SUEDE
- UPPSALA
- GÄVLE
- SÖDERHAMN
- HUDIKSVALL
- SUNDSVALL
- HARNOSAND
- LA HAUTE CÔTE DE LA BALTIQUE
- LA LAPONIE: PARC NATIONAL DE BJÖRNLANDET
- ÖSTERSUND
- ROUTE VERS LES MONTAGNES
- eSCAPADE EN NORVEGE:ROROS
- FJÄLLNÄS:SKI A TÄNNDALEN
- FJÄLLNÄS: EN RAQUETTES VERS LA FRONTIERE
- PARC NATIONAL DE FULUFJÄLLET
- LAC SILJAN:MORA, RÄTTVIK et TALLBERG
- FALUN
- CONCLUSION
Pourquoi la SUEDE ?
Après des semaines de recherches et de débats familiaux, plusieurs options semblaient se dégager pour ces vacances et ce retour dans les aéroports. Les Açores, Chypre et la Suède sortaient du lot. Je trouvais l’idée du road trip pertinente, en avril, première découverte pour certains de la Scandinavie, entre deux saisons. Moins d’équipements à acheter que pour un séjour hivernal mais une ambiance blanche garantie. Atteindre le cercle polaire, rejoindre la Laponie, skier dans des situations exceptionnelles, marcher sur les lacs gelés, visiter les parcs nationaux, rouler sur les pistes désertes, faire un petit tour en Norvège, tester les logements cosy et goûter à la gastronomie de la Baltique...
Sur le papier le coin avait pas mal d’arguments. Bien sûr la crainte d’un séjour gris et dans le brouillard demeurait mais l’appel du nord fut le plus fort. Avec ce petit avantage de se sentir vraiment hors saison et à contre courant des destinations printanières usuelles. On sort les doudounes et les bottes d’hiver et nous voilà partis.
PLAN DU VOYAGE
Voyage avec Cléa, Alice, Caroline, Annie et Thierry B du 8 au 22avril 2023.
Notre ville d'entrée et de sortie sera Stockholm. Une bonne base pour explorer le sud et le centre du pays. Par contre, un peu loin pour visiter la Laponie. Un vol pour une ville du nord serait plus raisonnable. Le territoire est très grand, tout en longueur. Une superficie plus faible que la France mais un pays qui semble plus vaste car s'étendant sur une grand plage de latitudes. Nous avons choisi un circuit mélangeant la partie maritime, l'intérieur et un peu de Laponie ainsi que quelques zones montagneuses vers la frontière norvégienne. Impossible de tout voir en 15 jours, bien sûr, j'ai du revoir mon programme initial à la baisse. Adieu le cercle polaire arctique, trop coûteux en temps de transfert. On va commencer par 1 nuit proche de l'aéroport. Le lendemain, visite de la belle ville d'Uppsala, centre universitaire de premier ordre, suivie d'une nuit dans les environs. Nous remontons vers le nord en suivant la côte de la mer Baltique, de loin, passant par les villes de Gävle, Söderhamn, Hudiksvall avant de dormir 1 nuit avant Sundsvall. Nous visiterons la ville le lendemain ainsi que Härnösand et quelques villages de pêcheurs de la Baltique: Barsta et Bönhamn. 3 nuits à Docksta, notre base pour explorer la Haute Côte de la Baltique. Visite du parc national de Skuleskogens, randonnée vers le Skuleberget.
Nous partirons ensuite atteindre le sud de la Laponie pour visiter le parc national de Björnlandets avec une nuit à Gafsele.
Le lendemain, départ pour Östersund et visite des environs avec une nuit sur place.
Transfert pour les montagnes à Fjällnäs, superbe endroit au bord d'un lac gelé où nous passerons 4 nuits. Ski alpin, randonnée en raquettes, escapade en Norvège dans la ville minière de Roros, montée de la plus haute route publique de Suède.
Nous rentrons ensuite vers le sud avec un arrêt au parc national de Fulufjället pour voir la grande cascade avant de dormir à Mora dans la région du lac Siljan. Le lendemain, nous visiterons les abords du lac comme la belle ville de Rättvik. Arrêt à Falun, ville minière et sportive classée à l'Unesco avant de rentrer de nuit vers l'aéroport de Stockholm où nous passerons la dernière nuit.
PERIODE :
Au niveau du climat, la saison est je trouve parfaite. Nous avons eu beaucoup de chance néanmoins. Du grand soleil quasiment tout le temps, juste un tout petit peu de pluie et une superbe lumière.
Les journées sont longues, la saison est intermédiaire: ambiance pour nous hivernale avec beaucoup de neige mais aussi ambiance de début de printemps. Le meilleur des deux mondes.
Pour en savoir plus sur le climat et les bonnes périodes, voir sur le site de partir.com sur la Suède.
Au niveau de la fréquentation on est en basse saison, donc on a été bien tranquilles. Nous étions bien souvent seuls, à se demander où étaient les Suédois. Bien sûr, tout n'était pas ouvert, le pays était un peu endormi par endroits mais rien de gênant pour nous.
NIVEAU :
Facile
Pour peu que vous parliez un peu anglais il est aisé de voyager dans ce pays.
Le paiement est en COURONNES SUEDOISE. Les cartes bancaires sont très utilisées, il est même souvent impossible de payer en liquide, il faut le savoir.
Par contre, une voiture est indispensable dès que vous voulez quitter les villes. Ce qui limite le voyage pour les routards adeptes de trains et de bus. Il faut passer par la case location. Elle fut très simple à organiser de France avec Hertz. Environ 860 euros pour un van Ford de 9 places pour 15 jours, ce qui est un très bon prix. Compter au moins 1200 euros pour un prix plus normal.
Pour trouver un hébergement ce fut un peu compliqué car ils ne louent en général pas les draps et les serviettes, et le ménage est rarement inclus. Ainsi sur 30 annonces alléchantes, il ne restait plus grand-chose avec nos critères. Nous avons presque tout réservé avec booking.com et Airbnb. Le niveau d'hébergement est en général bon. Nous avons dormi en moyenne pour 115 euros pour 6, tout inclus. Ce qui est je trouve un très bon rapport qualité prix.
Niveau physique...rien à dire. La marche en montagne, dans la neige, peut être très éprouvante mais il suffit alors de prendre son temps, de faire des pauses et on y arrive. Comme chez nous, il faudra faire avec sa condition physique du moment. Mais les sentiers sur neige non portante sont parfois impraticables tellement on s'enfonce. Ne pas espérer plus de 2 km/h.
Niveau hygiène, pas une seule alerte de santé. C'est l'Europe moderne, rien à ajouter.
Aucun sentiment d'insécurité . Je n'ai vu aucune bande de gars inquiétante, ni bagarres, ni scènes violentes. J'ai trouvé l'ambiance très relax, partout. On se sent vraiment tranquilles.
Un voyage confortable, relaxant niveau moral et je rentre apaisé et en forme .
HEBERGEMENT ET BUDGET (2023) :
Le voyage m'est revenu à 1140 euros pour 15 jours ( 265 euros d'avion , 320 euros de logements, 300 euros pour les transports et le reste en visites, nourriture et loisirs sur place ) . Ce qui est peu cher je trouve pour deux semaines en Scandinavie dont une journée au ski. Le rapport qualité prix est bon même si c'est un voyage où on ne se lâche pas en restaurants et en plaisirs de bouche.
Sur les entrées de musées, elles sont parfois gratuites, parfois autour d'une dizaine d'euros. Mais globalement c'est le plus souvent gratuit. Comme les parcs nationaux d'ailleurs.
Une journée au ski pour environ 80 euros, mais mémorable. 11 euros la location de raquettes pour une journée.
Pour nous nourrir, on faisait les courses dans les supermarchés et les petites épiceries. Pas vraiment plus cher qu'en France. Pas de petits commerces genre boucherie ou boulangerie dans les villes rencontrées. Ni de poissonnerie d'ailleurs.
Pour les restaurants, on en a fait un, à Rättvik. Non seulement le cadre était vraiment sympa mais on n'a payé que 11 euros pour un buffet à midi de grande qualité. Les "Dagens lunch" sont de vraies bonnes affaires. Je dirais donc, meilleur qu'en France au même prix.
Pour préparer ce voyage j'ai utilisé :
SITES GENERALISTES
- le site du Routard . Toujours une bonne base pour choisir sa destination.
- le site officiel de l'office du tourisme . Bien fait.
- le site du Lonely Planet . Pas de guide papier. Nous avions un vieux PDF de 2009 qui nous a suffit.
- le site du Petit Futé. Toujours très pratique. Le guide papier sera le seul trouvé sur la destination.
- un site très bien fait sur les parcs nationaux du pays. Indispensable.
- un tas de blogs sur la destination, à vous de fouiller un peu.
- le site de la météorologie suédoise.
S’il est en France une entité qu’il m’est difficile de critiquer, c’est bien sa compagnie nationale d’aviation. A tous les niveaux : personnel, attente, embarquement, vol, je la trouve irréprochable. Notre transfert depuis Toulouse fut un plaisir sans turbulence. Escale au hub parisien de quatre heures pour une arrivée dans l’aéroport endormi de Stockholm au tournant des dates. Nous appelons l’hôtel, une navette vient nous chercher. Tout est calme et désert dehors. Mais où se cachent donc les Suédois ?
Au fait, Greenie est en permission, il quittera la forêt Daussoise pour des vacances bien méritée.
UPPSALA
La nuit sera confortable dans cet hôtel parking sans âme et sans volets. Loups, boules quies, toilettes et douches dans le couloir. Rien n’empêchera un sommeil réparateur. Petite machine à café et à cappuccino dans l’entrée, on déjeunera comme on peut de quelques fruits et biscuits sortis du bagage de soute. Déjà les employés s’affairent à nettoyer les chambres. La navette n’arrête pas de convoyer des voyageurs vers l’aéroport. Bientôt notre tour. Efficace, on se retrouve cinq minutes plus tard devant le stand de location Hertz où en quelques minutes un gros fourgon floqué de la marque nous est offert. A la minute près, pour ne pas payer un jour de plus. On ressent ici une rigueur toute nordique ou bien un idéal de justice. On ne triche pas, voilà tout.
Comment faire plus touriste avec notre mégahertz, comme disent les filles? Quelques minutes pour comprendre l’allumage de l’engin, vérification et photographies des rayures et nous voilà lancés sur l’autoroute direction Uppsala. Trafic peu dense, vraiment tranquille. Sentiment de sécurité, je pourrais presque conduite. Nous nous garons facilement sur un parking gratuit que j’avais trouvé sur un site de camping car. Quatre heures devant nous. Grand beau temps et nous sommes juste à côté du jardin botanique, but principal de la journée. Nous commençons par traverser un grand cimetière, aux tombes sombres, sans fleurs, marqués par un petit espace de sable sombre, soigneusement ratissé devant les pierres tombales. Pas de fleurs comme chez nous. Passage au milieu de beaux bâtiments appartenant à l’université d’Uppsala, le Cambridge suédois. C’est vrai que le centre de la ville respire la matière grise. Moins qu’à Harvard, mais nous sommes un dimanche de Pâques.
-Le jardin botanique : vraiment intéressant, malgré la saison. La neige tient encore au sol, la végétation est grillée ou inexistante mais le plaisir est là, un dimanche, avec les locaux qui prennent le soleil. L’Orangerie, gros bâtiment ocre, est malheureusement fermée. On remarque un peu frustrés les beaux arbres et arbustes, les grandes plantes, de derrière les verrières.
Au bord d’un petit étang partiellement gelé, on se recueille devant un buste de Carl Von Linné, le célèbre botaniste pape de la toponymie, Canis lupus, c’est lui ! Le jardin, premier jardin botanique créé en Suède, est d’ailleurs appelé aujourd'hui « Jardin linnéen ». On se rattrape avec la serre tropicale, ouverte pour un peu moins de cinq euros. Gros choc thermique forcement.
On se régale des différentes atmosphères : forêts humides, zone désertique, étang et nénuphars, vanille et poivre dans la salle Victoria, jardin d’hiver avec tables pour profiter ou même pique-niquer et salle des orchidées incroyable. Des couleurs, des senteurs, des plantes endémiques de coins tellement exotiques et sous une belle lumière, sans trop de monde, c’est un réel plaisir. Les alentours sont très bien agencés, avec une quantité innombrable de plantes, du moins en saison.
Un peu plus loin, derrière l’Orangerie, nous profitons d’un très beau petit coin de forêts, avec quelques grands arbres remarquables.
Encore beaucoup à se promener, mais la zone entre l’Orangerie et le château, proche, est en travaux. Une très grande étendue, se jouant des perspectives, ajustée géométriquement entre le bâtiment et le château, sur une hauteur.
-Le château : Nous le rejoignons en longeant le Jardin Anglais, près de la bibliothèque Carolina Recidiva, que nous n’aurons pas le temps de visiter. Quelques marches plus tard, nous arrivons devant sa façade. Massif, couleur orange rose, très grand. On ne visite pas mais il y a un musée d’art à l’intérieur. Un car et pas mal de monde sur le terre-plein, en particulier près de la cloche et des canons, pour avoir une belle vue sur la ville et la cathédrale toute proche.
Nous descendons par des routes piétonnes et des escaliers, essayant de ne pas glisser sur les graviers, mis un peut partout en ville pour éviter d’autres glissades. Les restes de neige, la lumière, les bâtiments colorés, on se rappelle Prague par moment, Turku en Finlande, Tartu en Estonie. Bref on est au nord.
Nous rejoignons le bord de rivière où nous comprenons les allusions à Amsterdam, lues sur un guide de voyage très célèbre. C’est vrai que tout est charmant dans ce centre. Une grosse ville de plus de 250 000 habitants tranquille, un dimanche.
-Le musée : Au bord de l’eau dans une belle bâtisse blanche. Accueil très souriant, vestiaire cosy et champêtre pour laisser les sacs et les vestes. Dehors les poussettes, parfois accrochées, parfois non. Seul un étage du musée est ouvert, dommage.
Une exposition sur les runes, caractères d’écriture scandinave anciens souvent gravés sur de grosses pierres où les anciens laissaient des messages pour la postérité. Peu de traduction en anglais, dommage. On suit une sorte de grand gars genre Viking, crane à demi rasé et longues tresses. Les gars sont plutôt lookés dans cette ville. Brushing et cheveux blonds à la Brad Pitt, belles fringues. Pour les femmes, pas encore de mannequins en vue mais cela ne saurait tarder.
Une autre exposition relate l’évolution de l’habitat, de la nourriture, de l’artisanat du pays suivant les siècles. Pas immense mais sympa de voir les vieux harengs marinés, les maquettes d’habitation sous verre genre bateaux dans bouteilles. Pas inoubliable, on sent qu’on est dans la morte saison et que le musée se refait une peau neuve. Mais c’est gratuit, alors, on est content.
-Comme il nous reste du temps on fonce vers le Biotopia, petit musée de la nature, à quelques centaines de mètres. On parcourt pour s’y rendre de larges avenues calmes.
Beaucoup de richesses, chaire, gisants, chandeliers sculptés, on lit les rois et les illustres. Point d’orgue de la visite, l’orgue. L’organiste joue devant nous en face d’énormes tuyaux, assez neufs il me semble, un Ruffatti de 2008. Devant ses sonorités vibrantes, je repense à ce que devaient être les obsèques d’Elizabeth II, souvenir encore frais et sommet de l’émotion. Curieux de notre intérêt, le monsieur propose à Cléa de jouer. Comment savait-il quelle connaissait ses gammes? Et voilà ma nièce de 16 ans jouant une improvisation de Fauré dans une cathédrale! Quel instant ! Elle ne s’est pas démontée et je pense qu’elle en gardera un souvenir inoubliable. Jouer de l’orgue dans la plus grande cathédrale de Scandinavie, un dimanche de Pâques, ce n’est pas rien. Un peu plus loin, une drôle de dame nous intrigue. Elle semble vivante et plusieurs fois j’hésite à m’en approcher. Une statue de cire incroyable de vérité qui garde un gisant.
Il reste encore une église puis le Gustavanium, édifice de l’université et son célèbre théâtre anatomique que j’aurais adoré voir mais qui est malheureusement fermé.
Et puis nous devons acheter à manger (merci Lidl) rouler, cuisiner…
Dès la sortie de ville, nous sommes frappés par la quantité d’animaux : partout, des dizaines de chevreuils, des cygnes, des oies…Où est donc Niels Holgersson ? Le paysage nous fait aussi penser à la version agricole des plaines américaines. Les maisons sont rouges, il n’y a pas de village avec un centre comme en France, mais des maisons posées ça et là. Drôle d’impression. Un peu de neige autour de nous, déjà.
Nous dormirons dans une très belle petite maison, près du vieux fourneau Husqvarna, entouré de volatiles et de champs. Une très belle première journée. Ambiance, atmosphère, paysages, le dépaysement est présent, plus tôt que prévu. Il ne nous lâchera pas du séjour.

Le lien vers les PHOTOS de Uppsala.
GÄVLE
Nous quittons la ferme vers 10h pour rejoindre la ville de Gävle, à moins d’une heure de route. Autoroute tranquille, la plupart des Suédois rentrent du nord pour ce lundi pascal. Défilé de belles voitures bien disciplinées. Heureux d’être à contre courant.
Gävle est une ville d’environ 70 000 habitants, proche de la mer Baltique sans pour autant respirer l’air du large. Seules les mouettes à têtes noires nous rappellent cette proximité. Le centre ville est bien désert en ce jour férié, le premier parking, gratuit « comme un dimanche » nous confirme une passante, ne nous inspire pas confiance. Il faut dire que notre fourgon Hertz n’est pas très discret. Nous le sommes encore moins quand le coffre ouvert, nous nous préparons à partir en balade. Nos sacs remplis pourraient inciter à la dérobade. On se déplace en plein centre, le long d’une rue plus fréquentée. J’avais imprimé avant de partir un petit parcours en ville de deux heures, proposé par l’office du tourisme. Rien de bien grandiose mais bon, on se lance.
Dès les premières minutes de marche, je me fais remarquer, en bon français. Traverser une rue déserte hors des passages piétons, sans appuyer et demander la permission à la machine, est ici très mal vu. Une dame me reprend alors. Ah la rigueur Suédoise!
Une fontaine, un théâtre remarquable avec Moliére et Shakspeare, mal orthographiés, écrits dessus, censé être une petite copie de l’Opéra Garnier, une banque en pierre rouge, une place « du marché » déserte et austère, une rue commerçante et des boutiques non franchisées. Je n’ai pas l’impression d’être dans la Suède riche et moderne, plutôt dans des villes ouvrières d’Angleterre ou d’Ecosse. Les gens s’habillent en couleurs sombres et parlent peu. D’ailleurs c’est ce silence et ce manque de vie, d’humains qui nous marquent. Tout est très calme et vide. Un lundi de Pâques, sûrement. Nous poursuivons vers l’église, un peu penchée. La messe nous empêche d’y entrer. Promenade le long du parc de Boulogne. Quelques statues, des mamans et des poussettes. Une eau sombre, ferrugineuse, tourbée, quelques crocus colorés mais une nature morte, grillée.
La neige est encore présente, le printemps n’est pas encore de saison. Quelques promeneurs, des pêcheurs à la mouche. Passage près du vieux stade du début du XXème siècle, statue du champion local de l’époque. Salle de concert de 1998 avec des milliers de blocs de céramique bleue en façade. Quelques énormes maisons en bois, d’autres plus petites mais anciennes, un château qui ressemble plus à un immeuble, massif. Le clou, et le but de notre arrêt, est le vieux quartier de pêcheurs préservé. Un pâté de maison rouge et jaune, des rues quadrillées pavées. Charmant. Souvenirs de Finlande, avec un peu moins de neige. Pas de volets en Suède, mais des vitrines décorées: petites figurines, animaux...à côté des autocollants « Alarm ». Personne à part nous, les maisons sont pour la plupart bien tenues mais tout n’est pas habité en permanence. Un endroit de massage non loin, un néon, un homme qui sonne et une porte qui s’ouvre.
En bord de rivière, vieux bâtiment genre étable, gros bâtiment du musée de la ville, fermé. Grand hôtel, façon Wes Anderson. Toujours aussi peu de bruit en ville. Au final, une ville dans laquelle je ne me verrais pas vivre. Un peu terne en ce début d’avril. Mais la petite vieille ville vaut le détour.
SÖDERHAMN
Nous poursuivons par l’autoroute vers Söderhamn, ville d’environ 25 000 habitants, que nous atteignons le ventre vide. Le trajet est monotone, même si Thierry tente un détour sans succès pour passer par la campagne et quelques lacs gelés.
Nous pique niquerons au pied de la tour d’Oscar Berget, pour la vue sur la ville qui n’inspire pas trop non plus. Pas trop d’âme, pas vraiment riant. La tour blanche est fermée, nous ne verrons pas la mer. Nous goûterons ses produits : diverses sortes de harengs en marinades, à la moutarde, toutes sucrées, accompagnés de caviar de poisson en tube. On mange typique, pas un régal mais cela passe, pour un début.
HUDIKSVALL
Etape suivante, après un bon tronçon d’autoroute: Hudiksvall. Une minuscule vieille ville composée d’une unique allée de maisons longeant un canal menant à la mer Baltique. Personne, on se gare juste devant ! Les maisons sont rouges, quasi identiques, alignées. On note le calfeutrage entre les planches, les quelques anneaux pour accrocher d’anciens bateaux. Rien de plus. Mais avec le froid, l’eau partiellement gelée et l’absence totale de touristes, c’est assez sympa. Non loin, nous allons enfin voir la mer Baltique, entièrement gelée. Les pontons sont déserts, tous les bateaux sont à l’hivernage. On se promène devant quelques vieux bâtiments du XIXème siècle dont des entrepôts encore dans leurs jus. Agréable malgré le vent froid. Nous croisons quelques rares promeneurs.
Il reste maintenant à rejoindre notre escale du soir, à Backarang. Trajet qui va se révéler une petite aventure en lui-même. Quittant le réseau principal, on se retrouve vite sur des routes partiellement déneigées et recouvertes de graviers. Des maisons rouges partout, de la neige de plus en plus épaisse. On repère les traces des motoneiges sur la glace, et même un anneau de glace et des patineurs.
Sur un grand lac, le vent a craquelé la neige et fait ressembler les abords à la banquise. Des fractures de glace vive parfois de plus de 2 mètres. Très impressionnant et surprenant sur un lac. Des pontons charmants, des tables pour pique-niquer. Peut-être un coin célèbre en été. D’ailleurs on croise de charmants campings très cosy et natures. Bientôt la route devient une sorte de piste. Ambiance hivernale et sentiment d’isolement. Pas l’endroit pour avoir un problème mécanique. On avance lentement, cherchant les élans et les gloutons. Il y en a, le propriétaire de la ferme où nous dormons ce soir le confirme. Des animaux agressifs en nombre, beaucoup d’ours et un lynx autour de la ferme ! Superbe ambiance et gîte très confortable. La Suède que l’on imagine. Un mètre de neige devant la porte, la forêt, le bonheur. Au final, une journée de transfert avec assez de route. La fatigue pointe son nez, le froid aussi. On va devoir bien se couvrir et se nourrir les prochains jours. Deux épaisseurs hier, trois aujourd’hui. Demain je sors la doudoune !
La maison est assez fantastique. Au sous-sol, une salle de gym et un sauna très chaleureux avec un petit salon lounge à ses abords. Les filles de Gradignan ne résistent pas à l’appel des hautes températures. Et bien sûr elles feront la totale : toutes nues dans la neige, 3 fois ! Marrant de les entendre hurler plus fort que le glouton.
SUNDSVALL
Le musée en plein air est une réussite. Des dizaines de maisons anciennes ont été démontées et reconstruite ici. Beaucoup de familles en ce jour particulier, riche en animations. Nous rencontrons les poulets, les chèvres et les moutons les plus heureux de Suède. Tous dans des enclos séparés. C’est nickel, propre comme au cinéma. En saison il y a aussi des lapins et probablement d’autres espèces. Certaines maisons sont ouvertes, pas toutes. Moulin, ancienne étable, ancienne église, un musée dans le musée (que l’on ne visitera pas, sauf sa boutique), ancien camp Sami (ne pas dire lapon !), restaurants, cafés, il est très agréable de déambuler dans ce lieu, gratuit, bizarrement.
Nous quittons les lieux et nous décidons de ne pas nous rendre dans le centre-ville pour visiter le musée et le Kulturmagasinet, préférant nous rendre à Harnosand, à quarante minutes de là.
HARNOSAND
Les abords de la ville ne font pas rêver avec une immense usine de pâte à papier en bord de mer. Les musées se trouvent sur une colline.
Nous mangerons sur un parking nos harengs marinés et nos pâtes de poisson avant de foncer au musée Vasternorrland, gratuit.
Les expositions sont modernes et attrayantes bien que peu traduites en anglais.
Le voyage antique avec neuf mille ans de traces humaines nous plonge aux âges de pierre et de fer. On y rencontre la vie des colonies, un modèle d'une maison, des pétroglyphes animés et des films pour les enfants. Clou des lieux, la Femme de Lagmansören, une reconstitution d'une femme de l'âge de pierre décédée il y a environ 4 000 ans, au regard si réel. L’exposition se poursuit avec l’ère des grandes puissances – des années 1050 aux années 1680. Modèle de redoute, cabinet d’autel, stations de senteurs (on met le nez, on appuie, et voilà la poudre à canon ou le marché aux poissons). Un endroit sympathique.

Le lien vers les PHOTOS des villes de la Baltique.
LA HAUTE CÔTE DE LA BALTIQUE
Des lacs gelés, encore et encore, la campagne, la route en gravier. On repère les traces des motoneiges et les cercles de glace sur la surface. La saison semble terminée mais on repère un pêcheur faire son trou sur la glace. Nous nous rendons sur la Haute Côte, pour voir les villages de Barsta et de Bonhamn.
Le village de Barsta est très photogénique. Un peu désert. Un petit restaurant qui semble ouvert les weekends. Un camping sous la neige. Un ponton et un ferry pour l’île d’Ulvon, en saison.
On n’aura pas le temps de faire le prochain village remarquable du coin. On rentre par des routes parfois pentues et limites côté enneigement.
La soirée sera fort peu agréable. Mésentente avec les propriétaires de la maison. Je me vois contraint d’appeler plusieurs fois Magnus à Stockholm. On n’a pas d’eau et il n’y a que quatre couchages. Sa femme change même l’annonce en cours de discussion ! On va passer la soirée à envoyer des messages et à essayer de trouver où dormir. Thierry et moi partons en pleine nuit à la recherche de la station de distribution d’eau du quartier pour ouvrir les vannes ! On déménage d’une petite cabane extérieure un matelas pour l’installer dans la salle à manger, on prend les draps et les couettes en fouillant partout. Un peu énervés et fatigués. Vraiment pas confortable comme accueil. Voilà le risque des boites à clés. Fort contraste avec les premières nuits. Et on doit rester 3 jours ici !
Une petite vidéo ( 1 min 18) sur l'ascension du Skuleberget.
Réveil un peu brumeux et fortes pluie sur la véranda. Le programme du jour entièrement axé sur la marche, je suis un peu inquiet. Vérification des modèles météorologiques : le temps devrait s’améliorer en journée. Nous partons pour le parc avec une ambition atténuée.
De retour nous nous arrêtons dans une petite baie pour, autour d’un ponton, se tester à la marche sur glace, en équilibre sur les glaçons. J’aurais aimé une chute filmée, elle n’est pas arrivée.
Soirée tranquille devant la cheminée. A 21h, on y voit encore dehors !

Le lien vers les PHOTOS des bords de la Baltique.
Une vidéo ( 4 min 07) sur le parc national de Skuleskogen sous la neige.Magnifique.
LA LAPONIE: PARC NATIONAL DE BJÖRNLANDET
La route devient bientôt une piste qui devient elle-même une piste pourrie pour atteindre le parc. C’est limite mais on atteint quand même le parking. On y retrouve un énorme camion aménagé en camping car. J’en avais déjà vu un en Nouvelle Ecosse. Le genre de véhicules du grand nord que l’on ne trouve pas sur les lieux trop courus. Là c’est de l’explorateur à la dure. Le couple est justement en train de vérifier les clous installés sur les énormes pneus! Je suis une peu rassuré de les rencontrer car cet engin pourrait nous être d’une bonne aide en cas de plantage au retour.
Une petite vidéo ( 3min 28) sur le parc national de Björnlandet. This is my wild.
Nous passerons la soirée dans une auberge de jeunesse super sympa en pays Sami. Un grand édifice jaune des années 50, qui a fermé en 2003. Le propriétaire, un grand gaillard, nous raconte les-30°C d’il y a 2 semaines. -38°C la nuit. Courant en janvier février mais pas au mois de mars. Le gars consomme 30 tonnes de pellet sur une année pour le chauffage ! Il nous raconte l’histoire de cette école pour enfants Samis, nomades. Le lieu garde ce cachet d’antan. Meubles, tableaux, posters éducatifs avec champignons, principe du moteur, squelette. Le village est aussi un haut lieu du chien de traineaux. Le gymnase nous amusera en soirée : ping pong, gymnastique, cerceaux, avec du matériel des années 50, super qualitatif. Je m’imagine à préparer les JO de 56 ici ! Un bon dans le temps que tout le monde adore.
Quel plaisir de dormir dans une ancienne école de Laponie des années 50 entièrement à nous ! J’adore. Je crois que les neiges du parc Björnlandet nous ont offert un sommeil rapide et efficace. La matinée se résume à un transfert pour rejoindre notre prochaine étape et pour commencer notre descente vers le sud. La région autour de Gafsele est très belle. Est-ce le fait de se savoir encore un peu en Laponie ? La rivière encore gelée sauf en son milieu, les routes toutes droites au cœur des forêts, bien souvent sur des pistes en graviers. On croise rarement, voire jamais de voiture. Impression de nature éloignée et sauvage. Quelques maisons toujours rouges, les motoneiges dans le jardin, quelques chiens de chasse parfois. On se demande comment vivre dans ces endroits.
Une vidéo ( 3min 07) sur des démonstrations sportives dans le gymnase de l'ancienne école. This is my sport.

Le lien vers les PHOTOS de Laponie.
ÖSTERSUND
Une journée de transition, avec beaucoup de route. Pas la plus spectaculaire. En bas, c’est soirée Danse avec les Stars. « Je ne peux pas comprendre » me dit Caroline. Je reste alors dans ma chambre.
Très bonne nuit au milieu des vaches dans la maison coquette un peu old style. Tout ce que j’aime. Nous partons un peu avant 11 heures pour une journée de transfert vers les montagnes. Un peu comme les rennes. D’ailleurs on en verra encore en route. Tranquilles, ils ne s’émeuvent pas trop de notre présence, tant que nous restons dans la voiture. Voir un renne ici, c’est l’avoir à trois mètres devant soi au bord de la route. On ne parle pas d’une silhouette vaguement aperçue au loin. Les biches aussi sont bien moins peureuses qu’en France. On les voit curieuses, pas si effarouchées.

Le lien vers les PHOTOS d'Östersund et des environs.
ROUTE VERS LES MONTAGNES

Le lien vers les PHOTOS du col de Flatruet.
Une petite vidéo ( 1 min 31) sur la route du col de Flatruet. Ambiance grand nord.
Notre halte du soir et pour les prochains jours est à une vingtaine de kilomètres plus loin, sur la route de la Norvège. Un petit camping caravaneige en bordure du lac, à Fjällnäs. On va y être très bien. A deux pas de la Norvège, au bord du lac gelé. J’adore. On partira d’ailleurs directement sur la glace faire un petit tour sur les sentiers de motoneige. Un pêcheur creuse des trous partout. Ambiance grand nord. On adore déjà.
eSCAPADE EN NORVEGE:ROROS
Au loin des montagnes couvertes d’une épaisse couche de neige, des vues époustouflantes à 360°. Nous rentrons les yeux ouverts en grands vers la Suède. La route est aussi belle à l’envers qu’à l’endroit.
En soirée nous irons nous renseigner la station de ski de Tänndalen. Dameuses en action, restaurateurs qui préparent la journée. Je sens qu’on va s’y éclater. Je suis bien loin de mes Pyrénées.
Une journée mémorable qui m’a comblé. Elle me rappelle les vestiges du far west de Californie, avec le blanc en plus.
« Pourquoi venez-vous ici ? Vous avez les Alpes ? » me demande le vendeur du supermarché. On nous posera plusieurs fois la question. Pour tout ce qu’on n’a pas, dois-je répondre.

Le lien vers les PHOTOS de Roros.
Une petite vidéo ( 1 min 00) sur la ville de Roros et ses environs. Un site incroyable sous la neige.
FJÄLLNÄS:SKI A TÄNNDALEN
Skier en Suède, nous ne pouvions pas manquer cette expérience assez unique. Notre logement est à 3 km de la station de Tänndalen, une des plus grandes du pays. Il fait super beau, il y a de la neige. Impossible de passer à côté. Réveil à 7h, 8h30 chez le loueur. Beau magasin de pied des pistes, Hamra Sport. Assez marrant, surtout pour les filles, de répondre en anglais et de donner leurs mensurations. Service efficace mais en tout point identique à celle vécue en France. Nous prenons les forfaits à la réception du restaurant, au pied du Tänndalen Lodge. Aa petit matin, avec l’odeur de chocolat chaud et de café, ajouté au caractère très cosy des lieux : animaux empaillés (bœuf musqué, ours, chouettes…), peaux sur les murs, canapés en cuir, je me dis que c’est un endroit où j’aimerais bien séjourner.
Dès 9h, la station s’anime un peu. Les remontées démarrent à la même heure et les premiers skieurs sont déjà en piste.
Sur un télésiège 6 places, les sièges sont chauffés, un rabat automatique nous protège du froid et la barre se lève toute seule à l’arrivée. La station comporte deux télésièges débrayables, le reste étant des tires fesses, parfois des ancres que l’on prend à deux.
A 16h, toutes les remontées s’arrêtent en même temps. Bizarre, je pensais même qu’il y avait une coupure d’électricité. On se retrouve au restaurant cosy, dans le canapé en cuir pour un chocolat chaud. Les locaux, quelques beaux, quelques belles, prennent leur bière dehors.

Le lien vers les PHOTOS de Tänndalen.
Une vidéo ( 5 min 07) sur notre journée panoramique au ski à Tänndalen. Mémorable.
Et quelle blancheur au loin avec la lumière du soir ! Une journée mémorable.
FJÄLLNÄS: EN RAQUETTES VERS LA FRONTIERE
Aujourd’hui, grande sortie randonnée. Mémorable encore. Je me renseigne en matinée auprès du propriétaire du camping. Un type très sympa et souriant, passionné d’outdoor. Il m’indique les meilleurs endroits pour faire de la raquette, me montrant la carte et les pics en vue de sa maison, en bord de lac. Le camping est situé sur une voie de grande randonnée qui relie le sud au nord de la Suède sur environ deux mois. Dans sa maison, dont une pièce fait office de réception et où on est accueilli par le chien chien, des produits et aliments de base pour les randonneurs. Par bonheur l’un des meilleurs choix consiste à partir simplement de la maison sans prendre la voiture.
Vers 11h, sous un soleil superbe, nous commençons notre périple en traversant le lac, gelé jusque début juin. Le coin reçoit environ 4m 50 de neige par an. Ensuite c’est le printemps et l’explosion des prairies.
Proche du premier sommet, nous croisons 3 gars en ski de fond avec leurs chiens. Nous suivrons la piste de motoneige jusqu’à un petit col surplombant le lac de Bolagen. Les paysages sont superbes avec une ligne d’horizon vraiment lointaine, déchirée de quelques pics. L’ambiance est totalement blanche même pour une fin avril. Des paysages qui ressembleraient plus à l’Ecosse en plein hiver qu’à nos montagnes françaises. On s’en met plein les yeux. Six rennes passent au loin, suivis par deux motoneiges. Peut-être des Samis ? Demain, les pistes seront fermées pour la transhumance. Grand moment en perspective.
De retour à la cabane, les jeunes nous demandent, comme tous, pourquoi sommes-nous là en cette saison. On leur dit qu’on recherche la neige. Ils nous disent qu’ils partiront en mai skier dans le nord du pays et même en juin à Narvik en Norvège. Avec des pentes qui tombent vers la mer.
Nous retraversons le lac Bolagen et commençons la dure montée pour rejoindre un petit sommet. Il est tard mais la nuit est à 21h et le temps est stable, on ne stresse pas du tout. La piste de motoneige est en vue. Je me détache de Caroline et Thierry et termine seul mes derniers kilomètres, dans le silence.
On rentre tous écarlates, tellement on a pris de soleil dans la face. Un peu fatigués (la propriétaire du camping n’est jamais allée aussi loin) mais tellement heureux d’une telle expérience. Magique !
Dans l’appartement, les filles regardent un film animé à la télévision. Tout le monde est content. Derrière nuit dans les montagnes. Je crains déjà le mal de plaine.
Sur les pistes de Tänndalen, les skieurs s’éclatent sans la foule. Je les envie. Quelle belle station et quel temps ! La semaine prochaine, la neige et le gel reviennent.
Peu après Funäsdalen, nous bifurquons sur une piste plein sud. L’ambiance est encore blanche avec une petite station de ski très jolie, des forêts enneigées mais toujours pas d’élan. Un beau renard par contre. Nous faisons nos courses dans le petit Coop de Morkret, en bordure du parc national de Fulufjället. Les villes ici font un peu western, sans centre, sans rue commerçante. Des maisons placées de façon un peu aléatoire, et de très rares commerces le long de la route principale.

Le lien vers les PHOTOS de la randonnée en raquettes.
Une vidéo (8 min 27) de la randonnée en raquettes.Magnifique!
PARC NATIONAL DE FULUFJÄLLET
Le parc est environ 25 kilomètres, par une belle route. Il est remarquable par son haut plateau très enneigé à plus de 900 mètres d’altitude. Rare de voir une telle barre horizontale de neige. L’entrée du parc est comme toujours très jolie. On se croit dans un parc américain, mais ici tout est gratuit. Deux ou trois voitures, pas plus. Un restaurant, fermé, un musée de la nature, qui ouvre en mai, très beau avec du bois et d’amples baies vitrées. Un énorme écureuil pique dans les rations des oiseaux, la tête en bas, accroché à une mangeoire.
Le sentier est à l’image de ce que nous avons déjà connu : des pontons avec 60 cm de neige, de supers signalisations. Notre objectif : la cascade de Njupeskär, censée être la plus haute de Suède. Le sentier tout plat au départ, passe au milieu d’une forêt clairsemée, longe un lac gelé en train de fondre. Une table au bord du lac nous accueille pour le pique nique.
La route descend ensuite lentement vers la région de Mora. Les kilomètres se suivent, la forêt devient moins sauvage, plus exploitée. La neige disparaît petit à petit.
Nous passons une grosse rivière, non gelée, des lacs, non gelés. On s’imagine la Suède du printemps et de l’été. C’est beau mais moins dépaysant. L’arrivée dans la petite ville de Mora nous ramène en plaine. Cela sent déjà le retour.

Le lien vers les PHOTOS du parc de Fulufjället.
Une vidéo (1 min 22) de la randonnée dans le parc. Rencontre du 3ème type avec des mésanges boréales.
LAC SILJAN:MORA, RÄTTVIK et TALLBERG
Petite étape sympathique dans la petite ville de Mora. Bien sûr bien éloignée de nos standards des derniers jours. Petit arrêt ce matin à la vieille église de la ville. Je m’épate de la lumière et des couleurs. Je ne suis pas sûr qu’en Belgique, bien plus au sud, ils aient un tel temps. On s’attendait à bien plus gris en fait, ce qui n’est pas du tout la couleur dominante du séjour. Intérieur vide, où sont les croyants ? On n’en a jamais vu sur les bancs. En quoi croient les Suédois ? Pas d’émotion pour moi. On laisse la petite ville, célèbre pour être à l’arrivée de la plus grande course de ski de fond du monde, la Vasaloppet.

Le lien vers les PHOTOS du lac Siljan.

Le lien vers les PHOTOS de Falun.
Une vidéo (1 min 01) de la ville de Rättvik, au bord du lac et de Falun.
Un dernier jour encore lumineux, estival. Nous aurons été gâtés jusqu’au bout.
Une petite vidéo ( 1 min 55) de l'ambiance des routes suédoises, depuis la voiture.
CONCLUSION
J'avais quelques doutes avant le départ. Ma région commençait à se verdir, le soleil chauffait les plaines et les jardiniers s'affairaient. Je sentais l'hiver terminé et l'appel du sud se faisait sentir. Je me disais qu'on aurait été bien à Chypre, au chaud, plutôt qu'à s'équiper en bottes de neige et en doudounes. Je m'attendais à un temps gris et à des conditions difficiles, à des ciels bas et de longues journées grises. La clémence du ciel nous a offert le meilleur. Un tel voyage dans le gris aurait été bien triste. Le peuple suédois n'est pas des plus joyeux, en apparence. Les villes sont assez vides et on ne croise que peu d'humains. Avec un temps contraire, peut-être aurions-nous ressenti beaucoup de mélancolie et la nostalgie de notre séjour monténégrin?
La Suède s'est montrée lumineuse. Dès notre retour, la neige et la grisaille s'installèrent de nouveau. Nous avons été très chanceux.
Tout le monde a apprécié ce voyage. Par son goût d'aventure tout d'abord. Pendant quasiment deux semaines nous avons vécu dans le blanc. Ce qui est très rare sous nos latitudes. Des lacs gelés innombrables, des forêts, des rennes, la mer figée, les immensités blanches, les montagnes. Cette ambiance est exceptionnelle pour nous, Français du sud. Aventure aussi sur les pistes sans jamais croiser de voitures, sur les sentiers où nous étions souvent les seuls marcheurs du jour, depuis plusieurs jours même.
Un sentiment d'exclusivité rare. Le pays, les musées, les routes, les logements, le pays semblait être privatisé. Pour nous seuls.
Le principe du road trip est aussi excitant. Quelques passages un peu longs sur une ou deux journées de transferts, mais globalement, il est très exaltant de monter vers le nord en changeant de cap tous les soirs ou presque, tout en se préservant des étapes plus longues pour se poser et s'imprégner d'une zone. En cela l'équilibre du voyage était parfait pour moi. Environ 2500 kilomètres suffisent largement, plus aurait été déraisonnable. La Suède du nord est bien trop loin.
J'ai beaucoup aimé l'alternance des ambiances sur un fond monotone. Des parcs de plaines, de forêts primaires, marins, de montagnes. Un tableau blanc mais des teintes différentes tous les jours. On ne s'est jamais lassé de ces paysages et je n'ai pas décollé ma joue de la vitre malgré les nombreux kilomètres.
Nous avons aussi beaucoup apprécié l'ambiance des villes classées et des villages reconstitués. De quoi se croire souvent dans un western, parfois dans un village antique américain, très souvent dans des décors de cinéma. Que de bons moments et de transport temporel dans les villes de Sundsvall, Roros ou de Falun! La petite escapade en Norvège fut d'ailleurs très appréciée.
Quelques très bons logements aussi, et pas forcément onéreux. Quel plaisir le soir de se retrouver derrière un bon double vitrage à contempler les paysages blancs, bien au chaud. Et que dire des saunas! Une première expérience mémorable pour la plupart d'entre nous.
Skier en Suède, passer la frontière norvégienne en raquettes, marcher sur la mer Baltique gelée, suivre les rennes sur la route mais ne pas réveiller le glouton, traverser les lacs, se promener sur les sites de biathlon ou de saut à ski, jouer de l'orgue dans une cathédrale, nourrir les mésanges boréales dans la main...Des expériences inoubliables.
LE SEJOUR EN 5 COUPS DE COEUR :
- La vue sur la mer Baltique depuis les hauteurs du parc de Skuleskogens.
-La nuit dans une ancienne école Sami au sud de la Laponie.
-l'ambiance hivernale au col de Flatruet ou en raquettes vers le lac de Bolagen .
-la journée de ski à Tänndalen, loin, si loin de mes Pyrénées.
-la ville minière de Roros sous la neige, en Norvège, avec ses mines incroyables, ses maisons préservées et son superbe musée.
LE POUR : les superbes parcs nationaux, l'alternance de lacs, de mer et de montagne, l'ambiance blanche sans les soucis de l'hiver, le confort de nos logements, la tranquilité de la hors saison, le calme et la douceur de vivre, les activités outdoor, les musées souvent gratuits, les routes panoramiques, un budget finalement raisonnable.
LE CONTRE : les distances, les pistes parfois limites en cette saison, l'excès de neige sur les sentiers, la difficulté d'accès aux parcs sans voiture, le manque de petites boutiques pour goûter la gastronomie locale.