr elles feront la totale : toutes nues dans la neige, 3 fois ! Marrant de les entendre hurler plus fort que le glouton.

 La nuit est très confortable en pleine nature. Le patron, un peu « Brad Pitt suédois en moins beau » d’après Caroline, nous raconte l’histoire des lieux. Le temps d’avant et la centaine d’habitants qui vivaient dans les environs de la ferme. Un départ vers la Pennsylvanie. La neige ? «  Il y a trois semaines il y en avait jusqu’à l’épaule, là c’est la fin. » Le ski ? « Si vous êtes professionnel, Are, sinon Hassala c’est bien, Funäsdalen aussi, mais attention aux routes. Vous avez de bons pneus ? »


SUNDSVALL

Sundsvall

 Nous quittons ce superbe endroit pour Sundsvall, la cité de pierre, reconstruite grâce aux assurances  après un incendie. L’approche n’est pas désagréable, entre deux collines et la mer. L’une offre de belles pistes de ski, l’autre, but de notre excursion, héberge un superbe musée en plein air, sur Norra Berget. Le jour n’est plus férié mais la ville, pourtant grande, n’est pas très animée niveau trafic. Quelques gros bâtiments en pierre puis nous nous garons sur la colline. Un hôpital, une école, des immeubles, l’endroit est colonisé mais il reste beaucoup de nature.

Le musée en plein air est une réussite. Des dizaines de maisons anciennes ont été démontées et reconstruite ici. Beaucoup de familles en ce jour particulier, riche en animations. Nous rencontrons les poulets, les chèvres et les moutons les plus heureux de Suède. Tous dans des enclos séparés.  C’est nickel, propre comme au cinéma. En saison il y a aussi des lapins et probablement d’autres espèces. Certaines maisons sont ouvertes, pas toutes. Moulin, ancienne étable, ancienne église, un musée dans le musée (que l’on ne visitera pas, sauf sa boutique), ancien camp Sami (ne pas dire lapon !), restaurants, cafés, il est très agréable de déambuler dans ce lieu, gratuit, bizarrement.

Sundsvall

Le musée en plein air est une réussite. Des dizaines de maisons anciennes ont été démontées et reconstruite ici. Beaucoup de familles en ce jour particulier, riche en animations. Nous rencontrons les poulets, les chèvres et les moutons les plus heureux de Suède. Tous dans des enclos séparés.  C’est nickel, propre comme au cinéma. En saison il y a aussi des lapins et probablement d’autres espèces. Certaines maisons sont ouvertes, pas toutes. Moulin, ancienne étable, ancienne église, un musée dans le musée (que l’on ne visitera pas, sauf sa boutique), ancien camp Sami (ne pas dire lapon !), restaurants, cafés, il est très agréable de déambuler dans ce lieu, gratuit, bizarrement.

Sundsvall

 Côté animation : un bibliobus, un marchand de saucisses, et une grande salle sur le thème de l’œuf pascal, avec une belle colonie de poussins tout mignons et heureux, un lapin, des jeunes et moins jeunes qui dessinent sur des assiettes. C’est très sympa et instructif de voir comment les suédois traitent et éduquent leur jeunesse, toujours à l’honneur. Dehors, les barbecues ronflent, les saucisses grillent. Nous continuons à marcher jusqu’à la haute tour qui surplombe la ville, malheureusement fermée. La vue reste néanmoins saisissante, jusqu’à la mer toute proche. J’apprécie beaucoup des musées et là, avec la neige, les lieux gagnent encore en cachet. J’avoue toujours rechercher ce type de musée en plein air, partout où je voyage.

Nous quittons les lieux et nous décidons de ne pas nous rendre dans le centre-ville pour visiter le musée et le Kulturmagasinet, préférant nous rendre à Harnosand, à quarante minutes de là.


HARNOSAND

Musée Harnosand
L’endroit est intéressant pour deux sites, situés au même endroit : le musée Västernorlland et le musée en plein air de Murberget.

Les abords de la ville ne font pas rêver avec une immense  usine de pâte à papier en bord de mer.  Les musées se trouvent sur une colline.

Nous mangerons sur un parking nos harengs marinés et nos pâtes de poisson avant de foncer au musée Vasternorrland, gratuit.

Les expositions sont modernes et attrayantes bien que peu traduites en anglais.

 Le voyage antique avec neuf mille ans de traces humaines nous plonge aux  âges de pierre et de fer. On y rencontre la vie des colonies, un modèle d'une maison, des pétroglyphes animés et des films pour les enfants. Clou des lieux, la Femme de Lagmansören, une reconstitution d'une femme de l'âge de pierre décédée il y a environ 4 000 ans, au regard si réel. L’exposition se poursuit avec l’ère des grandes puissances – des années 1050 aux années 1680. Modèle de redoute, cabinet d’autel, stations de senteurs (on met le nez, on appuie, et voilà la poudre à canon ou le marché aux poissons). Un endroit sympathique.

Parc Harnosand



L’extérieur, musée en plein air,  est aussi exaltant avec un peu la même structure que celui visité hier à Sundsvall. 
 Un musée parmi les plus grands de Suède avec des bâtiments et des environnements qui reflètent le logement, l'histoire sociale, l'éducation, l'importance de l'église et de la paroisse, le réseau routier, les moulins à fer, la culture samie, la période d'après-guerre et la culture de la ferme. 



Un concentré d'histoire du Nord.  Le premier bâtiment a été déplacé ici en 1913 par un homme qui pensait que voir des bâtiments et des objets permettrait aux enfants de voir et d'apprendre plus facilement les époques et les modes de vie passés. L’effet est saisissant encore aujourd’hui. 










Parc Harnosand



Un vrai décor de cinéma comme cette place avec l’hôtel de ville, le magasin de jouet du centre d’Harnosand et d’autres vieilles maisons en bois formant un mini quartier. Les intérieurs sont fermés, des employés y travaillent peut-être pour préparer la saison mais je suis sûr qu’en été il doit y avoir des scènes et des intérieurs reconstitués.  Un peu plus loin, des campements Samis, une église et une animation culinaire.

 Une dame propose une friandise cuite au feu de bois à base de farine et de cannelle. Alice et Cléa n’y échapperont pas. Juste déambuler et s’imaginer dans l’ancien temps. Une visite très agréable.

 


La Valette

Le lien vers les PHOTOS  des villes de la Baltique.




LA HAUTE CÔTE DE LA BALTIQUE

Barsta

**Les villages de pêcheurs**

 
Des lacs gelés, encore et encore, la campagne, la route en gravier. On repère les traces des motoneiges et les cercles de glace sur la surface. La saison semble terminée mais on repère un pêcheur faire son trou sur la glace. Nous nous rendons sur la Haute Côte, pour voir les villages de Barsta et de Bonhamn.

Le village de Barsta est très photogénique. Un peu désert. Un petit restaurant qui semble ouvert les weekends. Un camping sous la neige. Un ponton et un ferry pour l’île d’Ulvon, en saison.  




Barsta


Le temps est bien frais. Les petites maisons rouges et les petits pontons privés sont bien proprets. Pas sûr que ce coin soit vraiment un coin de pêche actuel, peut-être un ancien village. Petite chapelle en bois offrant une belle vue sur le petit port. Pas un filet ni une caisse ou un casier en vue. Des poteaux pour faire sécher les poissons et leurs crochets pourtant. Un lointain air des Lofoten. Je doute. Mais l’endroit est très beau.









Bonhamn


Le prochain village, Bonhamn sera encore  plus beau avec sa belle brochette de maisons rouges, des crochets à poissons, un ponton et la mer partiellement gelée. Le site est superbe et on est dans l’ambiance que l’on recherche, sans aucun doute. Pas de vie, pas de commerces, quelques habitants coincés chez eux.

On n’aura pas le temps de faire le prochain village remarquable du coin. On rentre par des routes parfois pentues et limites côté enneigement.







Mer Baltique

Nous arrivons à Docksta, confiants, pour la soirée. Ville par vraiment accueillante, en bord de grosse route. Un ponton, des bateaux militaires et une sorte de trainée façon brise glace fend la couche de glace encore bien présente.

La soirée sera fort peu agréable. Mésentente avec les propriétaires de la maison. Je me vois contraint d’appeler plusieurs fois Magnus à Stockholm. On n’a pas d’eau et il n’y a que quatre couchages. Sa femme change même l’annonce en cours de discussion !  On va passer la soirée à envoyer des messages et à essayer de trouver où dormir. Thierry et moi partons en pleine nuit à la recherche de la station de distribution d’eau du quartier pour ouvrir les vannes ! On  déménage d’une petite cabane extérieure un matelas pour l’installer dans la salle à manger, on prend les draps et les couettes en fouillant partout. Un peu énervés et fatigués. Vraiment pas confortable comme accueil. Voilà le risque des boites à clés. Fort contraste avec les premières nuits. Et on doit rester 3 jours ici !



Skuleberget
**Ascension du Skuleberget**

Vu l’ambiance générale et la soirée mouvementée, j’ai pris l’initiative ce matin de ne pas mettre de réveil. De mon matelas sur le plancher, j’émerge vers 9h et profite d’un mince filet d’eau chaude pour me laver dans la maison endormie. Deux heures plus tard, tout le monde sera enfin près pour partir en randonnée. Heureusement, ce matin, pas de longs trajets en voiture. Nous sommes au cœur de la High Coast. 
Objectif du jour : le Skuleberget, un petit sommet de moins de 300 m d’altitude mais qui en bord de Baltique fait figure de montagne. Nulle part ailleurs que dans cette partie de la Suède les rives cette mer plate sur les bords ne s’élèvent autant. Au niveau géologique, le coin est remarquable pour offrir la plus haute ligne de côte du monde. Une histoire de champs de glace, de fonte des glaces et d’élévation des terres. Un endroit où même le grand Linné aurait étudié la botanique dans une grotte. 




Skuleberget

A une poignée de kilomètres de notre maison, nous commençons par nous garer au pied du nouveau télésiège montant au sommet. Une piste de ski permet même de redescendre de là-haut. Il y aurait de quoi pratiquer encore plusieurs semaines ici mais tout est pourtant fermé. Le Skulebergert n’est pas impressionnant depuis son pied, même si une de ses faces est riche de plusieurs via ferrata.  Beau temps, soleil. J’essaye quelques mètres sur le sentier pour vite m’apercevoir que la progression est impossible. Trop de neige, trop physique.

On se rabat sur une autre voie d’accès depuis le camping de Friluftsbyn, non loin. Là est la voie principale je pense, bien balisée de points bleus tous les 5 mètres. La sente est mieux tassée, du moins le croit-on. Alternance de neige et de roches, puis alternance de neige et de neige. Peu de kilomètres mais l’effort est double sans accroche.  Les vues magnifiques sur l’archipel, les bras de mer et l’horizon de la Baltique valent les efforts.

 
Skuleberget
 Près du sommet, nous mangerons dans un très grand refuge, rien que pour nous. Nous ne croiserons personne de la journée. Un grand poêle qui pourrait être dans un pavillon, tout neuf, des tables, des baies vitrées : le luxe pour un tel endroit. Il est très agréable de profiter de la vue magnifique bien à l’abri des éléments. D’ailleurs le temps commence à changer. La pluie arrive, on se couvre. 
Au sommet, un grand café en bois, moderne mais fermé. Juste à côté, l’arrivée du télésiège, recouvert de neige jusqu’aux sièges ! Là débutent les choses sérieuses. La quantité de neige est impressionnante. Les pontons de marche sont recouverts jusqu’à la rambarde, on marche parfois sur une crête de 60 cm posée en équilibre sur le chemin. On finit même par faire de la poutre sur rambardes ! La suite est encore plus « chalenging » comme le commentera le responsable du musée que nous visiterons au pied du pic. On s’enfonce les jambes entières, on s’extrait de la neige puis on recommence. 




Skuleberget
 



On évite les trous, les pièges...On rigole par mal mais c’est épuisant. Thierry, le plus lourd,  se fait une contracture au mollet. On essaye de ne pas se bloquer les genoux.


L’endroit est connu pour son micro climat, sa faune et sa flore. On repère des fientes de tétras et des crottes d’élan, un pic épeiche occupé à se frapper la tête et des griffures (d’ours?) sur un arbre.







Naturum Skuleberget
 
La fin du sentier, à plat, vers le centre de nature Naturum, est risible de difficulté. Une neige qui ne porte pas, sur une longueur de jambe. On marche, on tombe, on marche, on tombe. Jamais vu une telle difficulté sur une route forestière qui sera toute anonyme dans quelques semaines. La neige suédoise n’est pas comme la nôtre. 

On arrive bien crevés dans le centre où l’on se repose jusqu’à la fermeture. Le responsable nous explique les particularités de cette côte devant un grand plan en relief et dans un anglais parfait. Quelques clients profitent du fika, la pause café suédoise. 

 Les expositions sont très bien faites et vraiment modernes. Sur l’impact du réchauffement climatique, sur l’histoire géologique des lieux, sur les parcs des environs. Des écrans sur lesquels on visionne des images de l’ancien temps, des maquettes, des gros insectes accrochés par des fils tombant du plafond, des animations sur les cris des animaux, des petites mésanges posées ça et là, un stand de dessin pour enfant (une habitude en Suède) où Cléa et Alice s’essayent sur une algue, un pouf pour se reposer (on n’en sortira pas indemne), un tronc d’arbre creux rempli de coussins et d’ images des pics (les oiseaux) du coin.

 Bref, un endroit très cosy, très scandinave. Des baies vitrées, la neige dehors. Nous sommes bien en Suède. Nous n’aurons pas la force (la folie) de rentrer à la voiture par le chemin à neige mouvante qui nous attend. 


On longera alors la route E4, non loin des camions Volvo transportant les grumes, pour finir dans le centre de Docksta, Thierry ayant bifurqué pour aller chercher la voiture. La petite ville n’est pas très glamour, genre ville de routiers. Terrain de football gelé, patinoire gelée, mer en train de dégeler.  8 km 5 en 4 h, pas une moyenne olympique mais voilà le prix de la marche en neige profonde. Ce soir, devant la véranda, nous profitons du soleil rasant, d’un bon feu et d’un repos mérité. On tartinera les Wasa de caviar de poissons, essaierons les roulés à la cannelle, les yeux dans la neige.


Une petite vidéo ( 1 min 18) sur l'ascension du Skuleberget.

Parc de Skuleskogens
        **Parc national de Skuleskogen**

 

Réveil un peu brumeux et fortes pluie sur la véranda. Le programme du jour entièrement axé sur la marche, je suis un peu inquiet. Vérification des modèles météorologiques : le temps devrait s’améliorer en journée. Nous partons pour le parc avec une ambition atténuée. 
En fait, la quantité de neige qu’il reste sur les sentiers remet en cause la plupart de mes projets. Nous choisissons l’entrée sud du parc, à huit kilomètres de notre maison.
 La route est comme d’habitude, déserte, les maisons, comme d’habitude, vides. On se demande où sont les suédois. On ne croise jamais une voiture, on ne double personne, dès que l’on quitte les grands axes. Nous espérions un peu moins de neige sur un  sentier côtier que sur une colline. On se rend vite à l’évidence, ce ne sera pas vraiment le cas ici. 
Nous arrivons sur un parking totalement désert. Nous sommes les seuls. Les premiers mètres sont significatifs. Rien que pour faire les deux cents mètres qui nous amènent à la petite cabane de l’entrée du parc, avec ses tables et ses panneaux, et cela ressemble à de la marche forcée. 






Parc de Skuleskogens
      

Un mètre de neige colérique qui ne supporte rien pas et la galère à chaque pas. 
Le sentier de grande randonnée de la Haute Côte passe heureusement par là et un semblant de sentier un peu tassé nous amène à le suivre, ainsi que son balisage orange.



 Un peu moins pire que prévu, on essaye de deviner les passerelles en bois qui parfois se découvrent pour un sentier en équilibre. Gare à celui qui place un pied à  côté, la meilleure technique d’ailleurs pour trouver la bonne trace. Les erreurs de placement, les trous latéraux nous guident. Durant l’essentiel de la journée on fera très attention à éviter les ponts de neige, les ruisseaux, les lacs, les espaces entre rochers, les trous...
Imaginer un paysage recouvert d’un mètre de neige molle qui recouvre un paysage truffé de pièges.







Parc de Skuleskogens
     


Celui qui passe devant prend les risques. Caroline et Alice mettront d’ailleurs les pieds dans l’eau, Thierry aggravera sa contracture.

Le sentier commence par de beaux passages en forêts, longe des zones humides et arrive vers un site assez incroyable : le Slattdalsskrevan.

 


Au pied d’une colline, la pente s’élève, le sentier passe sous un rocher bloqué entre deux parois, la porte des Trolls, puis s’élève encore jusqu’au sommet d’une faille de quelques mètres de large, entre deux parois d’une quarantaine de mètres. Le spectacle est incroyable, un bout d’Islande, de Seigneur des Anneaux. D’ailleurs le coin est connu pour avoir été un repère de brigand et un haut lieu de sorcellerie, présence d’être surnaturels attestée ! 
Le vent s’engouffre dedans et la température est bien plus froide qu’ailleurs. Un vrai frigo ! 



Des cascades de glace sont collées à la paroi, l’eau suinte. L’endroit est assez magique dans ses conditions. Nous croisons un couple avec des raquettes, la seule présence humaine du jour. 
Parc de Skuleskogens



Une fois la faille franchie, la vue devient fantastique sur la Baltique et ses multiples îles. Le bleu sombre de la mer, l’archipel, la végétation, tout me rappelle les côtes de l’Adriatique mais avec du blanc partout. C’est magnifique. 
Nous descendons ensuite vers un lac gelé, Tärnatt-vattnen, par un sentier-toboggan de neige épaisse très agréable mais assez périlleux entre les rochers.



 




Parc de Skuleskogens
   
Nous trouvons une cabane avec quatre couchages confortables, un poêle, comme toujours très bien agencée avec sa réserve de bois, son marteau et un fendeur de buches, une petite bibliothèque et très peu de tags comparé à chez nous.   Nous y prenons notre pique-nique à l’abri. Un abri pas si sécurisé, Cléa se heurtera la tête avec fracas dans le linteau de la porte d’entrée. L’endroit est vraiment très beau avec les collines et la neige.

 







Sur la glace, des traces de sang et un trou. Sûrement des pêcheurs et leurs prises. Nous quittons le sentier principal pour Näske-bodarna. Vues magnifiques sur la côte et le soleil de retour. 



Kälsviken
   Arrivant près de la côte, la neige sur le sentier disparaît un peu, on voit enfin la terre, le sol, le vert. Le sentier longe la berge, on s’y promène avec plaisir. Le bruit des vagues, les galets et les blocs de mer gelés, le spectacle est très original pour nous. 

Nous finissons le sentier côtier à Kälsviken, une baie très photogénique, avec un abri, un foyer, des oiseaux et un peu de banquise. Nous profitons de ces derniers instants au bord de la mer. La voiture n’est qu’à quelques centaines de mètres par une route très enneigée. Nous retrouvons le parking aussi vide que ce matin. Une superbe journée. Bravo aux plus anciens, au blessé et aux non-sportifs pour ces cinq heures de marche dans la neige ...pour à peine 10 kilomètres.

De retour nous nous arrêtons dans une petite baie pour, autour d’un ponton, se tester à la marche sur glace, en équilibre sur les glaçons. J’aurais aimé une chute filmée, elle n’est pas arrivée.

Soirée tranquille devant la cheminée. A 21h, on y voit encore dehors !



La Valette

Le lien vers les PHOTOS  des bords de la Baltique.


Une vidéo ( 4 min 07)  sur le parc national de Skuleskogen sous la neige.Magnifique. 



LA LAPONIE: PARC NATIONAL DE BJÖRNLANDET

Laponie

Nous quittons notre petite maison dans la matinée, disant au revoir à la mer Baltique. Nous prenons la route E4, plein nord, encore une quelques dizaines de kilomètres avant de basculer plein nord-ouest. Notre but du jour : atteindre le parc national de Bjornlandets, en pays Sami

En Laponie quoi. 

La route est très belle avec une multitude de lacs et de maisons rouges et de lacs et de maisons rouges. Cela a beau se ressembler, cela ressemble à du beau alors on ne se lasse pas.




Parc de Bjornlandets

 

            La route devient bientôt une piste qui devient elle-même une piste pourrie pour atteindre le parc. C’est limite mais on atteint quand même le parking. On y retrouve un énorme camion aménagé en camping car. J’en avais déjà vu un en Nouvelle Ecosse. Le genre de véhicules du grand nord que l’on ne trouve pas sur les lieux trop courus.  Là c’est de l’explorateur à la dure. Le couple est justement en train de vérifier les clous installés sur les énormes pneus!  Je suis une peu rassuré de les rencontrer car cet engin pourrait nous être d’une bonne aide en cas de plantage au retour.







Parc de Bjornlandets
           Le gars nous avoue que ce n’est pas trop la bonne heure pour parcourir ces routes. Nous sommes en fin de matinée, le temps est superbe, on verra bien. Le parking est situé au bord d’un lac entièrement gelé. En faire le tour serait déjà un bon programme pour aujourd’hui. Dès le début des sentiers on sait que cela ne sera pas simple. Une bonne couche de soixante-dix centimètres recouvre les pontons ! Bien plus sur les bords. Impressionnant. Nous suivons les balisages, le sentier porte assez bien, car tassés par un passage de raquettes. Tout est plat, dans une forêt clairsemée. Ici les arbres ont parfois mille ans. Une superbe forêt primaire dont des parties ont souvent brûlés. Il reste ici et là des  restes de troncs calcinés. A la première bifurcation,  nous essayons un sentier un peu plus ambitieux. Au bout de cinquante mètres, on renonce. Impossible de progresser dans une neige si profonde. 







Parc de Bjornlandets
           Nous arrivons sagement à la cabane ...en bord de lac, à environ un kilomètre  de l’entrée. Mais ici, on ne compte pas en kilomètres, tant les sentiers sont difficile à parcourir. La cabane est fantastique, jamais vu un tel confort pour un site ouvert à tous. Toit végétalisé, joints en écorces de bouleaux, réserve de bois, toilettes à l’extérieur. A l’intérieur, tout est d’une propreté impeccable. On se déchausse même avant de rentrer. Des matelas supers confortables, un poêle, de quoi cuisiner, un kit de survie, des extincteurs, des couvertures...On aimerait tous y passer la nuit. Elle serait belle. Promenade sur la glace, près d’un trou  de pêcheurs. 













Sensation de grand nord sur l’étendue blanche.


Parc de Bjornlandets
Parc de Bjornlandets
   


Nous poursuivons par un sentier qui monte vers une destination inconnue. Grosses quantités de neige, on n’a jamais vu ça. Les arbres sont pliés, les rochers chapeautés parfois d’un mètre de neige. Les arbres sont recouverts d’une mousse, en fait un rare lichen, le old man’s beard. Assez physique. On monte, on monte, mais le sommet de la colline semble un peu trop loin pour aujourd’hui. Demi-tour, un peu frustrés de tous ces efforts sans vue. Je verrai quand même un bien gros tétras décoller devant moi. 


De retour à la cabane, le sentier qui en fait le tour, non tassé semble impossible et nous impose le même chemin qu’à l’aller. Chemin qui en cette fin d’après midi ne porte plus du tout. On s’enfonce, le terrain est miné. Un pas, une chute, un pas, une chute. C’est marrant mais épuisant. Un vrai gag.  Mais ce qui est plutôt drôle sur le sentier l’est beaucoup moins sur la route.



 La route qui a dégelé est maintenant une sorte de grosse éponge de boue et de graviers. L’heure suivante sera très pénible et stressante. Thierry devra faire parler toute son expérience pour nous sortir de ce pétrin. On va quand même s’embourber une fois. On va devoir sortir, pousser et terminer de monter une côte à pied. C’est assez stressant car la voiture perd parfois toute adhérence et comme il faut garder de la vitesse pour passer les côtes, c’est très difficile. Et puis nous sommes au milieu de nulle part, on ne croisera aucune voiture sur la piste. Le goudron en vue, on est tous très rassurés.


Une petite vidéo  ( 3min 28) sur le parc national de Björnlandet. This is my wild. 

Gafsele



Nous passerons la soirée dans une auberge de jeunesse super sympa en pays Sami. Un grand édifice jaune des années 50, qui a fermé en 2003. Le propriétaire, un grand gaillard, nous raconte les-30°C d’il y a 2 semaines. -38°C la nuit. Courant en janvier février mais pas au mois de mars. Le gars consomme 30 tonnes de pellet sur une année pour le chauffage ! Il nous raconte l’histoire de cette école pour enfants Samis, nomades. Le lieu garde ce cachet d’antan. Meubles, tableaux, posters éducatifs avec champignons, principe du moteur, squelette. Le village est aussi un haut lieu du chien de traineaux. Le gymnase nous amusera en soirée : ping pong, gymnastique, cerceaux, avec du matériel des années 50, super qualitatif. Je m’imagine à préparer les JO de 56 ici ! Un bon dans le temps que tout le monde adore. 

Le sauna aussi est d’époque avec sa lampe rouge façon quartier chaud d’Amsterdam et son interrupteur hors d’âge. Le gars nous offrira du vin, des bières et nous seront bien sûr les seuls clients. Le sauna en sous-sol, tous seul en soirée, sera un grand moment. Un lieu de caractère qui me transporte dans le temps. Exactement le style que j’aime, loin des standards actuels qui m’apportent bien moins d’émotion. La nuit sera douce dans nos trois petites chambres doubles, avec vue sur le parc à jeux des enfants, enneigé. Dans un village perdu de Laponie.

 

Quel plaisir de dormir dans une ancienne école de Laponie des années 50 entièrement à nous ! J’adore. Je crois que les neiges du parc Björnlandet nous ont offert un sommeil rapide et efficace. La matinée se résume à un transfert pour rejoindre notre prochaine étape et pour commencer notre descente vers le sud. La région autour de Gafsele est très belle. Est-ce le fait de se savoir encore un peu en Laponie ? La rivière encore gelée sauf en son milieu, les routes toutes droites au cœur des forêts, bien souvent sur des pistes en graviers. On croise rarement, voire jamais de voiture. Impression de nature éloignée et sauvage. Quelques maisons toujours rouges, les motoneiges dans le jardin, quelques chiens de chasse parfois. On se demande comment vivre dans ces endroits.






Une  vidéo  ( 3min 07) sur des démonstrations sportives dans le gymnase de l'ancienne école. This is my sport. 

Gafsele
Quel plaisir de dormir dans une ancienne école de Laponie des années 50 entièrement à nous ! J’adore. Je crois que les neiges du parc Björnlandet nous ont offert un sommeil rapide et efficace. La matinée se résume à un transfert pour rejoindre notre prochaine étape et pour commencer notre descente vers le sud. 



La région autour de Gafsele est très belle. Est-ce le fait de se savoir encore un peu en Laponie ? La rivière encore gelée sauf en son milieu, les routes toutes droites au cœur des forêts, bien souvent sur des pistes en graviers. On croise rarement, voire jamais de voiture. Impression de nature éloignée et sauvage. Quelques maisons toujours rouges, les motoneiges dans le jardin, quelques chiens de chasse parfois. On se demande comment vivre dans ces endroits.









La Valette

Le lien vers les PHOTOS  de  Laponie.



ÖSTERSUND

Ostersund

La neige est un peu moins présente, cela enlève définitivement un peu de cachet. Un peu moins de trois heures de route, sans arrêts pour atteindre la grande ville du nord-ouest de la Suède.

Nous fonçons vers la fabrique Woolpower (anciennement Ullfrotté), une belle usine toute neuve dans la banlieue de la ville. Je suis assez excité de découvrir enfin l’endroit où sont fabriqués les vêtements qui me suivent au bout du monde depuis plus de vingt ans. La boutique est très belle, très lumineuse, avec de grandes baies vitrées donnant sur la fabrique. J’y observe les quelques employés, pas si nombreux un samedi, devant des machines et des tas de lainage. Je retrouve tous les produits phares, la veste 400, les chaussettes 600…Thierry, Alice et Cléa s’offrent une veste. Obligé. La cinquième de la famille! Toutes en noir. Je suis assez équipé, pour ne rien à avoir à acheter en plus malgré mon envie tellement les produits sont beaux. Les prix semblent intéressants, il y a même du déclassé.

Ostersund

Affamés nous nous rendons ensuite dans un énorme supermarché où enfin nous trouvons de la nourriture appétissante : de superbes salades que l’on dégustera au centre national de biathlon. Vu depuis des années à la télévision, nous ne pouvions le manquer. Le site est assez proche du centre-ville, au détour d’un rond-point. 







Ostersund
L’endroit est désert, seuls de rares promeneurs et un ou deux fondeurs. Une grande tour avec un restaurant au sommet, malheureusement fermé, offre sûrement une vue incroyable sur le site et sur le lac Storsjön tout gelé au fond. Le site est très intéressant. De très imposants gradins offrent une très belle vue sur le stand de tir, avec les numéros et les cibles, si loin et si petites. Tout est encore bien skiable. Je remarque les grandes publicités que l’on voit toujours lors des retransmissions, l’immeuble de la presse, les vestiaires pour les sportifs, le lieu où l’on répare et prépare les skis. Du bord des pistes, bien damées en skating ou en libre, je m’image Johannes Boe en mode surpuissant. On se promène un peu partout, même sur le pas de tir, jonché de douilles. Bizarre qu’un tel site soit ouvert aux quatre vents. On imagine facilement l’animation en saison, l’épreuve de coupe du monde était ici il y a un mois.



Ile de Froson





Nous partons ensuite pour l’île toute proche de Frösön. Le centre ville ne nous attire pas vraiment, il semble même un peu désert. La ville est par contre fort agréable, de par son site au bord du lac, depuis l’autre rive du lac. Sur l’île nous passons au pied d’une colline où l’on skie encore sur des pistes très bien enneigées.



Arrêt à l’église pour une très belle vue sur les montagnes au loin, toutes blanches et sans forêts. L’ambiance des prochains jours. Non loin, une petite tour datant de 1889, offre une vue encore plus dégagée. On sent une autre Suède qui commence, vers la frontière norvégienne. Une petite maison en bois, rouge, fait office de petit musée à côté. Fermée, on y observe par les fenêtres un vieil intérieur, une cheminée, des panneaux explicatifs sur le temps d’avant. Une école était là jusqu’en 1847, il n’en reste qu’une bibliothèque blanche.




On s’arrête ensuite au bord d’une réserve naturelle, pour, d’un ponton tout neuf, observer un lac gelé, couvert de roseaux mais malheureusement sans oiseaux.





















Ile de Froson

Nous passerons la nuit sur la rive en face, à Fillsta, dans une ferme laitière à forte odeur de fumier. Une jolie petite maison coquette, décorée un peu à l’ancienne, comme j’aime. La dame nous fait visiter l’étable. Odeur forte et merde partout, il faut le dire. Pourtant les vaches et les veaux semblent bien traités. Ils viennent tous nous voir, sans crainte. On caresse les veaux sur la joue, on pourrait les embrasser. Impossible de les manger en voyant cela. Thierry s’en fiche, comme beaucoup de viandards. La sensibilité d’une minorité ne peut pas grand-chose face à l’égoïsme du ventre de la majorité. J’ai quand même réussi pour l’instant à ce qu’on ne mange quasiment pas de viande à l’origine douteuse mais je sens bien que mes compagnons bordelais n’en ont rien à faire. Il y a des élans qui broutent souvent les foins de la ferme, j’espère en voir ce soir.

Une journée de transition, avec beaucoup de route. Pas la plus spectaculaire. En bas, c’est soirée Danse avec les Stars. « Je ne peux pas comprendre » me dit Caroline. Je reste alors dans ma chambre.


Fillsta
 

Très bonne nuit au milieu des vaches dans la maison coquette un peu old style. Tout ce que j’aime. Nous partons un peu avant 11 heures pour une journée de transfert vers les montagnes. Un peu comme les rennes. D’ailleurs on en verra encore en route. Tranquilles, ils ne s’émeuvent pas trop de notre présence, tant que nous restons dans la voiture. Voir un renne ici, c’est l’avoir à trois mètres devant soi au bord de la route. On ne parle pas d’une silhouette vaguement aperçue au loin. Les biches aussi sont bien moins peureuses qu’en France. On les voit curieuses, pas si effarouchées.




La Valette

Le lien vers les PHOTOS  d'Östersund et des environs.



ROUTE VERS LES MONTAGNES

Hede
Notre route initiale devait nous amener vers Ljungdalen pour attraper par le nord la route panoramique de Flatruet, l’une des plus belles de Suède. L’inforoute national nous indique la présence d’une « piste de neige et de glace »...on préfère alors ne pas tenter d’y monter. Un demi-tour nous coûterait trop de kilomètres et de temps. 

La route du sud E45 est plus banale, avec bien plus de trafic que d’habitude. Un peu moins de neige aussi. Nous la quittons vers une petite station de ski à Klövsjo, on aperçoit les pistes qui ont l’air bien entretenues et quelques skieurs, bien tranquilles. Un air de St-Pierre-dels-Forcats en plus petit. La route ressemble ensuite à une petite vallée de la Tarentaise avec un tas de petites stations de ski. Vemdalsskallet par exemple, bien équipée avec de beaux télésièges couverts et de beaux lodges en bois. Un peu de monde comparé au reste du séjour mais le parking n’est pas plein.

 A Hede, on visite un très joli petit village de maisons anciennes reconstituées. Bien sût tout est fermé pour l’hiver mais à travers les vitres je me régale de voir la petite école par exemple, avec le bureau du maître, les tables en bois, les livres. Je me crois vraiment dans La  petite maison dans la prairie. Je crois que me faire revivre la première moitié du XIXème siècle, période que j’adore, fait partie de mes expériences ultimes de voyages. Me transporter dans des temps révolus, sans artifice, dans le calme d’un lieu confidentiel, reste pour moi une valeur sûre, que je recherche en permanence je pense. L’époque de Thoreau, de Muir, de Schopenhauer… 


Flatruet road
Au loin se détachent déjà de belles montagnes, assez alpines comparées aux collines de Laponie. 
A Funäsdalen, nous passons au pied de la station de ski, une colline bien raide avec quelques pistes mais bien équipée en télésièges et télécabine même.  Nous nous lançons alors dans la route espérée en début de journée par le versant sud. Enorme cascade de glace sur la paroi proche de la station. La route, bientôt une piste, s’élève vers de hauts plateaux. Sentiment arctique. Petit village de Mittadalen ou un natif du coin, Sami, tient une petite boutique et vend de la viande de renne et autres produits de sa culture. Pas trop ragoutant pour moi. 
La route s’élève ensuite vers le sommet du col de Flatruet, à 964 m. La plus haute route publique du pays quand même !



Flatruet road
L’ambiance est terrible avec les énormes congères sur les côtés, la route enneigée,  la vue sur à 360° sur les sommets, l’immense plateau de toundra, royaume du snowkite. On mangera au sommet sur un petit parking. Nous y verrons une poignée de voiture, nous sommes dimanche ! Marcher dans le grand blanc est une expérience unique. Sans contraste, on ne peut évaluer les distances. Je pense à Jean-Louis Etienne. Deux gars en moto neige nous saluent. On se sent vraiment loin de chez nous.



Flatruet road
Retour sur nos pas vers Funäsdalen, la station d’hiver en bas du col. Pas beaucoup de monde mais on sent que la station doit être très fréquentée en saison. Petite crise de Caroline qui a ce matin perdu des petites cuillères en plastique de l’époque Alice et Cléa bébé. Et Thierry qui prend de l’essence un peu chère et qui l’envoie balader. C’en est trop !
 

La Valette

Le lien vers les PHOTOS  du col de Flatruet.


Une petite vidéo  ( 1 min 31) sur la route du col de Flatruet. Ambiance grand nord. 



 

Notre halte du soir et pour les prochains jours est à une vingtaine de kilomètres plus loin, sur la route de la Norvège. Un petit camping caravaneige en bordure du lac, à Fjällnäs. On va y être très bien. A deux pas de la Norvège, au bord du lac gelé. J’adore. On partira d’ailleurs directement sur la glace faire un petit tour sur les sentiers de motoneige. Un pêcheur creuse des trous partout. Ambiance grand nord. On adore déjà.
 

Fjallnas


eSCAPADE EN NORVEGE:ROROS

Roros
Très bonne nuit au bord du lac entièrement gelé. Grand soleil et paysages magnifiques depuis nos fenêtres.
 Une petite hermine s’agite tout près de notre maison, première fois que j’en vois une de ma vie. Nous partons plein ouest vers la Norvège, direction la ville minière de Roros, classée à l’Unesco depuis 1980. La route est magnifique, avant et après la frontière. 


Roros
 Je ne me lasse pas de ces paysages blancs, de cette neige épaisse qui recouvre le bord des routes et les sommets. La frontière est assez quelconque, la zone de douane aussi. Quelques baraques, un semblant de restaurant, peut-être des logements. Mais tout semble assez assoupi. Les paysages sont superbes, les montagnes au loin un peu plus alpines que côté suédois. Les maisons sont colorées, mais pas toutes, et d’un rouge différent. Par contre quel cachet ! 


Une rivière recouverte de neige, des  maisons à toits végétalisés, des lacs immensément blancs. Arrivés dans la petite ville, nous cherchons quelques renseignements à l’office du tourisme, mais rien que quelques banalités qui ne me nourrissent pas. On note quand même la qualité des prospectus, des souvenirs. On sent qu’on n’est pas dans un pays low cost. Nous commencerons par la visite du musée de la mine.

Roros

 La ville et ses environs sont classés pour cela, pour cette histoire de plus de 3 siècles dans l’extraction du cuivre, pour un patrimoine architectural unique. On va tous adorer. Le site déjà est incroyable. La ville compte un nombre conséquent de maisons classées anciennes. Le musée en est entouré. Lui-même se situe dans l’ancienne fonderie, qui a brulé en 1953, 24 ans avant que l’entreprise ne fasse faillite. Devant lui, des terrils de minerais fondu, derrière, la rivière couverte d’une quantité impressionnante de neige, un peu plus loin, la vieille et imposante église. Le tout est très photogénique.

Roros


 Le musée est soigné et richement agencée. On y apprend sur la dure vie des locaux qui travaillaient dans ce coin connu pour être un des plus froids du monde (record à -50°C quand même), et très isolé. Les longs trajets en hiver pour rejoindre les sites d’extraction, le difficile ramassage du bois, le travail de charpentier...









Roros

Un étage montre une exposition sur les sites de Norvège classés à l’Unesco et aussi une salle consacrée aux tenues traditionnelles
Le clou reste le sous-sol. Très grande fonderie, restaurée depuis l’incendie. On imagine la dure vie des employés, tiraillés entre la chaleur extrême du dedans et le froid vif du dehors.
 Reste de four, reste de la grande cheminée du haut fourneau.












 Mais ce sont surtout les maquettes qui impressionnent. Les mines sont reconstituées en coupe avec les galeries, les systèmes de forage, de traction des wagons. 

Roros
Tout est animé, actionné. Les détails sont d’une finesse extrême. On passera de longues minutes à nous extasier sur la qualité des ouvrages en bois, devant ses chevaux qui actionnent les engrenages, devant les petits mineurs dans leurs trous, bougies à la main. Et on ne parle de maquettes miniatures, mais d’une grande salle et de vrais petits ouvrages d’ingénierie.  Un audioguide au téléphone nous en apprend beaucoup plus encore.



Roros




 La visite se poursuit dehors par un tour vers les terrils. Derrière un enclos, il demeure encore d’autres vestiges miniers, bien observables mais qu’on ne peut pas atteindre. Du haut des collines noires, la vue est superbe sur la ville et les montagnes. Au sol, des tas de minerais fondus. Une sorte de volcan éteint.





Roros

Derrière le musée la rue la plus célèbre de la ville avec ses maisons incroyablement photogéniques. Un décor de cinéma. Du bois, des toits couverts d’herbes, du bouleau pour étanchéifier. Et nous sommes quasiment seuls, rigoureusement seuls si l’on souhaite. Tout est incroyablement beau, on ne sait plus où regarder. En hiver, des traineaux à chevaux remontent les rues. Ce doit être un endroit magique. 


D’ailleurs les boutiques du centre jouent sur le thème de l’hiver blanc, si rare de nos jours mais ici une réalité.

Roros



Nous partons ensuite visiter le magasin d’usine de tweed de la ville. De très beaux produits, chers mais pas beaucoup plus qu’ailleurs vu la qualité. 



Nous parcourons ensuite les deux rues centrales et commerçantes. Une église imposante mais fermée. Des boutiques de sport, de souvenirs, une boulangerie...




Tout est de bon goût en cette saison. On ne se sent pas à Carcassonne et la plupart des gens que nous croisons sont des locaux en fait. Cela fait authentique, simplement. Une dame promène son chien «chasseur d’élan» nous dit-elle. Des jeunes lycéens errent. Belles façades. L’endroit est charmant. J’imagine en plein été, peut-être la cohue pour se garer par exemple.










Nous quittons cet endroit incroyable pour rejoindre le site minier de Storwartz  à quelques kilomètres sur la route du retour. La route s’élève et tout devient époustouflant. La vision de la mine autour de l’école du camp de Strorwartz,  avec la lumière du soir et autant de neige, pour nous seuls restera un must pour moi. 


Strowartz

Un vrai décor de western, comme une ville fantôme de l’ouest américain, mais déplacé en Arctique. Un silence absolu, des congères énormes. Je me régale et pourrait passer ici bien plus de temps, à tout explorer. Tout est fermé pourtant, rien n’est abandonné. On trouve par ci par là des clous rouillés, mais on n’est pas dans les ruines des ghost town américaines. Une rangée de poteaux de plusieurs kilomètres rejoint la mine d’Olav. Nous nous y rendons. Un peu moins incroyable mais quand même très agréable. Encore un décor de western. Je cherche Clint Eastwood ou bien Ridley Scott.


Strowartz



Au loin des  montagnes couvertes d’une épaisse couche de neige, des vues époustouflantes à 360°. Nous rentrons les yeux ouverts en grands vers la Suède. La route est aussi belle à l’envers qu’à l’endroit.

En soirée nous irons nous renseigner la station de ski de Tänndalen. Dameuses en action, restaurateurs qui préparent la journée. Je sens qu’on va s’y éclater. Je suis bien loin de mes Pyrénées.

Une journée mémorable qui m’a comblé. Elle me rappelle les vestiges du far west de Californie, avec le blanc en plus.

« Pourquoi venez-vous ici ? Vous avez les Alpes ? » me demande le vendeur du supermarché. On nous posera plusieurs fois la question. Pour tout ce qu’on n’a pas, dois-je répondre.

La Valette

Le lien vers les PHOTOS  de Roros.


Une petite vidéo  ( 1 min 00) sur la ville de Roros et ses environs. Un site incroyable sous la neige.  


FJÄLLNÄS:SKI A TÄNNDALEN

 

Skier en Suède, nous ne pouvions pas manquer cette expérience assez unique. Notre logement est à 3 km de la station de Tänndalen, une des plus grandes du pays. Il fait super beau, il y a de la neige. Impossible de passer à côté. Réveil à 7h, 8h30 chez le loueur. Beau magasin de pied des pistes, Hamra Sport. Assez marrant, surtout pour les filles, de répondre en anglais et de donner  leurs mensurations. Service efficace mais en tout point identique à celle vécue en France. Nous prenons les forfaits à la réception du restaurant, au pied du Tänndalen Lodge. Aa petit matin, avec l’odeur de chocolat chaud et de café, ajouté au caractère très cosy des lieux : animaux empaillés (bœuf musqué, ours, chouettes…), peaux sur les murs, canapés en cuir, je me dis que c’est un endroit où j’aimerais bien séjourner.

Dès 9h, la station s’anime un peu. Les remontées démarrent à la même heure et les premiers skieurs sont déjà en piste.



Tanndalen

Alors que dire de cette station et de cette journée ! J’ai adoré. Un des plus grands souvenirs de ski. La station n’est certes pas en termes de taille comparable à celles de mes Pyrénées, surtout en terme de dénivelé (300 m ici), mais l’ambiance nordique, le  nombre de skieurs très limité en cette saison, la vue sur les hauts plateaux enneigés, portant très loin, non bloquée par des cirques abrupts, la qualité de la neige (de printemps mais très agréable) tout m’a plu.

Sur un télésiège 6 places, les sièges sont chauffés, un rabat automatique nous protège du froid et la barre se lève toute seule à l’arrivée. La station comporte deux télésièges débrayables, le reste étant des tires fesses, parfois des ancres que l’on prend à deux.

 Une station toute en longueur, sur un seul versant, entre 700 et 1000 m d’altitude environ, bien organisée, quelques croisements un peu dangereux. On enchaîne les descentes, sans risquer de trop se perdre. On est souvent en visu avec sa tribu. 
Tanndalen

Le matin, pas mal de skieurs un peu âgés et old style, certains en télémark. En fin d’après-midi, de très bons skieurs locaux à fond dans le snow park, parfois en tee shirt, un en short. Les remontées sont courtes, à peine le temps de manger un demi-sandwich. Loin des œufs d’Ax 3 domaines. On s’arrêtera un peu dans la zone Krok, pour les enfants, avec un tas de pistes vertes dans la forêt et des parcours sympas pour les petits aventuriers au milieu de figurine d’animaux et d’autres obstacles. Une tyrolienne, un barbecue encore fumant devant nous on se repose quelques minutes. Niveau difficulté: des vertes plus pentues que chez nous, des noires peu effrayantes mais non damées parfois et avec quelques bosses. Un super parcours de skicross ou je me lançais à fond.

Tanndalen

Au pied des parkings et depuis le haut des pistes, on voit des pistes de ski de fond, de motoneiges qui s’éloignent sur de très grands plateaux.

A 16h, toutes les remontées s’arrêtent en même temps. Bizarre, je pensais même qu’il y avait une coupure d’électricité. On se retrouve au restaurant cosy, dans le canapé en cuir pour un chocolat chaud. Les locaux, quelques beaux, quelques belles, prennent leur bière dehors.

Tanndalen
La Valette

Le lien vers les PHOTOS  de Tänndalen.


Une  vidéo  ( 5 min 07) sur notre journée panoramique au ski à Tänndalen.  Mémorable.


Il est un peu tôt pour rentrer, nous partons en virée en Norvège, vers Brekken, pour faire le tour d’une presqu’île. Impossible de sortir de la route, trop de neige, mais juste le plaisir de revoir ces superbes paysages de montagnes, la belle architecture locale, maisons anciennes, granges, toits végétalisés.

Et quelle blancheur au loin avec la lumière du soir ! Une journée mémorable.

FJÄLLNÄS: EN RAQUETTES VERS LA FRONTIERE



Aujourd’hui, grande sortie randonnée. Mémorable encore. Je me renseigne en matinée auprès du propriétaire du camping. Un  type très sympa et souriant, passionné d’outdoor. Il m’indique les meilleurs endroits pour faire de la raquette, me montrant la carte et les pics en vue de sa maison, en bord de lac. Le camping est situé sur une voie de grande randonnée qui relie le sud au nord de la Suède sur environ deux mois. Dans sa maison, dont une pièce fait office de réception et où on est accueilli par le chien chien, des produits et aliments de base pour les randonneurs. Par bonheur l’un des meilleurs choix consiste à partir simplement de la maison sans prendre la voiture.

Vers 11h, sous un soleil superbe, nous commençons notre périple en traversant le lac, gelé jusque début juin. Le coin reçoit environ 4m 50 de neige par an. Ensuite c’est le printemps et l’explosion des prairies.

Fjallnas

Nous traversons tout droit sur la voie de glace et rejoignons les sentiers de ski de fond et de motoneige sur l’autre rive. D’un départ à environ 750 m d’altitude, nous nous élevons alors vers environ 1000 m en suivant les croix rouge bien visible des pistes.

Proche du premier sommet, nous croisons 3 gars en ski de fond avec leurs chiens. Nous suivrons la piste de motoneige jusqu’à un petit col surplombant le lac de Bolagen. Les paysages sont superbes avec une ligne d’horizon vraiment lointaine, déchirée de quelques pics. L’ambiance est totalement blanche même pour une fin avril. Des paysages qui ressembleraient plus à l’Ecosse en plein hiver qu’à nos montagnes françaises. On s’en met plein les yeux. Six rennes passent au loin, suivis par deux motoneiges. Peut-être des Samis ? Demain, les pistes seront fermées pour la transhumance. Grand moment en perspective. 


Vers le lac de Bolagen


Petit repas à l’abri d’un rocher avant de poursuivre vers un petit sommet à plus de 1100 mètres d’altitude. La vue est saisissante sur  le lac en contrebas. Les pics en face m’appellent. Mame, un peu fatiguée, Cléa et Alice vont rentrer comme des grandes en rajoutant deux petits pics à leurs parcours. Je ne peux résister. 
Nous descendons vers le lac par une pente assez raide, d’un dénivelé d’environ 150 m vers une jolie cabane, privée et fermée. Une qualité de silence rare et une ambiance vraiment arctique. Traverser ce grand lac, sans bruit, nous fait nous croire Mike Horn ou Jean Louis Etienne. Sacré ambiance. Notre premier objectif, une cabane au loin  au pied de quelques pics attirants. Pour y arriver, on doit passer sous une clôture,  prison des rennes, probablement. La frontière est indiquée par un double panneau, Norge d’un côté, Sverige de l’autre. Deux couples de jeunes aux dents blanches  y ont passé la nuit et font de la randonnée et du ski dans le secteur.


Lac de Bolagen
« Is it safe to climb there ? » demandai-je.  Il valide mon idée de départ. Nous monterons plus haut. Les traces montent entre deux pics. Nous hésitons, ceux de droite, plus modestes, semblent plus raisonnables vu l’heure tardive. Tout droit dans la pente, dans la neige, avec nos raquettes en position haute. Beaucoup de vent au sommet et une vue fantastique, forcement. Est-ce le fait de se savoir si loin de chez soi ? Je ne sais pas mais elle nous marque et on se dit tous qu’on n’est pas près de revivre ça. Tout est blanc, gelé, sauf le ciel, sans un nuage. La vue porte très loin. Et nous sommes en Norvège ! Passer la frontière, marcher 17 km dans la neige (longueur totale du parcours) pour aller dans le pays voisin faire un pic. Cela fait rêver.

Fjallnas

Nous continuons sur une petite crête pour descendre tout droit dans un grand champ de neige vers la cabane. Des bruits de grenouilles m’interpellent. Ce sont des lagopèdes alpins. Je vais en observer plusieurs couple dans la descente, dont certains à vingt mètres, magnifiques aux jumelles. Les filles auront la chance de voir un troupeau d’une dizaine de rennes de leur côté.

De retour à la cabane, les jeunes nous demandent, comme tous, pourquoi sommes-nous là en cette saison. On leur dit qu’on recherche la neige.  Ils nous disent qu’ils partiront en mai skier dans le nord  du pays et même en juin à Narvik en Norvège. Avec des pentes qui tombent vers la mer.


Fjallnas

Le propriétaire ce matin, les jeunes maintenant...tous avec le même discours. « It’s paradise ! ». Je commence de plus en plus à apprécier ce mode de vie. Loin de tout certes mais avec tant de richesses à l’extérieur. Il faut aimer la nature, certes.

Nous retraversons le lac Bolagen et commençons la dure montée pour rejoindre un petit sommet. Il est tard mais la nuit est à 21h et le temps est stable, on ne stresse pas du tout.  La piste de motoneige est en vue. Je me détache de Caroline et Thierry et termine seul mes derniers kilomètres, dans le silence.


Fjallnas

Le lac devant la maison est  en surface un peu fondu, mais on m’assure que la couche est encore très épaisse dessous.

On rentre tous écarlates, tellement on a pris de soleil dans la face. Un peu fatigués (la propriétaire du camping n’est jamais allée aussi loin) mais tellement heureux d’une telle expérience. Magique !

Dans l’appartement, les filles regardent un film animé à la télévision.  Tout le monde est content. Derrière nuit dans les montagnes. Je crains déjà le mal de plaine.

Fjallnas
Fjallnas

Nous quittons à regret notre paradis au bord du lac en début de matinée. Les propriétaires sont vraiment très sympathiques. Ils nous racontent les aurores boréales, la nuit à 16h30 l’hiver, le lac gelé mi-novembre, les températures caniculaires de 20°C l’été. Une chouette épervière nous salue pour notre départ. Pas farouche, elle se pose sur un poteau proche.

Sur les pistes de Tänndalen, les skieurs s’éclatent sans la foule. Je les envie. Quelle belle station et quel temps ! La semaine prochaine, la neige et le gel reviennent.

Peu après Funäsdalen, nous bifurquons sur une piste plein sud. L’ambiance est encore blanche avec une petite station de ski très jolie, des forêts enneigées mais toujours pas d’élan. Un beau renard par contre. Nous faisons nos courses dans le petit Coop de Morkret, en bordure du parc national de Fulufjället. Les villes ici font un peu western, sans centre, sans rue commerçante. Des maisons placées de façon un peu aléatoire, et de très rares commerces le long de la route principale.


La Valette

Le lien vers les PHOTOS  de la randonnée en raquettes.


Une  vidéo  (8 min 27)  de la randonnée en raquettes.Magnifique!


PARC NATIONAL DE FULUFJÄLLET


Parc national de Fulufjället


Le parc est environ 25 kilomètres, par une belle route. Il est remarquable par son haut plateau très enneigé à plus de 900 mètres d’altitude. Rare de voir une telle barre horizontale de neige. L’entrée du parc est comme toujours très jolie. On se croit dans un parc américain, mais ici tout est gratuit. Deux ou trois voitures, pas plus. Un restaurant, fermé, un musée de la nature, qui ouvre en mai, très beau avec du bois et d’amples baies vitrées. Un énorme écureuil pique dans les rations des oiseaux, la tête en bas, accroché à une mangeoire.

Le sentier est à l’image de ce que nous avons déjà connu : des pontons avec 60 cm de neige, de supers signalisations. Notre objectif : la cascade de Njupeskär,  censée être la plus haute de Suède. Le sentier tout plat au départ, passe au milieu d’une forêt clairsemée, longe un lac gelé en train de fondre. Une table au bord du lac nous accueille pour le pique nique. 

L’attraction sera de se faire manger dans la main, ou sur la casquette, nos bouts de fromage par les mésanges  boréales. Tout le monde s’extasie devant ses petites pattes crochues qui s’accrochent à nous, juste après un vol en piquet. Au dessus, vole un couple de buses pattue. 

Le sentier monte ensuite vers la cascade, énorme, mais toute gelée, que l’on ne peut accéder à son pied, pour cause de faucons qui nichent jusqu’à la mi- avril. On doit donc faire demi-tour, en prenant notre temps.




Parc national de Fulufjället
L’attraction sera de se faire manger dans la main, ou sur la casquette, nos bouts de fromage par les mésanges  boréales. Tout le monde s’extasie devant ses petites pattes crochues qui s’accrochent à nous, juste après un vol en piquet. Au dessus, vole un couple de buses pattue. 





Le sentier monte ensuite vers la cascade de Njupeskar, énorme, mais toute gelée, que l’on ne peut accéder à son pied, pour cause de faucons qui nichent jusqu’à la mi- avril. On doit donc faire demi-tour, en prenant notre temps.




Njupeskär Waterfall


L’endroit est super agréable, le silence toujours impressionnant et l’ambiance, avec le soleil, vraiment reposante. Un parc tout en douceur, immense, dont on ne verra que les premiers abords.

 

La route descend ensuite lentement vers la région de Mora. Les kilomètres se suivent, la forêt devient moins sauvage, plus exploitée. La neige disparaît petit à petit.









Bunkris

 A Bunkris, au bord de la route, une tour d’observation de 24 mètres, d’accès gratuit offre une vue incroyable sur les montagnes et la forêt. On voit la station de ski de Sälen au loin, le parc de ce matin, et d’autres montagnes blanches au fond. Imprenable. Un cygne passe juste à côté de nous. L’intérieur est nickel, avec des tables et des panneaux d’informations. Et pas de vandalisme apparent.

Nous passons une grosse rivière, non gelée, des lacs, non gelés. On s’imagine la Suède du printemps et de l’été. C’est beau mais moins dépaysant. L’arrivée dans la petite ville de Mora nous ramène en plaine. Cela sent déjà le retour.






















La Valette

Le lien vers les PHOTOS  du parc de Fulufjället.


Une  vidéo  (1 min 22)  de la randonnée dans le parc. Rencontre du 3ème type avec des mésanges boréales.


LAC SILJAN:MORA, RÄTTVIK et TALLBERG

Mora

** Mora **

 

Petite étape sympathique dans la petite ville de Mora. Bien sûr bien éloignée de nos standards des derniers jours. Petit arrêt ce matin à la vieille église de la ville. Je m’épate de la lumière et des couleurs. Je ne suis pas sûr qu’en Belgique, bien plus au sud, ils aient un tel temps. On s’attendait à bien plus gris en fait, ce qui n’est pas du tout la couleur dominante du séjour. Intérieur vide, où sont les croyants ? On n’en a jamais vu sur les bancs. En quoi croient les Suédois ? Pas d’émotion pour moi. On laisse la petite ville, célèbre pour être à l’arrivée de la plus grande course de ski de fond du monde, la Vasaloppet.

 


Rattvik

**Rättvik**

 


Premier arrêt: Rättvik. Petite ville sur les bords du lac Siljan. On va adorer. Nous commençons par un petit musée en plein air avec de nombreux édifices anciens. Tout est fermé mais nous pouvons quand même nous promener à l’intérieur du parc. L’été, des spectacles doivent s’organiser ici, devant une scène et un immense mat. Joli, face au lac, mais bien moins exaltant qu’à Sundsvall par exemple.

L’église toute proche retient notre attention. Le site est superbe. Plus de 80 petites baraques en bois dont certaines très anciennes, longent la berge. Plage, oiseaux marins, rochers, l’endroit est très photogénique. Quelques promeneurs, un grand cimetière, une pierre dressée face au lac, nous déambulons avec grand plaisir.
 

Rattvik

Nous déjeunerons au pied du très long ponton de plus de 650 mètres qui s’enfonce dans le lac. 


Rattvik

Nous déjeunerons au pied du très long ponton de plus de 650 mètres qui s’enfonce dans le lac. Le Dagens Lunch est une  formule commune ici, et peu onéreuse. Pour 115 KR, soit mois de 11 euros, on va se régaler dans une ambiance très locale. Décoration classieuses, plancher au sol, serveuse blonde gironde, des retraités, des travailleurs, de grandes baies vitrées donnant sur le lac. On se sert de cabillaud aux crevettes, d’escalope de veau (enfin que Thierry et Cléa!), de salades, de café, de boissons. Très bon rapport qualité prix. Digestion de la bombance sur le ponton, au milieu des locaux. Souvenirs de Santa Monica. Tout est calme, tranquille, à l’image du séjour. Le lac est encore gelé au milieu, les pistes de ski de la petite ville sont encore bien enneigées bien que fermées.

On se dit que la vie est douce ici. Et qu’on resterait bien un peu plus.


 


**Tällberg**

 

L’étape suivant nous conduit à Tällberg, petit village assez huppé du lac. Village, plutôt un assemblage d’hôtels de charme avec spa et de maisons secondaires. Petit port encore gelé et berges très belle sous cette lumière. 18°C dehors ! La canicule ici.


Tallberg
La Valette

Le lien vers les PHOTOS  du lac Siljan.


FALUN


 
Nous roulons ensuite vers Falun, étape incontournable, ville classée à l’Unesco.

Premier arrêt : le site de saut à ski. Incroyable endroit sur une colline surplombant la ville. Deux tremplins neufs impressionnants.

Falun

 Un stade de ski de fond encore enneigé et de nombreuses pistes de VTT depuis le sommet. Sur les tableaux des champions, on cherche nos français : Jason Lamy Chapuis y figure. On se promène jusqu’au pied des tremplins, tout le site est accessible. Montée raide mais la vue du pied des sautoirs est saisissante sur la ville et la plaine. L’aire d’arrivée est encore bien enneigée avec des gros tas de neige sous la sciure, peut-être pour la préserver tout l’été ?

Des tables de piquenique et un petit musée du ski sont là. Des locaux profitent du soleil et de la vue autour de tables. Un endroit que je ne manquerai pas de chercher sur Eurosport à la prochaine saison. On se promène dans les gradins, devant le bâtiment des juges. Tout en bas, une salle de musculation ultra moderne et gratuite ! Une piscine aussi dans un beau édifice neuf. Bref un paradis du sport.

Falun
Nous poursuivons par la visite du site de la mine. Juste la plus grande mine de cuivre au monde au XVIIème siècle. Un trou impressionnant de 95 mètres, un gouffre plutôt. Site ouvert, gratuit et passionnant. Un sentier en fait le tour, on peut entrer dans les entrailles de la terre mais nous n’avions pas le temps, malheureusement.
Quasiment personne, pas de touristes, juste quelques locaux en promenade. Sensation d’arriver dans un western. Dans les studios Universal ou dans la gare de Mon nom est personne.

Falun
De très vieilles bâtisses rouges, la maison des ingénieurs, l’usine de peinture rouge, la maison des mineurs...Tout est fermé mais rien que l’extérieur est suffisant. Un son de cloche retentit en permanence, il servait à indiquer que la pompe à eau fonctionnait toujours en rythme. Le son, lancinant, perpétuel, apporte un cachet incroyable. Je ne suis plus dans quel western on entend ce même type de son répétitif mais cela me transporte. Cléa se croit aux Etats Unis. Dans le gouffre, maintenant au repos et plus exploité, les animaux recolonisent les lieux : des chouettes, des corbeaux, des renards et même des lynx, des cerfs et des élans ont été vus dans les environs. Un endroit remarquable.


Falun
De très vieilles bâtisses rouges, la maison des ingénieurs, l’usine de peinture rouge, la maison des mineurs...Tout est fermé mais rien que l’extérieur est suffisant. Un son de cloche retentit en permanence, il servait à indiquer que la pompe à eau fonctionnait toujours en rythme. Le son, lancinant, perpétuel, apporte un cachet incroyable. Je ne suis plus dans quel western on entend ce même type de son répétitif mais cela me transporte. Cléa se croit aux Etats Unis. Dans le gouffre, maintenant au repos et plus exploité, les animaux recolonisent les lieux : des chouettes, des corbeaux, des renards et même des lynx, des cerfs et des élans ont été vus dans les environs. Un endroit remarquable.


Falun
La Valette

Le lien vers les PHOTOS  de Falun.


Une  vidéo  (1 min 01)  de la ville de Rättvik, au bord du lac et de Falun. 

Il nous reste à rentrer vers l’aéroport de Stockholm, à laver la voiture horriblement sale, à faire quelques courses et quelques achats de souvenirs, reprenant bientôt l’autoroute des premiers jours.

Un dernier jour encore lumineux, estival. Nous aurons été gâtés jusqu’au bout.


Une petite vidéo  ( 1 min 55) de l'ambiance des routes suédoises, depuis la voiture.



CONCLUSION

PArc Skuleskogens Suède

J'avais quelques doutes avant le départ. Ma région commençait à se verdir, le soleil chauffait les plaines et les jardiniers s'affairaient. Je sentais l'hiver terminé et l'appel du sud se faisait sentir. Je me disais qu'on aurait été bien à Chypre, au chaud, plutôt qu'à s'équiper en bottes de neige et en doudounes. Je m'attendais à un temps gris et à des conditions difficiles, à des ciels bas et de longues journées grises. La clémence du ciel nous a offert le meilleur. Un tel voyage dans le gris aurait été bien triste. Le peuple suédois n'est pas des plus joyeux, en apparence. Les villes sont assez vides et on ne croise que peu d'humains. Avec un temps contraire, peut-être aurions-nous ressenti beaucoup de mélancolie et la nostalgie de notre séjour monténégrin?

La Suède s'est montrée  lumineuse. Dès notre retour, la neige et la grisaille s'installèrent de nouveau. Nous avons été très chanceux. 

Tout le monde a apprécié ce voyage. Par son goût d'aventure tout d'abord.  Pendant quasiment deux semaines nous avons vécu dans le blanc. Ce qui est très rare sous nos latitudes. Des lacs gelés innombrables, des forêts, des rennes, la mer figée, les immensités blanches, les montagnes. Cette ambiance est exceptionnelle pour nous, Français du sud. Aventure aussi sur les pistes sans jamais croiser de voitures, sur les sentiers où nous étions souvent les seuls marcheurs du jour, depuis plusieurs jours même. 

Un sentiment d'exclusivité rare. Le pays, les musées, les routes, les logements, le pays semblait être privatisé. Pour nous seuls.

Le principe du road trip est aussi excitant. Quelques passages un peu longs sur une ou deux journées de transferts, mais globalement, il est très exaltant de monter vers le nord en changeant de cap tous les soirs ou presque, tout en se préservant des étapes plus longues pour se poser et s'imprégner d'une zone. En cela l'équilibre du voyage était parfait pour moi. Environ 2500 kilomètres suffisent largement, plus aurait été déraisonnable. La Suède du nord est bien trop loin.

J'ai beaucoup aimé l'alternance des ambiances sur un fond monotone. Des parcs de plaines, de forêts primaires, marins, de montagnes. Un tableau blanc mais des teintes différentes tous les jours. On ne s'est jamais lassé de ces paysages et je n'ai pas décollé ma joue de la vitre malgré les nombreux kilomètres.

Nous avons aussi beaucoup apprécié l'ambiance des villes classées et des villages reconstitués. De quoi se croire souvent dans un western, parfois dans un village antique américain, très souvent dans des décors de cinéma. Que de bons moments et de transport temporel dans les villes de Sundsvall, Roros ou de Falun! La petite escapade en Norvège fut d'ailleurs très appréciée.

Quelques très bons logements aussi, et pas forcément onéreux. Quel plaisir le soir de se retrouver derrière un bon double vitrage à contempler les paysages blancs, bien au chaud. Et que dire des saunas! Une première expérience mémorable pour la plupart d'entre nous. 

Skier en Suède, passer la frontière norvégienne en raquettes, marcher sur la mer Baltique gelée, suivre les rennes sur la route mais ne pas réveiller le glouton, traverser les lacs, se promener sur les sites de biathlon ou de saut à ski, jouer de l'orgue dans une cathédrale, nourrir les mésanges boréales dans la main...Des expériences inoubliables. 


 


LE  SEJOUR EN 5 COUPS DE COEUR :

- La vue sur la mer Baltique depuis les hauteurs du parc de  Skuleskogens.
-La nuit dans une ancienne école Sami au sud de la Laponie.
-l'ambiance hivernale au col de Flatruet ou en raquettes vers le lac de Bolagen .
-la journée de ski à Tänndalen, loin, si loin de mes Pyrénées. 
-la ville minière de Roros sous la neige, en Norvège, avec ses mines incroyables, ses maisons préservées et son superbe musée.



LE POUR : les superbes parcs nationaux, l'alternance de lacs, de mer et de montagne, l'ambiance blanche sans les soucis de l'hiver, le confort de nos logements, la tranquilité de la hors saison, le calme et la douceur de vivre, les activités outdoor, les musées souvent gratuits, les routes panoramiques, un budget finalement raisonnable.
 
LE CONTRE : les distances, les pistes parfois limites en cette saison, l'excès de neige sur les sentiers, la difficulté d'accès aux parcs sans voiture, le manque de petites boutiques pour goûter la gastronomie locale.