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WEST HIGHLAND WAY et ÎLE D'EIGG

Pourquoi l'ECOSSE ?

Depuis notre mémorable visite de l’île d’Arran, nous étions sûrs de revenir en famille en Ecosse. J’avais proposé d’abord l’île de Skye mais la popularité de l’endroit nécessitait une organisation fortement anticipée pour les locations ce qui est difficile à faire avec les choix de dernière minute de nos Bordelais. Je pensais alors à l’île de Lewis et ses plages magnifiques. Mais un contretemps, la suppression d’une des deux semaines de vacances de Thierry, par son patron peu regardant, rendait ce voyage trop compliqué à organiser. Je devais trouver un séjour exaltant dans les environs de Glasgow pour la première semaine. J’ai alors pensée à la West Highland Way, le plus célèbre sentier de randonnée d’Ecosse, qui serait un bon challenge pour les plus  jeunes et les plus anciens du groupe et aussi une première sur une randonnée en itinérance pour d’autres. Il serait aussi l’occasion de partir en vacances sans voiture, ce qui procure une toute autre ambiance. J’ai ensuite rajouté pour la deuxième semaine un petit séjour sur une île, Eigg, pour avoir des vacances variées, alliant montagnes et rivages, marches et séjour. 


PLAN DU VOYAGE

Voyage en famille , avec Annie, Caroline, Thierrry, Alice, Cléa et Jamila du 7 au 21 avril 2018.

Notre  ville d'entrée et de sortie sera  Glasgow.

Nous allons d'abord rejoindre le départ du sentier à Milngavie, une petite ville tranquille de la banlieue de Glasgow. Ensuite ce sera plein nord pour 8 jours , à pied, jusqu'à atteindre Fort William. De là nous prendrons le train pour rejoindre Mallaig d'où nous prendrons un ferry pour l'île d'Eigg. Nous y passerons 4 nuits avant de reprendre le ferry puis le train jusqu'à Glasgow.

Carte de notre séjour

PERIODE :
Au niveau du climat, le mois d'avril est toujours pour moi une très bonne saison pour visiter l'Ecosse. Les touristes sont plus  rares, les hébergements sont plus disponibles et moins chers qu'en saison, les midges sont absentes, la neige est encore là sur les sommets et sur les sentiers et il ne pleut finalement pas tant que ça. 

Il faut savoir que la West Highland Way devient très fréquentée dès le mois de mai, il peut être alors difficile de trouver un hébergement en dur à bon prix.

Pour en savoir plus sur le climat et les bonnes périodes , voir sur le site de quand partir sur l'Ecosse.


NIVEAU :

Moyen


Pour peu que vous parliez un peu anglais il est aisé de voyager  dans ce pays. Et même dans le cas contraire je suis sûr que les Ecossais pourraient facilement vous aider.  Le paiement est en LIVRES ECOSSAISES. Attention, la monnaie venait de changer lors de notre voyage et nous avons du trouver une banque pour convertir facilement et gratuitement nos vieux billets et nos vieilles pièces. 

Le système de transport est très bien fait et ponctuel, les gares modernes, les horaires affichés un peu partout.  Il est facile de réserver en ligne  les taxis ainsi que les billets de train. 


Pour trouver un hébergement ce fut une sacré organisation car nous étions 7 . J'ai passé pas mal de temps pour trouver à chaque étape de la randonnée un hébergement en dur. Sur l'île d'Eigg, ce fut plus simple.  Je me suis beaucoup servi des sites de portages de bagages et bien sûr de Booking.com.


Niveau physique, il faut aimer marcher et être un peu endurant. Le sentier n'est pas difficile, moins de 5000 m de dénivelé sur 8 jours et une trace au sol très souvent  confortable à suivre.  Il reste que les pieds peuvent souffrir un peu pour les débutants. Nos plus grosses étapes montaient à 9h30 quand même pour environ 24 km au maximum.  L'ascension du corbett en route ne nécessite aucune compétence particulière. Faire le même sentier avec des sacs et un temps pourri serait beaucoup plus difficile c'est sûr. Nous avons opté pour le portage des bagages.  C'est une option que je recommande à tous. Pour environ 30 livres nous avions nos sacs enlevés et livrés le soir à notre prochaine étape. Nous avons croisé un tas de randonneurs à la dure. Ils sont arrivés bien plus fatigués, forcément. 


Sur l'île d'Eigg, les sentiers sont moins marqués que sur la WHW. On fait souvent du hors sentier même. Mais rien n'est bien difficile dans ce qu'on a  fait. On peut trouver du pénible mais on peut aussi l'éviter en grande partie. 


Niveau hygiène, pas une seule alerte de santé.  C'est l'Europe moderne, rien à ajouter. 

Aucun  sentiment d'insécurité .  



HEBERGEMENT ET BUDGET (2018) :

Le voyage m'est revenu à   920  euros pour 14 jours ( 110 euros d'avion ,810  euros de logements, de visites, de nourriture et de transports  sur place )  . Nous avons dormi tous les soirs en dur, la plupart du temps en prenant les formules les plus économiques, tout en évitant les dortoirs communs. Le rapport qualité prix est je trouve très bon. On est quand même un peu au nord de l'Europe où tout est assez cher. 

 Le prix  des chambres   nous revenait de 20 à 50 euros par nuit et par personne, avec le petit déjeuner qui est un vrai repas pour les plus chères.   Elles étaient  souvent  confortables: BNB, hôtel de chaîne, hostel, huttes. C'est une grosse part du budget.

Sur les transports,  nous avons opté pour le taxi depuis et vers l'aéroport. A 6 ou 7 c'est très rentable et vraiment confortable. Environ 30 à 35 livres pour rejoindre Glasgow ou sa banlieue. Nous avons aussi pris le train 3 fois; une fois pour un seul arrêt, une autre pour Fort William-Mallaig et enfin un Mallaig-Glasgow. Pour la distance , je ne trouve pas cela si cher. 40 euros par exemple pour un Mallaig-Glasgow pour plus de 5 heures de train panoramique. Nous avons enfin pris le ferry pour l'île. 8 livres l'aller-retour. 



Pour nous  nourrir, on faisait nos courses  dans les supermarchés  ou dans les épiceries.  Le soir ils bradent les denrées en dates courtes. C'est l'occasion de manger pour quasiment rien. Pour moins d'une livre nous avions souvent un repas complet. C'est vraiment un système très économique. Nous avions aussi, dans nos sacs,  apporté beaucoup de provisions sucrées de France. Il y a ensuite les petites épiceries, forcément plus chères. 

Les petits déjeuners offerts étaient très copieux  et nous tenaient une bonne part de la journée .  Pas très fruité le Scottish mais cela fait partie de l'ambiance. 


Pour les restaurants, on a bien mangé à la station de ski de Glencoe, sur l'île d'Eigg ou à Mallaig. Les prix sont raisonnables et pas plus chers qu'en France. 


 
Pour préparer ce voyage j'ai utilisé :


Pour la météo:

Pour l'île d'Eigg:

Pour les transports:

Pour la West Highland Way:



LA VIDEO DE LA WEST HIGHLAND WAY

La vidéo  ( 4 min 07) en musique sur la randonnée.   Pour la version longue ( 13 mn 26) avec les sons d'origine ; cliquer ici



LA WEST HIGHLAND WAY


Milngavie

Un vol direct pour Glasgow depuis Carcassonne où nous avons failli perdre la famille Bressant-Souyri à cause d’un problème de voiture de location, un aéroport bien décoré nous mettant déjà dans l’ambiance, des douaniers sympathiques, un taxi personnel et réservé qui nous conduit à une banque Barclays et devant nos logements respectifs. Nous sommes à Milngavie, nous loin de Glasgow. Nous passerons la fin d’après-midi à nous promener dans le centre-ville, profitant du calme d’un samedi après-midi dans la rue centrale quasi déserte après la fermeture des commerces.  Pas grand-chose à voir, si, un escalier à saumon.  Les courses seront agréables. En soirée beaucoup de produits sont bradés dans les hypermarchés. On mangera vraiment pour 3 fois rien, sur un bout de moquette dans notre chambre. Roger Moore et 007 à la télévision. Nous sommes dans l’ambiance. 


Best Foot Forward BNB

Jour 1 : Milngavie-Drymen 12 miles (6h45)


Dans notre BNB, Best Foot Forward, des anglais, des américains, tous là pour marcher. Notre hôte est comme on l’imagine, âgé et classe. Sa maison est kitsch avec ses porcelaines près de la fenêtre et le petit déjeuner est bien copieux.  Nous laissons nos lourds sac (120L Décathlon de 20 kg pour ma mère et moi, longue-vue et trépied oblige)  devant la porte. Go Haggis, une entreprise spécialisée qui était venue nous chercher aussi à l’aéroport, va nous le transporter jusqu’à Fort William pour 30 livres. Quel confort !  Il suffit juste de remplir nos arrêts et de poser les sacs tous les matins là où on dort. On les retrouve le soir à l’étape. Nous partons à 9h30 depuis le centre de la petite ville de Milngavie, banlieue de Glasgow. Impossible de manquer le départ : un grand portique avec marqué dessus « WEST HIGHLAND WAY », des bancs au même nom, des panneaux et même un obélisque devant lequel tout le monde pose avant de partir. Beaucoup de groupes défilent ainsi devant nous : promeneurs du dimanche, trailers, cyclistes  et randonneurs bien sûr. On a l’impression de démarrer une aventure, un sentier qui compte, ce qui est un première pour moi tant mes expériences passées en Ecosse étaient marquées par l’anonymat : pas de sentier, pas de balisage, le rien. Ici on est dans une organisation très rodée et aussi très agréable. Il y a même la possibilité de faire tamponner un passeport comme sur le sentier de St- Jacques-de-Compostelle. Des panneaux indiquent régulièrement  des faits historiques et niveau balisage, impossible de se perdre. Nous commençons par longer un ruisseau, sur un terrain facile et relativement plat. Ce n’est pas sauvage mais tout le monde est excité et content de démarrer. Après tout le travail de préparation, voilà enfin le temps de la marche. Nous longeons un lac puis redescendons un peu vers une grande route que nous longerons un moment. Déjà les collines proches montrent un peu de neige à leurs  sommets. Le sentier est tout droit, un peu ennuyeux, sur une petite route de terre empruntée par les cyclistes.

Un peu avant Drymen

On croise aussi des militaires  à la dure. Nous passons près d’une distillerie importante avant d’arriver au Beech Tree Inn, un gros centre à la décoration boisée pour déjeuner, acheter des souvenirs ou même profiter d’un endroit sec pour une pause.  Ils ont aménagé un petit circuit dans un jardin pour illustrer la nature locale (informations sur les mousses, les hérissons, les chauves-souris....). Le sentier est encore assez plat, parfois un peu boueux et sans trop de coins pour s’asseoir. Un peu monotone aussi. 

 Le soleil apparaît pour la pause déjeuner que nous prendrons sur petit parking à la croisée d’une route goudronnée. La fin, en arrivant sur Drymen sera un peu plus jolie. On peut voir au loin le Loch Lomond, quelques collines enneigées.

Avant Drymen
Drymen

 Dans les champs, quelques hérons, des limicoles, des oies, des cervidés et bien sûr beaucoup de moutons. Ici on est dans la campagne, tout est bien grillagé et utilisé pour la filière ovine.  Drymen, but de notre étape est un joli petit village et notre hôtel, le Winnock, nous comblera de joie. C’est un vieil hôtel du XVIIIème siècle, avec sa moquette, sa cheminée fumante et sa tête de cerf au –dessus. J’adore ce confort désuet. Les prix sont en plus très abordables en cette saison. Dans le village, quelques belles voitures et un ou deux  pubs,   dont un vénérable  de la même époque. Le soir la ville es déserte mais l’animation est bien là, il y a même un concert où toutes les générations se retrouvent autour d’un verre. Nous achetons du ravitaillement pour 1 jour et demi au Spar local.  Voilà une bonne étape d’introduction, assez longue finalement. Pas la plus passionnante, parfois un peu monotone avec beaucoup de lignes droites mais je la trouve importante pour s’acclimater à l’effort et pour apprendre à patienter avant le Loch Lomond, haut lieu d’Ecosse, qui pointe non loin. 

La Valette



Quelques    PHOTOS  de la première journée.





Drymen

Jour 2 : Drymen-Rowardennan 14 miles   (8h15)


Après une nuit très confortable nous prenons un petit déjeuner très copieux (pour moi un scottish bien sûr) dans une salle coquette. Au dessus de la porte de la cuisine, une date gravée dans la pierre : 1702. La cheminée dans  le hall d’entrée fume déjà sous la tête de cerf. Quel cachet ! Le groupe se scinde en deux : maman et les petites coupent l’étape en deux en attendant un bus pour Balmaha. Elles le rateront à cause d’une incompréhension dans les horaires  mais un local les amènera dans sa voiture. Couper était une bonne option car l’étape aurait été un peu pénible je pense. Nous rejoignons le sentier qui ne passe pas vraiment dans le centre pour traverser une zone boisée remarquable : la Queen Elizabeth Forest Park. Les mousses sont incroyables, c’est une véritable forêt humide.  

Puis le Loch Lomond semble se rapprocher. Nous entamons une montée sous une légère pluie vers Conic Hill (341 m), un célèbre promontoire local.  Devant nous un groupe de jeunes dont un en tee-shirt. Nous le suivrons plusieurs jours et seront impressionnés par sa résistance au froid.  Le sentier est bon, un peu boueux parfois mais cela n’a rien à voir avec le wild. Des marches, des pierres, des pontons aident constamment la progression. Thierry et Caroline feront même l’intégrale du sentier avec des chaussures de trail basses. 

Vers Conic Hill

 Nous touchons notre première neige vers 250 m d’altitude. La vue sur les landes désertes nous plonge déjà dans l’ambiance des prochains jours. Le sommet est très boueux et très érodé par les millions de pas qu’il subit. Il faut dire que depuis Balmaha des hordes de familles font l’ascension, parfois avec des chaussures très peu adaptées. Nous basculons dans une autre ambiance. La vue est très belle sur le Loch Lomond mais le temps ne la rend pas exceptionnelle. 

Conic Hill
Balmaha

 Nous arrivons par une belle forêt de mousse  à Balmaha, un centre très touristique vu la taille des parkings au bord du loch. Nous y visitons la belle maison du parc national, bien faite forcément avec ses  nombreux stands interactifs sur la faune et l’histoire du parc. On sent le lieu très fréquenté en  saison.  Mais aujourd’hui cela reste calme finalement. Nous apprécions le repas dans un petit parc face au loch, au pied de la statue de Mr Weir, le montagnard le plus aimé d’Ecosse, une figure locale.  Quelques BnB, un café, un petit port tranquille, des canards, des promeneurs et des randonneurs. L’endroit est agréable. Tout le monde se retrouve un peu ici avant de se disperser dans les alentours.  

Rowardennan

Nous remontons ensuite les rives du Loch Lomond.  C’est très beau, calme, avec de nombreuses plages et de superbes vues sur les montagnes en face. On a  l’impression de remonter un fjord scandinave.  On croise parfois des aires de bivouacs plus ou moins officielles, des gens qui courent ou qui promènent leurs chiens, d’autant plus que l’on approche d’un accès routier. Mais cela reste vraiment très agréable et calme. Nous arrivons enfin au but de notre étape, l’auberge de jeunesse de Rowardennan, une très belle bâtisse juste au bord du loch et au pied du Ben Lomond, bien blanc, le munro le plus au sud d’Ecosse. L’ambiance et bien agréable et il n’y a quasiment personne. De l’auberge, on accède à un petit ponton duquel on peut prendre un petit bateau-ferry qui permet  de naviguer sur le Loch Lomond. Une belle étape, très variée dans des paysages parfois surprenants et variés. 

La Valette



Quelques    PHOTOS  de la deuxième journée.





Rowardennan

Jour 3 : Rowardennan-Inverarnan (9h25)  Environ 22.5 km

Nous passons une bonne nuit dans nos petites chambres privatives avec vues sur le loch malgré le bruit pétaradant des radiateurs. Le matin, les quelques autres voyageurs prennent le ferry depuis le petit ponton. Beaucoup de charme et un parfum d’aventure. Caroline et Annie perdent quasiment en même temps leurs poches à eau. Elles fuient les deux au même endroit ! Camelote Intersport.
Très bonne journée, assez longue quand même. Le sentier n’est pas difficile mais tortueux, longeant la rive en montant et en descendant tout le temps sur des portions parfois un peu boueuses.  L’étape est belle car très variée.


Loch Lomond



-De très belles vues sur le loch, magnifique avec ses montagnes de plus en plus enneigées au fil de la progression et toujours la sensation de remonter un fjord. Il y a même une belle île accessible en canoë qui semble luxuriante depuis la rive.

-les forêts de mousse aux couleurs vertes intenses sorties de contes ou du Seigneur des Anneaux.

-les plages tranquilles le long du loch où se promènent les chèvres sauvages.

 



Inversnaid


Parfois on tombe sur des ravitaillements sauvages. Des fruits, des gâteaux, de l’eau et des boites (honesty box) pour payer.

Le climat est assez favorable. Pas beaucoup de soleil, un peu de pluie, du vent mais aussi des moments plus calmes. Nous prendrons la pluie au niveau d’Inversnaid, au pied d’une belle cascade, là où un petit port et un bel hôtel sont vraiment au milieu de nulle part.  Après un pique-nique humide et froid sous un arbre nous nous réconforterons pour un thé devant la cheminée de l’hôtel.  





Inversnaid


En pantoufle et au chaud on n’a pas envie de repartir de ce bel endroit qui a beaucoup de cachet. Dans les confortables fauteuils et canapés en cuir on observe le loch avec délice.

Nous dormirons ce soir à côté d’Inverarnan, au Being Glass Campsite.  Un endroit dédié au randonneur. Petite épicerie sommaire, bar restaurant, camping et pour nous des huttes au confort sommaire. La nôtre au moins n’a pas les matelas au sol ( Caroline n’en dira pas autant). Nous passons la soirée dans la salle des campeurs, avec un groupe de jeunes en sortie nature entre autres.  Je suis en pleine forme. 



La Valette



Quelques    PHOTOS  de la troisième  journée.





Being Glass Campsite


Jour 4 : Inverarnan-Tyndrum  12 miles (7h30)


Quel plaisir de passer une bonne nuit au chaud, surtout quand on se met à la place des campeurs non loin. Pas mal de monde ce matin à l’heure du petit déjeuner dans la salle commune. J’imagine en pleine saison.  On suit d’abord la rivière Falloch, sur un sentier facile sans grand intérêt, la route étant un peu trop proche du sentier.  De plus le ciel bas nous coupe les montagnes à mi-hauteur, frustrant. Nous quittons ensuite la vallée pour grimper sur un large sentier presque carrossable qui passe près d’une ferme , au milieu d’un troupeau de vaches. 




Kirkton Farm

Ce sera la portion la plus boueuses et salle du parcours. On évite tant que possible les bêtes et leurs déjections. On arrive alors à un petit col où l’on laisse à droite la route vers Crianlarich pour entrer dans un bois très agréable, couvert de mousse. On y mangera nos maquereaux les fesses sur les rochers.  Le paysage change encore lorsqu’on arrive vers Kirkton Farm. On rencontre un petit cimetière très ancien à côté des ruines de l’ancien prieuré de St Fillan (du temps de Robert the Bruce). Au milieu des tombes (certaines datent du VIIIème siècle) on s’imagine la rude vie des habitants de ces lieux au travers des âges. 



Avant Tyndrum

Nous passons ensuite au milieu des moutons pour atteindre la grosse ferme Auchtertyre où l’on peut passer la nuit dans une ambiance pastorale en profitant de belles vues sur les sommets (Ben More par exemple).  Nous passons près du site de la bataille de Dalrich (Robert the Bruce ...encore lui y perdit en 1306) pour finir par une belle portion de sentier vers Tyndrum. Passage près du lac de l’épée perdu où Cléa sembla voir un anneau briller dans la vase. Tellement hypnotisée par ce fait que son père du faire demi-tour sous son insistance pour tenter, en vain, de le récupérer.  Nous arrivons à Tyndrum, ancien village minier, avec ses deux gares au milieu de nulle part.



Il est vrai que sans le savoir cela m’avait rappelé ces villages perdus de Colombie Britannique, comme Cache Creek. Il y a un gros projet d’ouverture d’une mine d’or ici mais il semble être repoussé années après années. Notre hostel est super, comme toujours, juste devant l’une des deux gares. Tant mieux, on y passera deux nuits. Le village est paisible sans être charmant à cause de la grande route qui le traverse. L’épicier, qui doit avoir 85 ans, apporte cachet à nos courses. Son épicerie est décorée de photos de son fils, champion de course automobile, sur les murs.  Pas trop fatigués, nous sommes maintenant bien dans le rythme et toujours aussi enthousiastes de découvrir jours après jours de nouveaux paysages.
L’étape était agréable, moins spectaculaire que celle du Loch Lomond cependant. Elle reste néanmoins assez variée avec de très beaux passages en forêt, des vues qui doivent être superbes par beau temps et même un peu d’histoire parfois. Très bonne soirée dans notre belle auberge au calme. 

Avant Tyndrum
La Valette



Quelques    PHOTOS  de la quatrième  journée.





Vers le Beinn Odhar

Jour 5 : Ascension d’un corbett : le Beinn Odhar (900 m) en circuit. (environ 6h30)


Nous avions le choix aujourd’hui. Soit prendre l’étape habituelle de la West Highland Way  pour aller à Bridge of Orchy ou un peu plus loin. Mais je n’ai pas pu trouver d’hébergements à prix corrects dans ce désert. Alors  nous avons choisi de rester deux nuits de suite à Tyndrum. Il était possible de ne pas tricher, de faire l’étape, de revenir en train et de repartir demain par le même train. Mais bon, vu le tracé du sentier qui longe la voie ferrée j’ai trouvé plus judicieux et plus engagé de tenter un pic dans les environs. Un Munro (plus de 3000 pieds) aurait été un must. 


Beinn Odhar

J’avais le Ben Lui pas loin mais il y avait vraiment trop de neige sur les sommets alors avec notre équipement cela semblait un peu hasardeux. Un Corbett (sommet entre 2500 et  3000 pieds) semblait plus accessible et nous avons fait un très bon choix je trouve. Le temps en plus était  très beau : pas de pluie, juste du vent , fort, sur les sommets.  On s’est équipés  en mode « grand froid » avec les guêtres et le collant et nous voilà partis pour le Beinn Odhar, un sommet pas trop loin de la ville. Le sentier emprunte d’abord la WHW puis on la quitte pour prendre sur quelques sentes peu marquées, de la hauteur sur l’épaule de la montagne. Le sol est herbeux, stable et sec. C’est un peu raide mais facile techniquement et la vue se dégage à chaque pas un peu plus. 


Sommet du Beinn Odhar

Avant le sommet le vent commence à souffler vraiment fort et l’ambiance change radicalement. On  ne parle plus et on essaye de garder l’équilibre. La neige est là dans de nombreux névés.  Au sommet on trouvera un coin bien abrité sans aucun vent. Il fait environ 6°C.  Le spectacle est je trouve assez incroyable. Avec cette neige un peu partout je me crois bien loin de l’Europe, peut-être au Kamchatka tant ces montagnes écossaises ressemblent parfois à des volcans avec leurs formes évasées. Le Beinn Dorain juste en face en est le parfait exemple.  Le ciel est très clair, du Ben Nevis, à des lacs au loin, peut-être même la mer à l’ouest. Une si belle ambiance à 900 m d’altitude, c’est assez unique. On ne va croiser personne de la journée en plus. L’Ecosse est vraiment un endroit idéal pour s’isoler et d’après ce que l’on voit, les possibilités d’évasion sont infinies. 


Sommet du Beinn Odhar

Pour le retour nous effectuerons un circuit en partant vers le sud en direction du Meall Buidhe , à 653 m. La descente est d’abord un peu délicate au milieu des névés pentus puis très facile dans l’herbe et dans la mousse. 

Descente du Beinn Odhar

Un corbett était bien je pense à la limite de ce qui était  raisonnable niveau sécurité. Cela devient par contre très humide au sol. Les grenouilles se régalent dans quelques mares tranquilles. Nous observons Caroline, Annie, Cléa et Alice qui, à cause des horaires de trains défavorables, n’ont pu faire l’étape prévue et ont donc décidé de faire comme nous. Elles n’auront pas la même visibilité au sommet. Dommage. Elles rentreront par le même chemin qu’à l’aller. Pour nous c’est de la belle descente dans l’herbe jusqu’à rejoindre la rivière puis la ferme Auchtertyre , visitée hier. Nous rejoignons la WHW pour rentrer sur Tyndrum.  Je suis enchanté par cette belle montagne. Et quel sentiment de liberté, à l’écart de la WHW bien plus fréquentée il est vrai.  La soirée à l’auberge sera encore tranquille. Il y a un peu plus de monde dans la salle commune mais pas de groupes bruyants. Et comme tout le monde mange bien avant nous, nous sommes plutôt même les perturbateurs ici.  Forme et moral au top ce soir encore.  

La Valette



Quelques    PHOTOS  de la cinquième  journée.





Gare de Tyndrum

Jour 6 :Tyndrum-Bridge of Orchy-Glencoe Mountain Resort (6h22) (12 miles)
Nous prenons le train ce matin à 10 h30 à l’Upper Station, l’autre gare de la ville. Jusque là nous avons profité jusqu’au bout du confortable canapé de l’auberge, observant  les cartes géantes du tracé de la West Highland Way ou de sa variante alpine, la Highway Route.  L’ambiance  de cette petite gare est assez exotique pour nous.  Elle est à quelques minutes de marche au-dessus de la ville, au calme. Il  y a un assez gros bâtiment qui semble un peu disproportionné pour le trafic. Peut-être que cela vient du temps où Tyndrum était un gros centre minier ?  Beaucoup de pièces doivent être vides, il n’y a pas de guichet mais une dame travaille quand même dans un des bureaux. 

Train Tyndrum-Bridge of Orchy

Le trajet en train sera très court mais assez excitant : 1  arrêt et environ 15 minutes de trajet jusqu’à Bridge of Orchy. On adore tous l’ambiance, le calme, le confort, les baies vitrées et les vues sur le pic de hier et sur le sentier, le contrôleur, le minibar qui circule.  Nous saluons même les randonneurs qui font l’étape en savourant notre grande vitesse.  Le trajet est un peu court, nous aimerions poursuivre des heures dans cette ambiance mais ce sera pour la fin du séjour. Là, on doit marcher. A Bridge of Orchy, pas grand-chose d’intéressant hormis le vieux pont en pierre sur une belle rivière de montagne. Juste un hôtel je crois pour les touristes et quelques maisons. Le temps est gris  et menaçant. 

Descente vers Inveroran

On commence par une montée relativement banale dans la forêt avant de rentrer dans une zone beaucoup plus sauvage. Les vues sont superbes mais un peu gâchées par le ciel bas. Un grand lac, le Loch Tulla nous apparaît. Les échelles sont impressionnantes , je m’imagine au Kamtchatka avec ces beaux munros au loin qui ressemblent à des volcans. La descente est ensuite très belle vers l’hôtel Inveroran. L’endroit est assez désert. 

En route vers Glen Coe

Personne, pas une voiture. Dormir là dans un tel cadre doit être une sacré expérience. On suit ensuite une voie militaire, route empierrée qui servit jusqu’en 1933. Près d’une ruine nous mangerons autour d’un petit feu, allumé sans trop de difficultés. Il fait environ 8°C dehors, il nous fait grand bien. Puis le sentier devient de plus en plus sauvage, nous attaquons la zone la plus isolée de la randonnée. Sans la route de pierres sèches il serait difficile de marcher dans un tel environnement de bruyères et de marais. Le sentier semble être une autoroute au-dessus d’un monde hostile. Le sentier s’élève jusqu’à un col où nous retrouvons la neige et quelques grooses qui fuient en hurlant devant nos pas avant de s’immobiliser quelques mètres plus loin. 

Glen Coe Mountain REsort

Nous en verrons dès-lors un paquet dans le secteur. La vue sur l’immense Glen Coe commence à poindre même si le temps ne nous permet pas de l’admirer dans toute sa splendeur. La sensation d’espace est  incroyable et le dépaysement total avec ces pics enneigés  aux fières allures et cette vallée au milieu. Certes la route y passe, et elle est très fréquentée, mais l’endroit est quand même un incontournable d’Ecosse et un lieu qu’on n’oublie pas. Nous arrivons à la petite station de ski de Glencoe : un grand parking, quelques bungalows, un gros bâtiment qui centralise tout : restaurant, loueurs, toilettes...Quelques camping-cars, quelques voitures mais l’endroit reste très calme et presque vide. 

Stop pour Glen Coe

Problème : Caroline a mal fait sa réservation  et se retrouve sans logement pour la nuit ! Ils partiront en bus, en pleine nuit, pour le village et l’auberge de Glencoe à quelques kilomètres de là. Nous mangeons quand même tous ensemble dans un snack finalement agréable et bon avec son poêle et ses baies vitrées. Il y a même un côté cosy scandinave ou canadien que je n’aurais pas imaginé ici. La nourriture sera même...bonne. Incroyable.   Sur un grand écran défilent des photos de la station, la météo et des images d’archives. On y découvre que le ski est ici possible parfois jusqu’en juin ! En tout cas la            station poursuivra cette année sa saison au moins jusqu’en mai. Nous garderons Alice pour passer ma nuit dans notre petit micro-lodge : un cylindre chauffé avec de quoi dormir. C’est finalement sympa et confortable. De plus, l’ambiance des lieux fait qu’on apprécie particulièrement ce petit nid douillet au milieu de nulle part.
Une très belle journée, la plus sauvage de toutes : animaux emblématiques, échelles, pics...Voilà l’Ecosse de carte postale. 

La Valette



Quelques    PHOTOS  de la sixième  journée.





En quittant Glen Coe Mountain Resort

Jour 7 : Glencoe Mountain Resort-Kinlochleven (6h03) (11 miles)


Malgré le lit un peu court nous passons une nuit agréable avec notre invitée Alice. Au réveil les skieurs sont déjà prêts sur le parking qui progressivement va se remplir au cours de la matinée. Le temps est meilleur que la veille, avec de belles éclaircies parfois.  Nous quittons la station pour rejoindre la route très fréquentée en contrebas. Les grooses ne semblent pas gênées, nous en dérangeons quelques couples.  Nous longeons ensuite la grande route dans la vallée pour atteindre Kingshouse, une vieille auberge datant de 1750 qui est en pleine rénovation. 

Un panneau explique la contrebande et l’ambiance dans cette taverne du bout du monde. On s’imagine ici au XVIIIème siècle, dans ce coin vraiment isolé.  Les quelques nuages nous empêchent d’avoir une vue parfaite sur ce coin, parmi les plus photogéniques d’Ecosse, mais cela demeure magnifique. 

Le James Bond « Skyfall » profite de ces paysages pour une de ses scènes. 

Glen Coe
Après le Devil's Staircase
Nous arrivons au pied du Devil’s staircase, censée être une petite épreuve physique. On y atteint finalement facilement le point le plus haut du périple, à 550 m d’altitude. C’est un endroit fréquenté : motos, vélos, trailers et randonneurs.  Au sommet, les pieds dans la neige, nous rencontrons des trailers qui arrivent de Bridge of Orchy pour Fort William. Impressionnant ! Nous quittons le Glen Coe pour descendre sur un sentier oscillant agréable. Les vues sont très belles  sur les  montagnes et même un lac. Nous atteignons les tuyaux de la centrale de Kinlochleven.  
Arrivée à Kinlochleven
Le village n’est pas très loin.  C’est un endroit intéressant de par son passé industriel. Un haut lieu de la fonte d’aluminium durant la première guerre mondiale. On ressent ce passé dans les quelque bâtiments réaménagés en centre de grimpe sur glace par exemple. L’endroit est très agréable avec un super magasin de fringues de montagne dans lequel on passera du temps. A côté, un bureau des guides, un bar et des murs d’escalades dont un en véritable glace !  Le village au bord d’une rivière est aussi très typé avec ses maisons identiques du temps de la vie ouvrière. S’y promener le soir y sera très agréable.  Notre auberge est comme toujours très bien agencée. Les filles nous offrirons leur spectacle «  le cycle de la vie » en chambre. Beau travail. Belle journée donc, pas trop difficile,  de très beaux paysages avec un peu de monde (c’est le week-end . 
La Valette



Quelques    PHOTOS  de la septième  journée.





Après Kinlochleven
Jour 8 : Kinlochleven-Fort William ( 7h26) ( 13 miles)

Thierry devant prendre un train en fin d’après-midi nous partirons un  peu plus tôt ce matin. Le temps est assez beau. Tout le monde est en forme. Seule Jamila, avec une allergie au niveau des chevilles souffre un peu. Nous quittons le village bien calme en cette matinée pour commencer par une côte  pour arriver dans une sorte de vallée encombrée de forêts désolées. Un paysage du Seigneur des Anneaux quand les arbres découvrent leurs congénères dévastés. Pas l’endroit le plus intéressant du périple. Heureusement les filles savent nous occuper avec le jeu des fruits. Je suis abricot-jasmin ! 
Un peu avant Fort William
Nous arrivons enfin au pied du Ben Nevis, point culminant du Royaume –Uni, que nous longeons à sa base, par le Glen Nevis. Drame ! Alice perd son bâton de « Gandalf » et nous devrons lui raconter longuement que c’était là son destin de rester dans les forêts pour sécher ses larmes. Nous arrivons à Fort William  en fin d’après-midi. Première photo devant une des deux fins  du périple, près d’un rond point quelconque. L’étape n’était pas la plus belle. Longue mais pas très technique. Nous remontons la rue principale, dernière ligne droite avant le banc et la statue, là où les randonneurs finisseurs se prennent en photo. On retrouve des compagnons de route. L’un deux dira « amazing » pour saluer la performance de nos jeunes filles et de notre doyenne. 
Fort William
Elles l’ont fait !  La rue est pleine de restaurants, de magasins de montagne et de souvenirs.  L’ambiance est calme et un peu tristoune, nous sommes dimanche. Il paraît qu’en saison l’endroit est envahi de touristes. Nous logeons dans le grand hôtel Travelodge juste au-dessus de la fin du sentier. Caroline avait encore une fois mal fait sa réservation, mais elle a pu rattraper son erreur.  Dernier repas de la randonnée dans la chambre devant l’histoire du futur mariage princier : Harry et Meghan.  Voilà, l’aventure est terminée, nous accompagnons Thierry à la gare, il nous quitte pour Glasgow,  mais je sais que dès demain en commence une autre. A nous l’Ecosse maritime. 
La Valette



Quelques    PHOTOS  de la huitième  journée.







LA VIDEO DE L'ÎLE D'EIGG

La vidéo  (3 min 05) du séjour sur l'île en musique .  Pour la version  longue ( 13 min 25) avec le son d'origine et plus de détails, cliquer ici




L'ÎLE D'EIGG

Fort William
Jour 9 : La rue de Fort William à 8h du matin est toute calme quand nous nous dirigeons vers la gare. Prendre le train pour Mallaig est un vrai plaisir. L’atmosphère est calme, il y a beaucoup de places de libres et les vues sont très variées sur la montagne, les lochs, le Ben Nevis, la mer et bien sûr le célèbre viaduc vu dans Harry Potter. De nombreux cervidés sont visibles le long de la voie. Je n’avais pas pris cette ligne depuis mon séjour sur l’île de Rum et je me revois ici avec mes amis, et quelques années de moins.  Nous arrivons à Mallaig, typique port de pêche et lieu incontournable pour prendre un ferry vers les îles des Hébrides intérieures. J’aime l’ambiance avec ces odeurs de poissons, ces bateaux de pêche, ces cales de mise à l’eau.  
Ferry pour Eigg
Le ferry est très confortable avec  une salle de restauration et un beau salon assez panoramique.  L’arrivée sur la petite jetée d’Eigg est assez excitante. On débarque nos lourds sacs  et entamons une pénible marche pour rejoindre l’auberge à un mile de là. Heureusement la patronne nous rencontre et nous propose de transporter nos sacs. Nous en profitons pour visiter le centre névralgique de l’île. La petite épicerie-poste, le bar restaurant et le magasin de souvenirs se trouvent dans un bâtiment non loin de la jetée. L’animation est là à chaque arrivée de ferry.  Sur les murs les locaux s’affichent devant les réalisations passées, depuis le rachat de l’île à son propriétaire en 1997. 
Eigg
On y voit les familles, les  enfants et les anciens. L’esprit communautaire se ressent vraiment. Sur un tableau, on note les espèces  animales repérées par les locaux.  L’épicerie  ferme pendant que le stock de vivres se reforme. 
Eigg
Autour, les lumières sont très belles. Les moutons paissent et les agneaux tètent. Nous nous perdons un peu pour trouver notre auberge, perdue au bout d’un petit chemin de terre, sans aucune indication. L’endroit est vraiment superbe. C’est une vieille maison du XIXème  avec cheminée et salon confortable avec vues sur l’océan. Nous avons le deuxième étage pour nous avec deux chambres agréables. 
Notre auberge à Eigg

On va s’y sentir comme à la maison. L’endroit est presque vide. Seul Martin, un passionné de l’île est là pour nous tenir compagnie...et pour allumer le feu chaque soir.  Nous redescendons ensuite pour faire les courses (environ 50 minutes de marche aller et retour). J’apprécie la petite épicerie et le côté exotique de cet achat de provisions. 
Kildonnan, Eigg
Une fois rentrés, bien chargés, nous repartons  marcher vers Kildonnan, lieu au bord de l’océan que l’on voit en contrebas de notre auberge.On s’amuse à marcher au milieu des moutons, avec un sentiment de liberté  et d’exclusivité. On ne croisera quasiment aucun touriste lors de notre séjour. Nous arrivons à une pointe rocheuse parfaite pour observer les animaux (fous, phoques, huitriers). Non loin on visite les ruines d’un monastère du VIIIème siècle et les ruines d’une chapelle. On se projette à cette époque et imagine la dure vie ici en ces temps anciens.  Le séjour ici commence très bien. Le contraste entre le confort intérieur et la nature  juste sous notre nez nous enchante. Cette nuit le vent hurlera, il pleuvra et un chauffage défectueux nous poussera à empiler les couvertures, et à sortir collants et sous –vêtements chauds.  

                                                                                                                      Peu importe, c’est le bonheur ici. 


Eigg
Jour 10 : Le nord de l’île.

Une superbe journée s’annonce. L’une des plus marquantes du séjour. Nous commençons par suivre la route qui file plein nord depuis notre auberge. Nous visitons la petite église d’Eigg, rénovée en 2013. Très agréable et chaleureuse.  Un peu plus loin nous passons devant l’école, perdue au milieu de nulle part. Dehors, sur une table,  la maîtresse fait classe à 4 ou 5 élèves. Sûrement l’une des plus petites écoles du monde dans un endroit unique. Juste à côté on trouve l’ancien magasin de l’île qui faisait aussi poste. C’est depuis devenu un petit musée gratuit. On pousse la porte et là on se transporte dans le temps. Nous allons adorer. 

                                                                                                              
Eigg
Il y a d’abord beaucoup de panneaux réalisés par les enfants sur la nature de l’île, sa géologie...Il y a un tas de dessins d’animaux, des photos...un vrai petit musée de la nature. Puis on trouve les souvenirs de l’époque de la poste, avec ces photos des années 90  et encore les noms dans les casiers. Sur la table originale repose la balance à aiguille. Il y a un tas d’objets et d’histoires à observer et à lire. On va y passer un bon bout de temps, vraiment exaltés par ce lieu rempli d’histoire et ouvert à tous. Nous continuons sur la route tranquille pour arriver à Cleadale, pas vraiment un village, disons un lieu un peu plus concentré en maisons. Nous tombons sur une petite maison-musée qui va nous enchanter. Le genre d’endroit qui mérite le rare qualificatif de génial ! On pousse le portail et  la porte et là on se retrouve dans une habitation où rien n’a bougé depuis les années 70 . On pourrait être en visite chez sa grand-mère. La visite sera passionnante pour tous. 

 
Musée Eigg

On entre dans la cuisine où on apprend que l’on y cuisinait parfois le cormoran d’après une recette apprise auprès d’un chinois rencontré sur un lointain bateau par un fils de la famille, marin. On y apprend que le hareng et les pommes de terre étaient  la nourriture principale. Devant les ustensiles, les pots et les couverts on s’imagine la maison encore habitée. Dans les chambres tout est intact, les mouchoirs dans les tiroirs, les habits dans l’armoire, la machine à coudre prête à refonctionner. A l’étage on trouve une petite chambre avec se petite bibliothèque. Devant un miroir le rasoir est posé et attend son ouvrage. 

Musée Eigg





Cet endroit est vraiment exceptionnel et tellement rare. Pouvoir toucher à une vie passée de la sorte est vraiment unique. Et je me demande comment un tel lieu arrive à être préservé du vol et du vandalisme. Une vraie maison de conte.
Nous poursuivons vers le nord pour atteindre les dernières ruines où nous nous abritons pour le déjeuner. Ensuite il faut grimper un petit col où la vue sur l’île de Rum sera incroyable. Cette île montagneuse, avec ses crêtes bien marquée, ressortant sur le plat de l’océan, offre un paysage remarquable. La pluie arrive, assez forte, lors de la descente vers Seal Island.


Seal Island, Eigg

 La lumière devient alors très belle et même sans phoques l’endroit est vraiment très beau avec sa plage de gros galets luisant, son calme et  ses falaises  autours.  Nous montons sur un petit promontoire herbeux pour atteindre une crête et s’offrir une très belle vue sur l’océan. Nous n’irons pas plus loin, il y a encore beaucoup à faire sur le chemin du retour. 
                                                                                                 
Singing Sands, Eigg

Nous prenons le même chemin pour le retour, passons le col puis descendons à droite vers la plage de Singing Sands. Le sable sec y est censé chanter sous nos pas, c’est vrai qu’il crisse un peu. Le lieu est superbe et très photogénique. Une belle houle, le calme et une grande plage au sable immaculé pour nous seuls. Les filles se régalent et courent partout. La vue sur l’île de Rum en face est superbe. Le retour sera un peu humide, parfois, au milieu des pâturages. Les plus courageux ajouteront sur le chemin du retour un passage sur la plage de  Laig, au milieu des vaches. Belle plage, personne, sable noir.  On se presse au retour car nous avons réservé une table pour 19h15. 

                                                                                                 
Ancien port, Eigg

Une douche rapide et il faut encore marcher pour atteindre le restaurant mais l’effort sera récompensé. Déjà l’ambiance est terrible, devant la grande vitre, tout prêt des déferlantes et des oiseaux marins qui chassent dans les algues. J’ai rarement eu un si bel endroit pour dîner au bord de l’océan. Les clients sont des locaux, marins en tenus qui boivent plus de bières et de whisky qu’ils ne mangent. En plus la nourriture sera très bonne. Cidre, soupe poireaux-pommes de terre, moules à la crème pour moi. Fish and Chips pour les autres. Vraiment un bon moment. Le retour se fera dans l’obscurité. Le phare s’allume et on voit au loin  des lumières sur la côte. Sentiment de bout du monde. Superbe journée. 

                                                                                 
Grulin, vers Muck
Jour 11 : Le  sentier de Grulin (environ 6 h)

Nous partons ce matin sur le versant sud de la « montagne » emblématique et immanquable de l’île, l’An Sgurr, en direction de Grulin. Un sentier intéressant passe au pied des falaises abruptes de ce pic qui semble infranchissable de ce versant. Il traverse des ruines de ce qui était un petit rassemblement de maisons avant. Puis nous continuons hors sentier, profitant de belles vues sur l’île de Muck tout le long de la journée. 
                                                                                 
Grulin, vers Rum
La progression après Grulin Lochdrach devient plus laborieuse dans la bruyère. Nous sommes seuls et le coin est bien sauvage. Nous poursuivrons ainsi jusqu’au Bidein Boidheach, sur la crête d’une falaise offrant de belles vues plongeantes sur la côte. Difficile d’aller plus loin alors.  Nous avons aperçu de loin un aigle. Je me décide à essayer de le suivre d’un peu plus près en partant seul vers les falaises du Beannan Breaca. La progression dans des buissons et des ronces à hauteur de cuisse, sur une pente raide est très laborieuse et épuisante. Je suis quand même récompensé par l’envol d’un aigle depuis un rocher non loin de moi.  Nous rentrerons par le même chemin, un peu sous la pluie. Il y aurait bien les grottes au sud à observer mais tout le monde a un peu la flemme.                                              
Grulin, Eigg



A 17 h nous serons au chaud à l’auberge. Une journée pas si longue en kilomètres pas si simple tant la progression hors sentier épuise vite les organismes. Le temps n’était pas de notre côté mais j’ai quand même bien apprécié cette partie de l’île peu fréquentée.  Nous passerons du temps à observer à la longue-vue  l’océan et les alentours de notre auberge à la recherche de baleines. C’est un endroit connu pour les repérer.                                                       
Lodge, Eigg


Jour 12 : L’AN SGURR (393 m) (environ 6h30 depuis le port avec une bonne rallonge vers les lacs aux alentours).

Je passe la matinée à lire de passionnants livres sur l’histoire tourmentée  de l’île, sur l’Ecosse et le milieu montagnard...Il ya le choix à l’auberge. De la biographie de John Muir à Don Camillo. Je pars avec Jamila manger au restaurant du port pour profiter encore de l’ambiance et d’un bon burger. Au milieu des locaux (des gueules parfois), avec les chiens et les familles. Au milieu d’un groupe de naturalistes les yeux collés aux jumelles pointant vers le large.  L’achat de timbres à la poste est exotique. 
Vers l'An Sgurr, Eigg

L’endroit doit faire 3 mètres carrés et tout est dans un chaos indescriptible. Je repère quand même quelques casiers dont un au nom du « Doctor ». Dans l’épicerie les viennoiseries fraiches sont là, les légumes sont arrivés et il y un peu d’animation autour. On se sent vraiment repérés comme les touristes mais sans aucune gêne. Nous partons ensuite pour  notre randonnée vers l’An Sgurr. D’abord on passe jeter un œil au lodge, où résidait le propriétaire de l’île. C’est calme, désert et bien sûr agrémenté d’un beau jardin exotique. J’imagine les visites des riches visiteurs  dans ces lieux, bien loin de s’imaginer la vie misérable d’autres habitants de l’île. 
An Sgurr, Eigg



Aujourd’hui les lieux servent de centre écologique  il me semble. Nous traversons ensuite des pâturages pour bientôt commencer le sentier balisé vers la montagne. Le pic  a de l’allure. Au pied des falaises, on se demande encore comment on pourra bien y monter. Le temps se gâte vite et nous pousse à attendre assis sur la roche que la pluie cesse. 
Vue depuis l'An Sgurr

La brume envahit les lieux, on se refroidit mais pas question de renoncer. Enfin cela se dégage et nous commençons la grimpette par un col et un sentier facile dans les rochers, sans même poser les mains. Alors la vue et l’ambiance deviennent magiques vers le sommet

Vue sur Skye depuis l'An Sgurr

Le pic n’est pas haut mais il est entouré d’eau et d’îles donc le panorama est fantastique : Skye et ses montagnes, Rum, Tiree, Mull, Col, les pics du Lochaber, Muck et même au loin les Hébrides Extérieures. On ne se lasse pas d’un tel paysage, avec un ciel pur, lavé par la pluie.  On aperçoit un tas de lacs qu’il serait dommage de ne pas visiter. On en explorera quelques-uns, sautant de rochers en rochers sur un terrain très ludique, offrant à chaque pas une autre vue magnifique. Sur la fin je partirai seul vers le Loch Nam Ban Mora pour ressentir la solitude. Il est assez tard, les lumières sont superbes et je savoure chaque pas. 
Eigg, Loch Nam Ban Mora

Je m’assois entre deux rochers et observe sans bouger le paysage pendant plusieurs minutes. Moments magiques dans un silence absolu.  Une grande et belle journée pour un endroit magnifique et finalement accessible à tous. Encore une fois le rapport effort-plaisir est inégalable. Où trouver si facilement un tel promontoire aussi sauvage, aussi peu fréquenté ? Je cherche...en Ecosse je pense.

 
Eigg

Jour 12 : Retour sur Glasgow.
Nous quittons l’auberge à regret. Chargé de 20 kilos sur mon dos dans un sac pas vraiment fait pour le portage, j’appréhende la descente. Heureusement un local à barbe chenue nous popose de nous descendre. Une voiture et un arrêt. Gentillesse rare. Le gars semble être un bon vivant, à fort accent, plein d’humour et de malice. Un bon moment. Il nous déposera au bout de la jetée. Nous profitons de notre avance pour visiter le petit magasin de souvenirs de l’île, à côté du restaurant. 


 
Eigg
Une mamie écoute de la musique celtique, tricote et propose des objets quasiment tous agréables au regard. On est bien loin du souvenir bling-bling et de la pacotille. Puis il est temps de partir. Le ferry s’éloigne et on laisse une partie de nous sur ce petit caillou de quelques kilomètres qui nous aura tous bien marqué. Je pensais que 3 jours seraient suffisants. 4 n’étaient qu’un minimum en fait. Dans le ferry, l’ambiance est bonne. Les filles ne cessent de caresser la jeune chienne noire qui nous accompagne. Nous arrivons sur Mallaig en même temps que le train à vapeur touristique de Fort William. Il déverse, en plus de sa fumée, un flot de touristes en ville. Des Chinois ! Mince !  
 
Mallaig
Nous trouverons un bon restaurant pour goûter les noix de St Jacques délicieuses ou la Cullen Skink, soupe de poissons écossaise.  On visite ensuite le port, quelques boutiques et les cales de mises à l’eau. Nous changeons nos vieux pounds périmés à la banque puis c’est parti pour quelques heures de train direction Glasgow. Le trajet est en lui-même un voyage. D’abord maritime, la ligne rejoint Fort William, passe au pied de montagnes encore bien enneigées puis s’installe dans le wild le plus total . Du rien à perte de vue, des dizaines de cervidés que nous nous amuserons à compter et parfois une gare comme celle de Corrour , célébrée dans le film Trainspotting, incroyable d’isolement.  Nous rejoignons ensuite les terres de la West Highland Way


 
Train vers Glasgow
Un peu émus et déjà nostalgiques nous repassons à Bridge of Orchy, à Tyndrum en se disant à chaque fois «  tu te rappelles, on était là, on montait là... ». Nous croisons le Royal Scotsman, le célèbre train de luxe aux prix inabordables, arrêté en gare. Un autre monde mais le nôtre est aussi exaltant. Le long du Loch Lomond on repère Inversnaid où nous avions savouré une bonne halte devant la cheminée.  Les Munros disparaissent après le Ben Lomond, la neige aussi.   Nous arrivons à la nuit à Glasgow New Street

 
Glasgow


Juste le temps de jeter un œil sur la place toute proche et nous glissons dans un taxi prépayé pour l’aéroport. La ville est belle la nuit, plutôt chic dans ces quartiers, et donne envie d’y rester ou d’y revenir.  Le taxi est éclairé de lumières bleues qui nous font penser à un trajet VIP pour le festival de Cannes.  Une fois au Premier Inn de l’aéroport, c’est extinction des feux au plus vite. La nuit sera courte.  Demain au petit jour nous quitterons l’Ecosse. 


 
La Valette



Quelques    PHOTOS  en plus de l'Île d'Eigg.

CONCLUSION

Musée Eigg

Je ne veux convaincre personne. Surtout pas la plupart de mes collègues ou de mes connaissances qui, à mon retour d’Ecosse, n’avaient pour commentaire qu’un pauvre «  Tu n’as pas eu trop de pluie ? Tu n’as pas eu trop froid ? » . Devant leur insistance et devant leur incompréhension quand je répondais par la négative,  j’avais envie de leur dire « oui ». Pour qu’ils se rassurent et qu’ils ne programment pas cette destination pour leurs prochaines vacances. L’Ecosse est, à l’image de la monarchie,  un point fixe dans la tourmente. Dans aucun autre pays je n’ai cette sensation rassurante qui me pousse à penser que l’âme n’est pas ici en fuite. La lande Ecossaise ne sera jamais vraiment une Terre pour les hommes et il sera toujours possible de venir s’y ressourcer quand d’autres destinations seront devenues trop uniformisées. En Ecosse, je retrouve toujours cette histoire millénaire et violente, ces paysages qui n’ont rien d’Européen, ces échelles et cette atmosphère de contraste. Je ne m’en lasse pas. Tout le monde, je pense, a adoré ce périple. Marcher, quitter sa voiture et son ordinateur. Ne penser qu’à la prochaine étape. Puis se poser et profiter d’un caillou sur l’océan. Ne pas s’ennuyer, plusieurs jours  sur un caillou, au milieu des moutons et au pied des falaises, à marcher dans la lande humide. C’est l’incompréhension !  Je n’ai qu’une chose à dire. Vous avez bien raison.
 



LE  SEJOUR EN 5 COUPS DE COEUR :

- Les magnifiques paysages  désolés du Glen Coe.
- La remontée du Loch Lomond en longeant les berges. 
-la vue exceptionnelle depuis un Corbett vers Tyndrum ou depuis l'An Sgurr sur Eigg.

-les plages dEigg sous la lumière d'avril.

-Les musées uniques  de l'île d'Eigg où l'on se transporte dans le temps 




LE POUR : le dépaysement, la beauté des paysages, la nature sauvage , la gentillesse des gens, le confort des hébergements, l’immensité et les échelles, la bonne saison pour la randonnée, le transport des sacs, les pics enneigés, l’histoire tourmentée, le voyage en train, les musées de l’île d’Eigg, l’île d’Eigg, l’Ecosse...enfin tout quoi !

 
LE CONTRE : Peut-être le budget pour certains,  un petit peu de monde sur le sentier parfois. Pas grand-chose en fait. L’Ecosse ne me déçoit jamais.